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Chambre d'isolement : du point de vue des patients. Impact d'un temps d'élaboration sur le vécu des patients après un séjour en chambre d'isolement dans une unité d'hospitalisation de psychiatrie adulte


par Charlotte Mouillerac
Université Paris 8 - Master 1 psychologie clinique et psychopathologie 2007
  

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1.1.2 ENTRETIEN A

Le patient A a été isolé 1 jour à Saint-Exupéry au début de l'année 2007.

Il s'agit d'un patient de 33 ans hospitalisé de longue date dans l'unité pour une schizophrénie. Il présente une symptomatologie principalement négative, avec des troubles du langage et une désorganisation du comportement. On retrouve aussi des perceptions corporelles étranges.

L'isolement a été décidé en réponse à une inquiétude de l'équipe face à des propos dépressifs et énigmatiques : « Surveillez-moi bien, parce que j'ai un mauvais pressentiment ». Peu avant cela, le patient avait eu un épisode d'exhibition devant une infirmière qui avait donné lieu à un recadrage du médecin chef.

Il a donc été informé par le médecin de l'unité de la décision d'isolement dont il faisait l'objet et il a donné son accord.

Il a accepté la décision en disant : « s'il faut que vous soyez aux petits soins avec moi... ».

Les indications d'isolement étaient alors les suivantes :

- Dissociation, déstructuration

Le patient n'est resté en CI qu'un seul jour, ce qui est une durée exceptionnellement courte dans l'unité, pour laisser ensuite la place à un patient qui nécessitait un isolement en urgence.

Le jour même était prévue une réunion d'analyse de la pratique avec un intervenant extérieur (psychanalyste), qui a été consacrée à ce patient. La sortie du patient de CI a pu se faire avec sérénité.

Il n'y a pas eu d'entretien de recueil du vécu après ce séjour, mais il y en avait eu un lors d'un précédent isolement. Le discours y avait été critique : « J'ai fait l'idiot ». Il avait reconnu une surenchère de son comportement, se trouvait trop têtu. Le séjour était jugé positif. Il lui avait permis de prendre du recul, de faire une pause. Il disait avoir besoin de limites. Il était calme et posé mais dissocié. Le discours restait confus et désorganisé.

Au moment de l'entretien de recherche,

Cet entretien a été proposé 15 jours auparavant au cours d'un entretien hebdomadaire mené par le psychologue en l'absence du médecin. Ces entretiens sont habituellement menés conjointement par le psychologue et le médecin.

Le patient a d'abord accepté de participer puis a changé d'avis quand le psychologue lui a rappelé l'entretien de recueil du vécu qu'ils avaient eu à sa sortie de CI.

Il a ensuite renouvelé vigoureusement son refus le lendemain au tour devant le médecin.

J'ai ensuite plusieurs fois eu l'occasion de croiser le patient dans les couloirs, où il montrait une plus grande réserve à mon égard.

J'ai également pu le rencontrer deux fois dans un groupe médiatisé, où nous avons progressivement pu nous "ré-apprivoiser" mutuellement, sans que jamais je ne ré-aborde la question.

L'après midi suivant la deuxième séance de ce groupe, il m'a abordée dans le couloir en me demandant : « on en parle de la CI ? ». J'ai donc aussitôt organisé cet entretien.

Au cours de l'entretien, il répond de manière fluide, tout en contrôlant ce que je note ou pas.

Il y a des choses que je ne dois pas noter, d'autres pour lesquelles au contraire il faut que je note.

Vers la 14ème question, il est fatigué et manque de s'arrêter.

Il reste bien concentré sur le thème, ne fait pas de digressions.

Il prend soin de moi, remarque qu'il me faut écrire vite. Il est aussi sensible à l'humour, qui lui permet d'arriver au bout malgré la fatigue.

Son discours n'est pas trop hermétique, alors qu'il peut l'être parfois au point de devenir incompréhensible.

On le sent en confiance avec l'unité et le médecin: « C'est elle qui sait ».

Il reste cependant méfiant envers le psychologue qu'il soupçonne d'essayer de le piéger et de lire dans sa tête à son insu. Mais il relativise, disant que c'est peut-être nécessaire.

Il se repère mal dans le temps, il ne sait plus très bien situer cette période d'isolement.

Il ne remet pas en question la décision médicale, même s'il n'est pas capable d'expliciter les raisons qui l'ont conduit à être isolé. C'était « pour de bonnes raisons ».

CLASSEMENT DES PROPOSITIONS PAR CATÉGORIES

A- Ressenti

Apaisement calmé à fond et ça suffit

Solitude, chaleur des visites des soignants content de voir du monde / chaud au coeur /

les visites du docteur, c'est chaleureux /

on vient prendre de vos nouvelles / ça amène quelque chose de bon

Désorientation spatio-temporelle surpris par l'heure qu'il est

Ennui, temps long ennui / le temps surtout au début

Impression de bénéfique mais imagination

Rassurant, sensation de cocooning ça berce / ça passe doucement /

impression qu'on prend bien soin de vous

Reposant, calme reposant

B- Soin intensif

Absence de cigarettes : isolement des cigarettes

Absence de stimulations : On est à l'abri du bruit extérieur

Attention des soignants : présence du docteur assez souvent

Cocooning : on est cocooné

Environnement simplifié: C'est statique, c'est plein. C'est un environnement sain - ou simple

température régulée, toilette, simplicité. On simplifie la vie

Concertation : Parole mais surtout concertation

C- Utilité

A améliorer la relation aux soignants : plus proche

A calmer : les patients sont moins stressés

A changer : on sort transformé

A faire le point : ça permet de s'interroger sur son comportement et d'y remédier

A moins fumer : les patients fument moins

A arrêter quand ça dérape : quand il y a un comportement déplacé

A trouver un bon dosage : on revoit les médicaments et ça donne un résultat, mieux en général

A évaluer : elle fait un bilan des jours qui passent

D- Temps de parole

A qui Non. J'en ai parlé au docteur, au psychologue, aux infirmiers

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