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Transmission de la politique monétaire dans l'UEMOA: une étude empirique par le canal du taux d'intérêt

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par Théodore-Mennas Hinnoutondji YETONGNON
Université d'Abomey Calavi Bénin - Master économie monétaire bancaire et financière 0000
  

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SECTION 2: Revue de littérature

Dans cette section, nous allons nous intéresser essentiellement aux travaux récents qui consacrent le rôle du taux d'intérêt dans la transmission de la politique monétaire. La première partie décrit les fondements théoriques de la transmission monétaire et la seconde partie est consacrée à la revue empirique.

2-1 : Les fondements théoriques

Une des conditions essentielles pour que les canaux de transmission de la politique monétaire agissent sur la sphère réelle est que la monnaie ne soit pas neutre aux différentes fluctuations de l'activité économique. Pour clarifier cela, nous allons d'abord présenter les arguments qui fondent la non neutralité de la monnaie (ou de ses autres déterminants tels que le crédit, le taux d'intérêt...) dans l'activité économique.

2-1-1 La non-neutralité de la monnaie

Il est aujourd'hui largement admis que si la politique monétaire n'agit que sur l'inflation à long terme, elle affecte les comportements réels à court terme. Cependant, les mécanismes par lesquels la politique monétaire propage ses impulsions sur les prix et l'économie réelle constituent une source de controverse.

Dans les modèles d'anticipation rationnelle, les variations anticipées de la monnaie ne produisent théoriquement pas d'effet réel; elles sont neutres. La monnaie est alors non neutre si ses variations ne sont pas anticipées ou si les prix sont rigides.

Kashyap et Stein (1994) citent comme troisième condition nécessaire à l'existence d'un canal distinct du crédit un ajustement imparfait des prix `'Si les prix s'ajustent sans friction (...) à la fois le bilan des banques et des entreprises vont rester inaltéré en terme réel. Dans ce cas, il ne peut y avoir d'effets réels de la politique monétaire ni à travers le canal du crédit ni à travers le canal conventionnel de la monnaie.» (Page 226)

Les rigidités de prix constituent un premier fondement microéconomique de l'effet de liquidité. Dans une perspective dynamique, l'offre de monnaie suit un processus autorégressif, de sorte qu'un choc monétaire persiste au cours du temps.

Si la production est déterminée par la demande, et si la contrainte d'encaisses préalables est saturée, alors une augmentation de la masse monétaire entraîne une diminution du taux d'intérêt nominal (effet de liquidité). L'expansion monétaire aura entraîné un desserrement de la contrainte d'encaisses préalables permettant une consommation courante plus importante.

La non-neutralité de la monnaie dans le canal monétaire standard provient du fait que les variations des réserves bancaires peuvent affecter les taux d'intérêt réels.

La causalité entre les réserves bancaires (ou, dans un sens plus large, agrégats monétaires) et les taux d'intérêt à court terme est exploitée par les banques centrales. Même si, parfois, elles utilisent (sur une durée plus ou moins variable) les taux d'intérêt nominaux comme instrument et non comme cible intermédiaire (fixation administrative d'un taux directeur par exemple).

Une politique monétaire expansionniste, à un instant donné, a des conséquences dynamiques, notamment si les agents privés anticipent qu'elle se renouvelle. En supposant que l'investissement est une fonction décroissante du taux d'intérêt réel, une baisse du taux nominal entraîne une hausse de la demande de biens.

Si les prix sont flexibles, le niveau général des prix augmente et résorbe la demande excédentaire. La production réelle reste inchangée. C'est l'effet Fisher, dont les modèles de cycles réels soulignent le caractère dominant.

Si les prix sont rigides en revanche, à l'équilibre de court terme, le taux d'intérêt réel diminue. Cette baisse stimule l'investissement et la production en termes réels.

Cet effet est nommé « effet Mundell-Tobin ».

La non-neutralité de la monnaie passe également par des effets encaisses réelles et de richesse, qui jouent sur la consommation.

Alors que les modèles à prix rigides révèlent un effet de liquidité à travers la substitution optimale entre consommations présente et future en fonction du taux d'intérêt réel ; les modèles à participation limitée supposent une autre friction qui empêche cette substitution d'une période sur l'autre.

De façon générale, ces modèles imposent une participation limitée de certains agents à certains marchés (Lucas (1990), Grossman et Weiss (1983). Si la banque centrale décide d'une politique monétaire expansive, les encaisses supplémentaires ne seront distribuées qu'aux agents visitant la banque à cette période là.

Dès lors, l'injection monétaire a un caractère asymétrique qui produit des effets réels. En effet, l'injection monétaire provoque une anticipation de hausse des prix. Pour les agents à la banque le niveau d'encaisses réelles reste inchangé, de même que leur consommation réelle. Pour les agents hors banque qui ne peuvent augmenter leurs encaisses nominales, l'injection monétaire se traduit par une réduction de leurs encaisses réelles, donc de leur consommation réelle.

Le surcroît d'épargne réelle ainsi dégagée finance l'investissement réel, et l'ajustement opère via une réduction du taux d'intérêt réel. Cependant, le taux d'intérêt n'est pas le seul prix relatif par lequel la politique monétaire transmet ses impulsions.

Considérons un monde à quatre actifs, la monnaie, les obligations à court terme, les obligations à long terme et les actions, définissant trois prix relatifs. Si la banque centrale accroît la base monétaire, les agents disposent d'encaisses supérieures au niveau désiré.

Cette richesse supplémentaire est dépensée sur le marché des titres, mais surtout sur le marché du capital pour les monétaristes.

Les prix des obligations et du capital augmentent. En faisant appel au « ratio q de Tobin », une politique monétaire expansive accroît la demande d'actions, ce qui augmente leur prix, réduit le coût du capital, et partant augmente l'investissement des entreprises.

Si une appréciation des actions accroît l'investissement via le ratio q de Tobin, elle entraîne également une revalorisation de la richesse privée, ce qui entraîne une consommation croissante et une demande finale plus importante.

De plus en plus, certaines études tentent de souligner une participation importante des taux de change dans la transmission de la politique monétaire. Comme pour le taux d'intérêt, la distinction entre taux de change nominal et réel est cruciale.

En effet, des rigidités nominales, affectant des variables internes (salaires, taux de change nominal, prix nationaux), entraînent un sur-ajustement du taux de change réel (Taylor (1993)). Dès lors, ces rigidités amplifient l'impulsion monétaire initiale: l'effet de liquidité relançant la demande interne est complété par un sur-ajustement du taux de change réel tirant la demande étrangère.

Le canal du crédit peut aussi expliquer la non-neutralité de la monnaie. Certes, il serait absurde de contester que les prix relatifs des actifs propagent les impulsions monétaires, mais de nombreux économistes ont souligné la discordance entre le caractère modéré des chocs initiaux et l'ampleur parfois démesurée des cycles réels (Christiano, Eichenbaum et Evans (1998), Bernanke et Gertler (1992)).

Ces phénomènes appellent des explications alternatives ou au moins complémentaires, qui reposent sur une hypothèse commune: les imperfections constatées sur le marché financier propagent et amplifient les effets des prix relatifs.

D'une part, l'information asymétrique rend les financements internes et externes imparfaitement substituables. D'autre part, les différentes formes de finance externe, notamment le crédit bancaire et l'endettement obligataire, ont une substituabilité imparfaite, tant pour les emprunteurs que pour les prêteurs.

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld