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Chambre d'isolement : du point de vue des patients. Impact d'un temps d'élaboration sur le vécu des patients après un séjour en chambre d'isolement dans une unité d'hospitalisation de psychiatrie adulte


par Charlotte Mouillerac
Université Paris 8 - Master 1 psychologie clinique et psychopathologie 2007
  

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7.2 VIOLENCE DE L'INSTITUTION

Aujourd'hui encore, la psychiatrie reste partagée entre un idéal de soin et une fonction de contrôle social.

L'institution psychiatrique prend totalement en charge le patient. L'important est que des relations diversifiées et soignantes (parfois médiatisées) puissent se nouer, en respectant l'individualité du patient qui ne doit pas se sentir envahi ou oppressé.

C'est souvent davantage le désir des soignants que celui des patients qui est moteur. La psychose s'accompagne d'une anosognosie qui complique la relation de soins. Il faut beaucoup de temps et de confiance pour que le désir du patient émerge et qu'il prenne en charge son propre suivi. Une grand part des soins, surtout dans les premiers temps, se fait sous contrainte, ou du moins sans que le patient ne participe pleinement aux décisions le concernant.

Un malade hospitalisé n'a pas la possibilité de refuser un traitement imposé, comme c'est par exemple le cas aux USA. Et il n'est pas rare que les soignants doivent avoir recours à l'intimidation ou à la force pour faire prendre un traitement à un patient qui le refuse.

De la même façon, les mises en CI se passent souvent avec appel de renforts.

L'opposition passive ou active des patients, le manque de moyens, les rechutes fréquentes, l'absence de solutions d'hébergement et de soins de suite, les insultes fréquentes, le manque de reconnaissance sociale, rendent la tâche des soignants difficile et peuvent parfois conduire à des mouvements d'humeur ou de découragement qui compliquent encore la relation.

Même en dehors des hospitalisations sous contrainte, le patient a-t-il réellement le choix du traitement, des activités thérapeutiques (quand il y en a), du suivi extra hospitalier, du projet de vie, de l'hébergement... ?

La sectorisation impose une unité, un médecin, des infirmiers, un psychologue référents, sans qu'il soit possible d'en changer, même en cas de mésentente. Les plaintes du patient à ce propos seront vraisemblablement interprétées comme découlant de son transfert ou d'un délire de persécution.

Le patient a dans les faits besoin des autres mais cette dépendance forcée peut occasionner des mouvements de rapproché dangereux, dans lesquels la bonne distance ne se découvre qu'au fil d'essais et échecs successifs.

Devenir soudain dépendant, perdre le contrôle de sa vie, avoir le sentiment de ne plus être considéré comme un sujet... tous ces sentiments sont dramatiques pour un jeune qui décompense alors qu'il commençait sa vie d'adulte. Le risque est toujours de déclencher un passage à l'acte violent, dans une tentative de reprise de contrôle.

Le patient oscille entre l'angoisse d'intrusion et l'angoisse d'abandon, qui toutes deux constituent des facteurs de risque en matière de passage à l'acte violent.

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