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Les facteurs de l'exclusion bancaire au Cameroun.

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par Paule Danielle MEKA'A EBANG
Université de Yaoundé 2-SOA - Master 2 2013
  

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II.2- Le recours aux fournisseurs alternatifs de services financiers

Selon Dunham (2001), il existe l'alternative du secteur non bancaire pour les individus qui ne peuvent pas braver les barrières à l'accès aux services bancaires. Au Cameroun, la microfinance et les tontines constituent, à titre principal, cette alternative.

II.2.1- La ruée vers les institutions de microfinance

La microfinance tire ses origines du microcrédit, pratique élaborée dans les années 1970 par Mohammad Yunus et qui consiste à accorder des prêts à des personnes

31 Voir en annexe l'article 3 de l'arrêté du Ministre des Finances portant institution d'un service bancaire minimum garanti.

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Les facteurs de l'exclusion bancaire au Cameroun

très pauvres, ne remplissant pas les conditions requises pour se financer auprès du circuit bancaire traditionnel. L'objectif est de permettre à ces personnes de mener des activités productives ou génératrices de revenus, dans l'optique de les extirper de la misère.

Au fil du temps, cet outil d'intégration socio-économique des couches défavorisées a vu sa gamme de services s'élargir pour inclure désormais l'épargne, l'assurance, les transferts d'argent etc.

La flexibilité, la simplicité des procédures, la proximité et la bonne qualité des services offerts par les IMF, en font l'expédient par excellence pour les personnes mal servies du système bancaire classique.

Ces traits caractéristiques de la microfinance ne laissent pas indifférentes la population camerounaise. La forte densité des IMF sur le territoire national en constitue la preuve palpable, ainsi que le montre le tableau suivant :

Tableau 3.1 : réseau des IMF du Cameroun.

 

Centre-
Sud-Est

Grand
Nord

Nord-
Ouest/
Ouest

Littoral/Sud-
Ouest

Total

1ère catégorie

53

7

37

43

140

2ème catégorie

15

2

8

18

43

3ème catégorie

/

2

/

2

4

CAMCCUL

10

23

80

63

176

CMEC

/

/

27

/

27

CVECA

34

9

/

/

43

MUCADEC

6

/

/

/

6

Total

118

43

152

126

439

Source : MINFI, juin 2013.

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Les facteurs de l'exclusion bancaire au Cameroun

A l'observation, les IMF sont effectivement présents dans toutes les régions camerounaises. On observe cependant une préférence pour le Centre-Sud-Est, le Littoral/Sud-ouest et le Nord-Ouest, sûrement en raison de la forte demande émanant des populations qui y vivent.

Par ailleurs, on observe que le nombre d'IMF implantées au Cameroun est le double des agences bancaires y recensées. Ceci confirme que les EMF s'appliquent à réduire au minimum les barrières physiques à l'accès aux services financiers.

Cette place de choix qu'occupe la microfinance dans l'économie camerounaise32 est également confirmée par des statistiques collectées auprès du MINFI. Ces dernières révèlent que l'offre de crédit par les IMF s'élevait à 63,5 milliards de francs CFA au 31 décembre 201333. La ventilation de ces crédits par secteurs d'activités est donnée par le graphique ci-après.

32Si l'implantation de la microfinance au Cameroun date du milieu des années 1960, on observe un important développement de ce secteur au début de la décennie 1990. Cela s'explique principalement par les faillites bancaires causées par la crise économique des années 1980 qui a d'une part, entamé la confiance des agents envers le système bancaire traditionnel et d'autre part, amené les licenciés des banques à se reconvertir dans la microfinance (Avom et Eyeffa, 2007). En outre, cette expansion de la microfinance se justifie par la frilosité des banques à financer l'économie au lendemain des restructurations (Joseph, 2000).

33 Au même moment, le montant total de crédits accordés par le système bancaire s'élevait à 2264,5 milliards de francs CFA. La contribution des IMF au financement de l'économie est peut-être encore marginale (les encours de crédit des banques s'élevaient à 2 201 milliards de francs CFA contre seulement 63,5 milliards pour les IMF), mais la croissance de ce secteur semble prometteuse.

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Les facteurs de l'exclusion bancaire au Cameroun

Graphique 3.3 : ventilation des crédits octroyés par les EMF par secteurs d'activités

crédits aux commerçants 53,2% crédits à la consommation 12% crédits à l'habitat 11,50%

crédits à l'agriculture 10,1% autres crédits 9,20%

crédits au secteur des services 3% crédits à l'artisanat 0,60%

Source : MINFI, 2014.

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