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Etude d'un projet de la mise en place d'une unité de production de pàąte chocolatée à  N'Djaména au Tchad

( Télécharger le fichier original )
par Faustin DJIMALDE
ISTA - DESS en Analyse et Evaluation de Projets 2004
  

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SECTION II: EFFETS INDIRECTS DU PROJET

La détermination des effets indirects du projet de production de pâte d'arachide chocolatée peut se faire à l'aide du Tableau d'Entrée et Sortie (TES) par une ventilation des accroissements de la production locale engendrée soit directement, soit indirectement par le projet.

Autrefois appelé Tableau d'Echange Interindustriel (TEI) car ne comportant pas les services non marchands, ce tableau est basé sur le modèle de Leontief et donne une grille d'analyse de l'économie, de la richesse créée et consommée.

Il permet la comptabilisation la plus complète possible de toutes les ressources et de tous les emplois des biens et services.

II.1. Présentation du Tableau Entrée- Sortie(TES)

Dans l'hypothèse d'une économie à trois branches, ce tableau21 de la Comptabilité Nationale se présente comme suit:

Tableau n° 53: TES de l'année 2003 (en milliards de FCFA)

Secteurs

Primaire

Secondaire

Tertiaire

Total

Cons. finale

FBCF

A stock

Export

Total emplois

Ménage

Adm

Primaire

368

48

178

594

549

368

208

11

733

2463

Second.

46

6

22

74

69

46

26

1

92

308

Tertiaire

180

20

86

286

264

177

100

5

353

1185

Total

594

74

286

954

882

591

334

17

1178

3956

Compte de production

Cons. Interm

594

74

286

954

PIB =2324

Valeur ajoutée

1446

181

697

2324

Production

2040

255

983

3278

Ressources en produits

 
 
 

983

3278

 

Importations

382

48

184

614

DD et taxes

41

5

18

64

Total ressources

2463

308

1185

3956

Source : MPED - INSEED

21 C'est un tableau produit par l'Institut National des Statistiques, des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED).

II.2 Modification à apporter au TES

Le TES donne de façon cohérente les comptes de production des différents agents économiques.

Tel qu'il se présente de façon classique, il ne permet pas d'atteindre l'objectif recherché c'est-à-dire la ventilation des accroissements de production locale engendrée directement ou indirectement par le projet (ou la grappe de projets) entre un accroissement des importations ou une diminution des exportations et un accroissement de la valeur ajoutée.

Le TES classique ne distingue pas en effet les consommations intermédiaires (CI) produites localement et les consommations intermédiaires importées (CII).

C'est donc cette distinction qu'il faut faire apparaître. Pour cela, nous nous intéresserons seulement à la partie du tableau relative aux CI des trois (3) secteurs.

Les droits de douane sur les importations sont de l'ordre de 25%.

Dans le secteur primaire, les importations représentent 62% du total et la production locale représente 38%.

Au niveau secondaire, ces importations représentent 8% contre 92% de production locale.

Dans le secteur tertiaire, les importations sont estimées à 30% tandis que la production locale représente 70%.

Une analyse de la nature de ces consommations intermédiaires pour chacun des postes du tableau précédent donne le TES modifié suivant:

Tableau n° 54: TES modifié (en milliards de FCFA)

Secteurs

Primaire

Secondaire

tertiaire

Production locale

Importations

DD

Prod. locale

Import

DD

Prod. locale

Import

DD

Primaire

140

171

57

44

3

1

125

40

13

Secondaire

18

21

7

5,5

0,4

0,1

15

5

2

Tertiaire

68

84

28

18

1,5

0,5

60

19,5

6,5

Source : analyse de l'étude

Une fois la ventilation des consommations intermédiaires faite, on peut reconstituer le TES. Celui-ci reconstitué est le suivant:

Tableau n° 55: Reconstitution du TES (en milliards de FCFA)

Rubriques

Primaire

Secondaire

Tertiaire

Total CI

Primaire

140

44

125

309

Secondaire

18

5,5

15

38,5

Tertiaire

68

18

60

146

Total CI

226

67,5

200

493,5

Compte de production

Total CI

226

67,5

200

493,5

CII

276

4,9

64,5

345,4

VA

1579

187,6

736,5

2503,1

Production finale

2081

260

1001

3342

Compte de ressources

Production finale

2081

260

1001

3342

Importations

382

308

1185

3956

Ressources

2463

308

1185

3956

Source : analyse de l'étude du projet.

Remarquons que : Production = VA + CI + CII ou encore production = ressources- importations VA = production - CI (locales) -CII.

II.3 Détermination des effets indirects du projet

Les consommations intermédiaires importées ne donnent pas lieu à des effets indirects.

Elles ne comportent pas de la valeur ajoutée car elles sont exonérées de droits d'entrée.

Il faut donc rechercher seulement les effets indirects des consommations intermédiaires locales (c'est-à-dire de produits locaux).

Ces consommations intermédiaires locales (notées Cij) sont les suivantes:

140

44

125

18

5,5

15

68

18

60

Cij =

La matrice des coefficients techniques A s'obtient en divisant chaque consommation intermédiaire locale du secteur par la production correspondante.

0,07

0,17

0,13

0,01

0,02

0,02

0,03

0,07

0,06

A =

La matrice des coefficients techniques A est supposée constante à court et moyen terme puisqu'à court et moyen terme, le progrès technique ne varie pas.

L'équilibre emploi -ressource se traduit par le TES modifié et peut être écrit sous la forme:

X = AX + Y.

X (premier membre: variable expliquée) = Production locale totale.

Où : X (second membre: variable explicative) =Consommations intermédiaires.

Y = Demandes finales sur la production locale.

 

-1

I -A

Y

On tire de cette relation: X =

Le calcul du déterminant et du cofacteur de (I - A) donne:

Det (I -A) = 0, 85.

0, 92 0, 01 0, 03

Cof (I - A) =

0,17 0,87 0,07

0, 13 0, 02 0, 91

1,08 0,2 0,15

-1

0,01 1,02 0,02

0,04 0,08 1,07

=

I - A

Quant à l'inverse de la matrice (I - A), elle est la suivante:

Les éléments de la première colonne de cette dernière matrice, relatifs au secteur secondaire, signifient que, pour satisfaire une demande finale nouvelle de produits du secteur secondaire de valeur ajoutée égale à 1, il faut une production locale nouvelle:

- de produits du secteur primaire égale à: 0,2

- de produits du secteur secondaire égale à: 1,02

- de produits du secteur tertiaire égale à: 0,08.

0,2

En effet, pour Y =

-1

0

1

Y =

,

0

X =

I- A

1,02

0;08

La production moyenne du projet est de 10,638 milliards de FCFA. Elle correspond à la demande finale.

En supposant que les coefficients techniques vont rester constants durant les périodes à venir, on peut écrire la relation matricielle suivante dite de formulation matricielle des modèles de Leontief :

-1

Ay ; où : Ax = variation de la production finale.

Ay = variation de la demande finale

Ax =

I -A

 
 

=

; Ax =

0

Ay =

106,38

0

1,08 0,2 0,15

0,01 1,02 0,02

0

10,638

2,128

10,851

0,04 0,08 1,07 0 0,851

2,13

Ax =

10,85

0,85

Ainsi donc, l'augmentation de la demande du secteur secondaire de 10,638 milliards a provoqué une augmentation sur tout le reste de l'économie en termes de variation de la production finale, conformément aux liaisons traduites par la matrice A.

Cette augmentation est de l'ordre de :

· 2,13 milliards de FCFA dans le secteur primaire;

· 10,85 milliards de FCFA dans le secteur secondaire;

· 0,85 milliards de FCFA dans le secteur tertiaire.

Rappelons que les prévisions d'activités à l'aide du TES sont faites avec l'hypothèse des coefficients techniques constants et à prix constants.

En conséquence, elles ne permettent pas de prévoir les répercussions des avancées technologiques qui seront mises en oeuvre par tel ou tel secteur.

C'est là également l'une des faiblesses du modèle de Leontief car il y a de forte chance que dans une perspective dynamique, un secteur ou une branche ait pris en compte le changement technologique en introduisant un nouveau matériel constitué d'équipements. Ceci entraînera une augmentation de la productivité et une diminution des charges.

Dans de telles conditions, le coefficient technique va changer : l'hypothèse de constance du coefficient technique est à rejeter.

Cependant, à court et moyen terme, le modèle de Leontief a permis de prévoir la réponse d'une variation de la production finale ( Ax ) suite à une variation de la demande finale (Ay) et de calculer les répercussions de la production moyenne du projet de production de pâte d'arachide chocolatée sur les autres secteurs de l'économie.

Nous constatons, ce modèle aidant, que grâce à ce projet, les autres branches de l'économie seront stimulées du fait des effets d'entraînement qu'il exercera.

Conclusion du chapitre 2

L'analyse socio- économique sommaire a permis de constater que le projet de mise en place d'une unité de production de pâte d'arachide chocolatée aura des effets positifs tant directs qu'indirects pour le pays, et partant la collectivité toute entière :

-Les effets directs liés à l'investissement et à la production locale ;

-Les effets directs positifs en termes de création d'emplois et de la valeur ajoutée, en termes d'amélioration des finances publiques et du solde de la balance des paiements ; -Les effets directs positifs sur l'aménagement du territoire ;

-Des effets positifs indirects seront aussi observés dans les autres branches de l'économie nationale ainsi que d'autres effets qualitatifs divers.

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"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots"   Martin Luther King