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Analyse vibratoire et estimation de la durée de vie résiduelle des composants mécaniques de guidage en rotation


par Gilles Yowel MASSALA MBOYI
Université des Sciences et Techniques de Masuku - Ingénieur en Réseau & Télécom 2018
  

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CONCLUSION 

Au terme de ce chapitre on peut retenir que les données exploitées dans ce travail émanent d'un challenge intitulé IEEE PHM 2012 Data Challenge, organisé par l'IEEE Reliability Society en collaboration avec l'institut FEMTO-ST. Les expériences ont été menées sur la plateforme PRONOSTIA qui permet d'accélérer le processus de dégradation des roulements. Parmi les roulements testés, six d'entre eux ont été utilisés jusqu'à l'usure afin de permettre la conception du modèle théorique d'estimation du temps de survie. Les onze autres roulements qui n'ont pas été utilisés jusqu'à l'usure permettent de tester le modèle afin de prédire leurs temps de vie restant.

Le signal vibratoire a été prélevé à l'aide de deux accéléromètres placés dans le plan horizontal et vertical du roulement. La fréquence d'échantillonnage a été fixée à 25,6 kHz et les données ont été enregistrées dans des fichiers ASCIInommées acc_XXXXX.csv. Un fichier correspond à instant de prélèvement.

Pour finir, nous avons souligné le fait que les méthodes conventionnelles d'estimation du temps de survie des roulements, à l'instar de la durée nominale L10, étaient inefficaces dans notre cas. Ce constat nous conduit au chapitre suivant qui sera axé sur la conception des algorithmes d'estimation du temps résiduel utiles des roulements à billes.

CHAPITRE 5 : DETECTION D'ANOMALIES SUR LA SIGNATURE FREQUENTIELLE ET ESTIMATION DU TEMPS DE SURVIE

INTRODUCTION 

Les résultats expérimentaux obtenus ont clairement montré les limites des méthodes classiques de calcul du temps de vie des roulements, à l'instar de la durée nominale L10. C'est dans l'optique d'apporter une solution palliative à ce problème que cettesection décrira une méthodologie d'estimation du temps résiduel utile des roulements testés en deux étapes majeures. De prime abord il sera question de la détection des premiers défauts par analyse spectrale du signal vibratoire, puis l'approximation du temps de survie. Le modèle théorique présenté ici a été proposé par une équipe d'étudiants du département génie mécanique du centre d'ingénierie du cycle de vie avancé (CALCE en anglais pour Center for Advanced Life Cycle Engineering). Cette équipe a remporté la première place du PHM 2012 Data Challenge dans la catégorie académique.

L'ensemble des scripts utilisés dans cette partie ont été implémentés dans l'environnement développement intégré dans MATLAB, logiciel optimisé pour les traitements des signaux.

5.1 La détection des premiers défauts

Un défaut est détecté lorsqu'on observe un changement dans le spectre du signal, soit par l'apparition des pics très élevés ou par la disparition d'une gamme fréquentielle. Le spectre de fréquences est généré via l'algorithme de la transformée de Fourier rapide noté FFT (Fast Fourier Transform) déjà implémenté dans MATLAB.

Le spectre doit être déterminé pour tous les signaux prélevés pendant le test du roulement et l'observation de tous les spectres doit se faire sur un seul graphe afin de bien voir comment évolue les magnitudes des fréquences d'un spectre à l'autre.

Pour obtenir ce résultat, nous avons implémenté une fonction que nous avons baptiséevue_3d.m. Les grandes lignes de son algorithme sont les suivantes :

Début algorithme

Récupération du nombre de fichiers (instants de prélèvement) du roulement traité

Fixation de la fréquence d'échantillonnage Fe = 25600 Hz

Pour i allant de 1 au nombre de fichiers traités

Construction du nom du fichier à exploiter

Extraction des données contenues dans le fichier traité

Récupération de la colonne d'accélération horizontale

Récupération de la colonne d'accélération verticale

Calcul des spectres des signaux extraits

Construction de la matrice de maillage de l'accélération horizontale

Construction de la matrice de maillage de l'accélération verticale

Fin Pour

Sauvegarde des spectres des signaux dans des fichiers EXCEL

Construction de l'axe des abscisses

Construction de l'axe des fréquences

Troncature des matrices de maillage

Construction des graphes 3d des spectres des signaux

Finalgorithme

Le code source complet de cette fonction sera fourni dans l'annexe A. Toutefois, nous allons décortiquer ligne par ligne l'algorithme ci-dessus.

De prime abord, nous avons récupéré le nombre de fichiers contenu dans le roulement traité. En effet chaque fichier correspond à un instant de prélèvement, tous les fichiers sont contenus dans un répertoire comportant le nom du roulement correspondant. Ces fichiers ASCII contiennent toutes les informations prélevées par les capteurs comme nous l'avons susmentionné dans le chapitre précédent. Pour rendre effective cette récupération de données, nous avons compté l'ensemble des fichiers contenus dans le répertoire du roulement à étudier, ensuite nous avons inscrit ce nombre dans un fichier nommé nbr_files.csv. A l'aide de la fonction loadqui prend en paramètre le nom du fichier, nous avons réussi à importer le contenu de ce dernier dans le logiciel MATLAB et nous avons affecté cette valeur à la variable nbr_files.

La fixation de la fréquence d'échantillonnage a consisté à affecter la valeur de la fréquence d'échantillonnage du signal (elle vaut 25,6 kHz) à la variable Fe.

Ensuite nous avons utilisé une boucle for qui va nous permettre de parcourir tous les fichiers du roulement à traiter. La variable d'incrémentation est notée i.

Pour exploiter les données contenues dans un fichier il faut passer en paramètre le nom de ce dernier à une fonction d'extraction de données, comme les fonctions load, xlsread, csvread, etc. Voilà pourquoi il est important de construire le nom du fichier à exploiter à l'aide de la variable d'incrémentation de la structure itérative for car chaque roulement possède plusieurs fichiers. En effet la structure générale du nom des fichiers est de la forme acc_XXXXX.csvoù la suite XXXXXcorrespond au numéro du fichier qu'on traite. Pour construire le nom du fichier, on converti le nombre contenu dans la variable d'incrémentation i en chaîne de caractère à l'aide de la fonction int2str, puis on fait une concaténation avec la chaîne de caractère acc_ et l'extension .csv à l'aide de la fonction strcat. Le nom du fichier obtenu est affecté à la variable file_name.

Une fois le nom du fichier obtenu, on importe ses données avec la fonction loadet on insère ces informations dans une variable appelée data. Cette variable devient une matrice à 2560 lignes (le nombre d'échantillons récoltés par instant de prélèvement) et 6 colonnes. Chaque colonne correspond respectivement aux données relatives à l'heure, la minute, la seconde, la microseconde, l'accélération horizontale et l'accélération verticale.

Dans MATLAB, pour récupérer la n-ième colonne d'une matrice X, on se sert de la commande X( : , n). Par conséquent, pour récupérer les données de l'accélération horizontale nous avons utilisé la commande data( : , 5) et pour l'accélération verticale nous avons utilisé la commande data( : , 6).

Les signaux temporels d'accélérations sont acquis, maintenant il faut déterminer leurs spectres. Pour se faire, on utilise l'algorithme de la transformée de Fourier rapide FFT. Cette fonction renvoie des valeurs complexes. On calcule ensuite leurs modules respectifs avec la fonction abs. Par exemple, la commande complète pour calculer le spectre de l'accélération horizontale est : abs(fft( data( : , 5))).

Après avoir calculé les spectres des signaux, on les enregistre dans une matrice de maillage dans laquelle chaque colonne correspond au spectre d'un fichier. On déduit aisément que le nombre de colonnes de la matrice de maillage correspond au nombre de fichiers (instants de prélèvements) contenu dans le roulement considéré. Cette matrice de maillage va permettre d'obtenir une représentation en trois dimensions de tous les spectres des signaux prélevés. Si on a un vecteur X de longueurmet un deuxième vecteur Y de longueurn, leur matrice de maillage Z sera de dimension n×m et Z(i ; j) = f(X; Yi). Dans notre cas d'usage, le vecteur X correspond aux numéros des fichiers traités, Y correspond à l'axe des fréquences et la fonction f corresponds au spectre. Par conséquent Z(i ; j) correspond à la magnitude de la fréquences j du fichier numéro i.

A la fin de la boucle for, nous avons deux matrices de maillages contenant chacune les spectres des accélérations horizontales et verticales. Nous sauvegardons toutes ces données dans des fichiers EXCEL à l'aide de la fonction xlswrite. Cette fonction prend en paramètre le nom du fichier dans lequel on souhaite enregistrer les données et la matrice qui contient les données. D'autres fonctions permettent de réaliser cette tâche sur MATLAB, à l'instar de csvwrite et save.

Pour générer le graphe à trois dimensions il nous faut définir l'axe des abscisses, l'axe des ordonnées et l'axe des côtes. L'axe des côtes correspond à la matrice de maillage que nous avons déterminé dans la boucle for.

L'axe des abscisses correspond aux numéros des fichiers (instants de prélèvement). Pour le construire, on génère un vecteur dont les valeurs vont de 1 au nombre de fichiers contenus dans la variable nbr_files qu'on avait créée au début de l'algorithme. Le pas vaut 1.

L'axe des ordonnées correspond aux fréquences du spectre. Un signal numérique est défini par un nombre d'échantillons N relevés à une fréquence d'échantillonnage Fe. Afin de rester cohérent avec les mesures, il est important de respecter les grandeurs physiques impliquées dans le signal. L'axe des fréquences est un vecteur de N points compris entre 0 et Fe. On le génère avec la syntaxe suivante : axe_freq = (0 : N-1)×Fe/N.

Pour finir, on génère le graphe à trois dimensions à l'aide de la fonction mesh. Cette fonction prend en paramètre l'axe des abscisses X qui correspond au vecteur contenant les numéros des fichiers, l'axe des ordonnées Y qui correspond au vecteur des fréquences et Z la matrice de maillage. Aux points X(j) etY(i) elle fait correspondre Z(i ; j).

Nous avons exécuté cet algorithme sur le roulement bearing1_3, et nous avons obtenu les graphes suivants :

Figure 30: vue globale des spectres des signaux d'accélération horizontale

Figure 31: vue globale des spectres des signaux d'accélération verticale

Pour mieux observer l'évolution des pics nous nous sommes proposés d'effectuer une vue de dessus de ces graphes en faisant une rotation autour de l'axe des fréquences. Nous avons obtenu les résultats suivants :

Figure 32: vue de dessus du spectre de l'accélération horizontale

Figure 33: vue de dessus du spectre de l'accélération verticale

Les résultats obtenus ne sont pas très lisibles, cela est dû au fait que tous les pics apparaissent sur le graphe. Pour remédier à ce problème, il faut supprimer les pics sans importance et ne garder que ce qui ont des valeurs élevées. Les données relatives aux deux types d'accélérations sont affichées simultanément sur le même graphe. On obtient dès lors la figure suivante :

Figure 34: détection d'anomalies dans le roulement bearing1_3

On remarque que dans le spectre du signal d'accélération verticale, à l'instant de prélèvement #822 il y'a l'apparition d'une nouvelle gamme de pics de fréquences autour de 5300 Hz. En plus de cela, on remarque également un changement dans le spectre du signal d'accélération horizontale, de l'observation #822 à #1247 une gamme de fréquence qui existait autour de 2500 Hz disparait progressivement.

A toutes fins utiles, il est important de rappeler que chaque numéro d'observation (instant de prélèvement) est équivalent à une durée de 10 secondes.

Une explication physique possible des changements observés dans les spectres des signaux est l'apparition des fissures ou d'autres défauts de surface dans le roulement. Ces phénomènes peuvent justifier le fait que la structure vibre avec de nouvelles gammes de fréquences. Cependant, cette hypothèse ne peut pas être confirmée car aucune information sur l'analyse des défauts n'a été fournie dans le challenge.

En nous appuyant sur les résultats obtenus sur les graphes précédents, nous émettons l'assertion selon laquelle le roulement comporte plusieurs stades de dégradation avant d'atteindre l'usure totale. Certains roulements présentent des stades de dégradations ayant une manifestation graduelle, pendant que d'autres ne montrent aucune tendance puis subitement montrent une croissance brusque de la magnitude des fréquences et s'affaiblit lentement.

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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote