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Du declin du mythe imperial a l'affirmation de l'identite noire dans Au coeur des tenebres (1902) de Joseph Conrad, Batouala (1921) de Rene Maran et Cahier d'un retour au pays natal (1939) d'Aime Cesaire

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par Amadou Hame NIANG
Université Cheikh Anta Diop de DAKAR - DEA 2008
  

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    UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

    FACULTE DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

    DEPARTEMENT DE LETTRES MODERNES

    Mémoire de DEA

    (Littérature Comparée)

    Du déclin du mythe impérial à l'affirmation de l'identité noire : Au Coeur
    des ténèbres
    (1902) de Joseph Conrad, Batouala (1921) de René Maran et
    Cahier d'un retour au pays natal (1939) d'Aimé Césaire.

    Présenté Par : Sous la direction de :

    M.Amadou Hamé Niang M.Amadou Falilou Ndiaye

    Professeur titulaire

    Année académique
    2007-2008

    REMERCIEMENTS

    Nous tenons, tout d'abord, à adresser nos plus profonds et sincères
    remerciements à notre directeur de recherche Mr Amadou Falilou Ndiaye, qui a
    dirigé ce travail, pour tous ses conseils et ses encouragements avisés ainsi que
    pour ses travaux de recherche qui nous furent d'une aide précieuse. On lui
    exprime notre gratitude pour nous avoir guidés dans ce travail, ménageant son
    temps, son savoir, sa patience pour que ce travail arrive à son terme.

    Nos remerciements sont aussi adressés à nos professeurs Mr Bakary Sarr,
    Mr Alain Juillard, Mr Souleymane Faye, Mr Ousmane Dia, Mr Pape Mody
    Niang, Mme Sarré, Mr Modou Ndiaye et Mr Diarra.

    Nous tenons à remercier également le chef du département des Lettres Modernes
    Mr Ibra Diene.

    Un grand merci à Fatou Konaté et à Augustin Coly qui nous ont assistés,
    conseillés, soutenus tout au long de ce travail.

    Merci à vous tous.

    DEDICACE

    A notre père auquel nous tenons la force, la ténacité et qui a tout sacrifié pour notre éducation.

    A notre mère cet ange de tendresse, de patience et de générosité, dont la voix
    résonne encore dans nos oreilles pour nous

    réveiller à l'aube et veiller ainsi au bon déroulement de nos études.

    A la mémoire de notre défunt grand-père Mamadou Abdoulaye Niang, de nos
    amis Aly Fall et Awa Yombé, de notre oncle Mamadou Yaya Lo.

    Ma reconnaissance est grande vis-à-vis de mon frère Mamadou qui, en dépit de
    la lourde charge familiale, tient à me mettre dans les meilleures conditions pour
    mon épanouissement intellectuel.

    A ma famille : Mamadou, Kadia, Woury, Racky Diop, Mohamed, Boubou,
    Abou, Dieynaba, Kadia Pam, Néné Lo, Racky Mama, Néné Hawa, Kadia
    Samba, Oumouyel, Malick, Ousmane, mes trois homonymes, ma fiancée
    Meissa.

    A mes amis de toujours Chérif Guèye, Korguel Niang, Mohamadou Diop, Abou
    Guèye.

    A mes camarades de promotion.

    A tous nos amis.

    SOMMAIRE

    Remerciements Dédicace

    Sommaire

    Plan détaillé de la thèse 1

    Glossaire 3

    Introduction ..4

    Plan raisonné 8

    Partie rédigée : « Chap.III : Manifestations de la décadence du mythe » ..12

    Bibliographie commentée 25

    - Commentaire d'un ouvrage ..26

    · Homi K Bhabha, Les lieux de la culture. Une théorie postcoloniale

    (2007) 27

    - Commentaire d'un article .31

    · Jacques Chevrier, « Les romans coloniaux : enfer ou paradis ? » .32

    Bibliographie générale 37

    PLAN DETAILLE DE LA

    THESE

    INTRODUCTION GENERALE

    Première partie : Mythe de l'Afrique et de l'Africain Chapitre I : Imaginaire exotique du cadre naturel

    I.1 : L'Ailleurs comme subversion du décor littéraire traditionnel

    I.2 : Evolution du mythe vers une altérité géographique

    Chapitre II : D'autres hommes : perception mythique de la différence

    II.1 : Opposition Sauvage et Civilisé

    II.2 : Permanence du mythe de l'indigène

    Deuxième partie : Déclin du mythe impérial

    Chapitre III : Manifestations de la décadence du mythe

    III.1 : Expression du malaise impérial

    III.2 : Emergence d'un contre discours colonial

    Chapitre IV : Formes de résistance à l'Empire

    IV.1 : Nature hostile

    IV.2 : Indigènes insoumis

    Troisième partie : Identité et esthétique négro-africaine Chapitre V : Revendication de la différence

    V. 1 : Négritude : conquête d'une identité

    V.2 : De l'expérience impériale à l'attitude du Noir face à l'avenir

    Chapitre VI : Processus de contestation de la domination européenne

    VI.1 : Modes d'expression du discours négro-africain

    VI.2 : Rhétorique pour une civilisation de l'universel

    CONCLUSION GENERALE

    BIBLIOGRAPHIE GENERALE

    GLOSSAIRE

    Nous utiliserons les abréviations suivantes tout au cours de cette étude :

    Cahier : Cahier d'un retour au pays natal C .t. : Au Coeur des ténèbres

    Batouala : Batouala

    INTRODUCTION

    L'expansion de l'impérialisme occidental est accompagnée de la volonté de mythifier les terres et les hommes que l'Europe soumettait à sa domination. Il fallait justifier les conquêtes puis la colonisation. Aussi l'Afrique et les Africains sont-ils vus à travers des prismes enchanteurs. La « vacuité » et la « sauvagerie » sont les ténèbres dont l'Occident se voit investi de la « mission » de civiliser.

    Le mythe est érigé en doctrine dans les textes littéraires, les travaux anthropologiques et ethnologiques encourageant la volonté impérialiste. Dans son livre Le Nègre romantique (1961), Léon-François Hoffman remonte jusqu'à la Chanson de Roland, pour passer en revue les images successives que les écrivains français se sont formés du Nègre. Dans cette présente étude, notre champ d'analyse étudiera le mythe de l'Afrique et de l'Africain dans la période comprise entre la seconde moitié du XIXe siècle et l'aube du XXe siècle. Cette période coïncide aussi bien avec l'apogée du mythe impérial que l'apparition des premiers signes de son déclin. Elle se caractérise par une curiosité grandissante des « terrae incognitae ». En France ainsi qu'en Angleterre, la conscience collective de l'époque est fortement influencée par les textes évoquant la grandeur de l'Empire, avec la mission impérative d'apporter ailleurs la Civilisation. Les récits exotiques, en particulier Le roman d'un spahi (1881) de Pierre Loti et de Kim (1901) de Rudyard Kipling cristallisèrent le mythe de « l'homme blanc supérieur ». Ainsi, on retrouve dans la masse textuelle, allant des revues et aux périodiques de tous genres, la volonté de percer le mystère des espaces inconnus et la mentalité des populations indigènes. L'interprétation de la culture de l'Autre s'effectue à travers des stéréotypes et clichés racistes. Par ailleurs, l'imagination narrative établit une dualité manichéenne entre l' « ici » et l' « ailleurs », chargeant le récit de métaphores et de symboles dégradants. Il s'agissait de présenter l'Autre, appelé aussi « sauvage » avec des attributs démoniaques, l'Ailleurs, comme une terre de désolation, marquée par la malédiction. Ces discours justifiaient et légitimaient la colonisation.

    Mais au tournant du siècle, des voix s'élèvent pour dénoncer les conditions déshumanisantes dans lesquelles sont réduites les populations indigènes. Notre analyse partira des études postcoloniales pour voir que malgré l'apologie de la grandeur impériale, s'insinuent en filigrane dans les récits des doutes bouleversant la stabilité de l'Empire. Dans Culture et Impérialisme (1993), Edward Said s'appuie sur la critique littéraire pour revenir sur les interprétations erronées de la représentation du monde non occidental, évoquées déjà en 1978 dans L'Orientalisme. L'Orient crée par l'Occident. Il montre comment apparaît implicitement l'esthétique de la résistance à l'empire chez des auteurs tels Joseph Conrad, Rudyard Kipling, Albert Camus, Giuseppe Verdi, Charles Dickens. Homi Bhabha prolonge cette pensée dans Les lieux de la culture. Une théorie postcoloniale (1994). Mais ce sont les travaux de Frantz Fanon, Albert Memmi, Patrick Chamoiseau, Aimé Césaire qui vont tenter de redécouvrir et de se réapproprier le passé des indigènes que l'autorité coloniale a toujours nié. Quant à Homi Bhabha, il invite même à dépasser l'ordonnancement du monde, construit sur l'opposition binaire entre « eux », les Autres, et « nous », les Européens. Le caractère éminemment conflictuel de ces notions sera exploré par Bernard Mouralis dans Les contre-littératures (1975) où il montre que l'avènement du texte négro-africain change la conception de la différence.

    C'est dans ce contexte dense de la critique postcoloniale que nous allons soumettre l'étude des textes de notre corpus : Au Coeur des ténèbres (1902) de Joseph Conrad, Batouala (1921) de René Maran et Cahier d'un retour au pays natal (1939) d'Aimé Césaire.

    Ces trois textes illustrent chacun une période donnée de l'histoire du malaise dans la relation entre colonisateurs et colonisés. L'Afrique qui se profile dans la nouvelle de Conrad est un lieu mythique, à la fois distant et vaguement familier. Pour Maran, le mythe de l'Afrique « sauvage » et particulièrement de l'indigène « irréfléchi » relève du stéréotype déstabilisateur. Aimé Césaire, dans son poème, va au-delà du doute conradien, de l'inhumanité supposée des Noirs et de

    la dénonciation des abus coloniaux chez Maran. Il préconise un homme noir débarrassé de ses complexes pour revendiquer son identité culturelle.

    Ce schéma n'est pas exhaustif des nombreuses questions que soulève notre sujet. Les contextes de production et de réception expliquent la complexité de la problématique.

    Quels sont les traits caractéristiques du mythe de l'Afrique et de l'Africain dans le discours littéraire ? Comment la relation du texte à l'environnement socioculturel peut-elle engendrer le mythe et son déclin ? Sur quoi repose l'existence de la différence ? Quelles sont les modalités de construction et de représentation de l'identité ?

    Nous nous intéresserons à la manière dont les textes de notre corpus s'ouvrent sur « leurs différences par rapport aux assertions du centre impérial »1. Il est probable que l'expérience des écrivains ait déteint sur leurs récits. Pour autant qu'ils ne restituent qu'une vision généralisée de leur époque, le mythe de l'Autre ne parait-il donc pas, avant tout, lié à la subjectivité et à la position de l'observateur ? Dans Mythologies (1957), Roland Barthes note que « l'astuce profonde de l'opération -Bichon, c'est de donner à voir le monde nègre par les yeux de l'enfant blanc : tout y a évidemment l'apparence d'un guignol »2. De même, dans Mimésis. La représentation de la réalité dans la littérature occidentale (1969), Auerbach s'interroge sur l'ambivalence entre l'imitation fictionnelle du réel et l'écart signifiant par rapport à ce réel.

    Dans la première partie de cette étude, nous étudierons le mythe de l'Afrique et de l'Africain. La deuxième partie sera une réflexion sur le déclin du mythe impérial et la troisième partie sera consacrée à l'analyse de l'identité et de l'esthétique négro-africaine.

    1 B. Ashcroft, G. Griffiths, H. Tiffin, The Empire Writes back. Theory and Practice in Post-colonial Literatures, Londres, Routledge, 1989, p.3, Cité par J-.M. Moura, Littératures francophones et théorie postcoloniale, Paris, PUF, 1995, p.5.

    2 Roland Barthes, Mythologies suivi de Le Mythe, aujourd'hui (1957) in OEuvres complètes Tome I 1942-1965, Editions établie et présentée par Eric Marty, Paris, Seuil, 1993.

    PLAN RAISONNE

    Dans le cadre de notre projet de thèse intitulé : Du déclin du mythe impérial à l'affirmation de l'identité noire : Au coeur des ténèbres (1902) de Joseph Conrad, Batouala (1921) de René Maran et Cahier d'un retour au pays natal (1939) d'Aimé Césaire, nous proposons un plan détaillé composé de trois parties, de six chapitres et de douze sous-chapitres.

    A la fin du 19e siècle, partout en Europe des voix s'élèvent contre le système colonial. A partir des études postcoloniales, nous étudierons dans la littérature romanesque européenne les grandes imageries impérialistes ayant donné naissance au mythe de l'Afrique et de l'Africain. C'est aussi dans ces textes que l'on retrouve les signes du déclin du mythe impérial. Mais l'avènement du texte négro-africain se caractérise par la déconstruction des codes européens tels qu'ils se sont affirmés dans la culture occidentale.

    Nous tenterons de faire un exposé succinct des grandes lignes que nous comptons développer car jusqu'à la soutenance, notre plan reste à l'état d'ébauche.

    La première partie intitulée le « mythe de l'Afrique et de l'Africain » prend en charge le regard porté sur l'indigène dans la littérature occidentale. Cette vision stéréotypée implique une construction dichotomique du monde entre « eux », les indigènes et « nous », les Européens. Ainsi, l'exotisme qui ressort dans ces récits se focalise d'abord sur le milieu physique, puis sur les hommes noirs. Cette perception duale sera étudiée dans le premier chapitre, l' « imaginaire exotique du cadre naturel ». A ce niveau, nous verrons comment la description de l'ailleurs subvertit le décor littéraire traditionnel. Cela passe nécessairement par l'introduction dans les textes de termes et expressions étrangers à la langue du Blanc. Cependant, dans le dernier sous-point, on verra que les descriptions exotiques ne se limiteront pas seulement à donner au lecteur occidental l'équivalent de l'exploration. La narration crée de véritables mythes qui évoluent vers une altérité géographique. En effet, les connotations de « vacuité » et de « sauvagerie » suggèrent implicitement la conquête et la

    domination. Le deuxième chapitre intitulé, « d'autres hommes : perception mythique de la différence », sera abordé à l'image du précédent. Dans les deux sous-points, on note une évolution dans les concepts de « Sauvage » et de « l'indigène ». Le premier analyse la perception de l'Autre comme sauvage ce qui annihile toute forme de communication. Dans le second sous-point, on note la permanence du mythe, mais du Sauvage on passe à l'indigène. Ces métamorphoses dans le langage traduisent l'arbitraire de la volonté de domination.

    La deuxième partie intitulée le « déclin du mythe impérial » rendra compte de l'imposture idéologique de l'Empire qui a entraîné sa chute. Aussi, au premier chapitre sera-t-il question des « manifestations de la décadence du mythe » dans la masse textuelle ayant accompagnée la construction de l'Empire. Tout d'abord, nous montrerons les procédés stylistiques par lesquels s'exprime le « malaise impérial » dans la littérature occidentale. Dans le deuxième sous- point, nous étudierons l'émergence d'un contre discours colonial. En effet, l'avènement des textes écrits par des indigènes sonne comme une révolte dans l'ordre établi par le colonisateur. Le deuxième chapitre de la deuxième partie revient sur les « formes de résistance à l'Empire ». Nous étudierons d'abord comment l'hostilité de la nature réduit la volonté de rationalisation dans ces contrées réfractaires à la pénétration blanche. Ensuite, le second sous-point prendra en charge la résistance des indigènes insoumis. Mais c'est dans la période de l'entre-deux-guerres que se développent la quête de « l'identité et de l'esthétique négro-africaine », titre de notre troisième et dernière partie. Nous étudierons dans le premier chapitre la « revendication de la différence » qui s'exprime à travers le mouvement de la Négritude. Les écrivains noirs partent à la reconquête de leur identité. Ils exaltent fièrement leur culture et se réapproprient tous ce que le Blanc considérait comme de la sorcellerie. Dans le second sous-point, nous analyserons le statut complexe du Noir face à l'avenir au regard de son passé colonial. En fait, il s'en suivra un processus de

    contestation de la domination européenne que nous étudierons dans le dernier chapitre de notre étude. Dans le premier sous-point, nous étudierons l'esthétique négro-africaine qui s'exprime à travers les modes d'expressions du discours anti-colonial. Les Africains prônent une civilisation de l'universel qui bannirait les inégalités raciales.

    PARTIE REDIGEE

    CHAPITRE III:

    Manifestations de la décadence du

    mythe.

    III.1 : Expression du malaise impérial

    Au XXe siècle, doutes, inquiétudes et critiques commencent à naître en Europe quant au bien fondé du projet colonial. L'Afrique est le centre de toutes les cruautés envers les populations indigènes. En Angleterre, d'abord, naît la première société anticoloniale, puis le débat s'amplifie au Parlement de Londres, en France et en Belgique. Le Congo-belge, propriété de Léopold II, théâtre des massacres et atrocités perpétrés sur les indigènes entre 1885 et 1908, est au coeur de ces débats. Arthur Conan Doyle y revient longuement dans son livre : Le crime du Congo belge (1910), Paris, Les Nuits Rouges, 2006.

    C'est dans ce sillage que l'écrivain anglo-polonais, Joseph Conrad écrit Au Coeur des ténèbres publié en 1902. Dans cette nouvelle, le héros Marlow, confronté aux forces obscures des ténèbres de la jungle congolaise, symbolise l'impossibilité de la « mission civilisatrice ». La trame narrative relate le chant de cygne de l'empire, en restituant dans la fiction les métaphores de la décadence du mythe de l'homme blanc. La conscience des émissaires de l'Europe impérialiste d'être observés par les indigènes, donne naissance à un sentiment nouveau d'inquiétude dans leur relation avec l'autre. En effet, si le Blanc a essayé de percer le mystère de la nature africaine, il en est autrement avec l'homme noir, jusque là considéré comme une ombre. Ce dernier déstabilise la domination par son mutisme assourdissant. Les Européens le croyaient incapable de comprendre leurs agissements, mais la littérature africaine coloniale s'est exercée à prouver le contraire. Dans cette continuité, dix neuf ans après Au Coeur des ténèbres, paraît Batouala de René Maran, sous-titré « Véritable roman nègre », écrit par un « nègre », né à Fort-de-France.

    Dans Batouala, le Martiniquais rompt avec la représentation de l'indigène comme élément du décor. La fiction narrative met en scène des hommes noirs, conscients de leur statut de dominés et de l'imposture idéologique de l'Empire.

    Si Marlow s'interroge sur le mystère que recèlent la jungle et le sauvage, il en est autrement de Batouala, héros éponyme du roman de René Maran. L'épouvante de Marlow devant l'inconnu inaugure le malaise impérial. On se souvient de ses frayeurs, d'abord au contact de la jungle : « Là voilà devant vous, souriante, renfrognée, aguichante, majestueuse, mesquine, insipide ou sauvage et toujours muette avec l'air de murmurer, venez donc voir » (C.t.99), puis de sa peur viscérale des indigènes, de l'apparition de la femme sauvage, en particulier : « Elle était debout à nous regarder sans un geste, pareille à la brousse même, avec un air de méditer sur un insondable dessein » (C.t.176). L'impossibilité de décoder ces messages visuels accentue le sentiment de profonde anxiété des « pionniers du progrès ». Ce qu'imaginaient et redoutaient les Européens, c'est-à-dire, l'éventualité d'une prise de conscience des Africains, est mis en scène dans la narration de Batouala. Pour rappel, la polémique qu'avait suscitée la parution de ce livre est l'illustration du malaise qui s'est installé dans la société européenne. Aussi, quand René Maran osa-t-il donner à des indigènes le statut de personnages principaux, ce fut l'ouverture d'une ère nouvelle dans la relation des Européens et des indigènes et dans une large mesure de l'Occident et de l'Afrique.

    En effet, Maran, en donnant la parole aux Africains, exprime le malaise impérial dans sa version africaine. Les indigènes, à l'opposé des Blancs, sont représentés dans des figures assez bouffonnes, sous le regard démythificateur de ceux-là dont parlera Sartre, plus tard dans Orphée noir : « Voici des hommes noirs debout qui nous regardent et je vous souhaite de ressentir comme moi le saisissement d'être vu. Car le blanc a joui de trois mille ans du privilège de voir sans qu'on le voie »3.

    Ainsi, le récit de Batouala bouleverse la structure du roman impérialiste. Ce sont les personnages africains qui observent l'Européen, le peignent dans ses

    3 Jean-Paul Sartre, « Orphée noir », préface de Léopold Sédar Senghor, Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, Paris, P.U.F., 1948, p.IX.

    moindres traits physiques, psychologiques et son comportement à l'égard des indigènes. Ces derniers, dans une fine analyse, loin des canaux du rationalisme, confrontent des aspects de leur culture nettement « supérieurs » à celle du « maître ». On voit donc que « contrairement à ce que pense le philosophe existentialiste, l'Africain, même colonisé, a su lui aussi s'arroger « le privilège de voir sans qu'on le voie »4. Le mépris du Blanc consiste à ignorer la présence de l'indigène, tant physique que rationnelle. Mais il n'y a aucun doute sur la lucidité et la clairvoyance de ce dernier qui va donner lieu à une série de représentations railleuses de l'Européen. Ils mettent en valeurs des acquis de leur culture dont le Blanc ne peut apprécier la sagesse. C'est cette référence à une Afrique mythique, qu'Aimé Césaire s'efforce de traduire en partie dans son Cahier d'un retour au pays natal, publié en 1939. Pour ce chantre de la négritude, les valeurs « nègres » sont la seule force culturelle susceptible d'être opposée à la force de l'Occident impérialiste.

    A l'image de Marlow, Batouala s'interroge sur la raison de la présence des Européens en Afrique : « Aha ! Les hommes blancs de peau. Qu'étaient-ils donc venus chercher, si loin de chez eux, en pays noir ? » (Batouala, 27). Ce malaise, causé par la présence étrangère, se convertit en velléités de révolte, dont fait allusion Césaire, mais sévèrement réprimées : « et le jarret coupé à mon audace marronne / et la fleur de lys qui flue du fer rouge sur le gras de mon épaule » (Cahier, 53).

    La prise de conscience de la condition réelle des indigènes amène les trois auteurs à s'écarter des canons de l'exotisme qui ont forgé le mythe de l'Afrique et de l'Africain. Leurs récits rendent compte de ce malaise impérial. Si Conrad opère une distanciation ironique, Césaire, par contre, rejettera cette façade séduisante des romans exotiques qui ont bercé son enfance. Son poème condamne la conception européenne de l'imagologie africaine : « Oh ces reines que j'aimais jadis aux jardins printaniers et lointains avec derrière

    4 Jacques Chevrier, Les Blancs vus par les Africains, Lausanne (Suisse), Favre, 1998, p.9, 213pages.

    l'illumination de toutes les bougies marronniers ! » (Cahier, 52). La personnification de la nature africaine dans Batouala porte une tonalité ambivalente. L'Afrique est vue mais elle aussi observe : « La brousse, d'autre part, abonde en oreilles secrètes, est peuplée de trop d'yeux invisibles. Les uns et les autres sont à craindre comme la lèpre » (Batouala, 63). Tout au long du récit, Maran réitère ce conflit à l'échelle de la dérision. Les personnages indigènes se rient des Européens effrayés par l'adversité de la nature inhospitalière qui réduit la volonté de rationaliser un peuple, imbu de sa supériorité culturelle : « Les boundjous se trompent en se figurant que la brousse est morte. Elle parle, au contraire, du matin au soir, comme une vieille femme » (Batouala, 144). Ils observent impuissant le piège de l'Afrique se refermer sur eux. L'hostilité de la nature leur apparaît comme une opposition à leur « mission ». Cependant, vu sous un autre aspect, on peut avancer l'hypothèse que leur vulnérabilité résulte du non-sens et de l'absence de tout fondement rationnel que les émissaires de l'Europe perçoivent dans l'idéologie de l'empire.

    Tous les romanciers qui ont écrit sur l'Afrique, à cette période de la colonisation, n'ont pas manqué de représenter dans leurs fictions narratives le malaise des personnages blancs, tourmentés face aux effets désastreux du cadre spatio-temporel. On peut citer des romans tels La route des Indes (1924) de E.M.Forster, Voyage au Congo (1927) de Gide, Coup de lune (1933) de Simenon, Burmese Days (1934) de Georges Orwell, ou l'épisode africain du Voyage au bout de la nuit (1952) de Céline. Déjà, à la fin du 19e siècle, Loti en peignant cyniquement le paysage de Saint-Louis, montrait implicitement les doutes de Jean Peyral, héros du Roman d'un spahi : « De quel droit avait-on fait de lui cet être à part qu'on appelle spahi, traîneur de sabre à moitié africain, malheureux déclassé, oublié de tous, et finalement renié de sa

    fiancée ». Ces interrogations de Jean Peyral résument en substance la déception

    5

    que vivent les émissaires de la civilisation européenne. C'est à travers ces « héros troubles »6 que les auteurs de fiction suggèrent dans leurs récits le malaise impérial. Le héros-narrateur de Au Coeur des ténèbres soutient que l'éloignement et la grande solitude dans ces contrées éloignées et hostiles entraînent progressivement les personnages blancs dans la déchéance et ils finissent par trahir l'idéal de leur « mission ». On se rappelle Kurtz, retranché dans son poste de l'intérieur et qui finit par embrasser les coutumes indigènes : « La brousse sauvage l'avait trouvé de bonne heure et avait tiré de lui une terrible vengeance après sa fantastique invasion » (C.t. 171). Loin de tous les carcans qui fondent les principes sacro-saints de la « Civilisation », les exilés versent dans un excès de liberté. Le destin tragique de Fresleven, réputé calme et de Kurtz, commandant une tribu de sauvages, nous amène à relativiser la prétendue « solidité » de la civilisation européenne, quand ses émissaires peinent à s'y conformer dans des situations extrêmes. Marlow dira que « ces petites choses font toute une énorme différence. En leur absence, il faut retomber sur sa force intérieure, sur sa propre capacité de fidélité » (C.t. 157).

    Dans le roman de René Maran, ce qui ne manque pas de frapper c'est l'inversement des rôles attribués aux personnages. A l'opposé de Conrad, Maran s'évertue à présenter à travers le protagoniste de son récit une image autre de l'indigène qui s'oppose à tous les stéréotypes coloniaux.

    Si dans Au Coeur des ténèbres, la jungle se montre particulièrement inhospitalière aux Blancs, elle réagit autrement avec les indigènes de la tribu Banda. Batouala dénonce avec mépris tous les clichés dépréciatifs sur le paysage africain. Entre l'Africain et la nature, existe une proximité presque filiale : « Louée soit la brousse ! On la croit morte : elle est vivante, bien vivante, et ne parle qu 'à ses enfants, et à eux seuls ! » (Batouala, 145).

    5 Pierre Loti, Le roman d'un spahi, Paris, Calmann-Lévy, 1987, p.153.

    6 Jean-Marc Moura, « Francophonie et critique postcoloniale », Revue de littérature comparée N°281, p.68.

    Cette harmonie que les protagonistes de Maran revendiquent fièrement, entre dans une optique contestataire de l'exotisme facile des premiers récits de voyage sur l'Afrique. Le Martiniquais invite aussi l'Europe à avoir un autre regard sur les Africains. En effet, il sort ces derniers de la mutité dans laquelle une littérature tendancieuse les avait confinés depuis plusieurs siècles. Maintenant, ils observent et jugent le colonisateur et sa « civilisation ». Le malaise impérial ne doit plus s'appliquer aux seuls Européens dans la littérature coloniale.

    III.2 : Emergence d'un contre discours colonial

    Le malaise impérial qui apparaît en filigrane dans les récits qui ont d'abord construit le mythe de l'empire va entraîner un discours qui va à l'encontre du regard de l'Occident sur le monde non européen. Les premières critiques surgissent cependant dans la littérature qui avait forgé le mythe de l'empire. Elles sont l'oeuvre d'écrivains ayant effectué un voyage dans les pays colonisés ; et découvrant l'oppression que subissent les peuples indigènes.

    Si l'on ne peut contester la sincérité de ces écrivains, force est de constater un certain paternalisme dans leurs récits. Dans Voyage au Congo, Gide s'offusque des mauvaises conditions de vie des indigènes de l'Afrique équatoriale mais ne remet jamais en cause l'idéologie coloniale. Batouala, en dépit du scandale qui a suivi sa publication dans le milieu conservateur colonial, reçoit de la part de certains critiques africains un accueil moins enthousiaste. Ils reprochent à René Maran « sa conception du négrisme et l'ont accusé de soutenir un colonialisme au visage « humain «» 7. Toutefois, si on remet le « véritable roman nègre » dans le contexte des années 20, l'on perçoit en Maran le précurseur de la Négritude et de la critique africaine.

    Au début du XXe siècle, partout en Europe le malaise colonial s'installe. Au Coeur des ténèbres inaugure cette littérature de contestation du principe même de la colonisation. Même si Conrad est ambiguë, de par ses élans de défenseur de l'esprit des Lumières et en même temps de pourfendeur du système colonial, l'on accepte qu'à travers l'échec de Kurtz, sa pensée embrasse l'échec de toute l'entreprise impériale en Afrique, car « Toute l'Europe avait contribué à la création de Kurtz » (C.t.158).

    Ce fantôme, ruiné par la maladie et son appétit démesuré de l'ivoire, symbolise
    le déclin de l'impérialisme. Conrad ne s'affranchit néanmoins pas du

    7 Josiane Grinfas, « Présentation, notes, questions et après-texte » de Batouala, Paris, Editions Magnard, 2002, p.10.

    paternalisme blanc. Ainsi, note t-on une présence in absentia des indigènes dans la narration ou s'ils apparaissent, leurs rapports avec les Blancs rappellent ceux de l'adulte et de l'enfant : « Je ne vis rien d'autre à faire que de lui offrir un des biscuits de marin de mon bon Suédois, que j'avais en poche » (C.t. 106). La condamnation de la colonisation semble plus attraire au souci de perpétuer la morale de la civilisation européenne et les « vertus » de l'idéologie des Lumières. On comprend donc l'accusation d'un racisme conradien du critique nigérian Chinua Achebé dans son essai: An Image of Africa: Racism in Conrad's Heart of Darkness (Massachusetts Review 18 (1977) and was reprinted in Heart of Darkness an Authoritative Text, Background and sources, Criticism.3rd ed. Ed. Robert Kimbrough, London :W.W Norton and Co, 1988.)

    Ces réactions aux productions européennes sont en principe à l'origine des théories postcoloniales. Aimé Césaire avait salué en l'auteur de Batouala celui qui « le premier fit accéder le Nègre à la dignité littéraire »8 . En fait, Maran retourne la perspective du récit conradien. A l'opposé de l'histoire narrée par le marin Marlow, les personnages européens dans Batouala n'occupent plus le devant de la scène, mieux ils sont représentés dans des figures assez bouffonnes dans leurs « manières de blancs » (Batouala, 44). Ils sont soumis sous le regard accusateur des indigènes qui les jugent.

    Dans Cahier d'un retour au pays natal, le discours anti-colonial, prend un aspect singulier. En fait, le poète martiniquais expose la situation des Antilles, avec la prise de conscience du Nègre, de sa situation d'être sans valeur mais qui se relève et revendique sa place.

    De Conrad à Césaire en passant par Maran, les trois auteurs inaugurent chacun, à une époque donnée de l'histoire un palier dans la relation colonisateurs / colonisés.

    8 Aimé Césaire cité par Michel Fabre, « Autour de Maran », Présence Africaine N° 86 (1973) in Iheanacho Egonu, « Portée révolutionnaire du premier « roman nègre » ; Ethiopiques numéro 19, Revue socialiste de culture négro-africaine, juillet 1979, p.3.

    Par ailleurs, si les contextes diffèrent, l'expression de la décadence du mythe impérial reste une constante dans ces textes. Conrad passe par plusieurs subtilités narratives pour contourner la censure de la morale victorienne. Il utilise l'ironie pour déconstruire le mythe sur lequel est bâti la prétendue supériorité de l'homme blanc, d'où la récurrence des termes comme : « imaginez » (C.t.88) et « si » (C.t.110). L'Anglo-polonais bouleverse la structure du récit exotique, pour laisser s'imaginer les Européens à la place des indigènes : « Si un tas de Noirs mystérieux, munis de toutes sortes d'armes terribles, se mettaient tout d'un coup à suivre la route de Deal à Gravesend, attrapant les culs-terreux à droite et à gauche pour leur faire porter de lourds fardeaux, j'imagine que toutes les femmes et toutes les chaumières du voisinage auraient vite fait de se vider » (C.t.110). Ce roman, comme le sera par la suite Batouala, est une oeuvre d'avant-garde d'une littérature de révolte. Dans la fameuse préface, l'auteur du « véritable roman nègre » défend le point sur lequel la critique européenne a été le plus sensible, celui du « nègre-raisonneurcritique-juge » : « J'ai poussé la conscience objective jusqu'à y supprimer des réflexions qu'on aurait pu m'attribuer » (Batouala, 15). A l'image de Conrad, Maran rompt le charme de la littérature coloniale. Leurs textes s'évertuent à désaffubler l'Africain de tous les stéréotypes qui ont justifié sa domination. La fête des « Ga'nza » a servi de prétexte à Batouala et ses congénères de revendiquer leur humanité : « L'homme, quelle que soit sa couleur, est toujours un homme, ici comme à M'Poutou (France) » (Batouala, 99). En dépit d'une présence infime dans la nouvelle de Conrad, les rares indigènes qui sortent de l'arrière-plan de la trame narrative présentent un caractère humain. Marlow, tout au cours de sa progression dans la colonie belge du Congo, ne cesse de remettre en question la volonté de déshumaniser les indigènes. Dans tous les récits qui prolongeront l'idéologie d'Au Coeur des ténèbres un fait revient fréquemment : c'est le démenti de l'anthropophagie des Africains. Marlow dira que « c'était des hommes avec qui on pouvait travailler, et (qu'il) leur (était) reconnaissant.

    Et après tout ils ne se mangeaient pas l'un l'autre sous (son) nez » (C.t.134). Bardamu, héros du Voyage au bout de la nuit, alité dans la jungle mais sauvé par des « sauvages », embouche la même trompette : « Ils auraient bien pu me balancer au jus les porteurs pendant que nous franchissions un marigot. Pourquoi ils ne l'ont point fait ? (...) Ou bien encore ils auraient pu me bouffer puisque c'était dans leurs usages ? »9. Ces observations ironiques tendent à mettre le doute dans l'esprit des européens. Claude Maisonnat verra en ces textes une « écriture visant à déloger le lecteur des leurres des captations imaginaires (...) de ne pas se trouver aveuglé par la certitude d'être du côté du savoir et de la lumière, alors qu'il est au coeur des ténèbres »10. Pour le lecteur du Cahier d'un retour au pays natal aussi, le poète tente d'ébranler en lui des certitudes. Césaire s'adresse d'abord à lui-même, d'où le recours au style direct. Par sa présence, le poète s'implique, engage sa responsabilité. Il s'assume en tant que Noir, frère de race de ceux qu'on opprime. Refusant de parler à travers la bouche d'un Marlow ou d'un Batouala, il accepte d'être : « l'homme famine, l'homme insulte (...) un homme-juif, un homme pogrom, un chiot, un mendigot » (Cahier, 20). En fait, le poème témoigne d'un refus de l'ordre régissant l'idéologie coloniale, en atteste la violence du lexique, de l'écriture : « ASSEZ DE CE SCANDALE ! » (Cahier, 32). Aux Noirs descendants d'esclaves, la dénonciation visera à les arracher de leur passivité et de leur rendre leur dignité d'hommes. Toutefois, la force persuasive du discours qui s'exprime à travers les insultes, les invectives et les cris s'adoucira dans la clausule de l'oeuvre : « debout et libre » (Cahier, 62). L'image de la « colombe » (Cahier, 65) qui ferme le poème se situe en réaction aux images de l'Afrique sombrant dans les ténèbres et de l'Africain existant dans l'anonymat le plus obscur. Le poète insère tous les clichés : soleil, mer et paysage dans un contexte qui vient

    9 Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Paris, Gallimard, 1952, p.1 77.

    10 Claude Maisonnat, « Truth stripped of its cloack of time » Ou l'énigme de la littéralité dans Heart of Darkness, Joseph Conrad 2 «Heart of Darkness» une leçon des ténèbres. La Revue des Lettres Modernes - Textes réunis et présentés par Josiane Paccaud-Huguet, Paris-Caen, Lettres Modernes Minard, 2002, p.1 01.

    démentir le charme trompeur des Antilles. De sorte que, les Antillais se libèrent de la puissance idéologique et dominatrice de l'Occident. Césaire recherche l'insolite pour arracher les indigènes à la passivité que préconisait le vieux père de Batouala : « Il n' y a plus rien à faire. Résignez-vous » (Batouala, 101). Ce complexe d'infériorité dont s'acharne Césaire est le sédiment idéologique hérité de la philosophie des Lumières, des études anthropologiques et ethnologiques sur les Africains. Toute cette imagerie avec ses démonstrations « scientifiques » tendait à justifier l'impérialisme. Dans Emile, Rousseau affirme que « l'organisation du cerveau est moins parfaite aux deux extrêmes (la zone torride et la zone polaire). Les Nègres ni les Lapons n'ont pas le sens des Européens »11.

    Batouala réfutait ces théories absurdes qui étaient destinées à la hiérarchisation des races. Le Nègre représenté dans la dignité humaine et littéraire, conscient de son statut de dominé, dément le substrat philosophique hégélien sur lequel l'Occident s'est basé pour dominer le monde non européen. On avait montré la différence entre les personnages d'Au Coeur des ténèbres, muets, déniés de toute manifestation rationnelle et ceux du « véritable roman nègre » qui observent le colonisateur et le juge : « Les frandjés nous ont asservis. Nous connaissons maintenant leurs qualités et leurs défauts » (Batouala, 92). On peut aussi mettre en parallèle le raisonnement des indigènes de la tribu banda et certaines idées de l'époque des Lumières. Batouala remet en cause les considérations d'ordre esthétiques sur les critères de la « beauté blanche ». En fait, on se souvient que dans Essais sur les moeurs, Voltaire affirmait sans ambages que « Si leur intelligence (aux Noirs) n'est pas d'une autre espèce que (leur) entendement, elle est fort inférieure 12». Le héros de Maran perçoit dans ces propos l'intolérance culturel et un racisme latent. Il dénonce ainsi les « manières de

    11 Emile, livre Ie, 1762. Cité par Mercer Cook, « J.-J. Rousseau and the Negro », The journal of Negro History, 1936, p.294-303; repris par Léon François Hoffman, Le nègre romantique. Personnage littéraire et obsession collectives, Paris, Payot, 1973, p.71.

    12 Voltaire, Essais sur les moeurs, 1756, chap.CXLI, cité par Hoffman, Op.cit. ; p.71.

    blancs » (Batouala, 44) : « Les traditions valent ce qu'elles valent. Certaines sont infiniment désagréables. D'autres sont tout le contraire. Du nombre, la propreté corporelle. Seuls les blancs n 'en ont cure » (Batouala, 67).

    BIBLIOGRAPHIE COMMENTEE

    COMMENTAIRE D'UN OUVRAGE

    Homi K. BHABHA, Les lieux de la culture. Une théorie postcoloniale (2007).

    Les lieux de la culture. Une théorie postcoloniale, de Homi K. Bhabha, publié en 1994, puis en 2007 à Paris aux Editions Payot & Rivages pour la traduction française, va constituer l'objet de la présente analyse.

    Au fil des onze chapitres de l'ouvrage, qui s'échelonnent sur 411 pages, le critique indien, professeur de littérature anglaise et américaine à l'Université de Harvard, revient sur les questions d'identité, d'appartenance nationale, d'hybridité culturelle, de la vision d'un monde dominé par l'opposition entre soi et l'autre, de l'imitation et de l'ambivalence utilisées comme armes par les colonisés contre les colonisateurs, des liens qui existeraient entre colonialisme et globalisation.

    Pour situer la question de la culture, Homi Bhabha fait référence dans sa théorie à l'élan postcolonial. Il s'appuie sur un matériau littéraire, philosophique, psychanalytique et historique pour asseoir sa critique.

    Dès l'introduction de l'ouvrage, l'auteur dès les premières pages entame un essai de définition des « lieux de la culture ». Il soutient que le besoin d'affirmer une tradition culturelle opprimée vient de l'inconfort de la situation sociale. Dans les récits, par exemple, les écrivains, au-delà d'une maison inconfortable, montrent les conditions de vie des minorités ethniques. C'est ainsi que le lieu d'où parlent ces peuples devient en quelque sorte le lieu le plus intime de leur vie.

    S'écartant des canons de la représentation binominale du monde, l'auteur invite à revoir la théorie d'un monde polarisé dans la relation centre et périphérie ou oppresseur et opprimé. Cette image en miroir, pense-t-il, est vectrice des rébellions et des mobilisations populaires subversives.

    Seulement, au regard des « nouveaux » langages de la critique, Bhabha manifeste son inquiétude à voir une continuité des divisions géopolitiques ou encore le passe-temps de l'élite occidentale qui produit un discours sur l'Autre, dans le but de renforcer son rôle hégémonique. C'est dans cette veine qu'il s'interroge aussi sur la raison de spécifier la théorie critique comme « occidentale ». Ce qui ne signifie pour lui, qu'une volonté d'affirmer l' « eurocentricité idéologique » (p.72). En fait, il remarque que dans les textes produits par des auteurs écrivant sur l'Autre, c'est la différence de ce dernier qui est mise en avant. On ne lui confère aucun pouvoir de nier ou d'établir son désir historique.

    Cette différence culturelle dans la représentation coloniale, est interprétée par l'auteur comme un signe d'angoisse des Européens. Car l'indigène demeure un mystère de par son attitude « moitié acquiesçant, moitié s'opposant, jamais fiable » (p.76).

    Bhabha, dans sa critique, oppose ce concept de « différence culturelle » à la « diversité culturelle » qui, pense t-il, doit être dépassée, parce qu'étant confinée dans l' « utopie d'une mémoire mythique, d'une identité collective » (p.77). Les limites de cette notion de diversité culturelle résident dans sa résistance à l' intertextualité.

    Analysant le stéréotype dans le discours du colonialisme, l'auteur revient largement sur l'ambivalence autour de ce concept. En fait, si le stéréotype est une idée toute faite, toujours « en place » (p.21), il n'en reste pas moins qu'il est toujours répété. Bhabha souligne son caractère immuable, c'est-à-dire qui ne peut se libérer des considérations épidermiques, raciales, culturelles. Il emploie le terme de « fixité » pour montrer que de cette stratégie discursive, résulte les « idéologies de dominance ou de dégénérescence raciale et culturelle » (p. 134).

    Sur la question du « mimétisme et de l'homme » (chap.4), Homi Bhabha fait observer une fois de plus l'ambivalence du discours colonial. Car, s'il y a une volonté de représenter la colonie et l'indigène sous un aspect imitant la

    métropole et l'Européen, force est de constater le caractère comique du projet. En effet, c'est sous le signe de la farce que s'opère la « mission civilisatrice ». La justification religieuse ne peut s'accommoder des exactions commises sur les peuples colonisés. Le mode du discours colonial que l'auteur appelle mimétisme est frappé par une ambivalence. En fait, cette stratégie est à la fois ressemblance et menace. L'Européen ne diffuse qu'une image « partielle » (p. 150) de sa culture à l'indigène, de crainte que ce dernier ne réclame plus de liberté au point de se rebeller contre le colonisateur.

    Dans « Sournoise civilité », l'intitulé du chapitre 5 qui fait écho au précédent, l'auteur analyse les relations entre l'indigène et le maître blanc, fondées sur le rapport de paranoïa et de persécution. L'indifférence manifeste de l'indigène instaure un sentiment de terreur latente.

    Mais ce sont les signes du triomphe de la civilisation anglaise que Bhabha souligne dans la littérature impériale. En effet, dans la quasi-totalité des textes des écrivains britanniques, le critique indien mentionne la fréquence d'un « scénario joué dans les immensités sauvages et muettes de l'Inde, de l'Afrique et des Caraïbes coloniales, de la découverte soudaine et fortuite du livre anglais » (p.171). Il cite Marlow, le personnage de Conrad qui ramasse en pleine jungle le livre de Towson (ou Towser). Ce qu'il invite à interpréter comme les agissements illimités des Européens dans un espace sans limite.

    Pour ce qui est du Livre Saint qui a servi de prétexte à l'expansion impérialiste, Bhabha en montre l'aspect dérisoire, par l'usage qu'en ont fait les peuples indigènes. Ces derniers utilisent la Bible comme objet de curiosité, à des fins commerciales ou même comme papier de rebut.

    Malgré ces signes du malaise de la domination occidentale, l'auteur note un silence bruissant qui traverse tous les récits de l'empire. De Sir Alfred Lyall à Carlyle, en passant par Bridley jusqu'à Kipling, Bhabha souligne ce silence, synonyme de l'apologie impériale mais qui peine à cacher les signes de la confusion coloniale que mettent clairement en scène Au Coeur des ténèbres de

    Joseph Conrad et Routes des Indes de E.M. Forster. Les contradictions coloniales résident dans la vaine tentative de dominer tout en passant sous silence les velléités de résistance des indigènes. Bhabha reprend la métaphore de Fitzjames Stephen : « Un tonneau de poudre peut être inoffensif ou exploser, mais vous ne pouvez l'éduquer comme le fuel domestique, à exploser en petites quantités » (p.208).

    Les lieux de la culture invite à dépasser la bipolarisation du monde et essaie de faire comprendre qu'une culture en mouvement et en contact avec d'autres cultures ne doit plus prétendre à une quelconque authenticité nationale. Ce qui importe, pense Homi Bhabha, c'est de réfléchir sur une théorie engagée, en prenant pour point de départ l'hybridité du monde postcolonial.

    Cependant, ne peut-on pas présager une limite à cette théorie de dépassement quand on sait que l'Africain ou l'indigène dominé plusieurs siècles durant, continue à vivre un néocolonialisme qui ne diffère de l' « ancien » que par des concepts euphémiques.

    Aussi Bhabha, lui-même, semble-t-il conscient de cette limite, car il est arrivé à la conclusion qu'au colonisé comme au colonisateur est amputé l' « activité de négation » (p. 134), c'est-à-dire que l'un et l'autre ne peuvent plus se libérer du caractère fixe des considérations de peau, de sang, de culture.

    L'expérience coloniale est traversée par une tradition de contradictions. La volonté de dominer l'indigène fait qu'on lui nie une culture propre mais le paradoxe est qu'on hésite à lui transmettre toute la culture du « maître ». Ainsi, s'établit une relation ironique ponctuée d'effets du trompe-l'oeil. Car l'Ecole anglaise n'a réussi qu'à créer des interprètes qu'Homi Bhabha appelle « homo imitans » (p. 150).

    Cet ouvrage est capital dans notre projet de thèse. Car, en plus de l'oeuvre d'Edward Said, Culture et Impérialisme, nous disposons encore plus d'outils critiques dans l'élaboration du déclin du mythe impérial à la lumière de la théorie postcoloniale.

    COMMENTAIRE D'UN ARTICLE

    Jacques CHEVRIER, « Les romans coloniaux : enfer ou paradis ? »

    Dans la perspective de notre commentaire bibliographique, nous avons sélectionné l'article de Jacques Chevrier intitulé : « Les romans coloniaux : enfer ou paradis ? » (12 pages : 61 à 72), publié dans la Revue du Livre : Afrique Noire, Maghreb, Caraïbes, Océan Indien, Notre Librairie N° 90 Octobre - Décembre 1987.

    Dans ce numéro consacré aux « Images du Noir dans la littérature Occidentale », est adjoint le sous-titre : « Du Moyen-Âge à la conquête coloniale » qui a valeur de délimitation du cadre temporel de l'analyse. Jacques Chevrier, dans cet article, de la même façon que les autres auteurs de cette Revue N°90, pose un regard critique sur le caractère ambivalent de l'image du Noir telle qu'elle est représentée dans la littérature romanesque européenne. Une dizaine de textes : Un capitaine de 15 ans (J. Vernes), Le roman d'un spahi (P. Loti), Au pays des fétiches et Terres de mort (P.V. D'Octon), Dans la brousse (P. Bonnetain), Au Coeur des ténèbres (J. Conrad), Les morts qui parlent (E.M. De Voguë), Terres de soleil et de sommeil et Le voyage de centurion (E. Psichari) et La maîtresse noire (L.-C. Royer), ont servi à étayer son analyse munitieuse de l'ambiguïté du projet impérialiste.

    Optant pour la méthode de l'analyse textuelle, la démarche de l'auteur consiste à étudier dans les textes du corpus la vision de l'Afrique par les Européens. Chevrier structure son étude en deux volets : d'abord, la vision pessimiste qui prête au continent « maudit » les couleurs de l'enfer ; ensuite celle plus optimiste qui y verrait plutôt une terre de rédemption. Entre les deux, l'ironie semble être l'orientation critique que laisse entrevoir l'auteur. Mais c'est

    surtout la dimension idéologique et mythologique qui se révèle être l'enjeu de l'analyse.

    Telle est la méthodologie de Chevrier. Pour ce qui est de l'argumentation, le premier volet (la vision pessimiste) est construit autour de la représentation de l'ailleurs et de l'altérité.

    Il montre d'abord comment les romanciers et les voyageurs décrivent le milieu physique où clichés et stéréotypes semblent concourir à une volonté de mythification. Le paysage est perçu comme un univers de désolation, figé, immense et hostile. Le soleil d'Afrique hante les Européens d'où les termes négatifs et dépréciatifs qui accompagnent ce mot : « malfaisance » et « malédiction » (p.64). L'auteur pense que les évènements tragiques ou sanglants associés au soleil suggèrent l'accablement et la maladie. « L'effroyable nulle part » est aussi, selon Chevrier, la caractéristique principale de la nouvelle de Conrad et des autres textes cités.

    En effet, le monde effroyable des ténèbres, décrit avec une connotation maléfique, renforce l'atmosphère à la fois macabre et démoniaque de la trame narrative des récits sur l'Afrique. L'auteur insiste sur les notations de ces écrivains-voyageurs à propos des pays visités. D'une « terre maudite » à la « sauvagerie oubliée de Dieu », au « pays infortuné », Psichari, Loti, Conrad et autres ne tarissent pas de qualificatifs à l'obsession de la mort qui hante leurs héros. Chevrier revient aussi sur les descriptions de paysages de nuit ; car il a constaté que chez les romanciers, la lune, comme le soleil, présente des attributs démoniaques. En fait, dès la tombée de la nuit, les fêtes religieuses, le tam-tam et la bamboula deviennent l'expression du diable dans ces contrées « sauvages ». Les récits qui passent sous la critique de Chevrier baignent dans cette atmosphère de magie et de sorcellerie. Ce qui entraîne, selon l'auteur, cette impression d'ensorcellement, d'inquiétude et de frayeur des Européens livrés sans défense aux sortilèges dits malfaisants du continent.

    Ainsi, de la remarque de Psichari : « Nous n'eussions jamais cru qu'un paysage peut faire mal à ce point » à la lancinante question de Conrad : « Qu'étions-nous pour nous être fourvoyés là ? » (p.66), Chevrier opère une transition pour montrer ensuite l'effet du contact de l'Autre, appelé indigène avec l'Européen.

    Il note que comme la nature, c'est dans le registre du démoniaque qu'est entraperçue la relation avec l'Autre, la femme noire en particulier. L'auteur souligne toutefois que ce thème, abondamment exploité dans toute la littérature coloniale, est l'objet de plusieurs interprétations. Si pour certains, le « mariage colonial » se réduit à une liaison précaire, afin de supporter les rigueurs de l'exil, d'autres, en revanche, y voient la principale cause de la déchéance de l'Européen. Le héros de Loti, Jean Peyral, succombe aux charmes de la petite Fatou-Gaye qui distille dans les veines du spahi des ivresses inconnues. Robert de Coussan, héros de La maîtresse noire de Louis-Charles Royer, devient l'esclave d'une jeune fille peule appelée Mouk. Même pour le vertueux Psichari, son héros Maxence, dans Le voyage de centurion, n'échappe pas aux sortilèges africains de la femme noire. Cette liaison est vécue par les personnages comme le point extrême d'un pacte funeste scellé avec une créature méchante et perverse, à telle enseigne que tout retour devenait impossible. A l'image du vapeur de Marlow s'enfonçant au plus profond du coeur des ténèbres, ces émissaires de l'Europe impérialiste, remarque Chevrier, s'enlisent dans la plus complète déchéance, au point de perdre tout espoir de prendre du galon pour Jean Peyral, ou d'être contraint par sa maîtresse aux malversations tel Robert de Coussan, jusqu'à Maxence qui a occasionné de fâcheuses conséquences à sa troupe du fait de son retard pour Atar, causé par sa maîtresse noire.

    L'Afrique, remarque Chevrier, est représentée comme le lieu de la mort et dans les ouvrages cités, la mort sous les tropiques devient un thème récurrent. Les écrivains brossent un tableau particulièrement morbide afin de montrer l'enfer dans lequel sont fourvoyés les émissaires de la civilisation. Ces derniers,

    ajoute l'auteur, succombent du fait des effets conjugués de la solitude, de l'alcool et des maladies vénériennes. Toutefois, souligne-t-il, le point de non retour est franchi quand ils retournent vers la barbarie. Car, s'ils échappent à la mort, ils ne sont pas pour autant quittes avec l'Afrique. Les écrivains coloniaux font une part importante au thème du « décivilisé » dans leurs récits. Kurtz, le héros de Conrad, en est une parfaite illustration.

    Dans le deuxième volet (la vision optimiste), l'auteur souligne que les données du problème changent radicalement dans les oeuvres du corpus. Même si le péché de la barbarie et de la sauvagerie persiste, le continent africain est maintenant vu sous un angle moins lugubre. Il devient une terre d'épopée, de croisades et même une école d'énergie pour toute une génération.

    Chevrier note dans les textes une tonalité qui verse plus vers l'exaltation et au ravissement. Chez les personnages, l'Afrique devient le prétexte d'une introspection profonde de leur être. Aussi, l'auteur mentionne-t-il la naissance de deux espaces antagonistes dans l'univers de l'écrivain. Pour les personnages européens, l'aspect épique de la colonie vient s'opposer à l'inertie de la métropole incarnée par les sophistes et les sceptiques. L'Afrique devient ainsi une fontaine de jouvence où les héros retrouvent leur énergie.

    L'auteur achève son analyse par une vue d'ensemble du roman de Joseph Conrad, Au Coeur des ténèbres qui déconstruit l'image mythique de l'Afrique. L'Anglo-polonais, souligne-t-il, s'est mis dans une position intermédiaire ; il n'exalte ni le dernier degré de la décadence incarné par les « sauvages » ni le degré suprême de l'épanouissement représenté par les Européens.

    La réflexion de Jacques Chevrier sur « les romans coloniaux : enfer ou paradis ? » apporte une vision nouvelle à l'ambiguïté de la représentation de l'Afrique dans le champ littéraire colonial. La contradiction qui se lit à travers ces récits reflète la difficulté à posséder ce continent dominé mais indocile. L'Afrique et l'Africain ont résisté à tout effort de rationalisation et de territorialisation. Mais pour pérenniser le projet impérial, il importait pour ces

    écrivains d'apporter une vision nouvelle sur l'Afrique, afin d'inciter les jeunes Européens à s'engager dans « l'oeuvre » coloniale. Aussi, se sont-ils évertués à présenter l'Afrique comme une terre de régénération.

    Dans cet article de Jacques Chevrier, on remarque une perspective d'analyse actuelle qui consiste à laisser à l'appréciation de la critique les deux aspects de la problématique. Ce qui a pour intérêt d'offrir au lecteur une interprétation libre de l'étude.

    La critique textuelle à laquelle sont soumis ces récits facilite notre analyse. En effet, entre le point de vue de l'auteur et les exemples extraits du corpus, on apprécie une cohérence qui ne prête pas à équivoque.

    L'analyse de Jacques Chevrier élargit le champ critique relatif aux images africaines dans la vision occidentale. Il rend ainsi compte d'un regard sur des publications anciennes mais dont l'actualité reste manifeste dans les rapports Occident / Tiers-monde.

    On déplore, cependant, une absence des Africains dans le second volet de l'article. En effet, son analyse de la vision optimiste de la représentation de l'Afrique ne prend en compte que le milieu physique.

    Toutefois, l'article de Chevrier apporte beaucoup à notre projet de thèse, dans la mesure où le roman de Conrad, texte principal dans son corpus occupe une place centrale dans notre recherche. Il s'insère dans la première partie de notre étude : Mythe de l'Afrique et l'Africain.

    BIBLIOGRAPHIE GENERALE

    I CORPUS ET AUTRES OUVRAGES DES TROIS AUTEURS 1.1 - Corpus

    - CESAIRE Aimé, Cahier d'un retour au pays natal (1939), Paris, Présence Africaine, 1983.

    - CONRAD Joseph, Au Coeurs des ténèbres (1902), Paris, Garnier- Flammarion, 1989.

    - MARAN René, Batouala (1921), Paris, Editions Magnard, collection « Classiques & Contemporains », 2002.

    1.2- Autres ouvrages des trois auteurs

    1.2.1- CESAIRE

    - Cadastre, Paris, Seuil, 1960.

    - Corps perdu, Paris, Editions Fragrance, 1949.

    - Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955. - Et les chiens se taisaient, Paris, Présence Africaine, 1956.

    - Ferrements, Paris, Seuil, 1961.

    - La tragédie du roi Christophe, Paris, Présence Africaine, 1963. - Les Armes miraculeuses, Paris, Gallimard, 1946.

    - Moi, laminaire..., Paris, Seuil, 1982.

    - Soleil cou coupé, Editions K, 1948.

    - Toussaint Louverture-La Révolution française et le problème colonial, Paris, Présence Africaine, 1981.

    - Une saison au Congo, Paris, Seuil, 1967.

    - Une tempête, Paris, Seuil, 1969.

    1.2.2- CONRAD

    - Almayer's Folly, A story of and Easter River, Harmond Worth, Penguin Modern classics, 1976 (1895).

    - Congo Diary and other uncollected Pieces, edited and comments by Zdislaw Nayden, New York, double day, 1978.

    - Lord Jim, New York, Norton and co, 1960 (1900).

    - Nostromo, London, Dent, New York, Dutton, 1957 (1904).

    - Notes on life and letters, London et Tornado Dent, 1921.

    - Tales of hearsay (« the warrior's soul», «Prince Roman», «théâtrale», «the black note») and last essays, Leipzig, Tauchnitz, 1925.

    - The Arrow of Gold, A story between two notes, London, Dent, 1947 (1919).

    - The Nigger of the «Narcissus»: A tale of sea (1897), Typhoon (1902), the shadow lines a confession (1917), London, J.M. Dent Sons, New York, E.P. Dutton co., 1945.

    - Un paria des îles, Paris, Gallimard, 1982.

    1.2.3- MARAN

    - Afrique Equatoriale Française : terres et races d'avenir, Paris, L'Imprimerie de Vaugirard, ill. de Paul Jouve, 1937.

    - Asepsie noire !, Paris, Laboratoire Martinet, 1931.

    - Bêtes de la brousse, Paris, Albin Michel, 1941.

    - Djouma, chien de brousse, Paris, Albin Michel, 1927.

    - Le livre de la brousse, Paris, Librairie Arthème Fayard (Le livre de demain), 1937.

    - Les pionniers de l'Empire, Paris, Albin Michel (3 volumes), 1943-1956.

    - Livingstone et l'exploration de l'Afrique, Paris, Gallimard (NRF-La découverte du monde), 1938.

    - Mbala, l'éléphant, Paris, Arc en Ciel, 1947.

    - Savorgnan de Brazza, Paris, Editions du Dauphin, 1951.

    - Un homme pareil aux autres, Paris, Arc en Ciel, 1947.

    II OUVRAGES DE FICTION

    - CABRAL Amilcar, Unité et combat (1975).

    - CAILLE René, Voyage au Tombouctou (1830), Paris, La Découverte, Tome 1, 1996.

    - CELINE Louis-Ferdinand, Voyage au bout de la nuit, Paris, Gallimard, 1952.

    - FREDERIC Louis, L'Inde jour et nuit, Paris, Juillard, 1957.

    - GIDE André, Voyage au Congo suivi de Le retour du Tchad, Paris, Gallimard, 1927 et 1928.

    - KIPLING Rudyard, Kim, Paris, Gallimard, 1993.

    - LEIRIS Michel, L'Afrique fantôme de Dakar à Djibouti, N.R.F., 1934. - LONDRES Albert, Terre d'Ebène, Paris, Albin Michel, 1929 (1927).

    - LOTI Pierre, Les désenchantées, Paris, Calmann-Lévy, 1966.

    - LOTI Pierre, Le roman d'un spahi, Paris, Calmann-Lévy, 1987. - LOTI Pierre, Pêcheur d'Islande, Paris, Calmann-Lévy, 1986.

    - MALRAUX André, La tentation de l'Occident, Paris, Grasset, 1926.

    - MEKER Maurice, Le temps colonial, Dakar-Abidjan-Lomé, N.E.A., 1980.

    - OUOLOGUEM Yambo, Le Devoir de violence (1968), Paris, éditions Le Serpent à Plumes, 2003.

    - SENGHOR Léopold Sédar, OEuvre poétique, Paris, Seuil, 1990.

    - SIMENON Georges, « L'Heure du nègre », in Mes apprentissages, Reportages 193 1-1946, Paris, Omnibus, 2001.

    - YOURCENAR Marguerite, Mémoires d'Hadrien, Paris, Gallimard, 1974.

    III ETUDES SUR CESAIRE, CONRAD ET MARAN

    3.1. SUR CESAIRE

    3.1.1. Ouvrages

    - ANTOINE Régis, Carrefour de culture, Günter Rarr Verlag - Tübingen, 1993.

    - BA Mamadou Souley, Césaire, Fondation d'une poétique, Paris, L'Harmattan, 2005.

    - BAJEUX Jean-Claude, Antilles retrouvée. Claude Mac Kay, Luis Pales

    Matos, Aimé Césaire, poètes noirs antillais, Editions Caribéennes, 1983.

    - BLERALD Alain, Négritude et politique aux Antilles, Editions

    Caribéennes, 1981.

    - BRICHAUX-HOUYOUX Suzanne, Quand Césaire écrit Lumumba parle : une saison au Congo, édition commentée, Paris, L'Harmattan, 1993.

    - CAILLER Bernadette, Proposition poétique. Une lecture de l'oeuvre d'Aimé Césaire, Sherbrooke, Naaman, 1976.

    - COMBE Dominique, Aimé Césaire, « Cahier d'un retour au pays natal » (Coll. Etudes littéraires), Paris, PUF, 1993.

    - CONDE Maryse, Le « Cahier » d'Aimé Césaire. Collection Profil d'une oeuvre, Paris, Hatier, 1978.

    - CONFIANT Raphaël, Aimé Césaire ou la traversée paradoxale du siècle, Paris, Stock, 1993.

    - DELAS Daniel, Aimé Césaire, Paris, Hachette université, 1991.

    - Georges Ngal, Aimé Césaire, un homme à la recherche d'une patrie, Dakar, Editions NEA, 1975.

    - HALE Thomas et KESTELOOT Lilyan, Les cahiers césairiens, Pennsylvania University de 1972 à 1976.

    - KEITH Louis Walker, La cohésion poétique de l 'oeuvre césairienne,

    Paris, Editions Jean-Michel Place ; Tübingen, GUnter Narr Verlag, 1979. - KESTELOOT Lilyan et KOTCHY, Aimé Césaire, l'homme et l'oeuvre ,

    précédé d'un texte de Michel Leiris, Paris, Présence Africaine, Coll. « Les

    Classiques africains », 1982.

    - KESTELOOT Lilyan, Aimé Césaire poète d'aujourd'hui, Paris, Seghers, 1963.

    - KESTELOOT Lilyan, Comprendre le Cahier d'un retour, Paris, Ed. Saint-Paul, Coll. « Les Classiques africains », 1982.

    - ZADI Bernard, Césaire entre deux cultures, Editions NEA, Dakar 1978. - Articles, Mémoires et thèses

    - DIANE Alioune Badara, Note de lecture Mamadou Souley Ba, Césaire, Fondation d'une poétique, Paris, L'Harmattan, 2005. Ethiopiques n°76 - Centième anniversaire de L.S. Senghor. Cent ans de littérature, de pensée africaine et de réflexion sur les arts africains 1er semestre 2006.

    - ERIKSON John et KESTELOOT Lilyan, Aimé Césaire, Numéro spécial de L'esprit créateur, Bâton Rouge, Louisiane 1992.

    - GRAZIANI Benno, Aimé Césaire, Numéro spécial de IL Castoro n°106, 1975.

    - HALE Thomas, Les écrits d'Aimé Césaire, Bibliographie commentée. Numéro spécial de Etudes françaises, Montréal 1978.

    - IRELE Abiola, Les origines de la négritude à la Martinique, Sociologie de l'oeuvre poétique d'Aimé Césaire, Thèse université, Lettres, Sociologie de la culture, Paris, FLSH, 1967.

    - SERI Ernest, « Cahier d'un retour au pays natal comme l'expression d'un malaise existentiel », Ethiopiques n°60 revue négro-africaine de littérature et de philosophie 1er semestre 1998.

    - SONKO El Hadj, « L'Afrique dans l'imaginaire poétique d'Aimé Césaire. L'exemple de Cahier d'un retour au pays natal, Ferrements et Moi, laminaire », Mémoire de maîtrise de littérature africaine, UCAD, FLSH, 2006-2007.

    3.2. Sur Conrad

    3.2.1. Ouvrages

    - BRUCE Harkness, éd. Conrad 's Heart of Darkness and the Critics, San Francisco, 1960.

    - COX C.B., Joseph Conrad, The Modern Imagination, London: J.M. Dent; Totowa, N.J.: Rowman & Littlefield, 1974.

    - DEAN Leonard, « Heart of Darkness », Background and Criticisms, Prentice-Hall, 1960 Edward Garnett, Conrad 's the critical heritage, edited by Norman Sherry, Routledge & Kegan Paul, 1973.

    - GEORGES Jean-Aubry, Joseph Conrad in the Congo, Boston: Little, Brown, 1926.

    - GRIFFITH John Wylie, Joseph Conrad and the anthropological dilemma, Oxford Clarendon Press, 1995.

    - KIMBROUGH Robert, «Heart of Darkness», an authoritative Text, Background and Sources, New York, Norton, 1963.

    - WATT Ian, Conrad in the Nineteenth Century, Berkeley Los Angeles, University of California Press, 1979.

    - WATT Ian, Conrad 's «Heart of Darkness », A critical and

    contextual discussions, Milano, Mursia International, 1977. 3.2.2. Articles, Mémoires et Thèses

    - DARRAS J., «Le voyage en Afrique», Esprit N°128, Juillet 1987, p.1 - p.12, Pour un examen de la manière dont André Gide, P. Leiris et J. Berque ont relu « Coeur des ténèbres ».

    - FAYE Ndèye Gnilane, « L'Ailleurs et l'Etranger dans le récit de voyage : Au Coeur des ténèbres (1902) de Joseph Conrad et « L'Heure du nègre » (1932) de Georges Simenon », Mémoire de Maîtrise, Littérature Comparée, UCAD, F .L. S .H., 2005-2006.

    - GAYE Mamadou, «The image of Africa in Joseph Conrad's Heart of Darkness and Graham Greene's Conrad's Heart of Matter», Mémoire de maîtrise, UCAD Dakar juin 1984.

    - GAYE Mamadou, « Conrad et l'homme blanc hors d'Europe », Mémoire de D.E.A., Dakar juin 1985.

    - GAYE Mamadou, « Crimes et Culpabilité dans quelques récits de Joseph Conrad », thèse pour le Nouveau Doctorat de Littérature Anglaise, Université des Sciences Humaines de Strasbourg, 1983.

    - GAYE Mamadou, « Kipling, Conrad and Forster », Annales de la
    Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Dakar, N°27, 1997.

    - KONATE Fatou, « De Conrad à Camus : Variations autour du mythe de l'Afrique et de l'Africain (Coeur des ténèbres et L'Exil et le Royaume) », Mémoire de D.E.A., UCAD, F.L.S.H., 2003-2004.

    - KONATE Fatou, « Le chant de Cygne de l'empire à travers les récits de Conrad et de Camus : Coeur des ténèbres (1898) et L'Exil et le Royaume (1957), Mémoire de Maîtrise, Littérature Française, UCAD, F.L.S.H., 2002-2003.

    - MAISONNAT Claude, « Truth stripped of its cloak of time » ou l'énigme de la littéralité dans Heart of Darkness ; Joseph Conrad 2 « Heart of Darkness » une leçon des ténèbres, Revue des Lettres Modernes, Paris-Caen, Lettres Modernes minard, 2002.

    - MAYOUX J.J., « Introduction, Traduction et Chronologie » de Au Coeur des ténèbres, Paris, Garnier-Flammarion, 1980.

    - NDIAYE Falilou, « Le chant de cygne de l'empire : De Conrad à Camus », Littérature et culture partagée - Litterature and sheared

    culture, Actes du Colloque International de l'A.I.L.C., Dakar 8 - 10 novembre 2001, P.U.D., Dakar (Sénégal), 2003.

    - NDIAYE Falilou, « Simenon entre Conrad et Camus » in TRACES N°16. « Georges Simenon et L'Afrique. Des reportages sur l'Afrique à la recherche d'un nouvel humanisme », Actes du Colloque, Dakar du 1er au 3 décembre 2003.

    - NIANG Amadou Hamé, « Le déclin du mythe impérial : procès du colonialisme et de l'apartheid dans Au Coeur des ténèbres (1902) de Joseph Conrad et dans L 'Age de fer (1992) de John Maxwell Coetzee, Mémoire de Maîtrise, Littérature Comparée, UCAD, F.L.S.H., 2006-2007.

    - PACCAUD-HUGUET J., « Kurtz ou les vestiges du jour », Joseph Conrad 2 « Heart of Darkness » une leçon des ténèbres, Revue des Lettres Modernes minard, 2002.

    - PAPPO MUSSARD C., « Notes dans la traduction de Heart of Darkness », Les Langues Modernes, Bilingue, 1993.

    - SARIOLS Deeri, « Ombres et lumières des tropiques : Conrad et Sanchez Pinol vers un renouveau de la littérature fantastique du XXe siècle », Revue de littérature Comparée 2007- 4 (n°324) page 473 à 488.

    - SIARY Gérard, « L'Afrique dans Heart of Darkness de Joseph Conrad, l'image de l'Afrique entre reflet et symbole », Acte de colloque de l'Association Internationale de Littérature Comparée, « the paths of multiculturism », Editions Cosmos, Juin 2000.

    3.3. Sur Maran

    3.3.1. Ouvrages

    - ALES SANDRI Brigitte, L'école dans le roman africain. Des premiers écrivains francographes à Boubacar Boris Diop, Paris, L'Harmattan (Educations et sociétés), 2005.

    - BLACHE Joseph, Vrais noirs et vrais blancs d'Afrique au XXe siècle, Paris, Orléans-Maurice Caillette éditeur, 1992.

    - CAMERON Keith, René Maran, Boston, Twayne, 1985.

    - CHAUMEL Alfred, Les blancs jouent et gagnent (pochades congolaises), Paris, Henry Goulet, 1926.

    - Collectif, Francofonia 14 (2005), numéro dirigé par Lourdes Rubiales (articles de Pierre-Philippe Fraiture, Pierre Halen, Marie- Hélène Koffi-Tessio, Roger Little, Buata Malela, Anthony Mangeon, Bernard Mouralis, Lourdes Rubiales et une lettre inédite de René Maran à André Fraisse), Universidad de Cadiz, servicio de publicaciones.

    - Collectif, Hommage à René Maran, Paris, Présence Africaine, 1965. (textes de Charles Astruc, Mercer Cook, Albert Darnal, Manoel Gahisto, Charles Kunstler, Léopold Sédar Senghor, René Violaines ; témoignages de Charles Bareilley, Odet Denys, François Descoeurs, A. Fraysse, J. Jacoulet, Albert Maurice, Pierre Paraf, Jean Portail, François Raynal, Martial Sinda, Paul Tuffrau ; et le texte intégral de Djogoni de René Maran).

    - GASTON-JOSEPH Koffi, Roman vrai d'un noir, Paris, Aux Editions du monde Nouveau, 1922.

    - HAUSSERL Michel, Les deux Batouala, Sherbrooke (Québec) - Bordeaux - Naaman - SOBODI, 1975.

    - LAINE Pierre, L'Afrique centrale et la littérature française des années 20. Maran, Gide, Céline : Actes d'accusation du système colonial, N'djaména - Université du Tchad (Annales de l'Université du Tchad. Série lettres n°1), 1974.

    - MOURALIS Bernard, PIRIOU Anne (directeurs), Robert Delavignette savant et politique (1897-1976), Paris, Karthala « coll. Hommes et sociétés », 2003.

    - OJO-ADE Femi, René Maran, écrivain négro-africain, Paris, Fernand Nathan, 1977.

    - ONANA Charles, René Maran. Le premier Goncourt noir, Paris, Editions Duboiris (Itinéraire), 2007.

    - TRAUTMANN René, Au pays de « Batouala ». Noirs et blancs en Afrique, Paris, Payot, 1922.

    - VALDI François, La femme-antilope, Paris, André Delpeuch Editeur, 1928.

    3.3.2. Articles, Mémoires et Thèses

    - EGONU Iheanacho, « Portée révolutionnaire du premier « roman nègre » », Ethiopiques numéro 19, revue socialiste de culture négro-africaine, juillet 1979.

    - FABRE Michel, « Autour de René Maran ». Présence Africaine 86 (2ème semestre 1973) : 171.

    - FABRE Michel, « Autour de rené Maran, The New Negro and

    Negritude ». Phylon 36.3 (3rd quarter 1975) : pp. 340-35 1.

    - GUIMENDEGO Maurice, « Le roman Batouala de René Maran :

    portrait satirique du colonisateur ou materia prima pour

    l'histoire ? » Francofonia 10(2001) : pp. 6 1-77.

    - OUABEGO C. Guillaume, « Etude comparée de l'amour dans Batouala de René Maran et L 'Etat sauvage de G. Conchon : lauréats du prix Goncourt », Mémoire de D.E.A., Littérature Comparée, UCAD, FLSH, 2001-2002.

    - RUBIALES Lourdes, « Désillusion et frustration : l'administration coloniale contre René Maran », Actes du colloque international Désillusion et désenchantement dans les littératures de l'ère coloniale, organisé par la SIELEC en partenariat avec le Centre d'étude du XXème siècle (Université Paul-Valèry, Montpellier III), Montpellier les 25, 26, 27 mai 2006.

    - SANKO Hélène, « Les mots pour le dire : L'Afrique d'après Batouala de René Maran ». Francographies 2 (1993) : pp. 131- 141.

    - TEULIE Gilles (éditeur), Les littératures africaines : Transpositions ? Actes du Colloque APELA (Association pour l'étude des littératures africaines), Université Montpellier III (Les carnets du CERPANAC n°2), septembre 2001-2002.

    IV AUTRES ARTICLES, OUVRAGES ET REVUES GENERAUX DE REFERENCES

    - ABIOLA Irèle, La pensée. « Réflexions sur la négritude »,

    Ethiopiques n°69 Hommage à L.S.Senghor 2ème semestre 2002.

    - ACHEBE Chinua, « An image of Africa: Racism in Conrad's Heart of Darkness », Massachusetts Review 18 (1977) and was reprinted in Heart of Darkness, an Authoritative Text, Background and Sources, Criticism. 3rd ed. Ed. Robert Kimbrough, London: W.W Norton and Co., 1988; p.p. 251-261.

    - ADOTEVI John-Bosco, L'apartheid et la société internationale, Dakar - Abidjan, N.E.A., 1978.

    - AFFERGAN Francis, Exotisme et altérité, Essai sur les fondements d'une critique de l'anthropologie, Paris, P.U.F., 1987.

    - ANTOINE Régis, La littérature franco-antillaise, 2e édition

    augmentée et mise à jour, Paris, Editions Karthala, 1992.

    - ASTIER-LOUFTI Martine, Littérature et colonialisme -

    L'expansion coloniale vue dans la littérature romanesque

    française, 1871-1914, Paris-La Haye, Mouton, 1971.

    - AUERBACH Eric, Mimésis, la représentation de la réalité dans la littérature occidentale, traduit de l'Allemand, Paris, Gallimard, 1969.

    - AUGARD Albert, La fin de la race blanche, Paris, La pensée universelle, 1972.

    - BALANDIER Georges, Afrique ambiguë, Paris, Plon,

    « coll. TERRE HUMAINE, civilisations et sociétés », 1957.

    - BARTHES Roland, Le degré zéro de l'écriture, Paris, Seuil, 1953. - BARTHES Roland, Le plaisir du texte, Paris, Seuil, 1973.

    - BARTHES Roland, Mythologies (1957) in OEuvres complètes Tome I 1942-1965, Paris, Seuil, 1993.

    - BECOUR Simone, L'Afrique et l'impérialisme, Paris, Gallimard, 1998.

    - BENOT Yves, Diderot, de l'athéisme à l'anticolonialisme, Paris, Librairie François Maspero, 1970.

    - BHABHA Homi K., Les lieux de la culture - Une théorie postcoloniale (1994), Paris, Payot & Rivages, 2007.

    - BLACHERE Jean-Claude, Le modèle nègre - Aspects littéraires du mythe primitiviste au XXe siècle chez Apollinaire, Cendrars, Tzara, Dakar Abidjan Lomé, NEA, 1981.

    - BRUHL-LEVY Claude, La mentalité primitive, Paris, Alcan, 1925. - BRUNSCHWIG, Mythes et réalités de l'impérialisme colonial français 1871-1914, Paris, Armand-Colin, 1960.

    - CAMUS Albert, L'Homme révolté, Paris, Gallimard, 1951.

    - CARRE Nathalie, « Des explorateurs aux écrivains voyageurs :

    cheminement littéraire », in Notre Librairie : Voyage en Afrique de

    l'explorateur à l'expert, n°153, janvier-mars, 2004.

    - CHALAYE Sylvie, Nègres en images, Paris, L'Harmattan, 2002.

    - CHALLAYE Félicien, Souvenirs sur la colonisation, Paris, Les nuits rouges (réédition), 1935.

    - CHEVRIER Jacques, « Les romans coloniaux : enfer ou paradis ? », Revue du Livre : Afrique Noire, Maghreb, Caraïbes, Océan Indien, Notre Librairie N°90 Octobre-Décembre 1987, pp. 6 1-72.

    - CHEVRIER Jacques, Les Blancs vus par les Africains, Lausanne (Suisse), Favre, 1998.

    - CHEVRIER Jacques, Littérature africaine - Histoire et grands thèmes, Paris, Hatier, 1990.

    - CURTIN Philip, The Image of Africa British Ideas and Action, 1780-1850, London: Macmillan, 1965.

    - DARWIN Charles, De l'origine des espèces, Cambridge, Harvard, UP, 1964.

    - DAVIDSON Basil, «Old Africa Rediscovered». L'Afrique avant les Blancs, Paris, PUF, 1962.

    - DIOUF Madior, « Le monde noir colonial dans l'oeuvre d'André Demaison - De l'exotisme africain au destin de l'Afrique », Thèse pour le Doctorat de 3e cycle de Lettres Modernes, 17-06-1975.

    - EBOKO Fred, « Négrologie » : chère Afrique cauchemar, Le Monde diplomatique, Manière de voir N°79, Bimestriel février- Mars 2005.

    - FABRE Cédric, Ecri vains-voyageurs, Paris, adpf, juin 2003.

    - FALQ Jacqueline - KANE Mohamadou, Littérature africaine.

    Textes et travaux. Tome I, N.E.A., Nathan Afrique, 1974.

    - FANON Frantz, Les damnés de la terre, Paris, Librairie François

    Maspero, Editeur S.A.R.L., 1968.

    - FANON Frantz, Peau noire - masques blancs, Paris, Seuil, 1952.

    - GLISSANT Edouard, Quatrième siècle (1964), Paris, Gallimard, 1997.

    - GLISSANT, Edouard, Le Discours antillais, Paris, Seuil, 1981.

    - GOBINEAU, Essai sur l'inégalité des races humaines, Paris, 1853. - GOUNONGBE A., La toile de soi. Culture colonisée et expressions

    d'identité, Paris, L'Harmattan, 1995.

    - GOURAIGE Ghislain, Continuité noire, Dakar - Abidjan, N.E.A., 1977.

    - HOFFMAN Léon-François, Le nègre romantique - Personnage littéraire et obsession collective, Paris, Payot, 1973.

    - JANHEINZ Jahn, Muntu, l'homme africain et la culture négro- africaine, Paris, Seuil, 1961.

    - KANDJI Mamadou, « De l'Iléité à l'altérité : l'imaginaire insulaire de Defoë à Coetzee », littérature et culture partagée, Actes du Colloque International de l'A.I.L.C., Dakar 8-10 novembre 2001.

    - KANT Emile, Logique, trad. L. Guillermit, Paris, Vrin, 1970.

    - KASSE Maguèye, « Le personnage du Noir tel qu'il apparaît dans la littérature d'expression allemande » - Douzième Congrès de l'Association des Germanites de l'Enseignement Supérieur A.G.E.S., Dakar, 12-15 avril 1979, Auditorium de l'Université, N.E.A., Dakar, 1983.

    - LEBEL Roland, L'Afrique occidentale dans la littérature française (depuis 1870), Paris, Larose, 1925.

    - LEIRIS Michel, Brisées, Paris, Mercure de France, 1966.

    - LEVI-STRAUSS Claude, Race et Histoire, UNESCO, 1952.

    - LEVY-STRAUSS Claude, La pensée sauvage, Paris, Plon, 1962. - LEVY-STRAUSS Claude, Tristes tropiques, Paris, Plon, 1955.

    - LIAUZU Claude, Violence et colonisation, Paris, Syllepse, 2003.

    - MAKOUTA-MBOUKOU Jean-Pierre, Systèmes, théories et

    méthodes comparée en critiques littéraire. Des nouvelles critiques

    à l'éclectisme négro-africain, Paris, L'Harmattan, Volume II, 2003. - MALRAUX André, Préface à « Musée de Dakar, témoin de l'art

    nègre », Michel Renaudeau, Paris, Editions Delroisse, 1973.

    - MAMMERI Mouloud, L'Opium et le bâton, Paris, Plon, 1965.

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    A.C.C.T. et Editions Karthala, 1986.

    - MBOCK Charly-Gabriel, Comprendre Ville cruelle d'Eza Boto, Paris, Les Classiques Africains, 1992.

    - MBOM Clément, Frantz Fanon aujourd'hui et demain, Paris, Nathan, 1985.

    - MELVILLE J. Herskovits, L'héritage du Noir, Paris, Présence Africaine, 1966.

    - MEMMI Albert, L'Homme dominé, Paris, Gallimard, 1968. - MEMMI Albert, Le Racisme, Paris, Gallimard, 1982.

    - MEMMI Albert, Portrait du colonisé suivi du Portrait du colonisateur, Paris, Editions Corréa, 1957.

    - MERCIER Roger, L'Afrique noire dans la littérature française. Les premières images (XVIIe-XVIIIe siècles) Dakar, publications de la F.L.S.H., 1962.

    - MOURA Jean-Marc, « Francophonie et critique postcoloniale », Revue de Littérature Comparée, N°281.

    - MOURA Jean-Marc, « Littératures francophones et théorie postcoloniale », Paris, P.U.F., 1999.

    - MOURA Jean-Marc, L'image du tiers-monde dans le roman français contemporain, Paris, P.U.F., 1992.

    - MOURALIS Bernard, « Le concept de primitif. L'Europe,

    productrice d'une science des autres », Revue du livre : Afrique

    Noire, Maghreb, Caraïbes, Océan Indien, Notre Librairie N°90

    Octobre-Décembre 1987, pp. 86-91.

    - MOURALIS Bernard, L'Europe, l'Afrique, la folie, Paris, Présence Africaine, 1996.

    - MOURALIS Bernard, Les contre-littératures, Paris, P.U.F., « coll. SUP Le sociologue », 1975.

    - MOURALIS Bernard, Littérature et développement, Paris, Silex / A.C.C.T., 1984.

    - NADEAU Maurice, Michel Leiris et la quadrature du cercle, Paris, Editions René Julliard, 1963.

    - NDIAYE Christiane, Danses sur la parole - Etudes sur les littératures Africaines et Antillaises, Paris, Editions Nouvelles du Sud, 1966.

    - NGAL G., La critique de la littérature négro-africaine, Dakar, 1976.

    - NGANDU P. et MUDIMBE V.Y., « Remarques synthétiques sur la contribution africaine à la fondation de la pensée et de la littérature latines chrétiennes », Mélanges offerts à Léopold Sédar Senghor - Langues, Littérature, Histoire anciennes, Dakar, N.E.A., 1977.

    - OUMAROU Chaibou El Hadj, face à la francophonie : comment être francophone et africain ? - Colloque « Expériences et mémoire : partager en français la diversité du monde », Bucarest, septembre 2006.

    - PORRA Véronique, « De la marginalité déviante ou que faire des littératures africaines d'expression française contemporaine ? », Revue de littérature comparée 2005- 2 (n°314) - page 207 à 225.

    - ROCHMANN Marie-Christine, L'esclave fugitif dans la littérature antillaise, Paris, Kharthala, 2000.

    - ROSELLO Mireille, Littérature et identité créole aux Antilles, Paris, Karthala, 1992.

    - SAID Edward W., Culture et Impérialisme (1993), Paris, Fayard / Le Monde Diplomatique, 2000.

    - SAMB Djibril, Manuel de Méthodologie et de normalisation, I.F.A.N., C.A.D., Dakar 1999.

    - SARTRE Jean-Paul, Orphée noire (préface) SENGHOR L.S., Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, Paris, P.U.F., 1948.

    - SAVADOGO Mahamadé, Philosophie et histoire, Paris, L'Harmattan, 2003.

    - SIEFER Léon-Fanoudh, Le mythe du nègre et de l'Afrique noire dans la littérature romanesque française (de 1800 à la 2e Guerre Mondiale), Paris, Klincksieck, 1968.

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    Métamorphoses du regard sur la méditerranée et l'Afrique, Actes

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    - ZOUYANE Gilbert, «Fantasmes coloniaux: la représentation de l'Afrique chez Loti, Tharaud et Demaison» - Actes du Colloque international de Yaoundé, (Cameroun) 15-17 décembre 2004.

    V. WEBOGRAPHIE

    - "MARAN, René" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2008

    http://fr.encarta.msn.com (c) 1997-2008 Microsoft Corporation.

    - Antonella Corsani, Christophe Degoutin, François Matheron, Giovanna Zapperi, « Narrations postcoloniales », Mise en ligne le lundi 11 juin 2007, Revue Multitudes N°29, été 2007, http ://multitudes .samizdat.net/Narrations-postcoloniales .

    - Béatrice Collignon, « Note sur les fondements des postcolonial Studies », EchoGéo, Numéro 1/2007, (En ligne), mis en ligne le 06 mars 2008. URL : http://echogeo.revues.org/index2089.html. Consulté le 30 novembre 2008.

    - HARDT Michaël, « L'hybridité de l'Empire »,

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    - KING Adèle, « Une joute verbale : le postcolonialisme », publié le 01/05/2000.

    http://www.africultures.com/index.asp?menu=revue_affiche_article &n°=1361.

    - METZ Christian (2006). « Quelques vues sur le visible », Revue La Licorne, Numéro 26. En ligne : http://edel.univ.poitiers.fr/licorne/document389.php (consulté le 12/04/2008).

    - SURUN Isabelle, « L'exploration de l'Afrique au XIXe siècle : une histoire pré coloniale au regard des postcolonial studies », Revue d'histoire du XIXe siècle, 2006-32, Varia, (En ligne), mis en ligne le 12 juillet 2006. URL :

    http://rh19.revues.org/document1089.html. Consulté le 13 juillet 2008.

    VI. FILMOGRAPHIE

    - Apocalypse Now. Film américain sorti le 26 septembre 1979, réalisé par Francis Ford Coppola. Avec Martin Sheen, Marlon Brando, Frederic Forrest. Genre : guerre. Durée : 3h 22 min.

    - Cahier d'un retour au pays natal. Film français en couleur, pour tous publics. Réalisé par : Philippe Bérenger. Acteurs : Jacques Martial (l'homme qui revient), Anthony Farouil (le kid), Laurent Willy, Patricia Castel. Sotie le 10 mai 2008. Durée : 1 h 05 min.

    - René Maran, l 'éveilleur de consciences. Film documentaire réalisé par Barcha Bauer et Serge Patient. France 3 Aquitaine, La Lanterne, RFO Guyane, Prodom Canal Antilles, 2007, 52 minutes.






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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius