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Réflexion sur la prise en compte du changement climatique à  Rennes : eau, végétation & àŪlot de chaleur urbain


par Thibaut FILLIOL
Université de Strasbourg - Master 2 Géographie Environnementale 2016
  

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Conclusion

La densification et l'étalement des zones urbaines, associé à une concentration toujours plus importante d'individus a considérablement augmenté la vulnérabilité des sociétés face à l'occurrence d'aléas pouvant être engendrés par les évolutions climatiques.

La prise de conscience engendrée par ces problématique a permis de faire évoluer les choses concernant l'adaptation des villes face au changement climatique. Cette notion est désormais intégrée aux documents-cadres des villes. C'est d'ailleurs une des préoccupations de la révision du PLU de Rennes, mais surtout de l'élaboration du premier PLUi de la métropole et de ses 43 communes.

L'idée que le changement climatique est inéluctable pousse d'autant plus les collectivités à agir. En effet, même les efforts d'atténuation les plus sévères ne pourraient pas exclure d'autres impacts des changements climatiques au cours des quelques décennies à venir, ce qui rend l'adaptation essentielle, particulièrement pour faire face aux impacts à court terme (IPCC45, 2007). Il est donc important de soulever que les deux volets doivent être appréhendés conjointement, afin de mieux prendre en compte les enjeux liés aux évolutions climatiques.

L'adaptation du territoire rennais passe notamment par une meilleure gestion des eaux pluviales, ainsi qu'une meilleure configuration de la végétation. Les réflexions actuellement menées ont également pour but de réduire l'intensité de l'îlot de chaleur urbain, sujet sensible qui pourrait devenir encore plus problématique dans les prochaines années, si l'effort sur la gestion de l'eau et de la végétation n'est pas renforcé. Si les techniques pour mieux gérer l'eau et favoriser la présence de végétations sont connues, il est plus difficile de trouver les outils pour les mobiliser, notamment au sein des espaces privés. L'évolution des dispositions réglementaires du code de l'urbanisme permettent de saisir cette opportunité, qui est celle de repenser les mesures prises pour une meilleure adaptation du territoire. C'est dans cette optique qu'interviennent les réflexions autour d'un premier coefficient de biotope, qui a pour objectif d'intégrer en un seul outil les principaux enjeux relevés par la collectivité. Ce travail est notamment suivi au sein de Rennes métropole, mais regroupe des acteurs beaucoup plus larges, afin de favoriser l'interdisciplinarité sur les notions qui gravitent autour des nouvelles réglementations. Même si ce travail est engagé, il sera et long et soulève pour le moment encore beaucoup d'interrogations.

A côté de cela, les balades urbaines organisées par Rennes dans le cadre du projet urbain relèvent une certaine envie de voir plus de végétation sur l'espace public rennais. Une étude commandée par l'Union nationale des entreprises du paysage (Unep) chiffre d'ailleurs les impacts positifs des parcs et jardins. Elle démontre une réduction des coûts de santé, des risques liés aux inondations ou aux fortes chaleurs, ainsi qu'une création d'emplois. Il apparaît que 10% d'espaces verts en plus dans un rayon d'un kilomètre permettrait de réaliser 56 millions d'euros d'économie sur le traitement de l'asthme et 38 millions sur l'hypertension pour l'assurance santé.

45 IPCC : Intergovernmental Panel on Climate Change

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S'ajoute à cela l'attractivité de la ville qui est généralement plus importante lorsqu'elle propose des espaces verts en quantité, mais aussi en qualité.

La réflexion autour de la végétation et de la biodiversité à Rennes permettra également de repenser les usages des espaces, notamment les modes doux, comme l'utilisation du vélo, qui reste assez faible au sein de la ville.

Il y a aussi l'idée de co-bénéfice qui émerge. Cette notion permet d'appréhender le changement climatique comme un aspect positif, qui permettrait à certains secteurs de se développer, notamment le tourisme à Rennes, mais plus largement en Bretagne. Cette notion reste cependant à modérer, car il est probable que la liste d'effets négatifs engendrés par le changement climatique soit plus importante que les aspects positifs.

À partir du 1er Janvier 2017, il est possible que le service « voirie » arrête de désherber les rues, ce qui engagerait la responsabilité des riverains et permettrait de favoriser les réflexions menées sur l'espace public. Cette mesure doit cependant encore faire officie d'une validation politique.

Enfin, il est important de préciser que dans le domaine de l'aménagement et de l'urbanisme, le temps se compte en années voir en dizaines d'années. Ceci implique que les effets des futures réglementations pourraient prendre de nombreuses années avant d'être connus. Il faudra donc probablement attendre une dizaine d'année pour pouvoir bénéficier de retours d'expériences solides sur les réflexions menées actuellement à Rennes.

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