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La radiodiffusion au cameroun de 1941 à 1990

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par Louis Marie ENAMA ATEBA
Université de Yaoundé I - Master II en Histoire des Relations Internationales 2011
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II.1.2. Radio-Yaoundé

L'importance de Radio-Yaoundé s'expliquait par le fait que Yaoundé était le siège des institutions politiques de la France au Cameroun et abritait ainsi un nombre important de Français. Voilà pourquoi l'administration coloniale avait élargi la portée de ses émissions, en améliorant la qualité de son émetteur et en intensifiant son activité.

En 1954, le Cameroun sous tutelle française est frappé de plein fouet par les manifestations nationalistes de l'U.P.C. Ainsi, en 1955, la gestion de la station de Radio-Douala, de même que les programmes de développement d'une radiodiffusion camerounaise, sont confiés à la SO.RA.FOM. À Yaoundé, la SO.RA.FOM. installe deux émetteurs, respectivement celui d'un kW en ondes moyennes, et celui de 4 kW en ondes courtes.

Animée par l'ambition de préserver les intérêts de la France, l'administration coloniale avait décidé de coordonner l'information de la radiodiffusion au Cameroun. Mais cette coordination était impossible, tant que la radiodiffusion était installée à Douala. Il convenait donc d'en prévoir la transmission à Yaoundé, dans des délais brefs. La fusion effective entre la radio et l'information aidant, il avait été créé un poste émetteur, en contact direct avec le Haut-Commissaire, et les organes du gouvernement. Le gouvernement assurait le contrôle des émissions et la réalisation des programmes plus complets. L'installation du poste de radiodiffusion à Yaoundé permit de couvrir les diverses régions du Cameroun30(*), avec un émetteur d'un kW.

II.1.3. Radio-Garoua

La création de Radio-Garoua devait assurer le rayonnement de la radiodiffusion camerounaise à travers le Nord du pays, en se conformant au traditionalisme de son auditoire, attaché à l'Islam, et aux systèmes des lamidats31(*).

Radio-Garoua était considérée comme une radio régionale. La mission des radios régionales était de rapprocher les populations de la radio coloniale, et leur inculquer des savoir-faire dans leurs activités respectives. Les émissions de Radio-Garoua étaient ainsi destinées à donner aux autochtones des conseils d'hygiène, de santé, et sur l'économie pratique. Elles s'adressaient notamment aux agriculteurs et aux éleveurs. Le but majeur étant de soutenir le développement économique. Il avait été prévu la diffusion des conseils agricoles en fulfulde ou foulani, et en haoussa. Radio-Garoua était de ce fait utilisée comme palliatif de l'insuffisance des services d'encadrement32(*). La radio devait donner à la population paysanne des informations brèves et rapides appelées « microprogrammes », afin d'assurer une amélioration quantitative et qualitative de leur productivité agricole. Elle était également destinée à amorcer la structuration des groupements coopératifs. L'une des caractéristiques fondamentales de Radio-Garoua était son rôle dans la démocratisation de la communication par une large participation des hommes et des femmes de la localité à ses différentes utilisations. Cette démocratisation se manifestait aussi par la forme que devait prendre la radio. Par exemple, la radio diffusait des émissions éducatives et intégrait des valeurs et du savoir-faire locaux, pour maximiser l'auditoire.

Dans le souci de confirmer la radio comme moyen de consolidation de l'efficacité du système tutélaire, l'administration coloniale avait manifesté le désir d'en assurer le contrôle. Ainsi, Radio-Garoua n'avait pas de personnalité juridique propre, tout comme les autres stations de radio provinciales du pays, avec lesquelles elles constituaient la R.D.C. Sa gestion était directement assurée par le gouvernement national33(*). Cet hégémonisme du gouvernement sur Radio-Garoua avait été justifié plus tard par la thèse selon laquelle les médias étaient appelés à participer à l'émergence des états-nations, mais aussi à jouer un rôle de premier plan dans leur consolidation34(*). À sa création, Radio-Garoua était unique à la région du Nord-Cameroun35(*).

* 30 A N Y., 1.AC. 7548, Radiodiffusion de Commandement, Extension, 1955, p.3-6.

* 31 Nom donné à l'organisation politique et sociale des peuples du Nord-Cameroun, organisation axée sur un pouvoir et une autorité absolus du Chef sur ses sujets.

* 32 Programme des radios régionales au Cameroun.

* 33 Le premier gouvernement camerounais avait été formé avant la fin du système de tutelle, suite à la mise en oeuvre de la Loi-Cadre de Gaston Défferre en 1957, donnant au pays une autonomie interne et la possibilité de créer ses institutions politiques.

* 34 Deni, B., P., et Lecomte, Sociologie du Politique, Tome II, Grenoble, P.U.G. 1999, p. 106.

* 35 Francis A., Fogue Kuate, « La situation de la Radiodiffusion de service public dans la partie septentrionale du Cameroun avant l'inauguration de l'émetteur de la B.B.C. à Garoua », in Le Messager, n° 2633, 16 juin 2008, p. 9.

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