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Analyse de l'échec et de la diffusion du système de riziculture intensive à  madagascar


par Rijaharilala RAZAFIMANANTSOA
Université d'Antananarivo - DESS en Développement local et Gestion des projets 2008
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE D'ANTANANARIVO
**************************
FACULTE DE DROIT, D'ECONOMIE, DE GESTION ET DE SOCIOLOGIE
**************

DEPARTEMENT ECONOMIE
Mémoire en vue de l'obtention de Diplôme d'Études Supérieures Spécialisées
DESS « Développement Local et Gestion des Projets »

Intitulé

ANALYSE DE L'ÉCHEC ET DE LA DIFFUSION

DU SYSTÈME DE RIZICULTURE INTENSIVE

À MADAGASCAR

Présenté par: RAZAFIMANANTSOA Rijaharilala

Encadreur académique : Professeur Mamy RAVELOMANANA Encadreur professionnel : Docteur Maminavalona RANDRETSA

Année Universitaire : 2008 - 2009

REMERCIEMENTS

Éternel, notre Seigneur! Que ton nom est magnifique sur toute la terre! Ta majesté s'élève au-dessus des cieux.

Je tiens à remercier Monsieur Mamy RAVELOMANANA, Professeur, Chef de Département Économie dont les conseils et les critiques du document ont largement contribué au présent travail.

J'adresse mon remerciement à l'encontre de Monsieur, Jeannot RAMIARAMANANA, Professeur et Directeur des études en DESS Développement local et Gestion des projets, ainsi qu'à tous les professeurs dans la formation.

Il va de soi que mes remerciements s'adressent à mon encadreur professionnel, Monsieur Maminavalona RANDRETSA, pour les conseils et les orientations qui ont contribué à la réalisation de ce travail.

Je remercie ma femme, pour sa patience et son encouragement pour la rédaction. Je la remercie également pour son soutien et ses encouragements, et notamment de m'avoir incité maintes fois à présenter mes travaux.

Je suis très reconnaissant à l'encontre de Madame Princia, Secrétaire, de la formation DESS.

Enfin, tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce travail.

RAZAFIMANANTSOA Rijaharilala

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS ii

TABLE DES MATIERES iii

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS vi

LISTE DES TABLEAUX vii

LISTE DE GRAPHE vii

INTRODUCTION 1

PREMIERE PARTIE : LE SYSTEME DE RIZICULTURE INTENSIVE 3

CHAPITRE I : HISTORIQUE ET MISE AU POINT DE LA DECOUVERTE 5

1.1 Les activités des missionnaires jésuite à Madagascar 5

1.2 Le hasard et la mise au point de la technique 6

1.3 Les fondements scientifiques de la découverte 6

CHAPITRE II : PRESENTATION DE L'ITINERAIRE TECHNIQUE SRI 8

2.1 Principes fondamentaux du SRI 8

2.2 Mise en place des pépinières et semis 8

2.3 Repiquage précoce de jeunes plants brin à brin et espacé 8

2.4 Irrigation au minimum d'eau 9

2.5 Sarclages répétés 9

2.6 Calendrier cultural selon l'itinéraire technique SRI 10

CHAPITRE III : TECHNIQUE PROCHE ET ADAPTATIONS DU SRI 11

3.1 Système de Riziculture Améliorée (SRA) 11

3.2 MAFF (principe de moindre action et de parcimonie) 11

3.3 SRI Semis Germoir Biodégradable 12

DEUXIEME PARTIE : DIAGNOSTIC DU SYSTEME DE RIZICULTURE INTENSIVE 14

CHAPITRE I : FORCES 16

1.1 Augmentation de la productivité rizicole grâce l'adoption du SRI 16

1.2 Augmentation des revenus du producteur 17

1.3 Rentabilité économique du SRI par rapport à d'autres techniques 18

1.3.1 Économie des semences 19

1.3.2 Économie d'eau 20

1.4 Contribution de la technique à la protection de l'environnement 20

1.5 Itinéraire technique souple et résistant aux cataclysmes naturels 20

1.6 Activités menées pour la diffusion du SRI 21

1.6.1 Activités menées par l'association TEFY SAINA 21

1.6.2 Mise en place récemment du Groupement SRI Madagascar 21

1.6.3 Activités menées pour diffuser le SRI dans le monde 22

CHAPITRE II : FAIBLESSES 23

2.1 Contraintes techniques 23

2.1.1 Maîtrise de l'eau sur les grands périmètres 23

2.1.2 Surcroît du travail lié à l'adoption de l'itinéraire technique SRI 23

2.1.3 Disponibilité de la main d'oeuvre 23

2.2 Contraintes économiques 24

2.2.1 Insuffisance saisonnière de liquidités 24

2.2.2 Coût d'opportunité lié à l'affectation de la main d'oeuvre 24

2.2.3 Coût d'opportunité des activités extra- agricoles 25

2.3 Contraintes socio- organisationnelles liées à la diffusion de la technique 25

2.3.1 Importance du suivi et accompagnement des pratiquants SRI 25

2.3.2 Absence de coordination entre les acteurs dans la diffusion du SRI 25

2.3.3 Absence de système d'enregistrement des données SRI 26

2.4 Cause du retard de la diffusion du SRI à Madagascar 26

2.4.1 L'origine de la découverte 26
2.4.2 Dépendance du Ministère vis-à-vis des bailleurs de fonds et assistantes techniques

étrangères 26

2.5 Contraintes socio- culturelles 27

2.5.1 Changement au niveau des habitudes de travail 27

2.5.2 Risques accompagnant l'adoption d'une innovation culturale 27

2.5.3 Résistance au changement 27

2.5.4 Maintien des statuts sociaux au sein d'une communauté 28

2.5.5 Logiques des acteurs locaux et stratégies paysannes 29

2.5.5.1 Stratégies en fonction de la taille de l'exploitation 29

2.5.5.2 Intensifier et limiter les risques 30

2.5.5.3 Stratégies de contournement des risques 30

2.5.5.4 Arbitrage entre le court et le long terme 30

2.5.5.5 Justification du maintien du système de production domestique 31

CHAPITRE III : OPPORTUNITES 32

3.1 Satisfaire la demande domestique 32

3.2 Existence d'un marché potentiel pour l'exportation 32

3.2.1 Exportation des trois variétés de riz vers le marché italiens 32

3.2.2 Exportation de riz rose dur le marché américain 33

3.3 Conditions agro écologiques favorables à la riziculture 33

3.4 Développement de la microfinance 33

CHAPITRE IV : MENACES 35

4.1 Concurrence entre la production locale et le riz importé 35

4.2 Effets pervers de l'aide alimentaire 35

4.3 État défaillant des réseaux d'irrigation 35

4.4 Ensablement des rizières 36

4.5 Accès aux intrants et équipements agricoles 36

4.5.1 Engrais 36

4.5.2 Semences améliorées 37

4.5.3 Équipements agricoles 37

4.6 Accès aux services de vulgarisation 38

4.7 Accès aux marchés et infrastructures routières 38

4.8 Accès aux crédits 39

4.8.1 Accès au financement informel 39

4.8.2 Accès au financement formel 39

4.9 Aléas climatiques 39

4.10 Insécurité foncière 40

TROISIEME PARTIE : RECOMMANDATIONS POUR UNE MEILLEURE DIFFUSION DU SRI 42 CHAPITRE I : AMELIORATION DE L'ENVIRONNEMENT EN AMONT DE LA FILIERE RIZ 44

____

1.1 Amélioration de la sécurisation foncière 44

1.1.1 Mettre à jour la législation foncière 44
1.1.2 Augmenter les ressources humaines et introduire de nouveaux outils de travail

performants. 44
1.1.3 Mettre en place de guichets fonciers pour décentraliser la gestion domaniale et

foncière 45

1.1.4 Améliorer l'accès des producteurs au financement rural 45

1.1.5 Augmenter le taux de pénétration de la microfinance 46

1.1.6 Développer les Coopératives et les Organisations paysannes 46

CHAPITRE II : AMELIORER L'ENVIRONNEMENT A L'INTERIEUR DE LA FILIERE RIZ 48

______

2.1 Améliorer et renforcer les infrastructures hydro agricoles 48

2.2 Améliorer l'accès aux intrants 48

_____

2.3 Améliorer l'accès aux services de vulgarisation 49

2.3.1 Développer un système d'encadrement de proximité 49

2.3.2 Améliorer les approches et les stratégies 49

2.4 Renforcer les capacités des producteurs 50

2.5 Développer la formation en métier agricole et rurale 50

2.6 Mettre en place des dispositifs contre les risques 50

2.7 Coordonner les actions sur la promotion du SRI entre les acteurs 51

CHAPITRE III : AMELORATION DE L'ENVIRONNEMENT EN AVAL DE LA FILIERE RIZ 52

3.1 Simplifier les réseaux de commercialisation 52

3.2 Améliorer les réseaux de communication 52

3.3 Améliorer l'accès des producteurs aux informations sur le marché 52

3.4 Améliorer les infrastructures de stockage (GCV) 53

3.5 Renforcer le rôle de la PCPC-Riz 54

CONCLUSION 55

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

ADRA: Adventist Development Relief Agency

ATS: Association TEFY SAINA

BIMTT : Bureau de liaison des Institutions de Formation Rurale BOA: Bank of Africa

CAPR : Centre d'Apprentissage et de Promotion Rurale CECAM : Caisse d'épargne et de crédit agricole mutualiste

CIIFAD: Cornell International Institute for Food and Development COI : Commission de l'Océan Indien

COMESA : Marché Commun de l'Afrique de l'Est et Australe CRS : Catholics Relief Service

CSA : Centre de Service Agricole

FEKRITAMA : Confédération des Agriculteurs Malagasy

FERT : Formation pour l'Épanouissement et le Renouveau de la terre FFOM : Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces

GCV : Grenier Commun villageois

GRET : Groupe de Recherche et d'Échanges Technologiques IMF: Institution de microfinance

INPR : Institut de Promotion de la Nouvelle Riziculture INSTAT: Institut National de la Statistique

IRRI : International Rice Research Institute

MAEP : Ministère de l'Agriculture de l'Élevage et de la Pêche. MAFF : principe de moindre action et de parcimonie

OMAPI : Office Malgache de la Propriété intellectuelle PNVA : Programme National de Vulgarisation Agricole ROR : Réseau des Observatoires Ruraux

SRA : Système de Riziculture Améliorée

SRI : Système de Riziculture Intensive

SRT : Système de Riziculture Traditionnelle

UPDR : Unité de Politique de Développement Rural

LISTE DES TABLEAUX

Tableau n° 1 : Le Modèle de tallage KATAYAMA

Tableau n° 2 : Exemples des meilleurs rendements obtenus en SRI à Madagascar

Tableau n°3: exemples des meilleurs rendements SRI obtenus en SRI dans le monde

Tableau n° 4 : Besoins en semences par rapport à la superficie

Tableau n° 5 : Coût de production en SRI/SRA/SRT

Tableau n° 6: Part des produits agricoles dans les revenus annuels moyens des ménages ruraux.

Tableau n° 7: Synthèse du diagnostic du Système de Riziculture Intensive

LISTE DE GRAPHE

Graphe1 : Calendrier cultural

INTRODUCTION

Depuis le XVII ème siècle, Madagascar jouissait d'une réputation dans la riziculture. Le riz représente 70% de la production agricole totale et constitue le principal aliment de base de la population.

Depuis les années quatre vingt, la croissance annuelle de la production rizicole a été estimée à 1.5% et les rendements moyens restent inférieure à 3 tonnes à l'hectare. La stagnation de la production a conduit le pays d'importer chaque année entre 5 à 10 % de la consommation nationale.

L'utilisation des techniques moins performantes explique en partie cette stagnation du rendement rizicole. D'après la statistique disponible au niveau du Ministère de l'agriculture, 72% de la riziculture aquatique est cultivée sous la technique traditionnelle, contre 28 % sous les systèmes améliorés.

La crise alimentaire et l'importance de l'amélioration durable de la sécurité alimentaire constituent une opportunité pour repositionner l'échec et de la diffusion du SRI1 à Madagascar. Une technique d'intensification rizicole découverte depuis une vingtaine d'années qui n'a pas connu une forte adoption et qui pourtant a rencontré une forte adoption dans les pays asiatiques, est reconnue sous la dénomination «Malagasy Rice Système ».

Ce mémoire cherche à comprendre pourquoi une adoption si faible du SRI à Madagascar?

La recherche s'appuie sur une recension documentaire relative à la filière riz et au système de riziculture intensive. Les limites de l'étude se trouvent justement dans la disponibilité des données quantifiables et centralisées au niveau du Ministère de l'Agriculture.

1

Le travail comprend trois parties distinctes : La première partie consiste à présenter l'historique et la mise au point de la découverte, suivie d'une présentation de l'itinéraire technique SRI ainsi que les diverses adaptations de la technique.

La deuxième partie sera consacrée au diagnostic du système de riziculture intensive. Il s'agit de présenter les forces, faiblesses, les opportunités et menaces liées à la diffusion de la technique.

Après avoir effectuer le diagnostic interne et externe de la technique, la troisième partie s'intéresse plus particulièrement sur les recommandations et les actions à entreprendre pour une meilleure diffusion du SRI à Madagascar.

PREMIERE PARTIE : LE SYSTEME DE RIZICULTURE INTENSIVE

Dans cette première partie consacrée à la présentation du Système de Riziculture Intensive, nous allons aborder l'historique et la mise au point de la technique afin de comprendre l'origine et les fondements scientifiques de la découverte. Nous aborderons par la suite les différentes étapes de l'itinéraire technique. Les adaptations de la technique compte tenu des contraintes rencontrées par les pratiquants seront évoquées à la fin de la première partie.

CHAPITRE I : HISTORIQUE ET MISE AU POINT DE LA DECOUVERTE 1.1 Les activités des missionnaires jésuite à Madagascar

Les techniques rizicoles sont porteuses de la représentation sociale et politique à Madagascar. Les activités des missionnaires ne se limitaient pas sur l'évangélisation seulement, elles s'étendaient aussi sur d'autres domaines aussi bien économique que social.

Dans les années 60, la communauté Jésuite de Madagascar a voulu connaître les données socio-économiques et les problèmes du développement à Madagascar. Le début des années 60 fut marqué par l'arrivée au pays, du Père Henri de Laulanié, ingénieur agronome Français.

Dans le cadre de la mission catholique, il a été appelé en aide par des communautés de Pères et de Soeurs pour intervenir techniquement auprès des centres de formation agricole, artisanale et ménagère sous le concept du développement de tout Homme et de tous les Hommes.

Il s'est installé à Madagascar avec modestie. Il a développé une approche basée sur l'observation et la discussion directe avec le paysan. Henri de LAULANIE a souligné que la base du développement s'acquiert à travers l'observation et la réflexion. Pour comprendre le mode de fonctionnement du système de production et les stratégies paysannes, il a sillonné la grande île.

En 1983, ses travaux de recherches ont abouti à la découverte du SRI. Pour y arriver à ses fins, il a non seulement effectué plusieurs essais mais aussi recherché aussi des explications scientifiques sur le fondement de la découverte.

C'est en 1988, grâce à la lecture d'une étude sur l'analyse des composantes des rendements du riz réalisée par Didier MOREAU pour le compte du GRET2, qui a cité les travaux d'un chercheur japonais Katayama sur le développement du tallage3 du riz qu'il a trouvé le fondement scientifique de sa découverte.

Pour accompagner la découverte, Il a formulé quelques recommandations comme : l'amélioration du rendement agricole non par l'extensification mais par l'intensification, la généralisation de la culture attelée.

Le Père Henri de LAULANIE a déclaré que le SRI sera "Patrimoine de l'humanité tout entière". C'est dans cet esprit qu'il n'a pas breveté la découverte sous son nom.

Le brusque décès du Père H. de Laulanié survenu le 23 juin 1996, intervient là où sa découverte a reçu un agrément officiel. Il a été promu chevalier de l'ordre national.

2 Groupe de Recherche et d'Échanges Technologiques

3 Développement de la racine

Après sa disparition, ses activités ont été continuées par ses disciples à travers l'Association TEFY SAINA et le centre de formation CAPR4.

1.2 Le hasard et la mise au point de la technique

Au départ, la découverte du système de riziculture intensive a été le fruit du hasard. L'année 1983 - 1984, fut marquée par une sécheresse exceptionnelle qui a frappé plusieurs régions de la grande île. Ce fut au mois de novembre 1983, qu'une sécheresse exceptionnelle a frappé plusieurs localités de la grande île dont la ville d'Antsirabe n'a pas été épargnée par celle-ci.

La sécheresse et le retard de la tombée de la pluie, ainsi que l'insuffisance de la superficie des pépinières ont obligé les disciples du Père Henri de Laulanié de repiquer de plants de riz de quinze jours brin à brin et très espacés.

Les résultats obtenus furent spectaculaires, ils ont pu constater qu'un jeune plant a donné 20 épis. Lors de la campagne suivante, Ils ont reproduit la même expérience avec de plants plus jeunes (9, 10, et 12 jours). A partir du résultat obtenu, ils ont constaté que les nombres d'épis avait augmenté considérablement par rapport à l'année précédente jusqu' à atteindre 60 et 80 tiges. Le Père Henri de Laulanié a constaté que le nombre des tiges augmente au fur et à mesure qu'ils ont utilisé des plants plus jeunes.

Cette expérience lui a permis d'observer le développement de la racine de plant de riz malgré le manque d'eau. Ce constat lui a permis d'approfondir la recherche qui a abouti finalement à la mise au point de la technique SRI à Antsirabe dans le Centre Manatenasoa. La découverte de la riziculture intensive a été le fruit du hasard, suivi de réflexion et d'observation.

1.3 Les fondements scientifiques de la découverte

Le soubassement de la riziculture intensive a été le phénomène de tallage, qui a été découvert par le chercheur japonais dénommé Katayama. D'après cette théorie les racines adventives se développent à partir d'un repiquage précoce de plant de riz. Cette théorie n'a pas trouvé une application jusqu'à la découverte de la riziculture intensive à Madagascar. La découverte n'a pas porté le nom de son inventeur. En outre la découverte de la théorie sur la physiologie du riz a démontré que le riz n'est pas une plante aquatique contrairement au proverbe Malagasy.

4 Centre d'Apprentissage de Promotion Rurale

Tableau n° 1 : Le Modèle de tallage de Katayama

Phyllochrones5
(semaine)

0

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

TOT AL

Brin maître

 

1

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1

1ère Génération

 
 
 
 

1

1

1

1

1

1

 
 
 

6

2ème Génération

 
 
 
 
 
 

1

2

3

4

5

6

5

26

3ème Génération

 
 
 
 
 
 
 
 

1

3

6

10

15

35

4 ème Génération

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1

4

10

15

5ème Génération

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1

1

TOTAL

 

1

 
 

1

1

2

3

5

8

12

20

31

84

Source : Manuel SRI, Association TEFY SAINA, 1992

Tous les 4 phyllochrones : Toutes le 4 semaines

Commentaire : Le repiquage de plant jeune conditionne l'apparition des premières tiges qui conditionnent ensuite l'apparition d'autres tiges durant la période d'épiaison. Cette période dure 3 mois pour les variétés normales. Les tiges prennent naissance à partir de touts les brins maîtres, chaque bourgeon développe une tige qui bourgeonnera à son tour donnant des talles de 2°, 3°, 4° rang, chacune des tiges pouvant donner un épi.

Le tallage peut ainsi se révéler atteindre huit fois plus important en SRI qu'en riziculture traditionnelle. Le cumul du nombre des tiges s'exprime par une progression exponentielle du type a.bx.2).

Le nombre de talles par le modèle de Katayama montre que les plants de plus de 20 jours utilisés en traditionnel ont déjà perdu la majorité de leur capacité de tallage, tandis que les jeunes plants SRI disposent le potentiel de maximum de tallage.

Ce premier chapitre fournit ainsi une vision globale qui permet d'appréhender l'origine de la technique SRI. Il ressort de ce chapitre que la technique a été découverte par Henri de Laulanié par hasard. Il a trouvé l'explication scientifique de la découverte grâce au phénomène de tallage dans le tableau de Katayama. Le second chapitre nous permettra de présenter l'itinéraire technique SRI.

5 Représente l'intervalle de temps qui sépare l'intervalle de temps qui sépare l'émission de deux feuilles successives sur la même tige

CHAPITRE II : PRESENTATION DE L'ITINERAIRE TECHNIQUE SRI 2.1 Principes fondamentaux du SRI

Selon Henri de Laulanié, le système de riziculture intensive repose sur quelques principes fondamentaux, si on veut exploiter la potentialité de tallage :

· L'utilisation des plants les plus jeunes possibles pour le repiquage (à deux feuilles)

· Le respect de repiquage en ligne et en carré dont la distance entre les jeunes plants varie de 25 cm jusqu'à 50 cm selon la fertilité du sol.

· La pratique de sarclage manuel mécanique à plusieurs reprises

· Respect d'une lame d'eau et des mis à sec (irrigation au minimum)

« La nouvelle riziculture malgache est une méthode des jeunes plants, bien espacés et bien sarclés, qu'en outre on oxygène autant que possible en contrôlant à minima le niveau d'eau » (Patrick Vallois 19966)

2.2 Mise en place des pépinières et semis

Afin de sélectionner les bonnes semences, il faut tremper les semences dans l'eau tiède. Les graines pleines restent au fonds du récipient tandis que les graines vides flottent en surface. Après cette séparation, il faut mettre les graines dans un trou chauffé pendant 24 heures pour pré germer les semences.

Les pépinières en SRI sont en formes de jardin potager. Il s'agit des pépinières sèches non aquatiques. L'emplacement des pépinières doit être proche des rizières afin d'éviter les contraintes liées au transport des jeunes plants au moment du repiquage.

Pour le SRI, on sème des semences de paddy pré germées. Les semis doivent être recouvrir le semis par de mélange de terreau ou du fumier noir afin de le protéger. Il est nécessaire aussi de recouvrir le semis par une paille pour protéger le semis contre la chaleur et les attaques des prédateurs (rats, oiseaux). Il faut arroser les pépinières SRI, deux fois par jour afin de maintenir une humidité permanente.

2.3 Repiquage précoce de jeunes plants brin à brin et espacé

Le système de riziculture intensive préconise le repiquage de jeunes plants. On
préconise le repiquage de jeunes plants de deux feuilles. Le repiquage précoce rallonge

6 PATRICK VALLOIS, Discours de la méthode du Riz, Institut de Promotion de la Nouvelle Riziculture, 5, Antananarivo, Février 1996

la phase végétative. L'âge de jeunes plants et l'espacement conditionnent l'exploitation de phénomène de tallage qui commence tôt chez le riz.

Le repiquage en SRI se fait brin à brin pour éviter l'encombrement des racines et de favoriser le développement des touffes. Le repiquage en SRI est réalisé sous forme de carré espacé de 25 jusqu'à 40 cm en fonction de la fertilité du sol. L'écartement permet d'éviter la concurrence entre les jeunes plants. L'optimisation du développement des organes aériens et racinaires du riz repose sur la l'espacement entre les jeunes plants. L'âge de plants paraît un des facteurs limitant du tallage en riziculture traditionnelle car à 50 jours les plants ont déjà atteint la moitié de sa croissance, les racines et les feuilles sont bien développées, l'arrachage pour la transplantation à ce stade interrompt les fonctions vitales de la plante d'où l'importance accordée au repiquage précoce afin d'éviter le traumatisme de jeune plant lors de la transplantation.

2.4 Irrigation au minimum d'eau

Depuis des siècles, les paysans ont cultivé le riz dans beaucoup d'eau du fait qu'ils pensent qu'il s'agit d'une plante aquatique comme les nénuphars. La submersion permet d'empêcher l'invasion des mauvaises herbes sur les rizières.

Dans l'itinéraire technique SRI, après le repiquage, il faut irriguer au minimum la rizière. L'irrigation au minimum permet d'aérer le sol et d'assurer un meilleur développement racinaire. L'objectif du minium d'eau est de laisser aux plants de s'enraciner et de s'ancrer. L'irrigation commence à partir du premier sarclage pour faciliter le passage des sarcleuses. Jusqu' à la montaison on pratique l'irrigation au minimum même jusqu'à l'apparition des fissures. Le sol trop inondé contient moins d'oxygène et s'acidifie.

2.5 Sarclages répétés

L'alternance entre l'irrigation et la vidange de la rizière favorise le développement des adventices. La présence des mauvaises herbes influe sur le tallage. La pratique du sarclage répété est indispensable pour éliminer les mauvaises concurrentes des jeunes plants de riz. Le sarclage est donc un élément important dans la détermination de nombre de talles. Il permet aussi d'aérer le sol pour permettre aux racines des jeunes plants d'avoir accès à l'oxygène. L'oxygénation est indispensable pour éliminer la toxicité ferreuse provenant du sol. Les sarclages se font de manières précoces selon la technique SRI. Elles commencent après dix jours à partir du repiquage.

2.6 Calendrier cultural selon l'itinéraire technique SRI

Commentaire : le calendrier cultural en SRI explique les différentes étapes de l'itinéraire technique.

Ce second chapitre nous a permis de présenter l'itinéraire technique SRI avec ses principes fondamentaux ainsi que les différentes étapes de l'itinéraire : repiquage précoce de jeunes plants brin à brin et espacé, irrigation au minimum d'eau, sarclage répété. Le calendrier cultural selon l'itinéraire technique SRI a été présenté à la fin de ce chapitre. Le troisième chapitre de cette première partie nous permettra de présenter les techniques proches du SRI et ses adaptations.

CHAPITRE III : TECHNIQUE PROCHE ET ADAPTATIONS DU SRI 3.1 Système de Riziculture Améliorée (SRA)

Le SRA7 ou Système de Riziculture Améliorée a été vulgarisée dans les années 1960. Cette technique rizicole consiste à mettre en terre des plants de riz âgés de 30 jours et à leur assurer jusqu'à la moisson une rentrée d'eau suffisante. Il est réalisé dans des parcelles inondées, correspond à une pratique plus récente, a savoir le repiquage en ligne qui permet ensuite de travailler avec des outils de sarclage, l'emploi d'intrants et de pesticides.

L'utilisation des plants plus âgés réduit les contraintes liées à la maîtrise de l'eau car ils résistent beaucoup plus que les plants de 8 jours. Si la maîtrise de l'eau n'est pas assurée, les paysans optent pour la pratique du SRA. Par rapport au SRI, le SRA offre une souplesse dans le repiquage grâce à la marge de manoeuvre sur l'âge des plants à repiquer.

3.2 MAFF (principe de moindre action et de parcimonie)

Par rapport au principe du SRI, quelques adaptations ont été apportées tant au niveau de message pour convaincre le paysan qu'au niveau de l'itinéraire technique à la méthode MAFF.

Au niveau de message, la méthode MAFF s'appuie sur trois principes : Le déterminant immédiat, c'est l'économie des semences dégagées par l'adoption de la pratique. Le principe de moindre action et de parcimonie tient à privilégier l'investissement minimum pour que le paysan s'intéresse à la stratégie à court terme. L'augmentation de la récolte n'intervient que dans 6 mois tandis que l'économie de semence intervient dès que le paysan adopte le MAFF.

Au niveau de l'itinéraire technique, les adaptations apportées par le MAFF permettent de rendre souple l'itinéraire technique SRI tant au niveau de la durée de la pépinière que l'âge de jeunes plants à repiquer. La densité de plants est variable (8-16 plants / m2) par rapport à la méthode de repiquage traditionnel. Le MAFF préconise le repiquage de plants de 14 à 20 jours au lieu de vieux plants. Le repiquage doit intervenir dans une heure après l'arrachage.

La diffusion de la technique s'appuie sur des moyens de communication simple et peu coûteux (émission radio, foires, visites d'échanges).

7 Système de Riziculture Améliorée

La formation technique préconise l'utilisation des outils pédagogiques simples. La formation pratique est accompagnée par des techniciens permanents pour résoudre le problème de suivi et d'encadrement des pratiquants.

3.3 SRI Semis Germoir Biodégradable

Une découverte récente a été mise au point depuis quelques années par la société SARLU F.F.F (Élevage, Agriculture, Transformation) pour faciliter la manipulation des jeunes plants lors du repiquage en SRI. La nouvelle technique s'appuie sur l'utilisation des germoirs biodégradables.

Au lieu de mettre en place des pépinières sèches, les germoirs biodégradables proposent de semer directement sur les germoirs au lieu de semer sur une surface des pépinières sèches.

Les avantages procurés par cette nouvelle technique par rapport au SRI classique sont nombreux. Elle permet de faire une économie de fertilisant agricole du fait que les fertilisants sont bien localisés dans un pot individualisé. Du point environnemental, le germoir se dégrade après deux semaines de mise en terre. La promotion de cette nouvelle technique permet de recycler le vieux papier journal. Par rapport au SRI classique, le SRI biodégradable permet d'abord de réduire encore la quantité de semence et de retarder le repiquage jusqu' à 20 jours et le taux de germination peut atteindre jusqu'à 120 talles. Du point de vue agronomique, elle permet d'éviter le traumatisme de la plantule lors de repiquage.

Les essais réalisés à Alaotra, Marovoay, Analamanga, Bongolava et Vakinankaratra ont permis d'obtenir des résultats satisfaisants.

Malgré les avantages sus- mentionnés, la technique connaît aussi des limites. D'après les expériences menées par le MAEP, il a été constaté que les contraintes de cette nouvelle technique résident au niveau de la mise en place de la pépinière. Pour une superficie de 1ha de rizière, il en faudra 90.000 pots. La place nécessaire pour installer la pépinière en SRI Germoir est nettement plus importante que la pépinière inondée traditionnelle (environ 4 ares pour un 1hectare).

Le transport de pots vers les rizières aussi reste parmi les contraintes évoquées par les paysans qui ont adopté cette technique. L'engrais localisé à l'intérieur des pots lors de la préparation de la pépinière ne suffise que pour assurer la croissance des plants de riz jusqu'à la récolte. L'amendement par la fumure de fonds est toujours recommandé pour assurer la croissance de plants de riz jusqu'à la moisson.

Cette nouvelle innovation a fait l'objet d'une déposition légale auprès de L'OMAPI.

Ainsi, se termine la première partie qui parle des éléments essentiels de l'historique du système de riziculture intensive, c'est-à-dire les éléments qui conduisent à la mise au point de la découverte. Elle présente aussi les principes de base l'itinéraire technique SRI ainsi que l'adaptation de la technique.

Ce dernier chapitre nous a permis de présenter le SRA, MAFF et le SRI germoir biodégradable. Ces trois techniques se rapprochent du SRI tandis que le MAFF et le SRI germoir biodégradable sont les adaptations du SRI afin de surmonter les contraintes relatives à l'adoption de la technique. La deuxième partie sera consacrée au diagnostic du SRI qui nous permettra de présenter sous l'analyse FFOM8, les forces, les faiblesses, les opportunités, et les menaces liées à l'adoption du système de riziculture intensive.

8 FFOM : Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces

DEUXIEME PARTIE : DIAGNOSTIC DU SYSTEME DE
RIZICULTURE INTENSIVE

Ce travail s'inscrit dans l'analyse de l'échec et de la diffusion du Système de Riziculture Intensive à Madagascar. Afin de comprendre les causes de l'échec de la diffusion de la technique, il nous semble important de faire le diagnostic de la technique à travers l'analyse FFOM.

Nous allons faire l'inventaire des principales forces et faiblesses de la technique et de recadrer le contexte dans lequel elle évolue pour identifier les opportunités et les menaces liées à la diffusion de la technique SRI.

Le principe de la méthode consiste à découper l'information relative à la technique en facteurs internes et externes, puis en facteurs positifs et négatifs.

Les facteurs internes regroupent les avantages procurés par l'adoption de la technique et les difficultés rencontrées tandis que les facteurs externes désignent les opportunités et les menaces liées à l'environnement.

Cette deuxième partie sera consacrée au diagnostic du SRI à travers lequel sera identifié et regroupé sous quatre catégories les forces, les faiblesses, les opportunités ainsi que les menaces liées à la diffusion de la technique.

CHAPITRE I : FORCES

1.1 Augmentation de la productivité rizicole grâce l'adoption du SRI

La riziculture traditionnelle n'offre qu'un rendement modeste, qui ne dépasse le 2, 5 tonnes à l'hectare. L'itinéraire technique SRI a été mis au point afin d'augmenter le rendement dans le milieu paysannat traditionnel. La technique SRI permet de doubler et même tripler les rendements. L'utilisation des intrants coûteux (fertilisant chimique, semences améliorées) ne sont pas indispensables pour obtenir de bon rendement en SRI. Le système de riziculture intensive préconise un développement auto centré, car il cherche à valoriser les outils de production locale.

Tableau n° 2 : exemples des meilleurs rendements obtenus en SRI à Madagascar :

LOCALISATION

RENDEMENTS (tonne/ha)

Soatanàna - Fianarantsoa (2003)

24,0

Tsaranoro Ambalavao (1995)

23,4

Soatanàna - Fianarantsoa (1998)

21,0

Morondava (1999)

17,5

Ampampana - Fianarantsoa (1993)

17,5

Betafo- Antsirabe - (1998)

16,6

Ambano - Antsirabe - (1998)

15,2

Anjazafotsy - Betafo (1998)

15,2

Besaha-Betioky - Tuléar (1993)

15,0

 

Source : Manuel SRI, Association TEFY SAINA

Commentaire : Ces rendements ont été enregistrés durant les séminaires annuels organisés par l'association TEFY entre 1993 et 2003. La Région Haute Matsiatra détient le niveau de rendement le plus élevé par rapport à d'autres localités.

Tableau n° 3 : exemples des meilleurs rendements obtenus en SRI dans le monde

LOCALISATION

RENDEMENTS (tonne/ha)

Inde

20, 0

Chine

17,6

Sri Lanka

15,2

Cambodge

14,0

Indonésie

13,8

Philippines

13.5

Cuba

12,2

Bengladesh

9,5

Gambie

9.4

Népal

8,0

 

Source : Manuel SRI, Association TEFY SAINA

Commentaire : Ces rendements ont été obtenus grâce à la collaboration entre l'association TEFY SAINA et CIIFAD dans le cadre de la collaboration dans la vulgarisation de la technique au niveau mondial. Par rapport aux autres pays, le pays asiatique se trouve en pole position en termes de rendement grâce à la pratique du SRI.

1.2 Augmentation des revenus du producteur

La riziculture constitue la part la plus importante de revenus d'exploitation des ménages ruraux dans la plus grande partie des régions de Madagascar. Le paddy contribue le plus à la formation de revenus agricoles, viennent ensuite le manioc et les produits de rente. Les parts des tubercules, des céréales et des légumes sont moindres. L'augmentation des rendements rizicoles par l'adoption du SRI peut influencer positivement sur les revenus des ménages ruraux.

A part les avantages procurés par l'augmentation du rendement, l'itinéraire technique SRI, est associé à la culture de contre qui permet d'améliorer la gestion de la fertilité du sol et la diversification des revenus des producteurs. Après le riz, on assèche la rizière et on plante de légumes (pommes de terre, haricots, petits pois ;...) pour aérer le sol et assainir le sol. La pratique de la contre saison permet de réduire jusqu'à 50 % la main d'oeuvre relative à la préparation du sol dans la riziculture après.

Tableau n° 4: Part des produits agricoles dans les revenus annuels moyens des ménages ruraux.

Source

Montant (Fmg)

(%)

Riz

727 746

32

Maïs

44 330

2

Manioc

725 032

31

Pomme de terre

14 926

1

Patate

19 041

1

Arachide

24 483

1

Haricot

37 696

2

Productions de rente

551 288

24

Autres

159 269

7

Ensemble des récoltes

2 303 811

100

 

Source : Selon le cahier du Réseau des Observatoires Ruraux (ROR2002)

Commentaire : La riziculture contribue en pôle position dans la formation des revenus ruraux à Madagascar.

1.3 Rentabilité économique du SRI par rapport à d'autres techniques

Les résultats économiques obtenus ont permis de montrer les avantages du SRI par

rapport aux autres types des rizicultures. Le surplus de récolte permet suffisamment de couvrir largement l'investissement en temps de travail, cependant le revenus supplémentaires restent fragiles du fait qu'ils dépendent du prix du paddy sur le marché.

Tableau N° 5 : Comparaison dans les coûts de revient : SRT/SRA/SRI

Commentaire : à partir de la comparaison en termes de revenu dégagé par le producteur à partir de 3 systèmes de rizicultures (SRT, SRA, SRI) on peut en déduire que :

· Le rendement de paddy par Kg/ha en SRI est quatre fois supérieur par
rapport à la riziculture traditionnelle contre deux fois supérieures en SRA

· Le revenu dégagé par le producteur en pratiquant le SRI pour 1 hectare de rizière SRI est presque le triple du rendement obtenu par la riziculture traditionnelle.

· Le coût de revient du paddy par kilo en SRA est le moins élevé par rapport au SRT et SRI.

1.3.1 Économie des semences

L'itinéraire technique SRI permet de réaliser une économie par rapport à la riziculture traditionnelle. Le paysan peut éviter le gaspillage de semences grâce à la pratique du SRI. Le repiquage brin à brin espacé permet de réduire la quantité de semence. Un hectare de rizière ne nécessite que 6kg de semence en SRI alors qu'en système de riziculture traditionnelle cette surface requiert plus de 80 Kg. L'adoption de la technique SRI permet de réduire dix fois moins inférieures la consommation de semence.

Tableau n° 6 : Besoins en semences par rapport à la superficie

Quantité de semences

Superficie des pépinières

Superficie des rizières

1 kapoka

3 m2

300 m2 ou 3 ares

3 kapoka

10 m2

1 000 m2 ou 10 ares

6 kapoka

20 m2

2 000 m2 ou 20 ares

9 kapoka

30 m2

3 000 m2 ou 30 ares

15 kapoka

50 m2

5 000 m2 ou 50 ares

22,5 kapoka

75 m2

7 500 m2 ou 75 ares

30 kapoka

100 m2

10 000 m2 ou 100 ares ou 1 ha

 

(*) Un Kapoka pèse environ 200 g

Source : Manuel SRI, Association TEFY SAINA

1.3.2 Économie d'eau

La riziculture traditionnelle et améliorée, sont deux systèmes qui reposent sur une submersion permanente de la rizière. Elles nécessitent une rentrée d'eau suffisante jusqu'à la moisson. La submersion de la rizière a été pratiquée pour le deux types de riziculture afin de limiter la croissance de mauvaises herbes.

Le système de riziculture intensive constitue une option prometteuse pour la résolution des problèmes de disponibilité irrégulière et illimitée de l'eau destinée à l'irrigation. L'économie d'eau est possible en SRI grâce au principe de l'irrigation au minimum. Elle peut économiser jusqu'à 40% d'eau par rapport à la riziculture traditionnelle. Le maintien d'une lame d'eau au cours de la période végétative de la plante et la pratique de l'alternance d'assecs et d'irrigation permet de réduire considérablement la consommation d'eau en SRI. Avec l'adoption du SRI, on enregistre une baisse de la consommation d'eau comparée avec la riziculture de submersion.

1.4 Contribution de la technique à la protection de l'environnement

Le système de riziculture intensive est entièrement biologique et respecte

l'environnement. Il ne préconise pas l'utilisation d'intrants chimiques (engrais chimique, pesticides,...). L'adoption du SRI permet aux paysans d'échapper à l'endettement par l'achat d'intrants chimiques de plus en plus coûteux. Afin de gérer la fertilité du sol, la technique préconise une plus grande utilisation des engrais organiques, qui agit positivement sur l'environnement. Le recours à la fabrication du compost constitue une autre solution pour se procurer des fertilisants organiques.

1.5 Itinéraire technique souple et résistant aux cataclysmes naturels

Par rapport à la riziculture conventionnelle qui utilise en général de vieux plants de 30 à 45 jours, l'itinéraire technique SRI offre la possibilité de préparer une nouvelle pépinière au bout de 8 jours à 10 jours, en cas de sécheresse ou d'insuffisance d'eau. Dans la riziculture traditionnelle, il faut un mois et demi pour avoir des jeunes plants à repiquer dans les rizières victimes de la sécheresse. Cette souplesse constitue un des avantages qui permet aux riziculteurs de faire face aux conséquences du cataclysme naturel.

Le système de riziculture intensive permet d'augmenter le rendement aussi bien avec des variétés traditionnelles qu'avec des variétés améliorées.

Grâce au développement du tallage et du système racinaire, les plants SRI résistent aussi bien à l'inondation qu'à la sécheresse par rapport aux plants cultivés sous la riziculture traditionnelle.

1.6 Activités menées pour la diffusion du SRI

1.6.1 Activités menées par l'association TEFY SAINA

Au départ pour vulgariser la technique SRI, Henri de Laulanié et ses collaborateurs ont organisé des séminaires et des formations en cascade pour former les acteurs de développement rural. Après il revient à ces acteurs de vulgariser la technique auprès de leurs zones d'intervention respectives.

Afin de continuer la promotion de sa découverte, Henri de Laulanié a conseillé à ses proches collaborateurs de fonder une association laïque, d'où la naissance de TEFY SAINA "forger de l'esprit".

Après le décès du Père Henri de Laulanié, la promotion du SRI a été continuée par le membre de l'association TEFY SAINA (ATS).

Entre 1995 à 1998, l'A.T.S a établi un partenariat avec l'université de Cornell International Institute for Food, Agriculture and Développement» (C.I.I.F.A.D.) d'Ithaca, New York pour vulgariser le SRI dans la commune de RANOMAFANA.

D'autres catégories d'acteurs constitués par les organisations caritatives (CRS, ADRA, FEKRITAMA...) qui ont bénéficié des formations des formateurs, dispensées par l'ATS ont intervenu aussi plus tard, dans la diffusion du SRI à Madagascar:

1.6.2 Mise en place récemment du Groupement SRI Madagascar

Depuis la découverte de la technique SRI, de nombreux efforts ont été entrepris pour promouvoir la technique, cependant aucune coordination n'a été constatée. Les acteurs SRI agissent isolément.

Au mois de juin 2008, Le MAEP et les acteurs SRI ont envisagé d'organiser un sommet africain sur le SRI, mais la faible adoption de la technique à Madagascar a conduit le MAEP et les acteurs SRI à changer d'orientation vers la vulgarisation de la technique en premier lieu avant l'organisation d'un sommet international.

En octobre 2008, pendant l'atelier de deux jours sur la promotion du SRI qu'a été née l'idée de l'importance de la mise en place du groupement des acteurs SRI. Une réunion constitutive du groupement a eu lieu en décembre 2008.

Le Groupement SRI regroupe actuellement une vingtaine d'acteurs (WWF, CARE, CRS, ADRA, ...). Il travaille en étroite collaboration avec des partenaires techniques et financiers nationaux et internationaux (FOFIFA, MAEP, Better U fondation, JICA,)

Le Groupement est doté d'un Secrétariat permanent qui travaille en étroite collaboration avec le Ministère de tutelle MAEP, les partenaires techniques et financiers. Il a été chargé de réaliser les attributions suivantes :

· Coordonner les activités sur la promotion du SRI à l'échelle nationale qu'au niveau régional.

· Organiser des réunions périodiques avec les membres afin de favoriser les discussions, les partages et les échanges entre les acteurs SRI.

· Mettre en place une base de données sur les activités SRI à Madagascar à travers le site Web du Groupement.

· Mettre en place un système d'information/communication SRI.

1.6.3 Activités menées pour diffuser le SRI dans le monde

La diffusion du SRI à l'extérieur de Madagascar a commencé dans le début de l'année 2000. Elle a été rendue possible grâce à la collaboration entre l'association TEFY SAINA et CIIFAD/Cornell Université. La promotion du SRI a ciblé, les pays asiatiques (Chine, Cambodge...), les pays africains (Gambie, Sierra Léone...), et le pays d'Amérique latine (Pérou, et le Cuba...).

En Avril 2002, Une Conférence Internationale sur le SRI a eu lieu en Chine, à Sanya dans l'Ile de Hai-nan avec la participation de 19 pays, Madagascar a été représenté par 6 participants venant de l'ESSA, de FOFIFA, de CRS-Madagascar et de l'association TEFY SAINA.

Après cette conférence, la Chine a organisé au début du mois de Mars 2003, un Atelier National sur le SRI à Hangzhou. Avec l'appui ROTARY-CLUB de Lille Est et la collaboration avec l'UFR de journalisme de l'Université d'Antananarivo, l'ATS a mis en place le web de l'Association TEFY SAINA.

Ce premier chapitre nous a permis d'identifier les forces de la technique SRI. Les forces de la technique contribuent entre autres : à l'augmentation de la productivité rizicole grâce à l'adoption de la technique, à une diminution de la quantité de semences utilisées, à une économie d'eau. Le prochain chapitre va aborder les faiblesses de la technique

CHAPITRE II : FAIBLESSES

2.1 Contraintes techniques

2.1.1 Maîtrise de l'eau sur les grands périmètres

A part les contraintes liées à la gestion des infrastructures hydro agricoles, la maîtrise

de l'eau à l'intérieur d'un périmètre est indispensable aussi surtout dans le grand périmètre où l'on pratique le SRI. Par rapport au petit périmètre, les travaux relatifs au planage sont difficiles à réaliser à cause de la taille de la rizière particulièrement pour les grands périmètres. La solution possible, c'est de morceler la rizière en plusieurs parcelles, pour permettre une bonne maîtrise de l'eau à l'intérieur du périmètre. Par contre cette division de la parcelle entraîne une perte considérable au niveau de la superficie rizicole (estimée à 10 % par rapport à la superficie totale pour un hectare de rizière).

2.1.2 Surcroît du travail lié à l'adoption de l'itinéraire technique SRI
Moser et Barret ont fait remarquer que le SRI est plus exigeant en travail : de 38 et 54%

de travail supplémentaire par rapport à la riziculture traditionnelle, 62% du travail supplémentaire étant consacré au sarclage, et 17% au repiquage. Le repiquage de jeunes plants en SRI demande beaucoup de temps et de soins, par rapport au repiquage en foule. Le temps de planage supplémentaire occasionné par le SRI est estimé à 150 h/ha, et le temps de repiquage supplémentaire occasionné par le SRI est estimé à 91 h/ha.

L'irrigation au minimum demande une surveillance plus assidue, une organisation particulière dans le cadre d'une rizière en terrasse. Pour pouvoir vider et irriguer la rizière, il faut une bonne entente avec les propriétaires des rizières en amont et en aval. Le surcroît de travail dans la pratique de la riziculture intensive intervient pendant la période de soudure durant laquelle le nombre de repas quotidien diminue et influe sur la possibilité de pratiquer l'intensification du travail.

2.1.3 Disponibilité de la main d'oeuvre

Le calendrier cultural serré et le surcroît de travail lié à l'intensification obligent les

producteurs à recourir à la main d'oeuvre extérieure. La quantité de la main d'oeuvre rurale disponible à Madagascar varie d'une localité à une autre.

La recherche de revenu monétaire a une conséquence sur la disponibilité de main d'oeuvre nécessaire à la pratique de l'intensification.

La pénurie de main d'oeuvre commence à se ressentir dans le milieu rural à Madagascar
à cause de la migration et le développement des activités extra agricoles, seuls les

agriculteurs les plus pauvres qui vendent leurs forces de travail en surplus sur place pendant la période de soudure.

2.2 Contraintes économiques

2.2.1 Insuffisance saisonnière de liquidités

Les sources de revenu monétaire des producteurs constituent un facteur clé dans l'adoption du SRI. La plupart des ménages ruraux rencontrent des difficultés financières tout au long de l'année, cependant disposer un capital supplémentaire est indispensable dans la mise en oeuvre d'un processus d'intensification agricole qui requiert plus de revenus par rapport au mode de production habituelle. La majorité de la population rurale vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le revenu agricole moyen annuel oscille entre 180.000 et 480.000 Ariary. Les grands exploitants qui disposent du capital suffisant sont intéressés par l'intensification agricole.

2.2.2 Coût d'opportunité lié à l'affectation de la main d'oeuvre

Par rapport à la riziculture traditionnelle, l'intensification par l'adoption du système de riziculture intensive requiert du temps de travail supplémentaire. Ce temps supplémentaire est estimé à 273 jours en SRI contre 160 jours en riziculture traditionnelle.

La notion de coût d'opportunité tient une place importante dans la poursuite des objectifs d'une unité de production rurale. L'affectation de la main d'oeuvre dans une branche d'activité donnée fait l'objet d'un arbitrage. La dichotomie entre la riziculture et les cultures vivrières conduisent à une gestion difficile du calendrier de travail durant la période de soudure9. Il faut procéder à un arbitrage entre l'intensification et la pluriactivité qui permet d'assurer à la fois le revenu monétaire et l'autoconsommation. Pour affecter la main d'oeuvre familiale, l'exploitant effectue une évaluation des gains procurés par l'affectation et le coût d'opportunité de l'affectation face à d'autres activités. Le coût d'opportunité entre le gain immédiat et le gain futur conditionne l'affectation de la main d'oeuvre dans l'intensification.

La grande vulnérabilité de petits producteurs tend à ne pas accepter toute proposition technique coûteuse financièrement et en terme de main d'oeuvre. Les producteurs adoptent facilement les techniques culturales qui tendent à diminuer le temps de travail.

9 La période de soudure c'est la période qui se situe entre le début des travaux rizicoles et la moisson. Généralement la période de soudure corresponde à la période de consommation réduite

2.2.3 Coût d'opportunité des activités extra- agricoles

« L'agriculture n'est plus l'activité maîtresse quasi-exclusive de l'espace et de la société

rurale » (PISANI, 199410). La subsistance englobe l'ensemble des moyens et des activités employés par des ménages pour subvenir aux besoins élémentaires de leurs membres. En dehors de l'activité agricole les ménages ruraux pratiquent d'autres activités (artisanat, migrations saisonnières,). Les activités extra agricoles fournissent des revenus supplémentaires aux producteurs. La contradiction au sein du système de production domestique se situe à la fois entre l'exploitation agricole et la recherche de revenus extérieurs indispensables à l'ensemble de la survie de l'exploitant, ce qui réduit le processus d'intensification. Donc cette recherche de revenu monétaire a une conséquence sur la disponibilité de main d'oeuvre nécessaire à la pratique de l'intensification.

Les opportunités extra agricoles présentent des avantages pour le paysan du fait que la production rizicole est destinée à assurer l'auto- consommation seulement. Les activités extra agricoles sont très rémunératrices et procurent des revenus immédiats avec une forte productivité du facteur travail.

2.3 Contraintes socio- organisationnelles liées à la diffusion de la technique

2.3.1 Importance du suivi et accompagnement des pratiquants SRI

Les riziculteurs ont besoin de plusieurs années de pratique pour maîtrise la technique.

Le suivi et l'accompagnement constituent un des facteurs importants pour l'adoption du SRI. La technique SRI, à cause de ses principes nécessite des adaptations suivant les contraintes rencontrées dans les différentes Régions. L'itinéraire SRI comprend des difficultés qui nécessitent l'appui des techniciens permanents pour accompagner les nouveaux adoptants. L'absence du suivi et accompagnement permanent des pratiquants augmente le taux d'abandon du fait que les paysans ne sont pas en mesure de trouver des solutions adaptées aux contraintes rencontrées.

2.3.2 Absence de coordination entre les acteurs dans la diffusion du SRI Différents acteurs SRI travaillent isolement pour la promotion de la technique, depuis

des années à Madagascar, sans que les limites entre ces approches soient aussi claires sur le terrain.

Le Ministère tutelle (MAEP) ne dispose d'une réelle stratégie, d'un système de collecte et d'enregistrement des données sur les résultats obtenus par rapport à la promotion du SRI à Madagascar.

10 .PISANI, E; Pour une agriculture marchande et ménagère, Territoires et sociétés, p 119, 1994

2.3.3 Absence de système d'enregistrement des données SRI

La recherche d'informations sur le SRI a montré l'absence d'un système d'enregistrement des données sur la technique. Les études conjointes effectuées à partir du colloque sur la pauvreté en 2007, ont montré que moins de 0.25 % de la surface rizicole à Madagascar est cultivée selon la méthode SRI. L'absence d'une base de données fiables sur la technique rend indispensable, la mise en oeuvre d'un travail de capitalisation sur les activités menées dans le cadre de la promotion de la technique à Madagascar. Le travail de capitalisation est nécessaire pour recenser (les acteurs SRI, les pratiques, les approches, les contraintes rencontrées et les solutions adoptées) afin de mettre en place une base de données pour servir d'un référentiel pour les acteurs SRI. La collecte d'information SRI, à partir d'une fiche commune permet d'établir une base de données sur la technique.

2.4 Cause du retard de la diffusion du SRI à Madagascar

2.4.1 L'origine de la découverte

Dans un pays en développement en général, les Centres de Recherche et de Vulgarisation sont chargés d'effectuer des recherches en matière de développement agricole. Le système de riziculture intensive a été découvert par un ingénieur agronome français qui ne fait parti ni des centres de recherches comme le FOFIFA ni des institutions d'assistance techniques locales et étrangères à Madagascar, en conséquence, la découverte n'a pas été validée par ces différentes institutions. Jusqu'à sa mort le Père Henri de Laulanié a battu auprès des ces institutions pour valider ses travaux. Sur le plan national, la vulgarisation de la riziculture améliorée (SRA) à partir des travaux de Monsieur Guillain au début des années 1960 constitue un obstacle pour la diffusion du SRI au niveau des bailleurs de fonds comme les services de coopération qui ont beaucoup investi sur cette nouvelle technique. La riziculture améliorée préconise l'utilisation des engrais, des herbicides, ainsi que le semis en ligne ainsi que l'introduction du sarclage mécanique.

2.4.2 Dépendance du Ministère vis-à-vis des bailleurs de fonds et assistantes techniques étrangères

Au départ, la découverte du SRI ne suscite pas l'enthousiasme tant au niveau du Ministère tutelle qu'au niveau des Bailleurs de fonds. Aucun financement n'a été octroyé pour diffuser la découverte, du fait que le Ministère de l'Agriculture a dépensé beaucoup de budget sur la promotion de la riziculture améliorée (SRA).

Il serait difficile pour le Ministère de l'agriculture et l'assistance technique étrangère de changer de direction immédiatement et de soutenir brusquement le SRI.

La promotion de la riziculture améliorée préconise l'utilisation des engrais chimiques, herbicides et pesticides tandis que l'itinéraire SRI ne nécessite plus le recours aux engrais chimiques et autres intrants importés, donc la diffusion de la technique ont des effets sur la commercialisation des ces intrants à Madagascar.

2.5 Contraintes socio- culturelles

2.5.1 Changement au niveau des habitudes de travail

Par rapport à la riziculture traditionnelle, des modifications interviennent suite à

l'adoption du SRI. Certains producteurs demeurent sceptiques et perçoivent les pratiques du SRI comme relativement difficiles par rapport aux pratiques culturales classiques du riz.

La pratique du SRI demande la mise en oeuvre des plusieurs pratiques spécifiques. La pépinière sèche demande plus soins et de préparation par rapport à la pépinière inondée. Le respect de l'âge des plants au repiquage implique une préparation préalable de la rizière. Les repiquages échelonnés nécessitent la mise en place de plusieurs pépinières. L'itinéraire SRI exige donc une gestion rigoureuse de temps de travail de paysan pour pouvoir respecter à la fois l'itinéraire et faire face au surcroît de travail.

2.5.2 Risques accompagnant l'adoption d'une innovation culturale

Afin de mesurer l'ampleur du risque qui accompagne l'adoption d'une innovation, le

producteur évalue le coût global d'une innovation en termes d'investissement en intrants qu'en équipements. Le paysan prend en considération cette notion de risque couru avant d'entreprendre ou d'investir. L'adoption d'une innovation exige des dépenses en intrants ou des consommations intermédiaires comme les engrais. Psychologiquement avec la notion du risque couru, l'engrais disparaît au cours d'une seule campagne seulement, tandis que l'utilisation des équipements s'étale sur plusieurs exercices. En général le producteur peut être attiré par une proposition d'innovation qui présente de risque sensible et impliquant des dépenses conséquentes en capital fixe qui s'étalent sur plusieurs campagnes.

2.5.3 Résistance au changement

Les changements importants qui s'opèrent sur le milieu rural ne motivent pas

facilement les paysans. Le processus de changement suppose qu'ils voient clairement les opportunités et la nécessité d'adopter une nouvelle technique.

Il est donc légitime que les paysans résistent au changement face à de nouvelles
techniques. On croit trouver des explications simples selon lesquelles, le paysan reste
routinier, leur mentalité n'évolue qu'au rythme des générations successives, malgré les

opportunités offertes par l'intensification agricole, les producteurs sont rationnels dans leurs propres stratégies. « Il faut au minimum 10 ans, au mieux 20 ans, pour qu'une culture nouvelle, une variété nouvelle, une méthode nouvelle de culture puissent être considérées comme ayant fait leurs preuves » (Henri de LAULANIE 200311)

La riziculture traditionnelle semble relativement moins complexe par rapport au SRI. La mise en oeuvre de la technique est à la fois coûteuse par rapport à la riziculture traditionnelle et accompagnée par des risques.

« L'environnement de la production agricole à Madagascar est caractérisé par l'existence d'une potentiel de risque élevé du notamment à la fréquence des cyclones, des sécheresses, des inondations, et des maladies phytosanitaires » (INSTAT 2003)12 qui peuvent être de différents types (commercial, financier, climatique..).

Face à ces contraintes les paysans optent pour un arbitrage entre le gain des revenus monétaires dans l'immédiat et les rendements futurs qui dépendent encore d'autres facteurs non maîtrisables (aléas climatiques, commercialisation).

En effet, la pratique agricole extensive a été réalisée par les paysans qui ne disposent pas d'un capital technique suffisant pour atteindre le niveau de production souhaité. C'est à travers l'accroissement de la superficie cultivée que les producteurs tentent de compenser le rendement qu'ils ne peuvent pas obtenir par le biais de l'intensification considérée coûteuse en termes de capital et de main d'oeuvre.

2.5.4 Maintien des statuts sociaux au sein d'une communauté

L'innovation risque de déstabiliser les rapports sociaux dans une société donnée. Souvent on se préoccupe rarement des traces laissées par les ONGs surtout leurs impacts sur l'environnement communautaire. D'autres facteurs interviennent pour empêcher les changements, il s'agit des expériences non réussies laissées par les projets et les ONGs, abandonnées par leurs promoteurs pour des raisons que la communauté ne comprend pas. Ces échecs affectent l'organisation interne de la communauté et créent ensuite un climat de méfiance vis-à-vis de nouveaux intervenants. Il faut remarquer aussi que les zones d'intervention sont rarement vierges d'actions antérieures.

11 Henri de LAULANIE, Le Riz à Madagascar, un développement en dialogue avec les paysans, édition Karthala, 38 pages, 2003

12 INSTAT, Agriculture, pauvreté rurale et politique économiques, 107pages, 2003

2.5.5 Logiques des acteurs locaux et stratégies paysannes 2.5.5.1 Stratégies en fonction de la taille de l'exploitation

« Une stratégie paysanne traduit le comportement économique d'un agent qui ajuste à des contraintes comme la disponibilité en facteur de production, la gestion du risque et à des opportunités de milieu ou de marché qui l'incitent à se spécialiser ou à diversifier ses activités (RAKOTO-RAMIARANTSOA Hervé, 1995)13

La stratégie paysanne varie en fonction de la situation socio-économique de chaque ménage. On peut classer les ménages ruraux en trois catégories distinctes : micro producteurs en situation précaire, producteurs semi spécialisés, producteurs spécialisés

Les micros producteurs en situation précaire ne disposent que des moyens financiers très limités surtout en termes de capital, facteurs de production. La taille de l'exploitation rizicole de cette typologie de ménage reste en dessous d'un hectare, avec un rendement très bas qui se situe entre 0.8 et 1,2 tonne de paddy par hectare. Les ménages en situation précaire optent souvent pour une stratégie de diversification de leurs activités (activités extra- agricoles et agriculture)

La deuxième catégorie de ménage correspond au micro producteur qui cherche à maintenir une certaine autosuffisance en riz. Ils produisent du riz pour couvrir leur besoin de consommation propre. Ces ménages qui se trouvent dans cette catégorie diversifient leurs productions vivrières afin de tirer des revenus supplémentaires en sus des revenus qu'ils puissent gagner de la vente du riz. Ce type de stratégie privilégie la gestion du risque par la diversification des activités.

La troisième catégorie des ménages développe des stratégies plus agressives que les deux autres. Les producteurs semi spécialisés disposent des potentiels sur le plan technique et économique pour intensifier ses activités agricoles. Les ménages constituant cette catégorie disposent à la fois des superficies rizicoles et des moyens de production plus conséquents que les deux catégories susmentionnées. Le niveau d'équipement et la taille de l'exploitation permettent à ces ménages d'obtenir beaucoup

13 Hervé Rakoto-RAMIARANTSOA, 1995 - Chair de la Terre, oeil de l'eau ... paysanneries et Recompositions de campagne en Imerina (Madagascar) - Editions ORSTOM, Collection « à travers champs », 1995, 93 pages

plus de rendement. Les rendements supérieurs réalisés par ces ménages leur permettent d'assurer l'autosuffisance et de tirer profit des revenus de la vente du surplus de production.

2.5.5.2 Intensifier et limiter les risques

Avant d'adopter une nouvelle technique culturale comme la riziculture intensive, le

paysan souhaite minimiser les risques d'ordre financier et économique à court terme. La notion de risque est souvent difficile à évaluer et à prévoir pour la production, c'est pourquoi le recours au capital a été longtemps banni par le paysan.

Pour augmenter la production et éviter l'endettement, le paysan recourt souvent à l'extensification quand les terres sont abondantes.

La notion de compétitivité économique ne constitue pas le premier souci des paysans. Dans la plupart des cas le paysan applique la technique moins intensive impliquant des risques financiers et monétaire moindres. Le paysan ne se harde pas à exploiter totalement leur potentiel productif.

2.5.5.3 Stratégies de contournement des risques

Le comportement du paysan ne se détermine pas au hasard. Les comportements des

paysans obéissent à des logiques. La logique paysanne est influencée par l'environnement interne et externe du système de production. Face au risque climatique, la stratégie paysanne a un caractère anti-aléatoire qui se manifeste par la réticence à des voies d'intensification dans le cas où le marché n'est pas suffisamment sécurisé. Les paysans préfèrent repousser tardivement l'intensification tant qu'ils peuvent pratiquer l'extensification.

2.5.5.4 Arbitrage entre le court et le long terme

Les propositions techniques n'intéressent pas nécessairement les producteurs. La

technique qui intéresse le paysan est celle qui répond d'abord aux problèmes immédiats. Il existe de contradiction apparente dans le temps entre l'objectif de production à court terme et à long terme. Dans ce cas, le court terme constitue un enjeu immédiat et vital pour le paysan. Dans la plupart des cas il privilégie le court terme par rapport au moyen et long terme. Certaine action de développement ne permet de concilier l'intérêt de court et celui du long terme. Les problèmes de maintien de la fertilité du sol et la lutte contre l'érosion apparaissent comme importants pour les agronomes cependant moins importants pour les producteurs.

2.5.5.5 Justification du maintien du système de production domestique

En général, les paysans changent de système de production quand les conditions leur permettent de le faire. Les paysans n'adoptent pas les techniques d'intensification dans la mesure où ils existent des solutions qui leur permettent de satisfaire les objectifs de production qu'ils se fixent. Le maintien du système de production domestique est justifié du fait que le paysan ne dispose que de faible surface (taille de l'exploitation modeste) pour assurer l'autosubsistance, les ménages tendent à minimiser les dépenses monétaires, le recours à une force de travail extérieure est à éviter, en conséquence il n' y aura pas de surplus disponible ou s'il y en a il suffit d'une mauvaise année de récolte pour redresser la situation de l'exploitant.

Ce chapitre nous a permis d'identifier les principales faiblesses liées à l'adoption de technique SRI : du point de vu technique, économiques, et sociaux culturelles. Le chapitre suivant traitera des opportunités liées à la promotion de la technique comme la satisfaction de la demande locale et exportation vers d'autres marchés ;...

CHAPITRE III : OPPORTUNITES

3.1 Satisfaire la demande domestique

Le riz est l'alimentation de base de la population malagasy. Il conserve une valeur symbolique très forte qui limite la portée des produits de substitution. Le niveau de la production rizicole à Madagascar ne couvre plus la demande domestique depuis une vingtaine d'année. Avec une croissance démographique de 3% par an et l'urbanisation naissante, la production s'avère insuffisante. La croissance de la population urbaine au détriment de celle rurale induit une monétarisation de plus en plus conséquente du marché des produits vivriers. La demande augmente en volume à raison de 4,5% par an. La demande alimentaire urbaine est évaluée à 2530 milliards de Fmg en 1999 avec une croissance annuelle de 140 milliards par an jusqu'en 2010. Autrement dit, le marché local est en constante augmentation. Pour compenser en partie ce déficit, Madagascar importe près de 10 % des besoins nationaux chaque année. Une large diffusion du SRI permet de réduire l'importation. La crise alimentaire constitue aussi une opportunité pour diffuser le SRI qui permet de doubler la productivité rizicole.

3.2 Existence d'un marché potentiel pour l'exportation

Madagascar dispose d'une quinzaine des grands bassins de production, qui devraient permettre au pays non seulement pour pouvoir satisfaire la demande intérieure, mais aussi pour parvenir à constituer le « grenier à riz de l'Océan Indien » voire même exporter dans l'Afrique subsaharienne.

Les cours du riz au niveau internationale devraient permettre au riz malgache de redevenir compétitif à l'exportation. Les marchés du COMESA et de la COI sont approvisionnés par les pays asiatiques, cependant Madagascar dispose d'une position géographique favorable par rapport aux pays asiatiques.

Répondre à la demande de certaines niches de marché à haute valeur ajouté en faisant des efforts de qualité (riz biologique, riz rose, riz rouge) constitue des opportunités pour Madagascar.

3.2.1 Exportation des trois variétés de riz vers le marché italiens

Grâce à l'appui de la société Rogers IDS et L'ONG italienne GDS, la Coopérative Koloharena peut exporter deux variétés de riz endémiques de Madagascar dont Rojomena et le Makalioka vers l'Italie. L'exportation vers le marché italien permet aux membres de la coopérative de vendre jusqu'à 4 euros (prix FOB) le kilo de notre riz, un prix très rémunérateur par rapport au prix sur le marché local.

3.2.2 Exportation de riz rose dur le marché américain

La collaboration entre la coopérative Koloharena et la société américaine Lotus Food, collectionneuse de variétés de riz dans le monde, ont permis à la coopérative d'exporter 28 tonnes de riz rose vers le marché américain pour l'année 2008. La variété riz rose est connue sous le non de Varin' i Dista, il s'agit d'une variété issue du croisement entre le Makalioka et le Rojomena.

Le riz exporté est produit sous la charte Bio, dont la certification a été obtenue grâce à la collaboration entre ECOCERT et Lions Club Amparafaravola. Afin de pérenniser cette opportunité, une assistance rapprochée a été fournie aux membres de la coopératives tout au long de la production jusqu'au conditionnement à travers l'élaboration et la distribution d'un manuel.

Lotus Food a déjà déclaré son intention de poursuivre la collaboration avec un triplement de la quantité à produire (120T).

3.3 Conditions agro écologiques favorables à la riziculture

Madagascar jouit de hautes potentialités agro écologiques exceptionnelles permettant une grande diversité de production végétale, tropicale et tempérée. La diversité géographique et climatique du pays conduit à des formes de riziculture très diverses parmi lesquelles on distingue le riz irrigué, le riz de décrue et le riz pluvial.

Une quinzaine de grands bassins de production rizicole constituent des véritables greniers et doivent pouvoir amener le pays à occuper une place au niveau régional. Madagascar est le deuxième pays d'Afrique subsaharienne en termes de superficie irriguée : un million d'hectares soit, 30 % des terres agricoles, 23 % des superficies rizicoles dispose d'une bonne maîtrise d'eau permettant la pratique de la technique.

3.4 Développement de la microfinance

Les banques commerciales sont quasiment inaccessibles pour la population rurale. Les institutions de microfinance interviennent comme une solution alternative face à la rigidité du système bancaire. Le développement des IMFs permet d'intégrer quelques catégories d'agents économiques délaissés par les banques. La microfinance constitue un puissant instrument dans la lutte pour la réduction de la pauvreté par sa proximité géographique avec le monde rural, par la mise en place des caisses en milieu rural et aussi du déplacement des agents techniques venant du siège auprès des populations. Les IMFs ont amélioré leur taux de pénétration, qui est passé de 0.5 % à 5 % en quinze ans.

Les institutions de microfinance s'installent dans de nombreuses Régions de la grande île et proposent une palette des crédits diversifiés :

· Le crédit de production (finance les dépenses de culture, main d'oeuvre, semences, engrais, ...)

· Leasing (permet l'acquisition de petit matériel agricole)

· Crédit- stockage

· Crédit de dépannage (crédit à très court terme)

· Les crédits commerciaux (destiné aux coopératives pour l'approvisionnement en intrants)

Le présent chapitre nous a permis d'identifier les principaux facteurs favorables à la promotion de la technique SRI, le chapitre suivant sera réservé à l'identification des facteurs qui peuvent constituer des menaces pour la promotion de la technique SRI.

CHAPITRE IV : MENACES

4.1 Concurrence entre la production locale et le riz importé

Le prix des céréales sur le marché mondial est relativement faible du fait des subventions octroyées par les pays développés à leurs agriculteurs. Sans la protection tarifaire, le riz malgache n'est pas compétitif. Le régime de taxation est toujours en perpétuel changement afin d'assurer un certain niveau de prix aux producteurs locaux. La taxe d'importation s'élève à 30% en 1991 puis réduit à 10% en 1995 et actuellement un niveau de 35 %. Les gouvernements dans le pays en développement profitent de cette opportunité pour s'approvisionner sur les marchés mondiaux afin de satisfaire le besoin des citadins au détriment des agriculteurs locaux. L'importation de riz, avec des mesures arbitraires par l'administration, provoque un effet d'éviction sur le développement de la filière. Le bas prix pratiqué sur le riz importé entraîne un glissement de la demande vers de riz importé et une stagnation du prix de la production locale.

4.2 Effets pervers de l'aide alimentaire

Pour Madagascar, une grande partie des importations sont sous forme d'aide alimentaire venant principalement des États Unis et de l'Union Européenne et dont la quantité est relativement faible par rapport aux échanges mondiaux mais qui fait concurrence aux produits locaux.

L'effet pervers de cet aide alimentaire est ce qu'elle entraîne une transformation des habitudes alimentaires.

4.3 État défaillant des réseaux d'irrigation

Sur le plan socio organisationnel, l'exploitation et la gestion des réseaux hydro agricoles ont une dimension collective dont la capacité des associations des usagers de s'organiser et de s'autogérer n'est pas démontrée. Les difficultés résident au niveau de la mise en place de structure capable de gérer les réseaux hydro agricoles et de mobiliser les usagers dans les travaux d'entretien et de maintenance périodiques.

Les associations des usagers ne disposent pas des moyens financiers à consentir dans l'entretien et la maintenance des réseaux. Le défaut de provisions pour renouvellement ne permet pas aux associations de faire face aux grosses réparations occasionnées par l'impact des calamités naturelles (inondation, cyclone...).

L'amélioration de la gestion de l'eau constitue un facteur important pour accroître
l'adoption du SRI. La prise en compte de la maîtrise de l'eau constitue une condition
sine qua non pour la pratique de riziculture intensive, du fait qu'elle exige une gestion

méticuleuse d'une lame d'eau, afin de permettre une meilleure oxygénation des jeunes plants. Cette notion d'irrigation au minimum en SRI ne peut se réaliser sans la maîtrise de l'eau.

La recherche d'une entente réciproque entre exploitants ne semble pas être facile entre les pratiquants SRI et les paysans qui continuent de pratiquer encore le système de riziculture traditionnelle qui reste toujours majoritaire et difficile sur le plan socio organisationnel. L'insuffisance de la maîtrise de l'eau n'encourage pas les paysans à consentir des dépenses d'investissement dont ils ne sont pas sûrs de récupérer à partir de la récolte.

4.4 Ensablement des rizières

L'érosion provient directement de la destruction généralisée de la couverture végétale, en particulier celle de la forêt naturelle. La pression humaine excessive se traduit par des pratiques culturales et autres activités destructrices qui ont des conséquences sur la production rizicole à Madagascar. La pratique de la culture itinérante sur brûlis, la production illicite de charbon dans toutes les forêts, les feux de pâturage et feux sauvages restent parmi les facteurs qui favorisent le phénomène d'érosion. L'ensablement des rizières provient de l'action de l'intensité des ruissellements. Les sédiments transportés ne sont plus les éléments fertiles tels que les limons et les argiles mais également des sables grossiers.

L'ensablement des rizières constitue une menace pour la riziculture dans différentes zones rizicoles à Madagascar surtout dans le grenier rizicole comme Ambatondrazaka. Les rizières ensablées ne sont que rarement cultivables. L'ensablement entraîne en général des pertes importantes de surfaces rizicoles. Les pertes en terre par ensablement sont faibles tant que la végétation persiste. Dans le processus d'ensablement, il est important de noter que seules les rizières qui se trouvent juste en bas des pentes et celles qui sont proches des lits de rivières recevront la majorité des dépôts de sable.

4.5 Accès aux intrants et équipements agricoles 4.5.1 Engrais

La riziculture intensive requiert aussi l'utilisation de fertilisant et d'intrants14. Pour se
procurer des engrais, les paysans disposent deux possibilités : soit le fabriquer ou
l'acheter auprès du marché. La majorité de paysan ne maîtrise pas nécessairement la

14 Les intrants agricoles sont des produits qui entrent dans le processus de production et qui disparaissent au cours du processus. Il s'agit essentiellement des semences, des engrais organiques ou minéraux, des produits phytosanitaires comme les pesticides, fongicides, herbicides ou autres, ainsi que l'eau

technique relative à la fabrication du compost et ne trouve pas des éléments (fumier de parc) indispensables pour le fabriquer c'est pourquoi que l'approvisionnement sur le marché constitue une solution immédiate pour le paysan. Le coût relatif à la fabrication de compost tend à augmenter le coût de revient, surtout en termes de main d'oeuvre. La disponibilité de la biomasse constitue une contrainte pour la fabrication du compost.

L'approvisionnement en engrais sur le marché est souvent conditionné par le système de commercialisation en place et le degré d'enclavement des clients.

La consommation d'engrais par unité de surface pour la riziculture a été maximum dans les années 70. Cette consommation s'élève à 15 kg par hectare d'après le service du GOPR. Cette consommation a été possible grâce à l'encouragement de l'administration par le biais d'une subvention qui a été appliquée au niveau du prix des engrais. Depuis l'année 1960 jusqu'en 1975, c'est l'État qui fixe le prix des intrants agricoles dans le cadre d'une intensification agricole. Actuellement, la consommation d'engrais reste faible à Madagascar, les études menées par l'UPDR/MAEP ont permis d'estimer la consommation moyenne d'engrais à Madagascar. Cette consommation moyenne a été estimée à 8 kg/ha, contre 10 à 15 fois plus en Asie. La faible consommation s'explique par leurs coûts, la carence en termes de sensibilisation technique, ainsi que l'enclavement des zones de production qui ne facilite pas l'accès. Les fournisseurs d'intrants ne sont pas suffisamment décentralisés pour assurer l'approvisionnement des zones rurales à Madagascar. La possibilité d'utiliser des engrais dépend de la maîtrise de l'eau. Si la maîtrise de l'eau n'est pas assurée les paysans ne se hasardent pas à utiliser des engrais. La maîtrise de l'eau conditionne aussi l'utilisation des engrais.

4.5.2 Semences améliorées

La plupart des producteurs ne disposent pas de moyens financiers pour renouveler les semences qu'ils utilisent. Le vieillissement des semences conduit à une diminution du rendement obtenu. Malgré la participation des ONGs et des centres semenciers CMS, on constate que les centres de multiplication de semence existants à Madagascar ne parviennent pas à approvisionner les producteurs surtout les riziculteurs.

4.5.3 Équipements agricoles

Les exploitants agricoles à Madagascar sont sous-équipés et n'utilisent au plus que les petits matériels à traction animale, mis à part l'angady pour la plupart, peu d'exploitation mécanisée.

La pratique du SRI nécessite l'utilisation des petits équipements agricoles comme les
sarcleuses. Les travaux de sarclage constituent une grande partie de surcroît de travail

dans l'itinéraire SRI. L'accès de producteur aux outils de désherbage (sarcleuse) accroît la probabilité de l'adoption du SRI. L'utilisation de sarcleuse conique constitue une alternative pour réduire le temps de travail alloué au sarclage cependant le prix de la sarcleuse conique reste très élevé par rapport à la sarcleuse rotative classique. L'agriculture de subsistance ne permet pas de dégager des revenus pour l'acquisition des ces petits outillages agricoles. En général, la grande majorité des pratiquants SRI ne peut acheter que de sarcleuse rotative qu'il utilise au cours d'une seule campagne seulement. Les pratiquants SRI sont obligés à renouveler leurs sarcleuses pour chaque campagne à cause de la qualité.

4.6 Accès aux services de vulgarisation

En principe les services de vulgarisation constituent un maillon important destiné à appuyer la diffusion d'une innovation. Ils interviennent en tant que partenaires de relais pour assurer le transfert de technologie vers le milieu paysannat. Le constat montre que, les services de vulgarisation actuels ne sont pas en mesure d'informer les paysans sur les nouvelles techniques ainsi que d'assurer la formation, l'accompagnement, et le suivi de paysan pour l'adoption d'une nouvelle technologie.

Les structures au niveau des services de vulgarisation sont très lourdes pour faciliter la diffusion des nouvelles techniques culturales.

L'accès au service de vulgarisation est très faible pour les paysans malagasy. Le Ministère ne dispose plus des agents vulgarisateurs sur place avec l'arrêt du programme PNVA, qui a appuyé les paysans dans l'adoption des techniques culturales.

4.7 Accès aux marchés et infrastructures routières

Le manque d'accès aux marchés représente une autre contrainte majeure à l'amélioration du revenu des petits producteurs. Les producteurs ruraux ne disposent pas d'informations sur les débouchés commerciaux. Les coûts de transaction sont élevés en raison du mauvais état du réseau routier. Les coûts de transport élevés dues aux difficultés d'accès constituent des contraintes à la fois sur l'approvisionnement en intrants et à la mise sur le marché des excédents de production. Ce contexte défavorable tend à profiter aux intermédiaires commerciaux. Les paysans se contentent de produire uniquement pour l'autoconsommation au lieu de produire de surplus faute de possibilité d'évacuation. L'éloignement provoque aussi des impacts sur le prix qui est souvent peu rémunérateur.

4.8 Accès aux crédits

4.8.1 Accès au financement informel

Le financement informel s'est développé suite à l'exclusion de certains agents

économiques aux finances formelles comme les banques et les institutions de micro finance. La finance informelle se présente donc comme une alternative à l'exclusion du système financier formel. La majorité des familles rurales sont vulnérables, elles sont confrontées à des difficultés financières. Pour faire face à ces difficultés financières, la majorité des producteurs passe par les crédits informels. Les taux d'intérêt avoisinent les 200%.

4.8.2 Accès au financement formel

L'accès aux crédits reste encore un handicap pour financer l'activité rurale. L'accès au

service financier formel reste faible pour le milieu rural à Madagascar. L'enquête effectuée par le ROR15 en 2000 a montré que sur 23% (2014 sur 8848 ménages) des ménages ruraux enquêtés : 66 % des ménages se positionnent comme demandeurs de crédit, contre 34 % qui ne sollicitent pas, 56 % confirment que leurs besoins n'ont pas été satisfaits suite à une contrainte d'accès, alors que 16 % des ménages pensent que le taux d'intérêt constitue une contrainte.

Le taux d'intérêt et l'exigence de garanties empêchent l'accès des paysans au crédit. Les garanties remplissent trois fonctions au niveau du prêteur, elles réduisent à la fois le coût supporté par le prêteur en cas de défaut de paiement et l'aléa moral. Elles réduisent aussi le phénomène de sélection adverse en permettant aux prêteurs d'identifier les emprunteurs ayant la probabilité la plus forte de faire défaut.

L'exclusion financière pour l'activité agricole par les banques s'explique par le fait que, l'activité rurale en elle-même comporte des risques élevés, le coût de l'organisation de petit crédit, la taille de l'activité rurale, ainsi que les contraintes liées aux problèmes des impayés et des frais de recouvrement excessifs n'encouragent pas les banques à prêter aux petits producteurs.

4.9 Aléas climatiques

L'agriculture en général se présente comme une activité qui présente une entreprise à

haut risque. Pour Madagascar, plusieurs calamités naturelles (cyclone, sécheresses ;...) constituent des menaces permanentes pour les producteurs. Les petits exploitants sont confrontés à des risques affectant non seulement l'ensemble des activités économiques mais aussi la sécurité et la survie des ménages ruraux. L'existence d'un niveau élevé

15 Réseau des Observatoires Ruraux

d'incertitude et de risque affecte les performances de production et le comportement des producteurs. La persistance de risque entraîne une baisse considérable des rendements. Les mécanismes institutionnels susceptibles d'atténuer les risques liés à la production restent limités. Les producteurs minimisent l'investissement et l'utilisation d'intrants en situation de risque.

4.10 Insécurité foncière

Les agriculteurs ne sont pas motivés à l'intensification si la propriété foncière n'est pas sécurisée. La pratique du SRI est associé à la gestion de la fertilité du sol par la pratique de la culture de contre saison, certains agriculteurs estiment que l'amélioration de la fertilité du sol risque d'amplifier l'insécurité foncière.

La crise foncière provoque des impacts à la fois sur l'activité économique et sociale. Les producteurs ruraux ne s'engagent pas dans un investissement à long terme sur ses propres parcelles du fait qu'ils ne soient pas assurés de la possibilité d'une exploitation à long terme. L'insécurité foncière reste parmi les facteurs qui bloquent le processus d'intensification agricole à Madagascar.

Tableau n° 7: Synthèse du diagnostic du Système de Riziculture Intensive

SYNTHESE DU DIAGNOSTIC DU SRI

FORCES

OPPORTUNITÉS

Augmentation de la productivité grâce à l'adoption de la technique

Satisfaire la demande domestique

Augmentation du revenu de producteur

Existence d'un marché potentiel pour l'exportation

Rentabilité économique du SRI par

rapport à d'autres techniques

Conditions agro écologiques favorables à la riziculture

Contribution de la technique à la

protection de l'environnement

Développement de la microfinance

FAIBLESSES

MENACES

Contraintes techniques : surcroit de la

main d'oeuvre, maitrise de l'eau

Concurrence entre la production locale et le riz importé

Concurrence entre la production locale et le riz importé

Contraintes économiques

État défaillant des réseaux d'irrigation

Ensablement des rizières

Contraintes socio organisationnelles

Accès aux intrants et équipements agricoles

Accès aux services de vulgarisation

Contraintes sociaux culturelles : résistance au changement, risques ;...

Accès aux marchés et infrastructures routières

Accès aux crédits

Aléas climatiques

Insécurité foncière

Après avoir réalisé le diagnostic de la technique SRI, la dernière partie sera réservée à la formulation des recommandations afin de permettre une meilleure diffusion de la technique à Madagascar. Elles concernent l'amélioration de l'environnement en amont et en aval de la filière riz.

TROISIEME PARTIE : RECOMMANDATIONS POUR UNE
MEILLEURE DIFFUSION DU SRI

Dans cette dernière partie consacrée aux recommandations pour une meilleure diffusion du SRI, nous allons recenser les différents éléments de l'environnement qui doivent être amélioré pour permettre une large diffusion de la technique SRI. Les recommandations proposées concernent l'amélioration de l'environnement en amont, à l'intérieur et en aval de la filière riz.

CHAPITRE I : AMELIORATION DE L'ENVIRONNEMENT EN AMONT DE LA FILIERE RIZ

L'adoption de l'intensification rizicole repose sur l'amélioration des diverses éléments en amont de la filière riz. Les actions des pouvoirs publics sont sollicitées pour l'amélioration de la précarité des situations foncières, l'amélioration de l'accès au crédit, au service de vulgarisation, l'investissement en matière de mise en place des équipements collectifs ruraux (infrastructures hydro agricoles, réseaux de communication et stockage) et l'organisation de la commercialisation.

1.1 Amélioration de la sécurisation foncière

1.1.1 Mettre à jour la législation foncière

Le régime foncier joue un rôle fondamental sur la prospérité de l'agriculture. La précarité des situations foncières empêche les producteurs ruraux d'investir dans l'intensification agricole. La mise en oeuvre de la réforme foncière est indispensable pour sécuriser les producteurs. Cette réforme doit passer par l'actualisation de la législation foncière pour faciliter l'acquisition des terres et mettre en place des structures d'accompagnement » et par la mise en place d'une taxe foncière. Il faut assurer aussi la modernisation et l'informatisation des conservations foncières et topographiques.

La décentralisation de la gestion de la propriété foncière, la modernisation par l'informatisation des conservations foncières et l'introduction des compétences supplémentaires sont indispensables pour assurer la mise en oeuvre de la politique foncière.

1.1.2 Augmenter les ressources humaines et introduire de nouveaux outils de travail performants.

Afin d'accompagner une politique de réforme foncière, il sera indispensable d'augmenter les ressources humaines compétentes tant au niveau effectif qu'au niveau qualification dans le service public afin de répondre aux demandes des usagers. Il faut développer aussi un partenariat public privé entre l'État et les sociétés privées pour sous-traiter les travaux relatifs à la propriété foncière. En outre, il est nécessaire aussi de recourir aux nouvelles technologies afin de renouveler, les équipements des services topographiques afin d'assurer à la fois la conservation et la mise à jour de la propriété foncière.

1.1.3 Mettre en place de guichets fonciers pour décentraliser la gestion domaniale et foncière

La sécurisation foncière peut s'améliorer à travers la continuité de la politique sur la mise en place des guichets fonciers. La mise en place de guichets fonciers a pour objectif de mettre en place une nouvelle modalité de la gestion domaniale et foncière décentralisée. Il s'agit de mettre en place un instrument de sécurisation foncière au niveau communal.

Le guichet communal n'intervient pas dans les procédures domaniales et foncières relevant de la compétence des services techniques spécifiques. Il intervient dans toutes les questions domaniales qui se rattachent aux compétences communales (accueil/information, gestion domaniale et foncière des usagers, médiation, gestion du domaine communal).

Le guichet foncier informe le public sur les procédures à suivre dans l'obtention de certificat foncier. Il se charge de traiter les dossiers relatifs à la demande de certificat foncier et effectue aussi la conservation des archives foncières. Il peut jouer le rôle de médiation dans la résolution des litiges et conflits fonciers. Pour obtenir un certificat foncier, il faut que l'intéressé effectue une demande accompagnée des pièces nécessaires auprès du guichet foncier de sa circonscription.

Pour le traitement du dossier, le guichet foncier informe par voie d'affichage, les autorités communales (Maire, Chef de Fokontany concerné) de la demande. Une descente sur terrain est organisée pour visiter la parcelle et effectuer une enquête sur le terrain. Durant la visite, une réunion sur la parcelle en question sera organisée avec le Chef de Fokontany et les voisins, afin de délimiter la parcelle et de relever la modalité de mise en valeur (culture arbres, bâtiments ;...), un procès verbal va être dressé à la fin de la réunion. En l'absence d'opposition, le guichet foncier procède à la mise à disposition du certificat foncier auprès du détenteur.

Le certificat foncier a la même valeur juridique que le titre foncier, en tant que titre de propriété, il peut servir d'hypothèque auprès des IMF comme OTIV et CECAM.

1.1.4 Améliorer l'accès des producteurs au financement rural

L'insuffisance de la trésorerie de l'exploitant au moment de la période de soudure reste parmi les contraintes rencontrées par les producteurs de même cette période corresponde aussi à une forte demande d'argent afin d'assurer les dépenses relatives à la riziculture. L'adoption d'une technique d'intensification comme le SRI tend à modifier la combinaison au niveau de facteurs de production. Pour accompagner les paysans

dans cette voie, l'accès au crédit agricole constitue un préalable indispensable pour permettre le passage d'une agriculture traditionnelle vers une agriculture intensive. La mise en oeuvre de cette transition requiert des financements.

1.1.5 Augmenter le taux de pénétration de la microfinance

Le taux de pénétration du micro finances reste en dessous de 20 % à Madagascar. La majorité des institutions de micro finance s'est surtout développé à la périphérie des villes et plus particulièrement des agglomérations, les zones enclavées sont très mal desservies.

Les palettes des produits et services financiers offerts par ces institutions sont peu adaptées au besoin du monde rural. Les produits financiers ne tiennent pas compte de la spécificité de l'activité rurale (risque élevé, cycle de production,...).

Les opérateurs en micro crédit exigent une garantie matérielle qui peut atteindre 150 % du montant de crédit demandé par le prêteur.

Le taux d'intérêt sur le crédit est de l'ordre de 2 à 3 % par mois. Le taux d'intérêt représente la rémunération du capital. Les institutions de micro finance mobilisent un nombre élevé des ressources par rapport à ceux des banques. Elles octroient de très petits prêts qui en retour occasionnent des coûts élevés en termes de suivi et de gestion de portefeuille. Il y a donc un arbitrage délicat à faire entre la viabilité financière des institutions de micro finance et leur mission de réduction de la pauvreté. Le taux d'intérêt élevé permet difficilement à l'accumulation de capital et reste parmi les obstacles pour l'accès au financement rural. Dans la pratique, le marché de crédit fonctionne imparfaitement et exclut généralement les pauvres.

L'amélioration du cadre économique légal et réglementaire est indispensable pour le développement harmonieux du secteur de la micro finance à Madagascar. Il faut mettre en place une offre viable et pérenne de produits et services financiers répondant au critère spécifique de l'activité rurale (cycle de production).

La bonification du taux d'intérêt et l'appui dans le cadre de la décentralisation des IMFs dans les zones rizicoles potentielles sont importants pour faciliter l'adoption du SRI. Il faut que le crédit agricole soit reconstitué sur des bases entièrement nouvelles.

1.1.6 Développer les Coopératives et les Organisations paysannes

L'analyse des structures de financement existantes a montré l'inadéquation entre l'offre des services financiers et l'attente des producteurs ruraux. La création des coopératives de crédit rural constitue une alternative face aux besoins de crédit. Le renforcement de capacité des producteurs augmente leur pouvoir de négociation vis-à-vis du marché. Les coopératives apparaissent comme une des solutions pour les producteurs.

L'élaboration d'une politique nationale sur les coopératives s'avère plus qu'urgente pour Madagascar.

Il faut appuyer également les organisations paysannes pour permettre à l'organisation de cette dernière. Ainsi le rôle de l'alphabétisation est toujours nécessaire pour permettre un meilleur fonctionnement des organisations paysannes.

Après avoir identifié les facteurs à améliorer dans l'environnement en amont de la filière riz dans le premier chapitre, le deuxième chapitre sera consacré à l'identification des facteurs à l'intérieur de la filière même tels que : l'infrastructure, l'accès aux intrants, le renforcement de capacité, l'accès aux services de vulgarisation, la coordination pour la promotion de la technique SRI.

CHAPITRE II : AMELIORER L'ENVIRONNEMENT A L'INTERIEUR DE LA FILIERE RIZ 2.1 Améliorer et renforcer les infrastructures hydro agricoles

La maîtrise de l'eau constitue un des principes de base du SRI. La mise en place du capital public est à privilégier pour accompagner l'adoption du système de riziculture intensive. L'investissement dans l'aménagement et la réhabilitation des infrastructures hydro agricoles s'inscrit comme une solution face aux contraintes relatives à la maîtrise de l'eau. Les investissements importants en matière d'infrastructures agricoles nécessitent la contribution du pouvoir public, ou une société privée, ou des organisations non gouvernementales qui peuvent mettre en oeuvre des moyens pour réaliser ces investissements (infrastructures et aménagements).

Afin d'améliorer la disponibilité et l'utilisation efficace de l'eau, Il faut mettre l'accent sur la réhabilitation des infrastructures d'irrigation, et assurer l'appropriation de structure d'irrigation (AUE, techniciens,..) par les bénéficiaires. Le renforcement de capacité des entités concernées par la gestion de l'irrigation est indispensable afin de pérenniser les infrastructures.

Du point de vue institutionnel, il faut améliorer les textes régissant la gestion, l'entretien et la police des eaux.

2.2 Améliorer l'accès aux intrants

Afin de faciliter les accès des producteurs aux intrants, il faut améliorer à la fois la disponibilité et l'approvisionnement en intrants. Pour faciliter l'accès des riziculteurs aux variétés des semences améliorées. En amont, il faut appuyer les organismes de recherche comme le FOFIFA et FIFAMANOR dans la production de nouvelles variétés adaptées à la fois aux conditions climatiques et répondant aux besoins de consommateurs locaux. Il faut augmenter aussi la capacité de production des centres multiplicateurs de semences également afin d'éviter la rupture de stock au niveau de distributeur (entreprise, particulier,).

La coordination des ces trois entités est nécessaire pour assurer la disponibilité de semences améliorées sur le marché.

Pour les fertilisants, il est important de mobiliser les acteurs concernés par l'approvisionnement et la commercialisation. A cet effet il faut mettre en place un environnement politico-économique et réglementaire pour accroître l'accès de producteurs aux fertilisants. Il faut renforcer le conseil en matière d'utilisation rationnelle des fertilisants pour maximiser les bénéfices des producteurs. La collaboration entre les IMFs et les distributeurs sont à rechercher aussi pour faciliter

l'approvisionnement. L'organisation de la commercialisation doit être professionnalisée afin d'assurer la disponibilité des produits sur le marché.

L'accès au petit outillage agricole comme les sarcleuses facilite l'adoption du SRI. Pour favoriser l'accès des producteurs à l'équipement agricoles, il faut faciliter l'acquisition par le renforcement de la capacité des artisans locaux pour la fabrication des petits matériels agricoles. La promotion des coopératives sur l'utilisation des matériels agricoles aussi est à développer.

2.3 Améliorer l'accès aux services de vulgarisation

2.3.1 Développer un système d'encadrement de proximité

Toute action de développement repose sur la formation des hommes. La formation et l'appui technique sont des moyens pour améliorer la productivité. La vulgarisation agricole constitue un outil de facilitation pour le transfert de technologie.

Afin d'améliorer l'impact des formations sur la production, une plus grande proximité doit être recherchée à travers une grande importance en terme de suivi et d'accompagnement.

Plusieurs facteurs interviennent pour faciliter l'adoption d'une innovation culturale comme le SRI. L'appui à l'opérationnalisation des CSA permet de mettre en liaison les besoins techniques des producteurs et les prestataires de service, il faut appuyer cette politique pour faciliter la diffusion des techniques améliorées comme le SRI. La pluralité des intervenants requiert une coordination et concertation des acteurs dans la promotion du SRI.

2.3.2 Améliorer les approches et les stratégies

L'accès au service de vulgarisation ne suffit pas pour faciliter la diffusion d'une technique d'intensification du fait qu'une innovation n'est jamais parfaitement adaptée au besoin du paysan. Le paysan peut apporter quelque modification avant de l'insérer définitivement dans leur système de production.

Il apparaît indispensable de renforcer les capacités des agents vulgarisateurs ruraux en matière de sociologie rurale car c'est à partir de la connaissance et la compréhension de la situation rurale (leur vie quotidienne, leur idées, leur aspiration...) qu'on peut répondre à leurs attentes.

La démarche participative qui associe le paysan dans l'identification des contraintes et solutions face aux contraintes peut être privilégiée comme approche pour diffuser le SRI.

La recherche participative permet à la fois d'intégrer la priorité et la logique paysanne. La participation de la communauté locale revêt une importance particulière surtout dans la définition de stratégie, ainsi que la valorisation de la connaissance et savoir faire local. La prise en compte de la participation paysanne augmente la chance de trouver une solution adaptée à la condition locale. C'est ainsi que la participation est caractérisée par trois étapes entre autres : La prise de conscience, la responsabilisation et enfin l'autonomie de gestion. L'approche participative peut être adoptée à toutes les activités ayant trait directement à la vie quotidienne de la population.

Il faut éviter aussi de s'appuyer sur des paysans pilotes qui ne sont pas représentatifs de la majorité, et qui risque de marginaliser la communauté paysanne. Les paysans pilotes ont été utilisés par le projet comme de fer de lance de transfert de technologie.

2.4 Renforcer les capacités des producteurs

La structuration des associations paysannes est indispensable pour constituer un des

moteurs économiques du développement en milieu rural. Le renforcement des capacités des organisations paysannes est indispensable pour éviter qu'elles ne soient pas en position défavorable face à d'autres interlocuteurs (clients, collecteurs, autres organisations).

L'insertion professionnelle des jeunes dans les zones potentielles rizicoles constitue un moyen pour faciliter la promotion du SRI et d'autres techniques améliorées. Les jeunes formés peuvent devenir des techniciens permanents dans les zones rurales.

2.5 Développer la formation en métier agricole et rurale

L'éducation de bases des jeunes ruraux a fortement régressé au cours depuis quelques

décennies à Madagascar. Le niveau de scolarisation des jeunes ruraux ne leur permet pas de maîtriser les connaissances de base (lecture, calcul et écriture), les formations techniques agricoles constituent une opportunité pour compenser cette lacune. La promotion de la formation des jeunes ruraux leurs permettront de mieux préparer à l'exercice du métier rural (agriculture et élevage). La formation contribuera à intégrer les jeunes ruraux dans le métier rural par la maîtrise des nouvelles techniques agricoles. Ils serviront des techniciens permanents dans leurs propres villages après la formation.

2.6 Mettre en place des dispositifs contre les risques

La mise en place d'un mécanisme de gestion des risques s'avère indispensable pour

encourager les producteurs dans le processus d'intensification agricole. La micro
assurance constitue une alternative pour sécuriser les producteurs faces aux risques.
Les riziculteurs pauvres qui se trouvent dans un contexte de survie ne soient pas

motivés pour entreprendre une intensification et souscrire en même temps une micro assurance. En outre la gestion de ces produits n'intéresse pas nécessairement pas les compagnies d'assurance avec la disparité géographique et les charges financières relatives à la gestion du portefeuille.

Afin d'associer les paysans vulnérables dans l'adoption d'une nouvelle technique culturale comme le SRI, il faut atténuer les risques susceptibles de toucher les petits producteurs. Il faudra accorder une attention particulière aux couches vulnérables. L'assurance agricole permet d'amortir les conséquences des risques, cependant les polices d'assurance sont trop chères pour les petits producteurs. Il faut proposer des polices d'assurance avec des coûts abordables pour les petits agriculteurs pour protéger ceux qui ont contracté des emprunts contre le cataclysme naturel. Une collaboration entre les institutions de micro finance et les maisons d'assurance seront la solution.

2.7 Coordonner les actions sur la promotion du SRI entre les acteurs

Il faut Instaurer une synergie forte entre la recherche, la vulgarisation et la formation par la mise en place d'une plateforme d'échange d'informations et de concertation entre les acteurs SRI, Afin d'éviter une mauvaise coordination. De même, Il faut capitaliser les informations disponibles sur le SRI afin de servir de référence pour les acteurs régionaux.

Après avoir identifié les facteurs à améliorer dans l'environnement à l'intérieur de la filière riz dans le second chapitre, le dernier chapitre sera consacré à l'amélioration de l'environnement en aval de la filière. Ces améliorations concernent principalement, la commercialisation, l'accès des producteurs aux informations sur les marchés, les infrastructures de stockage.

CHAPITRE III : AMELORATION DE L'ENVIRONNEMENT EN AVAL DE LA FILIERE RIZ 3.1 Simplifier les réseaux de commercialisation

L'environnement économique constitue un des facteurs qui empêche l'épanouissement de l'agriculture en général. La simplification des réseaux de commercialisation doit passer par la réduction du nombre de catégories d'intermédiaires qui garantit aux producteurs des revenus plus élevés. Les intermédiaires jouent un rôle décisif dans le circuit de commercialisation. L'augmentation du prix ne profite ni aux producteurs qu'au consommateur final.

Les collecteurs ne sont pas nécessairement honnêtes et peuvent tromper les paysans analphabètes dans l'opération des poids. Souvent les organismes d'encadrement se heurtent à la logique des prix, ils se demandent pourquoi encourager à produire plus, s'il faut vendre à bas prix.

3.2 Améliorer les réseaux de communication

La commercialisation des récoltes repose à la fois sur les circuits de commercialisation ainsi que sur l'accès au réseau routier. La déficience du réseau de communication porte préjudice à la commercialisation des produits agricoles, cette situation profite aux intermédiaires. Il faut également organiser les circuits commerciaux intérieurs pour favoriser l'écoulement de la production. Le degré d'enclavement conditionne souvent l'accès au marché. L'amélioration des infrastructures de transport contribue à faciliter l'accès au marché. L'amélioration de l'accès au réseau routier facilite à la fois l'accès au marché et à l'approvisionnement et réduit la variabilité des prix. Le réseau routier comme les pistes rurales permet le fonctionnement du mécanisme auto - régulateur du marché à travers une libre circulation des biens et autres facteurs de production. La construction et la réhabilitation des infrastructures routières sont indispensables pour permettre une meilleure compétitivité de productivité agricole.

3.3 Améliorer l'accès des producteurs aux informations sur le marché

Les difficultés d'accès au marché constituent une contrainte majeure pour le producteur. La disparité entre le marché et le milieu rural augmente les coûts de transactions à cause du mauvais état des infrastructures agricoles et le temps à allouer pour aller du village vers le marché le plus proche.

Les études menées par l'INSTAT en 2002 ont fait ressortir qu'en moyenne la distance entre le milieu rural et le marché est environ 15 km et il faut une journée pour parcourir la distance. Les paysans préfèrent passer par les intermédiaires commerciaux au lieu de vendre ses produits sur le marché. La majorité des producteurs se trouvent dans

l'incapacité d'apporter leurs produits sur le marché à cause de l'enclavement. Les paysans se plaignent souvent du mauvais état des pistes rurales, entraînant l'isolement et la mauvaise commercialisation des récoltes ainsi que la pénurie en ravitaillement.

3.4 Améliorer les infrastructures de stockage (GCV)

D'après la loi de King ou effet de King « Une bonne récolte génère une mauvaise recette, une mauvaise récolte génère une bonne recette », Faute d'infrastructure de stockage, le paysan ne peut pas profiter de recette de la vente de produit agricole.

Les revenus distribués à l'occasion de la commercialisation des produits agricoles font l'objet d'une répartition particulière, ces revenus subissent une ponction de la part du mécanisme de détérioration du terme de l'échange, de la part du pouvoir public par les impôts et taxes, par les intermédiaires et spéculateurs commerciaux qui contribuent à alourdir l'endettement du paysan.

Les paysans vendent les surplus à des prix très bas et achètent à des prix plus élevés durant la période de soudure. L'autre ponction concerne la rente qu'il faut payer au propriétaire terrien dans le cas où le paysan n'est pas propriétaire du terrain. Les contraintes monétaires poussent les paysans à commercialiser leurs produits sur place, malgré le coût de transport, de stockage, de son incapacité à maîtriser les informations sur les marchés.

Les GCV sont destinés à stocker du paddy pour une période de 3 à 6 mois afin de faire profiter les riziculteurs de tirer profit de l'évolution du prix du riz qui intervient quelques mois après la période de récolte. Le paysan est obligé de commercialiser ses récoltes dans le but de satisfaire le besoin de sa subsistance.

La vente de la récolte ultérieurement génère de plus values supérieure à 30 % par rapport à la vente au moment de la récolte.

En général les récoltes de paddy interviennent simultanément pendant 2 ou 3 mois maximum. Pendant cette période l'offre des riziculteurs est nettement supérieure à la demande du marché, cette situation résulte à la fois de la capacité d'absorption du marché et des moyens de transport. Le crédit de grenier communautaire villageois est destiné à soutenir les associations qui mettent en place des maisons de stockage où ils mettent une partie des leurs récoltes en communs. Les greniers sont communs car ce sont plusieurs individus membres qui ramènent chacun leur produit pour être stocké en commun dans le GCV.

Le renforcement des infrastructures de stockage peut inciter les paysans à produire plus. Grâce au crédit octroyé par les institutions financières les paysans peuvent stocker ses produits pendant la récolte pour vendre à la période de soudure. Le GCV représente une solution pour se procurer des ressources monétaires indispensables pendant la période de récolte. La possibilité d'accès au crédit de stockage permet à la fois de retarder la vente des produits rizicoles et de procurer des prix plus conséquents. Le remboursement peut être à une ou plusieurs échéances et reste individuel. A Madagascar quelques institutions financières comme le CECAM et projets comme FERT, PNVA, ont pu mettre en place des greniers dans quelques régions de la grande île.

3.5 Renforcer le rôle de la PCPC-Riz

La plate-forme de concertation pour le pilotage de la filière riz étant déjà mise en place au niveau national depuis 2005. La plate forme a pour attribution de renforcer la collaboration étroite entre le secteur public et privé pour pérenniser la promotion de la de la filière rizicole à Madagascar.

La plate forme a pour mission de favoriser la collecte et les échanges d'informations entre acteurs au sein du secteur riz. Elle joue le rôle d'interface entre le secteur prive, l'État et la société civile. Elle constitue un organe consultatif pour le pilotage de la filière rizicole.

Elle est constituée principalement par 9 collèges représentatifs de toutes les entités concernées par la filière rizicole (chercheurs, transformateurs, transporteurs, importateurs et exportateurs, organismes d'appui technique, organismes d'appui financier, consommateurs, l'administration).

Le bon fonctionnement de la plate forme assure l'accès aux différentes informations relatives à la filière et permet de diminuer le risque de prix pour les producteurs.

CONCLUSION

La crise de la production vivrière compromet la sécurité alimentaire dans les pays en développement comme Madagascar. L'amélioration de la productivité constitue un moyen pour améliorer la sécurité alimentaire. La promotion du Système de Riziculture Intensive constitue une alternative pour accroître la production rizicole cependant cette méthode révolutionnaire ne rencontre pas le succès escompté, malgré le goulot d'étranglement empêchant la majorité de paysan de le pratiquer. L'introduction d'une innovation culturale comme le SRI dépasse de loin le niveau technique et étroitement liée à l'environnement socio-économique.

La diffusion du SRI à Madagascar s'est heurtée à la mode de fonctionnement des ménages ruraux pauvres : Le surcroît de travail exigé par l'adoption du SRI correspond à la période de soudure où les ménages pauvres sont confrontés à des difficultés aussi bien financières qu'alimentaires, face à ces contraintes, ils sont obligés à évaluer le coût d'opportunité lié à l'affectation de la main d'oeuvre au SRI et à d'autres activités qui procurent de l'argent frais. Une forte aversion contre le risque dans un contexte de survie et une préférence pour l'argent frais conduit les paysans pauvres à diversifier leurs activités, d'où l'engouement pour la technique SRI pour les ménages ruraux disposant d'une couverture financière suffisante.

En outre du point de vue institutionnel, on constate l'absence d'une orientation de la part du Ministère de tutelle pour la promotion de la technique : Historiquement, la culture du riz précoce dans la plaine d'Antananarivo n'a été rendue possible que grâce aux travaux d'aménagement conduit par le Roi Andrianampoinimerina et ses prédécesseurs.

La contribution de cette étude dans la compréhension de l'échec de la diffusion du SRI à Madagascar porte sur l'identification des contraintes relatives à l'adoption SRI. La recherche devrait s'orienter vers une analyse approfondie du poids de différentes contraintes dans l'adoption du SRI. La contribution de l'utilisation des sarcleuses coniques et le traitement des mauvaises herbes constituent parmi le thème de recherche prioritaire à aborder.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

OUVRAGES

Henri de LAULANIE, Le Riz à Madagascar, un développement en dialogue avec les paysans, édition Karthala, 288 pages, 2003

INSTAT, Agriculture, pauvreté rurale et politique économiques, 107pages, 2003

Patrick VALLOIS, Discours de la méthode du Riz, Institut de Promotion de la Nouvelle Riziculture, 2 ème édition CITE, 140 pages, Antananarivo, Février 1996

PISANI, E ; Pour une agriculture marchande et ménagère, Territoires et sociétés, 1994

Hervé Rakoto-RAMIARANTSOA, 1995 - Chair de la Terre, oeil de l'eau ... paysanneries et Recompositions de campagne en Imerina (Madagascar) - Éditions ORSTOM, Collection « à travers champs », 1995, 370 pages

RAPPORTS ET REVUES

Association -Tefy-Saina (1995). "Coûts de revient dans les systèmes de Riziculture diverse". National Workshop on SRI, Antananarivo, Association Tefy Saina. 1 p

Vallois P., (2005), Intensification de la riziculture repiquée par l'amélioration des façons culturales, Rapport de campagne 2004-2005 au PC 15 - Vallée Marianina, BVlac/Cirad, 32 p.

Vallois P., (2006), MAFF Amélioration de la riziculture repiquée, Rapport à mi-campagne 2005-2006, BVlac/Cirad, 25 p.

ANNEXE

Annexe : Tendance de la production rizicole des six dernières années (2003-2008)

Année

Superficie rizicole
(ha)

Production rizicole
(tonnes)

Rendement moyen
(tonnes/ha)

2003

1.219350

2.800.000

2.30

2004

1.237.000

3.030.000

2.45

2005

1.250.092

3.392.460.

2.71

2006

1.291.000

3.485.000

2.70

2007

1.350.000

3.886.900

2.87

2008

1.620.615

4.914.450

3.03

Source : Observatoire du Riz (ODR)/ EPP/PADR - 2008

RESUME ANALYTIQUE

Nom et prénom : RAZAFIMANANTSOA Rijaharilala

Titre : Analyse de l'échec et de la diffusion du Système de Riziculture Intensive à Madagascar

Pagination : 55

Tableaux : 7

Graphe : 1

Analyse de l'échec et de la diffusion du Système de Riziculture Intensive à Madagascar:

L'étude s'inscrit dans l'identification des contraintes principales liées à la diffusion et à l'adoption du système de riziculture intensive à Madagascar. L'identification des goulots d'étranglement à l'adoption de la technique SRI permet de comprendre le mécanisme reliant le système de production rizicole et le mode de fonctionnement de la logique paysanne et l'intensification rizicole. La compréhension des liens entre ces différents facteurs débouche sur des
recommandations et suggestions pour une meilleure diffusion du SRI à Madagascar

Mots clés : riz, itinéraire technique SRI, forces, faiblesses, opportunités, menaces, risques, logiques des acteurs locaux et stratégies paysannes.

Encadreur pédagogique : Professeur Mamy Ravelomanana Encadreur Professionnel : Docteur Maminavalona RANDRETSA

Adresse de l'auteur : Lot 36 bis Anosiala Ambohidratrimo

Tel : 032.40.300.24 /034.03.214.63 mail : rijaharilala@gmail.com/rijaharilala@hotmail.fr