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La radiodiffusion au cameroun de 1941 à 1990


par Louis Marie ENAMA ATEBA
Université de Yaoundé I - Master II en Histoire des Relations Internationales 2011
  

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I.2.2. Des étapes difficiles

Le Cameroun avait connu une radio émergente pendant les années 1950. Cela était le reflet d'une vie politique démocratique, impulsée par plusieurs courants de pensée et des partis politiques.

Dès l'indépendance, le gouvernement camerounais s'était attelé à promouvoir la paix et la stabilité du pays. En effet, le Cameroun avait été le théâtre de la guerre civile à partir de 1954. La

tendance radicale de l'U.P.C. de Félix Moumié et Um Nyobè avait alors pris le « maquis »61(*). Ce « maquis » ne s'estompa qu'en 1971, avec la fusillade en public d'Ernest Ouandié, le dernier porte-étendard de l'U.P.C. Le pouvoir politique, installé à Yaoundé en 1958, s'est employé à contrôler le Cameroun, contrasté culturellement pour plusieurs raisons: le clivage entre le Nord, musulman et animiste, peu scolarisé et faisant bloc avec quelques élites, et le Sud, chrétien et animiste, plus scolarisé, et davantage pourvu en infrastructures. À ce clivage, s'ajoutait l'opposition entre la communauté francophone et celle anglophone. La tâche prioritaire du pouvoir politique était de consolider l'unité nationale, et de s'imposer pour durer. Aussi fut-il amené à livrer une vive bataille contre les autres formations politiques, et les médias par lesquels s'exprimaient ces dernières. Les courants politiques, dans le contexte du jeune État du Cameroun d'alors, étaient formés sur des bases tribales et régionales. Combattant l'autre formation politique, le parti dominant s'insurgeait contre le tribalisme et le régionalisme. Inaugurant la maison de la radio en janvier 1965, Ahmadou Ahidjo, alors Président de la République, avait déclaré:

Notre information ne peut se permettre de refléter les clans et les intérêts, les factions et les chapelles. Il y a des pays où la radio joue un rôle considérable dans les affaires de la nation. Puisse-t-elle être ainsi chez nous, tournant le dos à la subversion et au mensonge, mais orientée vers le bien et le salut public62(*).

Lors de la cérémonie d'inauguration de l'émetteur de 30 kW de Nkomo (Yaoundé), le 17 mai 1962, le Président Ahidjo résumait le rôle de l'information sur « la promotion de la prise de conscience nationale et le développement de la communauté ». L'inauguration du nouveau centre d'émission à Buea en 1967 était également une occasion pour Ahidjo de renforcer l'unité nationale. Cette insistance sur l'unité et le consensus était une marque du refus du régionalisme. C'est ainsi que 16 années se sont écoulées, de l'inauguration de Radio-Buea en 1962 à celle de Radio-Bertoua en 1978. Ensuite, l'existence éventuelle d'une presse libre était considérée comme dangereuse pour l'unité nationale. Il était aussi question de « susciter l'enthousiasme et l'adhésion des masses, pour ce qui était des tâches politiques, économiques et sociales, de fournir au peuple des moyens de détente instructifs ». Dans les années qui ont suivi l'indépendance, la régionalisation de la radio n'était pas à l'ordre du jour.

La radiodiffusion du Cameroun avait produit des effets non négligeables au niveau local et international. Ces effets se sont traduits par la promotion de la politique du gouvernement, et le renforcement du patriotisme de ses citoyens.

* 61 Terme utilisé par les Français pour désigner les ténors de l'U.P.C. évoluant dans la « clandestinité », après son interdiction en 1955.

* 62 Amadou Ahidjo, in l'A.P.F., « Bulletin d'Afrique », n°5795, 1er octobre 1965, p.7.

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