WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Contribution à  l'étude de la salubrité en milieu carcéral: cas de la prison centrale de Ngozi pour hommes

( Télécharger le fichier original )
par Evode HARIYONGABO
Institut Universitaire des Sciences de la Santé d' Ngozi - Licence en sciences infirmières 2010
  

Disponible en mode multipage

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

INTRODUCTION

L'insuffisance d'hygiène et d'assainissement constitue un problème de santé publique dans les pays en voie de développement.

Beaucoup de populations se rendent compte qu'une défaillance en matière d'hygiène et d'assainissement est une source de nombreuses maladies mais elles ne comprennent pas le mode de transmission.

En effet, le problème de la santé peut être influencé par plusieurs facteurs à travers le monde, parmi lesquels nous pourrions citer : une mauvaise condition d'hygiène du milieu, de l'environnement, de l'habitat, l'insécurité alimentaire, la survenue de nouvelles pathologies épidémiques, les catastrophes naturelles, les guerres et les conflits armés sans oublier le problème de la salubrité qui est un facteur favorisant la contamination et la transmission de plusieurs pathologies.

La situation s'aggrave lorsqu'on parle de prisons. Toutefois, l'impact de la salubrité sur la santé des détenus n'est pas une préoccupation récente, déjà en 1999, les représentants des nations parties à l'assemblée de Kampala sur le thème : «  santé dans les prisons en Afrique » étaient conscients que ce problème ne pouvait être invoqué pour justifier des situations souvent catastrophiques. Certaines mesures simples et peu coûteuses telles que l'information et la sensibilisation sont susceptibles de contribuer à une amélioration [1].

De même, la société civile et la communauté doivent être activement impliquées dans le processus conduisant à une meilleure prise en charge en matière d'hygiène et sanitaire des prisonniers

Les personnes emprisonnées sont appelées à sortir un jour de derrière les murs ; ceux qui travaillent en prison retrouvent chaque jour leurs familles et leurs amis. Autant de vecteurs de transmission des maladies qui peuvent avoir des conséquences graves sur les communautés.

Les bouleversements des croyances religieuses ou des idées philosophiques, les mutations politiques ont eu une grande part dans la connaissance de l'hygiène.

Dans l'antiquité, l'hygiène se manifeste dans les règles de vie :

Moise, législateur d'Israël a inclus des directives d'hygiène dans le thora.

Dans la Grèce antique, Hygie était considérée comme la déesse de la santé. Elle devrait chasser les maux pour les éloigner des humains. C'est de là que vient le mot « hygiène ». Elle était donc chargée de la prévention des maladies.

Hippocrate a apporté à l'hygiène ses premières bases scientifiques. Ses écrits sont le fruit non seulement des disciplines philosophiques mais également d'une somme d'observations et d'expériences. Il comprend la réalité épidémique des maladies infectieuses, mais il lui manque trop de renseignements sur l'élément essentiel : « l'agent infectieux »

Néanmoins, il comprend le rôle de l'environnement et l'influence de l'atmosphère sur les maladies infectieuses. Il écrit et donne des éléments permettant de définir les bases scientifiques de l'hygiène individuelle et apporte des balbutiements de l'hygiène publique et des populations.

L'hygiène du milieu débute avec la civilisation romaine. C'est à cette période que sont construits les aqueducs, que sont installés les égouts, que surgissent les fameux thermes dont certains ont été conservés jusqu'à ce jour. L'hygiène publique et l'hygiène du milieu vont faire naître une nouvelle science « l'urbanisme ».

A la fin du XIX ème siècle, Pasteur comprend les mécanismes de la transmission des maladies infectieuses. En 1865, il ouvre l'ère de la microbiologie en découvrant l'existence d'éléments vivants microscopiques : les microbes [2].

Pendant la guerre de Crimée, en 1854, Florence Nightingale, aidée par une petite escorte d'infirmières, va oeuvrer sans relâche pour améliorer la convalescence des soldats, en apportant des changements radicaux et parfois très mal vus.

En effet la jeune femme a introduit des concepts inconnus : elle parlait d'hygiène, de repas équilibré, d'accompagnement lorsque la dernière heure des hommes arrive.

Elle refusait qu'on utilise les mêmes instruments d'un blessé à l'autre, sans qu'ils ne soient nettoyés. Elle insistait pour que les hommes soient lavés tous les jours, pour que leurs douleurs soient considérées à leurs justes valeurs. Elle a apporté de l'humanité dans un lieu où on sciait des jambes à la vue de tous, ne réalisant pas une seconde que le spectacle pouvait choquer les hommes qui occupaient les lits à proximité [3].

Au niveau international, l'OMS est devenue le centre d'initiative dans la médecine sociale. Ainsi , la nutrition, le logement et l'hygiène en milieu rural sont devenus une question majeure suivie des débats politiques sur le sport [4].

Intérêt du sujet

Intérêt personnel

Vu l'impact d'une hygiène précaire sur la santé, nous avons choisi ce sujet pour nous rendre compte de ce qui se passe en milieu carcéral en matière d'hygiène où la surpopulation, la proximité, l'exigüité des espaces de détention, l'insuffisance des repas, de lumière, de lits, le manque d'hygiène et des produits d'hygiène sont une réalité.

Intérêt scientifique

Les germes ne viennent pas de façon spontanée, il existe des moyens pour lutter contre l'infection.

Mais les détenus sont-ils bien préparés pour cette lutte ? S'appuyant sur des mauvaises conditions de vie rencontrées dans les prisons, les prisonniers semblent délaisser les règles élémentaires et de la sorte se privent des jouissances d'une hygiène formelle. Le message que nous voulons faire passer est « Pas d'hygiène pas de bonne santé »

Aussi, nous espérons que les résultats de ce travail pourraient servir de documents de référence pour des études de ce genre qui seront menées dans les jours à venir.

Problématique

Les conditions de détention dans les prisons du monde représentent une menace pour la vie et la santé de la population carcérale et de la société dans son ensemble.

Les taux de mortalité et de morbidité sont élevés ; l'état sanitaire des prisons est sans commune mesure avec celui prévalent à l'extérieur.

Ces conditions s'expliquent par : la surpopulation.

Au monde, les Etats ayant un nombre plus élevé des détenus sont les Etats-Unis d'Amérique, suivi de la Chine et de la Russie [5].

Selon Jean Max Hoarau et coll., l'étude faite dans 112 pays offre des taux de densité carcéral supérieur à 100%. Les premiers dans ce classement sont la Barbade avec un taux de 302% suivi du Cameroun et du Bangladesh avec des taux respectifs de 296% et 288% [5].

En revanche au Burundi cette situation se voit dans toutes ses prisons. Selon un rapport de la Health African Prison de 1999, l'état des lieux observé dans les trois grandes prisons dénonce combien l'état sanitaire, la disponibilité en médicament et la facilité d'accès aux soins de santé occupent une place importante pour la survie des détenus car à Mpimba environ 36 décès avaient été enregistrés contre 199 à Gitega et 379 à Ngozi [1].

Selon l'O.B.P. cette dernière possédait un taux d'occupation carcéral parmi les plus élevés avec 519,75% en 2004 [6].

Objectifs

Objectif général

Contribuer à l'amélioration de la salubrité en milieu carcéral.

Objectifs spécifiques

· Déterminer les conséquences de l'hygiène précaire en milieu carcéral ;

· Evaluer l'état des lieux de la salubrité dans la prison centrale de Ngozi ;

· Amener les prisonniers à prendre conscience de l'importance des règles d'hygiène à travers l'EPS ;

· Identifier les causes de morbi-mortalité dues à l'insalubrité en milieu carcéral ;

· Identifier les cas référés de l'infirmerie de la prison centrale de Ngozi à l'hôpital autonome de Ngozi.

But

Réduire sensiblement la morbi-mortalité liée à l'hygiène précaire en milieu carcéral.

CHAPITRE I : GENERALITES

I. Définition de certains concepts

I .1. Hygiène

Etymologiquement, le mot hygiène vient du grec «  hygieinon » qui signifie santé [2].

Selon l'OMS, elle est un ensemble d'activités qui permettent d'éviter que les microbes ne pénètrent dans le corps. Ces activités demandent la participation du village, de la famille et de chaque personne chez elle [7].

L'hygiène se base essentiellement sur trois actions :

· le nettoyage et la détersion

· la désinfection

· la conservation.

Par extension, on parle aussi d'hygiène de vie et d'hygiène mentale pour des actions permettant de prévenir l'apparition de troubles comme la pratique de sport, l'abstention de fumer ou de boire de l'alcool, et des addictions [8].

I .2. Santé

La santé selon l'OMS est définie comme un état complet de bien être physique, mental et social et non l'absence de la maladie ou de l'infirmité [9]. C'est l'idéal pour lequel nous luttons tous depuis des années.

I .3. Assainissement

Selon l'OMS, il s'agit d'une action visant à l'amélioration de toutes les conditions qui dans le milieu de la vie humaine influent ou sont susceptibles d'influer défavorablement sur le bien être physique, mental et social [10].

Selon Manuila et al. cité par MUSIBONO en 2004, l'assainissement est un ensemble de mesures propres à assurer les conditions favorables à la santé [11].

I .4. Règles d'hygiène

Ce sont des conseils à appliquer au quotidien pour améliorer notre hygiène de vie :

· se laver les mains au savon

· laver et éplucher les fruits

· avoir une excellente hygiène corporelle et dentaire

· baisser le couvercle des toilettes

· n'utiliser son mouchoir qu'une fois [12].

I .5. Salubrité

Caractère de ce qui est sain pour la santé [13].

Selon l'OMS cité par Kifuani, la salubrité est un état de l'habitat dont les services ci-après sont assurés avec efficacité :

· évacuation régulière des déchets ménagers, des immondices, des excrétas, des eaux usées ;

· traitements réguliers des affluents des eaux usées et de divers déchets, y compris les déchets radioactifs [9].

· désinsectisation et dératisation de tous les vecteurs de maladies et des agents de nuisance notamment les moustiques, les rats, les mollusques, les mouches, les glossines, les simulies, les cafards, etc....

I .6. Salubrité publique

Contrôle de l'hygiène d'un milieu de manière à éradiquer toute forme de maladies [13].

I .7. Eau

Substance liquide et naturelle.

Elle constitue actuellement 60% du corps et recouvre 70% de la surface de la terre.

L'eau domestique saine prévient des maladies et sauve des vies [14].

I .8. Eaux usées

Ce sont des eaux provenant des maisons ou des industries collectées et évacuées par les égouts [13].

I .9. Egout

Conduit souterrain par où s'écoulent les eaux sales et les immondices.

I .10. Immondice

Chose très sale, dégoûtante.

I .11. Bruit

Phénomène sonore, audible, produit par des vibrations très irrégulières en fréquence, en rythme et en intensité et qui provoque une sensation agréable, neutre, gênante, désagréable ou douloureuse [2].

I .12. Nuisance

Tout facteur de vie urbaine ou industrielle qui constitue une gêne, un préjudice, un obstacle, un danger pour la santé et pour l'environnement [13].

La nuisance caractérise généralement un fait perceptible, provoquant une souffrance vécue ou subie.

Le bruit est la première source de nuisance et de plaintes dans de nombreux pays.

D'autres nuisances communes sont l'exposition à la poussière, à des vibrations, aux dérangements de jour ou de nuit, à des mauvaises odeurs, à des déjections, des boues, des déchets divers, à l'exposition à des eaux usées, ou à l'air pollué, ou encore à l'éclairage nocturne indésirable ou intrusif [11 ; 15].

I .13. Déchet

D'après le dictionnaire de l'environnement, le déchet est tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation : toute substance, matériau ou produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur condamne à l'abandon [11].

I.14. Aération

L'aération dans un logement a pour but principal d'éviter que des substances dangereuses soient dans l'air et puissent nuire à la santé, soit immédiatement, soit en s'accumulant. Elle réduit aussi, au minimum la teneur de l'air en substance qui pourra provoquer des réactions physiologiques désagréables [15].

Dans les régions tempérées, une bonne aération doit renouveler l'air à raison de 0.030 mètres cube par minute et par occupant.

Il faut faire entrer de l'air frais de préférence en ouvrant une porte ou une fenêtre. Ouvrir plusieurs fenêtres est encore plus efficace car on peut ainsi établir le courant d'air.

I .15. Décharge libre des déchets

Il s'agit d'un dépôt sauvage des ordures dans un trou ou sur le sol [16].

I .16. Décharge contrôlée des déchets

C'est une technique qui repose sur l'enfouissement des déchets [16].

Ceux-ci sont répandus en couches successives sur la terre puis recouverts d'une couche de terre qui limite le dégagement des gaz de fermentation ainsi que les pullulations animales [2].

I .17. Combustible : textiles, plastique, composite

La combustion dans les foyers fixes à partir des combustibles fossiles (gaz, pétrole, charbon) produit d'importantes émissions polluantes.

Cette pollution est essentiellement carbonée (monoxyde et dioxyde de carbone), soufrée (le soufre étant une impureté majeure des combustibles) et particulaires (cendre et résidus non brûlés) [2].

I .18. Prison

Selon Valéry Giscard d'Estaing, il s'agit d'une privation d'aller et venir.

I.19. Condamné

Personne contre qui a été prononcée une condamnation.

I .20. Prévenu

Personne poursuivie pour une infraction et qui n'a pas encore été jugée.

I . 21. Cellule

Pièce généralement individuelle, où l'on vit isolé, particulièrement dans un monastère, une prison.

I .22. Mauvais état de salubrité

Est considérée comme impropre à l'habitation, un logement qui constitue une menace pour la santé ou la sécurité de ses occupants. Il y a des mauvaises odeurs et des vapeurs toxiques, le logement est infesté de vermine ou est particulièrement en ruine [16].

I.2. Hygiène des bâtiments

I .2.1. Rapport construction et hygiène

Par habitation, on entend tout local servant de jour et de nuit au logement, ainsi qu'au travail, au repos, au sommeil, à l'agrément ou aux loisirs lorsque les activités spécifiques s'exercent au moins partiellement dans le même ensemble de pièce que la vie familiale [2 ; 16].

La notion essentielle du local salubre correspond à un local :

· exempt d'humidité ;

· alimenté en eau potable ;

· avec une aération convenable ;

· avec orientation de la maison par rapport aux quatre points cardinaux :

· avec orientation de la façade principale vers le nord cardinal ;

· avec orientation des façades du vent en se référant à la direction du vent, les orienter perpendiculairement à cette direction [17].

· avec résistance du terrain : le sol doit être suffisamment solide pour supporter la construction.

I .2.2. Toiture et couverture

La charpente qui peut être en bois ou en métal soutient la couverture du toit suivant une pente qui permet l'écoulement des eaux de pluie et du poids de la couverture.

Le toit : la couverture du toit est la partie qui est en contact avec l'extérieur. Elle doit donc avant tout être imperméable [17].

Les autres caractéristiques :

· résistances aux intempéries ;

· isolation thermique

· poids

· coût.

I .2.3. Les murs

Les murs peuvent être faits en briques cuites ou en blocs de béton [17].

A la campagne, ils peuvent être faits en briques à daubes ou en bois.

Les caractéristiques des murs : lisses, isolation thermique, verticaux, solides, résistants.

I .2.4. Pavement

Les pavements sont faits de dalle, de carreaux.

Les caractéristiques des pavements : lisses, solides [18].

I .2.5. Trottoir

Aucun égout, aucune gouttière ne peut avoir sa décharge par le trottoir, aucune rigole ne peut être creusée à la surface du trottoir. Les eaux fluviales, si elles ne sont pas conduites dans les citernes ou à l'égout public, prendront, mais seulement dans le cas où les immeubles ne sont pas raccordés à l'égout public, leur écoulement sous le dallage du trottoir, au moyen des gargouilles en fer ou en fonte, représentant des ouvertures permettant d'en assurer un nettoyage aisé.

Ces gargouilles devront être adoptées par l'administration. On ajustera aux gargouilles les tuyaux de descente appliqués au long des murs de face et servant à l'évacuation des eaux pluviales. Ces tuyaux devront être en fer ou en fonte de leur orifice inférieur jusqu'à la hauteur d'un mètre mais au dessus du niveau du trottoir.

L'établissement et l'entretien des gargouilles seront à la charge des propriétaires [18].

De droite vers la gauche :

Photo de type K illustrant la construction insalubre d'une douche sur l'avenue Itaga, dont les eaux usées sont guidées par une rigole le long de la voirie en RDC ; photo de type K illustre l'image d'une douche sur la rivière Btshaku-tshaku dont les eaux usées y sont raccordées directement [19]. I.2.6. Hygiène à l'intérieur des bâtiments

I.2.6.1. Propreté rétrograde

Il existe une aérobiocontamination [2].

Les germes sont soulevés avec la poussière, on dit qu'ils sédimentent sur les surfaces. C'est-à-dire murs, sols et mobiliers. La propreté rétrograde consiste à nettoyer le bâtiment de haut en bas, c'est-à-dire commencer par le plafond, puis les murs et finir par le pavement.

I.2.6.2. Plafond

Le lavage du plafond se fait par une action mécanique de brossage et de frottement permettant de décoller la salissure [16].

Le plafond sera débarrassé chaque jour de la poussière à l'aide d'un balai brosse.

I.2.6.3. Murs

Les revêtements des murs lisses et résistants seront brossés, puis lavés au moins une fois les quatre à six mois.

Les trous et fissures seront rebouchés puis rafraîchis de peinture [17].

I.2.6.4. Fenêtres

Par un frottement mécanique, les traverses dormantes, les montants des fenêtres, les vitres et les transverses de base seront nettoyés quotidiennement de la poussière à l'aide d'un chiffon humide puis rincés.

Les vitrines et nacco cassés ainsi que les moustiquaires déchirées seront démontés puis remplacés.

I.2.6.5. Le sol

Par la méthode, dite «  des deux seaux » les sols seront balayés puis lavés.

Le torchon est trempé dans l'eau savonneuse, on lave, puis le torchon est rincé dans de l'eau claire, après on pratique un deuxième,...lavage.

Si la chape est détruite, il est préférable de procéder à sa réfection [17].

But de l'eau savonneuse :

· propreté (détersion, plus ou moins désinfection, pouvoir insecticide)

· augmentation du pouvoir mouillant de l'eau.

I.3. Collecte des déchets et des eaux usées.

On peut distinguer trois grandes catégories de déchets et des eaux usées :

· les excrétas humains : matières fécales et urines

· les eaux ménagères de lessive et de lavage corporel

· les ordures ménagères qui posent un problème de collecte, de transport et de destruction [10 ; 20 ; 21].

Les tas d'ordures deviennent des gîtes à rats et autres arthropodes.

Photo de type k illustrant la dégradation d'une rivière et des dépôts d'ordures gênant son écoulement, en RDC [19].

Comment traiter les eaux usées ?

Toutes ces eaux usées doivent retourner dans la nature après traitement.

o Eaux de toilette : fosse septique ;

o Eaux des ménages : envoie dans un centre de traitement s'il y en a un.

S'il n'y en a pas, on les traite de la façon suivante :

· Collecte des eaux usées

· envoie dans un centre de décantation ;

· envoie dans un bac bactérien ;

· envoie dans un bac de précipitation ;

· eau épurée dans un lac [10 ; 16].

Comment traiter les ordures ménagères ?

Dans les pays en voie de développement, l'élimination adéquate n'est pas toujours perçue par la population.

L'élimination est en général la plus simple possible : entassement des déchets dans un trou ou carrément rejet dans la rue.

Dans les grandes villes en PVD, une partie défavorisée de la population vit de la récupération d'objets : des métaux, des végétaux découverts en fouillant dans les décharges [19].

De droite vers la gauche :

Photo de type K illustrant l'entassement des déchets et leur évacuation par la PAUK en RDC [19].

Importance de l'évacuation des déchets

Selon MUSIBONO en 2004, l'évacuation des déchets est nécessaire car les déchets peuvent entraîner plusieurs phénomènes néfastes [9].

En effet, les déchets attirent les mouches, les rats, les chats, les chiens errants et en se putréfiant dégagent des odeurs nauséabondes.

I.4. Hygiène de l'eau

I .4.1. Propreté

L'eau de boisson doit provenir de la source la plus propre possible.

A moins d'être certain que l'eau est potable, il faut la faire bouillir. Cette eau sera conservée dans un récipient propre et couvert, elle est utilisée uniquement pour la boisson [7].

La toilette, le lavage et la vaisselle ne se feront pas à la source d'eau potable.

L'urine et les selles seront évacuées loin de la source d'eau potable.

La sécurité de l'approvisionnement en eau saine et des systèmes d'assainissement sont déterminants pour la santé, la réduction de la pauvreté et le développement [14].

Pour rendre l'eau domestique pure, des filtres de bonne qualité sont utilisés pour retenir les impuretés et les bactéries.

Autres méthodes de traitement de l'eau à domicile :

· ébullition ;

· chloration et floculation ;

· sûr' eau.

I .4.2. Potabilité

Toute eau livrée à la consommation humaine doit être potable.

Est potable une eau qui n'est pas susceptible de porter atteinte à la santé de ceux qui la consomment.

L'ensemble de l'eau doit pour cela répondre à un grand nombre d'exigences réglementaires.

Les normes européennes relatives à la qualité des eaux destinées à la consommation fixent des teneurs en différents éléments [2].

Les paramètres de contrôle se répartissent en sept groupes :

· Paramètres organoleptiques : ils fixent les seuils de coloration, de turbidité, d'odeur et de saveur qui ne doivent pas être dépassés.

· Paramètres physicochimiques : ils fixent les concentrations en résidus secs et en différentes substances qui ne doivent pas être dépassés : (aluminium, chlorure, sulfate, magnésium, sodium, potassium). En outre, il est indiqué que la température ne doit pas excéder 25° et que le pH doit être compris entre 6.5 et 9.

· Substances indésirables : les seuils de concentration en différentes substances sont fixés. Parmi elles on trouve les nitrates, les nitrites, l'ammonium, l'azote, hydrogène sulfuré, les hydrocarbures, les phénols, le fer, le manganèse, le zinc, le phosphore, l'argent et le fluor.

· Substances toxiques : les concentrations maximales par litre sont données pour l'arsenic, le cadmium, les cyanures, le chrome, le mercure, le nickel, le plomb, l'antimoine, le sélénium et les hydrocarbures polycycliques insaturés.

· Paramètres microbiologiques : l'eau doit être exempte de germes pathogènes : salmonelles, staphylocoques pathogènes, bactériophages fécaux, bactéries anaérobies sulfato-réductrices, bactéries aérobies révivifiables, pseudomonas aeruginosa.

· Pesticides et produits apparentés : il s'agit des insecticides, herbicides et fongicides mesurés à partir des taux d'aldrine, de dialdrine et d'hexa chlorobenzène.

· Paramètres concernant les eaux adoucies : ces paramètres se rapportent à la dureté et à l'alcalinité des eaux.

I .4. 3. Les maladies hydriques

Selon Diane Baines Ward, plus de 40% de la population mondiale souffre d'un manque flagrant d'eau potable et un tiers de la population mondiale est sérieusement touchée par une crise sanitaire liée à l'eau [14].

Les principales maladies à transmission hydriques sont : choléra, fièvre typhoïde, shigella, parasitose intestinale, poliomyélite, méningite, hépatite A et E, hydatidose, trachome [22].

Les maladies transmises par les arthropodes comme le paludisme, la bilharziose, la schistosomiase, la leishmaniose, la dengue,...posent un problème de la gestion de l'environnement : création des barrages en zones peuplées, création de périmètres irrigués en zone sylvatique.

En pratique, on utilise des insecticides comme méthodes biologiques de lutte contre les insectes [22]. Ce qui pollue des cours d'eau et des sources si elles sont superficielles.

La prévention de ces maladies passe par un approvisionnement en eau potable, une amélioration de l'assainissement et le respect des conditions d'hygiène [14 ; 23].

I.5. Hygiène environnementale

I .5.1. Les allées

Les allées sont source de pollution chronique de l'environnement.

La fonction que remplissent les allées est celle de passage [18].

Elles doivent être faites en dalle ou pavées (ciment, briques cuites, cailloux,...) ou en terre battue de façon à ne pas servir de gîtes ni aux arthropodes, ni autres insectes ni de lieux de stagnation d'eau.

I .5.2. La cour

Les cours communes, allées, impasses ou passage existants ou à établir, doivent être dallés ou pavés sur toute l'étendu.

On aménagera dans les paysages des rigoles qui conduiront les eaux pluviales et ménagères à travers le trottoir ou l'accolement jusqu'au filet d'eau de la rue, si celle-ci n'a pas d'égout. Dès que l'égout sera construit dans la rue, les propriétaires des cours seront tenus de canaliser et de faire effectuer les travaux nécessaires pour conduire les eaux dans l'égout public [18].

I .5.3. Le jardin

Dans les jardins, l'environnement devient un outil au service de l'insertion.

Travailler la matière permet de reprendre contact avec des choses de la vie, de découvrir une certaine réalité. On travaille le sol, on plante une graine, on obtient une floraison puis un fruit [18].

L'environnement est alors un moyen pour elle de se reconstruire, de trouver des repères.

But : le jardin sert d'esthétique et de loisir.

I.6. Hygiène alimentaire

I .6.1. Les infections d'origines alimentaires

I .6.1.1. Mécanisme

Lors des contaminations alimentaires, le malade affaibli par sa maladie, voit ses défenses immunitaires abaissées.

Il devient ainsi plus vulnérable aux agressions microbiennes. Son intestin sera plus facilement colonisé, ce qui entraînera des complications digestives [2].

Il est primordial de faire appliquer scrupuleusement tout au long des maillons de la chaîne de restauration collective des mesures d'hygiène spécifiques et de garder à l'esprit le danger que représente toute infection d'origine alimentaire sur des personnes rendues plus vulnérables soit par l'âge, soit par la maladie, et parfois par les deux à la fois [2].

I .6.1.2. Les différentes formes d'intoxications alimentaires

Il existe différentes formes d'intoxication alimentaire notamment [2 ; 23 ; 24]:

Les contaminations d'origine virale :

· poliomyélite ;

· hépatite A ;

· rota virus (eau).

Les contaminations d'origine parasitaire :

· Amibiase ;

· infection à ver ou à protozoaire ;

· helminthiases (ascaris, ténia, oxyure).

Les contaminations d'origine bactérienne :

· shigellose ;

· bacille diphtérique ;

· streptocoque hémolytique ;

· salmonellose paratyphique et typhique ;

· mucobactérium tuberculeux ;

· etc...

Les toxi-infections alimentaires collectives [2 ; 23]:

En cas de toxi-infections alimentaires collectives, on suspecte :

· les bactéries mésophiles qui se développent à des températures comprises entre plus de 20° et plus de 40°C ;

· les bactéries psychrophiles ou cryophiles qui se développent à des températures de 0°C ;

· les bactéries thermophiles qui se multiplient à plus de45°C et plus de 65°C ;

· les bactéries psychotropes qui se développent à des températures basse plus de10°C et aussi à températures moyennes, plus de 20° à 30°C ;

· les bactéries aérobies qui ont besoin d'oxygène et qui se multiplient au contact de l'air ;

· les bactéries thermolabiles qui sont sensibles à la chaleur ;

· les bactéries thermorésistantes qui sont comme leur nom l'indique résistantes à la chaleur ;

· les bactéries sporulées qui résistent à des conditions de vie hostiles et restent sous forme végétatives.

La cuisson ne résout pas tout car les bactéries peuvent développer des toxines qui résisteront et contamineront l'aliment. Les aliments cuits sont conservés dans des casseroles fermant hermétiquement et pouvant garder la chaleur le plus longtemps possible. Les crudités doivent être désinfectées avant leur consommation.

I .6.2. La démarche qualité

Citée par l'OMS dans l'arrêté de la directive 93/43 du Codex Aliment Arius du 14 juin 1993, la communauté européenne a introduit l'utilisation du système HACCP relative à l'hygiène des denrées alimentaires [2 ; 28].

La méthode HACCP, correspond à une démarche rigoureuse, organisée, spécifique et responsabilisant.

Elle prend en compte :

· les produits ;

· les moyens utilisés (matériels, techniques et humains)

· les procédés et activités ;

· les dangers qui leur sont associés [28].

Dans les pays en voie de développement, cette méthode semble moins connue dans les restaurations collectives.

La sécurité alimentaire et l'hygiène alimentaire ne sont pas à confondre avec l'hygiène et la sécurité des aliments .

En effet, la sécurité alimentaire est expression qui désigne la sécurité des approvisionnements alimentaires en quantité et en qualité alors que dans le langage courant ce terme est utilisé pour désigner l'assurance que les aliments ne causeront pas de dommage au consommateur quand ils sont préparés et/ou consommés conformément à l'usage auquel ils sont destinés [29].

I.6.2.1. Bonnes conditions de réception des aliments

Le but est de limiter au départ l'apport des germes microbiens dans les aliments.

Ceci en exigeant des fournisseurs des produits sains grâce à un cahier des charges dûment établi et respecté.

Dès la réception des denrées, on doit effectuer d'abord le contrôle du véhicule de livraison : son bon état, son entretien et surtout sa réfrigération.

La température de conservation des aliments doit être conforme à celle fixée par la loi pour tout ce qui est viande, poisson, laitages et oeufs.

La vérification se fait grâce au cadran de température à coeur des produits grâce à des thermo sondes [2; 28.29].

La tenue du livreur est également à prendre en compte.

La marchandise, quant à elle, doit être conforme à la commande.

On doit vérifier :

· l'état de fraîcheur ;

· le marquage ; l'espèce ou calibre ;

· l'espèce net ou le nombre de pièce ;

· le poids net de fabrication et celle de péremption ;

· la date limite d'utilisation optimum.

Tout aliment non conforme doit être retourné. Les aliments livrés ne doivent pas rester en attente, ils doivent être immédiatement stockés dans un local prévu.

I .6.2.2. Stockage des aliments

La loi spécifie, par type d'aliment, la température et la durée maximum du stockage ;

Les aliments doivent être stockés par catégorie sans les mélanger :

Par exemple : une pièce pour les quartiers viande à dissocier de celle des produits de la mer, une pour l'épicerie, une pour les conserves et semi conserves, une pour les laitages, une autre pour les légumes,...

Les températures doivent être conformes à chaque pièce de stockage et on ne doit jamais interrompre le maintien des températures. La lecture de la température des chambres froides doit être facile depuis le couloir. L'étanchéité des portes doit être vérifiée.

On ne doit jamais interrompre la chaîne du froid... Les locaux doivent être propres, aérés et traités afin d'éliminer les insectes et rongeurs [2 ; 29]

Leur nettoyage est quotidien.

I .6.2.3. Hygiène des ustensiles

Il faut mettre un produit lessiviel agrée pour l'alimentaire qui ne mousse pas.

La vaisselle doit être débarrassée des détritus ; du plus propre au plus sale. Puis la vaisselle est soigneusement rangée dans les paniers. La vaisselle terminée, on doit la laisser séchée sans l'essuyer : si des pièces sont longues à sécher ; on utilise alors un torchon propre qui sera mis dans le panier à linges sales immédiatement après [2]

Bien nettoyer le plan de travail, les doigts,...

Dans les temps anciens, ils brûlaient des feuilles de bananiers, une manière de stérilisation par la chaleur avant d'y mettre de la nourriture.

I.7. Hygiène corporelle et vestimentaire

I .7.1. Hygiène corporelle

L'hygiène corporelle se base avant tout sur la propreté méticuleuse et aussi raisonnée [15]

Elle est une pratique essentielle qui contribue à réduire les infections par des microorganismes pathogènes notamment en limitant les contaminations interindividuelles [2]

Elle doit donc être équilibrée c'est-à-dire qu'elle doit permettre de limiter les contaminations inter individus des organismes pathogènes tout en respectant les flores microbiologiques qui nous entourent ainsi que celles que nous hébergeons [12].

Hygiène des mains

Il faut toujours se laver les mains après avoir été à la selle, avant de préparer les repas, avant de manger ou de nourrir un enfant [12 ; 2 4].

Se laver les mains doit devenir un reflexe intelligent pour les enfants.

Pour que les ongles aient le plus de chances de rester propres, il est préférable qu'ils soient coupés courts, mais pas ras [12].

L'importance de cette pratique en milieu carcéral est la prévention contre les infections dues aux mains sales.

Hygiène buccale

Elle doit quant à elle tourner autour de l'élimination des résidus des repas, de la plaque dentaire, le soin des gencives au quotidien, ainsi que des visites régulières chez le dentiste [12].

Les dents devraient être brossées après chaque repas, et au minimum deux fois par jour, suivant une technique efficace à l'aide d'un dentifrice.

Hygiène du corps

Un corps sale est un formidable terrain de développement microbiologique.

Les poussières, la chaleur, les sueurs et les autres sécrétions biologiques sont des facteurs favorisants la multiplication microbienne [2 ; 12].

Toute activité physique doit donc être suivie par une douche ou un bain, avec utilisation efficace de détergent. Les seules sécrétions quotidiennes, sans même avoir fait d'effort physique suffisent à favoriser la croissance des microorganismes [12].

La douche quotidienne pour tous doit donc devenir une réalité

Bien que le coupage des cheveux fasse partie des gestes courantes observés dans notre pays, la pédiculose du cuir chevelu sévit de façon permanente en milieu carcéral.

Les poux : le pou mesure 2 à 3mm. La femelle pond une douzaine d'oeufs par jour à la racine d'un cheveu. Ils peuvent vivre 2 mois et provoquent de fortes démangeaisons.

Pour éviter les poux ; il faut :

· laver, brosser et peigner chaque jour les cheveux

· laver les habits, écharpes, chapeaux et literie [2].

Hygiène nasale

Les notions d'auto contaminations et de contamination aéroportées doivent s'ancrer dans les esprits avec l'image du nez.

Un nez qui coule, un éternuement constituent une importante dissémination microbienne, car le pouvoir de contamination des sécrétions nasales est élevé.

La solution est pourtant simple et à portée de toutes les poches : le mouchoir en papier jetable. Un vidange fréquent des narines permet l'élimination du trop plein et limite la dissémination des microbes.

Mais même ce geste simple demande un minimum d'éducation.

· placer le mouchoir sur le nez,

· boucher une narine avec un doigt et souffler de l'autre,

· recommencer l'opération jusqu'à ce que la narine soit vide,

· changer de narine,

· essuyer le nez,

· jeter le mouchoir rempli de microbes,

Et attention aux irritations dues aux mouchages répétés. Toujours le faire avec un mouchoir en papier ou en tissu [12].

Hygiène des pieds

Elle consiste à :

· se laver les pieds régulièrement en insistant sur les espaces interdigitaux

· les sécher le plus soigneusement possible afin d'éviter les champignons et les mycoses.

Exercice physique

Un exercice physique suffisant devra être pris quotidiennement : un quart d'heure de marche en plein air suffit à la rigueur [15].

Un corps surmené ne peut travailler qu'à faible rendement, le système de pause de quelques minutes qui coupent en deux la matinée et l'après midi de travail constitue donc une mesure excellente.

Cette pause peut être consacrée à des mouvements de détente, soit une gymnastique, soit une agréable conversation autour d'une tasse de thé ou de café ou bien de bière.

Le manque de sommeil

Il constitue l'une des plaies de notre civilisation.

On préviendra le manque du sommeil en rendant la chambre à coucher aussi silencieuse et obscure que possible et en tentant d'éliminer de l'activité nocturne tous les facteurs susceptibles de procurer de l'énervement [2 ; 15].

I .7.2. Hygiène vestimentaire

L'habillement désigne l'ensemble des vêtements dont l'homme se recouvre afin de se protéger contre une perte de chaleur excessive ou pour se défendre contre les ardeurs du soleil.

Les vêtements sont fabriqués au moyen de peaux de bêtes( cuir, fourrures), de fibres tissées d'origine animale( laine ,soie), végétale( lin, coton , jute ) ou synthétique( fibranne, viscose etc...[7].

La peau doit néanmoins s'acquitter de ses fonctions excrétoires. L'habillement est donc fait de plusieurs couches de vêtements afin de permettre à la peau de transpirer à son aise, le tissu qui se trouve en contact avec elle sera suffisamment poreux pour laisser circuler l'air et absorber la moiteur du corps.

Les vêtements excessivement isolants sont malsains, ils ne doivent être portés que dans des circonstances exceptionnelles et pendant le moins de temps possible. On évitera également les vêtements excessivement serrant dont le port ne se justifie que dans certaines circonstances exceptionnelles ainsi que des ceintures, gaines, qui entravent la circulation sanguine et risquent de troubler la digestion [15].

De toute façon enfants et adultes quitteront toujours aussi rapidement que possible des vêtements humides, lesquels en se séchant par évaporation ne manqueraient pas de refroidir celui qui les porte.

La couleur joue un rôle important dans l'habillement :

· pour se protéger contre la chaleur, on portera des tissus clairs qui reflètent les rayons solaires,

· les tissus sombres par contre absorbent la chaleur solaire

Le lavage des vêtements, leur repassage ainsi que le changement systématique de la literie sont des actions importantes. Dans les prisons, un lit individuel et une literie appropriée doivent être mis à la disposition de chaque détenu [2 ; 26]. Ils sont en principe entretenus et renouvelés de manière à assurer la propreté.

Les souliers

Les souliers que l'on porte couramment doivent laisser le pied à l'aise sans le forcer ; les talons très hauts ne sont pas favorables à la statique générale du pied [12].

Une bonne chaussure doit être :

· confortable et faite de matériau souple,

· son revêtement interne (doublure) lisse et sans couture,

· le talon large, stable, bien ajusté, pas très haut,

· la semelle épaisse et antidérapante,

· le renfort flexible et ferme.

I.8.Les sanitaires

Le problème est particulièrement grave en Afrique où six habitants sur dix n'ont même pas de véritables toilettes . Un facteur qui selon l'OMS contribue au transfert des bactéries, des virus et des parasites que l'on trouve dans les excréments humains et qui contaminent les sources d'eau, le sol et la nourriture [4 ; 11 ; 14].

Les différents types de latrines :

· le simple feuillet : il s'agit d'une petite tranchée de trente centimètres de largeur sur quarante mètres de profondeur et permet un enfouissement indispensable.

· latrine pit : il s'agit d'un simple creuset dans le sol. Les excrétas sont décomposés en gaz qui s'échappent dans l'atmosphère, en liquide qui est absorbé dans le sol latéralement et au fond de la fosse et en solide qui s'accumule progressivement.

· latrine à trou foré : elle ne peut être envisagée que si la nappe phréatique est très profonde. Le diamètre est de quarante centimètres et la profondeur peut aller jusqu'à vingt mètres. La filtration se fait bien.

· latrine VIP : il s'agit d'une latrine pit améliorée afin d'éviter les odeurs et la multiplication des mouches. Elle a été conçue au Zimbabwe dans des laboratoires de recherche [16].

Figure d'une latrine amélioré : latrine VIP : fr source

· latrine à composte ou à double fosse : il s'agit d'une latrine à fosse sèche qui est destinée à récupérer les excrétas comme engrais sans risque. Une année après sa condamnation à l'aide de l'herbe et de la couche de terre.

· latrine à siphon hydrique : ce type de latrine est utilisé par une population qui utilise l'eau pour la toilette anale. La fosse doit être adaptée pour collecter une quantité très importante de liquide qu'il faut pouvoir évacuer facilement dans le sol via l'infiltration [14].

Ce type de latrine est utilisé en prison centrale de Ngozi.

· le cabinet à eau : les excrétas sont évacués dans un réservoir rempli d'eau dans lequel on plonge un tuyau d'amené suspendue au plancher de la latrine. Ils subissent une décomposition anaérobie.

· toilette turque : les toilettes à la turque sont un type de toilette destiné à la défécation ou à la miction ne comportant pas de cuvette et dont l'utilisation se fait debout ou accroupi. Elles consistent en un trou dans le sol plus ou moins agencé d'une dalle en faïence ou autre matière, rehaussée de marche pieds selon le modèle. Les toilettes turques sont équipées d'un système de chasse d'eau [14].

L'utilisation systématique d'une latrine permet d'éviter un cas de diarrhée sur trois [7]

I.9.Conséquences d'une hygiène précaire en milieu carcéral

I.9.1.Les conséquences spontanées : facteurs favorisants

La surpopulation, l'insuffisance de la nourriture, les mauvaises conditions d'hygiène, la présence des insectes, l'humidité, l'absence de ventilation, le mode de vie des détenus ont de graves conséquences sur la santé des détenus :

Conséquences de la surpopulation des salles de séjour et de repos :

· promiscuité et accidents domestiques ;

Oisiveté ;

Infections transmises par l'air ;

Maladies respiratoires aigues ;

Pneumonie et tuberculose

· crachats dans les logements et dans les passages :

Nuisances ;

Transmission d'infection par des vecteurs ;

· conséquence d'une utilisation de latrines non hygiéniques :

Risque de pollution ; pullulation de mouches et autres insectes ;

Transmission des maladies comme fièvre typhoïde, etc...

· conséquences liées au manque d'eau potable : affection par des maladies à contamination hydrique comme poliomyélite, infections cutanées, trachome ; [8]

Vers intestinaux qui peuvent entraîner la malnutrition et l'anémie.

La persistance des maladies comme le choléra, la dysenterie bacillaire et les diarrhées démontrent un manque d'hygiène individuelle et collective à savoir l'utilisation des latrines et le lavage des mains après cette utilisation pour les détenus qui le font et de préparer les aliments ou avant de manger .

I.9.2.Conséquences prises en charge à l'infirmerie de la prison

· pathologies de l'oreille : antibiothérapie

· algies dentaires : antibiothérapie, anti-inflammatoire, extraction, ...

· parasitoses : déparasitage

· gastroentérites : antibiothérapie, plus traitement symptomatique

· dermatoses : antibiothérapie selon les cas, anti-inflammatoire selon les cas, anti-allergiques selon les cas.

· Gastrite : traitement symptomatique, antiacides.

I.9.3. Les cas référés de l'infirmerie de la prison à l'hôpital autonome de Ngozi

Parmi les cas référés de l'infirmerie de la prison à l'hôpital autonome de Ngozi, nous citerons :

· Maladies de la sphère stomatologique : bucco-dentaire.

· Maladies mentales : troubles mentaux, épilepsie.

· Les cas de syndrome d'immunodépression,

· Les cas graves d'autres pathologies : diabète, ulcère gastroduodénal, maladies chirurgicales, hypertension artérielle, infection urinaire,...

CHAPITRE II. MATERIELS ET METHODES

II.1. Description du milieu d'étude

La prison centrale de Ngozi pour homme a commencé ses activités en 198. Construite pour une capacité d'accueil de 400 détenus, elle abritait 1887 détenus durant la période de notre enquête ; période du 22 juin au 7 août 2009.

La promiscuité est qu'on ne sépare pas les prévenus des condamnés et des détenus malades. Hormis les cas référés, les malades sont hospitalisées dans un mini hôpital.

Ses services comprennent :

· un bloc administratif ;

· une infirmerie munie d'une pharmacie et de deux salles d'hospitalisation, dont une pour les maladies épidémiques.

· un stock pour la conservation des denrées ;

· des dortoirs au nombre de cinq : D1, D2, D3, D4, D5 possédant des chambres chacun.

· le bloc cachot qui comporte vingt et six salles d'incarcération

L'équipe médicale est insuffisante du point de vue ressource humaine.

II.2. Type d'étude

Nous avons fait une étude descriptive portant sur une période de quarante et cinq jours.

II.3. Choix et taille de l'échantillon

Notre échantillon est constitué par 142 prisonniers condamnés.

II.4. Matériel

Au moment de la réalisation de notre travail, la collecte des données a été faite grâce à  la grille de collecte des données complétée d'après les informations reçues auprès des condamnés enquêtés, des registres des détenus malades de l'infirmerie. Le dépouillement des résultats a été fait manuellement et le texte a été traité avec le logiciel Word.

II.5.Méthodologie

Pour vérifier notre hypothèse et l'atteinte de nos objectifs spécifiques, nous avons procédé de la manière suivante :

Pour arriver aux objectifs 1 et 2, nous avons mené une observation du milieu accompagnée par les informations reçues auprès des enquêtés : la fiche de collecte des données a été complétée à cet effet et nous avons enrichi les connaissances des prisonniers en matière d'hygiène par l'EPS,

Pour déterminer les conséquences de l'hygiène précaire en milieu carcéral, nous avons consulté le registre des prisonniers malades pèle mêle durant la période d'étude.

Pour identifier les causes de morbidité et de mortalité dues à l'insalubrité en milieu carcéral, nous avons regroupé les facteurs de risque en facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux.

Pour identifier les cas référés de l'infirmerie de la prison à l'hôpital autonome de Ngozi, nous nous sommes contentés d'écrire « oui » sur la partie transfert quand il s'agissait d'un transfert et le contraire était « non »

CHAPITRE III. PRESENTATION DES RESULTATS

III.A.1. Variable relative à l'identification des enquêtés

Tableau 1.Répartition des répondants selon l'âge

Tranche d'âge

Effectif

Pourcentage

18ans

5

3.5

18 ans -36 ans

89

62.7

36 ans

48

33.8

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que la majorité des enquêtés 62.7% ont la tranche d'âge comprise entre 18 ans et 36ans, 33.8% affirment avoir un âge supérieur ou égal à 36 ans, 3.5% ont un âge inférieur ou égal à 18 ans.

Tableau 2. Répartition des répondants selon la province d'origine

Province d'origine

Effectif

Pourcentage

Kayanza

25

17.6

Kirundo

45

31.6

Muyinga

21

14.7

Ngozi

48

33.8

Ailleurs

3

2.1

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que la majorité des enquêtés 33.8% proviennent de la province de Ngozi, les ressortissants de Kirundo se groupent à 31.6%, ceux de Kayanza et Muyinga totalisent respectivement 17.6% et 14.7%.

Tableau 3. Répartition des répondants selon le niveau d'instruction

Niveau d'instruction

Effectif

Pourcentage

Analphabète

70

49.3

Primaire

64

45.1

Secondaire

6

4.2

Supérieur

2

1.4

Total

142

100

Le tableau ci-dessus nous montre que la majorité des enquêtés sont des analphabètes à 49.3%, ceux qui ont un niveau primaire viennent en second lieu avec 45.1%, les niveaux secondaire et supérieur totalisent ensemble 5.6% des enquêtés.

III.A.2. Variable par rapport à la ventilation et à l'éclairage au sein des bâtiments

Tableau 4. Résultat à la question relative à la ventilation et à l'éclairage au sein des bâtiments.

Ventilation et éclairage

Effectif

Pourcentage

Oui

67

47.1

Non

75

52.9

Total

142

100

De ce tableau il ressort que 52.9% des enquêtés ont des difficultés de ventilation et d'éclairage contre 47.1% qui affirment n'avoir pas de difficultés de ventilation et d'éclairage.

III.A.3. Variable par rapport à la salubrité des bâtiments

Tableau 5: Résultat de la question relative à l'état de salubrité des bâtiments

Salubrité des bâtiments

Effectif

Pourcentage

Bon état

2

25

Mauvais état

6

75

Total

8

100

Ce tableau montre que sur huit bâtiments visités ,75% des bâtiments sont en mauvais état, contre 25% des bâtiments qui sont en bon état.

Mauvais état : Est considéré comme impropre à l'habitation, un bâtiment qui constitue une menace pour la santé de ses occupants.

III.A.4. Variable par rapport à la présence des déchets dans les logements

Tableau.6. Résultat de la question relative à la présence des déchets dans

les logements

Présence de déchets

Effectif

Pourcentage

Oui

142

100

Total

142

100

De ce tableau, il résulte que tous les enquêtés reconnaissent à 100% qu'il ya des déchets dans leur logement.

III.A.5. Variable par rapport au nettoyage et à l'entretien des

bâtiments

Tableau 7. Résultat à la question relative au nettoyage et entretien des

bâtiments

Nettoyage des bâtiments

Effectif

Pourcentage

Oui

10

7

Non

132

93

Total

142

100

A la lumière de ces résultats, nous constatons que 93% des enquêtés nettoient rarement et superficiellement les logements de séjour contre 7% qui nettoient leur logement.

III.A.6. Variable par rapport au nombre de détenus par cellule

Tableau 8. Résultat de la question relative au nombre de prisonniers dans

une cellule

Nombre de prisonniers dans la cellule

Effectif des enquêtés

Pourcentage

50-99 prisonniers

29

20.4

100-149 prisonniers

36

25.4

150 prisonniers

77

54.2

Total

142

100

Ce tableau nous montre que 54.2% des enquêtés partagent une cellule à plus de 150, contre 45.8% qui affirment être à 100 et plus dans une cellule.

III.A.7. Variable par rapport à la connaissance sur la promiscuité

au sein des logements

Tableau 9. Résultat à la question relative à la connaissance ou non de nos

enquêtés sur la promiscuité au sein des logements.

Connaissance

Effectif

Pourcentage

Oui

19

13.4

Non

123

86.6

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que 86.6% ne se rendent pas compte de la promiscuité dans les logements contre 13.4% qui se rendent compte de la promiscuité au sein des logements.

III.A.8. Variable par rapport à la connaissance sur l'impact de la

promiscuité sur la santé des populations.

Tableau 10. Résultat à la question relative à la connaissance ou non de nos

enquêtés sur l'impact de la promiscuité et la santé de la

population carcérale.

Connaissance de son impact

Effectif

Pourcentage

Oui

8

5.6

Non

134

94.4

Total

142

100

A partir de ce tableau, nous constatons que 94.4% ne connaissent pas l'impact de la promiscuité sur la santé, contre 5.6% qui ont une connaissance sur l'impact de la promiscuité sur la santé.

III.A.9.Variable en rapport avec la présence des acariens dans

les logements

Tableau.11. Résultat de la question relative à la présence des acariens dans les logements

Acariens

Effectif

Pourcentage

Poux

36

25.4

Chiques

28

19.7

Tics

15

10.5

Punaises de lits

63

44.4

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, nous constatons qu'il ya des acariens dans les logements ; 44.4% parlent de punaises de lits, 25.4% parlent de poux, 19.7% parlent de chiques et 10.5% parlent de tics.

III.A.10. Variable relative à la présence de poubelle dans les établissements pénitentiaires.

Tableau.12. Résultat de la question relative à la présence de poubelle dans

les établissements pénitentiaires.

Présence de poubelle

Effectif

Pourcentage

Oui

24

17

Non

118

83

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que 83% de nos enquêtés affirment ne pas avoir vu de poubelle, contre 17% qui affirment avoir vu de poubelle dans leur établissement mais mal entretenues.

III.A.11. Variable par rapport au moyen d'élimination des déchets

Tableau.13. Résultat de la question relative au moyen d'élimination des

déchets

Moyen utilisé

Effectif

Pourcentage

Décharge contrôlée

35

24.6

Incinération

0

0.0

Enfouissement

0

0.0

Décharge libre

107

75.4

Total

142

100

De ce tableau, nous remarquons que 75.4% des prisonniers enquêtés font la décharge libre comme moyen d'élimination des déchets contre 24.6% qui parlent de la décharge contrôlée

III.A.12. Variable par rapport à la présence ou non de latrines

dans les logements

Tableau.14. Résultat de la question relative à la présence ou non de

latrines dans les logements

Présence de latrines

Effectif

Pourcentage

Oui

142

100

Total

142

100

Ce tableau montre que tous les enquêtés reconnaissent l'existence des latrines dans les logements à 100%.

III.A.13. Variable par rapport à la protection de l'hygiène des

latrines

Tableau.15. Résultat de la question relative à la protection de l'hygiène des

latrines

Hygiène et protection des latrines

Effectif

Pourcentage

Latrines en bon état de salubrité

7

19.5

Latrines en mauvais état de salubrité

29

80.5

Total

36

100

Il ressort de ce résultat que sur 36 latrines retrouvées dans la prison centrale de Ngozi, 80,5 % sont en mauvais état contre 19.5% qui sont en bon état de salubrité.

Mauvais état : Est considéré comme impropre à l'utilisation, une toilette qui constitue une menace pour la santé de ses usagers.

III.A.14. Variable par rapport aux latrines et le lieu de réfectoire

Tableau.16. Résultat de la question relative aux latrines proche du lieu de

réfectoire

Latrines proche du lieu de réfectoire

Effectif

Pourcentage

Oui

100

70.4

Non

42

29.6

Total

142

100

Ce tableau nous montre que 70.4% des condamnés enquêtés affirment que les latrines sont proches du réfectoire, contre 29.6% qui répondent « non »

III.A.15. Variable par rapport à l'hygiène de l'eau

Tableau 17. Résultat de la question relative à l'hygiène de l'eau

Source d'eau

Effectif

Pourcentage

Château d'eau

14

9.8

Robinet

123

86.6

Pluie

5

3.6

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que les prisonniers utilisent l'eau de robinet et du château d'eau à 96.4%.

III.A.16. Variable par rapport à la salubrité de l'eau domestique de

consommation

Tableau.18. Résultat de la question relative à la salubrité de l'eau

domestique

Eau pour consommation domestique

Effectif

Pourcentage

Eau de robinet plus le château d'eau

137

96.4

Eau de pluie

5

3.6

Total

142

100

De ce tableau, il ressort que 96.4% d'eau consommée à domicile par les détenus provient de l'eau des robinets, 3.6% des détenus utilisent de l'eau de pluie.

III.A.17. Variable par rapport à la salubrité de conservation de

l'eau

Tableau.19. Résultat de la question relative à la conservation de l'eau

Moyen de conservation

Effectif

Pourcentage

Sans

45

31.7

Bidon

21

14.8

Bouteille en plastique

66

46.5

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, il ressort que 46.5% des enquêtés conservent de l'eau pour usage domestique dans des petites bouteilles en plastique, 14.8% disent qu'ils possèdent des bidons au moment où 31.7% n'ont pas de moyen de conservation de l'eau pour usage domestique

III.A.18.. Variable par rapport à l'insalubrité de la cour

Tableau 20. Résultat de la question relative à l'insalubrité de la cour

Insalubrité de la cour

Effectif

Pourcentage

Eaux usées

73

51.4

Immondice et ordures

69

48.6

Total

142

100

A la lecture de ce tableau, nous constatons que les prisonniers sont en exposition permanente à des agents de nuisances : 51.4% parlent des eaux usées mal évacuées tandis que 48.6% parlent de la permanence de l'immondice et des ordures.

III.A.19. Variable par rapport à la présence ou non des odeurs

nauséabondes

Tableau.21. Résultat de la question relative aux odeurs nauséabondes

Odeurs nauséabondes

Effectif

Pourcentage

Oui

129

90.8

Non

13

9.2

Total

142

100

De ce tableau, il ressort que 90.8% de nos enquêtés affirment être envahis par des odeurs nauséabondes, contre 9.2% qui répondent « non »

III.A.20. Variable par rapport à l'utilisation du combustible

Tableau 22. Résultat de la question relative à l'utilisation du combustible

Combustible

Effectif

Pourcentage

Solide

136

95.8

Fuel et gaz

6

4.2

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, il ressort que 95.8.% des enquêtés utilisent du combustible solide contre 4.2% qui utilisent du fuel et du gaz.

III.A.21. Variable par rapport aux conséquences provoquées par

les lacunes en matière d'hygiène

Tableau 23. Résultat à la question relative aux conséquences provoquées

par les lacunes en matière d'hygiène

Conséquences

Effectif

Pourcentage

Maladie

82

58

Pollution

60

42

Total

142

100

De ce tableau, il ressort que 58% des répondants pensent que les lacunes observées en matière d'hygiène entraînent des maladies, au moment où 42% parlent de la pollution environnementale.

III.A.22.Variable par rapport à la quantité des aliments

Tableau 24.Résultat de la question relative à la quantité des aliments

Alimentation suffisante

Effectif

Pourcentage

Non

142

100

Total

142

100

A la lecture de ce tableau, nous constatons que les prisonniers répondent « non » quand il s'agit de l'alimentation suffisante, les statistiques sont maximales à 100%.

III.A.23. Variable par rapport à la salubrité des ustensiles

Tableau 25.Résultat de la question relative ou non à la salubrité des ustensiles

Vaisselle propre

Effectif

Pourcentage

Oui

79

55.6

Pas de vaisselle

63

44.4

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, nous constatons que 55.6% de nos enquêtés tiennent leurs ustensiles propres contre 44.4% qui ne font pas de vaisselle correctement ou qui n'ont même pas d'ustensiles.

III.A.24.Variable par rapport au souci de l'hygiène corporelle

Tableau.26. Résultat à la question relative ou non des enquêtés à la

propreté corporelle

Connaissance sur l'hygiène corporelle

Effectif

Pourcentage

Oui

64

45.1

Non

78

54.9

Total

142

100

A la lecture de ce tableau, nous constatons que seuls 45.1% des enquêtés se soucient de l'hygiène corporelle contre 54.9% qui ne se soucient pas de l'hygiène corporelle.

III.A.25. Variable par rapport à la possession d'un savon le jour de

l'entretien

Tableau 27. Résultat de la question relative à la possession d'un savon

Savon

Effectif

Pourcentage

Oui

50

35.2

Non

92

64.8

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, nous constatons que 64.8% de nos enquêtés répondent négativement à une question surprise de posséder un savon contre 35.2% qui répondent « oui » à la question.

III.A.26. Variable par rapport à la prise de douche à volonté

Tableau 28. Résultat de la question relative à la prise de douche

La prise de douche

Effectif

Pourcentage

Oui

125

88.1

Non

17

11.9

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, nous constatons que 88.1%de nos enquêtés peuvent prendre une douche par semaine contre 11.9 % qui disent ne jamais prendre de douche.

III.A.27.Variable par rapport à la malpropreté des personnes en

contact.

Tableau 29.Résultat de la question relative à la malpropreté des personnes en contact

Malpropreté des personnes en contact

Effectif

Pourcentage

Oui

110

77.5

Non

32

22.5

Total

142

100

Ce tableau nous montre que 77.5% des condamnés sont toujours en contact avec des personnes malpropres contre 22.5% qui répondent « non »

III.A.28. Variable par rapport au lavage des habits

Tableau 30.Résultat de la question relative au lavage des habits

Lavage des habits

Effectif

Pourcentage

Oui

53

37.3

Non

89

62.7

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, le constat est que 62.7% de nos enquêtés ne lavent pas leurs habits contre 37.3% qui affirment avoir lavé leurs habits.

Tableau 31.Résultat de la question relative au changement des habits

Changement d'habits

Effectif

Pourcentage

Oui

51

35.9

Non

91

64.1

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, nous constatons que 64.1% de nos enquêtés ne changent pas de vêtement contre 35.9% qui affirment avoir des habits de rechange.

III.A.29. Variable par rapport aux détenus qui n'ont pas de matériel de couchage.

Tableau 32. Résultat de la question relative aux détenus qui n'ont pas de

matériel de couchage.

détenus sans matériel de couchage

Effectif

Pourcentage

Oui

58

40.8

Non

84

59.2

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que 40.8% des enquêtés n'ont pas de véritables matériels de couchage, contre 59.2% ont dit « oui » c'est-à-dire qu'ils ont leur propre matériel de couchage.

III.A.30. Variable par rapport aux détenus qui passent la nuit

couchés par terre

Tableau 33. Résultat à la question relative aux détenus qui passent la nuit

couchés par terre

Passe la nuit couché par terre

Effectif

Pourcentage

Oui

23

16.2

Non

119

83.8

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, nous constatons que 16.2% de nos enquêtés affirment qu'ils passent la nuit couchés par terre contre 83.8% qui dorment sur les lits.

III.A.31. Variable par rapport au changement de la literie

Tableau 34.Résultat de la question relative au changement de la literie

Changement de la literie

Effectif

Pourcentage

Oui

4

2.8

Non

138

97.2

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que 97.2% de nos enquêtés répondent « non » quand il s'agit de changer la literie contre 2.8% qui répondent « oui »

III.A.32.Variable par rapport à la pratique du sport physique

Tableau 35. Résultat de la question relative à la salubrité du sport physique

Pratique du sport physique

Effectif

Pourcentage

Oui

15

10.5

Non

127

89.5

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que 89.5% de nos enquêtes ne pratiquent pas de sport physique contre 10.5% qui pratiquent le sport.

III.A.33. Variable par rapport à la connaissance ou non des règles d'hygiène

Tableau 36. Résultat de la question sur la connaissance des règles d'hygiène

Règles d'hygiène

Effectif

Pourcentage

Oui

101

71.1

Non

41

28.9

Total

142

100

Il ressort de ce tableau que 71.1% de nos enquêtés ont une connaissance sur les règles d'hygiène tandis que 28.9% ignorent les règles d'hygiène.

Tableau 37.Résultat de la question relative au nombre minimum de règles d'hygiène connues par nos enquêtés.

Règles d'hygiène

Effectif

Pourcentage

Aucune règle

41

28.9

Une seule règle

48

33.8

Deux règles

20

14.1

Trois règles et plus

33

23.2

Total

142

100

De ce tableau, nous constatons que 33.8% de nos enquêtés reconnaissent une seule règle d'hygiène, 14.1% reconnaissent deux règles, 23.2% reconnaissent jusqu'à trois règles et plus, au moment où 28.9% ne reconnaissent aucune règle.

III.A. 34.Variable par rapport à la fréquence ou non des nuisances sonores

Tableau 38.Résultat de la question relative aux nuisances sonores

Nuisance sonore (bruit)

Effectif

Pourcentage

Oui

142

100

Total

142

100

De ce tableau, il ressort que 100% des enquêtés affirment que les nuisances sonores sont fréquentes.

III.A.35. Variable par rapport à la facilité d'avoir facilement

sommeil

Tableau 39. Résultat de la question relative ou non à la facilité d'avoir

sommeil

Facilité d'avoir sommeil

Effectif

Pourcentage

Oui

19

13.4

Non

123

86.6

Total

142

100

De ce tableau, nous constatons que 86.6% de nos enquêtés disent que c'est difficile de trouver sommeil la nuit contre 13.4% qui répondent « oui »

III.A.36. Variable par rapport à la nuisance olfactive

Tableau 40. Résultat de la question relative à la nuisance olfactive

Nuisance olfactive

Effectif

Pourcentage

Oui

37

26.1

Non

105

73.9

Total

142

100

A la lumière de ce tableau, nous constatons que 26.1% de nos enquêtés se plaignent de nuisances olfactives contre 73.9% qui reconnaissent ne pas avoir de nuisances olfactives.

III.B. Variable par rapport aux conséquences d'une hygiène

précaire en milieu carcéral

Les chiffres ci-dessous concernent les données de l'infirmerie : il s'agit de 153 cas de maladies survenus durant la période du 22 juin au 7 août 2009.

III.B.1. Les affections digestives

Tableau 41. Résultat relatif à la fréquence des affections digestives

Affection

Effectif

Pourcentage

Gastrite

16

32

Parasitoses intestinales

34

68

Total

50

100

A la lumière de ce tableau, les parasitoses dominent les affections digestives à une fréquence très élevée à 68% par rapport à la fréquence de la gastrite dont la fréquence est de 32%

III.B.2. L es diarrhées infectieuses

Tableau 42. Résultat relatif à la fréquence des diarrhées infectieuses

Affection

Effectif

Pourcentage

Diarrhée

11

45.8

Salmonellose

7

29.2

Dysenterie

6

25

Total

24

100

A la lumière de ce tableau, la fréquence de la diarrhée est la plus élevée 45.8%, tandis que la salmonellose et la dysenterie se départagent respectivement à la fréquence de 29.2% et 25% des diarrhées infectieuses rencontrées dans la prison.

III.B.3. Les affections respiratoires

Tableau 43 : Résultat relatif à la fréquence des affections respiratoires

Affection

Effectif

Pourcentage

Asthme

2

8.7

Pneumonie

11

47.8

Tuberculose

10

43.5

Total

23

100

Il est à signalé que la fréquence de la pneumonie est plus élevée avec 47.8%, suivie de la tuberculose à 43.5%.L'asthme se retrouve à la fréquence de 8.7%

III.B.4. Les affections buccodentaires et ORL

Tableau 44 : Résultat relatif à la fréquence des affections dentaires et ORL

Affection

Effectif

Pourcentage

Algies dentaires

15

78.95

Infection Orl

4

21.05

Total

19

100

A la lumière de ce tableau, il est à signalé que la fréquence des algies dentaires est plus élevée dont 78.95% contre 21.05% des infections Orl.

III.B.5. Les autres infections

Tableau 45. Résultat relatif à d'autres formes d'infections rencontrées dans la

prison centrale de Ngozi

Affection

Effectif

Pourcentage

Paludisme simple suspecté

14

37.8

Paludisme simple confirmé

8

21.6

Infection de la peau

5

13.5

Infection urinaire

10

27.1

Total

37

100

A La lumière de ce tableau, le constat est que le paludisme est très fréquent à 59.4%, la fréquence des infections urinaires est de 27.1% celle des infections de la peau est de 13.5%.

III.B.6. Variable par rapport à la situation globale des cas maladies rencontrés

Tableau 46. Résultat de la situation globale relative aux différents cas

maladies rencontrés en milieu carcéral de Ngozi

Pathologies

Effectif

Pourcentage

Paludisme

22

14.3

Affection buccodentaires et Orl

19

12.4

Affections digestives

50

32.7

Affections respiratoires aigues

23

15

Diarrhées infectieuses

24

15.9

Infections de la peau

5

3.2

Infections urinaires

10

6.5

Total

153

100

A la lecture de ce tableau, nous constatons que la fréquence des affections digestives vient en tête avec 32.7%, suivies des diarrhées infectieuses et des affections respiratoires aiguës respectivement à 15.9%et 15%, le paludisme se rencontre à 14.3%, les affections buccales et ORL à 12.4%. La fréquence des infections urinaires et des infections de la peau se rencontrent respectivement à 6.5% et 3.2%.

III .B.7. Variable par rapport aux cas référés du centre de santé de la prison centrale vers l'hôpital de Ngozi

Tableau 47. Résultats de la question relative aux cas référés

Cas référés

Effectif

Pourcentage

Carie dentaire

8

17.8

Epilepsie

16

35.5

Epigastralgie +hématémèse

2

4.4

Troubles mentaux

8

17 .8

PVVS

4

8.9

Hypoglycémie

1

2.2

Brûlure

1

2 .2

Arthralgie + frissons

1

2.2

Suspicion de fracture

1

2.2

Toux forte +point de côté

1

2.2

Viol

1

2.2

Test HIV

1

2.2

Total

45

100

A la lumière de ce tableau, le constat est que l'épilepsie domine les cas référés du centre de santé de la prison centrale de Ngozi vers l'hôpital de Ngozi avec 35.5% de transferts, suivie des caries dentaires et des troubles mentaux avec chacun 17 .8%, puis les PVVS avec 8.9%, les épigastralgies avec hématémèse se trouvent à 4.4%. Ces chiffres comptent seulement pour le mois de Juillet 2009

CHAPITRE IV : COMMENTAIRES ET DISCUSSION DES

RESULTATS

IV.1. Profil identification des enquêtés

IV.1.a. L'âge des condamnés

Il ressort du tableau 1 que la majorité des enquêtés, 62.7% ont la tranche d'âge comprise entre 18 ans et 36 ans, 33.8% affirment avoir un âge supérieur ou égal à 36 ans, 3.5% ont un âge inférieur ou égal à 18 ans.

IV.1.b. La provenance des condamnés

Il ressort du tableau 2 que la majorité des enquêtés 33.8% proviennent de la province de Ngozi, les ressortissants de Kirundo se groupent à 31.6%, ceux de Kayanza et Muyinga totalisent respectivement 17.6% et 14.7%.

IV.1.c. Le niveau d'instruction

Le tableau 3 nous montre que la majorité des enquêtés sont des analphabètes soit à 49.3%, ceux qui ont un niveau primaire viennent en second lieu avec 45.1%, les niveaux secondaires et supérieurs totalisent ensemble 5.6% des enquêtés.

Les raisons sont expliquées par le fait que cet établissement pénitentiaire est réservé pour des détenus adultes, et sa situation géographique dans le nord du pays fait qu'il soit considéré comme une unité pénitentiaire de référence.

IV.2. Profil surpopulation et promiscuité dans les cellules

IV.2.a. Nombre de détenus par cellule

Selon les renseignements recueillis, 54.2% de nos enquêtés affirment être à plus de cent et cinquante dans la cellule, 25.4% affirment être à plus de cent prisonniers dans leur cellule, et 20.4% partagent la cellule à plus de cinquante (Tableau 8).

IV.2.b. Dimensions des cellules

Les cellules sont de types collectifs. Elles sont au nombre de trois par dortoir. Celles qui sont indiquées ici se trouvent dans cet état : la surface de la première est de quatre vingt mètres carrés avec deux cents détenus, celle de la seconde est de cinquante et cinq mètres carrés avec 105 prisonniers et celle de la troisième est de cinquante mètres carrés avec nonante détenus. Ces cellules sont équipées en lits et en matelas.

Pratiquement, il n'existe pas de cachots pour isoler les prisonniers. Ceux-ci ayant été transformés en dortoirs dans lesquels on entasse le plus de détenus possible.

IV.2.c. Matériel de couchage

16.2% des répondants sont contraints de passer la nuit sans matériel de couchage approprié ou carrément se couchent par terre contre 83.8% qui peuvent solliciter et trouver un endroit pour se coucher (Tableau 32, 33).

L'insuffisance de lits, l'exiguïté des espaces de détention ainsi que la pauvreté en sont les raisons particulières.

IV.2.d. Conscience de la promiscuité vécue par les prisonniers

86.6 % des détenus sont conscients de la promiscuité vécue et répondent reconnaître les conditions de promiscuité dans lesquelles ils vivent contre 13.4% qui ne le sont pas (Tableau 9)

Cet établissement pénitentiaire de Ngozi n'a cependant pas le monopole de la surpopulation carcérale malgré son taux d'occupation qui est plus élevé avec 519.75% en 2004 [11].

Un rapport de la direction générale des affaires pénitentiaires du ministère de la justice fait état de quelques 9254 détenus dans les prisons du Burundi alors que la capacité d'accueil réelle, au niveau national ne dépasse pas 4050 places.

La prison centrale de Bujumbura accueillerait aujourd'hui 2619 détenus pour une capacité d'accueil de 800 places.

La prison de Gitega, compte actuellement 1183 détenus pour une capacité d'accueil acceptable de 400 places [32].

Ainsi, les prisons les plus peuplées au monde sont selon un rapport de la CICR, cité par l'OIP en 2003, celles des Etats unis d'Amérique avec plus de deux millions de détenus, suivie de Chine et de Russie avec respectivement un million et demie et huit cents mille détenus [5].

Les délais très longs dans l'administration de la justice et des peines excessivement longues pour des délits mineurs aggravent la surpopulation, sans parler de l'incapacité de la police de prévenir les crimes plutôt qu'à les détecter et les sanctionner. Nous avons maintenant un aperçu de la surpopulation et ses conséquences dans la prison centrale de Ngozi, c'est une institution où des hommes sont et doivent partager l'espace avec des rats, des chauves souris, des cafards, des mouches, des moustiques et beaucoup d'autres choses vivantes visibles ou invisibles. Nombreuses d'entre elles sont extrêmement pathogènes.

En effet, le risque le plus grave d'exposition à ces agents de nuisance est notamment qu'ils sont vecteurs de nombreuses maladies infectieuses, mais également à l'origine de certains incidents techniques : incendie, court circuit, ..., ils peuvent également altérer la qualité des denrées alimentaires.

L'étude montre des punaises de lit dans 44.4% des cas, des poux dans 25.4% des cas, de chiques et de tics respectivement dans 19.7% et 10.5% des cas (Tableau 11). Par ailleurs, comme les autres insectes piqueurs, ils affectent le confort et l'efficacité des individus par l'irritation, les démangeaisons, la perte de sommeil et l'énervement dont ils sont la source.

Bien que beaucoup de prisonniers aient entendu ce problème, ils en ignorent peut être les conséquences et les implications sanitaires. Il est admis que la surpopulation de cette prison est largement due à l'incarcération des personnes accusées de délits graves comme les attaques à mains armées, des meurtres, des viols, du trafic des stupéfiants...et auxquels il est difficile d'obtenir des libérations sous caution ou de transferts et par conséquent sont obligés de purger de longues peines.

IV.2.e. Impact de la promiscuité sur la santé et le cadre de vie

La plus grande partie soit 94.4% ignorent l'impact de la promiscuité sur la santé et le cadre de vie, seuls 5.6% ont quelques connaissances sur l'impact de la promiscuité sur leur santé (Tableau 8, 9).

Lorsqu'elle est contrainte et durable comme le cas d'une prison de Ngozi, elle est un puissant facteur de transmission de maladies, des symptômes de stress, d'anxiété, d'irritabilité, de dépression et souvent d'agressivité (violence, vandalisme).

L'individu contraint par la proximité de ses voisins devient moins libre de ses mouvements, de sa sexualité et de ses dires. Il est soumis à une condition de vie non favorable et à l'impossibilité de s'isoler pour des actes intimes [19].

IV.3. Profil salubrité des bâtiments

Dans cette prison, les toilettes et les fosses septiques débordent, les douches sont cassées et sont confondues aux latrines, les vitres sont brisées. L'observation menée au cours de cette étude a permis de constater que sur huit bâtiments visités, l'état de la protection de la salubrité est précaire dans 75% des cas contre 25% des cas où la protection de l'hygiène des bâtiments est plus ou moins bonne (Tableau 5), et 93% des détenus s'estiment menacés par la qualité des bâtiments (les fentes de murs, plafond vétuste, pavement inexistant ou délabré, la taille des locaux, le manque d'aération et des locaux qui ne sont pas nettoyés (Tableau 7) . 100% se plaignent de la présence des déchets dans les bâtiments (Tableau 6).

IV.4. Profil éclairage et ventilation

L'éclairage est assuré par l'électricité. Les cellules disposent de fenêtres placées suffisamment hauts et qui sont aérées pour permettre aux détenus de lire et de travailler à la lumière naturelle dans 47.1% des cas, cependant, l'autre partie des prisonniers soient 52.9% des cas parlent de l'insuffisance de l'éclairage et de l'entrée de l'air frais au sein des bâtiments (Tableau 4), notamment dans certains quartiers comme le bloc cachot qui souffre d'exiguïté et où l'aération reste insuffisante, ce qui accentue le malaise psychologique des pensionnaires sans oublier le risque de développer des affections des yeux et respiratoires aigues.

Cette diversité d'opinion s'explique par le fait que l'éclairage et la ventilation sont des concepts à connotation subjective et dépendent également des milieux de provenance urbain ou rural, de même les locataires de la cellule disciplinaire plaident pour que la barre de métal obstruant la fenêtre soit enlevée afin que l'air et la lumière puissent pénétrer dans la cellule.

IV.5. Profil assainissement de l'eau

L'étude a montré que les détenus disposent de sources d'eau à tout moment pour la consommation et pour l'assainissement dans 96.4% des cas, grâce à un château d'eau installé à l'extérieur de la prison d'une capacité de quarante mille litres (Tableau 11, 21).

A la lumière du tableau 19, il ressort que 46.5% des enquêtés conservent de l'eau pour usage domestique dans des petites bouteilles en plastique, 14.8% disent qu'ils possèdent des bidons au moment où 31.7% n'ont pas de moyen de conservation de l'eau pour usage domestique

Selon le Docteur Pandya, le manque d'eau courante saine, le manque d'hygiène, de sanitaires et un contrôle insuffisant de facteurs de transmission constituent un environnement favorable au développement des maladies infectieuses et contagieuses [12].

IV.6. Profil latrines

La salubrité de la protection des latrines n'est pas assurée dans 80.5% des cas (Tableau 15) car celles-ci servent également de douche contre 19.5% où les latrines sont maintenues en parfaite état de propreté, ces mêmes latrines sont proches du lieu de consommation dans 70.4% (Tableau 16).

En effet, les installations sanitaires ne permettent pas aux détenus de satisfaire aux besoins naturels au moment voulu dans des conditions décentes car elles sont peu nombreuses.

IV.7. Profil salubrité de la cour, et élimination des déchets

La cour intérieure de cet établissement pénitentiaire est dépourvue de flore. Les détenus crachent par terre dans les allées. Les vendeurs des divers articles qui animent le petit marché de la prison jettent des débris.

51.4% des prisonniers sont préoccupés par la permanence et la mauvaise évacuation des eaux usées, 48.6% parlent de la décharge de l'immondice (Tableau 20). Ceci s'explique par la présence d'immondice devant les dortoirs et dans certains coins.

Les problèmes liés à l'hygiène des bâtiments sont les mêmes que ce soit au niveau des dortoirs ou de la cour, ils se dessinent en la présence de déchets dans 100% des cas(Tableau 12) , dans 83% des cas il se manifeste un manque de poubelles dans les lieux de séjour contre 17% où les poubelles sont présentes (Tableau 14), les moyens d'élimination des déchets vont de la décharge libre dans 75.4% des cas à la décharge contrôlée dans 24.6% des cas (Tableau13). C'est aux condamnés sous escortés que cette décharge est confiée.

IV.8. Profil utilisation des combustibles

A la lumière du tableau 22, il ressort que 95.8.% des enquêtés utilisent du combustible solide contre 4.2% qui utilisent du fuel et du gaz.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a procédé à une évaluation du rôle joué par différents facteurs de risque dans la charge de morbidité; il en est ressorti que la pollution de l'air à l'intérieur des habitations figure au huitième rang des facteurs de risque les plus importants et qu'elle est responsable de 2,7% de la charge mondiale de morbidité [32].

La pollution de l'air à l'intérieur des habitations due à l'utilisation de combustibles solides est responsable de 1,6 million de décès dans le monde, imputables à la pneumonie (Tableau 43), aux maladies chroniques des voies respiratoires et au cancer du poumon. La charge mondiale de morbidité qui lui est attribuable (calculée en années de vie corrigées de l'incapacité ou AVCI, une mesure associant les années de vie perdues en raison de l'incapacité et en raison du décès) étant cinq fois supérieure à la charge de morbidité due à la pollution de l'air extérieur.

Dans les pays en développement où la mortalité est élevée, la fumée à l'intérieur des maisons est responsable de quelque 3,7% de la charge mondiale de morbidité, ce qui en fait la cause de décès la plus meurtrière après la malnutrition, les rapports sexuels non protégés et l'absence d'eau salubre et d'assainissement [10 ; 16].

IV. 9. Profil hygiène générale

IV.9.1. Hygiène corporelle et vestimentaire

Les causes de non respect des règles d'hygiène générale évoquées par les prisonniers de cette unité de détention sont de trois types : l'ignorance des textes de règles d'hygiène (71.1%), le refus volontaire de ces derniers (28.9% des cas) et le manque de contrôle de la part des responsables (Tableau 33).

Les problèmes liés à l'insuffisance en hygiène corporelle tels que évoqués par les détenus dans l'étude sont le refus de garder la propreté corporelle dans 54.9% alors que 45.1% des enquêtés sont capables de garder et de protéger leur propreté corporelle (Tableau 26), le manque de moyen en monnaie pour l' achat de savon (64.8%) et autres produits pour la toilette corporelle contre 35.2% qui peuvent disposer du savon à tout moment (Tableau 27), quant à la lessive 62.7% des cas ne lavent pas contre 37.3% des cas qui peuvent laver leurs vêtements (Tableau 30) ,

le manque des habits de rechange dans 64.1% des cas tandis que 35.9% des cas changent leurs habits au besoin (Tableau 31), le manque de matériel de couchage dans 59.2% des cas tandis que 40.8% des condamnés affirment avoir du matériel de couchage, le manque de literie pour rechange dans 97.2% des cas (Tableau 32).

Comparativement à l'effectif des détenus, les installations de bain et de douches sont suffisantes pour que les détenus puissent à même les utiliser à volonté au moins une fois par semaine dans 88.1% des cas contre 11.9% des cas qui refusent volontairement de prendre douche au moins une fois par semaine (Tableau 28).

Les raisons de refus de prise de douche à volonté telles que évoquées par les détenus sont le voyeurisme et la lenteur provoquée par le surnombre des utilisateurs qui doivent se tenir en longue file d'attente.

Les visites limitées des proches, le manque d'assistance en matériel et la pauvreté sont les principaux facteurs de dégradation de la maîtrise d'hygiène générale dans cette unité pénitentiaire:

Les ONG qui pourvoyaient cette assistance n'étaient pas opérationnelles sur terrain durant la période de notre étude. Il faut ajouter que le fait de fabriquer du savon et confectionner les habits pour les détenus serait d'une grande aide, et fournir des balais leur permettrait de nettoyer les lieux.

IV.9.2. Profil malpropreté des personnes en contact et pratique de sport

77.5% des cas affirment côtoyer des personnes soient malades soient malpropres contre 22.5% des cas qui disent qu'ils ne sont pas en contact permanente avec des personnes plus ou moins malpropres ceci s'explique par la pauvreté des prisonniers, et le fait que des détenus dorment serrés et transpirent à flot pendant la saison sèche (Tableau 29).

L'étude a permis de signaler combien de fois les détenus pouvaient faire de l'exercice physique, soit 10.5% des cas enquêtés, contre 89.5% de refus volontaire de pratiquer le sport.

IV.9.3. Profil nuisances olfactives et sonores

Les détenus se plaignent de nuisances olfactives dans 90.8% des cas (Tableau 21) et sonores dans tous les cas (100%). Le risque sanitaire d'un appartement bruyant est notamment les réactions physiologiques, gêne de l'intelligibilité, risque cardio-vasculaire, atteinte de l'oreille interne et perturbation du sommeil.

IV.9.4. Profil hygiène des ustensiles

Notre étude a montré que 55.6% des détenus tiennent leurs ustensiles propres tandis que 44.4% des détenus ne font pas de vaisselle correctement ou qui n'ont même pas d'ustensiles (Tableau 25).

IV.9. 5. Profil salubrité du sommeil et respiration

Le manque de sommeil soit 86.6% (Tableau 39). Le manque de sommeil a des impacts sur l'état émotionnel et les capacités mentales.

Le manque du sommeil affecte la capacité de l'organisme à métaboliser le glucose qui peut chuter de 40 % chez des gens qui dorment moins de six heures et demie (ce qui conduit à des symptômes correspondant au premier stade de diabète).

Selon Rex Banza Katshekewa, plus de 10% de la population adulte souffre de troubles chroniques de sommeil nécessitant un traitement et au moins 10% supplémentaires ont des problèmes de sommeil et de troubles occasionnels la nuit [9].

Les raisons majeures de perturbation du sommeil telles que évoquées par les détenus enquêtés sont essentiellement le bruit (Tableau 38), la chaleur et les morsures des punaises de lits (Tableau 11).

Selon Virginia Henderson, la respiration constitue le premier besoin fondamental, il est indispensable pour chaque individu de disposer d'une oxygénation cellulaire satisfaisante [27]. L'étude a montré que 73.9% des enquêtés sont victimes de l'insalubrité respiratoire (Tableau 40) contre 26.1% qui peuvent supporter.

Une gêne respiratoire entraîne une augmentation des maladies respiratoires (comme l'asthme, angines, bronchite ou insuffisance respiratoire) et cardio-vasculaires et est source de mortalité.

IV.9.6. Profil hygiène alimentaire

Notre étude a montré que les détenus de la prison de Ngozi pour hommes mangent un seul repas par jour à 16 heures 30 min, ce repas composé de pate de manioc et de haricots est dépourvu de légumes et de fruits.

Pris avec retard et de façon monotone, maladroitement trillé et mal préparée, avec probabilité de présence de cailloux ou de sable, ce repas a des effets néfastes sur la santé des reclus et peut entraîner des ulcères (4.4%), de la gastrite (32%) et de la malnutrition. Seuls les prisonniers qui travaillent ou à qui leurs proches apportent de la nourriture peuvent espérer bénéficier d'un régime alimentaire suffisant.

IV .10. Profil lacunes de l'hygiène générale

Les problèmes majeurs provoqués par les lacunes d'hygiène et d'assainissement relevés ci-dessus sont au nombre de deux, d'après les informations recueillies auprès des détenus. Il s'agit par ordre d'intensité d'occurrence décroissant des risques accrus de maladies et de la pollution. D'après l'enquête, 58% des détenus s'estiment menacés par les insectes et animaux nuisibles pour la santé, à cause des maladies dont ils sont vecteurs. 42% décrient la gestion des ordures et des excrétas dans les logements et dans la cour (Tableau 23);

Dans les prisons du Mali, les pathologies les plus rencontrées sont les dermatoses liées au manque d'hygiène, les crises de paludisme à un niveau endémique et les épidémies de diarrhées dues à une mauvaise hygiène alimentaire [5].

L'absence des pathologies des mains sales durant la période d'étude n'exclut pas le risque.

Cela s'explique par le fait que ces maladies sévissent à rythme épidémique. Et en cette période (juin-août 2009) l'épidémie des mains sales n'a pas été observée. Cette longue durée d'absence d'épidémie est aussi expliquée par l'existence des séances d'EPS en matière d'hygiène au sein des prisonniers animées par des prisonniers volontaires formés.

De plus, une réorganisation des différents acteurs d'activités, des campagnes de sensibilisation et d'éducation, la mise sur pied d'un manuel d'hygiène, une amélioration du code d'hygiène  et un travail synergique entre les différents intervenants conduiraient à l'atteinte des objectifs.

IV.11. Profil conséquences d'une hygiène précaire en milieu

carcéral

Selon l'étude de Dr Pandya dans les prisons du Malawi en 1996, la surpopulation est le premier facteur qui permet aux maladies contagieuses de se répandre comme un feu de forêt [12].

Pendant notre étude, nous avons constaté que la fréquence des affections digestives vient en tête avec 32.7%, suivies des diarrhées infectieuses et des affections respiratoires aiguës respectivement à 15.9%et 15%, le paludisme se rencontre à 14.3%, les affections buccales et ORL à 12.4%. Les fréquences des infections urinaires et des infections de la peau se rencontrent respectivement à 6.5% et 3.2% (Tableau 46).

Ces résultats comparés à ceux de Médard Voho, dans les établissements pénitentiaires d'Ouagadougou et Bobo Dioulasso en 1998 montrent des prévalences différentes [12]:

- affections digestives 26%

- affections de la peau 25%

- affections uro-génitales 16%

- affections respiratoires et ORL 16%

- paludisme 10%

- divers 7%

Les statistiques ci-dessus montrent que le régime alimentaire insuffisant, la mauvaise hygiène, le manque de couvertures et l'infestation par des insectes sont autant de vecteurs qui contribuent à la dégradation rapide des détenus les plus résistants, sans parler des plus vulnérables comme les très vieux, les séropositifs et les détenus qui étaient déjà malades avant leur incarcération.

La surpopulation est un autre facteur qui contribue à la propagation des maladies contagieuses comme :

la tuberculose : 10 cas sur 23 soit 43.5% (Tableau 43), la pneumonie : 11 cas sur 23 soit 47.8% l'asthme : 2 cas sur 23 soit 8.7% , la diarrhée : 11 cas sur 24 cas soit 45.8% , la salmonellose : 7 cas sur 24 soit 29.2% , la dysenterie : 6 cas sur 24 soit 25%(Tableau 42) ou la gale, dans la mesure où elle implique une difficulté à fournir de l'eau en quantité suffisante pour permettre à tous d'assurer la propreté de leur corps et de leur environnement. De plus, l'évacuation des eaux usées et des excréments peut s'avérer problématique.

La persistance des symptômes comme des algies dentaires : 15 cas sur 19 cas soit 75.95% et des pathologies ORL : 4 cas sur 19 soit 21.05% et des parasitoses : 68% démontrent un manque d'hygiène individuelle et collective à savoir la protection de l'hygiène buccodentaire ,l'utilisation des latrines et le lavage des mains après cette utilisation pour les détenus qui le font et de préparer les aliments ou avant de manger [2 ;5].

Par ailleurs, la surpopulation a un effet direct sur le taux élevé d'homosexualité car dans certaines cellules les hommes dorment très rapprochés les uns des autres, ce qui démontre l'existence d'une potentielle éruption d'infections par des virus véhiculés par le sang : virus de l'hépatite B, de l'hépatite C et de l'infection par le VIH.

IV.12. Profil cas référés

A la poursuite de notre étude, nous avons pu relever les quelques cas référés du centre de santé vers l'hôpital autonome de Ngozi, les consultations ont fait apparaître la prévalence des maladies référés de la prison vers l'hôpital dans l'ordre suivant :

A la lumière du Tableau 47, le constat est que l'épilepsie domine les cas référés du centre de santé de la prison centrale de Ngozi avec 35.5% de transferts, suivie des caries dentaires et des troubles mentaux avec chacun 17 .8%, puis les PVVS avec 8.9%, les épigastralgies avec hématémèse se trouvent à 4.4%.

Ces résultats comparés à ceux de Isabelle Chauvin nous montrent que les pathologies spécifiques en prison sont les caries qui arrivent en tête : 11% du reste de la population carcérale du reste. L'asthme affecte davantage ces prisonniers 10.4% dans la prison de Rouen [28].

L'administration pénitentiaire met beaucoup de retard à envoyer les malades à l'hôpital, de sorte que les détériorations deviennent irréversibles. Le transfert lui-même une fois accordé peut durer plusieurs jours. Ainsi, avant d'arriver à l'hôpital autonome de Ngozi, les détenus restent en attente plusieurs jours, pendant lesquels ils sont menottés et entravés. Cet hôpital a la réputation auprès des prisonniers d'être plus pénible que la cellule. Les interventions chirurgicales toujours remises à plus tard.

CHAPITRE V. CONCLUSION ET SUGGESTIONS

V.1. Conclusion

Etymologiquement, le mot hygiène vient du grec « hygieinon » qui signifie santé.

Cela étant l'entretien de l'hygiène signifierait bonne santé.

L'hygiène se base essentiellement sur trois actions :

-Le nettoyage et la détersion, la désinfection, la conservation.

L'assainissement fait partie intégrante de l'hygiène.

En milieu carcéral et essentiellement à la prison centrale de Ngozi, l'hygiène laisse à désirer comme le prouvent nos résultats.

En effet, l'hygiène en prison de Ngozi concerne :

L'hygiène des bâtiments, l'hygiène alimentaire, l'hygiène des latrines, l'hygiène corporelle.

Nos résultats prouvent que les bâtiments sont en bon état dans 25% contre 75% en mauvais état ; les prisonniers mangent une fois par jour en qualité et en quantité insuffisante ; les latrines sont en bon état dans 19.5% contre 80.5% en mauvais état ; l'hygiène corporelle est bonne dans 45.1% contre 54.9%.

Ces conditions d'hygiène précaires à la prison centrale de Ngozi entraînent des conséquences suivantes : maladies dans 58% et pollution dans 42%. Toutefois, les cas de paludisme, des affections buccodentaires, les affections digestives, la diarrhée sont bien pris en charge au poste de soins de la prison de Ngozi.

Les cas de caries dentaires, d'épilepsie, de troubles mentaux, de PVVS sont transférés à l'Hôpital autonome de Ngozi.

Réduire sensiblement la morbi-mortalité due à l'insalubrité serait un idéal.

V.2.Suggestions

V.2.1.Au gouvernement

A. Le gouvernement doit s'assurer de la bonne gestion des établissements,

Les normes et règles nationales et internationales doivent être respectées :

B. Le gouvernement doit s'assurer de la mise en application d'un certain nombre de bonnes pratiques dans chaque prison :

· les soins en prison devraient être une priorité et les détenus devraient pouvoir assumer la responsabilité de leur santé dans de bonnes conditions ;

· chaque détenu doit avoir un dossier médical comportant les informations essentielles sur son état de santé. Ce dossier devrait mentionner les maladies contractées et les traitements reçus, ainsi qu'un certificat de santé délivré au moment de la mise en liberté ;

· les examens de santé et les traitements doivent être prescrits en toute confidentialité ;

· le personnel paramédical et de l'assistance sociale devraient être associés au programme de santé publique en prison.

V.2.2. Aux ONG et aux groupes de la société civile

Prêter assistance aux programmes d'information et d'éducation des détenus sur la santé.

S'engager de manière constructive en incluant les prisons dans leur activité lorsque cela est possible.

V.2.3. Aux donateurs

S'assurer que le bénéfice de leurs aides va bien aux personnes ciblées ;

Encourager le développement des programmes dans le domaine de la santé en prison ;

Soutenir les administrations et les systèmes de justice pénale pour l'amélioration de l'hygiène dans les prisons.

V.2.4. A l'administration pénitentiaire

Promouvoir le droit des détenus à la dignité, à la santé et à l'intimité avec sa famille.

Parfois recourir à la force pour contrôler les prisonniers violents

V.2.5. Aux détenus

Nous souhaitons que chaque détenu sache que « l'hygiène commence par la propreté corporelle » [15]

Suivi rigoureux des règles d'hygiène.

RESUME

Il s'agit d'une étude descriptive sur « La contribution à l'étude de la salubrité en milieu carcéral », menée à la prison centrale de Ngozi pour hommes, sur une période de quarante et cinq jours allant du 22 juin au 7 août 2009.

L'étude porte sur 142 condamnés. Notre objectif général était de :

· contribuer à l'amélioration de l'état de salubrité en milieu carcéral.

Les principaux résultats sont les suivant :

L'état des bâtiments se présente en bon état dans 25% des cas contre 75% en mauvais état de salubrité durant la période de l'étude.

La connaissance de l'impact de la promiscuité par les détenus au sein des logements représente 5.6% de réponses affirmatives des cas contre 94 .4% de réponses négatives.

La présence des acariens dans les logements représente 44.4% des punaises de lit, 25.4% des poux, 19.7% des chiques ainsi que des tics à 10.5%.

L'assainissement et l'hygiène dans les logements représente que l'eau consommée dans la prison provient des robinets et du château dans 96.4% des cas contre 3.6% qui provient de la pluie.

La présence des déchets dans les logements et dans les lieux de consommation représente 100% des cas.

Les latrines ne sont pas protégées hygiéniquement dans 80.5% des cas contre 19.5% de cas où les latrines sont plus protégées.

La connaissance des règles par les détenus représente 71.1% des cas contre 28.9% des détenus qui ignorent les textes en rapport avec les règles d'hygiène.

Les détenus sont conscients de l'ampleur des conséquences sur l'environnement, la santé et le cadre de vie due à un mauvais système d'hygiène et d'assainissement. Les solutions préconisées vont des fosses septiques modernes aux stations d'épuration des eaux usées par voie naturelle.

Cependant, le meilleur système de gestion de la salubrité passe par la connaissance des paramètres socio culturelles, économiques et environnementaux dans lequel il sera installé.

A l'issue de notre étude, nous avons tenté d'apporter notre modeste contribution dans l'étude de la salubrité en milieu carcéral par la formulation de quelques recommandations envers le gouvernement, les ONG et les groupes de la société civile, les donateurs, l'administration pénitentiaire, le personnel soignant, aux détenus.

BIBLIOGRAPHIE

1. http://www.penalreform.org/health-african-prison/ Kampala, juillet 1997

2. S. GRIOT, H. GOMILLA, M. le HEURT, I. POVIDORI : Hygiène et soins infirmiers, 5ème édition , Elsevier Masson SAS , 62 rue Camille-Desmoulins, 92442 Issy-les-Moulineaux cedex: pages 88-106-108-112-116-119-120-127-130-132-133-134-136-138, Dépôt légal : juillet 2007

3. Olivier SINOUE : La dame à la lampe ou une vie de Florence NIGHTINGALE

4. Dr Iris BOROWY: International social medicine between the wars: positioning a volatile concept, volume 6

5. http:// www.temoignages-prisons-surpeuplées-undramemondial.re

Témoignages - 6 rue du Général Emile Rolland - BP 1016 - 97828 Le

Port Cedex Directeur de publication : Jean-Max Hoarau ; 4 août 2004

6. Rapport de l'O.B.P., mars 2004

7. Jean DUJARDIN : Traitement et prévention des diarrhées aigues : directives destinées aux instructeurs des agents de santé, OMS , avril 2000

8. http://www.wikipédia.org./wiki/ portail-médecine

9. Rex BANZA KATSHEKEWA : Perception du risque lié à l'habitat insalubre en milieu urbain : Université de Lubumbashi- DEA : Traductions : original : fr source

10. Souleymane DIABATE : Assainissement et gestion des ordures ménagères dans la commune d'Abobo : cas du village d'Abobo Baoulé. Mémoire de maîtrise IGT

11. MANUILA et al. : Dictionnaire médical, Masson, Crispa, Fribourg 10è (10 septembre 2004) Collection : Hors collection

12. Frédéric SALDMANN : On s'en lave les mains, Flammarion 2008, pages 106, 107, 159

13. Ambroise TARDIEU : Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité ; Edition, Paris chez J.B.BALLIERE

14. Diane Raines WARD : La guerre de l'eau : Sécheresse, inondation, absurdité et politique de la soif : Paris, Autrement 2003, page 56-61-199-201

15. Dictionnaire marabout de Médecine, Tome III , Editeur Gérard 1978, page 68-79-86-94-100-108

16. . Patrice BOULLEYS : Contribution à la maîtrise d'hygiène et d'assainissement dans les bâtiments classés de Yaoundé : 2ie d'Ouagadougou- Master spécialisé, Traductions : Original : fr source, page 43-44-45

17. Livre de l'élève de Technologie 5ème : page 15-16

18. Règlement général sur les lotissements, logements et bâtisses (Articles 138, 139,150).

19. Thina VONDO VANGU : Impact du programme d'assainissement de la PAUK sur l'environnement/ Cas de la commune de Barumbu, mai 2007 : Institut Supérieur Pédagogique de GOMBE : Traductions : Original : fr source page 24, 25, 27, 28.

20. NYASSOGBO K : Accumulation des ordures ménagères et dégradation de l'environnement urbain : Quelques pistes pour viabilité environnementale dans le processus de développement en Afrique : LOME 2005, page 42

21. Christian NGÔ, Alain REGENT : Déchets et pollution : Impact sur l'environnement et la santé ; Librairie Environnement, janvier 2006, page 36

22. Mr. M. MEDHIF : Eau, environnement et santé humaine : Direction de l'hygiène MSP/Tunis

23. Mathieu REVEST, Stéphane JAUREGUIBERRY, Pierre TATTEVIN : Maladies infectieuses : Ellipse marketing 25 juillet 2008, page 267-268

24. A. VAN der HEYDEN, J. COURTEJOIE, I Rotstart de HERTAING: Vers intestinaux ; Bureau d'étude s et de recherches pour la promotion de la santé 1978 : page 168

25. Docteur PANDYA : Les minimas sociaux en prison, juillet 1999

26. Jean François RENUCCI : Médecine générale : Code de procédure pénale, Article 352, page 271, Editions 46-2005

27. Virginia HENDERSON, Marie Françoise COLLIERE : La nature des soins infirmiers, Inter Editions  1994 page 65 sur 235

28. Isabelle CHAUVIN : La santé en prison : Les enjeux d'une véritable réforme de santé publique, 2000 ESF, Editeur Paris, page 14

29. http://www.afssa.fr/la méthode-haccp/liste des bonnes pratiques hygiéniques

30. http://www.hygiène-educ.com/fr/profs/alimentaire/sci-data/frame1htm

31. http:// www.wikipédia.org/wiki/portail-sécurité-hygiène-alimentaire

32. http:// www.aribinfo.org Site web de l'ARIB a.s.b.l : source PANA : août 2008

33. http:// www.who.int./fr

TABLE DES MATIERES

LISTE DES PROFESSEURS...................................................................................................................................i

DEDICACE.........................................................................................................................................iv

REMERCIEMENTS..............................................................................................................................v

SIGLES ET ABREVIATIONS..............................................................................................................................vi

LISTE DES TABLEAUX.....................................................................................................................................vii

TABLE DE MATIERES.......................................................................................................................................ix

0. INTRODUCTION 1

DANS L'ANTIQUITÉ, L'HYGIÈNE SE MANIFESTE DANS LES RÈGLES DE VIE : 2

INTÉRÊT DU SUJET 3

Intérêt personnel 3

Intérêt scientifique 3

PROBLÉMATIQUE 4

OBJECTIFS 4

Objectif général 4

Objectifs spécifiques 4

BUT 5

CHAPITRE I : GENERALITES 6

I. DÉFINITION DE CERTAINS CONCEPTS 6

I .1. Hygiène 6

I .2. Santé 6

I .3. Assainissement 6

I .4. Règles d'hygiène 7

I .5. Salubrité 7

I .6. Salubrité publique 7

I .7. Eau 7

I .8. Eaux usées 8

I .9. Egout 8

I .10. Immondice 8

I .11. Bruit 8

I .12. Nuisance 8

I .13. Déchet 9

I .14. Aération 9

I .15. Décharge libre des déchets 9

I .16. Décharge contrôlée des déchets 9

I .17. Combustible : textiles, plastique, composite 9

I . 18. Prison 10

I .19. Condamné 10

I .20. Prévenu 10

I . 21. Cellule 10

I .22. Mauvais état de salubrité 10

I.2. HYGIÈNE DES BÂTIMENTS 10

I .2.1. Rapport construction et hygiène 10

I .2.2. Toiture et couverture 11

I .2.3. Les murs 11

I .2.4. Pavement 11

I .2.5. Trottoir 12

I.2.6. Hygiène à l'intérieur des bâtiments 13

I.2.6.1. Propreté rétrograde 13

I.2.6.2. Plafond 13

I.2.6.3. Murs 13

I.2.6.4. Fenêtres 13

I.2.6.5. Le sol 13

I.3. COLLECTE DES DÉCHETS ET DES EAUX USÉES. 14

I.4. HYGIÈNE DE L'EAU 16

I .4.1. Propreté 16

I .4.2. Potabilité 17

I .4. 3. Les maladies hydriques 18

I.5. HYGIÈNE ENVIRONNEMENTALE 18

I .5.1. Les allées 18

I .5.3. Le jardin 19

I.6. HYGIÈNE ALIMENTAIRE 19

I .6.1. Les infections d'origines alimentaires 19

I .6.1.1. Mécanisme 19

I .6.1.2. Les différentes formes d'intoxications alimentaires 20

I .6.2. La démarche qualité 21

I.6.2.1. Bonnes conditions de réception des aliments 22

I .6.2.2. Stockage des aliments 23

I .6.2.3. Hygiène des ustensiles 23

I.7. HYGIÈNE CORPORELLE ET VESTIMENTAIRE 24

I .7.1. Hygiène corporelle 24

Hygiène des mains 24

Hygiène buccale 24

Hygiène du corps 25

Hygiène nasale 25

Hygiène des pieds 26

Exercice physique 26

Le manque de sommeil 26

I .7.2. Hygiène vestimentaire 27

LES SOULIERS 28

I.8.LES SANITAIRES 28

FIGURE D'UNE LATRINE AMÉLIORÉ : LATRINE VIP : FR SOURCE 29

I.9.CONSÉQUENCES D'UNE HYGIÈNE PRÉCAIRE EN MILIEU CARCÉRAL 30

I.9.1.Les conséquences spontanées 30

I.9.2.Conséquences prises en charge à l'infirmerie de la prison 30

I.9.3.Les cas référés de l'infirmerie de la prison à l'hôpital autonome de Ngozi 31

CHAPITRE II. MATERIELS ET METHODES 32

II.1. DESCRIPTION DU MILIEU D'ÉTUDE 32

II.2. TYPE D'ÉTUDE 32

II.3. CHOIX ET TAILLE DE L'ÉCHANTILLON 32

II.4. MATÉRIEL 32

II.5.MÉTHODOLOGIE 33

CHAPITRE III. PRESENTATION DES RESULTATS 34

CHAPITRE IV : COMMENTAIRES ET DISCUSSION DES 57

RESULTATS 57

IV.1. PROFIL IDENTIFICATION DES ENQUÊTÉS 57

IV.1.a. L'âge des condamnés 57

IV.1.b. La provenance des condamnés 57

IV.1.c. Le niveau d'instruction 57

IV.2.a. Nombre de détenus par cellule 57

IV.2.b. Dimensions des cellules 58

IV.2.c. Matériel de couchage 58

IV.2.d. Conscience de la promiscuité vécue par les prisonniers 58

IV.2.e. Impact de la promiscuité sur la santé et le cadre de vie 60

IV.3. PROFIL SALUBRITÉ DES BÂTIMENTS 60

IV.4. PROFIL ÉCLAIRAGE ET VENTILATION 60

IV.5. PROFIL ASSAINISSEMENT DE L'EAU 61

IV.6. PROFIL LATRINES 61

IV.7. PROFIL SALUBRITÉ DE LA COUR, ET ÉLIMINATION DES DÉCHETS 62

IV.8. PROFIL UTILISATION DES COMBUSTIBLES 62

IV. 9. PROFIL HYGIÈNE GÉNÉRALE 63

IV.9.1. Hygiène corporelle et vestimentaire 63

IV.9.2. Profil malpropreté des personnes en contact et pratique de sport 64

IV.9.3. Profil nuisances olfactives et sonores 64

IV.9.4. Profil hygiène des ustensiles 64

IV.9. 5. Profil salubrité du sommeil et respiration 65

IV.9.6. Profil hygiène alimentaire 65

IV .10. PROFIL LACUNES DE L'HYGIÈNE GÉNÉRALE 66

IV.11. PROFIL CONSÉQUENCES D'UNE HYGIÈNE PRÉCAIRE EN MILIEU 67

CARCÉRAL 67

IV.12. PROFIL CAS RÉFÉRÉS 68

CHAPITRE V. CONCLUSION ET SUGGESTIONS 70

V.1.CONCLUSION 70

V.2.SUGGESTIONS 71

RESUME 73

BIBLIOGRAPHIE 74

ANNEXES..........................................................................................................................................I






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984