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Evaluation de l'impact environnemental : le rôle des outils de gestion

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par Iouri Sorokine
ESSCA - Master gestion/finance 2008
  

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4. Les outils d'évaluation de l'impact environnemental a) L'écobilan

L' analyse du cycle de vie (ACV), ou écobilan est un outil d'aide à la décision qui prend en compte l'efficacité environnementale des projets, produits ou activités, leurs coûts et les contraintes qu'ils impliquent sur le plan économique (Loerincik, Jolliet, 2007). Il permet d'évaluer l'impact environnemental d'un projet ou d'un produit tout au long de son cycle de vie, du développement jusqu'à l'élimination. « C'est avant tout un outil comparatif, visant à évaluer la charge environnementale de plusieurs produits, processus ou systèmes ainsi qu'a comparer les différentes étapes de production d'un même produit » (Loerincik, Jolliet, 2007).

L'écobilan existe sous plusieurs formes. L'une d'elles consiste à « évaluer la performance environnementale à partir de ratios qui combinent des mesures physiques et financières que l'entreprise compare aux dépenses environnementales et à leur impact environnemental » (Christophe, 1995). L'avantage de cet outil est la combinaison entre les mesures physiques et financières qui peut permettre d'évaluer

si une stratégie environnementale induit des coûts supplémentaires (ce qui peut être le cas de nouveaux investissements) ou au contraire, diminue les coûts existants (ce qui peut être le cas lors d'une meilleure optimisation des matières premières).

b) Les comptes verts et les budgets environnementaux

Les comptes verts sont des comptes spécialisés permettant d'inclure des informations environnementales dans la comptabilité financière classique. Les dépenses environnementales diverses ou encore les risques liés à l'environnement, traduit en données financières et inscrits dans les comptes verts permettront à l'entreprise d'améliorer le pilotage de sa performance environnementale (Raimbault - Guilbaud, 1995). L'ordre des experts comptables (1996) préconise alors d'isoler les investissements environnementaux (tels que les investissements anti-pollution ou de dépollution) dans des comptes spéciaux et de prévoir des adaptations de la comptabilité afin de rendre en compte les problématiques environnementales. Le principe de risque et charges s'applique par exemple au risque environnemental après avoir procédé à l'évaluation de ces conséquences financières.

c) L'évaluation des coûts externes environnementaux

L'évaluation des externalités environnementales est nécessaire afin de pouvoir les internaliser, c'est à dire attribuer un coût équivalent à leur impact environnemental. Elle permet aussi de comparer les répercussions environnementales des différentes formes de production en utilisant un étalon commun - la monnaie. Il s'agit d'un instrument d'aide à la décision, et donc de pilotage. L'évaluation des coûts externes environnementaux s'effectue en deux étapes : la première consiste à analyser les répercussions physiques, par exemple d'un réservoir sur l'environnement, et la deuxième à évaluer les coûts sociétaux reliés à ces impacts (Weissenberger, 2000).

Pour Antheaume (2001), il s'agit d'évaluer le coût monétaire des dommages que l'entreprise effectue à son environnement. Par exemple, lors de la destruction d'un site naturel, il s'agit de déterminer le coût que supporte la collectivité. Ce genre d'évaluation est difficile à mener en l'absence de normalisation comptable, précise l'auteur. Christophe (1995) crée quand à lui la notion de valeur ajoutée négative en enregistrant une consommation de patrimoine naturel (comptes 62...) qui vient

s'équilibrer à l'aide d'une provision (comptes 15...) et permet ainsi d'intégrer cette consommation dans le résultat comptable de l'entreprise. L'Union Européenne a, quand à elle crée en 1993 la possibilité d'associer comptabilité classique et comptabilité environnementale en créant pour cela quatre nouveaux comptes : le compte de flux de pollution, de dépenses de protection de l'environnement, de ressources naturelles et l'évaluation des flux non marchands.

d) Le tableau de bord vert

La norme ISO 14031 préconise l'utilisation d'indicateurs environnementaux qui se regroupent au sein d'un outil appelé tableau de bord environnemental ou tableau de bord vert. Ces indicateurs sont de trois types : les indicateurs de performance du management environnemental (IPM - par exemple le nombre d'heures de formation aux problématiques environnementales par employé), les indicateurs de performance environnementale (IPE - par exemple, la quantité de déchets par produit fabriqué) et les indicateurs de condition environnementale (ICE - par exemple les kilos de CO2 émis par heure de travail). Le groupement de ces indicateurs permet de fournir un outil à vocation de pilotage fournissant des données environnementales sur les différentes activités.

e) Les limites principales de ces outils

L'essentiel des limites des outils de gestion « techniques » a été développé par B. Dreveton (2005) qui a mis l'accent sur le côté arbitraire et illusoire de l'évaluation en termes financiers de l'impact environnemental : « comment «évaluer l'impact environnemental de tout un projet d'investissement ? » (Dreveton, 2005). Il est également difficile de répartir l'imputation des coûts ou des gains de productivité entre ceux dus à une meilleure performance environnementale et ceux dus à une meilleure performance économique. Deux autres aspects ont contribué dissuader les entreprises d'intégrer certains outils dans leur système de gestion : l'ignorance relative des professionnels comptables dans es données véhiculés par ces outils (biologie, chimie, physique...) et le manque de formalisation des systèmes d'outils comptables environnementaux. Quand aux outils qui sont déconnectés des systèmes de gestion « classiques », le principal risque réside dans leur marginalisation et le fait de les reléguer « au second plan » par rapport aux outils de gestion classiques.

La prise en compte de données environnementales dans les systèmes comptables et le contrôle de gestion reste une problématique complexe et non résolue, mais ceci est très largement du au fait qu'il s'agit d'un système en phase de développement qui nécessite encore beaucoup de travail avant de devenir opérationnel.

Conclusion du cadre théorique et annonce des hypothèses de recherche

Nous avons pu aborder durant cette revue de littérature les différents types d'outils de gestion ainsi que les apports qu'ils pouvaient fournir dans la mesure des performances environnementales. Il nous reste à faire le lien entre ce recueil théorique et notre problématique qui est d'ordre pratique vu qu'il s'agit de déterminer le rôle des outils de gestion dans la mesure de l'impact environnemental d'une entreprise. Cette problématique nous amènera à formuler deux sortes d'hypothèses : une hypothèse concernant la finalité des outils de gestion, puisque c'est bel et bien de leu rôle dont il est question et deux sur le type de données utilisées, puisque l'impact environnemental est une notion complexe qui comporte une très grande quantité de variables.

Les hypothèses de recherche :

Question centrale de recherche :

Quels est le rôle des outils de gestion dans l'évaluation de l'impact environnemental ?

Question de recherche n°1 : Question de recherche n°2 :

Quelle est la nature des outils de Quel type de données permet d'évaluer

gestion environnementaux ? l'impact environnemental ?

Hypothèse de recherche n°1.1 :

 

Hypothèse de recherche n°2.1 :

Les outils environnementaux des entreprises sont des outils de pilotage.

 

L'impact environnemental est mesuré par des données physiques.

 

Hypothèse de recherche n°2.2 :

L'impact environnemental est traduit en unités financières.

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