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La justice aristocratique dans la généalogie de la morale de Nietzsche

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par Pierre Morien MOYO KABEYA
Faculté de philosophie Saint Pierre Canisius - Bachelier en philosophie 0000
  

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II. 1. 3. La conscience et la mnémotechnique

Nous avons parlé du travail de l'homme sur lui-même et de sa finalité, suivi du produit obtenu. A présent il est question d'exposer les détails des conditions de ce processus : la mnémotechnique, c'est-à-dire l'ensemble des moyens utilisés pour faire acquérir à « l'animal-homme » la mémoire de ses engagements.

 Comment à l'animal-homme faire une mémoire ? , voilà la question fondamentale qui se pose. Pour arriver à cette fin combien de supplice a dû être nécessaire. D'hectolitre de sang ont coulé pour dresser les forces réactives, pour les contraindre à « être agie ». Le procédé est simple : « On applique une chose avec le fer pour qu'elle reste dans la mémoire. »50(*)

Quand l'homme jugeait nécessaire de se faire une mémoire, cela ne se passait pas sans cruauté. L'histoire de l'humanité nous révèle des faits à ce sujet ; des épouvantables holocaustes et des engagements les plus hideux. Il y a aussi des mutilations, des rites cruels, etc. Et pour cause : « Tout cela a pour origine dans cet instinct qui a su deviner dans la douleur l'adjuvant de la mnémotechnique. »51(*)Il s'agit de rendre hypnotique le système nerveux et intellectuel à l'aide d'une seule ou de quelques idées « fixes », inoubliables. Par conséquent, il s'agit de mettre un terme à la concurrence des autres idées.

Plus l'humanité a eu mauvaise mémoire, plus l'aspect de ses coutumes a été épouvantable ; en particulier la dureté des lois pénales permet d'évaluer les difficultés qu'elle a éprouvées pour se rendre maîtresse de l'oubli et maintenir présentes à la mémoire de ces esclaves du moment, soumis aux passions et aux désirs, quelques exigences primitives de la vie sociale.52(*)

La culture a fait de la douleur un moyen d'échange. C'est l'équivalent du dommage causé, de la promesse non tenue. La culture, comme dressage et sélection, s'appelle la justice et le moyen lui-même « châtiment ». Dans ce rapport créancier/débiteur, la justice rend l'homme responsable de la dette. Ce rapport est une expression de l'activité de la culture dans le dressage ou la formation53(*).

L'homme qui doit tenir sa promesse est le fruit du dressage de la culture avec des moyens bien sélectionnés, tels le châtiment, pour lui fixer une mémoire. C'est seulement plus tard, au bout du processus, que le produit tant attendu se présentifie enfin en maturité : un homme libre et puissant, un homme qui peut promettre, l'individu souverain. Les sociétés primitives entretiennent des rapports contractuels dans ses membres, c'est-à-dire, à ce niveau de la réflexion, nous sommes encore en plein processus. Le fruit mûr, l'individu souverain est encore âpre ; d'où la nécessité de la rudesse, de la cruauté nécessaire à son avènement.

* 50 F. NIETZSCHE, Op. cit., p. 92.

* 51 Ibid., p. 93

* 52 Ibid.

* 53 G. DELEUZE, Op. cit., p. 154.

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