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La métamorphose de l'état de droit comme processus de consolidation de la paix chez Emmanuel Kant. Une lecture du projet de paix perpétuelle

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par Michel Kakule Kabunga
Université de Kinshasa - Licence 2009
  

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Chapitre premier :

LES ORIGINES DE L'OEUVRE POLITIQUE D'EMMANUEL KANT

I.O. Introduction

Quelle que soit l'originalité d'un philosophe, on ne peut l'expliquer que sur base des sources qu'il s'est choisies et par les influences qu'il a subies. Car chaque grand philosophe est, en quelque manière, le point de rencontre d'un certain nombre de lignes de pensée.

Ainsi, la meilleur façon de pénétrer dans la pensée de Kant, nous a semblé de passer en revue son univers d'inspiration, ses sources et de voir comment il s'en est servi.

Nous résumons en trois points les principaux facteurs qui ont inspiré la pensée politique de Kant : Les Lumières, la pensée de Jean-Jacques Rousseau et la Révolution française.

I.1. Les Lumières

Le mot Lumières définit métaphoriquement le mouvement culturel et philosophique qui a dominé, en Europe, et particulièrement en France, le XVIIIe siècle auquel il a donné, par extension, son nom de siècle des Lumières. Les membres de ce mouvement ont marqué le domaine des idées et de la littérature par leur remise en question fondée sur la «  raison éclairée » de l'être humain et sur l'« idée de liberté ». Par leur engagement contre les oppressions religieuses, morales et politiques, les partisans de ce mouvement, qui se voyaient comme une élite avancée oeuvrant pour un progrès du monde, combattant l'irrationnel, l' arbitraire et la superstition des siècles passés, ont procédé au renouvellement du savoir, de l' éthique et de l' esthétique de leur temps. L'influence de leurs écrits a été déterminante dans les grands événements de la fin du XVIIIe siècle que sont la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique et la Révolution française.

Le siècle des Lumières commence en 1670 et s'étend jusqu'en 1820. Cette période est appelée siècle des Lumières de par les diverses révolutions qui ont eu lieu. De grands événements se sont déroulés durant ce siècle et n'ont épargné aucun domaine, que ce soit dans la science, la littérature, les sciences sociales ou l'art. Plusieurs personnalités vont marquer ce siècle et seront considérées comme l'élite intellectuelle. Ainsi, le siècle des Lumières fut-il marqué par un premier grand évènement : la mort de Louis XIV en 1715, précédée par la Révolution anglaise. Le XVIIIe siècle est, pour ainsi dire, une époque de mobilité et de communication, qui a brassé les hommes, les choses et les idées, dans et à travers les frontières politiques et géographiques de l'Occident.

Concrètement, en 1784, Kant fait une défense des Lumières à travers sa Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ? Cette question est éminemment politique. Elle implique à la fois la liberté, la connaissance, la raison, le jugement, la religion, le pouvoir et l'Etat.

La définition donnée par Kant en 1784 à ce mouvement insiste sur l'idée que la raison philosophique avec laquelle les hommes des Lumières ont investi le monde a correspondu plus à une énergie qu'à un contenu doctrinal. Il s'agit d'une dynamique, une "marche" dirait-il, vers l'émancipation de la personne humaine par la connaissance, l'acquisition par l'homme de son autonomie intellectuelle, une libération des vérités imposées de l'extérieur, qui maintenaient l'humanité en tutelle. Pour Kant, en effet, « les lumières sont ce qui fait sortir l'homme de la minorité »3(*). Par « minorité », il représente l'incapacité de se servir de son propre entendement sans la direction d'autrui. Par ce fait même, Kant veut libérer la raison afin de lui rendre un « usage public » de sa raison.

En présentant les Lumières comme la sortie de l'homme de la minorité dont il est lui-même responsable, Kant ne paraît pas convaincu que l'homme soit devenu majeur. En effet, pour lui, devenir adulte c'est entre autres savoir penser, et ne plus dire : « Je n'ai pas besoin de penser pourvu que je puisse payer »4(*).

Cet idéal individuel et collectif auquel aspirait et vers lequel tendait toute l'Europe du XVIIIe siècle, et qui encore aujourd'hui continue de façonner l'expérience humaine, a modelé la pensée de cette époque. Voici comment Emmanuel Kant, grand philosophe allemand du XVIIIe siècle, a exprimé la devise des Lumières : « Sapere aude! - Ose user de ton entendement! »

Par ailleurs, en tant qu'être de nature, l'homme, comme les autres vivants, ne naît pas adulte. Sa vie commence par l'enfance. Il a besoin d'une croissance qui le développe pleinement. Kant postule donc que l'homme est un être dont l'être est la raison. Mais, dès son enfance, il ne sait pas faire usage de sa raison.

Dès lors, « quitter la minorité » c'est être raisonnable. Dans son opuscule sur la philosophie de l'histoire, Kant écrit notamment : « Etre raisonnable c'est se gouverner soi-même, autonomie qui exclut toute espèce de joug et e la direction étrangère, pathologique (...) ou même divine (...). Etre homme c'est être adulte dans toutes ses pensées et toutes ses actions »5(*).

Enfin, quoi qu'il en soit, il est difficile pour chaque individu, dans sa singularité, de sortir de la minorité. A ce moment, il lui est difficile de se servir de son propre entendement. Néanmoins, l'homme doit conquérir la raison par essais et erreurs.

A tout considérer, la diffusion des Lumières n'exige autre chose que la liberté, et encore la plus inoffensive de toutes les libertés, celle de faire publiquement usage de sa raison ; et dans le cas qui nous concerne, en matière de politique. Cette philosophie politique de l'entendement peut, en son développement, rendre plus proche le règne de la philosophie rationnelle et raisonnable de l'Etat dont héritera en partie Hegel.

* 3 E. KANT, Ecrits politiques, OEuvres, p. 187.

* 4 E. KANT, La philosophie de l'histoire (opuscules), p. 46.

* 5 E. KANT, cité par J.-M MUGLIONI, in Philosophie politique 2. Kant. Revue Internationale de Philosophie Politique., p. 169.

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