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Le rôle disciplinaire des OPA durant la vague de rachats des années 80 aux USA.

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par Antoine Suzzoni
Université de Nice Sophia Antipolis - Master recherche ( DEA ) 2004
  

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Section 2 : L'analyse de la réaction des marchés financiers à de l'annonce de l'adoption de pilules empoisonnées

L'adoption de pilules empoisonnées s'accompagne généralement d'une faible baisse des cours . Ryngaert (1988) a examiné l'évolution des cours de 283 entreprises ayant adopté des pilules empoisonnées en 1986 , il trouve une baisse moyenne de 0.34% . Malatesta et Walkling (1988), après avoir examiné un échantillon de 132 firmes ayant adopté des pilules,  trouvent une baisse moyenne de 0.92% . Karpoff et Malatesta (1989) constatent une baisse moyenne de 0.3% après avoir examiné l'évolution des cours de 1505 firmes dans vingt six états différents ayant adopté une loi anti-OPA. Ces trois études sont citées par Comment et Schwert dans leur article de 1995.

Il est possible d'identifier trois effets correspondant à l'adoption d'une pilule . Le premier correspond à une perte de richesse pour les actionnaires ; les pilules ont pour objectif d'augmenter les coûts d'une OPA pour l'offreur donc la probabilité pour que la firme reçoive une offre de rachat diminue. Ainsi la probabilité pour que les actionnaires de la cible touchent la prime liée au rachat est réduite. Ce premier effet correspond à une baisse des cours . Notons que cet effet peut être pollué par le fait que beaucoup de managers attendent que l'OPA soit imminente pour adopter une ou des pilules empoisonnées. Le deuxième effet augmente la richesse des actionnaires car la pilule accroît le pouvoir de négociation des managers vis à vis de l'offreur. La pilule peut être désactivée par les managers en cas d'accord trouvé avec l'offreur, ils vont ainsi pouvoir négocier une prime de rachat plus élevée, ce qui est en accord avec les intérêts des actionnaires de la cible. Le troisième effet n'est pas évoqué par Comment et Schwert (1995), il est lié à l'enracinement des managers . La pilule en augmentant les coûts pour l'offreur isole les managers de la discipline imposée par le marché.

Ainsi  Borokhovich, Brunarski et Parrino (1997) mettent en évidence le fait que les PDG des firmes ayant adopté des clauses anti-OPA étaient mieux rémunérés que la moyenne des PDG des firmes de leur échantillon. Non seulement ces PDG étaient mieux payés que la moyenne avant l'adoption des pilules mais leur rémunération a augmenté durant les trois années qui ont suivi l'adoption. Borokhovich, Brunarski et Parrino (1997) en déduisent que les PDG ont utilisé les clauses anti-OPA pour augmenter encore leur niveau de rémunération. Cheng, Nagar et Rajan (2001) cités par Arye Bebchuk et Fried (2003) trouvent que les PDG des firmes implantées dans des états ayant promulgué des lois anti-OPA entre 1984 et 1991, ont ensuite réduit leur part dans le capital de la firme d'en moyenne 15% ; apparemment parce qu'une telle participation ne leur était plus nécessaire pour maintenir le contrôle.

Les études empiriques plaident donc en faveur d'un enracinement des managers, permis par l'adoption des pilules empoisonnées.

Une fois ces trois effets mis en évidence, la difficulté est d'identifier les facteurs qui vont faire que tel ou tel effet va dominer les deux autres  (composition du conseil d'administration, part du capital détenue par les managers...) .

Brickley, Coles et Terry (1994) ont fait une démarche en ce sens en cherchant à vérifier l'hypothèse selon laquelle les conseils d'administration dominés par des administrateurs internes utilisent les pilules empoisonnées pour empêcher les rachats (ils ne désactivent pas la pilule même si l'offre est intéressante pour les actionnaires) tandis que les conseils dominés par des administrateurs externes utiliseraient les pilules pour négocier des primes de rachat plus élevées .

Il trouvent qu'en moyenne les investisseurs réagissent plutôt favorablement (+ 0.94) à l'annonce de pilules lorsque le conseil de la cible est dominé par des administrateurs externes et réagissent plutôt défavorablement ( 0.31%) lorsque le conseil est dominé par des administrateurs internes. Si ils n'ont pas réussi à montrer que les offres de rachat lancées contre des cibles dominées par des administrateurs externes réussissaient plus fréquemment que les offres lancées contre des cibles dominées par les managers, ils ont en revanche montré que la présence d'administrateurs externes favorisait l'évolution de l'offre vers une enchère. Lorsque les cibles sont dominées par des administrateurs externes, 85.7% des offres évoluent vers une enchère (bataille entre offreurs) alors que lorsque le conseil des cibles est dominé par les managers, seules 23.5% des offres évoluent vers une bataille entre offreurs. Ces batailles entre offreurs sont évidemment profitables aux actionnaires de la cible et défavorables au actionnaires de l'acheteur.

En définitive les études empiriques réalisées sur l'impact de l'adoption de pilules sur la richesse des actionnaires constatent toutes un effet négatif . Cependant il n'y a pas de consensus quand à l'ampleur de cet effet (Malatesta et Walkling 1988, Ryngaert 1988, Lee 1988 cités par Chakraborty et Baum). L'impact des pilules sur la richesse des actionnaires de la cible dépend de nombreux facteurs tels que l'opportunisme des managers, lui même lié à la composition du conseil d'administration . La situation financière de la cible et la stratégie mise en oeuvre avant l'adoption de la pilule sont aussi à prendre en compte.

Ce qui est claire en revanche c'est qu'en cas de rachat, la présence de pilules empoisonnées réduit les gains des actionnaires de la firme acheteuse.

Les clauses anti-OPA, qui certes augmentent les coûts pour l'offreur, ont été présentées par certains comme la cause de la diminution brutale du nombre d'OPA à la fin des années 80. Que savons nous sur cette question ?

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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore