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Communication et contrôle de la trypanosomose animale africaine : étude de cas des interrelations entre les agro-éleveurs et leurs prestataires de services vétérinaires dans la province du Kénédougou (Burkina Faso).

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par Der DABIRE
Université de Ouagadougou, Département de Sociologie - Maîtrise en Sociologie 2005
  

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2) Aperçu historique et politico-admistratif.

La province du Kénédougou tient son appellation de l'ancien royaume du même nom fondé au XIXè siècle. En effet, au cours du XVIIè siècle, des Sénoufo fondèrent un royaume qui connut son apogée au XIXè siècle. Sous Daoula TRAORE (1845-1865), le Kénédougou devint un véritable empire qui s'étend de Tengrela (Mali) à Niéllé près de Korhogo (côte d'Ivoire) au sud et jusqu'aux environs d'Orodara (Burkina Faso) à l'est. Il correspond au Tangouara, pays des Sénoufo Tagoua. Il atteint au Nord les frontières de Ségou (Mali), au Nord-est les Sénoufo Nanerguè de Kourouma et N'dorola (Burkina-Faso) et les Minianka. Daoula allait assièger les Bambara de Bani avec l'aide de El Hadj Omar Tall, mais une série de courts règnes affaiblit l'empire après sa mort.

Entre 1850 et 1860, la tentative de Sikasso de contrôler le cours supérieur de la Volta noire (province du Kénédougou actuel et sud de la comoé) déclencha un long conflit avec les Ouattara (de 1865 à 1890) qui se termina par la désagrégation socio-politique du Gwiriko (empire des Ouattara). Mais, le Kénédougou est toujours confronté à des guerres de toute sorte. Il retrouvera son salut vers 1870, lorsque Tiéba (fils de Fama Daoula) qui avait été pris en captivité fut libéré et accéda au pouvoir.

Toutefois les provinces périphériques du Kénédougou avaient repris leur indépendance et le nouveau roi ne contrôlait plus qu'un territoire réduit sur le Lotyo. Véritable conquérant, il fortifia le village de Sougokan, localité de ses parents maternels à laquelle il donna le nom de Sikasso et en fit sa capitale. A partir de là, il reconquiert péniblement son royaume encore fortement teinté d'un animisme Sénoufo en dépit de la présence d'un islam dioula. Engagé dans cette reconstruction impériale, il affronta Samory Touré sur la frontière du Bagoé. Ce fut une guerre de défense nationale pour les Sénoufo qui culmine au siège de Sikasso entre 1887 et 1888. Pour écarter cette menace samorienne, Tiéba dû se rapprocher des Français sans cependant se transformer en un instrument passif.

Sorti victorieux et aguerri de cette bataille contre Samory, il reprend le vieux duel qui opposait le Kénédougou au Gwiriko. Il investit l'Est du royaume, s'appuya sur les Sofa placés dans des grands centres comme Kourouma et marcha sur le Gwiriko. Mais, il se heurta à un regroupement solidaire des peuples du Gwiriko sous l'autorité d'Amoro, chef des Tiéfo. Ainsi, avec son armée, ils rencontrèrent les Sénoufo à Bama où Tiéba trouva la mort, obligeant ses sofas à replier sur Sikasso. Son frère Bambemba lui succède et doit faire face à une pressante amitié française qu'il soupçonne périlleuse pour l'indépendance de Sikasso. Pour contrer ce coup d'annexion de son royaume, il se rapprocha de Samory, mais ce fut trop tard et en 1898, les français conquièrent Sikasso.

Ainsi donc, le royaume du Kénédougou fut disloqué et intégré dans les possessions françaises mettant fin à son existence. De nos jours, le Mali, le Burkina et la Côte d'ivoire se partagent et l'espace géographique et les peuples qui constituaient ce royaume. Mais, il faut souligner qu'en dehors de la conquête ou de la restauration du pouvoir, l'histoire sociale et politique du Kénédougou est très peu connue. L'histoire des structures administratives, des structures sociales et leurs relations internes, des stratégies de domination socio-économique et politique semblent échapper aux historiens.

La province du kénédougou actuel constitue avec celle du Houët et du Tuy la région des Hauts Bassins dont le siège se trouve à Bobo-Dioulasso. Mais, depuis la période coloniale, elle a connu plusieurs mutations administratives allant de la subdivision à la province en passant par la sous-préfecture. En effet, en 1953, elle était déjà érigée en subdivision (celle de Orodara). Puis, en 1975, elle devient sous-préfecture avec Koloko, N'dorola et Orodara comme arrondissements. Dès lors, elle subit les différentes mutations administratives qu'a connues le pays à travers les actes suivants :

- ordonnance n°83-012/CNR/PRES du 15 septembre 1983 portant division du territoire national en 25 provinces ;

- ordonnance n°84-055/CNR/PRES du 15 août 1984 portant découpage du territoire national en 30 provinces et 250 départements;

- décret n°96-150/PRES portant promulgation de la loi n°10/96/ADP du 25 avril 1996 portant modification des limites de province ;

- décret n°96-42/PRES/PM/MATS portant promulgation de la Loi n°10/96/ADP du 25 avril portant création de 28 départements ;

La province du Kénédougou compte actuellement 13 départements et 169 villages. Les groupes ethniques qui y vivent appartiennent au système socio-politique de type décentralisé. Ce sont des populations rurales encore régies par des formes d'organisation villageoise où conception politique et foi religieuse animiste s'entremêlent. Elles sont soumises à l'autorité de l'Etat moderne au niveau national, provincial et départemental, mais à l'échelle du village, le pouvoir s'exerce à des niveaux divers. Dans les villages, le pouvoir politique est détenu par un chef de village. Mais, il est assisté dans la prise des décisions par les chefs coutumiers (chef de terre, chef de brousse et chef des chasseurs), les chefs administratifs (responsable administratif villageois et chefs de quartiers) et les chefs religieux (Imams, grands marabouts et responsables des églises chrétiennes).

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault