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La pression foncière face aux enjeux de la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo.


par Youssouf TIENDREBEOGO
Universite Ouaga I Professeur Joseph KI ZERBO - MASTER II Géographie option Gestion des Ressources Naturelles 2017
  

Disponible en mode multipage

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    MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET DE L'INNOVATION

    BURKINA FASO
    Unité - Progrès - Justice

    -=-=-=-=-=-=-

     
     
     
     

    -=-=-=-=-=-=-=-=-=-

    UNIVERSITÉ OUAGA I

    PROFESSEUR JOSEPH KI-ZERBO

    UNITÉ DE FORMATION ET DE RECHERCHE EN SCIENCES HUMAINES (UFR/SH)

    DÉPARTEMENT DE GÉOGRAPHIE

    -=-=-=-=-=-=-=-=-=-

    MÉMOIRE DE MASTER RECHERCHE

    Option : gestion des ressources naturelles

    Présenté et soutenu par :

    TIENDREBEOGO Youssouf

    Sous la direction de :

    DA Dapola Évariste Constant

    LA PRESSION FONCIÈRE FACE AUX ENJEUX DE LA
    GESTION DES RESSOURCES NATURELLES DANS LA
    PROVINCE DU KADIOGO

    Professeur Titulaire

    Année académique 2015-2016

    II

    SOMMAIRE

    SOMMAIRE II

    DÉDICACE III

    REMERCIEMENTS IV

    SIGLES ET ABRÉVIATIONS V

    RÉSUMÉ VII

    ABSTRACT VIII

    INTRODUCTION GÉNÉRALE 1

    PREMIÈRE PARTIE : LE CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE DE

    L'ÉTUDE 4

    CHAPITRE I : LE CADRE THÉORIQUE DE L'ÉTUDE 5

    CHAPITRE II : LE CADRE GÉOGRAPHIQUE ET L'APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE DE

    LA RECHERCHE 26

    DEUXIÈME PARTIE : LA PRÉSENTATION ET LA DISCUSSION DES

    RÉSULTATS DE LA RECHERCHE 39

    CHAPITRE III : LA PRÉSENTATION DES RÉSULTATS DE LA RECHERCHE 40

    CHAPITRE IV : LA DISCUSSION DES RÉSULTATS ET L'ORIENTATION DE LA

    RECHERCHE 65

    CONCLUSION GÉNÉRALE 76

    BIBLIOGRAPHIE 78

    ANNEXES IX

    TABLE DES ILLUSTRATIONS XIV

    TABLE DES MATIÈRES XV

    DÉDICACE

    III

    Je dédie ce travail à notre Professeur

    DA Dapola Évariste Constant, qui a su nous inculquer le savoir. Que Dieu lui donne

    une longue vie.

    IV

    REMERCIEMENTS

    Ce travail de recherche est le fruit de la collaboration de plusieurs personnes à qui nous exprimons toute notre reconnaissance.

    Nous exprimons d'abord toute notre profonde gratitude à l'ensemble des professeurs du département de Géographie pour le sacrifice consenti à notre formation.

    Nous réitérons nos sincères remerciements au Professeur Dapola Évariste Constant DA, notre directeur de mémoire, pour son encadrement, ses précieux conseils et son accompagnement tout au long de ce travail.

    Nous exprimons ensuite notre gratitude à Monsieur François OUEDRAOGO, cartographe à la Direction Générale des Études et des Statistiques Sectorielles (DGESS) du Ministère de l'environnement de l'économie verte et du changement climatique dont l'appui technique en SIG a été utile pour l'élaboration de ce mémoire.

    Nos sincères remerciements vont aussi à l'endroit du « Group AIRBUS DEFENCE & SPACE » qui a bien voulu mettre à notre disposition des images SPOT pour la réalisation de ce présent travail.

    En outre, nous restons très reconnaissant envers Monsieur Oumar MAIGA, représentant du « Group AIRBUS DEFENCE & SPACE » au Burkina Faso, qui a accepté de nous accompagner et de faciliter l'acquisition des images auprès de sa structure.

    Nous remercions Monsieur Adama KOUNKORGO, Monsieur Soumaïla SAWADOGO, Monsieur Yves Ludovic KARFO et Monsieur Sié PALE qui ont bien voulu apporter leurs observations au document.

    Il nous est agréable d'adresser nos vifs remerciements à tous les étudiants et professionnels du Laboratoire de Télédétection et Système d'Information Géographique (LT-SIG) de l'Université Ouaga I Professeur Joseph KI-ZERBO, pour m'avoir soutenu dans le processus de réalisation de ce mémoire.

    A leurs majestés les Naaba de Zagtouli et de Yimdi, leurs notables, les populations de Zagtouli, Yimdi, Tanghin-Dassouri, pour leur disponibilité et leur esprit d'ouverture face à nos multiples sollicitations, nous leur formulons nos sincères remerciements.

    Enfin, nous témoignons notre reconnaissance à tous ceux dont les noms n'ont pu être cités mais qui ont contribué d'une manière ou d'une autre à la réalisation de ce document.

    V

    SIGLES ET ABRÉVIATIONS

    ADP : Assemblée des Députés du Peuple

    AN : Assemblée Nationale

    BUC : Bibliothèque Universitaire Centrale

    BUMIGEB : Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina

    BUNASOLS : Bureau National des Sols

    CCF : Centre Culturel Français

    CCNUCC : Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique

    CEDEAO : Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest

    CERLESHS : Cahier du Centre d'Étude et de la Recherche en Lettres, Sciences

    Humaines et Sociales

    CGCT : Code Général des Collectivités Territoriales

    CIRD : Centre d'Information et de Recherche pour le Développement

    CILSS : Comité Inter-États de Lutte contre la Sécheresse au Sahel

    CNULCD : Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification

    CORAF : Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le

    Développement Agricoles

    CSAO : C lub du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest

    DEA : Diplôme d'Études Approfondies

    EICVM : Enquête Intégrale sur les Conditions de Vie des Ménages

    FAO : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

    FEM : Fonds pour l'Environnement Mondial

    FIDA : Fonds International pour le Développement Agricole

    GIEC : Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'évolution du Climat

    GPS : Global Positioning System

    GRAF : Groupe de Recherche et d'Action sur le Foncier

    GRN : Gestion des Ressources Naturelles

    IGB : Institut Géographique du Burkina

    INSD : Institut National de la Statistique et de la Démographie

    MEE : Ministère de l'Environnement et de l'Eau (actuel MEEVCC)

    MECV : Ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie (actuel MEEVCC)

    MEDD : Ministère de l'Environnement et du Développement Durable

    VI

    NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique

    OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Économique

    ONU : Organisation des Nations Unies

    PASAM : Projet d'Appui à la Sécurité Alimentaire des Ménages

    PNP : Politique Nationale de la Population

    PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

    PNUE : Programme des Nations Unies pour l'Environnement

    RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitation

    UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature

    SIG : Système d'Information Géographique

    SMDD : Sommet Mondial pour le Développement Durable

    VII

    RÉSUMÉ

    L'accès à la terre au Burkina Faso est devenu un enjeu majeur du point de vue de sa valeur et de la sureté du bien. L'accaparement des terres par les personnes nanties pose cependant des problèmes liés à la diminution des espaces cultivables des familles agricoles. Dans ces espaces réduits, les paysans ne sont plus à mesure d'avoir suffisamment de récoltes pour faire face aux besoins alimentaires de leurs familles. Aussi, dans la mise en valeur des terrains achetés, les ressources naturelles sont dégradées.

    Au regard des problèmes posés par la gestion des ressources naturelles, la question suivante se pose : quels sont les enjeux de la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo ? L'objectif principal de cette recherche est d'analyser les enjeux de la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo, particulièrement dans le périurbain de Ouagadougou. Des résultats ont été obtenus grâce à la combinaison de deux méthodes, à savoir les méthodes qualitative et quantitative. Aussi, une analyse diachronique des images satellitaires, des enquêtes sociales et des observations sur le terrain ont été faites.

    Les résultats des enquêtes montrent que 75,14 % des populations de cette zone vendent leurs terres dans le but d'améliorer leurs conditions de vie. Cependant, 88,62 % de cette même population estiment que l'amélioration des conditions de vie est temporelle, car à la longue, ils se retrouvent dans une situation économique difficile que celle d'avant la vente de leurs terres. Par ailleurs, 3 % de la population se retrouvent sans terre et sont de ce fait exposées à la misère. En outre, les acheteurs du foncier dégradent les terres pour mettre en place leurs infrastructures ou pour mener leurs activités. A cela s'ajoutent les diverses actions de la population paysanne sur les terres qui entraînent une dégradation croissante des ressources naturelles. Ces résultats ont pu être vérifiés à travers l'analyse diachronique des images spot de 1986, 1995 et 2014, soit respectivement 9 ans et 19 ans d'intervalle. Ceux-ci montrent une dégradation du milieu. Ainsi assiste-t-on à une régression de la superficie des savanes arbustives, des plans d'eau et des zones nues au profit des champs et des zones d'habitation (zone urbanisée et celle non lotie). Les superficies des champs sont passées de 32,40 % à 50,49 % contre de 0,84 % à 3,31 % pour les zones urbanisées et de 0,00 % à 6 % pour les zones non loties. Dans cette dynamique du milieu, la population exerce d'autres types d'activités telles que l'artisanat, le commerce, l'élevage pour subvenir aux besoins sociaux et alimentaires de leurs ménages.

    Mots clés : Burkina-Faso, Kadiogo, Ressources naturelles, accaparement, dégradation.

    VIII

    ABSTRACT

    Access to land in Burkina Faso has become a major stake from the point of view of its value and the security of the property. However, land cornering by the affluent poses problems related to the decline in the cultivable areas of farming families. In these small areas, farmers are no longer able to have enough crops to meet the food needs of their families. Also, in the development of purchased land, natural resources are degraded.

    With regard to the problems posed by the management of natural resources, the following question arises: what are the challenges of land tenure pressure on the management of natural resources in the province of Kadiogo? The main objective of this research is to analyze the stakes of the land pressure on the management of natural resources in the province of Kadiogo, particularly in the Ouagadougou suburban. Results were obtained through the combination of two methods, namely qualitative and quantitative methods. Therefore, a diachronic analysis of the satellite images, social survey and the field observations were made.

    The results of the surveys show that 75.14 % of the population of this area sells their land in order to improve their living conditions. However, 88.62 % of the population estimates that the improvement of living conditions is temporary, because in the long run, they find themselves in a difficult economic situation than that before the sale of their land. Moreover, 3 % of the population find themselves without land and are therefore exposed to misery. In addition, land buyers degrade land to set up their infrastructure or carry out their activities. To this must be added the various actions of the peasant population on the lands which lead to an increasing degradation of natural resources. These results were verified by the diachronic analysis of the spot images of 1986, 1995 and 2014, respectively 9 years and 19 years apart. These show a degradation of the environment. For example, there is a decline in the area of shrub savannas, water bodies and bare areas for the benefit of fields and settlements (both urban and non-urban areas). Field areas increased from 32.40 % to 50.49 %, from 0.84 % to 3.31 % for the urbanized areas and from 0.00 % to 6 % for the unfenced areas. In this environmental dynamic, the population engages in other activities such as handicrafts, trade and livestock to meet the social and food needs of their households.

    Keywords: Burkina-Faso, Kadiogo, Natural resources, cornering, degradation.

    1

    INTRODUCTION GÉNÉRALE

    L'économie rurale des pays du monde est fondée sur les activités agro-sylvo-pastorales. La terre, principale support de ces activités humaines est aujourd'hui convoitée par plusieurs acteurs. Entre 2006 et 2011, 50 à 80 millions d'hectares auraient fait l'objet de transactions foncières dans le Monde (BENKAHLA A., 2011). Selon le rapport publié par OXFAM (2011), les 10 dernières années (2001-2011), près de 200 millions d'hectares de terres ont été vendues, louées, cédées ou font l'objet de négociations dans le cadre des transactions foncières à grande échelle. L'Afrique apparaît comme la zone la plus touchée avec 134 millions d'hectares de projets identifiés et le phénomène semble voué à s'étendre. Les nouvelles acquisitions des terres entraînent ainsi une insécurité foncière croissante des populations, alors qu'elles n'ont pas d'autres alternatives en dehors de l'agriculture et connaissaient déjà des difficultés d'accès à la terre (BENKAHLA A., op.cit.).

    Le développement des agro-industries et de l'agrobusiness participent à doter l'Afrique d'un secteur agricole qui comprend des chaînes de valeur hautement productives et rentables, qui peuvent établir un lien efficace entre les petits et moyens producteurs et les marchés (FONTAN SERS C., 2010). En outre, les nouveaux acteurs devront permettre de par leurs entreprises, l'augmentation de la monétarisation des productions et la compétitivité des produits (OUEDRAOGO M., 2003).

    Le concept d'« agrobusiness » a été introduit en 1999 au Burkina Faso dans un contexte dominé par une agriculture « familiale » qui emploie la majorité de la population (GRAF, 2011). Les actions des agrobusiness men de très grandes dimensions (50 à 400 ha) s'observent dans la plupart des régions du pays où les ressources naturelles sont encore relativement disponibles (OUEDRAOGO M., op.cit.). L'objectif de cette promotion est de solliciter les investissements des entrepreneurs dans le domaine agricole pour permettre d'assurer la sécurité et atteindre l'autosuffisance alimentaire. Depuis cette période, nous assistons à une course effrénée des personnes nanties vers les terres rurales. Débutée dans les provinces des Banwa, du Ziro, de la Sissili, du Houet, elle a gagné au fil des années la périphérie des grandes villes du pays. Les populations autochtones et propriétaires terriens trouvent là une aubaine pour avoir des ressources financières afin d'améliorer leurs conditions de vie et de travail, même si celles-ci s'exposent davantage à la pauvreté. L'affluence vers ces terres a fait que la question des marchés fonciers est devenue centrale. La question foncière porte sur des enjeux d'efficacité économique et de productivité, bien sûr, mais aussi de paix sociale, de citoyenneté et de gouvernance (CHAUVEAU J-P. et al., 2006).

    2

    L'accaparement des terres, l'acquisition ou l'appropriation à grande échelle, la privatisation et la concentration foncière ou les investissements fonciers sont les qualificatifs pour évoquer l'ampleur de l'agrobusiness. La ruée des agrobusiness men vers le milieu rural pourrait effectivement permettre l'atteinte de l'autosuffisance alimentaire. Cependant, leurs entrées posent un certain nombre de problèmes qui sont entre autres, la diminution des espaces cultivables des paysans, la gestion des ressources naturelles et l'insécurité alimentaire de la population rurale qui tire l'essentiel de sa survie de ces terres agricoles. A ces différents problèmes s'ajoutent les conflits fonciers. Dans la plupart des situations marquées par une gestion conflictuelle, les dynamiques d'appropriation foncière s'opèrent dans un contexte où la rareté relative de la terre se cumule à une croissance démographique importante, à de faibles revenus des ménages et à une crise du renouvellement des ressources naturelles (BINOT A. et al., 2007).

    L'accès à la terre à usage d'habitation, de culture, de pâture ou pour la spéculation foncière, est devenu un enjeu majeur pour tous (COMPAORE G., 2003 ; BOUJU J., 2010 ; ADAMCZEWSKI A. et al., 2013). Dans la province du Kadiogo, la terre fait face à une spéculation importante. Particulièrement, la population périurbaine de la ville de Ouagadougou est confrontée à la disparition des terres agricoles, des espaces ruraux au profit d'une urbanisation excessive menaçant ainsi les écosystèmes, les espaces naturels et le potentiel de production agroalimentaire. En plus de l'accès, il se pose un problème de gestion durable des ressources naturelles.

    La vente des terres développée dans la province du Kadiogo est plus accentuée dans la périphérie de Ouagadougou. Elle est un phénomène social et économique qui pose avec une certaine acuité les questions de la disponibilité des espaces cultivables, la gestion durable et l'exposition de la population fragile à la misère. La conjugaison de ces éléments a engendré une transformation du milieu, des systèmes agraires et de production agricole. De cette situation, il en découle un constat désolant : dégradation très avancée des ressources naturelles, saturation démographique, rupture sociale avec l'éclatement des unités d'exploitation, saturation de l'espace foncier, la « brousse est finie » (TALLET B., 1997)1.

    Au vu des enjeux qu'engendre la pression foncière dans la province du Kadiogo et principalement autour de la ville de Ouagadougou, il est nécessaire de se pencher sur la privatisation des terres dans ce milieu. Cette présente étude se veut une contribution à la connaissance des enjeux de la pression foncière dans la province du Kadiogo, notamment

    1 Cité par SOME B. F., 2002 : Impact de la "propriété foncière" des migrants sur la gestion des ressources naturelles : cas de Dibien dans la Province du Tuy ; p. 17.

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    dans l'interface Ouagadougou Tanghin-Dassouri. Cette analyse est scindée en deux grandes parties : la première nommée « le cadre théorique, et méthodologique de l'étude», est subdivisée en deux chapitres, présentant ainsi les aspects théoriques, contextuels, méthodologiques et la zone d'étude. La deuxième partie intitulée « présentation et discussion des résultats de la recherche » et subdivisée en deux chapitres, présente quant à elle les résultats issus de l'enquête, de l'observation sur le terrain et de l'analyse diachronique. Elle aborde également la discussion et l'orientation de la recherche.

    4

     

    PREMIÈRE PARTIE : LE CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE DE L'ÉTUDE

     
     
     
     

    Introduction partielle

    Cette partie est consacrée à la revue de littérature. Elle présente les travaux déjà réalisés sur le sujet, ce qui a permis de cadrer l'étude avec des concepts appropriés susceptibles de faciliter la compréhension. Elle expose les milieux physique et humain et est subdivisée en deux chapitres. Il s'agit du cadre théorique ; le cadre géographique de l'étude et l'approche méthodologique.

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    CHAPITRE I : LE CADRE THÉORIQUE DE L'ÉTUDE

    Ce chapitre situe le cadre théorique de l'étude. Il développe la problématique, les hypothèses, les objectifs de la recherche et la revue de littérature.

    I. I. La problématique

    Cette partie est essentiellement consacrée au contexte de l'étude et aux questions qui ont guidé la réalisation de la recherche.

    I. I. 1. Le contexte de l'étude

    Les pays d'Afrique situés au sud du Sahara sont confrontés concomitamment entre autres à la gestion des ressources humaines et celles des ressources naturelles. La dernière revêt une importance capitale en raison des aléas climatiques, de la croissance démographique et de la forte pression qui pèsent sur elles (TOURE EL H., 2011). Elles subissent également une pression croissante, du fait de leur commercialisation accrue, des changements dans les systèmes de production et dans l'écologie (BAGRE S. A. et al., 2003).

    L'Afrique de l'Ouest est dotée d'importantes ressources naturelles. Celles-ci font vivre beaucoup de populations à faible revenu (CSAO, 2008). Cependant, force est de constater que la pression exercée par les populations locales sur ces ressources conduit le plus souvent à leurs dégradations. Le processus de dégradation des terres en partie lié à la modification des conditions du peuplement (accroissement de la population, migrations et urbanisation, diminution de la durée des jachères) a accentué la dégradation du milieu. Dans ces pays, les manifestations les plus visibles de ce processus de dégradation sont l'accélération de l'érosion, l'appauvrissement et la salinisation des sols, la réduction de la diversité et de la productivité des ressources végétales, la modification de l'équilibre des écosystèmes naturels. Ces phénomènes aggravent la paupérisation des communautés humaines dépendantes de ces écosystèmes (CSAO, op. cit.).

    Le Burkina Faso est l'un des pays africains à fort taux de croissance démographique 3,1 % (recensement général de la population et de l'habitation (RGPH 2006)). Selon ce même recensement, le pays enregistrait en moyenne 435 000 habitants supplémentaires par an et sa population aurait atteint 18 450 494 individus en 2015. Ce dynamisme de la population a engendré principalement dans le centre du pays une densification du peuplement et une consommation rapide de l'espace agricole. Cette pression démographique s'est faite parallèlement à la dégradation des conditions de production (DRABO I. et al., 2003).

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    Par ailleurs, l'augmentation de la population engendre des besoins sociaux, notamment alimentaires. Malheureusement, la production agricole des paysans, ne pouvant pas satisfaire cette demande, mettait ainsi le pays dans un déficit agricole. Face à cette situation, l'État burkinabè a initié à la fin des années 90 une politique incitant le privé à investir dans la production agricole afin de surmonter les insuffisances de l'agriculture familiale considérée comme peu performante, peu ouverte aux innovations et à la professionnalisation agricole. Depuis lors, de nombreux acteurs non ruraux, qualifiés d'agrobusiness men ou de nouveaux acteurs se sont engagés dans l'acquisition des terres agricoles en milieu rural et particulièrement dans des zones proches des grands centres urbains (ZONGO M., 2010). Il estime que les grandes entreprises agricoles privées sont plus productrices que les exploitations familiales (ADAMCZEWSKI A. et al., 2013). Dans cet élan de promotion de l'agriculture intensive avec des moyens modernes adéquats, le gouvernement encourage les investissements tous azimuts. Rappelons que le Premier Ministre burkinabè (4 juin 2007 au 18 avril 2011) n'a cessé de répéter pendant l'hivernage de 2009 : « il faut donner la terre à ceux qui ont les moyens de la cultiver » (LEGMA A.V., l'indépendant n° 806 du 17/02/09, cité par OUDET M., 2009). Ce qui veut dire que la terre au Burkina Faso doit être à la disposition de ceux qui peuvent la valoriser. Dans cette catégorie de nouveaux propriétaires figurent des membres du gouvernement et des hommes d'affaires (OUDET M., op.cit.). Cette situation a permis aux « nouveaux riches » de s'accaparer des domaines fonciers à l'intérieur du pays et peu à peu à la périphérie de Ouagadougou, dans la province du Kadiogo. Ce phénomène, qu'il soit l'oeuvre d'investisseurs nationaux ou étrangers, risque d'entraîner la disparition de la classe paysanne productive et la naissance d'un prolétariat agricole précarisé, à travers l'expulsion à termes des producteurs et des communautés de leurs terres (GBAGUIDI L., 2010).

    La province du Kadiogo abritant la capitale politique du pays (Ouagadougou) renferme 12,3 % de la population du Burkina Faso. Elle se caractérise par une densité exceptionnellement importante de 615 habitants au km2. La plus grande proportion de sa population (85,4 %) habite la ville de Ouagadougou (RGPH, 2006). La croissance démographique et la migration des populations vers les grandes villes sont des éléments qui contribuent à accroître la population urbaine. Ce poids démographique a certainement eu un impact sur l'espace urbain (COMPAORE G., 1993). De 1904 (fin de la mise en place de l'Administration coloniale) à nos jours, la ville de Ouagadougou a connu de profondes mutations démographique et spatiale (TRAORE Y., 2010). En effet, sa population est passée de 8 000 habitants en 1904 sur une superficie de 1500 hectares à 2 000 000 habitants en 2010

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    sur un espace de 54 400 hectares, soit un taux d'extension de 3626.66 %. Cette extension est imputable au développement de l'habitat dit « spontané » et aux « lotissements » de grande envergure (KEDOWIDE C. M. G. et al., 2010).

    La croissance démographique couplée à la pauvreté des citadins et à la disponibilité d'espace engendre du coup l'extension spatiale de la ville (KABORE I., 2013). Aussi, l'accroissement de la population en général et celle des zones urbaines en particulier entraînent des besoins nouveaux tels que les infrastructures socio-économiques, les équipements, les voies de communication, les emplois, les logements, etc. Pour réussir ce challenge de l'habitat décent, l'État ou des partenaires privés procèdent périodiquement à des lotissements. Mais, ces aménagements posent souvent des problèmes environnementaux qu'il convient de bien analyser. Également, les populations achètent des terrains non bâtis, en dehors de tout cadre légal, qu'ils mettent en valeur à leur façon (zone non lotie).

    L'extension de la ville de Ouagadougou empiète sur les espaces cultivables. En effet, les besoins en terrains à bâtir ont poussé les néo-citadins et les citadins eux-mêmes à se lancer dans une spéculation foncière effrénée au détriment de la production agricole (COMPAORE G., 2003). Au fur et à mesure, certains champs sont transformés en lieu d'habitation. Les paysans qui exploitaient les espaces cultivables proches de la ville sont alors obligés de se mettre à la recherche d'autres emplois, car les travaux champêtres deviennent de plus en plus difficiles. Par ailleurs, l'agriculture extensive pratiquée sur les terres peu fertiles sous l'effet des aléas climatiques n'arrive pas à satisfaire les besoins alimentaires de la population qui augmentent d'année en année (OUATTARA S. et al., 2004 ; TIENDREBEOGO Y., 2013).

    L'occupation des sols analysée à partir des images satellitaires (spot de 1986), indique, que les ressources naturelles subissent une pression croissante. Cela est certainement due à leur commercialisation accrue, à l'augmentation de la population, aux changements dans les systèmes de production et dans l'écologie (BAGRE S. A. et al., 2003). Cette situation a pour corollaire la dégradation continue des ressources naturelles se traduisant ainsi par la régression de la couverture végétale, l'ensablement des retenues d'eau, la dégradation des sols, etc. L'intervention de l'homme dans le milieu à travers les activités indispensables qu'il mène pour sa survie (agriculture sur brûlis) et les actions non viables qu'il pose y prennent souvent l'aspect de véritables agressions. Aujourd'hui, la province du Kadiogo se trouve installée dans un processus cumulatif de détérioration du milieu biophysique.

    L'influence de Ouagadougou s'exerce fortement sur ses alentours immédiats (50 km) et même lointain. La dégradation progressive du couvert végétal devient alors un problème préoccupant. Elle résulte pour une bonne part des interférences des activités humaines sur la

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    couverture végétale de type savanesque, donc particulièrement sensible (COMPAORE G., 1993). L'utilisation des ressources naturelles, notamment de la terre et la signification de sa fonction pour les différents acteurs évoluent avec le temps. Ainsi, la gestion des ressources naturelles devient de plus en plus difficile dans un contexte marqué par une émergence de nouveaux propriétaires terriens dans cette partie du pays et particulièrement à la périphérie de Ouagadougou. L'exploitation irrationnelle ou exagérée de ces terres peut contribuer à la dégradation du milieu, voire la disparition de certaines ressources. Par ailleurs, la privatisation des terres à grande échelle diminue les surfaces cultivables des paysans.

    La pauvreté touche 50,7 % des habitants du Burkina Faso et est l'un des principaux obstacles aux efforts de développement du pays (INSD, 2010). En effet, la pauvreté de la population les amène à adopter des méthodes de production et de consommation non viables et défavorables à l'environnement (FEM-FIDA, 2002 ; TIENDREBEOGO Y., 2013). L'insuffisance de revenus limite l'accès des enfants à l'éducation et des personnes malades aux soins de santé (Politique Nationale de la Population, 2000). Bien que cette population rurale soit pauvre, elle possède encore un bien précieux (la terre) d'où elle tire l'essentiel de sa subsistance. La vente des terres sans investissement producteur accentuerait la pauvreté de cette population qui vit déjà dans des conditions difficiles.

    La terre est l'élément fondamental des ressources naturelles, car c'est sur elle que reposent d'autres éléments (eau, flore, faune, etc.). C'est en ce sens que sa gestion rationnelle doit être une condition nécessaire pour parvenir au développement durable. Or, dans le contexte actuel de développement au Burkina Faso, surtout dans sa partie périurbaine et rurale, la question foncière reste préoccupante (SOME B. F., 2002). Selon FRATICELLI M., (2012), les ressources naturelles étaient autrefois gérées de façon plus ou moins collective au sein des communautés villageoises. On pouvait parler de « biens communs » à un ou à plusieurs groupes sociaux. Aujourd'hui, les habitants périurbains de Ouagadougou se trouvent dépossédés de leurs terres agricoles. Quelle serait alors la situation d'une telle population vivant déjà dans des conditions difficiles ? En plus, les nouveaux acheteurs du foncier exploitent la terre à des fins commerciales. Alors, quelle place accordent-ils à la gestion des ressources naturelles ? Aussi l'exploitation des terres par les agrobusiness men à la périphérie de Ouagadougou doit-elle être faite sans tenir compte de l'équilibre environnemental, pour permettre une régulation de l'air dans la ville et une gestion durable des ressources naturelles ? Ainsi, pour comprendre les enjeux liés à la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles dans un contexte de développement durable, nous nous sommes intéressé à l'étude des problèmes que peut engendrer la privatisation des terres dans la province du Kadiogo,

    9

    notamment à la périphérie ouest de la ville de Ouagadougou. Également, dans cette étude, il est question de connaître les stratégies développées par les paysans pour assurer leur ration quotidienne malgré la diminution de leurs espaces cultivables.

    I. I. 2. Les questions de la recherche

    La question principale de la recherche est la suivante : quels sont les enjeux de la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo ?

    De cette interrogation principale, se dégagent quatre questions secondaires qui sont :

    · quels sont les modalités d'accès à la terre et les acteurs du foncier dans la périphérie de Ouagadougou ?

    · quelles sont les causes de la vente des terres en zone périurbaine ?

    · quelles sont les impacts de la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles ?

    · quelles sont les stratégies développées par les paysans pour répondre aux besoins sociaux de leurs ménages ?

    Pour mieux aborder le sujet, les hypothèses de l'étude et les objectifs à atteindre sont passés en revue. Ensuite, le point des documents qui ont traité des thèmes similaires au notre a été fait. Cela a permis l'orientation de la recherche.

    I. II. Les hypothèses et les objectifs de la recherche

    Cette partie est structurée en deux points à savoir, les hypothèses et les objectifs de l'étude. Ce paragraphe sert à orienter la recherche

    I. II. 1. Les hypothèses

    L'hypothèse principale de cette étude stipule que la disponibilité, l'accaparement et la gestion durable des terres sont les enjeux de la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo.

    De cette hypothèse principale découlent les hypothèses spécifiques suivantes :

    · l'achat, le legs, le don et la location sont les modes d'accès à la terre et les acteurs sont ceux reconnus par la loi N°034-2009/AN du 16 juin 20092 ;

    · la population périurbaine de Ouagadougou vend la terre pour améliorer ses conditions de vie et de travail ;

    · la dégradation des terres, la réduction des espaces cultivables et l'accentuation de la pauvreté sont les impacts de la privatisation des terres ;

    2 L'article 6 de la présente loi.

    ·

    10

    les paysans développent des stratégies pour répondre aux besoins sociaux de leurs ménages.

    I. II. 2. Les objectifs

    L'objectif global de cette recherche est d'analyser les enjeux de la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo. De façon spécifique, il s'agit de :

    · déterminer les modalités d'accès à la terre et les acteurs du foncier sur le terrain ;

    · comprendre les raisons qui poussent la population périurbaine de Ouagadougou à vendre sa terre ;

    · expliquer les impacts de la privatisation des terres sur les ressources naturelles et sur la population ;

    · analyser les différentes stratégies développées par les paysans pour répondre aux besoins sociaux de leurs ménages.

    I. III. La revue de littérature

    Les notions de « revue de littérature » ou d'« analyse de littérature » désignent à la fois une méthode de travail scientifique et une « catégorie » d'études scientifiques3. La méthodologie utilisée a concerné la grille d'analyse des données, la recherche documentaire, la synthèse des documents, la clarification et les précisions conceptuelles.

    I. III. 1. La grille d'analyse des données

    La présentation de la grille, selon un tableau à double entrée, permet de répertorier les thématiques abordées par certains auteurs en relation avec le thème d'étude ainsi que les différents groupes d'auteurs (cf. tableau 1). Les travaux de ces auteurs ont servi de base d'analyse dans ce mémoire.

    3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Revue de la litt%C3%A9rature

    11

    Tableau I : la grille d'analyse des données

    Les thématiques

    abordées

    Le groupe d'auteurs

    La question

    foncière

    LAVIGNE-DELVILLE P., (1999) ; SOME B. F., (2002) ; DRABO I. et al., (2003) OUEDRAOGO M., (2003) ; MATHIEU P., (2003) ; MATHIEU P. et al. (2003) ; ZONGO M. (2005, 2010, 2011) ; ZONGO M. et al. (2006) ; BINOT A., et al., (2007) ; CSAO/OCDE, (2009) ; OUDET M. (2009) ; GBAGUIDI L., (2010) ; KOUMASSOU T.,

    (2010) ; IPAR, (2010) ; DIALLA E. B, (2002) ; LAVIGNE
    DELVILLE L., 2012 ; DELCOURT L., (2010), ADAMCZEWSKI A., et al., (2013).

    La gestion de

    l'environnement et des ressources naturelles

    YANGAKOLA J.M., (1997) ; FIDA, (2002) ; GRATZFELD J., (2004) ; KLOFF S. et al. (2004) ; FAO, (2007) ; HOUNTONDJI H. Y-C., (2008) ; BLUNIER P., (2008) ; CESMAT, (2008) ; BOULANGER S., et al. (2009) ; DESROSIERS, R., et al. (2010) ; BUTARÉ I., et al. (2013).

    La dégradation

    des terres

    DA D. E. C. (1984, 1993) ; GAVAUD M., (1990) ; BANDRE E., (1995) ; HIEN F. et al. (1996) ; NDOUR T. (2001) ; FEM-FIDA (2002) ; SMDD, (2002) ; BONNET B., 2003 ; DJIRE M., 2003 ; CHAUVEAU J-P. et al., (2004) ; DIPAMA J. M. (2004) ; BANZHAF M., (2005) ; HAUCHART V. (2005) ; DA D.E.C. et al. (2007, 2008) ;

    GBAGUIDI L., (2010) ; FAO (2011) ; YERO S. K., (2012) ;
    FRATICELLI M. (2012).

    Les politiques et lois

    LOI N°002/94/ADP ; PNP, 2000 ; LOI N° 055-2004/AN ; LOI N°034-2009/AN ; LOI N° 034-2012/AN.

    La sécurité

    alimentaire

    OUEDRAOGO F. de C., (2000) ; DEMBELE N. N., 2001 ; DROY I. et al., (2004) ; OCDE, (2005) ; FAO, (2006, 2009) ; JANIN P., (2003, 2006, 2010) ; BENOIT-CATTIN M. et al., (2012).

     

    I. III. 2. La recherche documentaire

    La recherche documentaire a été menée dans plusieurs centres de documentation et institutions, notamment à la Bibliothèque du département de géographie, au Centre d'Information et de Recherche pour le Développement (CIRD), au Guichet unique du foncier et au Ministère de l'environnement, de l'économie verte et du changement climatique (MEEVCC). Mais, il faut noter que la majorité des documents a été téléchargé des sites web.

    Cette recherche a également concerné l'utilisation des images satellitaires de 1986, de 1995 et de 2014 de la zone d'étude. Une carte topographique de Ouagadougou a permis de délimiter ladite zone.

    L'analyse des documents montre que plusieurs auteurs ont étudié les questions relatives au foncier rural ; d'autres se sont spécifiquement intéressés à la gestion des ressources naturelles dans le contexte d'une demande accrue des terres cultivables ; certains ont étudié l'influence de la population (migrante) sur les ressources naturelles à l'intérieur du Burkina Faso. Dans le cas

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    spécifique de la province du Kadiogo, des études sur le foncier existent, mais, elles n'ont pas établi le lien entre la pression foncière et les enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. C'est pour combler ce vide que cette étude est menée. Ainsi, les documents de base utilisés dans le cadre de ce mémoire sont constitués de thèses de doctorats, de mémoires de Diplôme d'Études Approfondies (DEA), de masters et de maîtrises, de rapports, d'ouvrages généraux, d'articles scientifiques et de presses.

    I. III. 3. La synthèse des documents

    Les thèmes sur la pression foncière et la gestion des ressources naturelles ont fait l'objet de nombreuses études dans le monde. Cela témoigne l'importance accordée à ces thèmes pour les différents chercheurs. La plupart des auteurs n'ont pas fait la combinaison entre la pression foncière et la gestion des ressources naturelles. Certains ont traité la pression foncière en relation avec la dynamique de la population et d'autres ont abordé les aspects liés à la gestion des ressources naturelles en relation avec les activités humaines.

    A partir de l'introduction de l'agrobusiness dans les pays du sud. Nous assistons à une course effrénée sur les terres rurales. L'objectif étant sans doute lié aux questions de l'atteinte de l'autosuffisance et la sécurité alimentaire, mais, l'exploitation à grande échelle sans des mesures d'atténuation a un impact certain sur les ressources naturelles. Aussi, l'accaparement des terres agricoles par les agrobusiness men ou nouveaux acteurs diminue les surfaces de production des paysans. La synthèse suivante retrace les travaux de certains auteurs sur les impacts de la privatisation des terres et la gestion des ressources naturelles d'une part et d'autre part l'effet produit par la privatisation sur la sécurité alimentaire des populations agricultrices.

    En ce qui concerne l'impact de la pression foncière sur les ressources naturelles, le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA, 2002), souligne que l'exploitation des terres pose le problème de la conservation du sol, l'aménagement des bassins versants, la déforestation, la gestion des parcours, la désertification, la conservation de la biodiversité et la santé environnementale. Il explique que les causes et les effets de la dégradation de l'environnement varient considérablement selon les régions, les pays et les zones agroécologiques, et cela donne lieu à une grande variété de problèmes de gestion de ressources naturelles. Par ailleurs, il propose ainsi quelques éléments à prendre en compte pour alléger la pression sur les ressources naturelles. Il s'agit de la participation des bénéficiaires et des communautés, le transfert de technologies respectueuses de l'environnement, la promotion de politiques en faveur de l'environnement et le financement

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    rural. FRATICELLI M., (2012), montre comment la question foncière est gérée depuis la période coloniale à nos jours. Il fait savoir que l'adoption de la loi de 1994 ne constitue pas une reconnaissance des droits des habitants sur les terres et les forêts gérées par les communautés. Ces populations en majorité pauvres se voient convoiter leurs terres par des élites capables d'acheter de milliers d'hectares. Ainsi, il indique que le système foncier légal mis en place au Cameroun n'a profité qu'à un nombre restreint d'acteurs. Pour lui, l'impact du phénomène d'accaparement des terres et des forêts sur les territoires et les systèmes de gestion coutumiers sont déjà très forts dans certaines zones du pays, en particulier les régions côtières. Cela crée des tensions dont les conséquences sont l'effritement du tissu social et des écosystèmes forestiers. Pour HIEN F. et al., (1996) la pression exercée par la population sur la terre conduit à la dynamique de dégradation des sols. Il souligne que cette dégradation apparaît comme le résultat de deux processus : l'extension spatiale des zones nues et l'apparition de nouvelles surfaces dénudées. Pour lui, la réduction du couvert végétal constitue le point de départ du processus de dégradation des sols dans la région soudano-sahélienne d'Afrique. C'est dans ce sens que soutient la BANQUE MONDIALE (2003), lorsqu'elle affirme que la gestion durable des ressources naturelles est essentielle pour lutter contre la pauvreté sur deux principaux fronts. Elle stipule que dans un premier temps, la gestion durable doit permettre de répondre aux besoins nutritionnels à long terme de la population mondiale. Elle fait remarquer par la suite que, si l'effet d'érosion qu'opère la dégradation des ressources sur la capacité productive se poursuit, la capacité à satisfaire les besoins alimentaires futurs se trouvera sérieusement compromise. Pour elle, les plus pauvres sont ceux qui souffriront le plus du fait de l'augmentation des coûts des produits alimentaires et de la vulnérabilité de leurs moyens d'existence. Deuxièmement, elle montre que la gestion intégrée des ressources naturelles contribue à lutter contre la pauvreté en améliorant les possibilités de revenu pour les agriculteurs pauvres et leurs communautés locales. Quant à BADO I. et al., (2003) les disponibilités en terres de culture, variables d'une région à l'autre du Burkina Faso, sont à rapprocher des conditions écologiques. Ils montrent que la qualité des sols et la répartition des pluies sont responsables de situations très différentes selon les régions. Ils soutiennent que la dynamique récente et actuelle de la population bouscule les situations antérieures et pose de manière nouvelle les conditions d'accès à la terre. Par ailleurs, ils proposent qu'il faille nécessairement adapter les régimes fonciers aux nouvelles réalités socioéconomiques dominées par la raréfaction des terres disponibles et les mutations dans le mode de gestion des terres.

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    La question de l'accaparement des terres a été abordée. Ainsi, en 2010, GBAGUIDI L., montre que l'investissement dans l'achat de la terre et dans la production agricole constitue une tradition au Bénin. À cet effet, sur la base de la limitation des superficies de l'ordre de 20 à 50 hectares, les fonctionnaires de l'administration et les hommes d'affaires ont acheté des terres pour y pratiquer une agriculture pérenne telle que la production de bois de Tectona grandis ou d'arbres fruitiers. Il ajoute que depuis 2000, le phénomène a pris de l'ampleur avec l'achat de superficies plus importantes et l'entrée d'investisseurs étrangers et des multinationales dans l'acquisition des terres dans les régions considérées comme les greniers du pays. Il présente les différents modes d'accès à la terre et les acteurs (ONG, Députés, Ministres et Hommes d'Affaires) qui achètent de grandes superficies. Il conclut que cette situation peut avoir comme conséquence la perte des pratiques endogènes, des valeurs traditionnelles, la dégradation du tissu social et de l'exode rural. Par ailleurs, l'auteur nous apprend que l'introduction incontrôlée de semences d'Organismes Génétiquement Modifiés peut également avoir des conséquences importantes à long terme sur la biodiversité du pays. Argumentant sur la même question, ADAMCZEWSKI A., et al., (2013), montrent que l'ampleur des dynamiques de concessions privées est telle qu'elles sont souvent qualifiées d'accaparements fonciers. Ils soulignent que la croissance démographique conduit à une réduction du foncier par l'exploitation des terres. ZONGO M., (2010), montre que l'État burkinabè a initié à la fin des années 90 une politique d'incitation d'investissement dans la production agricole par des investisseurs privés afin de surmonter les insuffisances de l'agriculture familiale considérée comme peu performante, peu ouverte aux innovations et à la professionnalisation. C'est ainsi qu'une partie de la population qualifiée d'agrobusiness men s'est engagée dans l'acquisition de terres en milieu rural et particulièrement dans les zones proches des grands centres urbains. Il met l'accent sur la catégorisation de ces agrobusiness men, la description de leurs procédures d'accès à la terre, leurs stratégies de sécurisation ainsi que les rapports qu'ils entretiennent avec les autres acteurs. Pour ZONGO M., 2005, les effets cumulés de l'évolution démographique et de la modernisation des moyens de production ont généré un fort accroissement des superficies cultivées. Il souligne que l'augmentation de la production est envisagée comme une conséquence de l'augmentation des superficies. Quant à SOME B. F., (2002), les ressources naturelles, supports de la production rurale, subissent les caprices des changements climatiques. Il soutient que pour espérer léguer un héritage de ressources naturelles rurales aux générations futures, il faut nécessairement adapter les systèmes de production actuels au milieu et investir pour les revaloriser. Par ailleurs, il montre que la dégradation des ressources naturelles est en grande partie due à l'installation des migrants dans la Province du Tuy au Burkina Faso.

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    Les questions de la transaction et les systèmes de sécurisation foncière ont aussi fait l'objet d'étude. En effet, ZIDA R. A., (2012), analyse les différents modes d'accès à la terre et identifie les acteurs concernés par la transaction foncière. Il pense que les transactions foncières engendrent certes des apports socio-économiques pour les acteurs mais également des inconvénients. Pour OUEDRAOGO H., (2010), les systèmes de sécurisation foncière en Afrique de l'Ouest reposent sur l'héritage colonial de l'immatriculation foncière dont l'échec a pourtant été souvent dénoncé. Il mentionne que pour réussir, les politiques foncières ouest-africaines doivent questionner, voire remettre en cause les fondements coloniaux sur lesquels sont bâtis les législations foncières actuelles, notamment le système de l'immatriculation foncière. Il souligne par la suite que l'élaboration de loi entrant dans le cadre du foncier doit s'appuyer sur les initiatives locales et impliquer les acteurs à la base (les communautés locales, les propriétaires terrains).

    Les questions de vulnérabilité et de sécurité alimentaire ont également été abordées par certains auteurs dans leurs recherches. C'est ainsi que JANIN P., (2006), évoque la nécessité de prendre en compte les vulnérabilités apparente (basée sur une cartographie thématique qui représente la situation géographique) et réelle (qui résulte de mesures plus individualisées). Pour lui, cela permet de cerner tous les contours de la situation réelle des ménages. Il prend en compte les aspects économiques, géographiques et sociaux pour caractériser la vulnérabilité alimentaire. Pour OUEDRAOGO F. C., (2004), l'insécurité alimentaire varie dans le temps et dans l'espace. Les crises climatiques caractéristiques à l'Est du Burkina Faso déterminent les degrés de vulnérabilité (apparente ou réelle) de la population dans la mesure où la disponibilité alimentaire est dépendante de la production agricole. Il met l'accent sur les déterminants de la vulnérabilité alimentaire à savoir la précarité des ressources, la gestion inadaptée des ressources, l'incertitude climatique et l'enclavement physique et culturel de la zone. Quant à DELCOURT L., (2010), la crise alimentaire de 2008 dans le monde a jeté une lumière crue sur les aberrations du modèle de développement agricole promu dans le Sud. Il souligne que cette crise a plongé près de 125 millions de personnes supplémentaires dans l'extrême pauvreté et 75 millions d'entre elles dans la sous-alimentation. Il soutient que les paysans du sud sont confrontés à la libéralisation du marché et à la réduction du soutien des pouvoirs publics. Il poursuit en affirmant que les institutions internationales qui reconnaissent aujourd'hui le rôle des agricultures familiales et paysannes dans la lutte contre la pauvreté, ainsi que dans la préservation de la biodiversité, préconisent des mesures d'appui public ou privé. Par ailleurs, il pose la problématique du contrôle de la

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    terre qui reste largement négligée. DROY I. et al., (2004) mettent l'accent sur la pauvreté en milieu rural d'une part et de l'autre les difficultés pluviométriques auxquelles fait face le sud du pays. En effet, ils montrent que les aléas climatiques perturbent la production vivrière et font baisser les revenus des populations. Pour eux les systèmes d'information permettent, soit un suivi conjoncturel de la situation alimentaire, soit une approche structurelle permettant une meilleure approche des causes de cette vulnérabilité. Ils pensent que chaque niveau d'observation apporte des informations spécifiques et complémentaires.

    La pression exercée par les populations influence énormément sur la gestion des ressources naturelles. Cependant, il ressort de toutes ces recherches documentaires que la question de la pression foncière sur les enjeux de la gestion des ressources naturelles a été très peu traitée dans les pays d'Afrique au sud du Sahara. En effet, des travaux sur ce thème. ont bien été conduits dans diverses régions du monde et même du Burkina Faso. Cependant, dans le milieu périurbain des villes du Burkina Faso, il n'y a pas d'étude qui traite du lien entre la pression exercée par les populations sur le foncier et la gestion des ressources naturelles. Notre mémoire consiste donc à privilégier l'analyse des enjeux liés à la pression foncière sur la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo, notamment dans le milieu périurbain. Mais, avant de présenter la zone d'étude et dresser la méthodologie utilisée, nous avons procédé par la définition des concepts récurrents utilisés dans ce document.

    I. III. 4. La clarification et les précisions conceptuelles

    Afin d'orienter les lecteurs et de permettre une meilleure compréhension, il convient de définir les concepts clés utilisés dans ce document. Ce sont des définitions en rapport avec le thème de recherche qui ont été retenues.

    Environnement : Étymologiquement on trouve « environemenz » en français dès 1265 dans le sens de « circuit, contour » puis à partir de 1487 dans le sens d'« action d'environner ». Le mot provient du verbe environner, qui signifie action d'entourer. Les sens du mot sont polysémiques, c'est-à-dire qu'il a plusieurs sens différents. Ayant le sens de base de ce qui nous entoure, il peut prendre le sens de cadre de vie, de voisinage, d'ambiance, ou encore de contexte (en linguistique). Le mot environnement est à différencier du mot nature. La nature désigne l'ensemble des éléments naturels, biotiques et abiotiques, considérés seuls, alors que la notion d'environnement s'intéresse à la nature, au regard des activités humaines, et aux interactions entre l'Homme et la nature. La notion d'environnement englobe aujourd'hui

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    l'étude des milieux naturels, les impacts de l'homme sur l'environnement et les actions engagées pour les réduire. http://lebiogeographe.centerblog.net/1-definition-de-environnement (consulté le 02 mai 2015).

    L'environnement réfère donc à une notion globale ; il comprend les écosystèmes, les populations humaines et l'ensemble de leurs composantes qui contribuent à la qualité de la vie (DA D.E.C. et YONKEU S., 2006)4.

    Nous retenons la définition selon laquelle, l'environnement est l'ensemble des composants naturels de la planète Terre (l'air, l'eau, l'atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, etc.) et l'ensemble des phénomènes et interactions qui s'y déroulent. En somme, l'environnement est tout ce qui entoure l'homme et ses activités.

    Un enjeu est ce que l'on peut gagner ou perdre dans une entreprise quelconque, un projet. Consultée le 08/05/2017 sur le site ( www.larousse.fr/dictionnaires/français/enjeu).

    Le moteur de recherche Wikipédia définit l'enjeu comme quelque chose que l'on risque dans une compétition, une activité économique ou une situation vis-à-vis d'un aléa. C'est donc ce que l'on peut gagner ou perdre en faisant quelque chose ou en ne le faisant pas. Consultée le 08/05/2017 sur le site ( https://fr.m.wikipédia.org/wiki/Enjeu).

    La pression croissante que subit l'exploitation des ressources naturelles soulève des préoccupations sur les composantes écologiques qui peuvent être altérées dans son intégrité. L'altération est positive dans le cadre d'une exploitation rationnelle et négative dans l'autre sens. Alors, dans cette étude, un enjeu est ce que l'on peut gagner ou perdre dans l'exploitation ou non des ressources naturelles.

    Le dictionnaire Le Petit Larousse, 2010, définie le périurbain comme un espace à proximité d'une ville. Ce milieu est à la lisière des villes. Le domaine périurbain de Ouagadougou correspond à l'aire géographique qui s'étend des limites communales de Ouagadougou (province du Kadiogo) jusqu'à une distance de 25 km environ (COMPAORE G., 2003).

    Nous retenons que c'est la zone située entre la partie urbanisée (la ville) et le milieu rurale. Elle est une zone de convoitise par les personnes démunies et qui sont à la recherche de logement. C'est également une zone prisée par les populations agricoles qui vivent dans la ville.

    Ce concept est à différencier de la périurbanisation qui décrit l'éloignement de l'habitat par rapport à l'emploi. La périurbanisation est l'augmentation, dans les communes

    4 Cité par OUEDRAOGO J., 2013 : l'impact environnemental et les retombées socio-économiques des activités agricoles autour des retenues d'eau dans le domaine soudano-sahélien d'Afrique occidentale ; mémoire de master de recherche en géographie, université de Ouagadougou page 10.

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    situées à l'extérieur des pôles urbains, généralement en périphérie, du nombre d'actifs occupés travaillant dans les pôles. Sa mesure s'appuie sur des indicateurs de flux domicile-travail. Ce concept a une dimension fonctionnelle (NIRASCOU F., 2012).

    Le foncier : en géographie, il désigne : «l'ensemble des rapports entre les Hommes impliqués par l'organisation de l'espace» (FRECHOUH. cité par OUEDRAOGO J., 2013). C'est tout ce qui a trait ou se rattache à un fonds de terre ou à un bien-fonds. Le domaine foncier national est l'ensemble des terres et des biens immeubles ou assimilés, situés dans les limites du territoire du Burkina Faso ainsi que de ceux situés à l'étranger et sur lesquels l'État exerce sa souveraineté. (Loi N° 034-2012/AN portant réorganisation agraire et foncière au Burkina Faso, p. 5).

    La notion de foncier englobe une dimension spatiale à savoir l'espace. Sa gestion implique des rapports sociaux donnant un sens aux droits d'usage sur la terre et son exploitation. Le foncier peut être défini comme l'accès et le contrôle de la terre ainsi que de la gestion des ressources naturelles qui s'y trouvent (COMITE TECHNIQUE, FONCIER ET DÉVELOPPEMENT, 2008). Dans le cadre de ce mémoire, cette définition est retenue.

    Selon le moteur de recherche Wikipédia, la privatisation est un transfert de la propriété d'une grosse partie, voire de la totalité, du capital d'une entreprise du secteur public

    au secteur privé. Consultée le 08/05/2017 sur le site
    ( https://fr.m.wikipédia.org/wiki/Privatisation).

    La privatisation foncière désigne toute transaction du foncier se traduisant par un transfert, à des personnes physiques ou morales de droit privé, tout ou une partie des terres. Consulté le 08/05/2017 sur le site www.mdipi.gov.dz/definition-de-la-privatisation).

    Nous retenons ici que la privatisation foncière est l'opération consistant à transférer par la vente une partie ou l'ensemble des terres et des biens immeubles ou assimilés, situés dans les limites de la propriété privée individuelle, collective ou publique à une tierce personne. La privation foncière est une cession totale de sa terre. La personne acquéreuse jouit des avantages liés à cette acquisition.

    La dégradation est l'évolution d'un élément, d'un milieu, dans le sens d'une détérioration. (GEORGE P., et al., 2009).

    La dégradation des terres correspond à une réduction des capacités de la terre à fournir des biens et des services à l'écosystème et à ses bénéficiaires. Elle se caractérise par une

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    diminution de la teneur en éléments organiques nutritifs des sols. Elle entraîne une perte de fertilité et des bouleversements dans les systèmes de drainage des eaux. Elle est le produit des variations climatiques et des actions anthropiques conduisant à une altération des écosystèmes des zones arides ( http://www.ffem.fr/accueil-FFEM/activites-ffem/degradation-des-terres) (consulté le 02 mai 2015).

    La dégradation des terres est la diminution ou la disparition, de la productivité biologique ou économique et de la complexité des terres. Cela est due entre autres à : (i) l'érosion des sols causée par le vent et/ou l'eau ; (ii) la détérioration des propriétés physiques, chimiques et biologiques des sols ; et (iii) la disparition à long terme de la végétation naturelle (HOUNTONDJI H. Y-C., 2008). Cette définition est celle retenue dans ce mémoire.

    Quant à la dégradation des sols, elle est définie comme un changement dans l'état de santé du sol. Elle se caractérise par une diminution de la teneur en éléments organiques nutritifs des sols. Elle entraîne une perte de fertilité et des bouleversements dans les systèmes de drainage des eaux. Elle est le produit des variations climatiques et des actions anthropiques conduisant à une altération des écosystèmes des zones arides ( http://www.ffem.fr/accueil-FFEM/activites-ffem/degradation-des-terres) (consulté le 02 mai 2015).

    Selon le dictionnaire Le Petit Larousse, 2010, la spéculation est une activité qui consiste à tirer profit par anticipation de l'évolution à court, moyen ou long terme du niveau général des prix ou d'un prix particulier en vue d'en retirer une plus-value ou un bénéfice.

    La spéculation foncière est l'acte d'acheter un terrain dans l'espoir de le revendre plus cher, plus tard, à l'identique. La pratique d'une véritable spéculation foncière se heurte donc aux coûts de transaction élevés qu'il faut assumer à l'achat comme à la revente (Dictionnaire foncier, consulté le 02 mai 2015 sur le site www.comby-foncier.com).

    La spéculation foncière désigne toutes les formes de spéculations relatives « à un fonds de terre, à son exploitation, à son imposition » quand des agences immobilières ou foncières, des banques ou des individus (propriétaires fonciers ou acheteurs de foncier) cherchent à tirer des avantages financiers et/ou fiscaux et/ou politiques de la propriété foncière ou d'un bien immobilier existant ou potentiellement existant. Au sens rigoureux de l'expression, la spéculation porte sur les terrains à vocation agricole, minière, touristique, urbaine ou ayant vocation de protection de la nature. Au sens large, elle porte également sur des immeubles et autres constructions ou infrastructures considérés comme biens « fonciers ». Parfois, il peut s'agir de concessions minières ou de permis d'exploiter une nappe ou un milieu sous-marin, etc. ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Spéculation_foncière) (consulté le 02 mai 2015).

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    Selon l'INSD, 2009, la spéculation foncière est une activité commerciale portant sur l'achat et la revente des parcelles ou des terrains.

    Nous retenons dans le cadre de cette étude que la spéculation foncière est toute forme de transfert (cession, vente, location, emprunt) de la terre à une personne morale ou physique, nationale ou étrangère qui en prend possession ; elle a une influence sur la sécurité foncière des exploitations familiales, quelles que soient les superficies concernées. Dans ce travail, la spéculation foncière concerne essentiellement les terres rurales.

    La transaction désigne une convention, une opération commerciale ou de bourse (Le Petit Larousse, 2010). La transaction foncière est une opération réalisée sur le marché foncier. Elle représente un échange entre un acheteur et un vendeur (un bien foncier apporté par le cédant contre le paiement d'une somme d'argent par le cessionnaire) ( rachatcredit.com, consultée le 08/05/2017). Chaque transaction a, par elle-même, un coût qui peut être, pour partie, un coût fiscal (s'il existe un impôt sur les transactions) ou un coût de rémunération des intermédiaires (notaire, agent immobilier, etc.), mais qui est aussi un coût (au sens large) correspondant au temps et à l'activité consacrée à la recherche du bien et à sa négociation (Dictionnaire foncier, consulté le 02 mai 2015 sur le site www.comby-foncier.com).

    L'agrobusiness est l'ensemble des activités et des transactions en relation avec l'agriculture et les industries agroalimentaires. Définition consultée le 22/09/2016 sur le site ( www.larousse.fr/dictionnaires/français/agrobusiness).

    L'agrobusiness est un concept qui prend en compte l'ensemble des opérations impliquées dans la production et la distribution de produits agricoles. En d'autres termes, il concerne des activités qui sont directement ou indirectement liées à la production, à la transformation, au stockage ou à la distribution des produits agricoles (FONTAN SERS C., 2010).

    Pour la présente étude, nous retenons que l'agrobusiness est l'ensemble des activités innovantes et à forte valeur ajoutée qui gravitent autour de la production agricole. Il s'agit des activités qui contribuent à l'amélioration substantielle de l'agriculture, en amont par la fourniture d'intrants et la valorisation des activités purement agricoles ; en intermédiaire par la transformation des produits agricoles dans les industries et ; en aval par l'amélioration des opérations de stockage, de transport et de commercialisation de ces produits agricoles transformés.

    Quant aux acteurs, selon l'Article 6 de la loi N°034-2009/AN du 16 juin 2009 portant régime foncier rural, les acteurs du foncier rural sont : « l'ensemble des personnes ou groupes

    21

    de personnes physiques ou morales, de droit privé ou de droit public, titulaires de droits sur les terres rurales, soit à titre de propriétaires, de titulaires de droit de jouissance, de possesseurs fonciers, soit encore à titre de simples usagers de la terre rurale ».

    Les nouveaux acteurs sont les personnes qui n'ont pas pour habitude l'exploitation des terres agricoles. Mais, depuis l'adoption de la loi sur le foncier rural en juin 1991, ceux-ci se ruent vers les terres agricoles pour faire des réalisations autres que les activités agricoles. Ils sont issus de tous les âges, de tous les groupes ethniques et de tous les milieux socio-professionnels. Dans le cadre de ce mémoire, nous n'avons pas pu établir une limite franche entre ces personnes et les agrobusiness men.

    Les ressources naturelles : de manière générale, une ressource naturelle est une substance, un organisme ou un objet présent dans la nature et qui fait, dans la plupart des cas, l'objet d'une exploitation pour satisfaire les besoins (énergies, alimentation, agrément) des humains, animaux ou végétaux. Il peut s'agir :

    · d'une matière première minérale (l'eau douce, les granulats, les minerais métalliques) ;

    · d'une matière d'origine organique ou monde vivant (le poisson, le blé) ;

    · d'une matière fossilisée d'origine organique (le pétrole, la charbon, le gaz naturel, le lignite ou la tourbe) ;

    · d'une source d'énergie (solaire, éolienne) et ;

    · par extension d'un service écosystémique (la production d'oxygène fournie par la photosynthèse ) ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Ressource_naturelle; consulté le 08 mai 2015).

    On dénomme ressources naturelles les diverses ressources minérales ou biologiques nécessaires à la vie de l'homme et à ses activités économiques. Celles-ci peuvent être subdivisées en deux groupes distincts :

    · les ressources non renouvelables, constituées par les matières premières minérales et les combustibles fossiles, proviennent de gisements formés au cours de l'histoire géologique de la Terre et correspondant à un stock, par essence même, épuisable.

    · les ressources renouvelables peuvent, en principe, être exploitées sans épuisement, étant capables de se régénérer en permanence. Elles regroupent l'eau, les sols (terres cultivables) ainsi que les ressources biologiques, qui sont constituées par les communautés vivantes exploitées par l'homme (forêts, pâturages, pêcheries maritimes,

    22

    biodiversité) et par les ressources génétiques (variétés de plantes cultivées et races d'animaux domestiques)5.

    La gestion des ressources naturelles concerne les processus et les pratiques en matière d'affectation et d'utilisation de celles-ci. Une gestion durable tire le meilleur parti possible des ressources naturelles pour satisfaire les besoins de subsistance actuels, tout en maintenant et en améliorant le stock et la qualité des ressources naturelles pour les générations futures (BANQUE MONDIALE, 2003).

    Gérer les ressources naturelles, c'est définir et mettre en oeuvre des règles sur l'accès et l'exploitation à des espaces ou à des ressources donnés. Cela répartit les gains et les coûts entre les différents groupes d'acteurs en compétition pour l'exploitation de l'espace ou de la ressource en question, et a donc des enjeux économiques, sociaux et politiques (LAVIGNE-DELVILLE P., 2012).

    Une gestion raisonnable des ressources naturelles est une gestion qui permet à ces ressources de se renouveler et d'être conservées de manière pérenne, sans être menacées par la surexploitation. ( fr.wikipedia.org/wiki/Gestion des ressources naturelles, consulté le 14/07/15).

    La sécurité alimentaire se définit comme l'accès permanent de tous aux denrées alimentaires nécessaires pour mener une vie saine et active (DEMBELE N. N., 2001).

    La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pouvant leur permettre de mener une vie active et saine (FAO, 1996). Selon l'auteur, cette définition fait appel à plusieurs éléments et inclut les concepts tels que :

    Ø la disponibilité alimentaire : la disponibilité d'aliments en quantité suffisante et d'une qualité appropriée, dont l'approvisionnement est assuré par la production nationale ou les importations (y compris l'aide alimentaire).

    Ø l'accès à la nourriture : accès de tous à des ressources adéquates leur permettant d'acquérir une nourriture adéquate et nutritive. Les droits sont définis comme l'ensemble de biens auxquels une personne est susceptible d'accéder en raison du contexte juridique, politique, économique et social de la communauté dans laquelle elle

    5 François RAMADE, « RESSOURCE NATURELLE», Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mai 2015. URL: http://www.universalis.fr/encyclopedie/ressources-naturelles.

    23

    appartient (y compris certains droits traditionnels tels que l'accès aux ressources communes).

    Ø l'utilisation : l'utilisation de la nourriture dans le cadre d'une diète adéquate, d'eau potable, d'assainissement et des soins de santé de façon à obtenir un état de bien-être nutritionnel qui permet de satisfaire tous les besoins physiologiques. Tous ces éléments soulignent le rôle des facteurs non alimentaires dans la sécurité alimentaire.

    Ø la stabilité : pour parvenir à la sécurité alimentaire, une population, un ménage ou une personne doit avoir un accès permanent à une nourriture adéquate. Cet accès à la nourriture ne doit être menacé ni par l'émergence de chocs soudains (une crise économique ou climatique) ni par des événements cycliques (une insécurité alimentaire saisonnière). Le concept de stabilité peut donc concerner à la fois la disponibilité et l'accès aux aliments.

    Nous disons que la sécurité alimentaire est l'ensemble des mécanismes mis en oeuvre pour permettre à la population d'assurer au moins trois repas quotidiens de qualité et de quantité, durant toute l'année.

    La gestion est l'action, la manière de gérer, d'organiser, d'administrer, de diriger, une structure ou une entité donnée. ( cnrtl.fr, consulté le 15 mai 2017).

    La gestion urbaine : la notion classique de gestion urbaine s'applique généralement à un mandat de bonne administration et de bonne planification d'une ville, confié aux acteurs institutionnels (REPETTI A., 2004, cité par SAWADOGO Y., 2015). La gestion urbaine consiste à améliorer les infrastructures et les services urbains afin d'accroitre le développement de la ville et d'améliorer les conditions de vie des citadins (M'BASSI J.P., 2001).

    En ce sens, nous retenons que la gestion urbaine consiste dans le management et l'organisation du fonctionnement de services à l'usage des habitants, des entreprises résidentes et de ceux qui fréquentent périodiquement ou épisodiquement un territoire. Elle relève tout autant de l'action politique menée par les autorités publiques que du fonctionnement des services.

    L'habitat est l'ensemble et l'arrangement des habitats dans un espace donné ; il peut inclure des annexes consacrées aux animaux, aux stocks, ainsi que des ateliers et autres

    24

    constructions à usage professionnel. L'habitat urbain correspond à l'ensemble de la ville, l'habitat rural à tout ce qui est édifié à la campagne (BRUNET R. et al., 1992).

    Habitat spontané : c'est un espace bâti en dehors des normes juridiques et/ou des cadres administratifs de l'urbanisme (LEVY J. et al, 2013)

    En 1989, la sociologue-urbaniste Anne HUBLIN a proposé une définition des

    quartiers d'habitat spontané caribéens, basée sur l'association de trois critères :

    - l'illégalité de l'occupation du sol ;

    - l'auto-construction des habitations ;

    - le groupement de l'habitat.

    Pour MILLET A., 2006 : un habitat spontané, est un habitat qui se situe en dehors de tous les circuits classiques de production et se caractérise par des réponses spécifiques à chaque situation, suivant les possibilités, les opportunités de chacun. Il est caractérisé de la pauvreté urbaine et existe en parallèle des problèmes sociaux inhérents à cette pauvreté. De ce fait, il est particulièrement. L'habitat spontané est défini par sa non-intégration dans les procédures officielles. Il se caractérise alors généralement par l'illégalité des constructions, qui sont principalement édifiées sur des terrains sans statut.

    Le bidonville comme défini par le Programme des Nations Unies pour le Développement pour les établissements humains, est la partie défavorisée d'une ville caractérisée par des logements très insalubres, une grande pauvreté et sans aucun droit ou sécurité foncière (fr.m.wikipedia.og ; consulté le 15 mai 2017).

    Le bidonville est défini comme un quartier pauvre d'une agglomération où les maisons sont construites avec des matériaux de récupération (appelés Slums en Inde et Favelas au Brésil) (CHARBONNIER C., 2006).

    Le bidonville est également défini comme un quartier de constructions précaires illégales formé par une population pauvre en périphérie ou à proximité d'une grande ville. Cette forme d'urbanisation sauvage se développe presque toujours sur des terrains publics occupés sans autorisation. Ce fut autrefois, autour de Paris, le cas de la Zone, c'est-à-dire la zone militaire non aedificandi qui entourait les anciennes fortifications. (Dictionnaire foncier, consulté le 02 mai 2015 sur le site www.comby-foncier.com). Dans le cadre de ce mémoire, nous retenons cette définition.

    25

    La gouvernance est l'ensemble des processus et des institutions qui participent de la gestion politique d'une société (LEVY J. et al, 2013). Pour la sociologie politique, la notion de gouvernance doit

    La gouvernance urbaine est l'ensemble d'institutions politiques assurant les fonctions d'exécution à l'échelle d'un espace urbain. Par extension, l'ensemble de la scène politique correspondant à cet espace (LEVY J. et al., op. cit.)

    Cette revue a permis de connaître les différentes positions des auteurs sur la gestion des ressources naturelles, l'accaparement des terres et sur l'insécurité alimentaire que connaît la population rurale. Elle a également permis de définir les termes clés utilisés dans ce document.

    A l'issue de la problématique, la formulation des hypothèses et des objectifs de la recherche, l'élaboration de la revue de littérature, le cadre géographique a été défini. Ensuite, une approche méthodologique a été adoptée pour mener cette étude.

    26

    CHAPITRE II : LE CADRE GÉOGRAPHIQUE ET L'APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE

    Ce chapitre présente une analyse descriptive du site de l'étude. Il dresse le tableau de bord de la méthodologie utilisée dans le cadre de la collecte, du traitement et de l'analyse des données. Une mention est également faite du matériel et des outils utilisés.

    II. I. Le cadre géographique de l'étude

    Le cadre géographique présente les milieux physique et humain dans lesquels les travaux ont été réalisés.

    II. I. 1. Le milieu physique

    Cette partie est consacrée à la présentation de la zone d'étude, du relief, de la géologie, des sols, de la végétation, du climat et du réseau hydrographique rencontrés dans ce milieu.

    II. I. 1.1. La zone d'étude

    La zone d'étude choisie pour la présente investigation est l'interface Ouagadougou-Tanghin-Dassouri. Elle couvre une superficie de 118,378 km2. Située dans la partie Ouest de la province du Kadiogo, elle est limitée au Nord par les rails6 reliant Abidjan à Ouagadougou, au sud par les communes rurales de Komsilga et de Komki Ipala, à l'Est par la commune urbaine de Ouagadougou et à l'Ouest par la commune rurale de Tanghin-Dassouri (cf. carte n°1, p. 18). La zone d'étude est comprise entre 1°36' et 1°44' de longitude Ouest et entre 12°13' et 12°22' de latitude Nord.

    Selon les données de l'IGB, 2012, dix villages sont dénombrés dans la zone d'étude. Au regard de leur situation géographique, l'échantillon spatial pour abriter l'enquête a concerné trois villages à savoir Zagtouli, Yimdi et Tanghin Dassouri. En effet, le premier village est exposé aux influences de la population urbaine. Il a connu des lotissements partiels de son territoire et on note la présence de nombreux habitats spontanés. Les villages de Yimdi et de Tanghin-Dassouri sont aussi situés à la périphérie ouest de Ouagadougou, jouxtant sur la route nationale n°1. Des deux côtés jalonnant cette route, il y a la présence de clôtures et de grilles qui témoignent de la privatisation des terres rurales.

    6 Les rails ont été choisis pour avoir une limite physique de la zone d'étude.

    27

    Carte n°1 : la localisation de la zone d'étude

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    Légende

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    qutres régions

     
     
     
     

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    · Localité

    · Site d'enquete

    Piste rurale

     
     
     

    · ~

     

    Route Nationale

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    ·- Commune rurale

    de Komsilga

     

    I I Chemin de fer

    Cours d'eau secondaire

     
     

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    Cours d'eau principale

     
     
     
     
     

    Limite communale

     
     

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    _

    Commune rurale de Komki-Ipala

    _cents

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    Plan d'eau

     
     
     
     
     

    Zone d'étude

     
     

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    Source: BNDT(IGB) 23 Juin 2016 TIENDREBEOGO Y. & OUEDRAOGO F.

     

    28

    II. I. 1.2. Le relief et la structure géologie

    Le relief de la zone d'étude est similaire à celui de la province du Kadiogo. Il est caractérisé par une immense pénéplaine mollement ondulée, d'altitude comprise entre 250 et 350 mètres et une monotonie d'ensemble avec des pentes de l'ordre de 1 à 2 % (BOEGLIN

    J-L., 1990). Ce relief est façonné dans le massif précambrien. Les principales unités géomorphologiques rencontrées sont les bas-fonds et la plaine. Les bas-fonds couvrent environ 96 km2, soit 33 % du même territoire. La plaine quant à elle a une altitude moyenne de 300 m et couvre une superficie de 1903 km2, soit 66 % du territoire provincial. Par ailleurs, on a la présence de buttes, de collines et des glacis.

    La zone d'étude dispose d'une faible potentialité de ressources hydrogéologiques en raison de la structure géologique et du sous-sol dominé par les roches plutoniques et métamorphiques. Du point de vue géologique, elle est essentiellement constituée d'une série alcaline formée au Paléo-protérozoïque, il y a environ 2100 Ma et relevant du Birrimien. Il s'agit de granites à grains fins à moyens à biotite et parfois muscovite et de granodiorites, de tonalites et diorites quartzifères, parfois rubanées et foliées (OUANDAOGO/YAMEOGO S., 2008). Ces formations géologiques correspondent à des roches résistantes ou basiques les plus riches en fer. Les cuirasses ferrugineuses omniprésentes dans tout le paysage témoignent d'un ancien niveau de pénéplanation et sont mises en évidence par l'érosion actuelle sous forme de buttes. Les alluvions sont observées dans les lits des cours d'eau ou sur les berges. Elles sont essentiellement constituées de graviers, de sables et d'argiles qui sont des produits de décomposition de la cuirasse (OUANDAOGO/YAMEOGO S., op. cit.).

    II. I. 1.3. Les sols

    Selon les données recueillies auprès du Bureau National des sols (BUNASOLS, 2004 et 2005) du Burkina Faso, on rencontre dans cette partie quatre types de sols (Commission de Pédologie et de Cartographie des Sols, 1967). Il s'agit des :

    · sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés de moins de 40 cm de profondeur ;

    · sols ferrugineux tropicaux lessivés à tâches et à concrétions ;

    · lithosols sur cuirasse et sur roche ;

    · sols peu évolués d'apport alluvial hydromorphes.

    De façon générale, ces sols ont une faible teneur en éléments nutritifs tels que le phosphate et le potassium. Ce sont des sols peu profonds et limités par la cuirasse qui affleure à quelques endroits. Aussi remarque-t-on la présence de quelques affleurements granitiques à

    29

    certains endroits. Les sols ferrugineux tropicaux lessivés sont généralement exploités pour la culture du maïs, du sorgho et du mil. Les lithosols sur cuirasse et sur roche sont très pauvres. Quant aux sols peu évolués d'apport alluvial hydromorphes, ils ont des potentialités pour la culture du maïs, du sorgho, du mil, du haricot et du voandzou (ABOU M., 2010). En raison de la pression humaine et la variabilité des paramètres climatiques, ces sols sont permanemment exploités, ce qui les expose à la dégradation.

    II. I. 1.4. La végétation

    La zone d'étude appartient au secteur phytogéographique soudanien septentrional caractérisé par la présence de savanes herbeuses, arbustives et arborées (GUINKO S., 2002). La savane herbeuse est dominée par des espèces telles qu'Andropogon gayanus, Elionurus elegans, Loudetia togoensis, Pennisetum pedicellatum, Cymbogon proximum. La savane arbustive est composée de formations d'arbustes ne dépassant guère 6 mètres de hauteur. Les espèces ligneuses rencontrées sont Piliostigma tonningii, Detarium microcarpa, Piliostigma reticulatum, Guiera senegalensis, Acacia macrostachia, Fluggea virosa, Diospyros mespiliformis, Parinari curatelifolia. Quant à la savane arborée, elle est constituée d'arbres de 7 à 15 mètres avec un tapis herbacé abondant. Les espèces rencontrées dans cette savane sont Vitellaria paradoxa, Bombax costatum, Lannea microcarpa, Parkia biglobosa, Kaya senegalensis, Anogeissus leiocarpus, Sterculia setigera, Balanites aegyptiaca, Sclerocarya birrea, Eucalyptus camaldulensis, Faidherbia albida, Azadirachta indica, Mangifera indica, Tamarindus indica.

    Cette végétation résultant de l'action de l'homme subit une dégradation permanente. Les différentes activités humaines (le labour des champs, la construction d'habitations, les aménagements des espaces, le ramassage des agrégats, etc.) et les facteurs naturels (aléas climatiques) ont considérablement réduit la densité du couvert végétal. Cette dégradation est accentuée par le voisinage de la ville de Ouagadougou à cause de la forte demande en bois d'oeuvre, d'énergie et l'exploitation des terres pour l'implantation des infrastructures.

    II. I. 1.5. Le climat

    La zone d'étude appartient au climat de type soudano-sahélien. Elle est située entre les isohyètes 600 mm au nord et 900 mm au Sud. C'est un climat tropical caractérisé par deux principales saisons :

    · une saison pluvieuse qui dure cinq mois (de juin à octobre), marquée par les vents humides en provenance du Golfe de Guinée (mousson). Les hauteurs d'eau les plus importantes s'enregistrent en juillet et août et les maxima atteignent rarement 700 mm

    30

    par an. La saison des pluies est marquée par sa variabilité dans le temps et l'espace, perturbant ainsi les activités agricoles (ZIDA Y., op. cit.).

    · une saison sèche, la plus longue, qui va d'octobre à juin et est dominée par les vents secs provenant du Sahara (harmattan). Cette saison est fraîche (décembre à février) avec d'importantes suspensions de poussière.

    Selon les données de la météorologie nationale, les mois les plus chauds (mars à mai) ont une température moyenne de 38° C de maxima tandis que les mois les plus frais sont décembre et janvier avec une moyenne de minima de 16,9° C (ABOU M., op. cit.).

    II. I. 1.6. Le réseau hydrographique

    La zone est drainée par quelques cours d'eau temporaires. Les eaux qui y tombent coulent vers les communes limitrophes et/ou s'infiltrent, obligeant la population à avoir recours à la source souterraine (ABOU M., op. cit.). Elle regorge également de quelques retenues d'eau (Zagtouli et Tinsouka) autour desquelles se développent des cultures maraîchères.

    II. I. 2. Le milieu humain

    Dans cette partie, le choix a été fait de présenter la population rencontrée dans ce milieu et les activités qu'elle y mène pour subvenir à ses besoins.

    II. I. 2.1. La population

    Selon les données du Recensement Général de la Population et de l'Habitation (RGPH) de 2006, la zone d'étude regroupe une population estimée à 47 188 habitants. Cette population est repartie dans dix villages à savoir Zagtouli, Tinsouka, Louksi, Peodogo, Yimdi, Koumdanioré, Nedogo, Saben, Boukou et la commune rurale de Tanghin-Dassouri. Cependant, pour les besoins d'échantillons les villages de Zagtouli, de Yimdi et de Tanghin Dassouri sont choisis. En effet, ces trois villages, abritent plus de 85 % de la population de cette zone, ce qui donne un total de 40 115 habitants.

    La population cible identifiée est l'ensemble des chefs de ménages (homme et femme) autochtones âgés de plus de 40 ans7, vivant dans cette partie de la province du Kadiogo. Selon les données de l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD, 2006), cette tranche d'âge représente 14,86 % de la population. Ce qui représente 5 961 habitants dans ces trois localités. Au sein de cette population, un choix aléatoire de 10 % du public cible a été fait

    7 Le choix est porté sur les 40 ans et plus, parce qu'on suppose qu'a cette tranche d'âge, on est à mesure de connaître la dynamique qui s'est opérée dans la localité au cours des 20 dernières années et d'apporter des réponses sur la gestion des ressources naturelles.

    31

    dans les villages de Yimdi (19 habitants) et de Tanghin-Dassouri (175 habitants), soit un total de 194 personnes.

    Pour ce qui est de Zagtouli, la population allochtone venue en quête de logement est la plus nombreuse, alors qu'elle ne fait pas partie du public cible. L'absence d'une base de données sur les propriétaires terriens nous a conduit à faire un choix raisonné celui d'interroger 140 autochtones8 de ce village. Ce qui donne un total de 334 personnes interrogées. Le choix de ces personnes s'est fait de façon aléatoire.

    II. I. 2.2. Les activités socio-économiques

    C'est l'ensemble des activités que mène la population dans cette partie du Burkina Faso. Elles concernent essentiellement l'agriculture, l'élevage et le commerce.

    II. I. 2.2.1. L'agriculture

    La majorité des populations des différents villages pratique une agriculture extensive de type pluviale, utilisant des outils traditionnels. Cette agriculture est assujettie aux aléas climatiques avec des précipitations parfois déficitaires. Quelques paysans pratiquent la culture maraîchère aux abords des retenues d'eau qui tarissent dès la fin de la saison pluvieuse. Dans ces espaces, plusieurs variétés de légumes telles que les oignons, les aubergines, les choux, les carottes, etc. et de tubercules (patates). En plus des vergers qui produisent énormément de fruits (mangues, goyaves, etc.), les espèces forestières non ligneux (Parkia biglobosa, Lannea microcarpa, Sclerocarya birrea, Vitellaria paradoxa) sont des éléments essentiels dans la production des fruits dans le milieu.

    II. I. 2.2.2. L'élevage

    L'élevage est une activité importante dans la zone d'étude. Au regard de l'occupation qu'il apporte aux paysans, on peut retenir qu'il est la deuxième activité après l'agriculture. L'élevage aussi bien extensif qu'intensif y est pratiqué. L'élevage extensif est pratiqué par la population rurale au même titre que l'agriculture extensive. Il s'agit de l'élevage des ovins, des caprins, des bovins, et de l'aviculture. Les paysans déploient beaucoup d'efforts pour pratiquer cette activité dans cette localité proche de la ville de Ouagadougou. Ils sont confrontés à des problèmes qui sont entre autres : l'insuffisance de pâturages, l'absence de pistes rurales, l'insuffisance des points d'eau pour l'abreuvement des animaux, l'insuffisance de moyens pour acheter les aliments pour bétail, l'insécurité due au vol du bétail. Le succès

    8 Nous nous sommes fait accompagner par un fils du village. Celui-ci nous a conduit chez ses frères et soeurs autochtones.

    32

    de cette activité dépend fortement de l'agriculture, car les paysans nourrissent leurs animaux de résidus de récoltes.

    Quant à l'élevage intensif, il est pratiqué par les agro-business men ou entrepreneurs. Contrairement aux populations rurales, ceux-ci disposent de beaucoup plus de moyens et leur objectif est de fournir une quantité importante d'animaux à la grande ville. Ils pratiquent essentiellement l'élevage des boeufs (lait et viande), des moutons de race améliorée et l'aviculture moderne (poules pondeuses et poulets de chair).

    II. I. 2.2.3. Le commerce

    Le commerce occupe une place importante dans la vie des populations de la province du Kadiogo. Cette activité est pourvoyeuse de ressources financières aux différentes familles. Il est devenu aujourd'hui l'activité principale de certains acteurs du milieu et concerne principalement l'achat et la vente de céréales, de produits de l'élevage, de marchandises diverses de consommation, de pièces détachées et de matériaux de construction. Le commerce s'organise essentiellement autour des productions agro-pastorales et des produits manufacturiers. Dans la partie rurale, l'essentiel des échanges s'effectue avec les commerçant(e)s qui viennent de Ouagadougou, dont le point de ralliement est le marché de Tanghin-Dassouri qui se tient tous les trois jours. Ce marché joue un rôle central dans l'écoulement des produits céréaliers et surtout de la production des cultures maraîchères. Les échanges commerciaux sont également facilités entre les villages qui disposent de marché à cet effet. S'agissant des infrastructures commerciales, elles sont constituées d'infrastructures commerciales définitives (boutiques et hangars) rencontrées surtout à Tanghin-Dassouri et Zagtouli. Dans les villages, les marchés n'ont aucune infrastructure définitive, seulement des hangars d'infortune servent pour l'exposition des marchandises.

    II. I. 2.2.4. L'artisanat

    L'artisanat est une activité importante pour l'économie de la région du centre. Il est une source de création d'emplois et de revenus substantiels (MEF, 2010). On distingue deux types d'artisanat dans la région du centre et particulièrement dans notre zone d'étude. Il s'agit essentiellement de l'artisanat d'art (traditionnel) et l'artisanat moderne. L'artisanat d'art est basé sur la représentation de la culture du passé à travers la teinture et la sculpture. Quant à l'artisanat moderne, il regroupe deux composantes que sont l'artisanat de service et l'artisanat de production. L'artisanat de service regroupe toutes les activités fournissant un service d'entretien ou de réparation tel que la mécanique cycle et motocycle, l'électricité, la

    33

    plomberie sanitaire, la maçonnerie, la blanchisserie, le carrelage, la vitrerie, etc. L'artisanat de production englobe les activités produisant des biens d'usage courant qui, tout en n'ayant pas de caractère artistique particulier, vise une fonction utilitaire principale ou exclusive. Il regroupe des activités telles que : la soudure, la forge, la bijouterie, la menuiserie (métallique et de bois), le tissage/tricotage, la filature, la coupe/couture/broderie, la poterie, la boulangerie/pâtisserie, la saponification, la vannerie, la cordonnerie, la préparation de dolo et l'extraction de pierres. (MEF, op.cit.). Cette branche d'activité emploie un grand nombre de personnes. Cependant, elles évoluent dans l'informel et on note une insuffisance d'expertise technique dans l'exécution des tâches quotidiennes.

    II. I. 3. La justification du choix du site

    La zone d'étude est confrontée à un risque de saturation de son espace cultivable, eu égard à la densité élevée de la population dans les communes rurales de Tanghin Dassouri (174,4 hbts/km2), de Komsilga (167,3 hbts/km2), de la commune urbaine de Ouagadougou (2 840 hbts/ km2) et la forte pression exercée sur les ressources naturelles. En effet, les villages situés dans la zone péri-urbaine subissent progressivement une forte influence d'un grand nombre de citadins en quête de logement, de zone agropastorale et pour l'implantation d'activités diverses. Ces raisons montrent que ces populations rurales autours de cette ville sont confrontées à la réduction de leurs espaces cultivables et rencontrent d'énormes difficultés quant à la gestion de leurs ressources naturelles.

    II. II- La méthodologie de la recherche

    Deux approches ont été utilisées pour effectuer ces travaux, il s'agit des approches historique ou écologique et socio-économique. La démarche adoptée est à la fois qualitative et quantitative.

    Cette méthodologie est organisée autour du cadre opératoire par hypothèse, le matériel et les outils utilisés, le processus de collectes, d'analyses et de traitements des données.

    34

    II. II. 1. Le cadre opératoire par hypothèse

    Hypothèses

    Variables

    Indicateurs

    Techniques et méthodes

    L'hypothèse principale de cette étude stipule que la disponibilité, l'accaparement et la gestion durable des terres sont les enjeux de

    la pression foncière sur les ressources
    naturelles dans la province du Kadiogo.

    Modification du milieu

    biophysique ;

    Gestion collective ; Gestion
    privée.

    Dégradation des terres ; Privatisation des terres ;

    Réduction des espaces cultivables ;

    Recherche documentaire

    Enquêtes sociales ;
    Observations sur le terrain ;

    carte topographique et
    images satellitaires.

    L'achat, le legs, le don et la location sont les modes d'accès à la terre et les acteurs sont ceux reconnus par la loi N°034-2009/AN du 16 juin 2009.

    Mode de gestion des terres Les acteurs du foncier.

    La délimitation des terres ; Le coût de la terre ;

    Recherche documentaire ;

    Enquêtes sociales et
    observations sur le terrain.

    La population périurbaine vend la terre pour améliorer ses conditions de vie et de travail.

    Changement des conditions de vie et de travail.

    Modification des conditions de vie et de travail.

    Recherche documentaire et Enquêtes sociales.

    La dégradation des terres, la réduction des espaces cultivables et l'accentuation de la

    pauvreté sont les conséquences de la
    privatisation des terres.

    Changement du milieu

    naturel ;

    Changement du mode de vie des populations ;

    Variation des superficies des points d'eau.

    Diminution du potentiel végétal ; Disparition de certaines espèces ; Pollution de l'eau et de l'air ; Dégradation des terres ;

    Conservation des ressources
    existantes ; Restauration du couvert végétal et des sols.

    Recherche documentaire ;

    Enquêtes sociales ;
    Observations sur le terrain et images satellitaires.

    Les paysans développent des stratégies pour

    répondre aux besoins sociaux de leurs
    ménages.

    Les activités génératrices de revenus.

    Le revenu issu des activités non agricoles.

    Recherche documentaire ;

    Enquêtes sociales et
    observations sur le terrain.

     

    35

    II. II. 2. Le matériel et les outils de collecte des données

    Pour mener à bien cette étude, nous avons eu recours à certains outils pour la collecte de données :

    · les guides d'entretien ;

    · les fiches d'enquête ;

    · une carte topographique de Ouagadougou ;

    · un appareil photo numérique pour effectuer des prises de vue ;

    · un GPS de marque Garmin GPSmap 60 CSx, avec 2 mètres de résolution a permis de délimiter la zone d'étude et de relever des coordonnées géographiques ;

    · des logiciels de traitement et d'analyse cartographique (Arc Gis 9.3 et Erdas Imagine 9.1) ;

    · un logiciel Mapsource pour le transfert des données GPS ;

    · un ordinateur portable pour le traitement des textes, l'analyse et l'interprétation des données ;

    · une moto pour effectuer les déplacements sur le terrain en vue de collecter les données.

    II. II. 3. La collecte des données

    La collecte des données a été faite en deux étapes à savoir la collecte de données secondaires et primaires.

    II. II. 3. 1. La collecte des données secondaires

    Les données secondaires proviennent d'une base de données ou de données documentaires préexistantes. Pour la collecte de ces données nous avons utilisé les techniques ci-après :

    · la recherche documentaire a eu lieu dans des centres de documentation, sur des sites Web et autres lieux (services, centre de recherche, etc.). Des livres, des revues spécialisées, des articles scientifiques, des thèses, des mémoires et des rapports de recherches qui traitent de la question foncière et de la gestion des ressources naturelles ont été consultés (cf. premier paragraphe de la recherche documentaire).

    · la lecture méthodique des documents, selon le thème traité et leur importance a permis d'établir la recension des écrits en fonction des démarches des auteurs et des résultats auxquels ils sont parvenus.

    Pour ce qui concerne la topographie et les sols, nous avons utilisé les résultats des travaux réalisés dans la zone, par l'Institut Géographique du Burkina (IGB, 2014) et le Bureau National des Sols (BUNASOLS, 2004 et 2005).

    36

    II. II. 3. 2. La collecte des données primaires

    La collecte des données primaires a été faite par le biais de questionnaires, des entretiens et des observations sur le terrain. Elle a duré de juillet 2015 à janvier 2016. Mais, avant cette étape, une pré-enquête a été menée dans le village de Kienfengué. En effet, ce village est situé dans la périphérie sud de la ville de Ouagadougou. Il a les mêmes caractéristiques que les villages de notre zone d'étude. A travers la pré-enquête 30 personnes ont été interrogées. Cette phase a permis d'améliorer le questionnaire puis de l'adapter aux objectifs de la recherche.

    II.II. 3. 2. 1. Le questionnaire

    Un questionnaire de type individuel a été conçu. Il a été administré à une population de 334 personnes (de plus de 40 ans) à travers un échantillonnage aléatoire. Les questions ont porté à la fois sur les causes de la vente des terres, les conséquences de la privatisation foncière, les formes de gestion des ressources naturelles, la perception des populations sur la dégradation du milieu et les stratégies développées par celles-ci pour subvenir à leurs besoins sociaux et alimentaires.

    II. II. 3. 2. 2. Le guide

    Dans le but d'avoir des informations fiables sur des sujets donnés, des entretiens avec des responsables coutumiers et administratifs ont été réalisés. À cet effet, trois guides d'entretien ont été élaborés. Le premier administré aux conseillers municipaux et aux Conseillers Villageois de Développement (CVD) renferme des questions liées aux enjeux de la spéculation foncière. Quatre personnes ont été interviewées à cet effet. En plus, deux entretiens ont été faits avec le Directeur général en charge du Foncier Rural et un représentant du service en charge de l'environnement de Tanghin-Dassouri. Le deuxième guide fut administré à deux chefs coutumiers accompagnés de leurs notables, pour recueillir leur perception sur les enjeux fonciers face à la dynamique du milieu. Le troisième guide est administré à quatre investisseurs privés, afin de connaître les usages auxquels sont destinées les terres acquises et les techniques utilisées pour gérer les ressources naturelles contenues dans leur parcelle.

    II. II. 3. 2. 3. Les observations sur le terrain

    Elle a consisté en des visites régulières sur le terrain avec des outils adéquats, en observant attentivement les différents aspects du milieu (géomorphologie, le couvert végétal, le sol, les activités humaines, etc.), pour en apprécier la dynamique. Elle a permis de déterminer les usages faits des terres acquises auprès des populations locales. Elle a

    37

    également servi à comprendre les formes de pressions exercées sur les ressources naturelles en zone péri-urbaine. Lors de cette phase d'observations, nous avons par ailleurs relevé les coordonnées géographiques de ladite zone grâce au GPS. Ces relevés sont utilisés dans le traitement des images satellitaires.

    II. II. 4. Le traitement des données

    Les informations collectées par le biais du questionnaire ont fait l'objet de traitement informatique avec le logiciel EXCEL. Ce travail s'est fait à travers la saisie des données sous forme de tableau. Le croisement de celles-ci a permis de réaliser des graphiques. Le logiciel Microsoft Word a servi à la saisie du texte. Les analyses ont permis de connaître : les modes d'accès à la terre et les acteurs du foncier rural, les causes de la vente des terres en zone périurbaine, les conséquences de la privatisation foncière sur la gestion des ressources naturelles et les stratégies développées par les paysans pour répondre aux besoins sociaux de leurs ménages.

    Les cartes de l'occupation du sol ont été réalisées avec les logiciels Arc Gis 9.3 et Erdas Imagine 9.1 (sous le couvert de la direction générale des études et des statistiques sectorielles, Ministère de l'environnement de l'économie verte et du changement climatique). L'analyse diachronique des images satellitaires de 1986, 1995 de 2014 a été faite. Elle a permis d'évaluer la dynamique de l'occupation des terres. Par ailleurs, l'analyse en tableau croisé de ces surfaces évoluées a permis de réaliser la matrice de transition de ces images. Les résultats obtenus ont donné la typologie et la répartition spatiale des changements intervenus.

    II. II. 5. L'analyse des données

    L'analyse des échantillons de sols et de roches n'a pu être réalisée au laboratoire par manque de moyens financiers. Ainsi, les études pédologiques, topographiques, géomorphologiques, hydrographiques et géologiques s'appuient respectivement, sur les travaux du BUNASOLS (2004, 2005), l'IGB (2014), autres travaux réalisés à l'échelle de la province du Kadiogo et les observations effectuées sur le terrain.

    Les résultats des enquêtes sociales et l'observation sur le terrain ont été utilisés comme les principales données soumises à l'analyse. Nous avons procédé par des techniques d'analyse des textes (réponses des questions et des guides) et des graphiques. Cette analyse a également consisté à recenser les éléments de réponse aux questions de la recherche posées au niveau de la problématique et de vérifier les hypothèses. Par ailleurs, elle a été soumise à discussion par rapport aux écrits des chercheurs sur des thèmes se rapportant au notre.

    38

    Conclusion partielle

    Dans cette première étape de la recherche, une base de données des travaux réalisés sur le thème a été constituée, ce qui nous a permis d'aborder d'autres notions. La démarche utilisée pour la collecte, l'analyse et le traitement des données a contribué à l'atteinte des objectifs fixés pour la présente recherche.

    La zone d'étude, objet de cette présente recherche se caractérise par un milieu physique dominé par un couvert végétal clairsemé, des sols pauvres, un réseau hydrographique presque inexistant avec des cours d'eau particulièrement intermittents. La zone d'étude est influencée par une population rurale qui tire l'essentiel de ses besoins des ressources naturelles disponibles et périurbaine venue à la recherche de logement. De ce fait, l'action de l'homme a un impact non négligeable sur ce milieu.

    Le constat fait sur le terrain laisse percevoir des problèmes de gestion des ressources naturelles. Dans le deuxième axe d'analyse de cette étude, nous avons mis en évidence les causes et les conséquences de la pression foncière dans la zone. En outre, nous nous interrogeons sur l'avenir d'une population vivant déjà dans des conditions difficiles et dont leurs surfaces cultivables diminuent sous l'effet de la pression foncière.

    DEUXIÈME PARTIE : LA PRÉSENTATION ET LA DISCUSSION DES RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

    39

    Introduction partielle

    La deuxième partie de ce travail est consacrée à la présentation des résultats de la recherche, c'est-à-dire les résultats obtenus à partir des enquêtes sociales et ceux de l'observation sur terrain. Elle fait également ressortir la dynamique obtenue du milieu par l'interprétation des images satellitaires de 1986 à 2014. Par ailleurs, une partie est consacrée à la discussion, laquelle relève des positions d'auteurs sur la dynamique du milieu et sur la pression qu'exerce la population sur le foncier. Elle est subdivisée en deux chapitres que sont la présentation des résultats suivie de la discussion et de l'orientation de la recherche future.

    40

    CHAPITRE III : LA PRÉSENTATION DES RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

    Dans ce chapitre, il s'agit de présenter les résultats des enquêtes effectuées auprès de la population cible, les observations faites sur le terrain et de montrer la dynamique de l'occupation des terres entre 1986 et 2014. Pour l'enquête, 334 personnes (autochtones) ont été interrogées, représentant 97 % agriculteurs et 3 % de commerçants.

    III. I. Les modalités d'accès à la terre, les acteurs et les causes de la vente des terres dans la périphérie de Ouagadougou

    Cette partie montre comment les différentes couches socioprofessionnelles accèdent à la terre, les superficies qu'ils acquièrent et celles exploitées par les paysans pour pratiquer l'agriculture. Elle présente également, la part des femmes qui ont accès à la terre et la place qu'elles occupent dans la vente. Aussi, les acteurs du foncier rural dans la province du Kadiogo et les causes de la vente des terres dans ce milieu sont identifiés.

    III. I. 1. Les modalités d'accès à la terre

    Il y a plusieurs modes d'accès à la terre dans cette partie de la province du Kadiogo. En général, l'accès à la terre dans les zones rurales se fait par héritage (patrilinéaire), don, prêt et par l'achat (depuis l'adoption la loi sur le foncier et son texte d'application en juin 1991). La population enquêtée, à savoir 75,14 %, vendent de temps à autre la terre. Dans les transactions achat et vente du foncier rural, l'argent est l'élément déterminant. En effet, dans la périphérie de la ville de Ouagadougou, précisément dans l'interface Ouagadougou et Tanghin-Dassouri, toute personne physique ou morale qui possède de l'argent peut acheter la terre. L'achat se fait par cooptation auprès des fils et filles du village ou auprès des démarcheurs.

    Le don de la terre est un fait reconnu par 20, 96 % de la population. La terre est de fait donnée à celui qui n'a pas suffisamment de ressources et qui en demande pour cultiver. A cet effet, il existe deux types de don : les dons définitifs et les prêts. Ces derniers sont des formes de dons que le propriétaire (donateur) ou les héritiers peuvent retirer. Quant aux monnaies d'échanges, elles sont diverses, parfois, les bénéficiaires fournissent des services ou font des dons en nature. Toutefois, une terre qui a fait l'objet de don ne doit en aucun cas être vendue. Elle ne doit pas non plus être reboisée par le bénéficiaire, car cette action est considérée par les donateurs comme une appropriation du terrain.

    41

    La location des terres concerne 3,8 % de la population. Le mode de location est saisonnier et concerne essentiellement les terres agricoles. La contrepartie diffère selon les conditions sociales du bénéficiaire. L'usage de ces terrains est similaire à ceux des dons.

    La culture de la limitation du nombre d'hectares à vendre n'est pas dans les habitudes des populations. Les résultats des interrogations montrent que seulement 3,89 % des enquêtés limitent leur superficie soumise à la vente. Par contre, 96,11 % d'entre eux estiment que le terrain est vendu en fonction de sa disponibilité et selon les besoins exprimés. Dans la pratique, pour faciliter l'établissement du procès-verbal de palabre, les conseillers municipaux limitent à 20 ha par personne et par localité.

    Après l'achat du terrain, l'acquéreur doit mener un certain nombre d'actions s'il veut avoir les documents y relatifs. Il s'agit pour la plupart du paiement d'une taxe foncière, du bornage du terrain et de la rédaction d'un procès-verbal par les autorités administratives (préfets, conseillers municipaux, etc.) et locales. Ce n'est qu'après obtention de ces documents, qu'il peut les déposer afin que lui soit délivré une attestation de possession foncière. Le coût du bornage est assez élevé s'il est fait de façon isolée, mais reste la seule solution pour préserver son terrain. Selon nos enquêtes, le bornage d'un hectare de terrain dans la province du Kadiogo coûte 100 000 FCFA. Toutefois, il est aussi indispensable en cas d'investissements sur l'espace acheté. Plusieurs techniques sont employées à ce niveau pour les cas de délimitation des terrains. En fonction des moyens dont-ils disposent, certains utilisent des briques en parpaing et d'autres des haies vives ou encore des bornes pour délimiter leurs propriétés (cf. photos 1, 2, 3 et 4).

    42

    Photos 1, 2, 3 et 4 : les moyens utilisés par les agrobusiness men pour délimiter leurs

    terrains

    1 : une clôture en parpaings servant à délimiter un terrain

    2 : des bornes servant à délimiter un terrain

    4 : Eucalyptus camaldulensis utilisés pour délimiter un terrain

    3 : des briques utilisées pour marquer les limites d'un terrain

    Source : TIENDREBEOGO Y. août 2015

    Ces photographies prisent sur le terrain montrent les différents éléments utilisés par les agrobusiness men ou les acheteurs de terrains pour délimiter leurs propriétés. Les moyens de chaque promoteur se font remarquer à travers les matériaux utilisés pour délimiter les terrains. Les personnes les plus nanties utilisent des murs (photo 1), tandis que les moins nanties se contentent de bornes (photos 2 et 3) ou de haies vives (photo 4).

    43

    III. I. 2. Les acteurs du foncier rural dans la province du Kadiogo

    Les études menées sur le terrain montrent que les acteurs du foncier rural peuvent être regroupés en quatre catégories à savoir : les propriétaires terriens coutumiers (les chefs de terres, les propriétaires terriens), les acheteurs de terrains ou agrobusiness men, les autorités administratives et les démarcheurs. Bien que cette dernière catégorie n'a pas été évoquée par la loi, elle y intervient et joue un rôle très important dans la vente des terres. Une grande partie des enchères sur le foncier est l'effet de leurs actions.

    III. I. 2.1. Les propriétaires terriens coutumiers

    Les propriétaires terriens coutumiers regroupent les chefs de terres (teng-sooba en langue locale mooré) et les propriétaires terriens, c'est-à-dire le reste de la population autochtone qui possède la terre. Ils sont les acteurs de premier plan et sont incontournables dans la gestion foncière locale. En vertu du droit du premier occupant et de propriété, la population autochtone est la détentrice du foncier. L'accès à la terre relevait jadis de leurs compétences. Aujourd'hui, la spéculation foncière fait que les détenteurs de terres n'informent même plus les chefs de terres avant la vente. Ils ne sont mis au courant qu'au moment de l'établissement des actes de ventes ou des procès-verbaux de cession. Ces propriétaires terriens n'ont plus assez d'espace cultivable. La majorité de ces propriétaires terriens cultive sur des espaces inférieurs à 5 hectares chacun.

    III. I. 2.2. Les acheteurs de terrains

    Les acheteurs de terrains sont des personnes physiques ou morales, nationales ou étrangères qui ont des ressources financières et qui veulent acquérir une portion de terre pour en faire une propriété privée. On peut citer : les salariés du public ou du privé, les commerçants, les autorités politiques et admiratives, les promoteurs immobiliers, les hommes d'affaires, les entrepreneurs, etc. Ils sont motivés par la proximité des terrains de la capitale Ouagadougou.

    Dans ce milieu, les personnes nanties (hommes politiques, agrobusiness men, promoteurs immobiliers, etc.) achètent de grandes étendues de terrains. Ces terres étaient jadis exploitées pour l'agriculture familiale. Certains acquièrent ces terrains pour servir de dépôts de produits pétroliers (gaz ou hydrocarbure), de garages, parcs automobiles, etc. D'autres pour pratiquer l'élevage de type intensif (production de lait ou de viande) et de ferme avicole pour la production des oeufs. Il y a également une autre catégorie d'agrobusiness men (les promoteurs immobiliers) qui s'intéresse à la réalisation des infrastructures socio-économiques tels que les logements sociaux, les centres de santé, les établissements scolaires, etc.).

    44

    III. I. 2.3. Les autorités administratives

    Ce sont les personnes représentant l'État dans le processus de contrôle et de délivrance des actes sur le foncier. Il s'agit des conseils municipaux, du département en charge du foncier rural, des préfets, des Conseillers Villageois pour le Développement (CVD). Depuis l'adoption du Code Général des collectivités territoriales en 2004, (faisant office de référence normatif en matière de décentralisation et d'organisation du territoire), le Maire est responsable des questions foncières au niveau de la commune. De concert avec les conseillers, ils délivrent les actes tels que les procès-verbaux de palabre et les attestations d'attribution des terrains. Le département en charge du foncier rural est quant à lui chargé de vérifier la conformité des pièces exigées et de procéder à la délivrance ou non des titres fonciers. Les préfets et les CVD représentants de l'État respectivement dans le département et dans le village, sont associés à l'établissement des procès-verbaux de palabre.

    III. I. 2.4. Les démarcheurs

    Les démarcheurs sont des personnes intermédiaires entre les propriétaires terriens coutumiers et les acheteurs. Ils sont pour la plupart des hommes issus du secteur informel. On y trouve des jeunes et des adultes majoritairement de sexe masculin. Ils interviennent dans l'achat et la vente des terres et ont une grande influence sur la vente de celles-ci. En effet, lorsqu'un propriétaire désire vendre sa terre, il peut s'adresser aux démarcheurs. Il leurs communique son prix et la position géographique du terrain. Ceux-ci à leur tour se lancent à la recherche de clients. Généralement, les démarcheurs augmentent le prix de vente du terrain et ils empochent le surplus en cas de vente. En plus du surplus, les propriétaires leur versent parfois une commission de 10 % du prix de vente du terrain. Toutefois, cette dernière disposition dépend des clauses fixées au départ. Les démarcheurs sont à l'origine de la flambé des prix des terrains ruraux et urbains. C'est une activité de plus en plus prisée et certaines personnes vont jusqu'à escroquer les parties prenantes (vendeurs et acheteurs).

    III. I. 3. Les superficies des terres exploitées par les paysans

    La population agricole de la zone d'étude, exploite des terrains de petite taille pour leurs activités (cf. figure n°1). La majeure partie des populations enquêtées, soit 48 %, cultive sur des surfaces de moins de 2 hectares. 37 % des personnes interrogées exploitent chacun une superficie comprise entre 2 et 5 hectares. 6 % et 5 % exploitent respectivement des champs compris entre 5 et 7 hectares et entre 7 et 10 hectares. Seulement, 1 % d'entre elles possède encore plus de 10 hectares. Cependant, 3 % des enquêtés disent ne plus posséder de

    45

    terres pour cultiver. Toute leur terre a été vendue ou aménagée à des fins d'habitations. On assiste alors à une catégorie de population rurale qui vit dans leur terroir sans terre cultivable.

    Figure n°1 : la proportion des superficies des terres exploitées par les paysans

    Entre 5 et 7 ha

    6%

    Entre 2 et 5

    ha

    37%

    Entre 7 et 10 ha

    5%

    Plus de 10 ha

    1%

    Sans terre

    3%

    Moins de 2 ha

    48%

    ha = hectare

    Source : Enquêtes terrain, TIENDREBEOGO Y., août/septembre 2015

    III. I. 4. L'accessibilité des femmes et leur droit de contrôle sur la vente des terres

    Au Burkina Faso, depuis la période coloniale jusqu'à nos jours, le droit moderne ou droit positif et les droits coutumiers cohabitent en matière foncière. Au plan légal, les textes juridiques internationaux, régionaux et nationaux existants, notamment la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, ratifiée par le Burkina Faso en 1987 ; la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relative aux droits de la femme en Afrique ; la Constitution du 2 juin 1991 et la Réforme agraire et foncière (RAF), préconisent l'égalité d'accès à la terre pour toutes les catégories sociales sans discrimination (NDIAYE S. F. et al., 2008). De façon particulière, l'accès à la terre par les femmes en milieu rural est contrarié par une multitude de facteurs. Cependant, la principale cause serait le fait que la femme est originaire d'un autre lignage qui détient des terres dans son village ou dans sa famille d'origine. Ainsi, en général, les femmes n'ont pas de droit d'appropriation mais seulement une « autorisation », une tolérance aux fins d'exploitation des terres, sans plus (NDIAYE S. F. et al., op.cit.). Cette tendance est également suivie dans la province du Kadiogo, notamment dans le périurbain de Ouagadougou.

    Dans cette étude nous avons cherché à savoir la place qu'occupent les femmes dans la gestion des terres, plus précisément, l'accessibilité de celles-ci à la ressource et leurs droits de contrôle sur la vente des terrains. En effet, 73,95 % des enquêtées estiment que les femmes ont accès à la terre pour cultiver, contre 26,05 % qui expriment le contraire. Pour ce qui est du droit de

    46

    contrôle sur la vente des terres, seulement 10,18 % des populations accordent ce droit à leurs femmes. Mais, ce droit de contrôle dont il est question est à titre consultatif, elles ne peuvent pas empêcher les hommes de vendre la terre. En outre, 89,82 % de la population estiment que la femme n'est pas propriétaire terrien chez son mari, par conséquent elle n'a pas le droit de contrôle sur la vente de celle-ci.

    III. I. 5. Le prix de vente des terres et l'établissement des documents

    Les terres en vente dont il est question ici sont celles situées en dehors de la zone urbanisée. Les usages des terres achetés sont diverses, mais, les superficies supérieures ou égales à un hectare ne sont pas utilisées pour les habitations.

    Dans cette zone, les prix de vente des terrains ruraux évoluent en fonction de la demande. En effet, depuis l'adoption de la loi en 1991, le prix de vente d'un hectare de terre a subit une évolution. Ainsi, à travers l'étude, quatre intervalles de prix ont pu être déterminés pour la vente d'un hectare de terrain (cf. figure 2). Les résultats montrent que 9 % de la population ont vendu un hectare de terrain à un prix compris entre 500 000 francs CFA et 1 000 000 de francs CFA. La proportion la plus grande s'observe au niveau de la tranche de 1 000 000 - 1 500 000 francs CFA, soit 56 %. Ceux qui ont vendu un hectare de terrain entre 1 500 000 et 2 000 000 de francs CFA représentent 12 % de la population enquêtée. 23 % ont quant à eux vendu leurs terrains à plus de 2 000 000 de francs CFA. La fluctuation de ces prix dépend fortement de l'offre des terres et de la demande exprimée par les acheteurs. Aussi faut-il souligner que les acheteurs, négocient les prix en fonction de leur habilité ou capacité sociale à négocier et la circonstance qui pousse le propriétaire à vendre sa terre.

    47

    Figure n°2 : les prix de vente d'un hectare de terrain en zone périurbaine

    1500000-

    2000000

    12%

    Plus de

    2000000

    23%

    500000-

    1000000

    9%

    1000000-

    1500000

    56%

    Source : enquêtes terrain, TIENDREBEOGO Y., août/septembre 2015

    Seulement, les terrains à autre usage que l'habitation bénéficient de document dans ce milieu rural. De concert avec les acheteurs, les propriétaires terriens leur délivrent des procès-verbaux de palabre. C'est un document qui est indispensable dans les actes demandés pour la délivrance des attestations de possession foncière et de titres. 99,10 % de la population vendeuse de terrains reconnaissent avoir participé à l'établissement de ce document. En somme, pour l'établissement d'un titre foncier, l'acquéreur du terrain doit apporter : le schéma du terrain, le procès-verbal de palabre, deux photocopies légalisées de la carte nationale d'identité, le projet en quatre exemplaires, la taxe de résidence et quatre fiches de renseignements dûment remplies.

    III. I. 6. Les causes de la vente des terres dans la zone d'étude

    Il est ressorti des séances d'entretiens libres que la population de cette zone d'étude vend la terre pour diverses raisons. Elle le lie au manque de moyens financiers pour subvenir aux besoins sociaux de la famille (soins, nourriture, fournitures scolaires et scolarité des enfants, vêtements, etc.). Au vu des difficultés liées à la pratique de l'agriculture, elle vend également la terre pour créer de nouvelles activités. Par ailleurs, l'urbanisation galopante et la peur de ne pas avoir assez de parcelles lors des lotissements de leur village, les pousses à vendre leur terre.

    48

    III. II. Les impacts de la privatisation des terres sur la gestion des ressources naturelles dans la zone d'étude

    Les personnes nanties ou agrobusiness men achètent la terre pour rechercher du profit. Cette envie de faire fortune cause pour la plupart des cas des dommages au milieu. Ainsi, les impacts de la privatisation des terres dans ce milieu sont divers. Dans cette étude, nous avons retenu les aspects écologiques et socio-économiques.

    III. II. 1. Les aspects écologiques

    Dans ce paragraphe, il s'agit d'étudier la perception des populations sur trois types de gestions des ressources naturelles, à savoir la gestion par les populations locales, celle des agro-business men ou nouveaux acquéreurs et la gestion durable des terres dans ce milieu.

    III. II. 1. 1. La gestion paysanne des ressources naturelles

    La dégradation des ressources naturelles (RN) est une réalité dans notre zone d'étude. En effet, dans l'ensemble, tous nos répondants (100 % des enquêtés) reconnaissent unanimement la dégradation continue des RN. Pour cette raison, ils entreprennent des actions de restauration du couvert végétal et des sols. Assurément, pour lutter contre la dégradation du couvert végétal et des sols, les paysans pratiquent des reboisements. En effet, ceux-ci participent aux campagnes de reboisements initiés par les organisations de la société civile ou les leaders politiques dans leur milieu. Par séance de reboisement près de 5 hectares peuvent être reboisés, mais, le non entretien des plans conduit le plus souvent à leur mort. Ils épargnent également quelques arbustes et arbres dans leurs champs, d'où la régénération naturelle assistée (RNA). Ils luttent contre la coupe abusive du bois et les feux de brousse. En effet, pour cette action, les paysans mettent l'accent sur la sensibilisation de leurs proches. Par ailleurs, ils apportent à leur champ de la fumure organique et de l'engrais biologique pour améliorer la fertilité des sols. Cependant, 7,19 % des populations conviennent que les ressources naturelles se dégradent progressivement, mais qu'ils ne disposent pas de moyens conséquents pour contrecarrer le phénomène.

    III. II. 1. 2. La perception paysanne sur la gestion des agrobusiness men ou nouveaux acquéreurs

    Le mode de gestion des nouveaux propriétaires terriens est décrié par les paysans. Seulement, 14,67 % des paysans considèrent que ceux-ci protègent les ressources contenues sur leurs terrains. Selon eux, ils effectuent des reboisements sur leur parcelle. Il est nécessaire

    de noter que les terrains qui ne sont pas encore mis en valeur sont laissés en jachère. Cela permet la reconstitution de la biomasse.

    Les populations enquêtées (85,33 %) pensent que les nouveaux propriétaires contribuent à la dégradation des ressources naturelles. En effet, pour la mise en valeur des terrains achetés, les nouveaux propriétaires dévastent le couvert végétal, remuent le sol, afin d'ériger leurs infrastructures (magasin de dépôt, logement sociaux, centre de santé, écoles, etc.) ou de pratiquer leurs activités telles que les fermes, les usines, les garages, etc. (cf. photos 5). Dans le même ordre d'idée, 82,34 % des enquêtés admettent que la spéculation foncière constitue une menace pour la gestion des ressources naturelles tandis que 17,66 % conviennent le contraire.

    Photo 5 : des arbres déracinés pour ériger une cité

    49

    TIENDREBEOGO Y. / Zagtouli, août 2015

    Cette photo présente des arbres abattus par un agrobusiness men, notamment un promoteur immobilier pour ériger des infrastructures sociales (logements sociaux, infrastructures scolaires, centres de santés, etc.) à Zagtouli. Sur ce site plus de 100 arbres ont été abattus. Ces promoteurs n'ont pas l'obligation de restaurer un autre lieu pour compenser cette perte.

    III. II. 1. 2. La perception paysanne sur la gestion durable des terres Interrogées sur les terres cultivables réservées aux générations futures, 64,67 % de la population affirment n'avoir rien prévu à cet effet et qu'ils finiront par tout vendre d'ici les

    50

    dix prochaines années. C'est-à-dire qu'ils n'ont rien réservé pour leurs progénitures. Cependant, 35,33 % de la population estiment qu'il est nécessaire de réserver une part considérable à leurs descendants. Ces informations montrent que dans l'avenir, certains enfants n'auront pas d'espaces cultivables dans leur propre village.

    III. II. 2. Les aspects socio-économiques

    Cette séquence présente l'influence directe de la vente des terres sur les conditions de vie des populations. Elle concerne essentiellement la vente des terres et l'amélioration des conditions de vie des populations. Elle montre également, la perception des paysans sur les conséquences de la privatisation foncière dans leur zone.

    III. II. 2. 1. La vente des terres et l'amélioration des conditions de vie des populations

    Interrogées sur l'impact de la vente des terres sur leurs conditions de vie, 94,01 % de la population estiment que la vente de terrains leur permet de résoudre dans l'immédiat leurs problèmes sociaux ou d'améliorer leurs conditions de vie. 5,99 % des enquêtés ont quant à eux donné une réponse contraire. Selon ces derniers, l'argent issu de la vente des terres ne suffit pas pour exécuter toutes les dépenses prévues. Ils affirment par ailleurs que cet argent crée parfois des problèmes au sein des familles. En effet, dans nos contrées, la terre appartient généralement à des familles et non à des individus. Ainsi, une terre se vend dans l'intérêt et ce pour le bien de toute la famille. Alors, toute cession de terre ne respectant pas cette valeur est source de querelle familiale.

    L'amélioration des conditions de vie des populations est temporaire, car 88,62 % des enquêtées sont d'avis qu'à la longue, leur situation empire et qu'ils rencontrent plus de problèmes financiers qu'avant la vente de leur terre. Néanmoins, ces populations arrivent à payer la scolarité de leurs enfants, acheter la céréale pour leur famille, acheter des moyens de locomotion, s'occuper des dépenses courantes des ménages (eau, soins, etc.). Certains aménagent leur cadre de vie à travers la construction des maisons en ciment, l'installation de plaque solaire ou la connexion au réseau de l'électricité nationale, etc. Contrairement à ces personnes, 11,38 % ont pu investir dans d'autres secteurs d'activités en vue d'accroître leurs revenus ou pour compenser la perte des terres. En effet, ils ont pu créer des activités génératrices de revenus telles que l'ouverture de magasins de vente de matériaux de construction, de boutiques de vente de marchandises divers, de restaurants pour leur femme, etc.

    51

    III. II. 2. 2. La perception paysanne sur les conséquences de la privatisation foncière

    De l'avis des paysans, les conséquences de la privatisation des terres sont diverses. Malgré la volonté de vendre la terre pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, les paysans (97,31 %) ont cependant émis l'idée de ne pas avoir de moyens pour compenser la perte de leurs terres. Seulement, 2,69 % ont pu compenser cette perte. En effet, ces personnes compensent la perte de leurs terres par les nouveaux investissements qu'ils font. Il s'agit pour la plus part de la reconversion dans le commerce, la fabrication de brique et la vente des agrégats de construction.

    Aussi, il convient de rappeler que la diminution des espaces cultivables a un impact sur la production céréalière et, la conséquence immédiate reste la baisse progressive des productions. De ce fait, 87,13 % de la population font remarquer que leur production est à la baisse, tandis que 12, 87 % estiment que la leur est restée stationnaire. Les raisons qui expliquent la baisse des productions sont : la réduction des espaces cultivables, la dégradation continue des sols, les aléas climatiques qui se traduisent par la répartition inégale et la baisse des pluies, le début tardif et la fin précoce de la saison hivernale et l'insuffisance de moyens pour acheter des engrais.

    III. III. Les stratégies développées par les paysans pour répondre aux besoins sociaux de leurs ménages

    Les stratégies développées par les paysans pour satisfaire les besoins sociaux de leurs ménages sont diverses. En plus du travail de la terre (labours, semis et récoltes), les populations s'adonnent à d'autres types d'activités (cf. figure n°3) qui peuvent être menées en milieu périurbain où elles obtiennent des revenus supplémentaires. Toutefois, ces activités ne sont pas toutes écologiques.

    III. III. 1. Les activités connexes

    Les paysans sont conscients de la diminution des espaces cultivables et de la baisse de la production agricole. En vue de répondre aux besoins sociaux et alimentaires de leur famille, ils entreprennent des activités autres que l'agriculture. La figure ci-après illustre bien ces activités et la proportion de ceux qui s'y adonnent.

    52

    Figure n°3 : la répartition des activités connexes

    Confection

    des briques et la vente du sable , 2.99%

    Manoeuvre ,

    10.48%

    Vigile ,

    3.59%

    Commerce ,

    10.18%

    Artisanat ,

    12.57%

    Sans autres
    sources de
    revenus,

    10.48%

    Elevage ,

    49.70%

    Source : enquêtes terrain, TIENDREBEOGO Y., août/septembre 2015

    Les populations de la zone d'étude (98,80 %), affirment que la production agricole ne permet plus de satisfaire les besoins alimentaires de leurs familles. Par conséquent, elles tentent de compenser ce déficit à travers la pratique de l'élevage (49,70 %), le commerce (10,18 %) et l'artisanat9 (12,57 %). Certaines s'adonnent aux emplois d'ouvrier subalterne (10,48 %), de vigile (3,59 %), de briquetier et de vendeur du sable (2,99 %). Cependant, 10,48 % d'entre eux ne mènent pas d'activités connexes, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas d'autres sources de revenus.

    Quant aux femmes et enfants des familles dépourvues de terres, ils s'adonnent au ramassage de sables et de graviers pour la vente. Cette activité contribue énormément à la dégradation des routes et des terres cultivables (cf. photo 6). De plus certaines femmes surviennent aux besoins sociaux de leurs familles à travers la vente du "dolo"10.

    La proximité de la zone d'étude de la ville de Ouagadougou favorise la création d'autres activités non favorables à l'environnement. Ainsi, les populations confectionnent des briques à partir de la carapace de la cuirasse. Ces briques sont utilisées pour construire des infrastructures. De grands tas de terres sont prélevés pour le remblai des routes et des maisons. Dans cette partie de la province du Kadiogo, il y a la présence de zone granitique. Les exploitants de carrières granitiques déblaient des surfaces pour exploiter le granite en place. Le prélèvement de ces

    9 Les activités pratiquées au sein de cette faîtière sont : la mécanique deux roues et automobile, la maçonnerie, la peinture, la construction métallique, la menuiserie bois, etc.

    10 Bière locale fabriquée par les femmes avec la céréale.

    matériaux laisse des excavations à la surface de la terre, créant ainsi des trous béants qui ne peuvent être exploités ni pour l'agriculture, ni pour n'importe quelles autres activités.

    Photo 6 : des tas de sables ramassés par les femmes et enfants à Zagtouli

    53

    Source : TIENDREBEOGO Y. / Zagtouli, août 2015

    Cette photo montre des tas de sables et de graviers ramassés par les femmes et les enfants sur les routes et dans les champs. Ces tas sont vendus à 2000 FCFA le plein d'une charrette à traction asine. Les personnes qui pratiquent cette activité dans ce milieu sont pour la plupart issues des familles pauvres et qui ne possèdent plus de terres cultivables.

    III. III. 2. Les ressources financières issues des activités connexes

    Les paysans qui pratiquent l'élevage pour assurer la sécurité alimentaire de leurs ménages perçoivent des ressources financières pouvant atteindre 600 000 francs CFA par an ou plus (cf. figure n°4). De façon spécifique, 38,56 % de cette catégorie de personnes reçoivent moins de 200 000 francs CFA par an. 42,17 % gagnent entre 200 000 et 400 000 francs CFA. 10, 24 % quant à eux perçoivent entre 400 000 et 600 000 francs CFA. Seulement, 9,05 % de cette population obtiennent plus de 600 000 francs par an.

    Ceux qui exercent le commerce sont généralement dans l'économie informelle. Leurs revenus issus de cette activité varient entre 15 000 et 120 000 francs CFA par mois. Les artisans ont un gain mensuel compris entre 35 000 et 200 000 francs CFA. Les manoeuvres quant à eux perçoivent entre 20 000 et 75 000 francs CFA par mois. A côté de ces catégories de personnes, les vigiles s'en tirent avec un salaire mensuel compris entre 15 000 et 45 000 francs CFA. Les vendeurs de sable et les briquetiers gagnent entre 30 000 et 150 000 francs CFA par mois. Avec

    54

    ces montants les promoteurs arrivent à honorer les dépenses de leurs familles. En effet, ils parviennent à payer les frais de santé, la scolarité et les fournitures de leurs enfants. Par ailleurs, à travers ces ressources, ils peuvent acheter les vêtements et la céréale pour leur famille.

    Figure n°4 : la répartition du revenu annuel de l'élevage

    400000 -

    600000;

    10,24%

    Plus 600000;

    9,05%

    200000 -

    400000;

    42,17%

    Moins de

    200000 ;

    38,56%

    Source : enquêtes terrain, TIENDREBEOGO Y., août/septembre 2015

    III. III. 3. Les soutiens financiers

    Des entretiens effectués avec les paysans révèlent que ces derniers ne bénéficient d'aucun soutien financier venant de parents ou de proches résidents à l'étranger. Seulement cinq personnes, soit 1,50 % de la population enquêtée bénéficie de soutien auprès des parents ou proches résidents dans les villes du Burkina Faso. Ils précisent à cet effet que la valeur des soutiens financiers souvent reçus n'a jamais dépassé 250 000 Francs CFA par an.

    III. IV. La dynamique de l'occupation des terres

    L'étude de la dynamique de l'occupation des terres est basée sur l'analyse diachronique des images spot de 1986, de 1995 et de 2014. Le traitement de ces images a permis d'obtenir des statistiques qui ont servi à apprécier les changements opérés. La zone d'étude couvre une superficie de 11 837,78 hectares (ha). Les unités rencontrées sont constituées essentiellement de formations ripicoles, de savanes arbustives, de savanes herbeuses, de plans d'eau, de plantations, de champs11, de zones urbanisées, de zones non loties et de zones nues. Suivant les dates précédemment indiquées, les différentes unités ont subi une évolution de leur état et de

    11 Espace utilisé pour la production du céréale

    55

    leur superficie (cf. carte 2). Le tableau II suivant illustre bien les chiffres utilisés dans cette partie du travail.

    Tableau II: la dynamique de l'occupation des terres de 1986 à 2014

    Description des unités de surface

    Superficie en hectare (ha)

    Bilan de l'occupation des terres en (%)

     

    1995

    2014

    1986-1995

    1995-2014

    1986-2014

    Champ

    3835,43

    5479,65

    5975,95

    13,89

    4,2

    18,09

    Formation ripicole

    39,47

    159,31

    81,56

    1,02

    -0,68

    0,34

    Plan d'eau

    19,73

    17,52

    14,22

    -0,02

    -0,03

    -0,05

    Plantation

    73,67

    53,44

    164,3

    -0,17

    0,95

    0,78

    Savane arbustive

    3933,34

    2713,97

    934,13

    -10,3

    -15,04

    -25,34

    Savane herbeuse

    2964,68

    2222,67

    3075,76

    -6,26

    7,2

    0,94

    Zone urbanisée

    98,93

    163,11

    391,49

    0,54

    1,93

    2,47

    Zone non lotie

    0,00

    174,78

    710,66

    1,48

    4,52

    6

    Zone nue

    872,53

    853,33

    489,71

    -0,16

    -3,07

    -3,23

     

    Source : Traitements statistiques de l'analyse diachronique, avril 2016

    III. IV. 1. L'occupation des terres en 1986, 1995 et 2014

    Cette partie présente l'occupation des terres aux différentes dates utilisées pour l'analyse.

    III. IV. 1. 1. La situation en 1986

    La carte de l'occupation des terres de 1986 présente la situation suivante :

    - les savanes arbustives occupaient la plus grande superficie, ce qui représentaient 33,23

    % de la surface totale cartographiée, soit 3933,34 ha ;

    - la surface des champs représentaient 32,40 %, soit 3835,43 ha ;

    - les savanes herbeuses occupaient 25,04 %, soit 2964,68 ha ;

    - les zones nues sont des zones dégarnies de couvert végétal situées en dehors des zones

    urbanisée et non lotie. Elles représentaient 7,37 %, soit 872,53 ha ;

    - la zone urbanisée occupait 0,84 % de la surface de la zone d'étude, soit 98,93 ha ;

    - les plantations représentaient 0,62 %, soit 73,67 ha ;

    - les formations ripicoles occupaient 0,33 %, soit 39,47 ha ;

    - et les plans d'eau occupaient la plus petite unité de surface avec 0,17 %, soit 19,73 ha.

    Les savanes herbeuses et arbustives occupaient plus de la moitié de la surface totale

    (58,27 %). Les champs recouvraient près d'un tiers (1/3) de la superficie totale. Par contre, la

    zone urbanisée, les formations ripicoles, les plantations et les plans d'eau n'occupaient que

    1,96% de la surface totale cartographiée.

    56

    III. IV. 1. 2. La situation en 1995

    La carte de 1995 présente deux types d'unités, celles qui ont progressé (champs, la

    zone urbanisée et la zone non lotie) et celles qui ont régressé. On constate que sur cette image

    les champs sous savanes parc à Vitellaria paradoxa sont dominants et occupent près de la

    moitié de la zone d'étude. Les détails se présentent comme suit :

    - les champs représentaient 46,29 % de la surface cartographiée, soit 5479,65 ha ;

    - les savanes arbustives occupaient 22,93 %, soit 2713,97 ha ;

    - les savanes herbeuses représentaient 18,78 %, soit 2222,67 ha ;

    - les zones nues occupaient 7,21 %, soit 853,33 ha ;

    - la zone urbanisée représentait 1,36 % de la surface de la zone d'étude, soit 163,11 ha ;

    - les plantations occupaient 0,45 %, soit 53,44 ha ;

    - les formations ripicoles représentaient 1,35 %, soit 159,31 ha ;

    - les zones non loties occupaient 1,48 %, soit 174,78 ha ;

    - et les plans d'eau toujours en dernière position avec 0,15 %, soit 17,52 ha.

    Sur cette carte, les champs occupaient près de la moitié de la surface, les savanes

    herbeuses et arbustives ne représentaient que 41,71 %. La zone urbanisée, les formations

    ripicoles, les plantations et les plans d'eau occupaient toujours la plus petite superficie, mais

    elles ont connu une augmentation, soit 3,31 %. Elles ont bénéficié de l'apparition d'une

    nouvelle unité, les zones non loties. Ce qui permet aux petites unités d'atteindre 4,79 %.

    III. IV. 1. 3. La situation en 2014

    L'interprétation de l'image de 2014 donne également des unités qui ont régressées et

    d'autres qui ont progressées. À l'instar de la carte de 1995, les champs occupaient la plus

    grande surface. Les unités d'occupations des terres se présentent comme suit :

    - la superficie des champs étaient de 5975,95 ha, soit 50,49 % ;

    - les savanes arbustives représentaient 934,13 ha soit 7,89 % ;

    - les savanes herbeuses occupaient 3075,76 ha, soit 25,98 % ;

    - les zones nues représentaient 489,71 ha, soit 4,14 % ;

    - la zone urbanisée occupait 391,49 ha, soit 3,31 % ;

    - les plantations occupaient 1,38%, soit 164,3 ha ;

    - les formations ripicoles représentaient 81,56 ha, soit 0,67 % ;

    - les zones non loties occupaient 710,66 ha, soit 6 % ;

    - et la surface occupée par les plans d'eau était de 14,22 ha, soit 0,12 %.

    57

    La configuration de cette carte montre que les champs sont toujours dominants et occupent plus de la moitié de la surface cartographiée. Les savanes herbeuses et arbustives ne représentaient que 33,87 %. La zone urbanisée, les formations ripicoles, les plantations et les plans d'eau occupaient toujours la plus petite superficie, mais elle a connu une progression et est passée à 11,5 %. Sur l'image, les unités répertoriées sont plus ou moins distinctes. Cependant, la zone présente, l'allure de paysage agreste, où les champs occupent presque l'ensemble des autres unités, notamment les savanes arbustives et les savanes herbeuses.

    58

    Carte n° 2 : l'occupation des terres de 1986, de 1995 et de 2014

    59

    III. IV. 2. L'évaluation de la dynamique de l'occupation des terres entre 1986 et 2014

    Sur les images de 1986 et de 2014, huit unités d'occupation des terres ont été identifiées. Toutefois, l'image de 2014 se distingue de celle de 1986 par l'apparition d'une nouvelle unité : la zone non lotie. Les statistiques obtenues présentent une forte extension des champs suivis des zones non loties, des zones urbanisées, des savanes herbeuses, des plantations et des formations ripicoles. Cependant, les superficies des savanes arbustives, des plans d'eau et des zones nues ont subi une régression (cf. tableau II).

    Les unités qui ont progressé entre 1986 et 2014.

    La superficie des champs qui couvrait 32,40 % en 1986, occupait plus de la moitié de l'espace cartographiée en 2014 soit 50,49 %. En l'espace de 28 ans, l'étendu des champs a progressé de 18,09 %. Cette progression n'est pas constante toutes les années. Entre 1986 et 1995, c'est-à-dire en espace de 9 ans, elle a progressé de 1644,22 ha, soit 13,89 %, contre seulement 496,3 ha (4,2 %) en 19 ans (1995-2014). La faible croissance des champs entre 1995-2014 peut s'expliquer par l'achat des terres par les agrobusiness men. Une fois que la terre est vendue, le paysan n'a plus droit pour exploiter, donc il ne peut plus accroître sa surface cultivable. L'extension des champs sur la période est due à la pression qu'exerce la population sur les ressources et à la pauvreté des sols. En effet, la recherche de la subsistance quotidienne amène les agriculteurs à défricher de grandes étendues de surface pour les cultures. Le rapport entre l'image de 1986 et celle de 2014 montre que les champs occupent environ 0,60 % de la superficie totale cartographiée par an. L'extension de ces champs s'est fait au détriment des autres unités d'occupation des terres telles que les savanes arbustives, les plans d'eau et les zones nues.

    L'espace occupé par la formation ripicole a progressé entre 1986 et 2014, passant ainsi de 0,33 % en 1986 à 0,67 % en 2014. Au cours des 28 ans, elle a progressé de 0,34 %. Les détails montrent qu'entre 1986-1995, elle a augmenté de 119,84 ha (1,02 %), contre une régression de 0,68 %, soit -77,75 ha entre 1995-2014. Compte tenu de la diminution des espèces végétales dans les champs de culture pluviale, les populations s'attaquent aux formations ripicoles. C'est la raison pour laquelle cette unité est en pleine dégradation. Par contre, la progression observée est certainement due à la plantation d'arbres initiée par les paysans autour des cultures maraichères. Ces cultures se localisent le plus souvent autour des points d'eau. Les arbres servent parfois de bouclier pour empêcher les animaux d'avoir accès aux légumes.

    60

    La zone urbanisée qui n'occupait que 0,84 % de la superficie totale en 1986 est passé à 3,31 % en 2014, faisant ainsi une extension d'environ 2,47 %. Elle a connu une faible progression entre 1986 et 1995 (0,54 %) et une augmentation de 228,38 ha sur sa superficie entre 1995 et 2014, soit 1,93 %. Le besoin de logement viabilisé explique la progression de cette unité.

    Il en est de même pour la zone non lotie. Elle a également connu une progression remarquable en l'espace des 28 années écoulées. Elle est passée de zéro ha en 1986 à 710,66 ha en 2014, soit une progression de 6 %. Cette augmentation est de 1,48 % entre 1986-1995, contre 4,52 % entre 1995 et 2014. Le besoin croissant de logement est la cause de l'extension de ces unités. En effet, la demande croissante de logement amène les citadins à acheter des espaces dans la périphérie urbaine, sur lesquels ils construisent des maisons d'habitations en espérant bénéficier d'une parcelle lotie au moment du lotissement de la zone. D'autres construisent des infrastructures socio-économiques telles que des garages, des écoles, etc. Tout comme la précédente unité, celle-ci va encore s'agrandir, car au fil des années le nombre de demandeurs de logements s'accroît.

    Les différentes surfaces de savanes herbeuses ont augmenté en superficie. Elles sont passées de 25,04 % en 1986 à 25,98 % en 2014. Elles présentent certes un bilan positif de 0,94 %, mais elle a perdu 6,26 % de sa surface au cours des 9 premières années, soit -742,01 ha. Ce n'est qu'entre 1995 et 2014 qu'elle a pu bénéficier d'une extension de 853,09 ha, soit 7,2 %. Cette évolution s'explique par le fait qu'avant 1995, les paysans étaient les seuls maîtres sur le terrain. De par le système cultural extensif et sur brûlis qu'ils pratiquent, ils exploitaient conséquemment plusieurs hectares de terrains pour l'agriculture. Ce qui a contribué à la dégradation de cette unité. Par contre, entre 1995-2014, il y a eu l'intervention de nouveaux acteurs. Ceux-ci achètent de grandes portions de terres qu'ils mettent en valeur. Cependant, les terrains qui ne sont pas exploités sont mis en jachère. Cela favorise la reconstitution du couvert végétal, particulièrement le développement de la strate herbeuse.

    Les plantations ont fait un bilan positif de 0,78 % entre 1986 et 2014. Dans la même dynamique que la précédente unité, elles ont perdu 20,23 ha entre 1986 et 1995, soit (-0,17 %) de sa superficie initiale. Ce n'est qu'entre 1995 et 2014 que cette unité a progressé de 0,95 %, soit 110,86 ha. Cette situation est due à la forte pression démographique sur cette unité au cours de la période 1986-1995. La réduction des terres cultivables des paysans les amène à exploiter les plantations pour l'agriculture. La population n'ayant plus assez d'arbres, se retourne vers les plantations pour prélever le bois d'oeuvre et de chauffe. Entre 1995 et 2014, les populations ont contribué à l'augmentation des superficies de cette unité à travers des

    61

    reboisements. Aussi, on constate que certains nouveaux acquéreurs plantent des arbres sur leurs propriétés.

    Les unités qui ont régressé entre 1986 et 2014.

    De 1986 à 2014, la superficie des savanes arbustives est passée de 33,23 % de la surface cartographiée à 7,89 %. En espace de 28 ans, cette formation a perdu 2999,21 ha, soit (-25,34 %) de la surface totale. Ce qui représente plus de trois quart (3/4) de sa surface initiale. Cette régression était de 10,3 % (-1219,37 ha) entre 1986 et 1995 et a continué pour atteindre - 1779,84 ha entre 1995 et 2014, soit une régression de 15,04 %. La régression est due à la pression exercée par la population sur les terres. En effet, les nouveaux acquéreurs détruisent la végétation pour implanter leurs infrastructures (cf. photos 6 et 7). Aussi, de par l'action de la coupe abusive du bois et l'émondage les paysans contribuent à la dégradation des espèces végétales, surtout les arbres.

    Les plans d'eau ont perdu en 28 années plus de 0,05 % de la surface totale cartographiée. Entre 1986-1995, la portion de sa surface qui a disparu était de 0,02 %, puis a continué pour atteindre (-0,03 %), soit -3,3 ha. Cette situation pourrait s'expliquer par l'ensablement des retenues d'eau causé par les activités humaines.

    Les zones nues ont également perdu une partie de leur superficie, passant ainsi de 7,37 % en 1986 à 4,14 % en 2014. Ce qui représente une perte de 3,23 %, soit -382,82 ha. La régression de cette unité s'est faite de façon croissante, passant ainsi de (-0,16 %) les 9 premières années à (-3,07 %) de leur superficie entre 1995-2014. La diminution de ces espaces est imputable dans un premier temps à la récupération des sols nus par les paysans, et dans un second temps à la mise en jachère des terrains achetés par les nouveaux acteurs du foncier.

    L'évaluation de ces différentes unités montre que les savanes arbustives ont connu le fort taux de dégradation avec -25,34 %. Quant aux champs, ils ont bénéficié de la plus grande extension de leur superficie avec 18,09 %. Les réalités du terrain montrent que cette zone est dominée par les champs qui sont sous savane parc à Vitellaria paradoxa et est également un espace en pleine dynamique due à l'érection des infrastructures et au prélèvement des agrégats de construction. Certes, le milieu est caractérisé par sa dynamique importante, mais il convient de connaître les unités qui ont bénéficié des mutations au cours de ces 28 dernières années.

    62

    III. IV. 3. La typologie et la répartition spatiale des changements intervenus

    Le traitement des images de 1986, 1995 et 2014 a permis de comprendre la dynamique de l'occupation des terres qui a prévalu dans ce milieu (cf. tableau II). Les statistiques obtenues ont été utilisées pour établir les matrices de transition de 1986-1995, de 1995-2014 et d'une dernière qui prend en compte les périodes initiale et finale, c'est-à-dire celle de 1986-2014.

    Les résultats obtenus (tableau III) indiquent qu'au cours des 9 premières années (19861995), les transformations des différentes unités se sont faites suivant un rythme différentiel. Les champs, les savanes arbustives et les savanes herbeuses ont bénéficié de la grande partie des surfaces des autres unités. En effet, entre 1986 et 1995, 69,51 % de la superficie des champs n'ont pas varié. Durant cette même période 24,89 % des savanes arbustives, 48,08 % des savanes herbeuses, 29,03 % des plantations et 44,23 % des zones nues ont été transformées en champs. Aussi, 21,88 % des savanes herbeuses, 42,42 % des formations ripicoles et 56,45 % des plantations ont cédé leurs surfaces aux savanes arbustives. 27,66 % des savanes arbustives, 14,52 % des plantations ont régressé au profit des savanes herbeuses.

    Tableau III : la dynamique spatiale de l'occupation des terres de 1986 à 1995 en (%)

    1995

    1986

    Ch

    Sa

    Sh

    Fr

    Plan

    Ple

    Zn

    Zu

    Zone non lotie

    Champ (Ch)

    69,51

    8,67

    10,31

    0,09

    0,19

    0,00

    7,78

    2,38

    1,02

    Savane

    arbustive (Sa)

    24,89

    41,41

    27,66

    3,10

    0,93

    0,00

    0,99

    0,03

    0,99

    Savane

    herbeuse (Sh)

    48,08

    21,88

    23,16

    0,36

    0,56

    0,00

    2,96

    0,44

    2,56

    Formation ripicole (Fr)

    0,00

    42,42

    3,03

    54,55

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    Plantation (Plan.)

    29,03

    56,45

    14,52

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    Plan d'eau (Ple)

    0,00

    5,88

    0,00

    5,88

    0,00

    88,24

    0,00

    0,00

    0,00

    Zone nue (Zn)

    44,23

    2,58

    4,34

    0,00

    0,00

    0,00

    48,58

    0,27

    0,00

    Zone urbanisée (Zu)

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    100

    0,00

     

    Source : Traitements statistiques de l'analyse diachronique, avril 2016

    NB : A l'exception de la zone urbanisée, les autres surfaces qui portent les chiffres (0,00) ont subi une évolution de petite valeur, en harmonisant les données du tableau à deux chiffres après la virgule les autres chiffres ne peuvent plus s'afficher.

    La dynamique des unités d'occupation des terres dans cette zone peut également s'expliquer par son évolution spatiale (cf. tableau IV). L'analyse diachronique en tableau croisés

    63

    met en exergue, sur une période de 19 ans (1995-2014), l'évolution spatiale de chaque unité. Elle a permis de connaître les différents changements qui ont été opérés et les unités qui ont bénéficié de ceux-ci. Sur le tableau IV, on constate que les grands changements qui sont intervenus en 1995 ont été faits au profit des champs, des savanes arbustives et des savanes herbeuses.

    Le tableau croisé de la matrice de 1995-2014 atteste que 59,93 % des champs, 43,18 % des savanes herbeuses, 66,67 % des plans d'eau, 100 % des zones urbanisés, etc. n'ont subi aucun changement. Cependant, durant ces 19 années, 41,60 % des savanes arbustives, 41,59 % des savanes herbeuses, 53,26 % des zones nues ont été transformées en champs. Dans ce même intervalle de temps, 22,22 % des formations ripicoles, 68,89 % des plantations, 2,83 % des champs ont été transformés pour donner des savanes arbustives. Quant aux superficies des savanes herbeuses, elles ont été augmentées grâce à 24,43 % des champs, 35,50 % des savanes arbustives et 28,89 % des formations ripicoles.

    Tableau IV : la dynamique spatiale de l'occupation des terres de 1995 à 2014 en (%)

    2014

    1995

    Ch

    Sa

    Sh

    Fr

    Plan.

    Ple

    Zn

    Zu

    Znl

    Champ (Ch)

    59,93

    2,83

    24,43

    0,17

    0,28

    0,02

    3,43

    4,86

    4,04

    Savane

    arbustive (Sa)

    41,60

    16,62

    35,50

    1,35

    2,62

    0,04

    1,00

    0,35

    0,92

    Savane herbeuse (Sh)

    41,59

    7,08

    43,18

    0,85

    2,56

    0,05

    1,22

    1,70

    1,76

    Formation ripicole (Fr)

    30,37

    22,22

    28,89

    7,41

    0,74

    2,22

    0,74

    0,00

    7,41

    Plantation (Plan.)

    8,89

    68,89

    8,89

    0,00

    13,33

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    Plan d'eau (Ple)

    0,00

    6,67

    0,00

    26,67

    0,00

    66,67

    0,00

    0,00

    0,00

    Zone nue (Zn)

    53,26

    1,11

    9,85

    0,00

    0,97

    0,00

    24,97

    5,96

    3,74

    Zone urbanisée

    (Zu)

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    100,00

    0,00

    Zone non lotie (Znl)

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    20,95

    79,05

     

    Source : Traitements statistiques de l'analyse diachronique, avril 2016

    NB : même remarque que le tableau III

    La matrice de transition contenue dans le tableau V montre les changements qui sont intervenus entre 1986 et 2014. Elle est similaire aux deux précédentes (tableaux II et III) dans

    64

    la mise en exergue des unités qui ont le plus profité des changements. Les champs, les savanes arbustives et les savanes herbeuses ont profité des grandes mutations entre 1986 et 2014. Ainsi, 39,78 % des savanes arbustives, 47 % des savanes herbeuses, 51,52 % des formations ripicoles, 51,61 % des plantations, 59,84 % des zones nues ont été transformées en champs. Les savanes arbustives ont également bénéficié de la transformation de 7,79 % des savanes herbeuses, 6,45 % des plantations, 5,88 % des plans d'eau, etc. La dynamique opérée au niveau de la superficie des savanes herbeuses s'est faite grâce à la transformation en son profit de 21,88 % des champs, de 38,58 % des savanes herbeuses, de 30,30 % des formations ripicoles, etc. A côté de ces surfaces transformées, il y a 62,87 % de champs, 12,58 % des savanes arbustives, 32,67 % des savanes herbeuses, 58,82 % des plans d'eau qui sont restés constants sur la période des 28 années écoulées (1986-2014).

    Tableau V : la dynamique spatiale de l'occupation des terres de 1986 à 2014 en (%)

    2014

    1986

    Ch

    Sa

    Sh

    Fr

    Plan

    Ple

    Zn

    Zu

    Zone non lotie

    Champ (Ch)

    62,87

    3,21

    21,88

    0,15

    0,37

    0,00

    3,86

    3,64

    4,01

    Savane arbustive

    (Sa)

    39,78

    12,58

    38,58

    1,23

    2,59

    0,18

    1,05

    0,99

    3,01

    Savane herbeuse

    (Sh)

    47,00

    7,79

    32,67

    0,76

    1,16

    0,00

    2,52

    2,44

    5,67

    Formation ripicole (Fr)

    51,52

    3,03

    30,30

    3,03

    3,03

    3,03

    0,00

    0,00

    6,06

    Plantation (Plan)

    51,61

    6,45

    41,94

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    Plan d'eau (Ple)

    0,00

    5,88

    5,88

    29,41

    0,00

    58,82

    0,00

    0,00

    0,00

    Zone nue (Zn)

    59,84

    0,68

    9,50

    0,00

    1,22

    0,00

    21,71

    5,29

    1,76

    Zone urbanisée

    (Zu)

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    0,00

    100

    0,00

     

    Source : Traitements statistiques de l'analyse diachronique, avril 2016

    NB : même remarque que le tableau III

    A la suite de la présentation des résultats obtenus auprès des populations et par l'analyse et l'interprétation des images satellitaires, une discussion est entamée avec les résultats d'autres chercheurs sur des thèmes similaires. Par ailleurs, une orientation des lecteurs sur le thème de nos investigations en thèse est faite.

    65

    CHAPITRE IV : LA DISCUSSION DES RÉSULTATS ET L'ORIENTATION DE LA RECHERCHE

    Ce chapitre est consacré à la discussion des résultats de la recherche. Il donne une analyse en fonction des études déjà réalisées dans le domaine de la pression foncière et la gestion des ressources naturelles. La dernière partie de ce chapitre présente une orientation de la recherche qui sera menée dans le cadre de la thèse.

    IV. I. La discussion des résultats de la recherche

    Cette partie présente les résultats de la recherche en interaction avec ceux d'autres auteurs. Elle est structurée en deux points à savoir la privatisation foncière et la gestion des ressources naturelles, et l'effet de la pression foncière dans l'interface Ouagadougou Tanghin-Dassouri.

    IV. I. 1. La pression foncière et la gestion des ressources naturelles

    La pression foncière a d'énormes conséquences sur la gestion des ressources naturelles dans la province du Kadiogo, principalement dans son milieu péri-urbain. Certes, la privatisation des terres peut avoir des conséquences positives qui se traduiraient par la création d'emplois, l'augmentation de la production agricole, la création de la richesse, etc. Sur le terrain, ces aspects sont insignifiants. Les investigations menées montrent des conséquences négatives qui se résument entre autres à la dégradation et à la disparition de la biodiversité, la dégradation des sols et des eaux, la perte des espaces cultivables, les conflits fonciers et l'insécurité alimentaire.

    IV. I.1.1. La dégradation et la disparition de la biodiversité

    La diversité biologique, ou biodiversité, peut être définie comme l'ensemble des espèces vivantes présentes sur la terre (plantes, animaux, micro-organismes,...), les communautés formées par ces espèces et les habitats dans lesquels ils vivent.

    L'exploitation des espaces acquis par les nouveaux acteurs ou agrobusiness men n'est pas toujours faite en respectant les normes environnementales. En effet, le code de l'environnement (Loi n°002/94/ADP du 19 janvier 1994) précise en ses articles 73 et 74, la nécessité de protéger les ressources naturelles. Dans la pratique, avant l'obtention du titre d'exploitation sur le site acquis, le promoteur doit soumettre au ministère en charge de l'environnement une étude ou une notice d'impact environnementale (selon la taille du projet). A cet effet, un avis favorable lui est accordé si l'impact environnemental présenté par le projet peut être atténué, dans le cas contraire, on lui notifie un avis défavorable. Sur le

    66

    terrain, les nouveaux acquéreurs dévastent le couvert végétal pour implanter des infrastructures ou pour mener leurs activités. Les arbres, arbustes, graminées et herbes, qui s'y trouvent sont détruits. Des dizaines d'espèces végétales ont déjà disparu et d'autres telles que Faidherbia albida, Acacia pennata, Borasuss aethiopum, Fucus iteophylla, Fucus platyphylla, Securidaca longepedunculata sont en voie de disparition. La faune sauvage, surtout les gros animaux ont progressivement laissé la place aux petits rongeurs tels que les écureuils, les souris, les rats, etc. La disparition des habitats naturels des espèces animales entraîne également la mort ou la disparition de ceux-ci, voire leur migration vers les zones où ils peuvent survivre.

    La réduction des terres cultivables et des espaces ruraux au profit de nouveaux acquéreurs (dont l'objectif est l'érection d'infrastructures) menacent les écosystèmes, les espaces naturels et les superficies de productions agricoles. L'extraction des latérites, la destruction du couvert végétal pour la mise en place des infrastructures sociales et économiques exercent des pressions importantes sur les ressources naturelles renouvelables ou non. Aussi, on remarque que la pression foncière conduit à de nouveaux défrichements de l'espace naturel (DIPAMA J.M., 2006).

    Les conséquences de la dégradation des ressources naturelles touchent énormément les populations rurales à travers leurs besoins très vitaux (BANZHAF M., 2005), car la première ressource dont elle dispose est la terre et toutes les ressources qu'elle contient. Pour satisfaire ses besoins primaires et parfois sociaux, cette population a recours à ces ressources. De ce fait, la disparition des espèces (végétales et animales) et la dégradation des écosystèmes sont une menace pour le bien-être et le devenir des populations, voire de l'humanité. Elles le sont également pour la pérennité des activités socio-économiques qui reposent sur l'exploitation des ressources naturelles.

    IV. I.1.2. La dégradation des sols et des eaux

    La dégradation des sols dans cette partie est l'oeuvre de plusieurs acteurs à savoir les paysans et les agrobusiness men ou nouveaux acquéreurs. Les premiers défrichent et labourent la terre pour pratiquer l'agriculture de subsistance. Plusieurs auteurs se sont intéressés à cette question, notamment celle de la dégradation des sols dans le domaine soudano-sahélien (DA D. E. C. (1984, 1993) ; HIEN F. et al., (1996) ; DA D.E.C. et al., (2007, 2008), NDOUR T., 2001 ; FEM-FIDA, 2002 ; SMDD, (2002) ; BANDRE E., (1995) ; BANZHAF M., (2005) ; GAVAUD M., 1990 ; YERO S. K., 2012 ; FRATICELLI M.,

    67

    (2012) ; GBAGUIDI L., (2010) ; FAO, (2011) ; DIPAMA J. M., 2004 ; HAUCHART V., (2005)). Pour DA D. E. C. et al., 2007, le défrichement conduit à la dénudation des sols déjà fragiles. Ces sols sont alors exposés à l'érosion éolienne et hydrique. Dans la mise en valeur des terres, les agrobusiness men quant à eux, mettent à nu les sols. D'autres utilisent des engins lourds pour les remuer (cf. photo 7). Ces sols remués et dépourvus de végétation sont soumis à la dégradation, à l'érosion hydrique pendant la saison pluvieuse et éolienne en saison sèche. La réduction des espaces cultivables entraîne la surexploitation des terres, le surpâturage, le déboisement, etc. Ces différents éléments contribuent à la dégradation des terres. Cette dégradation met en péril les moyens de subsistance des populations agricultrices. La surexploitation des terres entraîne également l'épuisement des sols et la diminution des ressources végétales (BANDRE E., 1995).

    La dégradation des sols est un enjeu fort de développement durable. En effet, ses effets sont environnementaux, à la fois locaux (érosion des sols, dégradation de la fertilité et de la structure des sols, pollutions des nappes souterraines) et globaux (appauvrissement de la biodiversité, réduction de la capacité des sols à fixer le carbone, pollution des eaux internationales). Ils sont également fortement sociaux : la dégradation des sols fragilise les populations pauvres, leur retirant parfois leur dernier moyen de subvenir de manière autonome à leurs besoins, accroissant ainsi les risques épidémiques, freinant le développement dans leur localité (SMDD, 2002). Cette dégradation contribue énormément à la perte de la diversité biologique. En effet, elle s'accompagne d'une perte de la capacité des sols à être l'habitat de diverses espèces, aussi bien dans les terres cultivées que dans les zones protégées. Le sol est l'élément essentiel dans lequel la végétation prélève ses nutriments, la dégradation de celui-ci entraîne la disparition des espèces végétales et la faune sauvage, composantes essentielles de la pharmacopée.

    Les matériaux issus de l'érosion des sols due aux activités humaines sont directement conduits dans les vallées et les cours d'eau, accélérant ainsi l'ensablement des retenues d'eau. Les zones humides pouvant servir à l'agriculture sont également remblayées. Ce phénomène accentue l'assèchement, la diminution et la disparition des terres humides et des retenues d'eau. La régression de la couverture végétale, des sols favorise l'érosion et l'ensablement des réseaux hydrographiques. Le tarissement des sources, la baisse des nappes phréatiques et la raréfaction de l'eau disponible pour les activités socioéconomiques des populations en sont les conséquences (BANZHAF M., 2005). Aussi, les activités socioéconomiques telles que les mécaniques automobiles qui se développent à la périphérie de la ville sont pour la plupart sans un véritable système de traitement des huiles usées. Les huiles sont déversées dans la nature,

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    celles-ci polluent les sols et les cours d'eau. En effet, les vidanges issues des garages d'entretiens et de réparations des automobiles implantés sur les pentes ruissellent progressivement vers les cours d'eau proches, ce qui contribue à les polluer. Par ailleurs, aux alentours (environ 300 m de rayon) de la cimenterie « Diamond Cement », il y a un dépôt de poussière dû aux matériaux utilisés (le calcaire, l'argile) pour la fabrication du ciment. Avec l'étalement de la ville, cette zone pourrait être une menace pour la population riveraine.

    Photo 7 : des engins lourds utilisés dans les travaux de terrassement à Zagtouli

    Source : TIENDREBEOGO Y. / Zagtouli, août 2015

    Cette photo montre des engins lourds utilisés par les agrobusiness men dans les travaux d'aménagement des terrains en vue d'implanter des infrastructures socio-économiques (des logements sociaux, des écoles, des centres de santé, des terrains de jeux, etc.). Ces engins détruisent tous sur leur passage.

    IV. I.1.3. La perte des espaces cultivables et l'accentuation de la pauvreté

    La dégradation du couvert végétal réduit les capacités productives des sols et conduit inexorablement à une baisse de la production agricole. Par ailleurs, la réduction des espaces cultivables des paysans a pour conséquence la baisse des rendements agricoles. En effet, après la vente des terres, les paysans exploitent de petites superficies pour l'agriculture ; étant donné qu'ils n'ont pas suffisamment des moyens pour pratiquer une agriculture intensive, ils se retrouvent face à la diminution des récoltes. Cette situation contribue à la détérioration des

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    conditions de vie des populations. En plus, la FAO montrait en 2011 que les habitants les plus pauvres sont aussi ceux qui accèdent le plus difficilement aux ressources en terre et en eau. Ceux-ci sont piégés par la pauvreté, parce que leurs exploitations sont petites, qu'ils disposent des sols de mauvaise qualité. Ils sont particulièrement touchés par la dégradation des terres et les effets des aléas climatiques. Ces deux facteurs réunis montrent qu'il y a une menace sur la population rurale pauvre et dépourvue de terre. Le pire est que les paysans pauvres qui possédaient des espaces cultivables se retrouvent au fil des ans sans terre et sans ressources financières. Par ailleurs, ceux-ci sont exposés à la misère, à cause du fait qu'ils n'ont pas de qualification pour prétendre à un emploi, ni ne disposent d'autres sources de revenus. Aussi, par manque de capital et d'opportunités économiques, ces populations pauvres sont amenées à surexploiter leurs ressources limitées pour satisfaire leurs besoins pressants. Cela aggrave les processus de dégradation des ressources. Il y a donc un cercle vicieux entre dégradation des ressources et pauvreté. En effet, la dégradation des terres accroît la pauvreté qui en retour conduit à des pratiques néfastes sur le milieu naturel (REQUIER-DESJARDINS M., 2006). De plus, la pauvreté, le manque de capital et de protection sociale, obligent les populations dont la subsistance dépend de la terre à surexploiter celle-ci pour s'alimenter, se loger, disposer de sources d'énergie et de revenus (TIENDREBEOGO Y., 2013).

    IV. I.1.4. Les conflits fonciers

    Les conflits liés aux ressources naturelles ont toujours existé, en partie à cause des demandes multiples et des pressions concurrentes s'exerçant sur les ressources (FAO, 2001).

    La population vivant dans l'interface Ouagadougou Tanghin-Dassouri fait savoir qu'il y a de temps à autre des conflits liés au partage des revenus de la vente des terres et de la gestion des ressources naturelles existantes sur les terrains vendus. En effet, les terres appartiennent généralement à toute une famille, les personnes souvent à l'origine de la vente de celle-ci ne veulent pas partager le gain avec l'ensemble des héritiers. Cela crée parfois des tensions, voire des conflits au sein des familles. Par ailleurs, les terres sont parfois bradées sans l'assentiment de l'ensemble des héritiers. L'un des faits marquant est le sort réservé aux générations futures, car 64,67 % de la population estiment que leurs enfants n'auront pas de terres à cause de la vente. Cette étude vient renforcer celle menée par la GRAF en 2011, qui révèle que les communes rurales sont confrontées à la disparition de leur domaine foncier. À l'échelle des familles, le problème de l'avenir des jeunes générations se pose déjà, surtout dans un contexte où l'agriculture reste la seule perspective d'emploi pour les ruraux. L'arrivée des nouveaux

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    acteurs engendre de nombreux conflits dont les conséquences peuvent être des crises entre les différentes fractions de la société.

    En outre, l'achat des grands domaines fonciers dans cette partie du Burkina s'opère souvent par le biais d'une expropriation des populations rurales, et une appropriation privative des ressources, auparavant communautaires. Cette population sans terres cultivables est obligée de s'installer dans des quartiers informels (zone non lotie), exposés à la précarité et souvent privée des services sociaux élémentaires. A l'avenir, les descendants de ces populations dépourvues de terres risquent de troubler la quiétude des agrobusiness men, car selon la FAO, (2001), les conflits peuvent apparaître en cas d'exclusion des groupes d'utilisateurs de la gestion des ressources naturelles.

    Au plan social, on note une augmentation des tensions entre autochtones, migrants et agro-pasteurs d'une part, et d'autre part, des difficultés d'accès au foncier pour les jeunes agriculteurs. À l'intérieur du pays, des conflits opposent les autochtones aux migrants suite aux retraits des terres, les autochtones aux éleveurs pour les mêmes raisons, auxquelles on peut ajouter l'occupation des pistes à bétail, des berges, la disparition des pâturages, etc. Par ailleurs, on se doit aussi de faire mention des conflits intrafamiliaux liés à la vente des réserves foncières par quelques membres de la famille (GRAF, 2011). Dans la province du Kadiogo, en plus des problèmes ci-dessus cités, la pression sur les terres est responsable de la modification des rapports socioéconomiques entre éleveurs et agriculteurs (LIEUGOMG M., et al., 2007). La forte croissance démographique qui amène la population à demander davantage de terres cultivables est également la cause de la recrudescence de ces tensions. Par ailleurs, l'occupation non autorisée (et non consensuelle) de terres appartenant aux autochtones et l'expropriation de celles-ci pourraient être des sources de conflits.

    Selon ZONGO M., 2011, les conflits fonciers sont généralement déclenchés par un faisceau de causes. Si la raréfaction des terres constitue une première tentative d'explication crédible, celle-ci cache cependant d'autres raisons, notamment, l'interprétation divergente de la nature des anciennes transactions ; le renouvellement des générations ; l'émergence de la monétarisation ; le pluralisme institutionnel ; l'interprétation conflictuelle des lois foncières de l'État.

    Une grande partie de la population rurale ne peut subvenir à ses besoins en raison des inégalités d'accès à la terre et/ou aux ressources qu'elle porte (eau, terre, couverture végétale, potentiel touristique, etc.). La préférence souvent accordée à l'agrobusiness dans les politiques économiques accentue la pression sur les terres, avec de forts risques économiques, sociaux et environnementaux à moyen et long termes (COMITE TECHNIQUE, FONCIER ET DÉVELOPPEMENT, 2008).

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    Dans l'avenir, à la périphérie de la ville de Ouagadougou, la population sans terre et sans qualification aura du mal à trouver de quoi se nourrir, se soigner, etc. Il pourrait y avoir donc des conflits non pas comme ceux qui se passent ailleurs entre éleveurs et agriculteurs, mais cette fois-ci entre les héritiers du foncier (autochtones) et les nouveaux acteurs.

    IV. I.1.5. L'insécurité alimentaire

    L'insécurité alimentaire et les stratégies pour la combattre ont fait l'objet de plusieurs études (FAO, (2006, 2009) ; DEMBELE N. N., 2001 ; JANIN P., (2003, 2006, 2010) ; BENOIT-CATTIN M. et al., 2012 ; OCDE, 2005 ; DROY I. et al., 2004 ; OUEDRAOGO F. de C., 2000). A travers des analyses d'étude de cas, ces auteurs ont décliné les causes de l'insécurité alimentaire en Afrique. Pour eux, l'exploitation incontrôlée des ressources favorisent une dégradation des potentialités du milieu. Elle expose la population sans subsistance à l'insécurité alimentaire.

    La réduction des espaces cultivables et l'inadaptation des techniques culturales au regard du taux d'accroissement démographique de la province du Kadiogo (6,3 %), ont une influence sur la sécurité alimentaire des populations. En effet, les récoltes issues des champs ne peuvent plus assurer l'alimentation des ménages. Celles-ci sont obligées de se résigner ou trouver une palliative à travers des activités connexes. On assiste à une forme d'adaptation aux nouvelles conditions de vie ou de résilience. Cependant, les populations sans terres et sans autres sources de revenus sont les plus exposées à cette insécurité alimentaire. Au regard des résultats des enquêtes, 3 % (populations sans terres, soit environ 1415 personnes) et 10,48 % (populations sans autres sources de revenus, soit environ 4945 personnes) sont concernées par cette situation.

    IV. I. 2. La pression foncière dans l'interface Ouagadougou Tanghin-Dassouri

    La pression foncière dans la périphérie urbaine de Ouagadougou, en particulier dans la zone de Tanghin-Dassouri, révèle un caractère singulier. En effet, les nouveaux acquéreurs achètent la terre pour la réalisation d'activités économiques autres que l'agriculture intensive. Elles sont diverses selon les besoins des promoteurs. Certains acquièrent ces terrains pour servir de dépôt de gaz ou d'hydrocarbure, de garages, de construction d'unité de production (usine), etc. D'autres pour pratiquer l'élevage de type intensif (production de lait ou de viande) et de ferme avicole pour la production des oeufs. Il y a également une autre catégorie d'agrobusiness men qui s'intéresse à la réalisation d'infrastructures à caractère sociales (logements sociaux, écoles, lycées, etc.). Pour la réalisation de toutes ces activités, le couvert végétal, les sols et les

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    cours d'eau sont dégradés et il n'y a véritablement pas de renouvellement de ces ressources. Cette situation fait que la pression foncière aux alentours des grandes villes, particulièrement à Ouagadougou, constitue une menace pour les ressources naturelles.

    Par contre, les études menées par la GRAF, 2011, dans le Ziro et le Houet montrent qu'une catégorie de nouveaux exploitants (acteurs) évoluent dans les mêmes filières « classiques » que les exploitations familiales, comme le maïs, le sésame, le niébé, etc. Ils ne profitent d'aucun avantage comparatif, suivent les itinéraires et pratiquent de l'agriculture extensive fortement mécanisée. Au contraire, ils ont des coûts de production bien plus élevés que les exploitations familiales et une rentabilité économique faible, voire négative. Seulement, une minorité dispose d'un statut d'entreprise privée. Ceux-ci font des spéculations que les exploitants familiaux ne font pas de la production intensive d'oeufs, de lait en saison sèche, d'embouche bovine et ovine pour l'exportation, de mangues destinées à l'exportation, etc. Les agro-business men exploitent plus d'espaces, dégradent les ressources naturelles (terres, eau, couvert végétal, etc.) à travers leurs différentes activités.

    L'augmentation de la population et la modernisation des moyens de production (qui permet de mettre en valeur plus de terres) ont pour conséquence une rapide augmentation des superficies cultivées et de la compétition foncière qui contribue en elle-même à l'évolution des transactions foncières (ZONGO M., 2011).

    La pression foncière dans les localités du Burkina Faso (autre que la périphérie des grandes villes) avait pour objectif d'accompagner l'engagement successifs des gouvernements successifs depuis la fin des années 90 dans la promotion de l'agro-business à la fois pour viser l'autosuffisance alimentaire mais aussi pour contribuer à la lutte contre la pauvreté en milieu rural (ZONGO M., 2010). Cette forme de pression a certes un impact négatif sur les ressources naturelles à travers l'utilisation des pesticides et autres produits. Mais, les ressources peuvent se renouveler au fil des années, s'il y a de bonnes actions permettant la reconstitution du milieu. Par contre, celle de la périphérie de Ouagadougou ne laisse pas trop de possibilité dans ce sens. La quantité de biomasse disparue est difficilement renouvelable.

    IV. II. L'orientation de la recherche

    Depuis les sécheresses des années 1970 et 1980, il y a eu une forte mobilisation des chercheurs et des gouvernants pour trouver des solutions au changement climatique. À côté de ces catastrophes naturelles subsiste un autre phénomène qui bouleverse la vie des populations. Il s'agit de la dynamique environnementale. Les manifestations fréquentes de cette dynamique sont entre autres la dégradation des sols, de l'eau, de la végétation et la pollution de l'air. Les

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    intervenants du monde rural, notamment, les agriculteurs, les éleveurs, les arboristes assistent fréquemment à la modification de leur milieu. Ce qui les conduits à rechercher quotidiennement des solutions pour en faire face.

    La préoccupation centrale de ces enjeux est de s'interroger sur comment passer d'une agriculture peu productive et grande consommatrice d'espaces et de ressources, à une agriculture durable, plus productive, qui soit elle-même le fondement d'un développement durable. En d'autres termes, il s'agit de comment concilier le prélèvement des ressources naturelles à celui de la gestion durable. Ces questionnements renvoient aux techniques et technologies de productions agropastorales. De façon spécifique, elles font appel à celles liées à la gestion des ressources naturelles, aux conditions d'adoption de ces techniques et technologies, à la mesure de leurs impacts sur les conditions de vie des populations (TOÉ P., 2004).

    Des formes d'adaptation diverses ont émergé et les populations ont survécu, orienté leurs activités, apporté des changements et amélioré leurs revenus familiaux (PALE S., 2012). Des recherches ont été menées sur l'impact de la dynamique environnementale sur le cadre de vie des populations et sur les activités humaines. Aussi, des solutions sont proposées pour permettre à la population de faire face à la dynamique du milieu au Burkina Faso.

    Les paysans tentent autant que possible d'utiliser de nouvelles techniques et méthodes dans les activités agricoles. Cependant, la non maîtrise de ces techniques et technologies conduit le plus souvent à l'effet inverse (la dégradation) sur les terres. Par ailleurs, la pauvreté des populations rurales favorise l'exploitation sans relâche des ressources naturelles pour satisfaire les besoins vitaux. Elles exercent une forte pression sur celles accessibles. Dans un milieu marqué par la pauvreté des ménages, la forte croissance démographique est l'une des importantes causes de la dégradation de l'environnement en général et des ressources naturelles en particulier. Tous ces éléments associés font que les efforts d'adaptation des systèmes de production n'ont pas permis d'endiguer le phénomène de dégradation des ressources naturelles (TOÉ P., op. cit.).

    Les connaissances actuelles sur le climat et sur les activités humaines pourront influencer et orienter les recherches en fonction de la répartition géographique de la population en tenant également compte de la répartition du climat (Nord, Centre et Sud).

    Depuis plusieurs décennies de recherche, les problèmes qui font toujours l'objet d'étude et pouvant être des pistes de réflexion sont entre autres :

    · les causes de la dégradation de l'environnement, en particulier celles des ressources naturelles dans une zone qui jadis bénéficiait d'une pluviométrie suffisante au

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    développement et à la maturation des plantes ; celles-ci sont liées à la pauvreté des paysans et au système cultural ;

    · l'évaluation des terres dégradées dans le domaine soudano-sahélien ;

    · les stratégies développées par les communautés locales pour faciliter la production agricole et assurer la sécurité alimentaire des ménages ;

    · la non maîtrise de certaines techniques culturales ; celles-ci seraient inadaptées aux types de sols et à la topographie du milieu et liées à l'insuffisance d'informations et de formations des populations agricoles ;

    · la forte croissance démographique (3,1 %) dans un contexte de pauvreté des populations entraîne la surexploitation des terres ; celle-ci est liée au fait que la population n'ayant pas de revenus suffisants pour se prendre en charge se voit obliger de puiser dans les ressources disponibles et proches ;

    · les difficultés liées à la subvention des producteurs du monde rural ;

    · les difficultés d'adaptation des outils agricoles au contexte cultural lié à l'épaisseur des sols et la négligence de la régionalisation des types de cultures en fonction des conditions pluviométriques et édaphiques (PALE S., 2012) ;

    Tels sont là quelques problèmes qui ressortent des auteurs lus sur la dynamique environnementale dans le domaine soudano-sahélien. Au regard ces préoccupations, il incombe d'orienter notre réflexion sur le thème « Dynamique environnementale dans la région du centre ouest du Burkina Faso».

    La dynamique environnementale qui sera étudiée dans le cadre de cette recherche regroupe un certain nombre de sujets qui lui confère sa particularité. Elle prendra en compte les phénomènes naturels qui influencent le milieu, les actions anthropiques et la perception paysanne. Elle compte y associer les stratégies développées par les populations dans leur cadre de vie. En effet, dans cette étude, l'analyse des changements intervenus dans le milieu sera faite. Ensuite, la perception paysanne sur la dynamique environnementale va être étudiée. Enfin, nous ferons une évaluation de l'évolution de l'occupation des terres dans cette zone au cours des 30 dernières années. Elle pourra donc déceler les causes, l'ampleur de la dynamique du milieu et de proposer des solutions pour une gestion durable des ressources dans cette partie du Burkina Faso.

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    Conclusion partielle

    Le besoin de posséder des terres attire de plus en plus de personnes (agrobusiness men ou entrepreneurs) vers la périphérie de la ville de Ouagadougou. La pauvreté, un des fléaux exacerbant dans le monde rural amène les paysans à vendre leurs terres pour subvenir à leurs besoins. Bien qu'il y ait des lois montrant la nécessité de protéger les ressources naturelles, les nouveaux acteurs animés par la recherche du profit exploitent conséquemment ces ressources au détriment de leur sauvegarde. Aussi, la population autochtone n'est pas en reste, car elle exerce une forte pression sur le peu de ressources restant. Les différentes formes d'activités humaines telles que l'agriculture extensive sur brûlis, la coupe du bois, l'émondage des arbres et arbustes, l'exploitation de grands domaines pour les infrastructures économiques et sociales, le prélèvement de latérites et des agrégats, contribuent à dégrader les terres. Ces différentes actions sur les ressources naturelles participent à la modification des biotopes, ce qui conduit à la dégradation de la biodiversité, parfois à un rythme accéléré. Ce mode d'usage de la terre va à l'encontre du développement durable et compromet le bien-être, voire la survie des populations. L'inaccessibilité aux ressources est un facteur qui pourrait être source de conflits pour les différentes couches de la population (autochtone, nouveaux acheteurs).

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    CONCLUSION GÉNÉRALE

    Les terres de la province du Kadiogo, en particulier celles situées à la périphérie de la ville de Ouagadougou subissent une pression élevée de la part des populations locales et de celles venues d'ailleurs. À cause de la spéculation foncière, l'accès à cette terre a connu une évolution. En plus de l'accès traditionnel (héritage, don), elle fait l'objet de location et d'achat. En effet, la terre est considérée comme un bien sûr et durable, c'est la raison pour laquelle les personnes nanties veulent la posséder pour développer leurs activités. Ceux qui n'ont pas les moyens et qui veulent cultiver peuvent également la louer auprès des propriétaires terriens. À travers cette étude, nous nous sommes rendu compte qu'en plus des acteurs du foncier rural cités par la loi N°034-2009/AN du 16 juin 2009 portant régime foncier rural, il y a des démarcheurs qui interviennent également dans l'achat et vente des terres. Ces derniers influencent énormément la vente de celles-ci dans la zone d'étude. La première hypothèse selon laquelle l'achat, le legs, le don et la location sont les modalités d'accès à la terre et que les acteurs sont ceux reconnus par la loi N°034-2009/AN du 16 juin 2009 est en partie confirmée.

    Au regard de leur situation économique faible, la population périurbaine de Ouagadougou vend sa terre pour satisfaire ses besoins sociaux. A travers cette vente, elle arrive momentanément à améliorer les conditions de vie et de travail de leurs familles. La deuxième hypothèse qui stipule que la population périurbaine vend la terre pour améliorer ses conditions de vie et de travail est confirmée.

    Dans la mise en oeuvre de leurs activités, les nouveaux acquéreurs ne prennent véritablement pas de précaution pour gérer au mieux les ressources contenues sur leurs parcelles. Ils les détruisent afin de construire leurs infrastructures. Par ailleurs, les paysans qui ont vendu leurs terres n'ont plus suffisamment d'espace pour cultiver. Quelques mois après la vente, ils se retrouvent dans des situations économiques encore plus difficiles. Ces paysans replongent dans la pauvreté, cette fois-ci sans terre cultivable donc plus vulnérables. Certains se retrouvent dépossédés de leurs terres cultivables. Les descendants de ces derniers seront de potentiels migrants à la recherche d'un mieux-être. La troisième hypothèse selon laquelle la dégradation des terres, la réduction des espaces cultivables et l'accentuation de la pauvreté sont les impacts de la privatisation des terres est confirmée. Cela, malgré la reconstitution des espaces acquis par les agrobusiness men et non mis en valeur.

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    Nous avons pu constater à travers cette étude que les populations locales, consciente de la réduction de ses espaces cultivables, mènent parallèlement d'autres activités telles que l'élevage, le commerce, l'artisanat, etc., pour subvenir à leurs besoins. Cela vient confirmer la quatrième hypothèse qui stipule que les paysans développent des stratégies pour répondre aux besoins sociaux de leur ménage.

    La pression foncière dans la périphérie de Ouagadougou est très forte. Cette pression sur les ressources naturelles les dégrade énormément et cause également des dommages à la population.

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    Les citations

    1- « L'environnement réfère donc à une notion globale ; il comprend les écosystèmes, les populations humaines et l'ensemble de leurs composantes qui contribuent à la qualité de la vie » (DA D.E.C., YONKEU S. 2006) cité par OUEDRAOGO J., 2013.

    2- L'Article 6 de la loi N°034-2009/AN du 16 juin 2009 portant régime foncier rural, les acteurs du foncier rural sont : « l'ensemble des personnes ou groupes de personnes physiques ou morales, de droit privé ou de droit public, titulaires de droits sur les terres rurales, soit à titre de propriétaires, de titulaires de droit de jouissance, de possesseurs fonciers, soit encore à titre de simples usagers de la terre rurale ».

    3- « Cette explosion démographique urbaine est due en grande part à l'exode rural massif des « victimes de la sécheresse » encore appelés « réfugiés environnementaux » ou « victimes de la désertification »» (THOMAS & MIDDELTON, 1994, cité par HOUNTONDJI H. Y-C., 2008).

    IX

    ANNEXES

    QUESTIONNAIRE

    Fiche d'enquête N°1

    THÈME : Les conséquences de la privatisation des terres sur la gestion des ressources naturelles, la perception des populations sur la dégradation du milieu et les stratégies développées par ceux-ci pour subvenir aux besoins sociaux et alimentaires de leur famille. Cible : population autochtone

    ;

    1- Date : / /2015; 2- commune : ; 3- Village :

    4- Nom et prénom (s) : ... ; 5- AGE : ; 6- SEXE : a- Masculin ; b- Féminin

    QUESTIONS

    7- Qui êtes-vous dans ce village ? a- autochtone : ; b- allogène :

    8- Quelles activités exercez-vous ?

    a- agriculture : ; b- élevage : ; c- commerce : ; d- autres à préciser

    9- combien d'hectares exploitez-vous pour l'agriculture ou l'élevage ? a- moins de 2 hectares ; b-

    entre 2 et 5 hectares ; c- entre 5 et 7 hectares ; d- entre 7 et 10 hectares ; e-plus de 10
    hectares ;

    10- Comment accède-t-on à la terre dans votre localité ? a- Achat ; b- don ; c-legs ; d- prêt ; e-location .

    11- Quelles sont les contreparties selon le cas ?

    12- Quelles sont les personnes qui peuvent accéder à la terre chez vous ?

    a- fonctionnaires : ; b- commerçants : ; c- autorités politiques et admiratives : ; d- sociétés

    internationales et nationales : ; e- l'État : ; autres à préciser

    13- Les femmes ont-elles accès à la terre ? a- oui ; b- non

    14- Les femmes ont-elles un droit de contrôle sur la vente des terres ? a- oui ; b- non

    15- Combien de francs CFA, couterait la vente d'un hectare de terre ?

    Entre : a- 0-250 000 ; b- 250 000-500 000 ; c- 500 000-750 000 ; d- 750 000-1 000 000 ; e-

    1 000 000-1 250 000 ; f- 1 250 000-1 500 000 ; g - 1 500 000-1 750 000 ; h - 1 750 000- 2 000 000 ; i- plus de 2 000 000 .

    16- Établissez-vous des contrats ou actes de vente ? a- oui ; b- non

    17- Limitez-vous le nombre d'hectares à vendre ? a- oui ; b- non .

    18- Pourquoi vendez-vous la terre ?

    Les problèmes engendrés par la spéculation foncière

    19- Est ce que vos conditions de vie s'améliorent après la vente des terres ?

    a- oui ; b- non ; Si oui, comment ? ; Si non, pourquoi ?

    20- A la longue, votre situation n'empire-t-elle pas ? a- oui ; b- non

    21- Avez-vous des moyens pour compenser la perte de vos terres ? a- oui ; b- non Si oui, lesquels ?

    X

    Les conséquences de la privatisation foncière et la perception sur la dégradation du milieu

    22- Comment évolue la production du céréale ? a- En baisse ; b- à la hausse ; c- constante

    23- Pourquoi est-elle en baisse ?

    24- Si votre production est à la hausse, qu'avez-vous fait ?

    25- Les nouveaux propriétaires terriens gèrent-ils mieux les ressources naturelles ?

    a- oui ; b- non ; Pourquoi ?

    26- Vos enfants auront-ils dans l'avenir des terres pour cultiver ? a- oui ; b- non ;

    Pourquoi

    27- Les nouveaux propriétaires vous viennent-ils en aide ? a- oui ; b- non Si oui, de quelle manière ?

    28-A votre avis, la spéculation foncière dans votre zone constitue-elle une menace en matière de gestion des ressources naturelles ? a. Oui ; b. Non ; Si oui, comment ?

    29- Percevez-vous la dégradation des ressources naturelles ? a. Oui ; b. Non

    30- Que faites-vous pour lutter contre cette dégradation ?

    Activités connexes pour atteindre la sécurité alimentaire

    31- Vos productions suffisent-elles pour nourrir le nombre de personnes que vous avez en charge ? a- oui ; b- non .

    32- Si non, quelles sont les activités que vous menez pour assurer la sécurité alimentaire ? a- élevage ; b- commerce ; c- artisanat ; d- manoeuvre ; autre à préciser :

    33- Pour l'élevage combien d'animaux pouvez-vous vendre par an ? a- la volaille ; b- les petits ruminants ; c- de gros ruminants .

    34- Pour le commerce, l'artisanat ou le manoeuvre, combien de FCFA gagnez-vous par mois ?

    a- commerce ; b- artisanat ; c- manoeuvre .

    35- Bénéficiez-vous de soutien venant des villes ou de l'étranger pour subvenir à vos besoins ? a- oui ; b- non .

    36- Si oui d'où provient ce soutien ? a- aides de parents résidents en ville ; aides de parents émigrés ou résidents à l'étranger .

    37- Combien de Francs CFA recevez-vous de ces personnes par an ?

    Villes du Burkina Faso : a- Moins de 250 000 F CFA ; b- 250 000 et 500 000 F CFA ; c-

    500

    000 et 750 000 ; d- 750

    000 et 1 000

    000 ; e- 1 000 000 et 1 250 000 ; f- 1 250 000 et 1

    750

    000 ; g- 1 750 000 et 2 000

    000 ; h- 2

    000 000 et 5 000 000 ; i- plus de 5 000 000 F CFA

    Extérieur du Burkina Faso : a- Moins de 250 000 F CFA ; b- 250 000 et 500 000 F CFA ; c-

    500

    000 et 750 000 ; d- 750

    000 et 1 000

    000 ; e- 1 000 000 et 1 250 000 ; f- 1 250 000 et 1

    750

    000 ; g- 1 750 000 et 2 000

    000 ; h- 2

    000 000 et 5 000 000 ; i- plus de 5 000 000 F CFA

    XI

    La fiche d'enquête n°2

    CIBLE: les acheteurs de terrains ou les nouveaux acquéreurs

    Sous thème : les différents usages des terres acquises et les techniques utilisées pour gérer les ressources naturelles.

    Date : ; Nom et prénom (s) : ; Age : ; sexe :

    Statut : a- fonctionnaire ou salarié : ; b- commerçants : c- autorités politiques et admiratives : ; d- autres à préciser :

    Guide d'entretien

    1- Comment avez-vous acquis la terre ? Achat ; don ; legs ; prêt ; location .

    2- Quelles sont les contreparties que vous avez données au propriétaire terrien ?

    3- Combien d'hectares exploitez-vous ?

    4- Quel est le coût d'achat d'un hectare ?

    Entre a- 0- 100 000 ; b- 100 000-300 000 ; c- 300 000-600 000 ; d-600 000-800 000 ;

    e- 800 000-1 000 000 ; f-1 000 000-1 300 000 ; g-1 300 000-1 600 000 ; h-1 600
    000-1 800 000 ;

    i-1 800 000-2 000 000 ; j-plus de 2 000 000 .

    5- Quel est l'usage du terrain que vous achetez ?

    6- Êtes-vous soumis à un cahier de charges ? Oui ; non

    7- si oui, quelles sont les closes de celui-ci en matière de gestion des ressources naturelles ?

    8- si non, comment comptez-vous faire pour que l'exploitation ne dégrade pas les ressources naturelles, les terrains ?

    10- Quel type de rapports entretenez-vous avec les propriétaires terriens ?

    11- Faites-vous des réalisations sociales pour les propriétaires terriens ou paysans ? Oui ; Non .

    12- si oui, lesquelles ?

    13- Avez-vous prévu des actions pour restaurer les ressources dégradées ? Oui ; Non ; Si oui, quelles sont ces actions ?

    XII

    La fiche d'enquête n°3

    CIBLE : les autorités coutumières et les responsables des paysans

    Sous thème : la perception des paysans ou ruraux sur les enjeux fonciers face à la dynamique

    du milieu.

    Date :... ; Nom et prénom (s) : ... ; Age : ; sexe : a- Masculin ; b- Féminin

    Guide d'entretien

    1- Quelles sont les conditions d'accès à la terre ?

    a- Pour un autochtone :

    Femme : Homme :

    b- Pour un migrant :

    2- Qui a le droit de donner la terre ou de le retirer ?

    3- Quels sont les interdits liés à l'accès à la terre ?

    4- Y-a-t-il une forte demande de la terre ? Oui D ; Non D Si oui arrivez-vous à les satisfaire ?

    5- Quelles sont les règles qu'il faut respecter avant de venir acheter la terre chez vous ?

    6- Quelles sont les étapes que le propriétaire terrien doit suivre pour vendre sa portion de terre ?

    7- Y-a-t-il un nombre d'hectares à ne pas dépasser ? Oui D non D

    8- Y-a-t-il une différence entre la gestion actuelle de la terre et celle d'avant ? Oui D ; Non D Si oui lesquelles ?

    9- Quels sont les différents usages que les nouveaux acquéreurs font de la terre ?

    10- Les nouveaux acquéreurs ont-ils l'obligation de mieux gérer les ressources naturelles contenues sur leur terrain ?

    11- Que pensez-vous de la manière dont ils gèrent ces ressources ?

    12- Quelles sont les réalisations sociales dont vous bénéficiez de la part des nouveaux acquéreurs ?

    XIII

    La fiche d'enquête n°4

    Public cible : les autorités administratives

    Sous thème : les enjeux de la spéculation foncière dans la province du Kadiogo.

    Date :... ; Nom et prénom (s) : ; Fonction :

    Gide d'entretien

    1- Qui sont les acteurs du foncier rural dans la province du Kadiogo ?

    2-

    ; non

    Les achats et ventes de terrains aux alentours de la ville sont-ils conforment à la réglementation ? Oui

    3- Y-a-t-il des superficies à ne pas dépasser ? Oui ; non Si oui, combien d'hectares ne doit-on pas dépasser ?

    4- Quels sont les différents usages de ces terrains ?

    5- Quels sont les actes que vous délivrez aux nouveaux acquéreurs ?

    6- Quels sont les actes demandés pour la délivrance d'un titre foncier ?

    7- Y-a-t-il un cahier de charge (notamment sur la gestion des ressources naturelles) que les

    acquéreurs de terrains doivent respecter ? Oui ; non
    Si oui, quelles sont leurs obligations en la matière ?

    8- Quelles sont les mesures qu'on peut prendre pour celui qui ne respecte pas ces closes ?

    9- Les nouveaux acquéreurs ont-t-ils l'obligation de mieux gérer les ressources naturelles contenues sur leur terrain ?

    10- Que pensez-vous de la manière dont il gère ces ressources ?

    11- Selon vous, quels sont les problèmes posés par la spéculation foncière sur la gestion des ressources naturelles ?

    XIV

    TABLE DES ILLUSTRATIONS

    Liste des tableaux

    Tableau I : la grille d'analyse des données 11

    Tableau II: la dynamique de l'occupation des terres de 1986 à 2014 55

    Tableau III : la dynamique spatiale de l'occupation des terres de 1986 à 1995 en (%) 62

    Tableau IV : la dynamique spatiale de l'occupation des terres de 1995 à 2014 en (%) 63

    Tableau V : la dynamique spatiale de l'occupation des terres de 1986 à 2014 en (%) 64

    Liste des figures

    Figure n°1 : la proportion des superficies des terres exploitées par les paysans 45

    Figure n°2 : les prix de vente d'un hectare de terrain en zone périurbaine 47

    Figure n°3 : la répartition des activités connexes 52

    Figure n°4 : la répartition du revenu annuel de l'élevage 54

    Liste des cartes

    Carte n°1 : la localisation de la zone d'étude 27

    Carte n° 2 : l'occupation des terres de 1986, de 1995 et de 2014 58

    Liste des photos

    Photos 1, 2, 3 et 4 : les moyens utilisés par les agrobusiness men pour délimiter leurs terrains42

    Photo 5 : des arbres déracinés pour ériger une cité 49

    Photo 6 : des tas de sables ramassés par les femmes et enfants à Zagtouli 53

    Photo 7 : des engins lourds utilisés dans les travaux de terrassement à Zagtouli 68

    XV

    TABLE DES MATIÈRES

    SOMMAIRE II

    DÉDICACE III

    REMERCIEMENTS IV

    SIGLES ET ABRÉVIATIONS V

    RÉSUMÉ VII

    ABSTRACT VIII

    INTRODUCTION GÉNÉRALE 1

    PREMIÈRE PARTIE : LE CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE DE

    L'ÉTUDE 4

    Introduction partielle 4

    CHAPITRE I : LE CADRE THÉORIQUE DE L'ÉTUDE 5

    I. I. La problématique 5

    I. I. 1. Le contexte de l'étude 5

    I. I. 2. Les questions de la recherche 9

    I. II. Les hypothèses et les objectifs de la recherche 9

    I. II. 1. Les hypothèses 9

    I. II. 2. Les objectifs 10

    I. III. La revue de littérature 10

    I. III. 1. La grille d'analyse des données 10

    I. III. 2. La recherche documentaire 11

    I. III. 3. La synthèse des documents 12

    I. III. 4. La clarification et les précisions conceptuelles 16

    CHAPITRE II : LE CADRE GÉOGRAPHIQUE ET L'APPROCHE

    MÉTHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE 26

    II. I. Le cadre géographique de l'étude 26

    II. I. 1. Le milieu physique 26

    II. I. 1.1. La zone d'étude 26

    II. I. 1.2. Le relief et la structure géologie 28

    II. I. 1.3. Les sols 28

    II. I. 1.4. La végétation 29

    II. I. 1.5. Le climat 29

    II. I. 1.6. Le réseau hydrographique 30

    II. I. 2. Le milieu humain 30

    II. I. 2.1. La population 30

    II. I. 2.2. Les activités socio-économiques 31

    II. I. 2.2.1. L'agriculture 31

    II. I. 2.2.2. L'élevage 31

    II. I. 2.2.3. Le commerce 32

    II. I. 2.2.4. L'artisanat 32

    II. I. 3. La justification du choix du site 33

    II. II- La méthodologie de la recherche 33

    II. II. 1. Le cadre opératoire par hypothèse 34

    II. II. 2. Le matériel et les outils de collecte des données 35

    II. II. 3. La collecte des données 35

    II. II. 3. 1. La collecte des données secondaires 35

    XVI

    II. II. 3. 2. La collecte des données primaires 36

    II.II. 3. 2. 1. Le questionnaire 36

    II. II. 3. 2. 2. Le guide 36

    II. II. 4. Le traitement des données 37

    II. II. 5. L'analyse des données 37

    Conclusion partielle 38

    DEUXIÈME PARTIE : LA PRÉSENTATION ET LA DISCUSSION DES

    RÉSULTATS DE LA RECHERCHE 39

    Introduction partielle 39

    CHAPITRE III : LA PRÉSENTATION DES RÉSULTATS DE LA RECHERCHE 40

    III. I. Les modalités d'accès à la terre, les acteurs et les causes de la vente des terres dans la

    périphérie de Ouagadougou 40

    III. I. 1. Les modalités d'accès à la terre 40

    III. I. 2. Les acteurs du foncier rural dans la province du Kadiogo 43

    III. I. 2.1. Les propriétaires terriens coutumiers 43

    III. I. 2.2. Les acheteurs de terrains 43

    III. I. 2.3. Les autorités administratives 44

    III. I. 2.4. Les démarcheurs 44

    III. I. 3. Les superficies des terres exploitées par les paysans 44

    III. I. 4. L'accessibilité des femmes et leur droit de contrôle sur la vente des terres 45

    III. I. 5. Le prix de vente des terres et l'établissement des documents 46

    III. I. 6. Les causes de la vente des terres dans la zone d'étude 47

    III. II. Les impacts de la privatisation des terres sur la gestion des ressources naturelles dans la

    zone d'étude 48

    III. II. 1. Les aspects écologiques 48

    III. II. 1. 1. La gestion paysanne des ressources naturelles 48

    III. II. 1. 2. La perception paysanne sur la gestion des agrobusiness men ou nouveaux acquéreurs 48

    III. II. 1. 2. La perception paysanne sur la gestion durable des terres 49

    III. II. 2. Les aspects socio-économiques 50

    III. II. 2. 1. La vente des terres et l'amélioration des conditions de vie des populations 50

    III. II. 2. 2. La perception paysanne sur les conséquences de la privatisation foncière 51

    III. III. Les stratégies développées par les paysans pour répondre aux besoins sociaux de leurs

    ménages 51

    III. III. 1. Les activités connexes 51

    III. III. 2. Les ressources financières issues des activités connexes 53

    III. III. 3. Les soutiens financiers 54

    III. IV. La dynamique de l'occupation des terres 54

    III. IV. 1. L'occupation des terres en 1986, 1995 et 2014 55

    III. IV. 1. 1. La situation en 1986 55

    III. IV. 1. 2. La situation en 1995 56

    III. IV. 1. 3. La situation en 2014 56

    III. IV. 2. L'évaluation de la dynamique de l'occupation des terres entre 1986 et 2014 59

    III. IV. 3. La typologie et la répartition spatiale des changements intervenus 62

    CHAPITRE IV : LA DISCUSSION DES RÉSULTATS ET L'ORIENTATION DE LA

    RECHERCHE 65

    IV. I. La discussion des résultats de la recherche 65

    IV. I. 1. La pression foncière et la gestion des ressources naturelles 65

    IV. I.1.1. La dégradation et la disparition de la biodiversité 65

    XVII

    IV. I.1.2. La dégradation des sols et des eaux 66

    IV. I.1.3. La perte des espaces cultivables et l'accentuation de la pauvreté 68

    IV. I.1.4. Les conflits fonciers 69

    IV. I.1.5. L'insécurité alimentaire 71

    IV. I. 2. La pression foncière dans l'interface Ouagadougou Tanghin-Dassouri 71

    IV. II. L'orientation de la recherche 72

    Conclusion partielle 75

    CONCLUSION GÉNÉRALE 76

    BIBLIOGRAPHIE 78

    ANNEXES IX

    QUESTIONNAIRE IX

    TABLE DES ILLUSTRATIONS XIV

    Liste des tableaux XIV

    Liste des figures XIV

    Liste des cartes XIV

    Liste des photos XIV

    TABLE DES MATIÈRES XV






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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery