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Analyse critique du Plan de Développement de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL) 1986 - 1990

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par Mwagalwa Jean Claude CHALONDAKWA
Institut Supérieur de Développemenr Rural Bukavu RDC - Licence 1999
  

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INTRODUCTION GENERALE

1. Problématique

Au cours des années dites des indépendances, 1950-1960 et 1970, l'émergence du continent africain sur le triple plan politique, économique et culturel apparaît en plus comme le fait suillant de l'histoire du monde.

Une inquiétude persiste cependant, dans le domaine politique. Elle est conséquence directe d'une part des conditions dans lesquelles l'indépendance a été acquise d'autre part de la structure interne des Etats et des difficultés que fait peser sur eux le sous développement contre lequel chacun s'efforce de lutter.

L'indépendance a été octroyée en bien des cas à des équipes dirigeantes liées à la métropole, dans des conditions imposées fait par le colonisateur ou voulues seulement par certains dirigeants africains, il en est resulté d'éclatement d'anciennes unions politiques, économiques et culturelles plus larges et de ce fait plus viables que les Etats qui leur ont succédé.

Les avantages resultant de l'appartenance à une même aire de colonisation

(monnaie commune, union dounière, corps administratifs communs, liberté de circulation des personnes et des biens, etc.) n'ont pas été preservés.

La « Balkanisation » denoncée avec force s'est imposée, se traduisant par la constitution des mini-Etats dont certains apparaissent peu viables, par l'isolement accentué des Etats intérieurs et par la remise en cause de la plupart des solidarités anciennes.

Cette situation n'a pas échappé à nombre de dirigeants africains qui se sont efforcé tout en maintenant certains liens verticaux avec l'ancien colonisteur, de promouvoir des groupements plus ou moins organiques et plus ou moins larges jusqu'au niveau du continent.

Après les tentatives infructueuses d'unions organiques dont deux subsistent : la République Fédéale du Cameroun, réunissant une partie de l'ancien Cameroun Britanique à La République du Cameroun ( 1961) et la Tanzanie: formée de l'union du Tanganyika et du Zanzibar (1963), de nombreux groupements sous-régionaux, régionaux ou spécialisés ont été constitués:

- L'Association Sénégal-Gambie, issue d'un traité conclu en 1967, prévoit le renforcement de la coopération entre les deux pays dans les domaines économique, technique, culturel et la mise en commun des efforts en vue de l'aménagement de bassin de la Gambie;

- L'organisation pour la mise en valeur de Fleuve Sénégal (OMVS) et de son bassin,

créée en 1972 entre le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.

- La communauté de l'Afrique de l'Ouest (CEAO) créée en 1970, siège maintenant à

Lagos;

- Le conseil de l'entente, groupant depuis 1960 la côte d'ivoire, le Bénin, le Burkinafaso, le Niger avec, depuis 1963 le Togo, harmonise les points de vue des Etats intéressés sur les plans politique, diplomatique et économique et renforce leur coopération;

- La communauté Est-Africaine, instituée en 1967 entre le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, prévoit l'institution d'un marché commun et l'organisation de services communs aux différents Etats;

- L'union dounière et économique de l'Afrique Centrale (UDEAC) instituée après l'éclatement de la fédération de l'Afrique Equatoriale Française, en vue de maintenir la coopération dans le domaine économique entre ses anciens membres; le Congo-Brazzaville, le Gabon, la République centrafricaine, le Tchad, auxquelle s'est joint le Cameroun en 1964;

- L'union des Etats de l'Afrique Centrale (UEAC), reduite au Zaïre et le Tchad;

- Le grand Maghreb cherchait à affermir les liens de solidarité entre l'Algerie, la Libye, le Maroc et la Tunisie, pendant que s'amorce très difficilement une coopération entre la Libye, l'Egypte et le Soudan;

- La communauté Economique des pays des grands Lacs ( sur laquelle nous allons nous éterniser)(CEPGL) instituée le 20 septembre 1976 comprend le Burundi, le Rwanda et le Zaïre ( aujourd'hui la République Démocratique du Congo). Vise l'intégration économique des pays des grands Lacs;

- La Conférence pour la Coordination de DEVELOPPEMENT de l'Afrique Australe (SADCC) réunie: l'Angola, Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, République -unie de Tanzanie, Swaziland, Zambie, Zimbabwe et aujourd'hui la RDC.

Les regroupements spécialisés sont nombreux et variés. Les unions monétaires possèdent en commun des banques d'émission comme la BCEAO ( banque Centrale des Etats de l'Afrique Equatoriale et Centrale)

Les Etats de l'ancienne Afrique occidentale Française se sont groupés en une union douanière des Etats de l'Afrique de l'Ouest, plus théorique que réelle.

Des commissions groupant les riverains tendent à l'aménagement de certains bassins hydrographiques ( Niger, Tchad).

Outre la Banque Africain de développement (BAD), de nombreuse institutions spécialisées organisent la coopération technique (navigation aérienne, lutte anti-aérienne et anti-aviaire, lutte contre les endénies etc) et des groupements englobant des régions entières dépassant même le cadre régional ont vu le jour ou sont en voie de constitution: Conférence des Chefs d'Etat de l'Afrique Centrale et Orientale,

groupe régional de l'Afrique de l'Ouest. Organisation commune africaine, Malgache et Mauricienne (OCAM)

- L'organisation de l'unité Africaine (OUA), créée à la suite de la signature à Addis-Abeba, le 28 mai 1963, d'une charte constitutive, est une institution unique en son genre.

De vocation continentale, elle regroupe les 52 Etats indépendants d'Afrique. Elle s'est fixé comme objectif : de Renforcer la solidarité des Etats Africains, de Coordonner et d'intensifier leur Coopération et leurs efforts en vue d'assurer leur DEVELOPPEMENT et d'AMELIORER les conditions d'existence de leurs POPULATIONS; de défendre leur souveraineté, l'intégrité de leur territoire et leur indépendance; d'éliminer du continent africain toutes les formes du colonialisme; de favoriser la Coopération internationale.

L'OUA comme la plupart des groupements sous-régionaux et régionaux est dotée d'institutions permettant d'assurer son fonctionnement régulier, conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement, conseil des ministres, secrétariat général commissions spécialisées. 1(*)

Le fameux adage africain « l'Union fait la force » constitue le leitmotiv de toutes ces organisations. Certes la force visée est celle de lutter contre le sous-développement en recherchant des garanties sécuritaires, politiques et surtout économiques qui amènent la croissance ou l'accumulation des biens concourant dans leur logique économique au développement.

La communauté économique des pays de Grands Lacs (CEPGL) instituée le 20 septembre 1976. Comme toutes les autres organisations internationales, la CEPGL, dans la recherche d'une solution au sous-développement, a planifié ses activités à travers un plan de développement.

Ce plan touche une grande partie de secteurs de la vie des Etats et concerne touts les trois pays sans aucune forme de descrimination en s'inspirant de leurs différents plans de développement dans leur dimension macro-économique.

Il constitue une base pour toute démarche d'orientation des recherches sur une voie globale d'organisation des projets de développement. il oriente, donc, toutes les actions vers des objectifs généraux qui s'inscrivent dans la recherche de l'amélioration des conditions de vie des populations de la sous-région.

Le plan met l'accent sur la coordination de tous les efforts de développement, par une institution politique et économique qui dès lors, avec une vision panoramique, avec un pouvoir politique et économique plus grand que les Etats, pourra donner la chance aux différents Etats membres d'accélerer leur croissance économique.

Néanmoins, un plan de développement, visant l'amélioration des conditions de vie de la population devant partir d'une planification systématique ; le plan de développement de la CEPGL présente quelques insuffisances. Il a été élaboré par une expertise étrangère qui s'étaient inspirée de la vision mimetique et «Rostovienne» a négligé les aspects très importants qui constituent un frein pour un réel processus de développement :

- au niveau psycho-social :

La plan néglige l'analyse approfondie des problèmes des tensions sociales entre les différents groupes de populations de la sous-région. Aucune prévision n'est faite, ni dans les programmes, ni dans les projets, moins encore au niveau décisionnel.

- au niveau culturel :

La plan ne fait pas attention à la dimension culturelle dans toute sa diversité dans la sous-région. Il omet de mettre l'accent sur la formation et l'éducation, la lutte contre l'ignorance et l'analphabétisme qui devraient être pris comme base du processus de développement. Les statistiques sur le taux de scolarisation sont très alarmantes.

- au niveau technologique :

Le plan met l'accent sur les importations excessives des technologies de pointe (50 % de budget du Zaïre en 1986) et 57,7 % du budget pour la CEPGL) et l'industrialisation hative (24 % des projets) ; alors que les populations à 90 % rurales en forte majorité non formées, non informées ne sont nullement prêtes à les maîtriser.

- au niveau écologique

Le problème environnemental qui frappe l'humanité n'épargne pas la sous-région qui est du reste à l'Est de structures morphologiques très accidentées, donc, vouée à l'érosion du sol, à l'absence de la couverture végétale, et la présence des parcs et réserves naturels, des lacs et rivières et fleuves les plus importants du continent. Tout ceci devrait attirer l'attention des planificateurs en y réservant une place dans les secteurs prioritaires car des 7 secteurs cités dans les programmes du plan, la conservation de l'écosystème ne s'y trouve pas.

Les expoitations abusives des ressources naturelles par les projets industriels et énergétiques ne visent que le facteur croissance économique, oubliant l'homme.

- Au niveau économique :

Le plan oriente toute sa politique économique vers une intégration économique des pays des grands lacs. Cette politique met au Centre du processus de développement, l'économie d'échelle (la croissance économique), l'industrialisation et les technologies de pointe. Le plan créé, une distorsion en faveur des villes au détriment du monde rural qui couvre 90 % de la population qui est une population agricole, en réservant un très faible pourcentage des investissements au secteur agricole soit 3,6 %. Le plan encourage la politique économique de «main tendue» où la participation des etats dans les investissements n'est que de 0,6 %.

Le plan perrenise les régimes en place par la centralisation de la gestion de tous les facteurs de production. Ce qui crée l'inégalité considérable des développements régionaux (provinciaux) et un mauvais choix des secteurs d'investissement ainsi que une mauvaise localisation de l'implatation ne créant pas une économie cohérente, cas de l'usine de pâte à papier un projet localise au Burundi ou au Rwanda.

- au niveau politique :

Les pouvoirs autocratiques, dictactoriaux installés dans les pays de la sous-région, ont influencé le plan. Il y a confusion entre le pouvoir économique et le politique, tous les décideurs économiques étant des politiques. Seules les Etats ont la charge de tous les projets de développement. Le plan ne laisse pas d'ouverture au secteur privé. Il est trop politiquement centralisé, encourage des dépenses de prestige tel le transport aérien avec la création et l'amélioration des aéroports, la communication par satellite,... (27,1 % du budget). Le plan encourage une mauvaise repartition des ressources publiques entre les collectivités, entre les éthnies et clans : (70 % des hauts cadres à la communauté sont de l'Ouest du Zaïre, 80 % de Hutu pour le Rwanda et 90 % de tutsi pour le Burundi).

Cette situation crée des poches de résistance et des rebellions.

Bientôt 24 ans de service, les résultats sont largement négatifs. Les populations de la sous-région sont les plus pauvres du continent.

Ainsi s'il faut s'en tenir uniquement au Produit national Brut 230 $/habitant pour le zaïre, de 210 $/ an/hab. Pour le Burundi et de 250 $/an/hab. Pour le Rwanda. Il est trop faible s'il faut le comparer avec celui dont parle E.HAGEN dans son ouvrage, Economie du développement Paris, Economie, 1982 p. 18, comme en moyenne, PNB de l'ordre de 3.440 $ US.

Par ailleurs il se remarque que le pourcentage de la population en dessous du seuil de pauvrété absolue de 1980 à 1989 est cruellement de 80 % au Zaïre (RDC) pour les populations rurales et 90% au Rwanda pour les mêmes populations rurales.

Nous pensons qu'une planification faite, non pas par une expertise extérieure, qui tienne sur une analyse systémique des problèmes réels de la sous-région, des besoins réels des populations, une planification de développement rural intégré nous sortira du sous développement et de la pauvreté.

Nous essayerons d'analyser et critiquer le plan en nous basant sur ces éléments cités précédemment en vue de comprendre les raisons fondamentales qui ont occasionné ces graves erreurs de planification de développement .

2. Hypothèse

Pour répondre à notre question de recherche nous nous sommes tracé une piste de réflexion.

L'échec de planification constaté serait-il dû aux mauvaix choix des acteurs de la planification, à l'insuffisance d'analyse approfondiedes éléments du terrain ou aux mauvais choix des stratégies et politiques de développement basées sur l'Etatisme et le mimetisme.

* 1 Amadou Mahtar MBOW et alii, Le nouveau dossier Afrique : Voici Afrique, situqtion et perspectives d'un

continent, éd. Marabout Université, Belgique, p. 15

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.