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Le traitement médiatique du crash du vol Rio Paris par TF1 et Globo


par Fernanda Morozini Batista
Université Paris 2 Panthéon-Assas - Institut Français de Presse 2010
  

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II. Opinion publique

Arnaud Mercier affirme que le « contrôle » que le public pourrait avoir dans l'espace communicationnel serait essentiellement « sondagier », et que les médias, en tant que relayeurs et commentateurs des sondages, deviendraient les représentants par excellence de cette opinion publique.

Patrick Charaudeau22, également dans les années 90, va nous présenter une définition plus ample de la formation de l'opinion publique ; un produit de la relation entre la réception et la production de l'information médiatique.

21 Source : Médiamétrie : Médiamat Annuel 2009 pour les données sur la télévision et Communiqué Année internet 2009 pour les données sur l'internet. Pourcentage calculé sur la base de la population française au 1er janvier 2010, publiée par l'INSEE : 64,7 millions

22 CHARAUDEAU Patrick, Le discours d'information médiatique. La construction du miroir social, p. 81

Selon l'auteur, la production de l'information médiatique prend en compte les comportements de consommation médiatique du public, mesurés à travers de « l'audimat ~, ainsi que l'observation des effets divers produits, a travers des « études d'impact », pour construire une information qui influencera a son tour ces comportements et effets. Un phénomène circulaire s'établit ainsi entre la réception et la production de l'information médiatique ; tantôt les médias justifient leurs stratégies prétendant qu'ils répondent aux attentes de leur public, tantôt les médias vont influencer ces attentes.

Gestionnaires en grande partie de l'accès a l'espace communicationnel, les médias influencent ainsi l'opinion publique. Mais comment se passe cette influence ? Quels aspects sont pris en compte dans la stratégie de production de l'information ?

Charaudeau nous invite à penser que les médias, soumis à la concurrence du libre marché, réalisent un double effort pour essayer de capter leur public ; ils prennent en compte à la fois sa capacité intellectuelle et sa sensibilité affective, et structurent l'information de manière a attirer leur attention de façon rationnelle, par le biais d'un discours crédible, et de façon non-rationnelle, par le biais de la mise en spectacle de l'information.

Cette idée révèle la contradiction notable auxquelles sont soumis les médias : être le plus crédible possible tout en suscitant l'émotion du public.

Je vous propose donc de structurer notre discussion sur ces deux contraintes majeures auxquelles ont été soumises Globo et TF1 : être crédible et attirer l'émotion. Nous verrons que pour donner l'information sur l'accident, tant le Jornal Nacional que le 20 Heures se sont refugiés dans la fiction, pour obtenir de la crédibilité, et dans l'émotion, pour attirer le public.

1) Le refuge dans la fiction

Les résultats présentés auparavant nous avaient montré qu'une grande partie des techniques de mise en récit de l'information télévisée cherchent à produire un effet de réalité sur le spectateur. Nous partagerons ces techniques en deux groupes : les techniques couramment utilisées par les médias, ce que nous appellerons de techniques de faux semblant, et les techniques utilisées davantage dans le cadre du crash, qui visaient à créer un effet de réel face a l'ignorance ou l'impossibilité de communiquer la réalité. Nous appellerons ces dernières : techniques de fausse réalité.

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