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La presse écrite algérienne en Île de France: lectures et identité

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par Ahmed HANIFI
UNiversité Paris VIII - DEA de Sociologie 1996
  

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9 LES REACTIONS

Les réactions face à l'entretien sont assez significatives pour ne pas les noter. Elles n'émanent pas de l'ensemble des interviewés. Certains posent des préalables à la tenue de l'entretien, comme le locuteur Q qui, à 24 ans a "passé la moitié de (sa) vie" en hôpital, essentiellement dans Paris. Il tient à raconter cette partie de sa vie avant d'enregistrer ("Je vais d'abord vous dire quelque chose avant d'enregistrer"). Il le fait durant 15 minutes.

L'interviewé V quant à lui, avant de tenter une demande d'asile politique en France, a fait une première tentative en Allemagne, qui fut un échec. A un moment de l'entretien il s'arrête de parler, montre du doigt l'appareil afin d'en suspendre l'enregistrement. Nous lui faisons signe de continuer et comme pour vouloir marquer le caractère "hors objet" de son intervention il dit en arabe : «Nahki ? Nahki ?" I je peux raconter ? I. Raconter son passage furtif en Allemagne.

1- R.QUIVY, L.V.CAMPENHOUDT. Manuel de recherches en sciences sociales. Paris : DUNOD, 1995, p197

3.3.4 TRANSCRIPTION ET ANALYSE

La transcription des entretiens s'est faite sur des feuilles préalablement compartimentées (voir bordereau de transcription T 15).

- une partie réservée à la codification de l'entretien (et aux conditions du recueil).

- une partie réservée au talon sociologique (et pagination).

- le discours lui-même.

- les thèmes.

Nous avons dû faire face à un certain nombre de difficultés.

a-Des difficultés liées au discours sont relevées :

difficultés par endroit d'interpréter le sens donné par le

locuteur à son discours, à la polysémie des mots. Même si

le plus souvent la cla rification intervient par de recoupements.

Exemple, D : " Avoir des informations sur le pays c'est tout. Pour moi c'est ça. Surtout parce que les gens ont de la famille. Surtout que la plupart de ces gens là qui sont là sont des anciens et donc sont venus un peu de l'extérieur d'Alger. Pour la plupart je parle. C'est juste à la fin de l'immigration qu'il y avait ce cas des gens de la capitale. C'était beaucoup plus commercial hein. Ce qui a fait la floraison des fameux imports / exports mais avant, c'est ça la grosse population, c'est ça".

b-Difficultés liées à la construction du discours du locuteur.

Discours par endroit stéréotypé, construit.

Exemple, S : « Je suis pas heureux à Paris...j'ai émigré à Paris. Alors question...est-ce que je rationalise, optimise le parcours de mes parents ? (...) Peut-être en continuant vers le nord (...) bon moi ce que je raconte il faut quand même...Il y a beaucoup d'humour là dedans, même si c'est très sérieux...ya...ya quand même beaucoup d'humour. D'une certaine manière donc si j'ai un enfant...il devrait être logiquement...à un niveau socialement, logiquement il devrait être quelque chose comme...comme cadre sup., enfin quelque chose comme ça. Puisqu'il y a quand même une ascension sociale logiquement. (...)

Et donc ça ça rentre un peu dans ce que...peut-être dans ce que tu cherches...quels rapports et tout ça".

Après la transcription (fastidieuse) des discours : trois heures et 30 minutes environ pour chaque transcription, nous avons « débroussaillé c'est-à-dire procédé à une lecture flottante entretien par entretien pour souligner ce qui apparaît au premier abord.

Les extraits sont légèrement dépouillés (interjections..). Les points de suspension indiquent un silence. Les points de suspension entre parenthèses indiquent des interventions du locuteur non retenues. Les indications entre crochets sont nôtres.

BOURDIEU écrit: " Le procès verbal du discours recueilli que produit l'auteur de la transcription est soumis à deux ensembles de contraintes souvent difficiles à concilier : les contraintes de fidélité à tout ce qui s'est manifesté pendant l'entretien, et qui ne se réduit pas à ce qui est réellement enregistré sur la bande magnétique, porteraient à tenter de restituer au discours tout ce dont le passage à l'écrit et les outils ordinaires de la ponctuation, très faibles et très pauvres, tendent à le dépouiller, et qui font, bien souvent, tout son sens et son intérêt, mais les contraintes de lisibilité qui se définissent en relation avec des destinataires potentiels aux attentes et aux compétences très diverses interdisent la publication d'une transcription phonétique assortie des notes nécessaires pour restituer tout ce qui est perdu dans le passage de l'oral à l'écrit. "1

Nous avons ensuite procédé à un inventaire des rubriques thématiques apparues dans les discours.

Certains étant plus étoffés que d'autres nous avons du lire une seconde fois l'ensemble des entretiens pour nous assurer que des rubriques ne nous ont pas échappées dans certains entretiens (lecture contrôle).

Blocs-espaces :

Nous avons ensuite mis en place deux blocs de rubriques et thèmes.

Dans le premier l'espace des lectures possibles reprenant l'ensemble du discours véhiculé par le locuteur par rapport à la presse même.

Dans le second figure l'espace des lecteurs possibles qui reprend des propriétés du lecteur ainsi que sa trajectoire.

1-P.BOURDIEU. La misère...Op.cit.p921.

Nous avons obtenu du corpus les rubriques et thèmes suivants :

Le Talon Sociologique

1- l'espace des lectures possibles

1.1- Le rapport à la presse écrite algérienne

1.2 -le rapport aux autres médias

2- l'espace des lecteurs possibles

2.1- le rapport au pays

2.2- le rapport au quotidien en France.

Fiche thématique :

A chaque fiche correspond un thème. Cette fiche est elle même compartimentée ainsi : (voir fiche thématique/rubrique, Tableau T 16.)

première partie : nom et code du thème.

2° partie : code de l'entretien.

3° partie : numéro de la page du bordereau de transcription correspondant à l'unité de contexte.

4° partie : les unités de contexte.

5° partie : il s'agit de la spécification (ou unité d'enregistrement) apparue dans les unités de contexte.

Fiche spécifications :

Nous avons ensuite éclaté chaque thème en spécifications afférentes (ou unités d'enregistrement). Y sont notés de même les codes des entretiens ainsi que les codes des unités de contextes correspondantes (voir fiche spécifications, Tableau T 17).

Chaque locuteur ayant une position précise par rapport à la spécification, un signe indicatif lui est attribué :

+ le locuteur est en accord avec la formulation de la spécification.

- le locuteur est en désaccord

= le locuteur est neutre.

Il n'est rien inscrit lorsque le locuteur ne fait pas ou très peu référence

à la spécification concernée.

Nous avons aussi porté la date d'arrivée de l'interviewé en France (ce rajout est intervenu après avoir procédé à une première analyse des discours.

Nous avons retenu pour l'analyse de notre corpus deux phases : La première, analyse de contenu et la seconde élaboration d'une typologie. Phases précédées d'indications sur la transcription.

Parmi les différents types d'analyse de contenu nous avons opté pour une analyse thématique.

" Faire une analyse thématique consiste à repérer des noyaux de sens qui composent la communication et dont la présence ou la fréquence d'apparition pourront signifier quelque chose pour l'objectif analytique choisi."1

Nous avons procédé à la ventilation des dires dans des rubriques portant sur la presse elle-même et dans des rubriques sur la trajectoire du locuteur.

" La technique consiste à ventiler les différents éléments dans les divers casiers selon des critères susceptibles de faire surgir un sens en ordonnant le désordre initial. Tout dépend bien entendu au moment du choix des critères de répartition de ce que l'on cherche ou de ce que l'on espère trouver."2

Nous avons quant à nous aussi bien travaillé sur l'apparition des thèmes que sur leur absence. Donc analyse transversale mais aussi analyse verticale. Extraits d'entretiens pris isolément compte tenu du degré de pertinence des dires.

" La notion de thème, largement utilisée en analyse thématique, est propre à l'analyse de contenu. BERELSON définissait le thème comme Une affirmation sur un sujet c'est à dire une phrase ou une phrase composée, habituellement un résumé ou une phrase condensée, sous laquelle un vaste ensemble de formulations singulières peuvent être affectées.

1-L. BARDIN. L'analyse de contenu. Paris : PUF, 1993, p137.

2-A. BARDIN. Ibid.p41

" En fait, le thème est l'unité de signification qui se dégage naturellement d'un texte analysé selon certains critères relatifs à la théorie qui guide la lecture ».1

Nous avons rencontré lors de l'analyse, des difficultés liées à la mise en place de l'ossature de la grille d'analyse.

Nous avons du revenir à plusieurs reprises pour distinguer clairement les rubriques, les unes par rapport aux autres, celles-ci initialement se " télescopant ". (Problème de l'exclusivité). V.ISAMBERT-JAMATI écrit à ce propos :

" Nous avons bien entendu établi nos catégories d'interprétation de sorte qu'elles soient distinctes. Celles qui ne le seraient pas nous seraient de peu d'utilité (...). La question des frontières est particulièrement délicate dans une analyse de contenu, notamment dans une analyse de type thématique "2, et M.GRAWITZ : " Le choix des catégories représente la démarche essentielle de l'analyse de contenu. Celles-ci font lien entre l'objectif de la recherche et les résultats (...). Elles doivent être exhaustives, c'est à dire que l'ensemble du contenu que l'on a décidé de classer doit l'être en entier. Exclusives : les mêmes éléments ne doivent pas pouvoir appartenir à plusieurs catégories (...). Objectives : les caractéristiques de la catégorie doivent suffisamment être claires (...). Pertinentes : en rapport à la fois avec l'objectif poursuivi et le contenu que l'on traite." 3

R.MUCCHIELLI : " Une catégorie est à un niveau de généralité variable : elle peut être à ras du signifié qu'elle nomme, et dans ce cas, elle a perdu sa valeur de catégorie générale. Elle peut être au contraire tellement générale qu'elle n'a plus d'intérêt pour l'exploitation ultérieure du contenu.

L'opérateur doit décider du niveau de généralité de ses catégories de façon à ce qu'elles soient « intéressantes pour ses objectifs (BERELSON). Coder une unité d'enregistrement c'est l'affecter à une catégorie ".4

1-L. BARDIN. Ibid.p136.

2-V. ISAMBERT-JAMATI. Crises de la société, crises de l'enseignement. Paris : PUF, 1970, p27.

3-M.GRAWITZ. Méthodes des sciences sociales. Paris : DALLOZ, 1993, p544.

4-R.MUCCHIELLI. L'analyse de contenu. Paris : ESF, p34.

4-HISTOIRE DE LA PRESSE

ECRITE ALGERIENNE

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