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La terminologie du sujet en français

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par Lysette Nanda
Université Yaoundé I - Maitrise de langue française 2006
  

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1.1. Le Syntagme nominal 1 (SN1)

L'appellation SN1 est liée à la nature du constituant sujet dans une phrase. Parler de la nature d'un mot revient à dire s'il est un nom, un pronom, un infinitif, une préposition, un adverbe, un article, un adjectif. Dubois (1976 : 17) reconnaît à propos que le constituant qui représente le sujet dans un énoncé appartient à la catégorie du nom, il peut par conséquent recouvrer toutes les configurations ci-dessus mentionnées.

Pour Roberge (2002), dans une phrase, un syntagme correspond à une unité formée d'un groupe de morphèmes. Dans les mêmes circonstances, Muller (2002 : 202) parle d'arguments et Le Goffic (1993 :10), de groupe nominal (GN).

Le SN ou GN a pour tête un nom d'où l'adjectif nominal commun aux deux appellations. Ces morphèmes assument, dans la phrase, différentes fonctions syntaxiques. Et le chiffre 1 que Dubois (1967 :17) associe à l'expression Syntagme nominal détermine donc la place de ce SN sujet dans la phrase comme nous le voyons dans les échantillons suivants :

47a. Ces plantations couvrent à ce jour une superficie d'environ 1500 hectares

(CT : 7955, n°12, p11) ;

47b. Sauvegarder tant d'articles depuis juillet 1974 est réellement incroyable.

(CT: 7735, n°67, p13) ;

47c. Qu'il s'en aille m'étonnerait beaucoup (Dubois et alii, 1973, 467) ;

47d. En général, on cherche un terrain bien placé (CT : 7957, n°58, p9).

Les constituants en gras dans ces énoncés représentent des SN1 en [47a] ou leurs équivalents en [47b, c, et d]. Le GN ces plantations a pour tête plantations qui domine le déterminant ces. Sur le plan paradigmatique, les SN1 peuvent être substitués soit par des noms soit par des pronoms comme en [47']:

47'a. Elles couvrent à ce sujet une superficie...

47'b. La sauvegarde de tant d'articles ...est réellement incroyable ;

47'c. Son départ m'étonnerait beaucoup...

La substitution est nominale en [47'b et 47'c] et pronominale en [47a]. De toutes les façons, le SN1 régit formellement son verbe.

1.2. Régent

Le régent est le constituant qui entretient avec le verbe des contraintes d'accord. En introduisant la terminologie régent pour dénommer le constituant sujet, l'intention de Galichet (1971:116) est d'établir un lien étroit entre le sens du mot désignant ce qui est communément appelé sujet et le rôle de celui-ci dans l'énoncé. En fait, le terme sujet, conventionnellement employé pour traduire la fonction du même nom, est souvent source d'équivoque. Il est tantôt sujet de l'énoncé, tantôt sujet du verbe. Aussi, cet auteur estime-t-il que ce terme est impropre. Il s'agit du constituant sujet qui régit le verbe en lui imposant ses marques de personnes et de nombre comme dans [48] :

48a. Les documents seront analysés (CT : 7946, n°11, p.13) ;

48b. Différents ateliers figurent au menu de la rencontre (CT : 7946, n°112, p.14) ;

48c. Les villageois ont alerté la gendarmerie (CT :7735, n°113, p.17).

Les SN les documents, différents ateliers et les villageois sont des sujets, non parce qu'ils font respectivement les actions d'analyser, de figurer et d'alerter - ils ne seraient alors que des agents - mais parce qu'ils soumettent chacun son verbe en lui imposant ses marques de nombre. Si le verbe figurent prend la marque du pluriel, c'est parce que ateliers, son sujet grammatical, est à la troisième personne du pluriel. Il en est de même pour [48a et 48c] où les sujets grammaticaux (documents et villageois) confèrent aussi à leur verbe leur marque du pluriel. Ainsi, ces termes pourraient être appelés plus justement régent puisqu'ils régissent grammaticalement leurs verbes. Galichet veut rapprocher le signifiant (régent) de la réalité qu'il représente en syntaxe.

En conséquence, nous pouvons affirmer que la nature du mot et le rapport qu'il entretient avec son verbe ont motivé ces deux appellations du constituant sujet. Cependant, nous avons constaté que le SN1 prend diverses formes : un infinitif en [47b], une proposition en [47c] et un pronom indéfini en [47d]. Ce qui laisse présager un impact certain sur les dénominations du constituant sujet.

2. LES MOTIVATIONS SYNTAXIQUES DE LA DENOMINATION

DU SUJET

Les désignations d'origine syntaxique sont issues de l'interprétation de la phrase au niveau de la syntaxe. Et, Dubois et alii (1973 : 480) définissent la syntaxe comme la partie de la grammaire décrivant les règles par lesquelles on combine en phrase les unités significatives.

La syntaxe explique donc d'une part, l'ordre des mots dans la phrase et d'autre part, les relations qui existent entre les éléments qui la composent ; les désignations y relatives sont : Primus, Prime actant et N0.

2.1. Primus

Les grammaires reconnaissent au sujet la place de constituant numéro un. Sur ce point, Le Goffic (1993, 10) explique que toute phrase est constituée d'une séquence ordonnée de constituants formés d'une tête et de ses expansions. L'auteur parle de séquence ordonnée pour montrer que les constituants de la phrase ne sont pas disposés de manière fortuite. Et Dubois (1976 :17) de renchérir l'ordre des syntagmes nominaux relativement au verbe permet de distinguer le syntagme sujet qui est préposé au verbe.

Cette perception date d'ailleurs du Moyen-?ge lorsque Scaliger, cité par Chevalier (1968 :185) attribue au constituant sujet le nom de primus. Il comptait dépouiller cette fonction du poids du sens et éviter ainsi le métalangage capable de favoriser la confusion entre une étude syntaxique et une analyse sémantique. Il a donc estimé que le nom donné aux cas et aux modes enlise l'analyse dans des emplois particuliers et la détourne d'une étude de la syntaxe, c'est-à-dire des relations.

Le primus représente donc dans les énoncés [49] les SN préposés au verbe. Ces SN sont en gras dans le texte.

49a. Les résultats devraient être connus avant la rentrée (CT : 7946, n°95, p13) ;

49b. Le délégué général explique [...] (CT : 7955, n°39, p12) ;

49c. Mais, le passage du doyen m'a redonné espoir (CT : 7951, n°117, p16).

Le primus constitue l'équivalent syntaxique du SN que Tesnière nomme prime actant.

2.2. Prime actant

L'appellation prime actant est de Tesnière (1976 : 108-110). Le mot actant, l'une des composantes de la dénomination de Tesnière, fait penser à une perception sémantique. D'ailleurs Tesnière (op. cit : 108) reconnaît que le prime actant est l'équivalent du sujet sémantique dans la grammaire traditionnelle.

L'auteur conçoit en effet un énoncé comme un mini drame dans lequel les actants, équivalents des constituants nominaux en syntaxe, prennent part au déroulement de l'évènement décrit par énoncé.

Toutefois, l'appellation actant est globalisante parce qu'elle ne permet pas, au niveau de la structure, de distinguer l'actant qui assume la fonction de sujet des autres. Pour ce faire, Tesnière délimite le nombre de ses actants à trois et pour spécifier le constituant sujet des autres actants, l'auteur adjoint le mot prime, adjectif numéral ordinal, au terme actant.

Ce qui distingue les deux dénominations (primus et prime actant) est que la grammaire dépendancielle considère le verbe comme un atome autour duquel gravitent plusieurs molécules (actants). Le verbe représente ce qu'il nomme noeud central, il est le vecteur directeur de la phrase. Muller (2002 :47) utilise le mot noyau pour dénommer le verbe parce qu'il lui revient d'organiser les positions syntaxiques qu'occuperont ses constituants immédiats ou actants. A travers le stemma, expression graphique de l'ordre structural de la phrase, Tesnière schématise la hiérarchie des connexions. Ainsi, nous aurons de la phrase [50], le stemma suivant :

50- Le bandit sème la panique (CT : 7945 : n°8, p9)

sème

bandit

panique

le la

Cette représentation arborescente laisse apparaître les différents constituants de la phrase et leur hiérarchie. Elle situe le syntagme verbal au-dessus de tous les autres constituants de la phrase. A travers ce schéma en effet, le syntagme verbal sème, noeud central de la phrase, domine deux syntagmes nominaux : le prime et le second actant. Le prime actant, représenté par le groupe nominal le bandit, a une position bien définie. Il est situé à gauche du SV et du second actant la panique. A ce propos Tesnière (1976 : 107) affirme :

Dans la représentation stémmatique, on aura avantage à adopter le principe de toujours disposer le prime actant à la gauche du second actant et celui-ci à la gauche du tiers actant.

Et Onguéné Essono Ch. (2001 :133) renforce cette opinion de Tesnière en reconnaissant que

la fonction grammaticale se présente comme l'expression d'une servitude de position. Elle correspond à la place qu'un lien connexionnel entre A et B assigne à l'unité B pour marquer la nature particulière de la relation de B avec A. De ce point de vue somme toute structural, il y a lieu d'affirmer qu'une fonction grammaticale réfère à un poste syntaxique.

Le rôle syntaxique qui apparaît stable ne semble pas être la garantie de la stabilité des dénominations comme nous ne cessons de le remarquer. Par ailleurs, l'usage quotidien de la langue ne respecte pas toujours la structure canonique (S+v+C) dont parle Tesnière. Le sujet est parfois antéposé au verbe. Ce bouleversement occasionne des difficultés aux niveaux des dénominations comme nous le verrons dans la suite de ce chapitre.

2.3. N0

La dénomination N0 est employée par plusieurs auteurs de grammaire, entre autres Beacco et alii (2001 :43) et Auroux et alii (1996 :100). La lettre N est neutre. Elle n'a aucun sens. C'est un symbole. Il en est de même pour le chiffre 0 ; chiffre dont l'utilisation n'est pas explicitement justifiée. Nous présumons qu'il traduit la position incontestable du constituant sujet ; constituant tellement lié au verbe que sa place est égale à zéro. Ceci rejoint Roberges (2002 :3) qui propose les symboles (SN0, X, Y ou même Z) pour nommer les constituants de la phrase. Cet auteur n'accorde pas l'importance au nom que peut prendre un fait grammatical. L'essentiel est de comprendre le fonctionnement de chaque constituant dans le grand ensemble que forme la phrase. C'est pour cela qu'il propose des symboles pour désigner tant le constituant sujet que les autres constituants de la phrase. Ainsi, dans les énoncés [51] :

51a. Le gouverneur a mis tous les moyens à notre disposition (CT : 7735, n°70, p9) ;

51b. La police nationale a renforcé sa présence sur les lieux (CT : 7957, n°104, p11) ;

51c. Les exposés ont produit des débats riches (CT : 7957, n°3, p6).

tous les groupes nominaux sujet peuvent être désignés par N0, SN0 ou même par X. L'essentiel est de reconnaître qu'il y a un N0 qui gouverne le verbe sur le plan structural. L'important n'est pas de savoir s'il est un être ou une chose ou s'il fait l'action ou la subit. La présentation de N0 ne laisse apparaître aucune nuance sémantique. Petiot (2000 : 115) n'affirme-t-elle pas que

la terminologie s'enracine dans une organisation conceptuelle : elle réfère à des concepts, et non à des objets concrets ; elle permet de parler des objets concrets que l'on observe dans les énoncés, au sein d'une approche théorique qui en rend compte.

Ceci témoigne l'objectif des auteurs de l'appellation N0 : créer davantage un écart entre la syntaxe et la sémantique afin d'éviter toutes les confusions que nous avons jusqu'ici soulignées.

En somme, l'évolution que nous avons notée au niveau des définitions du sujet se reflète sur la dénomination de ce constituant de phrase. La recherche d'un symbole comme terminologie du constituant sujet traduit la volonté de libérer ce constituant de l'impasse que provoque la description traditionnelle. Ainsi, N0 apparaît pour la grammaire moderne comme une terminologie plus opératoire.

Sur le plan morphosyntaxique, toutes les caractéristiques se combinent pour former un tout. Les principales désignations (primus, SN1, régent, prime actant, SN0, N0) qui se dégagent ici se recoupent. Par conséquent, des appellations du constituant sujet qui émanent de l'approche syntaxique, Il n'en existe aucune divergence, si oui au niveau de leurs signifiants respectifs. Toutes ces désignations répondent aux critères inhérents à la fonction sujet. Qu'une dénomination se présente sous la forme d'une expression ou d'un symbole, les critères identificatoires sont les mêmes.

Cependant, l'approche morphosyntaxique soulève quelques difficultés sur lesquelles il convient de revenir.

3. L'IMPACT DES CRITERES IDENTIFICATOIRES DU CONSTITUANT SUJET SUR SA DENOMINATION

Au cours de nos investigations, nous avons rencontré plusieurs expressions qui peuvent être assimilées aux désignations du sujet. Ces différents supports du verbe suivent la même courbe que celle des véritables désignations syntaxiques. Ainsi, les critères morphologiques et syntaxiques en sont à la genèse. Les diverses expressions identifiées qui sont susceptibles de créer la confusion entre les désignations grammaticales du sujet sont liées tantôt à la place du sujet dans la phrase, tantôt à l'accord de ce constituant avec son verbe, tantôt à la stylistique comme l'analyse va le montrer.

3.1. Les problèmes liés à la nature du constituant sujet

Les différents termes qui accompagnent le verbe dans une phrase sont de nature très variée. Et le souci que les grammaires ont d'attribuer un nom à chaque terme en tenant compte de sa nature crée des expressions telles que sujet clitique, sujet pronominal, sujet nominal, sujet relatif, sujet multiple et sujet collectif.

3.1.1. Sujet clitique

L'expression sujet clitique est de Le Goffic (1993 : 146). Cependant, l'auteur n'en circonscrit pas les contours. C'est Muller (2002 : 217) qui reconnaît que

le mot clitique désigne un terme ayant certaines propriétés phonologiques et syntaxiques : forme réduite, parfois décrite comme atone, ou plus exactement dénuée d'accent propre, et liée à une position syntaxique dont le noyau est un autre terme.

A travers les exemples qu'il en donne, l'on identifie le pronom personnel (je, me, le, tu..) dit conjoint. Il est conjoint parce que, contrairement au pronom disjoint (moi, toi, lui..), leur position est fixe dans la phrase. Le pronom conjoint se place devant le verbe alors que les pronoms disjoints ont, dans un énoncé, une position relativement mobile par rapport au syntagme verbale : moi, je le vois venir. On parle de conjoint aussi parce que, dans sa structure arborescente, il ne laisse pas transparaître les différentes sections du mot ou groupe de mots qu'il reprend. En [52] par exemple, Il s'agit de il, nous, je.

52a. Il est titulaire d'un diplôme d'ingénieur (CT : 7955, n°17, p 11) ;

52b. Nous prenons les risques (CT : 7945, n°164, p 13) ;

52c. Je joue avec mes enfants (CT : 7953, n°103, p 13).

Ces pronoms sont dans un emploi anaphorique. Leurs référents peuvent se trouver soit en amont soit en aval du discours. Ils occupent dans l'énoncé les mêmes positions que le SN1. L'expression sujet clitique n'apporte donc à la fonction sujet aucune nuance fondamentale qui l'écarte du SN1. L'auteur a tout simplement voulu rapprocher ce type de sujet à la réalité formelle qu'il représente.

3.1.2. Sujet nominal /Sujet Pronominal

Ces appellations sont de Riegel et alii (1994 :139), Combettes et alii (1977 :79) et Muller (2002 : 122.). Ces auteurs ne les définissent pas. On observe que ces expressions vont toujours ensemble parce que le second vient pallier une insuffisance. En effet, l'inversion du sujet rend complexe la construction de la phrase. Elle produit d'autres structures qui, pour être grammaticalement et sémantiquement correctes, font appel à des outils grammaticaux ayant pour rôle de corriger certaines imperfections. Ainsi, une phrase déclarative [53'a] par exemple, a besoin de ces aménagements lorsqu'elle subit la transformation interrogative [53a] :

53a. Pourquoi la loi n'est-elle pas respectée ? (CT : 7953, n°20, p5) ;

53a'. La loi n'est pas respectée.

53b. Comment les populations vivent-elles l'insécurité [...] ? (CT : 7945, n°163, p 13) ;

53b'. Les populations vivent l'insécurité.

Dans ces structures, loi est appelé sujet nominal et elle, sujet pronominal. Ces désignations se justifient par le fait que le sujet nominal est représenté par un nom et le sujet pronominal par un pronom. Il existe donc un rapport entre le signifiant et le signifié. Par ailleurs, les mots loi et elle en [53a], population et elles en [53b] renvoient à une seule et même réalité ; ils sont dits coréférenciels selon Muller (op.cit.). En plus, nous relevons que le terme sujet est commun aux deux dénominations. Le sujet pronominal duplique les caractéristiques de personne, de genre et de nombre du sujet nominal. Seulement, on ne sait pas si le phénomène de coréférence est valable lorsqu'il s'agit de déterminer le statut syntaxique de chaque constituant. En d'autres termes, si le groupe nominal les populations est sujet du verbe vivent, en est-il de même pour le pronom anaphorique elles ?

3.1.3. Sujet relatif

L'expression sujet relatif est de Combettes et alii (1977 :79). Ils ne l'expliquent pas. Ils semblent laisser le soin à chaque utilisateur de déduire son contenu à travers ces exemples :

54a. Un chiffre qui représente trois fois la moyenne ( CT : 7953, n°42, p11) ;

54b. Du sang qui se coagule progressivement (CT : 7735, n°96, p16) ;

54c. Les personnes qui sollicitent un terrain s'adressent d'abord au chef (CT : 7945, n°72,

p13).

Il s'agit du pronom qui qui reprend son antécédent. Son nom naît de la nature du terme qui le représente. En effet, ce pronom est par nature un pronom relatif. Le verbe prend cependant les marques morphologiques de l'antécédent et non du sujet relatif. Il y a un rapport entre le signifiant (sujet relatif) et son signifié (qui).

Cependant, en se fondant sur la nature des mots pour nommer leur fonctionnement syntaxique, on court le risque de voir ce type d'expressions multiplié à profusion. Ces le cas en [55] où on pourrait, suivant cette logique, avoir affaire à un sujet infinitif en [55a], un sujet propositionnel en [55b], un sujet indéfini en [55c].

55a. Exercer le plus beau métier du monde devient un rêve (CT : 7735, n°68, p13) ;

55b. Qu'il voyage en première est un luxe [...] (CT : 7946, n°126, p14) ;

55c. On se ballade tendrement (CT : 7957, n°80, p11).

Les difficultés de dénomination causées par cette logique s'accroissent.

3.1.4. Sujet multiple

Combettes et alii (1977 : 74) introduisent la dénomination de sujet multiple pour désigner un groupe nominal composé de plusieurs constituants qui occupent le poste syntaxique de sujet. Dans ce cas, le verbe s'accorde avec l'ensemble de ces sujets comme dans [56]

56a. Les problèmes et les défis sont communs à l'ensemble de la population

(CT : 7946, n°88, p13) ;

56b. La machette et la houe peuvent s'avérer traîtresses (CT : 7953, n°121, p13) ;

56c. Heureusement, [...] des numéros et des horaires sont inscrits sur des billets

(CT : 7945, n°55, p 8).

Chaque groupe sujet communique ses marquent au verbe, or, pris isolément, les constituants sujet en [56b] sont chacun au singulier, mais le verbe, lui, s'accordent avec les deux sujets parce qu'ils s'additionnent par l'intermédiaire de la conjonction de coordination et. Par cette addition, les deux constituants représentent désormais deux aspects d'une même entité. De ce fait, Tesnière (1976 : 108) parle de dédoublement et Le Goffic (1993 : 10) de groupe. Ainsi perçu, l'expression sujet multiple pour exprimer un groupe sujet, est discutable.

3.1.5. Sujet collectif

Combettes et alii (op. cit.) emploient sans la justifier l'expression sujet collectif pour nommer le syntagme nominal qui assure la fonction de sujet dans un énoncé. Il n'explique pas non plus l'épithète collectif adjointe au terme sujet. Il n'en donne que des exemples et nous trouvons des cas dans [57] :

57a. La plupart de nos candidats sont en stage bloqué (CT : 7946, n°92, p13) ;

57b. Une vingtaine d'élèves du collège a visité les différents services (CT : 7735, n°57,

p13) ;

57c. Il y a un an, un groupe de PVVS a publié « Remember sida » (CT : 7953, n°63,

p15) ;

57d. La majorité a recours à des produits bon marché (CT :7946 : n°125, p14).

Cette appellation présente une situation équivoque. En considérant que le sujet commande le verbe sur le plan morphologique, l'examen de ces structures pose quelques problèmes. Tantôt le verbe est au pluriel, tantôt il est au singulier. Dans [57a], le SN sujet à pour tête la plupart, ce GN est au singulier, par conséquent le verbe sont qui est au pluriel devait être au singulier. Dans [57b] par contre, nous avons une structure semblable, mais le comportement syntaxique du verbe est différent, celui-ci prend les marques morphologiques de la tête du SN sujet une vingtaine.

Le Goffic (1993 :133) déplore cette ambiguïté et constate tout simplement qu'il existe quelque marge d'hésitations quand il y a conflit entre la pure morphologie du groupe nominal et son sens ou sa référence. L'auteur relève cette difficulté sans pour autant y apporter une solution.

3.2. Les problèmes liés à la place du sujet : le sujet inversé

De manière générale, la grammaire reconnaît au constituant sujet la position préverbale dans la phrase. Cependant dans les usages, il existe des structures où le sujet ne respecte pas ce canon. De là naît le sujet inversé. Riegel et alii (1994 : 134), Combettes et alii (1977 : 78) qui en parlent relèvent que la caractéristique principale du sujet inversé est d'être post-posé au verbe. Dans cette construction, la découverte du sujet peut se faire par le retour à la phrase de base. Dans les énoncés suivants :

58a. Comment s'est faite l'installation sur ses sites à risque ? (CT : 7945, n°169, p 13) ;

58b. Pourtant, estiment les dermatologues, toutes ces pratiques sont dangereuses

(CT : 7946, n°135, p14) ;

58c. C'est là notre contribution, a conclu Marcelline (CT : 7955, n°75, p12).

les GN l'installation, les dermatologies et Marcelline sont nommés sujet inversé parce qu'ils sont postposés à leurs verbes respectifs. Il s'agit de nommer un sujet qui ne tient pas compte de l'ordre canonique de la phrase. Pour les auteurs, cette désignation semble aller de soi. Si le sujet n'est pas préposé au verbe, alors il est postposé. Et cette postposition inverse l'ordre de la phrase et renvoie le sujet à la fin de l'énoncé. Ceci justifie la présence de l'adjectif inversé auprès du mot sujet. A ce propos, Muller (2002 : 132) précise

le terme invers(é) est pris ici dans son sens configurationnel signalant

une position différente de celle qui est la plus usuelle et non dans un sens

dérivationnel.

L'expression sujet inversé exprime un type de sujet qui traduit la modalité de la phrase, en l'occurrence l'interrogation comme en [58a] ou une clause de style comme dans [58b et c]. Le sujet inversé n'est pas un type de sujet particulier. Il n'apporte rien de spécial à la notion. L'auteur a tout simplement voulu adapter la dénomination à la configuration que prend le constituant sujet dans la phrase. En fait, le sujet inversé se plie à toutes les exigences morphosyntaxiques de la fonction sujet.

3.3. La stylistique : source de difficultés dans la désignation du sujet

L'analyse du constituant sujet dans les phrases disloquées est à l'origine de la multiplication des expressions que les grammairiens ont attribuées au constituant sujet. Cette dislocation est la conséquence de tournures stylistiques. En fait, la stylistique est définie par Dubois et alii (1973 : 457-456) comme une

étude des faits d'expression du langage organisé du point de vue de leur contenu affectif, c'est-à-dire l'expression des faits de la sensibilité par le langage et l'action des faits de langage sur la sensibilité.

Ces faits d'expressions se manifestent dans l'énoncé à travers des figures de style que Dubois et alii (op cit.) définissent comme ...les divers aspects que peuvent revêtir, dans le discours, les différentes expressions de la pensée. Il existe donc diverses figures entre autres les figures de construction. Celles-ci s'intéressent à l'ordre des mots dans la phrase. Dans la phrase française, l'ordre naturel des mots est S+V+C dans une phrase simple. Mais si le locuteur désire mettre un accent particulier sur un élément de la phrase, il peut utiliser un procédé nommé emphase. Celui-ci peut être représenté de deux manières : au niveau phonologique, par une intonation sur un mot de l'énoncé et au niveau de la syntaxe, par le détachement en début ou en fin de phrase du mot en question lorsque celui-ci est marqué dans l'énoncé. La stylistique fait donc ressortir deux expressions qui sont appelé groupe sujet repris et sujet sous-entendu.

3.3.1. Groupe sujet repris

Cette terminologie est de Bonnard (1989 : 282). Elle est le résultat d'une construction stylistique surtout observée dans le français courant oral. C'est une construction disloquée qui substitue à l'ordre grammatical, un ordre logique et psychologique. Il s'agit, dans cet exemple de l'auteur

59. Ta cousine, nous l'avons vue à Hendaye, mon frère et moi

du groupe nominal mon frère et moi, rejeté en fin de phrase. Nous sommes en présence d'un énoncé qui contient deux éléments ayant la même valeur. Cependant, l'intention de l'auteur est d'établir une relation d'équivalence entre le groupe nominal (mon frère et moi) que reproduit le pronom personnel nous. Suivant l'ordre de leur apparition dans la structure de la phrase, l'un est sujet nous et l'autre est groupe sujet repris, mon frère et moi. Celui-ci apporte au sujet une précision. Le pronom personnel nous n'est plus ambigu parce que son référent est connu. Les constituants sont dont dits coréférenciels. Bonnard ne propose aucune désignation au pronom personnel nous qui modifie pourtant la morphologie du verbe avons vu. Selon la logique de l'auteur, peut-on l'appeler sujet anticipé ?

La même interrogation est perceptible dans ces énoncés de Bonnard (op.cit.) :

  • ·
  • · 60a. Pierre et moi, nous sommes allés chez le boulanger ;
  • · 60b. Paul et Pierre, vous ne travaillez pas ! ;
  • · 60c. Jacques, tu arriveras en retard au cinéma.
  • ·
  • ·

Le groupe substantival en gras est repris à l'aide d'un pronom personnel parce que le nom n'est pas à mesure d'attribuer au verbe ses marques. Ceci arrive généralement lorsque le verbe est soit à la première, soit à la deuxième personne du singulier et du pluriel. Sur le plan discursif, les auteurs traditionnels appellent thème les groupes nominaux Pierre et moi, Paul et Pierre, Jacques. Il y a lieu de se demander si les pronoms personnels qui assurent le relais et aident à pallier les insuffisances pourraient être appelés sujet relais ou tout simplement co-thème selon l'approche de l'auteur.

Bonnard fait ici une étude structurale qui confirme l'idée selon laquelle la grammaire traditionnelle n'est pas qu'une grammaire prescriptive, elle est aussi descriptive.

3.3.2. Sujet sous-entendu

La désignation sujet sous-entendu est employé par Le Goffic (1993 :140). Pour lui, l'épithète sous-entendu, ajoutée au terme sujet est sans doute assez significative et suffisante pour l'expliquer. Il n'en donne que des exemples. On identifie ce type de sujet dans les phrases impératives, le style télégraphique, les registres familiers, les archaïsmes, le style impersonnel et dans les énoncés où le constituant sujet est implicite. Quelques échantillons sont reconnus dans [61]

61a. Reste que, malgré ces problèmes de réseau, les abonnés ont les yeux rivés sur les

tarifs (CT : 7951, n°169, p.18) ;

61b. Rappelons que le mondial Afrique est organisé par une ONG (CT : 7951, n°47, p11) ;

61c. Loin s'en faut. (CT : 7735, n°177, p 19) ;

En effet, les verbes en italique n'ont pas de sujets matérialisés dans les énoncés. Pourtant, leurs finales nous amènent à voir en [61a] un sujet impersonnel il et en [61b] une structure à la première personne du pluriel de l'impératif.

Par ailleurs, dans les exemples [62] empruntés à Creissels (1995 :225),

62a. Achète cette voiture

62b. Vends cette voiture

L'auteur pense qu'il serait difficile de procéder à une analyse grammaticale du sujet dans ces énoncés. En d'autres termes, même si on reconnaît à un énoncé à l'impératif un sujet sous-entendu, cet impératif a une valeur pragmatique et non grammaticale. En clair, l'objectif est d'exécuter l'ordre qui est donné à travers ces phrases. A ce sujet, Creissels (op cit ) affirme :

En réalité, [62a] est une mise en demeure d'assumer le rôle que doit assumer le référent de A pour que l'on puisse asserter A achète cette voiture, et [62b] est une mise en demeure d'assumer le rôle que doit assumer le référent de A pour que l'on puisse asserter A vend cette voiture

Au terme de ce chapitre dans lequel nous avons examiné l'approche morphosyntaxique du sujet, une conclusion persiste. En se fondant sur la nature du mot, sur sa place dans la phrase ou sur la stylistique pour attribuer des noms aux différents supports du verbe, on court le risque de voir ces désignations se multiplier à l'infini.

Aussi, les terminologies issues de la description syntaxique du sujet sont tributaires de son comportement au sein de la phrase. Sujet grammatical, relatif, clitique, sous-entendu...ont pour but de lever le flou occasionné par les valeurs sémantiques relevées au deuxième chapitre : patient, agent, siège...

L'ambition de la grammaire structurale est de conférer à la fonction sujet une dénomination stable, caractéristique des propriétés syntaxiques et opératoires du support verbal. Voilà pourquoi elle est passée progressivement des unités lexicales comme syntagme nominal sujet, primus, prime actant... vers des symboles tels que SN1, SN0, N0. Mais, cette symbolisation ne peut-elle pas avoir un impact sur l'enseignement de la notion de sujet ?

CONCLUSION GENERALE

Notre objectif était de chercher les fondements des appellations du constituant sujet, de voir les motivations des auteurs des appellations, d'établir, s'il y a lieu, les rapports entre chaque désignation et son contenu et de relever les difficultés inhérentes à l'utilisation efficiente de ces dénominations.

Dans nos investigations relatives à la recherche des fondements des désignations du sujet, il a été établi que la volonté des auteurs de grammaire de traduire, en des termes et expressions toujours plus précis leur perception de la notion, est à l'origine de la création de nouvelles terminologies. Par conséquent, l'apparition de nouvelles appellations du sujet est étroitement liée à celle de ses définitions, c'est-à-dire qu'elles sont relatives soit à la sémantique, soit à la syntaxe.

L'exploitation conjointe des deux sources de définition du sujet qui alimentent simultanément ses terminologies révèle des ambiguïtés résultant de ces définitions. La source sémantique, la plus féconde, apparaît souvent peu informative. Elle est constante. Elle présente entre autres inconvénients, les exceptions auxquelles se heurtent les définitions qui en découlent. A tout ceci, il convient d'ajouter que la sémantique crée les différentes valeurs du sujet qui contribuent à perturber davantage l'intelligence de la notion.

La source syntaxique se révèle par contre plus informative sur le plan du fonctionnement de la langue. Pour la grammaire structurale, le terme sujet ne correspond pas à la définition que la grammaire traditionnelle lui donne. Les auteurs de la grammaire moderne s'attardent sur la perception linguistique du terme sujet, perception qui le rend impropre dans le contexte grammatical. C'est ce qui a déterminé la recherche des terminologies et a conduit à la multiplication des désignations de ce constituant.

Il s'est donc révélé, le long de notre étude, que les deux critères fondamentaux de définition du sujet sont également les fondements de ses terminologies.

Notre revue de l'aperçu théorique de cette notion nous a permis de relever dix désignations du sujet. Ces appellations sont surtout fondées sur le sens, la syntaxe et le discours.

Nos investigations relatives à l'identification des désignations liées au sens en ont révélé quatre auxquelles peut s'ajouter une longue suite de valeurs sémantiques. Dans l'optique sémantique, le constituant sujet subit ou profite de l'action décrite dans le procès. Ce mot est influencé soit par la sémantèse du verbe comme nous l'avons constaté plus haut, soit par sa propre sémantèse.

Nos recherches nous ont montré en outre que d'autres catégories syntaxiques peuvent faire l'action ou même la subir. Dans l'approche sémantique, seul le verbe soumet le sujet dans une relation univoque. Il est par conséquent difficile d'épuiser l'inventaire des différentes valeurs du sujet qui tendent à troubler la compréhension du concept. Seul le contexte est susceptible d'expliquer toutes les nuances de sens que peut avoir cette fonction.

La perception sémantique du sujet nous apparaît ainsi peu fiable car elle relève beaucoup plus du plan infra-grammatical que grammatical. De ce fait, le rapport entre l'appellation sémantique est la réalité qu'elle représente est sujette à caution. Les bases du sujet, mises sur pied depuis la période préclassique, se sont enrichies de la perception classique bien que ses fondements soient également fort critiqués par la grammaire moderne.

Sur un autre plan, la syntaxe ne propose pas, à proprement parler, une définition du sujet. Les auteurs de la grammaire moderne donnent plutôt les caractéristiques formelles pouvant permettre une identification de ce constituant de phrase. Ces caractéristiques se situent au niveau paradigmatique, morphologique, et syntaxique. En effet, la nature du constituant sujet, son accord avec le verbe et sa place dans la phrase sont autant des raisons qui poussent les auteurs de grammaires à le nommer. Cependant, les multiples expressions que nous avons notées çà et là ne sont pas toutes considérées comme des appellations particulières du sujet, certaines d'entre elles ne représentent que des formes diverses que peut prendre le constituant sujet dans un énoncé. Nous en avons néanmoins distingué qui reprennent, de manière systématique, le terme sujet. Les auteurs ne justifient pas toujours les adjectifs qu'ils adjoignent à ce mot. Il est par ailleurs toujours le premier constituant dans les dénominations composées.

Même si certaines de ces dénominations sont considérées comme des indicateurs des différents supports morphologiques de la fonction, un élément essentiel mérite d'être souligné : ils ont les mêmes propriétés syntaxiques que les désignations grammaticales du sujet. Mais, ils n'apportent au sujet aucune nuance particulière qui puisse permettre de les classer au rang d'appellations. Dans ce sens, nous ne les considérons pas comme des dénominations particulières du sujet. L'inquiétude qui se dégage est que ces expressions peuvent occasionner une confusion réelle avec les dénominations authentiques du sujet. Nous craignons qu'elles ne constituent une source de difficultés sur le plan pédagogique.

Six dénominations syntaxiques du sujet ont donc été identifiées. La différence entre les appellations d'origine syntaxique se situe au niveau du signifiant, elles se rapprochent, pour la plus part, au niveau du signifié.

Par ailleurs, il est établi que la stylistique multiplie les faits de langue de même que les expressions pour les nommer. Ainsi, le thème habituellement perçu comme l'objet du discours devient, selon la structure de la phrase, un groupe sujet repris ou même un sujet nominal.

Toutefois, nous relevons que la prolifération des terminologies n'est pas un phénomène de mode ; chaque terminologie traduisant, à notre avis, une volonté d'établir avec plus de cohérence une liaison toujours plus étroite entre le signifiant et le signifié. Et cette préoccupation, faut-il le souligner, n'est pas propre à la fonction sujet.

Toutes les appellations utilisées ne sont pas les termes propres à la grammaire. Mais celle-ci a affecté à chacune d'elles une signification particulière. C'est-à-dire, une acception grammaticale. Des notions de la langue qu'elles étaient, elles sont devenues des notions de grammaire. On parle de ce fait du phénomène de factualisation ou de grammaticalisation.

En somme, tous les auteurs de la grammaire reconnaissent la fonction sujet comme une fonction indispensable. Le problème de terminologie que nous avons mis en lumière dans ce travail n'est que la résultante des difficultés que les grammaires ont à donner une définition adéquate au sujet. Dès lors, il ne suffit pas seulement d'affecter des noms à ce constituant, mais surtout de reconnaître son fonctionnement dans la phrase. La grammaire se trouvant à la frontière de plusieurs théories linguistiques, elle empiète sur celles-ci. Pour une étude complète de la notion de sujet, il est intéressant de procéder à son analyse profonde en prenant en compte les différents niveaux qui interfèrent afin d'attribuer à chacun d'eux une terminologie. Ainsi, l'approche sémantique pourrait rester avec ses multiples valeurs, au niveau communicationnel ou discursif, le terme thème serait conservé, quant à la fonction syntaxique sujet, la terminologie de sujet serait conservée pour désigner aisément le constituant sujet, surtout que nous convenons avec Martinet que la terminologie est un problème de convention.

L'intérêt de ce travail est de mettre à la portée des utilisateurs des terminologies que sont les chercheurs et les formateurs, un outil de travail. C'est dans ce sens que nous avons amorcé ce bilan des appellations du sujet. Ceci pourrait même s'étendre à d'autres notions.

Toutefois, ce travail s'ouvre sur une autre préoccupation : l'impact des appellations du sujet sur l'enseignement.

 

TABLEAU RECAPITULATIF DES DIFFERENTES TERMINOLOGIES DU CONSTITUANT SUJET

A la suite d'une présentation littérale de l'inventaire des terminologies, nous avons jugé opportun de faire une synthèse de nos investigations sous forme de tableau dans la perspective de mettre en lumière les éléments saillants du bilan de la terminologie du constituant sujet.

Terminologie

Auteur

Ouvrage

Editeur et ville

Année

1. Terminologies sémantiques

1.1. SUJET

ARRIVE, M et alii

La grammaire d'aujourd'hui : Guide alphabétique de linguistique française

 

1997

MARTINET, A

Syntaxe structurale

 
 

GREVISSE, M.

 
 
 

1.2. THEME

WAGNER et PINCHON

 
 
 

1.3. SUJET APPARENT /

SUJET REEL

GREVISSE, M.

 
 
 

BAYLON ET FABRE

Op cit.

 
 

2. Terminologies Morphosyntaxiques

2.1. SN1

DUBOIS

 
 

1976

2.2. PRIME ACTANT

TESNIERE, L.

 
 

1976

2.3. PRIMUS

SCALIGER cité par CHEVALIER, J.

Op cit

 

1968

2.4. RÉGENT

GALICHET

 
 

1971

2.5. SN0

ROBERGES, Y.

Une brève introduction aux concepts de la syntaxe générative,

Université de Toronto

2002

2.6. N0

BEACCO, J. Cl. Et PORQUIER R.

Grammaire d'enseignants et grammaire d'apprenants de langue étrangère, in Langue française n° 131

Paris CEDEX

2001

BIBLIOGRAPHIE

1 - OUVRAGES GENERAUX

 
 

- ARNAULD, A. et LANCELOT, (1969)

Grammaire générale et raisonnée, Republication Paulet.

- ARRIVE, M. et alii. (1997)

La grammaire d'aujourd'hui : Guide alphabétique de linguistique française, Paris Flammarion.

- AUROUX, S. et alii (1996)

Histoire et grammaire de sens,

- BAYLON, C. et FABRE, P. (1973)

Grammaire Systématique de la Langue Française, Paris, Nathan.

- BAYLON, C. et FABRE, P. (1978.)

La sémantique, Paris, Nathan.

- BIDOIS (Le), G. et BIDOIS (Le), R. (1935)

Syntaxe du Français Moderne, Paris, Auguste Picard.

- BONNARD, H. (1989)

Code du français Courant, Magnard.

- BOUIX LEEMAN, D. et alii. (1990)

Grammaire par l'observation et l'usage, 3ème, Paris Larousse.

- BRUNOT, F. et BRUNEAU, C. (1964).

Précis de Grammaire Historique de la Langue Française, Paris, Masson et Cie.

- CHARAUDEAU, P (1994).

Grammaire du sens et de l'expression, Paris, Hachette.

- CHEVALIER, J C (1989)

Grammaire Larousse du Français Contemporain, Paris, Larousse.

- CHEVALIER, J C (1968)

Histoire de la Syntaxe : Naissance de la notion de complément dans la grammaire (1530-1750), Genève, Droz,

- COMBETTES, B. et alii (1977)

Vers la maîtrise de la langue, l'enseignement de la langue 1 : Bâtir une grammaire (6e et 5e), Paris, Delgrave.

- CREISSELS, D. (1995)

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- DUBOIS, J. (1967)

Grammaire Structurale du français, 2. Le verbe, Paris, Larousse.

- GARDES-TAMINE, J. (1998)

La Grammaire : 2. Syntaxe, Paris, Armand Colin.

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Grammaire structurale du français Moderne.

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Grammaire de la phrase française, Paris, Hachette.

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Le Bon Usage, 13è édition, J. DUCULOT.

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MARTINET, A. (1979)

Grammaire fonctionnelle du français, Paris, Crédif.

MOIGNET, G. (1981)

Systématique de la Langue Française, Paris, Klincksieck.

MULLER, Cl. (2002)

Les Bases de la Syntaxe, Pessac, PUB.

PETIOT, G. (2000)

Grammaire et linguistique, Armand Colin, Paris, SEDES.

POPIN, J. ( 1993)

Précis de grammaire fonctionnelle du français.1. Morphosyntaxe. Paris, Nathan.

RIEGEL,M. et alii (1994)

Grammaire Méthodique du Français, Paris, PUF.

TESNIÈRE, L. (1976)

Eléments de Syntaxe Structurale, Paris, Klincksieck.

WAGNER, R-L. et PINCHON, J. (1962)

Grammaire du français classique et moderne, Hachette.

WILMET, M. (1998)

Grammaire critique du Française, Paris Hachette.

 
 

2. ARTICLES

ANDERSON, J M. (2004)

Concepts and Consequences of case grammar in URL :

http: //www.fb10.uni-bremen.de/linguistik/dpng.pdf.

ANDERSON J M. et alii. (1998)

The domain of semantic roles in the diversity of linguistic description in studies In Linguistics In Honour, Debrecen: Kossuth University, Angol-Amerikai Intézete in URL :

http : //www.fb10.uni-bremen.de/linguistik/dpng.pdf..

ANDERSON, J M. et alii. (1975)

Langage n°38 : La Grammaire Casuelle, Paris, Didier-Larousse, pp 18-64

HABERT, B. (2005)

Typologie textuelle, acquisition sémantique in URL : http://www.limsi.fr/Individu/habert

BEACCO, J. Cl. Et PORQUIER R. (2001)

Grammaire d'enseignants et grammaire d'apprenants de langue étrangère, in Langue française n° 131, Paris CEDEX.

ONGENE ESSONO, Ch. (2001)

Langue et Communication : L'incommunication en discours pédagogique :

le cas de la fonction sujet, Université de Yaoundé I

ROBERGES, Y. (2002)

Une brève introduction aux concepts de la syntaxe générative, Université de Toronto URL : http :iiwww.chass.utoronto.ca.french/ling/equipe/roberges

3. MEMOIRE

ESSAKA, M. (1997), La grammaire des cas de 1968 à 1989, Université de Nancy

II, Faculté de Lettres UFR Science du Langage in URL :

http:/www2.umist.ac.uk/isd/lwd/apt/manuella/lcs/cg.

4. THÈSE

BANDOLO, Ch. R. épouse

ONGUENE ESSONO (1992), Valence et complémentation verbale dans Bonjour tristesse

de F. SAGAN, Thèse de Doctorat 3è cycle de grammaire

française, Université de Yaoundé, F.L.S.H.

5. DICTIONNAIRES

DUBOIS, J. et alii (1973) Dictionnaire de linguistique, Paris, Larousse.

DUCROT, O. et alii (1995)

Nouveau dictionnaire des sciences du langage, Seuil.

TABLE DE MATIERES

DÉDICACE

REMERCIEMENTS

INTRODUCTION GÉNÉRALE......................................................... 1

CHAPITRE 1 : LA TERMINOLOGIE DU SUJET : APERÇU THÉORIQUE.6

1 - LA PERCEPTION PRÉCLASSIQUE DE LA FONCTION SUJET...... 6

1-1. Le sujet dans l'Antiquité....................................................6

1-2. Le constituant sujet au Moyen-Âge.................................... 7

2 - L'APPROCHE CLASSIQUE DE LA FONCTION SUJET..................10

2.1. La perception du sujet par Port-Royal......................... .......10

2.2. La théorie des néo-classiques................................. . .......11

3 - LE POINT DE VUE DU STRUCTURALISME SUR LA NOTION

DE SUJET........................................................................... ..14

3-1. Le sujet perçu par le fonctionnalisme.......................... .......15

3.2 - Le point de vue du distributionnalisme sur le sujet...... ....... 16

3.3 - L'approche du sujet par le générativisme................. ....... . 18

3.4 - Le sujet vu par la grammaire dépendancielle............. ........19

3.5 - La perception du sujet par la grammaire prédicative.............21

4 - LIMITES DES DEFINITIONS ET DES MODES D'IDENTIFICATION

DU SUJET...................................................................................22

4.1. L'insuffisance dans la définition traditionnelle du sujet...........22

4.2. L'insuffisance dans la définition structurale du sujet... ... ......24

CHAPITRE II : LES TERMINOLOGIES SEMANTIQUES DU SUJET......27

1. ANALYSE DES TERMINOLOGIES LOGICO-SEMANTIQUES DU

SUJET........................................................................... 27

1.1. Sujet ............................................................................27

1.2. Thème...........................................................................28

Sujet logique...............................................................29

Sujet psychologique......................................................30

1.3. Sujet réel/Sujet apparent...................................................31

2. PRESENTATION DE LA GRAMMAIRE DES CAS..............................33

Les concepts de la grammaire des cas...................................34

La notion de Cas............................................... .......... 34

Le cas morphologique.................................. .......34

Le Cas sémantique............................................. 36

2.1.1.2.1.Le cas propositionnel..................................... 36

2.2.1.2.2. Le Cas modal.............................................. .37

2.2. Les principes de la grammaire casuelle ...................................... 38

2.2.1. Un argument ne peut porter q'un seul Cas ............. ...... 38

2.2.2. Un même cas ne peut apparaître qu'une seule fois dans

une phrase simple.......................................................38

2.2.3. Seuls les syntagmes nominaux représentant les mêmes cas

peuvent être coordonnés.............................. ...... . ........39

3. ANALYSE DES VALEURS DU CONSTITUANT SUJET.......................39

Les valeurs du sujet relatives au Cas propositionnel....................40

3.1.1. Agent (A)............................................................... 40

3.1.1.1 Acteur ................................................ .. 41

3.1.1.2. Causateur ............................................ 42

3.1.2. Patient (P)................................................................ 43

3.1.3. Bénéficiaire (B) .......................................................... 44

3.1.4. Datif (D)................................................................... 45

3.1.4.1 Expérimenteur (E)......... .........................45

3.1.4.2. Objet (O)............................................ . 46

3.1.5 Source (S) et But (G).................................................... 47

3.2. La valeurs du sujet générées par le Cas modal.......................... 48

3.2.1 Instrument (I)......... ................................................... 48

3.2.2. Locatif (L). ......... .................................................... 49

3.2.3. Temps (T)................................................................ 50

CHAPITRE 3 : LA TERMINOLOGIE MORPHOSYNTAXIQUE

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand