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Entrées en politique. Essai sur la rationalité des candidatures émergentes à  l'élection présidentielle de 2011 au Cameroun.

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par Isaac Essame
Université de Douala - Master2 recherche en science politique 2013
  

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Annexe2 Communiqué et déclaration

Cher/es Compatriotes,

C'est avec gravité, détermination et espoir que je vous écris en cette journée très particulière.

Gravité parce qu'aujourd'hui est une journée d'échec. J'ai vécue un échec en tant que leader, nous vivons un échec en tant que nation.

Nous avions un rendez-vous avec l'histoire et nous avons raté notre rendez-vous. Lamentablement. J'avais une responsabilité de nous conduire avec succès à ce rendez-vous et nous n'avons pas pu l'honorer.

Aujourd'hui, nous devrions être en train de célébrer un nouveau départ pour notre pays. En lieu et place nous assistons au spectacle du statu quo qui reprend son emprise sur nos vies. Nous aurions dû être remplie de nouvelle énergie, d'optimisme et de dynamisme, mais plutôt nous restons, pour l'instant, pris au piège; stagnant.

Si je m suis mis en avant, c'est parce que je croyais sincèrement et je continue à croire que nous avons besoin de fraîcheur, d'un leadership nouveau, du leadership d'une nouvelle génération, d'un leadership innovateur et efficace, d'un leadership qui puisse nous redonner espoir et permettre au Cameroun de croire en lui-même à nouveau.

Je crois en la capacité du Cameroun à devenir un leader parmi les nations. Nous avons encore à réaliser cet exploit.

Je crois en notre capacité en tant que Camerounais/es à prendre notre destin en mains. Nous avons encore à franchir cette étape déterminante.

Je crois en notre pouvoir en tant que peuple de combattre n'importe quel système, n'importe quel groupe d'individus, n'importe quel individu singulier qui a pris en otage notre nation depuis plus de 50 ans. Nous avons encore à exercer ce pouvoir qui est le nôtre de cette manière.

En conséquence, nous ne pourrons pas commencer dès aujourd'hui à mettre en oeuvre la stratégie visant à créer 500.000 nouveaux emplois pour nos jeunes. Nous n'allons pas commencer dès aujourd'hui à aider nos commerçant/es, sauveteurs, agriculteurs et pêcheurs à transformer leur travail dans le secteur informel en emplois dans le secteur formel, avec des salaires raisonnables, une assurance et la sécurité sociale pour eux et pour leurs familles. Nous n'allons pas commencer la réforme de la fonction publique, du secteur de la santé et du système éducatif afin de fournir des services de qualité à l'ensemble de nos citoyens. Nous n'allons pas commencer à bâtir Le Cameroun Leader. Aujourd'hui nous sommes encore, pour le moment, dans l'inertie.

En tant que leader, en tant que votre leader, mon coeur est lourd et mon esprit est grave.

Dans cette situation, sobre, je vous écris avec une détermination absolue, car rien de mieux pour tirer des leçons que l'échec. Notre expérience électorale a été nécessaire et importante. Elle nous a fourni des leçons clés et a gravé un sentiment d'importance et d'urgence dans chacun de nos esprits.

Leçon n ° 1: La réforme du système électoral est notre priorité incontestable - En tant que camerounais/es nous sommes convaincus aujourd'hui, que nous ne pouvons plus nuire à notre propre avenir et nous offrir en spectacle au reste du monde avec des élections frauduleuses et gérés dans le ridicule le plus absolu. La priorité incontestable pour chacun d'entre nous en tant que citoyen, est de réformer notre système électoral. Notre démocratie, notre développement et notre avenir immédiat en tant que nation en dépend.

La responsabilité pour cette réforme ne peut se limiter à des partis politiques, au gouvernement, à la société civile ou aux médias. Cette responsabilité est individuelle et elle est collective. Chaque Camerounais a un rôle à jouer. En tant qu'individus et groupes, nous devons faire peser une pression extrême sur le régime actuel afin de rendre cette réforme inévitable. Nous devons commencer aujourd'hui et nous ne devons pas fléchir. En tant que leader, je vous réaffirme ma détermination à me focaliser sur cette réforme jusqu'à ce que nous l'obtenions.

Leçon n ° 2: Nous devons consolider nos efforts et bâtir une formidable machine politique - Il est important de confronter le fait que l'abstention et l'inaction sont les complices du régime actuel. L'avenir de notre nation ne peut pas être la responsabilité de quelques leaders politiques, quelques journalistes ou de quelques citoyens. Chaque camerounais, chaque camerounaise a un rôle à jouer. Vous pouvez penser que votre contribution intellectuelle, matérielle ou financière est petite, mais elle est vitale pour nous permettre d'atteindre l'objectif de changement pour notre pays. Nul ne peut avoir le luxe de rester à l'écart, d'agir en spectateur ou en spectatrice. Chaque Camerounais vivant à l'intérieur ou à l'extérieur du Cameroun, doit à sa manière propre, être un acteur. En tant que leader, je vous réaffirme ma détermination à renforcer notre organisation politique pour la rendre encore plus inclusive, plus stratégique et plus incisive que jamais; à la mettre en réseau et en synergie d'action avec tous les autres organismes, petits et grands, qui sont focalisés sur l'objectif d'apporter le changement au Cameroun.

Leçon n ° 3: Nous devons être intransigeants et inébranlable dans la défense de nos droits et nos intérêts à long terme - Beaucoup d'entre nous ne connaissent pas leurs droits. Beaucoup ont été convaincus au fil de 50 ans d'oppression que quand on nous refuse nos droits, c'est à nous de changer notre comportement, pas à l'oppresseur de modifier le sien. Beaucoup d'entre nous sommes tellement habitués à la pauvreté et tellement concentrés sur la satisfaction des besoins immédiats que nous sommes incapables de définir nos intérêts à long terme. Il est impératif pour nous d'acquérir les compétences, de bâtir les outils et les organisations qui nous permettront en tant qu'individus et en tant que collectif d'identifier et de défendre nos droits et nos intérêts à long terme. Il est impératif que nous refusions d'écouter tout soupçon de suggestion que lorsque nous sommes menacés nous devons renoncer à nos droits ou à nos intérêts, par peur ou par soumission à l'oppresseur.. Nous ne devons pas être imprudents. Nous devons cependant être intransigeants et implacables dans notre préparation et dans notre organisation pour la défense de nos droits en toutes circonstances et contre tout oppresseur. En tant que leader, je suis déterminée face à la manipulation et l'oppression extrême de ce régime, à me battre pour nos droits et nos intérêts collectifs à long terme jusqu'à ce que nous les obtenions.

Dans la mesure où malgré le fait que nous avons perdu ce tronçon de la course, nous avons gagnés énormément et l'objectif final est plus proche que jamais ; je vous écris avec espoir.

Je vous écris avec espoir, car l'objectif de changement et de construction d'un Cameroun Leader est plus fort et plus clair que jamais. Je vous écris avec espoir parce que nos priorités sont limpides. Je vous écris avec espoir car notre équipe est plus grande, plus habile et plus résolue que jamais.

Cette journée, qui marque un échec temporaire, marque aussi le début de la prochaine étape de notre route vers la révolution démocratique. Des milliers de Camerounais nous ont rejoints et plus nous rejoignent chaque jour. Il devient évident pour de plus en plus de camerounais/es que nous n'avons d'autre choix que de prendre notre destin en main. Il devient évident pour la plupart d'entre nous que tous les outils et démarches démocratiques et non-violentes sont utiles pour nous permettre d'atteindre notre objectif.

Je vous écris avec espoir, car nous savons ce que nous devons faire:

· Construire une organisation qui est inclusive de tous les camerounais/es; forte de ses ressources financières, humaines et matérielles; claire dans sa stratégie et ses objectifs et absolument efficace dans sa capacité à apporter le changement à notre pays

· Faire peser la pression extrême sur le régime en place, afin de réformer efficacement le système électoral et apporter le changement dans la gouvernance que nous recherchons

· Construire un réseau national et international de camerounais/es dédiés et focalisés à produire ce changement pour notre pays

Je vous écris avec espoir, parce qu'en tant que leader vous m'avez manifestés de l'amour, du soutien et de la loyauté dans l'adversité extrême. Plus important encore, nous sommes sortis de cette adversité plus forts, plus déterminés et plus unis que jamais.

Gravité, détermination et espoir: de ce lieu nous allons conduire notre offensive, de cet endroit nous allons construire notre force, de cet endroit nous allons être plus audacieux, plus incisif et plus efficace.

Mahatma Gandhi a dit «D'abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent, et puis vous gagnez».

Mes cher/es compatriotes camerounais/es, ils nous ont combattus. Maintenant, en tant qu'une équipe nationale, composée de millions concitoyens, il est l'heure de gagner.

Il est l'heure !

Chaque peuple, chaque nation, a son périple. Nous, camerounais avons parfois le sentiment que le nôtre n'a pas de fin. En tant que peuple, nous avons lutté contre l'oppression pendant plus de 90 ans. Plusieurs fois nous avons eu des rendez-vous avec l'histoire et à chaque fois nous en sommes ressortis insatisfaits, frustrés, nous demandant si notre liberté ne viendrait jamais ...

Le 1er Rendez-vous

Lock Priso et Douala Manga Bell furent les précurseurs, menant des luttes contre la domination allemande dès le début du 20ième siècle. Le 22 juillet 1931, les femmes commerçantes de Douala décident que ça suffit, elles marchent sur le bureau du gouverneur français pour protester contre les taxes exorbitantes. De là jusqu'au début des années soixante, les nationalistes se battent des deux côtés du Mungo pour mettre fin à l'oppression des colonisateurs. Ndeh Ntumazah, Um Nyobe, Emmanuel Endeley, Marthe Moumié, Augustine Ngom Jua, Gertrude Omog, les femmes Anlu de Kom, etc. sont tous des noms dont l'histoire reste à écrire afin que nos enfants puissent eux aussi construire leur avenir en s'appuyant sur la fondation de vraies héroïnes et héros pour faire face aux challenges de la vie. Trente ans de lutte de libération. Les nationalistes sont vainqueurs car ils construisent une vraie vision de l'indépendance, ils déclenchent un mouvement de libération à travers l'Afrique et, surtout, ils nous laissent un merveilleux héritage de fierté, la soif inextinguible d'une véritable indépendance. Mais ils perdent, nous perdons car ils ne dirigeront pas notre pays. Ils seront tués. Décapités. Et avec eux, notre première tentative de nous définir par et pour nous-mêmes. C'est notre premier rendez-vous avec l'histoire et nous en repartons la gorge nouée du goût amer de la défaite. C'est le point départ de la construction d'une fondation confuse, corrompue et douteuse qui est celle du Cameroun aujourd'hui.

Le 2ième Rendez-vous

1989 et nous sommes de nouveau agités. Corruption, incompétence, oppression continue ont complètement anéanti tous les espoirs que nous nous sommes permis en 1982 croyant assister à la fin de la dictature. Les voix se lèvent à Garoua, Bertoua, Ebolowa, Bafoussam, Buéa, Douala, Yaoundé et au quartier de Ntarikon. Yondo Black, Vincent Feko, Henriette Ekwe, Albert Mukong, Ni John Fru Ndi et bien d'autres font eux aussi partie de cette histoire qui reste à écrire. L'espoir renaît une fois de plus. Le raz-de-marée venu de Bamenda prend de l'ampleur et se propage dans l'ensemble du pays. Du sang sera versé, des vies volées, des villes mortes feront partie de notre quotidien et les cartons rouges nous informerons que la nation est en guerre contre l'oppression. C'est le 11 Octobre 1992, nous sommes certains que nous avons enfin atteint l'indépendance pour laquelle nous nous battons depuis près d'un siècle. Les bulletins sont mis dans les urnes, le comptage initial est merveilleux. La liberté enfin ! Les résultats ne demandent qu'à être proclamés. Une fois de plus nous avons gagné car la nation s'est exprimée massivement sur le choix de son destin. Nous aurions désormais multiples partis politiques, maillons essentiel de la démocratie. Mais quand le résultat final est prononcé la victoire nous est refusée. La liberté totale, l'indépendance complète ne sera pas pour cette fois-ci non plus.

20 ans plus tard et il semble que nous ayons perdu non seulement notre chemin, mais aussi que nous ayons perdu notre volonté. Au moment où nous semblons nous résigner à ce qu'on nous dit être notre destin, vint Février 2008. Notre rage surgit. L'injustice de la vie dans un pays qui est riche, mais où 40% de ses citoyens vivent avec moins de 738 fcfa par jour. La vie inimaginable dans un pays où près de 500 personnes peuvent mourir du choléra parce que moins de 30% de sa population rurale a accès à l'eau potable et seulement 14% de cette même population a accès à des toilettes décentes. Quel scandale ! Dans ce même pays, le chef de l'Etat, dont le travail consiste à s'assurer que les citoyens ont de l'eau potable et des toilettes adéquates, se permet d'aller en vacances pour dépenser plus de € 1,000,000 en moins d'un mois. Echec sur échec, scandale sur scandale et nous nous rappelons que nous valons mieux que ça, que nous avons un potentiel extraordinaire qui attend d'être atteint. Cette combinaison de scandales et de ressources, d'échecs et de potentiels ; cette combinaison tourbillonne le sang de nos ancêtres qui est en nous.

Nous nous rappelons que nous sommes les enfants de combattants et combattantes de la liberté. Nous sommes les descendants des nationalistes qui ont combattu des ennemis plus redoutables que celui qui est en face de nous. Nous sommes d'une lignée de héros et d'héroïnes qui n'ont jamais céder face à la tyrannie et l'oppression.

La seule et unique raison de tout leur être, de leur combat, l'accomplissement de leur destin, c'est nous.

Pour nous, pour cette génération qui est la nôtre, il est l'heure...

Le 3ième et Décisif Rendez-vous

2011 est notre prochain rendez-vous avec l'histoire. Nous le savons. C'est le tour de notre génération ; il est l'heure pour nous. Porter ce combat, nous le devons. Réaliser cette révolution pacifique, nous le devons. Nous nous le devons, nous le devons à nos ancêtres et nous le devons à nos enfants.

Il est l'heure! La seule question que chacun de nous doit se poser est "Quel est mon rôle?", "Quelle est ma tâche?" Alors que nous nous avançons vers cette 3ième rencontre décisive, certaines choses clés doivent être faites:

· Reprenons notre pouvoir - Nous devons inverser la structure du pouvoir au Cameroun. C'est notre pays. Ce sont nos droits. Nous ne pouvons continuer à permettre que notre pouvoir collectif soit usurpé par une petite minorité.

· Reprenons en main nos élections - Nous ne devons pas permettre la confiscation des élections par un individu ou un petit groupe de personnes. Le système électoral nous appartient. C'est notre possession fondamentale en tant que citoyens. Par conséquence,

o Prenons possession de notre droit - Inscrivons nous sur la liste électorale

o Organisons nous - Rejoignez un groupe qui lutte pour la réforme électorale

o Faisons entendre notre voix - Allez à ELECAM, posez des questions, exigez des réponses, participez.

o Mobilisons nous - Par l'action non-violente, mais déterminée, en tant que peuple, nous sommes à mesure de nous assurer de la transparence et de l'équité dans ce système électoral

2011 est notre rendez-vous avec l'histoire. Il est l'heure, notre heure, l'heure du peuple. Abolissons la peur, levons-nous, agissons, ensemble nous allons oser inventer l'avenir de notre cher Cameroun.

Kah Walla

Citoyenne Camerounaise

Interpellation : Lettre ouverte au président Paul Biya

Pour la candidate à la prochaine élection présidentielle, la transition au Cameroun en 2011 est inéluctable, mais le chef de l'Etat peut encore peser sur son contrôle à travers des élections libres et transparentes.

Monsieur le Président,
Vous ne me tiendrez pas rigueur de vous écrire, alors que vous êtes absent du Cameroun, notre pays. Bien que citoyenne et contribuable camerounaise, je n'ai, hélas, pas le privilège d'être informée de vos déplacements. Je vous écris en comptant sur votre entourage, et la technologie moderne pour que cette lettre vous parvienne au plus tôt.
Monsieur le Président, je suis certaine que vous observez avec beaucoup d'intérêt, autant que nous autres camerounais/es, le vent vif annonciateur d'une ère nouvelle, qui souffle en ce moment sur le Maghreb et le Moyen-Orient. C'est une saison incroyable pour les peuples opprimés, des décennies durant, décidés à prendre leur destin entre leurs mains.
Ils sont non seulement en train de gagner des batailles, mais ressortent victorieux des luttes pour l'indépendance, la liberté et la dignité humaine qu'ils mènent contre leurs dirigeants depuis des décennies. C'est une très mauvaise saison pour les présidents qui ont été au pouvoir pendant plus de 20 ans, en maintenant leur pouvoir à travers des élections rituelles, douteuses, qui ne sont crédibles, ni aux yeux de leur peuple ni aux yeux de la communauté internationale.
Les Camerounais ne sont pas seulement assis sur les bords de leurs sièges en observation, mais nous sommes en communion avec ces peuples en esprit. Nous les comprenons au plus profond de nous-mêmes. Nous admirons les mesures qu'ils ont prises pour contrôler leur propre destin. Nous sommes admiratifs face au courage dont ils font preuve en osant inventer leur propre avenir.
Et parce que nous avons les mêmes aspirations, nous collectons des informations, nous les analysons et nous tirons les leçons de leurs victoires. En voici quelques-unes :

Leçon n ° 1: Quand le peuple agit, aucune force ne peut l'arrêter. Nous avons appris que lorsque le Peuple est déterminé, il peut changer non seulement les dirigeants, mais l'ensemble d'un système de gouvernement. Nous avons appris que même les forces armées répressives peuvent être neutralisées par la force indéniable de la population. Quand le Peuple agit, les choses changent.
Leçon n ° 2: Ce n'est pas seulement la force de notre action en tant que peuple qui est importante, mais également la détermination et la durée de celle-ci, qui assureront la victoire. Nous avons appris des Tunisiens, que, contrairement à ce que nous avons fait en 1992, il est nécessaire de maintenir la pression jusqu'à ce que le but ultime soit atteint.
Leçon n ° 3: Et celle-ci, Monsieur le Président, est la leçon la plus importante. Une transition organisée est la meilleure. Il est préférable pour un pays de tenir des élections libres et équitables pour permettre aux personnes qui se sont préparées et qui ont pensé une transition, de l'assurer. Le soulèvement du peuple dans la rue se produit lorsque tous les moyens organisés de transition ont été refusés. C'est le pire des scénarii pour des présidents «inamovibles». Car à ce stade, le Peuple n'est plus prêt à accepter des solutions tempérées, des demi-mesures, des à peu près... Il n'offrira pas de sortie digne au dictateur. Il n'offrira pas de sortie digne à son entourage et à ceux qui le soutiennent.
En tant que citoyenne engagée, politiquement active et candidate à l'élection présidentielle, j'ai pensé, M. le Président, qu'il était important d'attirer votre attention sur ces leçons que nous avons tirées des combats que mènent des peuples qui vivent dans des conditions comparables à celles du peuple camerounais.

Je voudrais conclure avec quelques points:
Un monde s'écroule, Monsieur le président, celui des dictatures. Le vent du changement qui souffle actuellement, ne fera que recueillir vigueur et élan au fur et à mesure des mois qui passent et que Septembre / Octobre 2011 arrivent à grands pas.
Les Camerounais sont déterminés en cette année à prendre leur destin entre leurs mains.
Nous ferons cette transition volontiers, de manière organisée, par le biais d'une élection ... à condition. À condition que les exigences minimales pour une élection libre et équitable soient respectées. A condition que la volonté politique pour une transition démocratique soit démontrée sans ambigüité. A condition que personne, absolument personne, ne nous empêche de quelque manière que ce soit, d'exercer notre libre arbitre et nos droits d'électeurs/trices et de citoyen/nes camerounais/es.
Aujourd'hui, vos collègues font des concessions à la population uniquement lors qu'ils ont le dos contre le mur, uniquement parce que leur propre survie est en jeu. Il est dans nos meilleurs intérêts tous ensembles, M. le Président, que vous écoutiez maintenant les ONG, partis politiques et camerounais/es ordinaires qui ne réclament rien d'autre qu'un un bon système électoral depuis deux décennies.
Il est dans nos meilleurs intérêts tous ensembles, que vous agissiez rapidement et fermement pour apporter les changements qui sont nécessaires pour assurer une transition, juste, libre et en douceur.

Je ne vais pas énumérer les changements nécessaires ici : ils figurent dans diverses correspondances que vous avez reçu, de moi et de nombreux autres Camerounais soucieux de l'avenir de leur pays. En effet, différents groupes ont été et continuent à être en contact avec vos services pour travailler concrètement sur ces éléments. Il serait important, que vous en tant que Chef de la Nation, fassiez comprendre à vos équipes, que votre volonté et vision sont que les changements soient apportés à notre système électoral afin que le Cameroun sorte de ce processus électoral sans dommages.
Monsieur le Président, nous sommes en 2011 et... Il est l'Heure !
Nous sommes les Camerounais/es qui mèneront à bout leur lutte pour l'indépendance totale.
Il est de notre intérêt à tous que nous fassions cela paisiblement, avec dignité et surtout avec une équité et une transparence irréprochables, conformément aux attentes du peuple camerounais.
Qu'une transition ait lieu en 2011 dépend de nous, Peuple Camerounais. Comment cette transition aura lieu ? Dans une très grande mesure, Monsieur le Président, cela dépend de vous.

Par Kah Walla *
* Citoyenne Engagée
Camerounaise Patriotique,
Candidate à la Présidence de la République du Cameroun

Interview Kah Walla au magazine New African

1- Comment va le Cameroun ?

Le moins que l'on puisse dire est que le Cameroun ne se porte pas bien. Le Cameroun reste loin de refléter dans son fonctionnement actuel le dynamisme, la richesse et l'excellence auxquels une dotation exceptionnelle en ressources humaines et naturelles le destinerait.

Le diagnostic que nous avons présenté durant la dernière élection présidentielle reste plus que jamais d'actualité.

En effet, le Cameroun reste un pays géré par un système caractérisé par

??La défense et la préservation des intérêts d'une minorité au détriment de l'intérêt général.

??L'arrogance des représentants de l'Etat vis-à-vis des populations.

??La perte de confiance des citoyens/nes dans les institutions de la République.

??La navigation à vue dans la conduite des affaires publiques.

??L'impuissance de la puissance publique devant les problèmes économiques et sociaux qui préoccupent les Camerounais/es.

Pour le Cameroon People's Party (CPP), il est toujours l'heure de construire un Cameroun Leader, de mettre en oeuvre et de pérenniser un système de gouvernance qui :

??Garantit la démocratie, les libertés civiques et l'Etat de Droit

??Assure à tous, les services de base de manière équitable et efficace.

??Entretient un environnement économique libre, juste et propice pour créer l'emploi et la richesse pour les Camerounais(es).

??Encourage et défend la transparence, le mérite et l'excellence dans tous les domaines.

??Rend les gouvernants / es comptables de l'utilisation des ressources de la nation devant l'ensemble des Camerounais/es.

2 - Comment envisagez-vous l'avenir du Cameroun avec et sans Paul Biya ?

Tout d'abord, précisons que l'avenir du Cameroun ne dépend pas que de Paul Biya mais de l'ensemble des Camerounais / es. Cet avenir peut être plus triste ou plus radieux. Tout dépend des Camerounais / es. Le Cameroun ne peut pas être plus évolué que les Camerounais / es.

Au Cameroon People's Party (CPP), nous sommes convaincus que si le peuple se lève, les choses changeront. Il est plus qu'urgent de mener une révolution démocratique dans notre pays en vue de permettre au peuple camerounais de :

??Reprendre son pouvoir sur le plan politique

??Construire sa puissance sur le plan économique

??Bâtir de nouveaux systèmes sur le plan social

C'est le sens ainsi que l'objet de notre démarche politique actuelle.

3 - Croyez-vous vraiment à l'alternance ? Si oui, sous quelle forme ? Sinon Qu'est-ce-qui constitue le véritable obstacle ?

Au-delà de la simple alternance entendue comme la prise du pouvoir par un autre parti que le RDPC, nous pensons qu'il nous faut une réelle alternative de gouvernance capable, au-delà du changement de personnes, de transformer le système camerounais. Au CPP nous croyons que c'est possible. D'abord parce qu'elle est vivement attendue de la part des populations et surtout parce qu'elle est objectivement possible au regard de la situation générale de notre pays.

Elle peut être pacifique ou violente. Mais sa forme et sa nature dépendront surtout de l'évolution et des résultats des dynamiques au sein de trois grandes catégories d'acteurs / trices :

??La majorité présidentielle composée du RDPC, de ses alliés et des partis satellites ;

??Les partis politiques de l'opposition progressiste ;

??La population camerounaise aiguillonnée par des organisations de la société civile.

Au CPP, nous travaillons pour qu'elle soit populaire, démocratique et non-violente. Dans cette logique, les principaux obstacles tiennent moins au parti au pouvoir qu'aux insuffisances stratégiques et organisationnelles des forces de l'opposition ainsi qu'à une insuffisante prise de conscience des populations.

4 - Depuis quelques années, le président Paul Biya a engagé une lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics à travers une opération baptisée « Epervier », qui a déjà permis de traquer une bonne cargaison de directeurs généraux, plus d'une quinzaine d'anciens ministres, pas moins de trois anciens secrétaire généraux de la présidence de la République et un ancien Premier ministre. Quel commentaire vous suscite cette opération et comment jugez-vous son déroulement ?

Bien que l'opération épervier a été présentée et perçue comme salutaire et bénéfique pour l'assainissement des pratiques de gestion publique, il faut souligner qu'elle a pris un tout autre visage dans sa mise en oeuvre.

En effet, cette dernière semble être un instrument pour règlements de comptes politiciens. Jusqu'ici, elle ne s'est pas avérée être une stratégie efficace pour lutter contre la corruption. Elle n'a pas pu neutraliser les prévaricateurs de la République dont beaucoup restent en activité.

Par ailleurs, l'amplification du problème de la mal gouvernance, le non-respect des droits de ceux qui sont interpellés, les vices de procédure, la cacophonie, les atermoiements et les revirements spectaculaires auxquels on assiste, accroissent le sentiment qu'il y a anguille sous roche.

Le Cameroon People's Party (CPP) estime qu'il faut de la clarté et le respect de la procédure. Il faut respecter les droits des prévenus. Il faut sanctionner lorsque, conformément au droit, les faits de corruption et de détournements sont établis. Et plus important, il faut reformer notre système de gouvernance pour prévenir de tels faits, et finalement, essentiellement, il faut tout faire pour récupérer les fonds pour le Trésor public.

5 - Sensiblement un an après sa réélection, le président Paul Biya est-il sur la voie du changement ?

Non. Nous observons que rien dans le système n'a changé. Ce dernier continue à gouverner de manière improductive. Fondamentalement, les conditions pour que le véritable changement survienne sont loin d'être réunies. Nous sommes toujours dans une logique de saupoudrage permanent. Rien de radical ni de significativement porteur ne sortira de la dynamique gouvernementale actuelle.

6 - Avec la création d'Elecam, la refonte du fichier électoral et l'instauration de la biométrie, le président Paul Biya n'est-il pas en train de conduire le pays vers la voie de la démocratie ?

Gardons-nous d'utiliser de bien grands mots pour décrire de petits rafistolages sans lendemain historique. La démarche actuelle de Paul Biya a deux constantes essentielles : la ruse et l'embuscade. Elle n'est nullement consensuelle et loin de remplir les exigences d'un cadre démocratique moderne. Elle procède essentiellement de ce que l'on peut qualifier « d'étapisme dilatoire ».

Il est aujourd'hui possible de mettre en place l'ensemble des revendications qui datent d'au moins 20 ans et qui sont susceptibles de faire entrer notre pays dans le giron des nations démocratiques et exemplaires.

En guise d'illustration, on peut citer :

??Une élection présidentielle à deux tours

??Un bulletin unique pour chaque élection

??Un code électoral unique et consensuel

??Un calendrier électoral clair et connu de tous à l'avance

??Un ELECAM indépendant, efficace et efficient qui pourrait susciter la confiance des Camerounais / es

??Un découpage électoral équitable

??Etc.

Ces revendications loin d'être exhaustives ne suffisent pas non plus à asseoir en profondeur la démocratie. Nous avons encore à :

??Refonder nos institutions fondamentales pour équilibrer les trois branches du pouvoir (exécutif, législatif et judiciaire) et créer des canaux permettant au peuple de s'exprimer dans le fonctionnement des institutions républicaines : Constitution, Parlement, Systèmes judiciaires.

??Réformer les systèmes qui garantissent l'alternance et l'implication du peuple dans la gestion de la cité : Système électoral, Décentralisation.

??Faciliter l'émergence de véritables contre-pouvoirs : Partis politiques, Syndicats, groupements professionnels, Médias.

Tels sont les chantiers pour faire du Cameroun une véritable République exemplaire.

7 - Le G7 dont vous faites partie considère le nouveau code électoral comme un « document dangereux ». Pourquoi ?

Ce code électoral est dangereux pour plusieurs raisons.

Premièrement, il ne tient pas compte dans le fond de l'essentiel des propositions visant à faire des élections au Cameroun un exercice véritablement transparent, impartial et libre. Nous pensons aux propositions sur le nombre de tours, sur les candidatures indépendantes, sur l'indépendance de l'organe en charge de la gestion des élections, sur le découpage électoral, etc.

Deuxièmement, il transforme par certaines de ses dispositions (les cautions aux différentes élections) le processus électoral en un système censitaire c'est-à-dire réservé aux riches.

Troisièmement, il n'est pas le fruit de consultations réelles et à ce titre, ne fait pas consensus. Dans cet ordre, il ne règle donc aucun problème et participe à entretenir la méfiance, la suspicion et le faible engouement des populations pour des élections. Il ouvre donc la voie à des contestations systématiques qui peuvent déboucher sur des crises profondes.

Le fait que dans sa première version, figurait une disposition concernant l'abrogation du mandat impératif des députés convainc de la malveillance et de la mauvaise foi du régime actuel.

Il y a en apparence des « avancées » mais la réalité est le verrouillage.

En l'état actuel, les partis politiques du G7 sont d'accord pour dire que ce code bafoue les principes fondamentaux de notre Constitution, s'oppose à l'aspiration démocratique des Camerounais / es et ne participe pas à l'amélioration de la gouvernance.

Raison pour laquelle des travaux sont en cours en vue de mettre sur la place publique un code électoral unique alternatif.

8 - Et si vous étiez très proche de l'actuel président du Cameroun, quels conseils lui donneriez-vous ?

Le 09 Février 2011, dans une lettre ouverte à Paul Biya, nous lui signifions déjà que la saison actuelle était très mauvaise pour les présidents qui ont été aux commandes pendant plus de 20 ans, en maintenant leur pouvoir à travers des élections rituelles et douteuses, élections qui ne sont crédibles, ni aux yeux de leur peuple ni aux yeux de la communauté internationale.

Nous sommes aujourd'hui convaincus qu'après 30 années d'exercice de pouvoir infructueux, on est forcément usé.

Nous lui avons suggéré fortement de mettre en place les conditions et les mécanismes d'une transition organisée.

Nous sommes convaincus qu'une transition organisée est la meilleure option. Il est préférable pour un pays de tenir des élections libres et équitables pour permettre aux personnes qui se sont préparées et qui ont pensé une transition, de l'assurer. Le soulèvement du peuple dans la rue se produit lorsque tous les moyens organisés de transition ont été refusés. C'est le pire des scénarii pour des présidents «inamovibles». Car à ce stade, le Peuple n'est plus prêt à accepter des solutions tempérées, des demi-mesures, des à peu près... Il n'offrira pas de sortie digne au dictateur. Il n'offrira pas de sortie digne à son entourage et à ceux qui le soutiennent.

Celui qui rend une révolution pacifique impossible, rend une révolution violente inévitable comme le disait John Kennedy.

Ceci n'est naturellement pas notre souhait mais la vérité historique la plus froide.

9 - Quelle est la position de votre parti quant aux élections législatives et municipales, renvoyées l'année prochaine ?

Avant tout, il est important de rappeler que le CPP pense que toute prorogation du mandat des députés et des conseillers municipaux aurait dû obéir à un préalable fondamental qu'est une démarche systématique de dialogue et de travail dans la conduite de la réforme. Dans cette logique, la mise en place d'un groupe de travail comprenant les représentants des partis politiques et organisations de la société civile s'impose toujours pour s'assurer :

??De la définition d'un agenda sérieux et complet de reformes

??De l'adoption de mesures consensuelles

??Du fonctionnement véritable des commissions électorales mixtes

En l'absence d'une démarche inclusive, transparente et consensuelle de réforme du système électoral, prétexte du renvoi des élections, nous courons le risque de rater une occasion historique de renforcement de la démocratie et de l'Etat de droit dans notre pays.

En attendant, le CPP en tant que parti au pouvoir ayant l'objectif de transformer positivement et durablement le système de gouvernance au Cameroun se prépare pour les prochaines élections.

Nous comptons présenter des candidats / es dans toutes les circonscriptions où nous estimons avoir de réelles chances de l'emporter. A ce titre, nos listes devront comporter partout :

??30 % de personnes de sexe opposé,

??de 50 % de jeunes âgés entre 23 et 35 ans,

??de 10 % de personnes vivant avec un handicap.

Nous comptons également nous associer à l'ensemble des autres forces progressistes pour mutualiser nos ressources en vue de sécuriser le vote.

Partout où nous n'aurons pas nos propres candidats / es, nous soutiendrons tous ceux et celles qui présentent des visions et des programmes convergents avec ceux du CPP dans l'opposition progressiste.

10 - Vous faites partie de ceux qui, à un moment revendiquaient à cor et à cri, l'organisation des élections après l'instauration de la biométrie dans les opérations électorales. Aujourd'hui, le président Paul a accepté la mise en place de la biométrie. Jusque-là, vous semblez ne pas être satisfaites. Qu'est-ce qui explique votre position ?

La biométrie est certes une revendication qui vient formellement d'être prise en compte. Compte tenu de notre passé, il faut encore s'assurer que le contenu correspond bien à ce qui est annoncé. Si on prend les exemples d'Elecam sensé être indépendant et le code électoral unique actuel, on a toutes les raisons d'être méfiants.

Le pouvoir actuel, comme nous l'avons déjà dit ne veut pas d'élections libres et transparentes. Sinon, pourquoi refuse-t-il d'admettre des revendications et propositions des partis politiques, de la société civile, des leaders d'opinion, des autorités religieuses, etc ? Il est permanemment dans la ruse et l'embuscade. Le pouvoir pour le pouvoir semble être son seul leitmotiv, le principe dominant et constant de sa praxis politique.

Un processus électoral véritablement satisfaisant commande que nous remplissions d'autres exigences qui relèvent des aspects politiques, juridiques et techniques.

A l'heure actuelle, nous sommes loin du compte.

11 - Lors de la présidentielle de 2011, les Camerounais, dans leur grande majorité, avaient demandé à l'opposition d'élaborer des stratégies d'unification politique, autour d'une candidature consensuelle et d'orientations programmatiques communes. Pourquoi l'opposition, dans son ensemble avait rejeté cette proposition ? Pensiez-vous sincèrement que l'opposition (fragmentée et fragilisée par un passé qui pèse comme une chape de plomb sur ses épaules) était en mesure de battre Paul Biya, à l'issue d'un scrutin à un tour ?

Première précision, il n'y a pas une opposition mais des oppositions au Cameroun. L'expression courante « opposition camerounaise » exprime en des termes simples une réalité pour le moins complexe, dynamique et multiforme. Dans cette vaste toile, se trouve des acteurs et des appareils qui, évidemment, ne se caractérisent pas par la même idéologie, le même discours, les mêmes priorités et les mêmes logiques d'intervention. Il en découle de façon évidente qu'il faut faire la différence entre des partis qui ne sont là que pour garantir des situations de rente à leurs promoteurs et ceux qui ont une réelle stratégie pour la conquête et l'exercice du pouvoir pour le bien des camerounais.

Ensuite, c'est vrai que s'il y avait moins de formations politiques, indubitablement le jeu politique serait moins brouillé pour les électeurs / trices. Mais il se trouve que ce n'est pas le cas et nous avons l'obligation en tant qu'acteurs / trices politiques de faire en sorte que le bon grain puisse facilement être distingué de l'ivraie.

Néanmoins des regroupements sous la forme de coalitions ou de plateformes peuvent se mettre en place. Elles peuvent se faire sur la base idéologique ou sur la base de problématiques d'intérêt général tel que le combat pour un code électoral.

C'est le sens des regroupements observables depuis peu sur la scène politique nationale. Il reste à travailler pour qu'elles aboutissent dans les plus brefs délais à des résultats probants. C'est une condition sine qua none de la réussite du changement dans notre pays.

12 - Après le scrutin, le groupe de sept (G7) dont vous faites partie, a appelé le peuple camerounais à se mobiliser, à descendre dans la rue, au cas où la Cour suprême venait à désigner un vainqueur. Malheureusement, votre appel à la révolte n'a pas prospéré. Pourquoi le peuple ne vous a-t-il pas suivi ?

Nous n'avons pas appelé les Camerounais / es à la révolte. La propagande et la désinformation du régime en place l'ont présenté comme tel. Ce qui est clair, c'est que l'appel à manifester pour dénoncer la fraude électorale et protester contre un régime qui foule aux pieds les droits et libertés n'est en rien un

crime encore moins une erreur. Au contraire, ce type de sursaut est hautement salutaire pour le pays. Il est d'ailleurs autorisé par la constitution.

Le « peuple » ne nous a pas suivi pour des raisons évidentes.

Primo, le taux de participation était très faible, ce qui dénote une très faible confiance des Camerounais / es dans le processus.

Deuxio, la désinformation et le matraquage médiatique ont largement contribué à dénaturer l'objet et le sens de notre déclaration.

Tertio, le déploiement disproportionné des forces de sécurité et la campagne d'intimidation étaient suffisants pour dissuader des populations qui, par ailleurs, n'ont pas ces dernières années, développées une culture de la participation politique au sens conventionnel du terme.

Cependant, cette déclaration a eu le mérite de dénoncer devant le peuple et l'histoire une énième escroquerie politique.

13 - Il y a quelques années, vous étiez encore militant du Social Democratic Front (SDF), principal parti de l'opposition. Aujourd'hui, vous trônez à la tête du Cameroon People's party. Qu'est-ce qui vous a poussée à taper dans la fourmilière ?

Elles étaient simples. Il ne s'agissait pas d'un désaccord avec l'idéologie officielle du parti car je me sens toujours très proche du courant dit social-démocrate. Il ne s'agit pas non plus d'une question de personnes car j'ai pour principe de considérer que les organisations et les systèmes sont plus importants que les personnes. Il ne s'agit pas non plus d'une prétendue affaire de malversation financière car ceux qui suivent de près l'actualité politique camerounaise à l'époque ont eu la preuve de l'inanité de telles accusations.

J'ai démissionné du SDF pour des raisons de principe et de stratégie. Précisément pour des raisons de divergences profondes avec une part significative du leadership actuel de ce parti sur la façon dont il convenait d'aborder les échéances électorales actuelles au Cameroun. Ma conviction profonde est celle-ci : le changement au Cameroun se fera avec et par les Camerounais/es. S'il faut reformer le système électoral, il faut compte tenu du relatif échec des démarches passées, songer sérieusement à faire que le peuple s'approprie ce combat. Lorsque le peuple se lève, les choses changent. S'il faut gagner des élections, c'est encore et surtout avec le peuple que cela doit se faire. Toute stratégie qui de mon point de vue ne prend pas en compte cet élément est, il me semble vouée à l'échec.

J'ai pris mes responsabilités en démissionnant. La cohérence avec mes principes et mon analyse de la situation m'y conduisaient naturellement. La solution facile et personnelle aurait voulu que je reste dans le « confort » du

parti, faisant tranquillement mon trou en attendant mon heure. Je ne l'ai pas fait car cela ne correspond nullement à ce que je suis et à ce qu'attendent les Camerounais/es. Les hommes et les femmes ne sont pas faits pour le parti et le mouvement. C'est au contraire le parti et le mouvement qui sont fait pour les hommes et les femmes. Lorsqu'on oublie ces vérités à la base de tout engagement sain et sincère dans la vie politique, on perd l'essentiel et, sans en être conscient, malgré ce que l'on dit et fait, on s'oppose au vent de l'histoire.

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery