WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les chemins de fer touristiques entre nostalgie et innovation (1957-2007)


par Jean-Jacques MARCHI
Université Bordeaux IV Montesquieu - Master Sciences économiques, option Histoire économique 2007
  

précédent sommaire suivant

Chapitre 3- L'enjeu de la sécurité

1- Un enjeu fort pour un moyen de transport sûr

Les questions de sécurité font une entrée précoce et malvenue sur la scène ferroviaire dès la première journée du premier « vrai » chemin de fer Liverpool - Manchester. En effet, ce jour historique est endeuillé par un accident mortel. Autant dire que la sensibilité des exploitants comme des législateurs vis-à-vis des enjeux de sécurité n'est pas nouvelle.

Les accidents de chemin de fer marquent les mémoires par leur aspect souvent spectaculaire : les chiffres des tués et des blessés sont impressionnants, vu le nombre des personnes transportées. Mais le tapage fait pas les médias autour des accidents ferroviaires ne doit pas occulter un fait fondamental : le train est un moyen de transport extrêmement sûr1 06.

On peut parler, chez les exploitants ferroviaires, d'une « culture de la sécurité ». La sécurité des personnes est au centre des préoccupations. Cela suppose en interne des formations adéquates, l'observation de procédures strictes, des dispositifs de protection adaptés (par exemple un règlement intérieur), des contrôles et des sanctions.

106 Par rapport au train, les risques de blessures sont : 1,4 fois plus élevés en avion - 5,4 fois plus élevés en autocar - 31,1 fois plus élevés en voiture. D'après WWF, DR, DB (s.d.), p 17.

2- Le freinage et la gestion du trafic

Un train consomme environ quatre fois moins d'énergie que l'automobile au Kilomètre. Cela provient du fait que le roulement d'une roue en acier sur un rail en acier est bien plus aisé que celui d'une roue en caoutchouc sur une route goudronnée. Les frottements sont moindres. Cette médaille a son revers : le freinage d'un train est bien plus long que celui d'une véhicule routier. Il faut un bon Kilomètre pour arrêter un train lancé à 100 Km/h.

La formule : e=1 /2 mV2 est bien connue. L'énergie cinétique est égale à la moitié du produit de la masse par le carré de la vitesse. Elle représente l'énergie acquise par un train en marche. Quand la vitesse d'un train double, son énergie cinétique quadruple. Autrement dit, pour arrêter un train qui roule à 100 Km/h, il ne faut pas freiner deux fois plus que pour un train qui roule à 50 Km/h, mais quatre fois plus.

Il existe divers dispositifs de freinage, différents selon les époques et les caractéristiques des matériels. Nous ne les exposerons pas ici. Toutefois, il est important de comprendre que même un train touristique circulant à 20 Km/h ne s'arrête pas immédiatement. En conséquence la conduite d'un train ne se fait pas seulement « à vue » mais bien en anticipant les difficultés et dangers éventuels. La signalisation ferroviaire apporte une aide essentielle.

De même, le profil en long (voir Annexe 3) offre à l'équipe de conduite une première approche la ligne parcourue. Elle indique notamment les déclivités, pour préparer les efforts de traction et de freinage à mettre en oeuvre. Et pour éviter de « planter un choux »107 quand on tracte à la vapeur.

3- Les chemins de fer touristiques, à la fois mieux et moins bien placés

Les chemins de fer touristiques n'échappent pas à ces problématiques de sécurité. Par rapport aux exploitants ferroviaires classiques, ils sont à la fois en meilleure et en moins bonne posture. En meilleure posture, car avec des trafics faibles, des vitesses peu élevées108, les freinages peuvent sembler faciles et les collisions impossibles En moins bonne posture, car il roulent avec du matériel ancien (et donc parfois à bout de souffle) sur des infrastructures ferroviaires relativement dégradées.

107 La locomotive ne produit plus assez de vapeur, elle s'arrête en ligne. Humiliant pour l'équipe de conduite !

108 Dans la plupart des cas entre 10 et 30 Km/h.

Aussi, deux dangers guettent nos chemins de fer touristiques :

-les réparations à la va-vite et/ou à l'économie, en l'absence d'une gestion technique prévisionnelle suffisamment rigoureuse

-le « bricolage », c'est-à-dire des constructions, reconstructions, transformations successives de matériels roulants faites par des amateurs avec des techniques d'amateurs. Autrement dit sans respect des règles de l'art de l'industrie ferroviaire109

précédent sommaire suivant