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les problèmes fonciers en zone de front pionnier agricole: cas de Dèrègouè dans la province de la Comoé

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par Sihé NEYA
Université de Ouagadougou - URF/SH - département de géographie - Maîtrise 2006
  

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CHAPITRE II : LE MILIEU HUMAIN

Ce chapitre traite de la dynamique du peuplement, de l'organisation sociale et des activités économiques de la zone d'étude.

2.1. LE PEUPLEMENT DE LA ZONE D'ETUDE

Il est nécessaire de faire référence à l'histoire du peuplement du site de Dèrègouè pour mieux appréhender ses caractéristiques humaines actuelles. Le peuplement de ce village s'est fait par vagues successives et a débuté avec le groupe ethnique tiéfo portant le patronyme « Ouattara ». Cependant, la paternité de Dèrègouè est un sujet à polémique entre les différents lignages de ce groupe.

2.1.1. L'historique de la fondation de Dèrègouè

Selon les informations relatives au peuplement de Dèrègouè, il ressort que les Tiéfo sont les fondateurs du village. Les recherches de Malo Houodié (2005) dans la zone révèlent que « les détenteurs actuels des maîtrises territoriales des villages de (...), Dèrègouè, Sidéradougou sont des Tiéfo (...). Les Tiéfo auraient vécu dans la région de Kong avant de s'installer dans l'actuelle province de la Comoé. Ils formèrent de petits villages comme Gouandougou, Noumoundara le long de leurs parcours ». Cependant, l'historique du père fondateur du village fait l'objet de nombreuses controverses. En fait, le nom du fondateur du village ne fait pas l'unanimité entre les lignages autochtones ; d'où la narration de récits divergents.

Selon le chef du village (Dougoutigui), « c'est Ouattara Amoro qui est le fondateur de Dèrègouè ». Ce dernier serait un chasseur originaire du village de Gouandougou. « L'actuel Dèrègouè était son lieu de chasse .... Il faisait des vas et viens entre Gouandougou et Dèrègouè à la recherche de gibiers. S'étant habitué et ayant apprécié le lieu, il décida d'y rester définitivement. C'est ainsi qu'il baptisa le village « Derpien » (qui signifierait en langue tiéfo « je m'y suis habitué) » et fit venir sa mère Matogoma et ses frères qui résidaient à Gouandougou ».

Une deuxième version, contraire à la précédente et narrée cette fois par le « Batigui » (chef des eaux) affirmerait que « c'est Sawari (ancêtre du lignage se réclamant du Balankanafêsso) qui est le fondateur de Dèrègouè. Quand il est arrivé ici (allusion faite au site), il n' y' avait personne. En son temps, il y 'avait de la viande (allusion faite aux animaux sauvages) et tout le lieu était la brousse. Il l'apprécia, décida d'y élire domicile et le baptisa « Derkpin », qui signifierait « il m'a maintenu ».

Le lignage du chef de village et du chef des eaux sont les deux grands lignages propriétaires terriens de la zone. Bien qu'ils soient tous des Tiéfo portant le même patronyme, ces derniers ne s'accordent pas sur le nom du père fondateur du village, chacun se réclamant la paternité. En effet, selon S. B, un dioula assimilé au Tiéfo par matrilignage, « les descendants de Sawari sont venus de Dramandougou et ceux de Ouattara Amoro, de Gouandougou. Mais tous sont originaires de Kong. Il serait difficile de dire qui est-ce qui se serait-il installé en premier ». Pour Mr D., ATAS de la zone « les deux lignages (les descendants de Sawari et ceux de Amoro) se disputent la paternité du village. Chacun affirme que c'est son ancêtre qui est le premier à s'être installé. Or, il paraîtrait que ces deux étaient tous des chasseurs qui avaient comme site de chasse Dèrègouè. Mais leurs tentes étaient situées de part et d'autre de la colline, raison pour laquelle nul n'était au courant de la présence de l'autre. Un jour, l'un vit une flamme, il s'approcha et constata une autre présence humaine. Et comme chacun affirmait qu'il était le premier sur le site, ils décidèrent ensemble de se partager les pouvoirs du village. Ainsi les descendants d'Amoro et de Sawari ont respectivement à leur charge la gestion du « Dougou » (village et le fétiche protecteur du village) et du « Ba » (actuel rivière Koba et ses affluents) ».

Selon la famille du chef de terre de Kounbrigban, faisant partie de la descendance d'Amoro, « les descendants de Sawari et d'Amoro sont des cousins. Mais, ce sujet est un sacré dans le village. Au fait, les deux étaient dans le village et la femme de Sawari décéda. Amoro décida alors de donner sa fille comme épouse à Sawari afin qu'il puisse assurer une progéniture. Mais, cette alliance devait rester sacrée. On ne devrait pas en parler. C'est parce qu'aujourd'hui il y' a l'argent dans la terre, chacun se réclame la paternité du village ».

Loin de nous l'intention de jouer le rôle de juge sur cette question, raison pour laquelle nous avons faire usage du temps conditionnel pour évoquer la polémique qui règne autour de l'histoire de la paternité de notre zone d'étude. Cependant, l'unanimité des populations sur cette question est que ce sont les Ouattara de l'ethnie tiéfo qui sont les premiers occupants du

site, par conséquent propriétaires terriens coutumiers de la zone. Cette polémique autour de l'histoire du premier fondateur de Dèrègouè est l'une des raisons principales de son partage en trois grands territoires coutumiers: « Dougoutiguifêsso », « Balankanafêsso » et « Missifêsso ». Après s'être installés, les Tiéfo ont été suivis par les Dioula, avec qui ils forment le groupe autochtone. Tous comme les tiéfo, ils seraient originaires de Kong et s'y seraient installés entre le 18 et 1 9ème . Ceux-ci portent les patronymes suivants Diawara; Sanogo et Touré. Ils et sont les pionniers de l'islamisation de la zone.

Cependant, à partir des années 1970 on assiste à des vagues de migration en direction de la zone d'étude dont l'objectif principal est la recherche de terres et de pâturages.

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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore