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Etude qualitative de la faune culicidienne de l'étang du quartier mairie (Zoetele - Cameroun)

( Télécharger le fichier original )
par Serge Eugène AMOUGOU ZIBI
Université de Yaoundé I - DEA 2010
  

Disponible en mode multipage

PUBLIQUE DU CAMEROUN

REPUBLIC OF CAMEROON

UNIVERSITÉ DE YAOUNDÉ I THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I

FACULTÉ DES SCIENCES
FACULTY OF SCIENCE

DEPARTEMENT DE BIOLOGIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES

DEPARTMENT OF ANIMAL BIOLOGY AND PHYSIOLOGY

LABORATOIRE DE ZOOLOGIE

LABORATORY OF ZOOLOGY

ETUDE QUALITATIVE DE LA FAUNE

CULICIDIENNE DE L'ETANG DU QUARTIER

MAIRIE

( ZOtTELE-CAMEROUN)

MEMOIRE

P

résenté et soutenu en vue de l'obtention du

Diplôme d' Études Approfondies (DEA) de BIOLOGIE ANIMALE

Option

: Zoologie Approfondie et Appliquée

Spécialité : Entomologie Médicale

Par :

AMOUGOU ZIBI Serge Eugène
Maître ès Sciences
Matricule 98Y219

Sous la direction de :

Pr. Jean MESSI
Maître de conférences

Année académique 2010-2011

DEDICACE

Je dédie ce travail à :

> Mon feu père ZIBI OYONO Josué,

> Ma feue mère Mme ZIBI née BEYALA BEATRICE,

pour m'avoir donné la vie, pour toute l'affection et les sacrifices consentis à mon égard que ce travail en soit le couronnement.

REMERCIEMENTS

Je remercie :

- L'Eternel Dieu tout puissant pour m'avoir permis de commencer et de terminer ce travail ;

- Le Pr. Jean Messi pour l'encadrement et la disponibilité qu'il a consentis pour l'aboutissement de ce travail, ceci malgré la précarité de son état de santé et ses multiples préoccupations. Recevez ici, Mr le Professeur l'expression de ma très profonde gratitude ;

- Le Pr. Bilong Bilong Charles Félix, Dr. Belong Philippe, Dr. Foko Gisèle et Dr. Atangana Jean pour leurs conseils, suggestions et critiques.

- Tous les enseignants du laboratoire de zoologie de l'Université de Yaoundé I ;

- Mes parents et frères : Mr et Mme Atangana Maze, Mme Ntolo Oyono Thérèse, Me Essimi Zibi Georges, Oyono Zibi Éric, Eyenga Françoise, Mr et Mme Nkomo Carole, Mvondo Ferdinand, Carine Lema Zibi, Ndzié Jules, Reine Laure Ntolo, Maze Michel, Mendouga Atangana Paulette, Massock Atangana Vanina, Atangana Raymonde Manuela, Maze Atangana Merciel, Atangana Atangana kévin pour le soutien spirituel, moral, matériel et financier ;

- Mme Mengue Nkili, Maire de la Commune Rurale de Zoétélé pour avoir mis à ma disposition ses locaux ;

- Ma fiancée Menga Beyena Hortense et mes filles Inissom Fanie Ruth-D'or et
Amougou Bendji Julienne Phigel pour les encouragements qu'elles m'ont accordés ;

- Mes camarades : Azo'o Michelson, Ndo Cyril, Abéga Réné, Avah Jean -Jaurès, Akono Patrick, Bakwo Fils Éric, Elanga N'dillé Clément, Messop Edith, Pando Joseph pour leur sincère collaboration ;

- Mes amis : Ondja'a Eya Serge, Nkomo Soua Petit Robert, Beyala Frédérique, Mvondo Alvine et la Famille Fouda pour leur aide multiforme ;

- Tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce mémoire et dont les noms n'ont pas été cités ;

- Puissent toutes ces personnes trouver dans ce mémoire, l'expression de ma profonde gratitude.

RESUME

De janvier à décembre 2006, nous avons mené une étude qui a contribué à la connaissance de la faune culicidienne aux alentours de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé, situé en périphérie au Nord-est de la ville de Zoétélé (Longitude-Est 11°53'40», Latitude -Nord 3°15'26»), en forêt équatoriale du Cameroun, dans le département du Dja et Lobo, région du Sud. Zoétélé a un climat de type guinéen à quatre saisons : deux saisons de pluie dont la petite en mars-juin et la grande en septembre-novembre alternant avec deux saisons sèches dont la petite saison en juillet-août et la grande saison en décembrefévrier .Le site de récolte est l'étang du quartier Mairie situé 70 m de la Mairie de la dite ville.

Les larves de Culicidae 6730 dont 4274 de la sous-famille d'Anophelinae et 2456 de la sous-famille de Culicinae ont été récoltées dans cet étang par la méthode « dipping ». A partir de ces larves, nous avons obtenu 5327 nymphes de Culicidae dont 3415 de la sousfamille d'Anophelinae et 1912 de la sous-famille de Culicinae, et 5033 imagos de Culicidae qui ont émergé.

Les résultats des identifications révèlent onze espèces différentes de moustiques se répartissant en trois genres dont quatre espèces du genre Anopheles (Anopheles moucheti, Anopheles nili, Anopheles gambiae, Anopheles funestus), trois espèces du genre Culex (Culex quinquefasciatus, Culex duttoni, Culex tigripes) et quatre espèces du genre Aedes

(Aedes albopictus, Aedes aegypti, Aedes tarsalis, Aedes vittatus).

Il ressort ainsi que le genre Anopheles est quantitativement le plus représenté (68,11%), suivi du genre Culex (19,23%) et du genre Aedes (12,66%).

Dans le genre Anopheles, l'espèce Anopheles moucheti est l'espèce la plus abondante pendant toute l'année avec une fréquence 41,07%. Cette espèce connait sa plus productivité pendant la petite saison des pluies. Le test d'analyse des variances (ANOVA) nous confirme que la variation des saisons n'a pas une influence significative sur l'abondance d'Anopheles moucheti pendant les quatre saisons (F= 3,258 ; ddl=3 ; P=0,081). Elle est secondée par Anopheles nili avec une fréquence de 29,72%; sa productivité explose également pendant la petite saison des pluies. Une différence non

significative entre les variations de l'abondance d'Anopheles nili sur les quatre saisons est confirmée par le test d'analyse des variances(ANOVA) (F=1,665 ; ddl= 3 ; P=0,251).

Le genre Culex est dominé par l'espèce Culex quinquefasciatus (vecteur principal de la filariose de Bancroft ou éléphantiasis) avec un effectif de 492 individus (50,83%). Sa productivité est maximale lors de la petite saison sèche. Le test d'analyse des variances (ANOVA) révèle qu'il n'existe pas une différence significative entre les variations de l'abondance de la population de Culex quinquefasciatus sur les quatre saisons (F=1,024 ; ddl= 3 ; P=0,432).

Aedes albopictus vecteur potentiel de la dengue et Aedes aegypti vecteur de la fièvre jaune sont les espèces les plus représentées de ce genre avec respectivement des fréquences de 47,41% et 24,65%. Ces deux espèces connaissent leur maximum de productivité pendant la petite saison sèche. Le test d'analyse des variances (ANOVA) nous révèle que les quatre saisons n'influencent pas de manière significative, l'abondance de la population d'Aedes albopictus (F=4,031 ; ddl=3 ; P= 0,051).Une différence significative entre les variations de l'abondance de la population d'Aedes aegypti pendant les quatre saisons est montrée par le test d'analyse des variances (ANOVA) (F=4,186 ; ddl= 3 ; P=0,047).

Mots clés : Faune culicidienne, Zoétélé, Mairie, Anopheles, Culex, Aedes.

ABSTRACT

From January to December 2006, we carried out a study which unveiled the Culicidiae fauna near the pond in the Zoétélé council area, situated in the outskirts of the North-East of Zoétélé town (East longitude: 11°53'40», North latitude: 3°15'26») in the Equatorial forest of Cameroon, in the Dja and Lobo Division of South Region. Zoétélé has a Guinean type of climate, which is characterized by four seasons: two rainy seasons (the low peak ranging from March to June and the high peak from September to November) alternating with two dry seasons (the low peak ranging from July to August and the high peak from December to February). Samples were collected from the pond in the council neighborhood situated some 70 m from the town hall.

Culicidae larvae (6730 in number, 4274 from the Anophelinae sub-family and 2456 from the Culicinae sub-family) were collected from this pond using the dipping method. From these larvae, 5327 Culicidae nymphs were obtained (3415 from the Anophelinae sub-family and 1912 from the Culicinae sub-family) and also 5033 Culicidae imagoes.

Eleven different types of mosquitoes emerged from the identification process, which are classified into three types: four species of Anopheles (Anopheles moucheti, Anopheles nili, Anopheles gambiae and Anopheles funestus), three species of Culex (Culex quinquefasciatus, Culex duttoni and Culex tigripes) and four species of Aedes (Aedes albopictus, Aedes aegypti, Aedes tarsalis and Aedes vittatus).

Quantitatively, it therefore emerged that the Anopheles species is the most widespread (68. 11 %) followed by Culex (19. 23 %) and then Aedes (12. 66 %).

Concerning Anopheles type, Anopheles moucheti is the leading vector of malaria throughout the year with a frequency of 41. 07 %. Its production mostly during the low peak of the rainy season. The analysis of variance test (ANOVA) confirmed that seasonal variations do not significantly influence the population of Anopheles moucheti during the four seasons (F = 3.258; ddl=3; P=0.081). Anopheles nili comes after Anopheles moucheti, with a frequency of 29. 72 %. Its production peak is equally during the low peak of the rainy season. A non -significant difference in the variations of the population of

Anopheles nili with regard to the four seasons is confirmed by the analysis variance test (ANOVA) (F=1.665; ddl = 3; P=0.251).

The Culex type is dominated by Culex quinquefasciatus species with a population of 492 (50. 83 %), the species which is the leading vector of Bancroft's filariosis or elephantiasis. Its production peak is during the low peak of the dry season. The analysis of variance test (ANOVA) showed a non-significant difference in the variations of the population of Culex quinquefasciatus during the four seasons (F=1.024; ddl = 3; P=0.432).

Aedes albopictus (potential vector of the dengue) and Aedes aegypti (vector of the yellow fever) are the most widespread species of Aedes with a frequency of 47. 41% and 24. 65 % respectively. Their reproduction peak is during the low peak of the dry season. The analysis of variance test (ANOVA) revealed that the four seasons do not significantly influence the population of Aedes albopictus (F=4.031; ddl=3; P = 0.051). On the contrary, a significant difference in the variations of the Aedes aegypti population during the four seasons is revealed by the analysis of variance test (ANOVA) (F=4.186; ddl = 3; P=0.047).

Key words: Culicidae fauna, Zoétélé, Council, Anopheles, Culex, Aedes.

SOMMAIRE
Dédicace iRemerciements .iiRésumé iiiAbstract .v

Sommaire viiListe des figures ix

Liste des tableaux x

Liste des abréviations ..xi

INTRODUCTION .1

CHAPITRE I : REVUE DE LA LITTERATURE SUR LES CULICIDAE 4

I.1. POSITION DANS LA SYSTEMATIQUE DES CULICIDAE ...5

I.2. BIO-ECOLOGIE ET MORPHOLOGIE SOMMAIRE DES DIFFERENTS STADES

DE DEVELOPPEMENT DE CULICIDAE

11

I.2.1. L'oeuf

12

I.2.2. La larve

.13

I.2.3. La nymphe

15

I.2.4. L'adulte

.16

I.3. LUTTE ANTIVECTORIELLE

19

I.3.1. Lutte contre les oeufs et les larves

20

I.3.2. Lutte anti-imago .

.21

CHAPITRE II : MATERIEL ET METHODES

25

II.1. MATERIEL

26

II.1.1. Matériel biologique

..26

II.1.2. Matériel technique

26

II.1.3. Matériel d'élevage

28

II.1.3.1. Table

..28

II.1.3.2. Cages

.28

II.1.3.3. Eau d'élevage

28

II.1.4 Site d'étude

28

II.2. METHODES

29

II.2.1. Echantillonnage des larves de Culicidae

29

II.2.2. Elevage

.30

II.2.3.Identification morphologique des adultes de Culicidae

30

II.2.4. Analyse des données

30

CHAPITRE III : RESULTATS ET INTERPRETATIONS 31

III.1. ABONDANCE DES LARVES , DES NYMPHES ET LA RICHESSE SPECIFIQUE DES ADULTES DE LA FAUNE DE CULICIDAE DE L'ETANG DU QUARTIER

MAIRIE DE ZOETELE EN 2006 ..32

III.1.1.Abondance des larves de Culicidae du quartier Mairie de Zoétélé en 2006 ..32

III.1.2. Abondance des nymphes de Culicidae du quartier Mairie de Zoétélé en 2006 ....32 III.1.3.Richesse spécifique et abondance des imagos de Culicidae du quartier Mairie de Zoétélé en 2006 ...... .33
III.2. ABONDANCE MENSUELLE LARVAIRE DES DIFFERENTS GENRES DE

CULICIDAE DE L'ETANG DU QUARTIER MAIRIE DE ZOETELE EN 2006 35
III.3.VARIATIONS SAISONNIERES NUMERIQUES DES LARVES, DES NYMPHES

ET DES IMAGOS DE CULICIDAE 38

III. 3.1.Variations saisonnières numériques des larves de Culicidae . ..38

III.3.2. Variations saisonnières numériques des nymphes de Culicidae 39

III. 3.3.Variations saisonnières numériques des imagos de Culicidae 40

III.4. MORPHOLOGIE SOMMAIRE DES IMAGOS DES DIFFERENTES ESPECES DE CULICIDAE IDENTIFIEES AU QUARTIER MAIRIE DE ZOETELE EN 2006 42

CHAPITRE IV : DISCUSSION 53

CONCLUSION ET PERSPECTIVES 58

RECOMMANDATIONS 61

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 63

ANNEXES 69

LISTE DES FIGURES.

Figure 1 : Site d'étude ...27

Figure 2 : Abondance absolue des différentes sous-familles et genres de Culicidae de

l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

..35

Figure 3 : Morphologie d'Anopheles moucheti femelle

42

Figure 4 : Morphologie d'Anopheles nili femelle

.43

Figure 5 : Morphologie d'Anopheles gambiae femelle

.44

Figure 6 : Morphologie d'Anopheles funestus femelle

..45

Figure 7 : Morphologie de Culex quinquefasciatus femelle

.46

Figure 8 : Morphologie de Culex duttoni femelle

.47

Figure 9: Morphologie de Culex tigripes mâle

..48

Figure 10 : Morphologie d'Aedes albopictus femelle

..49

Figure 11 : Morphologie d'Aedes aegypti femelle

50

Figure 12 : Morphologie d'Aedes tarsalis femelle

51

Figure 13: Morphologie d'Aedes vittatus femelle

.52

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Insecticides recommandés par l'OMS pour imprégner les moustiquaires 23
Tableau II : Relevés des précipitations et températures dans la ville de Zoétélé de

janvier à décembre 2006(Station météorologique de Sangmélima) .29
Tableau III : Abondance par sous-familles des larves de Culicidae de l'étang du

quartier Mairie de Zoétélé en 2006 .32
Tableau IV : Abondance par sous-familles et genre des nymphes de Culicidae de

l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006 .33
Tableau V : Richesse spécifiques et abondance de Culicidae adultes de l'étang du

quartier Mairie de Zoétélé en 2006 34
Tableau VI : Abondance mensuelle larvaire par genre de Culicidae de l'étang du

quartier Mairie de Zoétélé en 2006 36
Tableau VII : Abondance mensuelle des différents stades de développement de

Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006 37
Tableau VIII : Taux de transformation des différents stades de développement de

Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006 .37
Tableau IX: Evolution saisonnière des différents stades de développement des

Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006 38
Tableau X : Evolution saisonnière de larves de Culicidae par genre de l'étang du

quartier Mairie de Zoétélé en 2006 39
Tableau XI : Evolution saisonnière de nymphes de Culicidae par genre de l'étang du

quartier Mairie de Zoétélé en 2006 40
Tableau XII : Evolution saisonnière des différentes espèces de Culicidae de l'étang du

quartier Mairie de Zoétélé en 2006 41

LISTE DES ABREVIATIONS

A.D.N. : Acide Désoxyribonucléique

Cm. : Centimètre Cu. : Culex

Déc. : Décembre °c. : Degré celsius fév. : Février

GSP. : Grande Saison de Pluies

GSS. : Grande Saison Sèche

I.R.D. : Institut de Recherche pour le Développement

jan. : Janvier

juil. : juillet

Km. : Kilomètre L. : Litre

L1. : Larve stade 1

L2. : Larve stade 2

L3. : Larve stade 3 L4 ..: Larve stade 4 m. : Mètre

mm. : Millimètre nov. : Novembre oct. : Octobre

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

%. : Pourcentage

PSP. : Petite Saison de Pluies

PSS. : Petite Saison Sèche

Sept. : Septembre.

Les moustiques sont des insectes holométaboles, qui subissent une métamorphose complète. Ils se développent à travers les stades ovulaire, larvaire et nymphal avant d'atteindre le stade adulte ou imago (Cléments, 2000). Ces diptères causent des nuisances considérables et transmettent à l'Homme et aux animaux, de nombreuses maladies parmi lesquelles le paludisme, les arboviroses (dengue, fièvre jaune, encéphalite...), les filarioses lymphatiques (brugioses, loase, mansonnelose, wuchereriose...).

Le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde. Cette maladie est actuellement la première cause de mortalité et de morbidité infantile dans les pays en voie de développement (OMS, 1999), entraîne le décès de plus de 2 millions de personnes par an (IRD, 2004). Elle est due au Plasmodium, agent pathogène transmis à l'homme par la piqûre des moustiques du genre Anopheles .Le paludisme est caractérisé par des accès de fièvres récurrents, douleurs musculaires, d'un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux, de vertiges, de nausées, de tremblements avec sueurs froides et transpiration d'asthème ...

La prolifération de ces vecteurs est favorisée par l'insalubrité liée au progrès d'urbanisation et de l'industrialisation des villes qui n'ont pas été suivies de ceux de l'évacuation des ordures (Bruce-Chwatt, 1983).

Une bonne connaissance de la distribution géographique de diverses espèces de moustiques, ainsi que la maîtrise de leur bio-écologie et surtout une réactualisation constante de ces données permettrait d'affiner et de choisir les moyens de lutte antivectorielle efficace. Les méthodes de lutte antivectorielle regroupent toutes les méthodes chimiques, physiques, biologiques ou génétiques utilisées pour rompre la chaîne épidémiologique au niveau d'un vecteur particulier (Foko, 2007). Les stratégies adoptées ont pour objectif de réduire les densités des populations vectrices à un niveau très bas, ou de limiter le contact Homme-vecteur (Carnevale et Mouchet, 1990).C'est à cet effet que cette étude dont le but est de

déterminer la richesse spécifique de la faune culicidienne de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé, a été menée.

L'objectif général de ce travail est de contribuer à la connaissance de la faune culicidienne de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé.

Nos objectifs spécifiques sont les suivants :

- Déterminer l'abondance larvaire, nymphale et la richesse spécifique des adultes de la faune culicidienne de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé ;

- Evaluer l'abondance mensuelle larvaire des différents genres de Culicidae l'étang;

- Etudier les variations saisonnières numériques des larves, des nymphes et des imagos de Culicidae ;

- Faire la morphologie sommaire des différentes espèces identifiées.

REVUE DE LA LITTERATURE SUR

LES CULICIDAE

I-1 POSITION DANS LA SYSTEMATIQUE DES CULICIDAE

Selon Grassé (1961), Boué et Chanton (1962), la position systématique des Culicidae est la suivante :

Embranchement des Arthropodes (Siebold et Stannus, 1845) :

corps à symétrie bilatérale ;

corps métamérisé et recouvert d'une cuticule ; présence d'appendices articulés.

Sous embranchement des Antennates ou Mandibulates :

présence d'une paire d'antennes à rôle sensoriel ; présence d'une paire de mandibules.

Classe des Insectes ou Hexapodes :

respiration trachéenne ;

corps divisé en trois tagmes : tête, thorax, abdomen ; trois paires d'appendices locomoteurs.

Sous classe des Ptérygotes :

présence d'ailes au moins à un stade de leur développement postembryonnaire;

Section des Oligonéoptères :

champ jugal avec une seule nervure longitudinale simple ; ailes repliées en arrière au repos.

Super ordre des Mécoptéroïdes (Brauer, 1885) :

pièces buccales de type suceur ou piqueur ; stipes des maxilles divisés transversalement.

Ordre des Diptères (Linné, 1758) :

présence d'une seule paire d'ailes, les antérieures, les postérieures étant transformées en balanciers ;

pièces buccales de type piqueur-suceur ;

tarses pentamères ;

larves apodes à tête généralement peu ou non différenciées.

Sous-ordre des Nématocères (Latreille, 1825) :

palpes grêles formés de deux à cinq articles ;

antennes longues, filiformes et multiarticulés ;

pronotum séparé du mésonotum par une suture transverse.

Famille des Culicidae (Latreille, 1825) :

corps recouverts d'écailles filiformes ; repas sanguin obligatoire chez la femelle ;

appareil buccal avec une trompe allongée, droite et recourbée, toujours dirigée vers l'avant.

Sous-famille des Anophelinae (Théobald, 1905) :

trompe dressée en avant, beaucoup plus longue que le reste du corps ; présence des taches sur les ailes ;

OEuf muni de flotteurs latéraux ;

base de la première nervure alaire sombre ;

scutellum régulièrement courbé au bord postérieur.

Genre Anopheles (Meigen, 1818) :

taches formées par les écailles claires et sombres sur la costa ; présence ou non des touffes d'écailles latérales sur l'abdomen.

Espèce Anopheles funestus (Giles, 1900) :

palpes des femelles avec trois bandes pâles très étroites ;

costa avec quatre taches pâles, le quart basal entièrement noir ;

fémurs et tibias entièrement noirs, parfois une petite tache pâle à l'apex du

tibia.

Espèce Anopheles gambiae (Giles, 1902) :

palpes des femelles avec trois ou quatre bandes pâles ;

costa avec cinq taches pâles dont deux basales ;

tarse antérieur largement annelé et pâle au niveau des articulations.

Espèce Anopheles moucheti (Evans, 1925) :

palpes lisses, avec trois bandes pâles, bande apicale pâle impliquant tout le dernier segment ;

costa avec une tache pâle à l'apex de la nervure anale et d'une tache pâle entre la nervure anale et la base de l'aile ;

présence d'une tache pâle à l'apex des tarsomères I à IV quatre des pattes.

Espèce Anopheles nili (Théobald, 1904) :

palpes des femelles étroits, une seule bande pâle à l'apex ;

costa avec trois taches pâles, dont une basale de petite taille ;

fémurs et tibias antérieurs, noirs avec parfois une minuscule tache blanche à l'apex.

Sous-famille des Culicinae :

scutellum trilobé ;

palpes plus courts que la trompe chez les femelles ;

au repos, les adultes se tiennent parallèlement au support sur lequel ils sont

posés.

Genre Culex (Linné, 1758) :

les adultes n'ont pas de poils spiraculaires ni post-spiraculaires ;

l'extrémité abdominale des femelles est tronquée et le premier segment flagellaire des antennes plus court que chacun des segments suivants.

Espèce Culex duttoni (Théobald, 1901) :

proboscis noir avec un large anneau médian pâle chez le mâle, noir et intensivement blanc ventralement chez la femelle ;

pas d'écailles sombres;

tarses I à III avec des bandes pâles basales et apicales chez le mâle ou tibia et tarses I à V avec des bandes pâles basales et apicales chez la femelle ;

aile sombre .

Espèce Culex quinquefasciatus (Say, 1823) :

proboscis noir parfois pâle ;

écailles présentes et sombres ;

tarse I à III avec des bandes pâles basales et apicales ; tarse IV et V entièrement pâle ;

ailes sombres.

Espèce Culex tigripes (De grandpré et De Charmoy1900 ) :

proboscis noir ;

écailles sombres sur le corps et jaunes à la limite des ailes ;

fémur, tibia et tarse sombres excepté le fémur de la patte mésothoracique ; aile entièrement sombre avec des écailles jaunes à leur limite.

Genre Aedes (Meigen, 1818) :

la plupart des femelles portent des griffes tarsiennes denticulées ;

l'extrémité abdominale est peu effilée et porte des cerques beaucoup plus long que dans les autres genres.

Espèce Aedes aegypti (Linné, 1762) :

plaques blanches antérolatérales en forme de lyse ;

ligne blanche présente sur le fémur de la patte médiane ;

tarse I à II des pattes pro et mésothoracique avec une bande pâle apicale ; tarse I à IV de la patte métathoracique avec une bande pâle apicale, et tarse v entièrement pâle.

Espèce Aedes albopictus (Skuse, 1894) :

présence d'une large ligne médiane ;

pas de plaques blanches ;

tibia entièrement sombre, fémur avec une tache blanche basale ;

tarse I à II des pattes pro et mésothoracique avec une bande pâle apicale ; tarse I à IV de la patte métathoracique avec une bande blanche apicale, et tarse V entièrement pâle.

Espèce Aedes tarsalis (Newstead, 1907) :

présence d'une bande blanche cylindrique sur le proboscis ; présence des taches apicales et subapicales sur les tarses.

Espèce Aedes vittatus (Bigot, 1861) :

présence de cinq paires de plaques blanches dorso-ventralement ; fémur moucheté avec des bandes blanches subapicales ;

tarse I à III des pattes pro et mésothoracique avec une bande blanche apicale ;

tarse I à IV de la patte métathoracique avec une bande blanche apicale, et tarse V entièrement pâle.

Genre Mansonia (Blanchard ,1901) :

larves fixées à l'aide des siphons aux tiges et aux racines des plantes aquatiques ;

Sous-famille des Toxorhynchitinae : Genre Toxorhynchites (Théobald ,1901) :

grande taille ;

non hématophage ;

paré de couleurs brillantes ;

I-2 BIO-ECOLOGIE ET MORPHOLOGIE SOMMAIRE DE DIFFERENTS STADES DE DEVELOPPEMENT DE CULICIDAE

Le cycle de développement complet des moustiques comprend quatre stades : l'oeuf, la larve, la nymphe et l'adulte. Les trois premiers stades de développement (l'oeuf, la larve et la nymphe) sont aquatiques et le dernier stade (adulte) est aérien. La durée de vie de chaque stade est conditionnée par des paramètres environnementaux (Kye, 1999 ; Lyimo et al, 1991).

I-2-1 L'oeuf

Après avoir absorbé du sang, la femelle se pose sur un endroit abrité pour digérer son repas. Quelques jours plus tard (3 à 7 jours) selon son espèce, elle pond des oeufs dans différents milieux aquatiques ou sur un support solide. Les oeufs peuvent être déposés sur vase bordant un étang temporaire (Aedes), sur l'eau d'un étang permanent (Anopheles), sur l'eau de contenants artificiels (Culex). Le nombre d'oeufs varie en fonction des espèces et de la quantité de sang absorbée. Dans le genre Aedes, on a environ 100 à 300 oeufs par ponte .Les oeufs du genre Aedes sont plus résistants à la sécheresse que ceux d'autres moustiques. Ces oeufs peuvent résister à la dessiccation pendant environ 6 mois (Hawley, 1988 ; Hervé et al., 1998). Dans le genre Anopheles, on a environ 150 à 400 oeufs par ponte. Les oeufs du genre Anopheles résistent au froid ; leur résistance à la chaleur est faible. Une exposition à 40°c pendant quelques minutes leur est fatale. Leur résistance à la dessiccation ne dépasse pas 48 heures. Dans le genre Culex, on a environ 50 à 200 oeufs pondus (Cywinska et al. 2006). Le développement embryonnaire est fonction de la température (Rodhain et Perez, 1985).

Les oeufs de moustiques sont de petites tailles d'environ 1 mm de long. Ces oeufs sont elliptiques, ovoïdes à coque dure et lisse .Ils peuvent porter ou non des expansions latérales ou apicales servant de flotteur. La forme des oeufs est variable selon les espèces. Les oeufs du genre Anopheles sont incurvés aux extrémités, et pourvus latéralement de deux flotteurs rempli d'air ,leur permettant de conserver une position horizontale ; ceux du genre Culex sont agglomérés en nacelles ou barquettes (Annexe 1), chaque oeuf du genre Culex est muni d'un flotteur micropylaire en socle .Ces nacelles flottent à la surface de l'eau ; les oeufs du genre Aedes sont pondus isolément, et sont noirs, fusiformes, dépourvus de flotteurs latéraux, munis de petites saillies qui assurent leur stabilité sur le fond de l'eau (Lema, 2000). Ces oeufs d'Aedes sont entourés d'une épaisse coquille pourvue au pôle antérieur d'un micropyle (Danis et Mouchet, 1991). Les oeufs des Culicidae

sont blanchâtres à la ponte et deviennent sombres 24 heures plus tard. L'oeuf comprend de l'intérieur vers l'extérieur : l'embryon, la membrane vitelline pellucide, un endo-chorion épais, un exo-chorion plus ou moins pigmenté et ornementé. La variation de forme, de taille et de coloration sont des critères utilisés dans la systématique pour l'identification de certaines espèces.

L'éclosion des oeufs se produit généralement 2 à 3 jours après la ponte en climat tropical et 2 à 3 semaines en climat tempéré, et permet l'obtention des larves.

I-2-2 La larve

La larve est vermiforme, cylindro-conique et apode. Elle a une croissance discontinue et subit trois mues successives. Il existe donc 4 stades postembryonnaires (L1,L2,L3 et L4) tous aquatiques. La larve a une taille d'environ 2 à 12 mm. Elle est mobile et respire à la surface de l'eau soit directement par des spiracles dorsaux et se présente parallèlement à la surface de l'eau dans le genre Anopheles de la sous-famille d'Anophelinae, soit par l'intermédiaire d'un siphon respiratoire dans les genres Culex et Aedes de la sous-famille de Culicinae (Robert, 1989), et la larve est oblique par rapport à la surface de l'eau (Annexe 1). Les larves peuvent être retrouvées dans toutes les collections d'eau, les eaux courantes aux fosses, aux creux des arbres ou des rochers , tonneaux, arrosoirs, boîtes de conserve, récipients abandonnés, bassins, abreuvoirs, carcasses métalliques, vieux pneus, et autres . Le choix de l'eau du gîte larvaire varie selon les espèces. Ainsi, le genre Anopheles affectionne les eaux claires, ensoleillées et calmes, tandis que les genres Culex et Aedes préfèrent les eaux polluées. Les larves se nourrissent des débris organiques et des micro-organismes (algues, bactéries

etc...) (Rodhain et Perez, 1985) grâce aux battements de ses soies buccales quicréent un courant suffisant pour aspirer ces aliments. Certaines espèces à l'exemple

de Culex tigripes sont carnivores et s'attaquent à d'autres larves de Culicidae (Ngagni, 1996).

Le développement post-embryonnaire est fonction de la température (Lyimo et al., 1991), et la compétition intraspécifique (Reisen et Emory, 1977). Sa durée est de 4 à 30 jours dans le genre Anopheles de la sous-famille d'Anophelinae (Mouchet et Carnevale, 1991), et de 4 à 10 jours dans les genres Aedes et Culex de la sousfamille de Culicinae (Cywinska et al., 2006).

Les pièces buccales sont de type piqueur-suceur. Le corps de la larve est divisé en trois régions : la tête, le thorax et l'abdomen.

La tête est formée de trois plaques chitineuses unies par des sutures :

Une plaque dorso-médiane unique appelée Fronto-clypéus avec des soies ; Deux plaques latérales symétriques dites épicrâniennes.

Dorsalement la tête porte une paire d'antenne, deux paires d'yeux composées (tâches ocellaires) et ventralement des palpes maxillaires et les pièces buccales (mandibules, maxilles, brosses). Les soies les plus intéressantes pour la diagnose se situent pour la majorité au niveau du clypéus. La tête est capable d'effectuer une rotation de 180° autour de son axe, qui lui permet de se nourrir à la surface de l'eau.

Le thorax fait suite au cou, plus large que la tête et l'abdomen. Sa forme est grossièrement quadrangulaire ; il est formé de trois segments soudés qui sont : le prothorax, le mésothorax, et le métathorax.

Les faces ventrale et dorsale sont ornementées de soies.

L'abdomen est composé de neuf segments distincts dont les sept premiers portent des soies et sont morphologiquement similaires. Chacun de ces segments comporte :

Une plaque tergale chitinisée impaire et médiane ;

Des plaques accessoires situées en arrière de la plaque tergale ;

Des soies palmées postéro-latérales qui jouent un rôle dans la flottaison de la larve en surface (ces soies sont formées de folioles dont la forme a été utilisée comme caractère taxonomique pour certaines espèces, des soies anté-palmées,

situées en avant et légèrement en dehors de ces dernières qui ont également une bonne valeur taxonomique).

Á la partie dorsale du 8e segment se trouvent deux orifices respiratoires soit directement au niveau du tégument chez les Anophelinae, soit à l'extrémité apicale du siphon respiratoire chez les Culicinae. Ils portent également un peigne constitué d'un nombre variable d'épines et d'écailles. Sur le 9e segment, s'insèrent les soies anales et les papilles anales translucides (Grassé ,1979). Au stade L4, la larve parvenue à son développement complet, cesse de se nourrir et subit une quatrième mue donnant une nymphe.

I-2-3 La nymphe

La nymphe est une pupe mobile, apode, en forme de virgule vivant dans l'eau, caractérisant le stade de repos qui s'intercale entre la larve et l'adulte Elle est formée d'un céphalothorax globuleux et d'un abdomen.

Le céphalothorax porte des ébauches des yeux et des appendices (antennes, trompe, pattes, ailes) .On note aussi l'existence de deux trompes siphonothoraciques respiratoires par lesquelles la nymphe respire l'air atmosphérique ou l'air des plantes aquatiques (Grassé, 1979).

L'abdomen est composé de huit segments visibles et d'un neuvième atrophié, tous portant des soies caractéristiques. Le 1er segment est muni d'une soie palmée. Les segments 2 à 7 présentent des soies simples. Le 8e segment est muni de deux palettes natatoires ainsi qu'une soie palmée.

Au fur et à mesure qu'approche la fin du stade nymphal, la morphologie de l'adulte contenue dans l'exuvie devient de plus en plus visible par transparence. L'augmentation de la pression interne entraîne un déchirement médio-dorsal de la cuticule du céphalothorax, permettant l'émergence de l'imago. L'exuvie nymphale va servir de radeau jusqu'au durcissement complet de la cuticule de l'adulte. Dès lors, l'adulte reste un instant immobile, le temps que ses ailes se déploient, puis s'envole. L'émergence dure environ quinze minutes et représente une phase

délicate dans la vie de l'insecte où survient une forte mortalité par noyade allant à près de 80% dans certains cas (Rodhain et Perez, 1985).

La durée du stade nymphal est de 2 à 3 jours. Elle est ailleurs inversement proportionnelle à la température : 20 jours à 20°c, mais seulement 7 jours à 31°c, permettent ainsi la compétition de cette phase dans des sites temporaires. La variation de la pluviosité est un facteur important dans la productivité nymphale.

Après le stade nymphal, l'insecte subit une cinquième mue libérant ainsi l'adulte.

I-2-4 L'adulte

L'imago est un petit nématocère fin à corps allongé de 5 à 10 mm de long. L'adulte mâle et femelle est nectarivore, mais la femelle est en plus hématophage et la quantité de sang prélevée fluctue de 4 à 10 mm3 en 1 à 2 minutes. La femelle est attirée par les odeurs corporelles, le gaz carbonique ou la chaleur émise par leurs hôtes (Rozendaal, 1999)

L'hématophagie est importante pour la maturation des oeufs, car la plupart des espèces ont besoin d'apport supplémentaire en protéines. Elle n'est pas indispensable à la survie. Il existe néanmoins des espèces dites autogènes, qui sont capables de produire leur première ponte sans repas sanguin, et utilisent les réserves énergétiques accumulées par la larve, à l'exemple de Culex pipiens, Coquillettidae richiardii, Uranotaenia unguiculata (Cléments, 1963).

Les adultes présentent des préférences trophiques diverses vis-à-vis des hôtes et l'environnement. Ainsi, on a des espèces zoophiles (piquent les animaux), anthropophiles (piquent l'Homme), zoo-anthropophiles (piquent les animaux et l'Homme), exophages (piquent à l'extérieur) ou endophages (piquent à l'intérieur des maisons), exophiles (se reposent à l'extérieur) ou endophiles (se reposent à l'intérieur). Les femelles sont fécondées peu de temps après l'éclosion. L'accouplement a lieu soit en plein vol au niveau des essaims (espèces eurygames),

soit au repos (espèces etenogames). La femelle pond généralement après le premier repas sanguin. Le nombre de ponte varie de trois à cinq. La femelle ne s'accouple qu'une seule fois au cours de son existence. Les spermatozoïdes sont emmagasinés dans un réceptacle appelé spermathèque dont ils sont extraits progressivement pour féconder la totalité des oeufs qu'elle produit pendant le reste de sa vie. Quand la femelle est gravide, elle cherche un gîte aquatique adapté à la ponte. Le temps qui s'écoule entre le repas sanguin et la ponte des oeufs s'appelle cycle gonotrophique. La durée de ce cycle varie de deux à cinq jours selon les espèces ; elle varie de 48 à 74 heures en zone tropicale chez le genre Anopheles (Mouchet et Carnevale, 1991). La longévité de l'adulte varie selon la température, l'humidité relative de l'air et l'espèce de moustique. En général, les femelles vivent en moyenne trente à quarante jours, les mâles trois à quatre jours sous une température de 25°c à 27°c et une humidité relative de 70% à 80% chez le genre Anopheles (Rodhain et Perez, 1985). Pour certaines espèces, elle est de trois à quatre semaines (par exemple Culex pipiens en période estivale), pour les espèces qui hibernent à l'état adulte, elle peut atteindre et dépasser six mois (c'est le cas d'Anopheles atroparvus) (Mouchet et Carnevale, 1991). Les moustiques adultes du genre Aedes ne survivent que dans un climat humide, à des températures supérieures à 22°c jour et nuit, par exemple Aedes aegypti n'est actif que si la température est supérieure à 23°c.

La distance parcourue dépend de la réserve d'énergie fournie par le glycogène, synthétisé à partir du nectar et stocké dans le corps gras et dans les muscles .La distance maximale parcourue après un repas de nectar est d'environ 30 km, mais pas forcément en une seule fois, ni une seule direction. Le rayon d'action est variable selon le sexe et les espèces, de 1 à 10km quand les conditions atmosphériques sont convenables. Le mâle a un rayon d'action plus court, par conséquent la présence d'un grand nombre de mâles indique la proximité d'un gîte (Bakwo, 2005).

Les moustiques sont de petits nématocères fin à corps allongé, de 5 à 10 mm de long. Le corps est subdivisé en trois parties distinctes (la tête, le thorax, et l'abdomen) recouvertes d'écailles qui aident à l'identification (Holstein, 1949).

Le tégument est composé de plaques rigides (sclérites) reliées entre elles par des membranes chitineuses minces. Chaque métamère (segment du corps) est un anneau formé d'un tergite (sclérite dorsal) d'un sternite (sclérite ventral) et de deux pleurites (sclérites latéraux). Les téguments portent des soies ou des écailles (ornementations) qui jouent un rôle protecteur en ralentissant l'évaporation cutanée. La disposition, la couleur des écailles servent en taxonomie.

La tête est globuleuse et bien dégagée du thorax. Elle est portée par un cou étroit et porte :

Une paire d'yeux très grands, réniformes et composés d'yeux élémentaires (ommatidies) juxtaposées en occupant la majeure partie.

Une paire d'antennes implantées dans la région faciale formées de plusieurs segments : un bourrelet d'insertion globuleux, le scape. Un deuxième segment allongé ; le torus qui renferme l'organe auditif de Johnston (plus développé chez le mâle) une troisième partie ; le flagellum composé d'articles en nombre variable selon les sexes. Entre chaque article s'insèrent des soies courtes chez les femelles (antennes glabres) et très longues chez les mâles (antennes plumeuses).

La trompe est un organe impair située dans la partie inféro-médiane. Sa structure est différente selon les sexes : chez la femelle, hématophage, la trompe est composée :

- De trois pièces impaires qui sont de haut en bas : l'épipharynx, l'hypopharynx et le labium.

- De quatre pièces paires et symétriques : deux mandibules en haut, deux maxilles en bas.

Chez les mâles qui ne se nourrissent pas de sang, mais de sucs végétaux, seuls persistent l'épipharynx et le labium.

Les autres pièces buccales foreuses sont atrophiées. Les deux palpes maxillaires situés de part et d'autre de la base de la trompe, sont des organes tactiles formés de trois ou quatre articles ; elles sont de même longueur que la trompe. Chez les mâles, l'extrémité distale est aplatie ou raquettes.

Le thorax est renflé dorsalement et globuleux. Il est formé de trois segments fusionnés (le prothorax, le mésothorax, et le métathorax) portant chacun une paire de pattes articulées composée d'un fémur, un tibia, un tarse à cinq articles dont le premier est encore appelé métatarse et le dernier dépourvu de deux griffes ou ongles égales ou inégales munies (Aedes) ou non d'une ou deux dents accompagnées (Culex) ou non (Aedes) de pulvilli. Le prothorax est réduit par rapport au mésothorax qui porte une paire d'ailes minces et transparentes avec une frange de soies au bord postérieur à nervures couvertes d'écailles. Le métathorax porte deux balanciers ou haltères qui sont les vestiges de la deuxième paire d'ailes ; ces haltères vibrent rapidement lorsque le moustique est en plein vol ; ils servent d'organes d'équilibre.

L'abdomen est allongé et a une forme cylindrique. Il est constitué de dix segments distincts dont huit seulement sont visibles, portant des écailles chez les Culicinae, dépourvus (sauf à de rare exception) d'écailles chez les Anophelinae.

Chez le mâle, le neuvième segment porte l'armature génitale ou hypygium. Chez la femelle, il porte des cerques plus ou moins visible. Le bout de l'abdomen est effilé ou tronqué et sert à l'identification des différents genres de moustiques.

I-3 LUTTE ANTIVECTORIELLE

La lutte antivectorielle regroupe toutes les méthodes chimiques, physiques biologiques ou génétiques utilisées pour rompre la chaîne épidémiologique au niveau d'un vecteur particulier .La connaissance de la diversité et de la bioécologie ont permis d'élaborer des stratégies efficaces de lutte antivectorielle.

Les stratégies adoptées ont pour objectif de réduire la densité des populations vectrices à un niveau très bas, ou de limiter le contact Homme-vecteur (Carnevale et Mouchet, 1990).

I-3-1 Lutte contre les oeufs et les larves

L'élimination ou la protection des gîtes potentiels reste l'un des moyens le plus sûr et le plus efficace pour lutter contre les moustiques chez les oeufs et les larves.

- Aménagement du territoire

Cette lutte consiste :

* Á drainer des eaux, assécher des marais et élimination des petits gîtes larvaires ;

* Á changer l'eau des vases à fleurs au moins deux fois par semaine en nettoyant les tiges et racines des plantes, et les parois des vases ;

* Á protéger toutes les réserves d'eau à l'aide de couvercles, toiles, tamis ;

* Á mettre à l'abri ou se débarrasser de tous les objets susceptibles de contenir de l'eau (pneus, petits récipients...)

* Á nettoyer régulièrement les caniveaux, les canaux et gouttières, les abreuvoirs des animaux ;

* Á vérifier que la fosse sceptique fonctionne convenablement, qu'elle soit en bon état (pas fissuré), et que le tuyau d'aération soit en hauteur (au-dessus du toit de la maison).

- Lutte chimique

La lutte chimique constitue la base de la majorité des programmes de lutte. Les méthodes utilisées sont très pratiques et donnent de bons résultats ; celles-ci comportent une multitude de composés dont le choix dépend de la cible et du mode d'application (Guillet, 1994).

Elle consiste à répandre une mince couche de pétrole, d'éther ou d'huile à la surface des collections d'eau, à traiter les collections d'eau à l'aide du DDT

(Dichloro-Diphényl-Trichloroéthane), téméphos (Robert, 1984) ou Capsicum annuum, Zingiber officinale et Piper nigum (Foko, 2007).

- Lutte biologique

L'utilisation des prédateurs dans la lutte anti-moustique est pratiquée depuis longtemps. Les larves de moustiques sont des proies habituelles, d'autres larves d'insectes aquatiques tels que les odonates, Culex tigripes .Cependant, elles sont aussi les proies de quelques vertébrés dont les plus promoteurs sont des poissons larvivores tels que les genres Gambusia, Lebistes, Tilapia (Fletcher et al. 1992).

L'utilisation des agents pathogènes tels que le champignon Metarhizium anisopliae (Robert, 1984), les bactéries de l'espèce histopathologique sur Aedes aegypti montre que les faits primaires de Bacillus thuringiensis israelensis correspondent à une désintégration de l'épithélium intestinal par gonflement, distorsion puis éclatement des cellules (Barjac, 1978).Bacillus sphaericus dont la souche 2362 lutte contre Culex quinquefasciatus .

I-3-2 Lutte anti-imago

- Aménagement du territoire

Elle consiste à fixer des grilles métalliques à mailles fines aux fenêtres des habitations (Desfontaine ,1990), à débroussailler et faucher les hautes herbes dans un rayon de 400m autour des habitations.

- Lutte chimique

La lutte chimique consiste à utiliser des moustiquaires imprégnées d'insecticides à longue durée d'action. L'utilisation des moustiquaires chimiquement imprégnées est de loin la protection la plus facile, la moins chère et la plus efficace contre les moustiques adultes. Les moustiquaires doivent être imprégnées en tenant compte de la rémanence du produit et le mode d'emploi du fabricant. L'utilisation de moustiquaires imprégnées réduit de 70% le risque de transmission du paludisme dans une région où le paludisme est endémique (Brunetaud, 2008). Afin de la

garder en bon état, la moustiquaire doit toujours être maintenue attachée ; pour un maximum de protection, s'assurer qu'elle ne soit pas déchirée ou trouée, sans oublier de rabattre les bords sous le matelas.

L'insecticide doit être correctement formulé de manière à optimiser au mieux ses différentes caractéristiques, de même il doit être efficace, sélectif, peu couteux et offrir de perspective de résistance.

La lutte chimique consiste aussi à utiliser les répulsifs biologiques (intervenant dans la protection individuelle) tels que Curcuma spp (Pitasawat et al., 2003), Conyza newii, Plectranthus marrubioides, Tetradenia riparia, Tarchonanthus camphoratus, Lippia javanica et Lippia ukambensis (Omolo et al., 2004), les répulsifs chimiques dont le plus efficace est le DEET ( N,N -diéthyl-3- méthylbenzamide ) , les bombes aérosols tels que Raid (molécules actives : Imiprothrine , deltaméthrine et esbiothrine ) , Moontiger (molécules actives : Deltaméthrine et esbiothrine), Oro ( molécules actives : Perméthrine, téraméthrine et d-fénothrine ) , Baygon (molécules actives : Cyfluthrine et imiprothrine) , Nofly (molécules actives : Deltaméthrine et esbiothrine ) , les tortillons fumigènes, les diffuseurs thermiques, les attractifs pour piéger les insectes, les insecticides capables d'agir sur la physiologie des insectes, les synergisants qui augmentent la toxicité des insecticides.

Pour imprégner un tissu ou un tulle moustiquaire, on calcule tout d'abord le taux de rétention par unité de surface (à partir d'une surface de 1 m2 si la taille de l'échantillon le permet). Pour ce faire, on lave tout d'abord l'échantillon pour enlever d'éventuels apprêts qui masquerait le pourvoir de rétention réel de l'échantillon. Après séchage, on trempe dans l'eau pendant 5 min l'échantillon de tissu préalablement pesé à sec. La différence de poids entre le tissu sec et le tissu égoutté donne le volume (donc le poids) de rétention d'eau par m2 (R). Ainsi, en supposant que R soit égal à 100 ml (le volume moyen est d'environ 64 ml/m2 pour le polyester et de 116 ml/m2 pour le coton) et que l'on veuille imprégner une moustiquaire à 50 mg/m2, il suffit de préparer une solution "fille" à 500 mg/l et

d'y prélever 100 ml. Les formulations commerciales d'insecticides se présentant sous forme de formulation aqueuse, la solution fille sera obtenue à partir de dilutions successives dans de l'eau osmosée. L'imprégnation se fera dans une boîte de pétri dans laquelle l'échantillon aura été préalablement plié autant de fois que nécessaire. La solution d'imprégnation, dont le volume correspond à la capacité spécifique d'absorption de l'échantillon, est ensuite versée le plus régulièrement possible à l'aide d'une pipette puis le tissu est légèrement pressé avec des doigts gantés, et ce à plusieurs reprises pour bien faire pénétrer l'insecticide dans toutes les couches du tissu (on s'assurera qu'il ne reste pas de solution non absorbée au fond de la boîte de Pétri). L'échantillon sera ensuite séché pendant une semaine et, après le test, conditionné dans un papier aluminium lui-même placé dans une pochette plastique scellée et conservée à température ambiante. Les insecticides recommandés par l'OMS pour imprégner les moustiquaires sont répertoriés dans le tableau I.

Tableau I : Insecticides recommandés par l'OMS pour imprégner les moustiquaires.

INSECTICIDES

DOSE (mg / m2)

Alpha-cyperméthrine

20-40

Bifenthrine

25

Cyfluthrine

30-50

Deltaméthrine

15-25

Etofenprox

200

Lambda-cyhalothrine

10-20

Perméthrine

200-500

- Lutte génétique

La lutte génétique consiste à modifier le patrimoine génétique des moustiques par stérilisation des mâles, au moyen des radiations ultraviolettes, de l'hybridation ou de composés chimiques tels que les antibiotiques, les agents alkylants et les antimétabolites, à les lâcher ensuite dans la nature afin qu'ils s'accouplent avec des femelles normales. Ainsi, il en résultera des oeufs stériles (Morlan et al. 1962 ; Fay et al. 1963 ; Benedict et Robinson, 2003).

Dans le cadre de la lutte contre la dengue, la seule méthode efficace reste la limitation de sa propagation en éliminant au maximum son vecteur, le moustique du genre Aedes. Une stratégie de lutte biologique originale faisant intervenir des moustiques mâles de l'espèce Aedes aegypti qui seront destinés à s'accoupler, mais pas à se reproduire. En réalité la descendance des femelles sauvages avec lesquelles ils s'accoupleront mourra au stade nymphal, le but étant de ramener l'effectif de la population de moustiques autochtones au-dessous du seuil nécessaire pour que la dengue continue à se transmettre. Cette technique, dite de l'insecte stérile nécessite de créer des moustiques génétiquement modifiés afin qu'ils donnent naissance à une descendance incapable de se reproduire.

MATERIEL ET METHODES

II-1 MATERIEL

II-1-1 Matériel biologique

Le matériel biologique est constitué de larves de moustiques récoltées dans l'étang du quartier Mairie de Zoétélé (Cameroun), de janvier à décembre 2006.

II-1-2 Matériel technique

Le matériel technique utilisé pour ce travail est le suivant :

Assiettes en plastiques de 3L ;

Deux bidons de 10L ;

Une paire de bottes ;

Les aiguilles à papillons ;

Les gants ;

Le saccharose à 10% ;

Une louche en aluminium ;

Les aliments pour larves (Tétra Baby Fish Food) ;

Six gobelets de 0,3L ;

L'alcool à 70° ;

Une boîte de conservation des insectes ;

Le coton hydrophile ;

Le gel de silice ;

Deux aspirateurs à bouche ;

Trois cages cubiques d'un volume de 42875 cm 3 par cage, enveloppées de Tulle moustiquaire non imprégnée ;

Une loupe binoculaire à chambre claire munie d'un oculaire micrométrique

WILD, M3Z.

Figure 1: Site d'étude (étang du quartier Mairie de Zoétélé, 02 janvier 2006).

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II-1-3 Matériel d'élevage

II-1-3-1 Table

La table est construite en bois mesurant 2m de long, 1m de large et 1,10m de hauteur .Cette table sert de support aux assiettes en plastique et les cages destineés à l'élevage des moustiques. Les 4 supports de la table sont chacun trempés dans un récipient contenant environ 0,5L d'eau savonneuse .Cette eau empêche l'action prédatrice des fourmis vis-à-vis des Culicidae.

II-1-3-2 Cages

Les cages sont de forme cubique et ont de 35cm d'arête. Ces cages sont faites en bois et recouvertes de tulle moustiquaire non imprégnée. L'une des faces de la cage possède une ouverture pourvue d'un manchon par lequel on peut effectuer diverses manipulations. Les différentes cages sont étiquetées.

II-1-3-3 Eau d'élevage

L'eau d'élevage est l'eau du gîte larvaire puisé dans l'étang .Elle est transportée au laboratoire dans des bidons de 10L.

II-1-4 Site d'étude

Le quartier Mairie de Zoétélé (11°53'40''de longitude Est et 3°15'26''de latitude Nord) est situé au Nord-est de la ville de Zoétélé, dans le département du Dja et Lobo, et dans la région du Sud en forêt équatoriale du Cameroun. La température moyenne annuelle est de 26, 20°c, la pluviométrie annuelle est de 1814 mm. Les périodes à forte précipitations sont septembre, octobre, novembre et mars, avril, juin avec respectivement 820 mm et 671 mm. Les périodes à faible précipitations sont décembre, janvier, février et juillet, août avec respectivement 96mm et 227 mm. Ceci correspond effectivement à quatre saisons: deux saisons de pluie dont une grande

(septembre-novembre) et une petite (mars-juin) alternant avec deux saisons sèches dont une grande (décembre-février) et une petite (juillet-août). Son climat est du type guinéen. L'amplitude thermique est de 3,39°c. (Station météorologique de Sangmélima 2006).

Notre site de récolte est l'étang situé à 70 m de la Mairie de Zoétélé et à 500 m du laboratoire. Cette zone marécageuse offre aux populations des étendues cultivables où se pratiquent des cultures maraîchères tout au long de l'année. On y trouve, des vieilles pirogues, des vieux pneus, des vieux récipients et approximité une porcherie. La végétation est constituée d'arbres, arbustes et d'herbes. Ce quartier est peu peuplé. Ce gîte larvaire est une collection d'eau claire, calme, ensoleillée et moins riche en matières organiques. L'habitat est situé à une distance d'environ 5 à 10 m de l'étang.

Tableau II : Relevés des précipitations et températures dans la ville de Zoétélé de Janvier à Décembre 2006 (Station météorologique de Sangmélima)

Mois
Paramètres

Jan

Fév

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil

Août

Sept

Oct

Nov

Déc

Précipitations (mm)

15

25

73

154

283

161

96

131

262

328

230

56

Température moyenne
(°c)

25,36

27,95

27,26

27,82

27,47

26,07

25,77

25,39

24,56

25,04

25,72

26,02

II-2 METHODES

II-2-1 Echantillonnage des larves de Culicidae

De janvier à décembre 2006, nous avons prélevé des échantillons au hasard à l'aide d'une louche par la méthode « dipping » (Service ,1993). Les prélèvements ont lieu de 10 heures à 12 heures à un rythme bimensuel. Les échantillons sont transportés au laboratoire dans des bidons non fermés.

II-2-2 Elevage

Les larves sont pipetées, dénombrées et mises dans des assiettes en plastiques de 3 L contenant l'eau du gîte larvaire. Cette eau d'élevage est renouvelée tous les deux jours pour éviter d'asphyxier les larves. Les larves sont ensuite séparées en fonction de leur position par rapport à la surface de l'eau : les larves d'Anophelinae adoptent une position horizontale à la surface de l'eau, tandis que celles de Culicinae sont plutôt obliques (Annexe 1). Elles sont nourries avec la Tétra Baby Fish Food. Les nymphes obtenues sont pipetées tous les deux jours, dénombrées puis placées dans des gobelets de 0,3L qui sont introduits dans des cages d'émergence. Les imagos sont nourris à la solution de saccharose à 10%. Les adultes sont ensuite aspirés à l'aide d'un aspirateur à bouche et conservés : dans de l'alcool à 70°, dans du gel de silice et dans les boîtes de conservation des insectes.

II-2-3 Identification morphologique des adultes de Culicidae

L'identification morphologique des moustiques est faite à l'aide des clés d'identification spécialisées de Holstein (1949), Gillies et De Meillion(1968), Gillies et Coetzee (1987) pour les Anophelinae et Jupp(1996) pour les Culicinae. Les critères de diagnose sont observés sur une loupe binoculaire à chambre claire munie d'un oculaire micrométrique WILD, M3Z.

II-2-4 Analyse des données

L'analyse des données est faite à l'aide du logiciel Excel version 2007. Le test de Fischer(ANOVA) avec le logiciel SPSS 12 .0 est utilisé pour comparer les moyennes et les fréquences.

RESULTATS ET INTERPRETATIONS

III-1 ABONDANCE DES LARVES, DES NYMPHES ET LA RICHESSE SPECIFIQUE DES ADULTES DE LA FAUNE DE CULICIDAE DE L'ETANG DU QUARTIER MAIRIE DE ZOETELE EN 2006

III-1-1 Abondance des larves de Culicidae du quartier Mairie de

Zoétélé en 2006

L'abondance des larves de Culicidae par sous-familles est représentée dans le tableau 2. Les larves de la sous-famille d'Anophelinae sont abondantes avec 63,51% tandis que celles de la sous-famille de Culicinae sont moins abondantes avec 36,59%.

Tableau III : Abondance par sous-familles des larves de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Sous-familles

Abondance absolue

Abondance relative(%)

Anophelinae

4274

63,51

Culicinae

2456

36,59

Totaux

6730

100

III-1-2 Abondance des nymphes de Culicidae du quartier Mairie de

Zoétélé en 2006

Nous avons répertorié l'abondance de nymphes de Culicidae par sous-familles et genre dans le tableau 4. Le tableau 4 nous montre que le genre Anopheles est le plus représentatif avec 64,11%, suivi du genre Culex avec 20,22% et du genre Aedes avec 15,67%.

D'une manière générale, la sous-famille d'Anophelinae est la plus abondante avec 3415 individus, tandis que celle des Culicinae compte 1912 individus.

Tableau IV : Abondance par sous-familles et genre des nymphes de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Sous-familles

Genre

Abondance absolue

Abondance relative
(%)

Anophelinae

Anopheles

3415

64,11

Culicinae

Culex

1077

20,22

Aedes

835

15,67

Totaux

5327

100

III-1-3 Richesse spécifique et abondance des imagos de Culicidae du

quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Lors de notre étude entomologique, nous avons obtenu 5033 individus adultes et identifié onze espèces de moustiques :

- quatre espèces du genre Anopheles : Anopheles moucheti, Anopheles nili, Anopheles gambiae et Anopheles funestus ;

- trois espèces du genre Culex : Culex quinquefasciatus, Culex duttoni et Culex tigripes ;

- quatre espèces du genre Aedes : Aedes albopictus, Aedes aegypti, Aedes tarsalis et Aedes vittatus.

Nous avons répertorié les résultats des abondances des imagos de Culicidae dans le tableau 4. Parmi ces adultes de Culicidae L'espèce majoritaire est Anopheles

moucheti avec 1408 individus (27,98%), tandis que l'espèce minoritaire est Aedes vittatus avec 52 individus (01,03%).

Tableau V : Richesse spécifique et abondance des Culicidae adultes de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Sous -familles

Genres

Espèces

Abondance
absolue

Abondance
relative (%)

Anophelinae
(68,11%)

Anopheles
(68,11%)

Anopheles moucheti

1408

27,98

Anopheles nili

1019

20,25

Anopheles gambiae

655

13,01

Anopheles funestus

346

06,87

Culicinae
(31,89%)

Culex
(19,23%)

Culex quinquefasciatus

492

09,79

Culex duttoni

354

07,03

Culex tigripes

122

02,42

Aedes
(12,66%)

Aedes albopictus

302

06,00

Aedes aegypti

157

03,12

Aedes tarsalis

126

02,50

Aedes vittatus

52

01,03

Totaux

5033

100

Figure 2 : Abondance absolue des différentes sous-familles et genres de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006.

Il ressort de la figure ci-dessus que la sous-famille d'Anophelinae est la plus représentée avec 3428 individus (68,11%), tandis que celle des Culicinae, la moins représentée ne compte que 1605 individus (31,89%).

III-2 ABONDANCE MENSUELLE LARVAIRE DES DIFFERENTS
GENRES DE CULICIDAE DE L'ETANG DU QUARTIER MAIRIE

DE ZOETELE EN 2006

Au terme de 12 mois de récolte des larves de Culicidae, nous avons obtenu les résultats illustrés par le tableau 5 en larves des différents genres de Culicidae.

Le genre Anopheles est le genre le plus productif en larves de Culicidae durant toute l'année, avec des maxima en mars, juin et novembre, les minima étant observés en janvier, février et octobre.

Le genre Culex est moins productif en larves de Culicidae en janvier, février et mai, et plus productif aux mois de juillet et novembre.

Les mois les plus productifs en larves de Culicidae du genre Aedes sont mars et juillet, tandis que janvier, février et mai sont les mois les moins productifs.

Tableau VI : Abondance mensuelle larvaire par genre de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Mois Genre

Jan

Fév

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil

Août

Sept

Oct

Nov

Déc

Total

%

Anopheles

225

201

635

384

374

506

328

398

296

236

420

271

4274

63,51

Culex

23

27

118

123

53

100

167

135

109

116

289

127

1387

20,61

Aedes

24

19

128

103

35

86

192

106

83

96

100

97

1069

15,88

Totaux

272

247

881

610

462

692

687

639

488

448

809

495

6730

100

Nous avons répertorié dans le tableau 7, l'abondance mensuelle des différents stades de développement de Culicidae. L'abondance du gîte en différents stades de développement de Culicidae varie toute l'année. Les mois les plus productifs pour tous les stades de développement sont mars, novembre et juin, tandis que les mois dont l'abondance est basse sont janvier et février pour les larves, janvier, février et septembre pour les nymphes et les adultes.

Tableau VII : Abondance mensuelle des différents stades de développement de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Mois

Stades de développement

Jan

Fév

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil

Août

Sept

Oct

Nov

Déc

Total

Larves

272

247

881

610

462

692

687

639

488

448

809

495

6730

Nymphes

253

237

787

510

327

586

507

552

192

326

610

440

5327

Adultes

244

230

742

464

314

564

476

530

158

308

585

418

5033

Les taux de transformation des différents stades de développement de Culicidae sont représentés dans le tableau 8. Le tableau 8 révèle les taux d'émergence annuels suivants :

- le taux de transformation de larves en nymphes est de 79,49% ;

- Le taux de transformation des nymphes en adultes est de 94,05% ;

- Le taux de transformation des larves en adultes est de 75,22%.

Tableau VIII : Taux de transformation des différents stades de développement de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Mois

Taux de transformation

Jan

Fév

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil

Août

Sept

Oct

Nov

Déc

Taux annuel

N/L X 100

93,01

95,95

89,33

83,61

70,78

84,68

73,80

86,38

39,34

72,77

75,40

88,89

79,49

A/N X 100

96,44

97,05

94,28

90,98

96,02

96,24

93,88

96,01

82,29

94,48

95,90

95

94,05

A/L X 100

89,70

93,12

84,22

76,06

67,96

81,50

69,29

82,94

32,38

68,75

72,31

84,44

75,22

III-3 VARIATIONS SAISONNIERES NUMERIQUES DES LARVES, DES NYMPHES ET DES IMAGOS DES CULICIDAE

Les différentes variations saisonnières des abondances de chaque stade de développement de Culicidae sont représentées dans le tableau 8 ci-dessous. Il apparait que la petite saison de pluies est favorable à tous les stades de développement de Culicidae, alors que la grande saison sèche est moins favorable.

Tableau IX : Evolution saisonnière des différents stades de développement de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Saisons Stades

GSS

PSP

PSS

GSP

Totaux

Larves

1014

2645

1326

1745

6730

Nymphes

930

2210

1059

1128

5327

Adultes

892

2084

1006

1051

5033

III-3-1 Variations saisonnières numériques des larves de Culicidae

Les variations saisonnières de l'abondance de larves de chaque genre de Culicidae sont représentées dans le tableau 9.

Les larves du genre Anopheles présente une forte abondance pendant la petite saison des pluies (1899 larves).

Le test de Fischer montre qu'il existe une différence significative (F=4,214 ; ddl=3 ; P=0,046) entre les variations de l'abondance des larves du genre Anopheles sur les quatre saisons.

Les larves du genre Culex sont plus abondantes pendant la grande saison des pluies (514 larves). Le test de Fischer montre qu'il n'existe pas une différence

significative (F= 1,926 ; ddl=3 ; p=0,204) entre les variations de l'abondance des larves du genre Culex pendant les quatre saisons.

Le genre Aedes a un grand effectif larvaire pendant la petite saison de pluies (352 larves). Le test de Fischer nous a permis de montrer qu'il n'existe pas une différence significative (F=2,736 ; ddl=3 ; p=0,113) entre les variations de l'abondance des larves du genre Aedes sur les quatre saisons.

Tableau X : Evolution saisonnière de larves de Culicidae par genre de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006

Saisons Genres

GSS

PSP

PSS

GSP

Totaux

F

ddl

p

Anopheles

697

1899

726

952

4274

4,214

3

0,046

Culex

177

394

302

514

1387

1,926

3

0,204

Aedes

140

352

298

279

106

2,736

3

0,113

Totaux

1014

2645

1326

1745

6730

 
 
 

III-3-2 Variations saisonnières numériques des nymphes de Culicidae Les données des variations saisonnières de l'abondance des nymphes de Culicidae par genre sont répertoriées dans le tableau 10 ci-dessous.

Les nymphes du genre Anopheles sont plus abondantes pendant la petite saison de pluies (1581 nymphes). Le test de Fischer montre qu'il n'existe pas une différence significative (F=2,785, ddl=3 P=0,110) entre les variations de l'abondance des nymphes du genre Anopheles pendant les quatre saisons.

Le genre Culex a un grand effectif de nymphes pendant la grande saison des pluies (345 nymphes). Le test de Fischer nous montre qu'il n'existe pas une différence

significative (F=0,833 ; ddl=3 ; P=0,512) entre les variations de l'abondance des nymphes du genre Culex sur les quatre saisons.

Les nymphes du genre Aedes présentent une forte abondance pendant la petite saison des pluies (298 nymphes. Le test de Fischer montre qu'il n'existe pas une différence significative (F=2,011 ; ddl=3 ; P=0,191) entre les variations de l'abondance des nymphes du genre Culex sur les quatre saisons.

Tableau XI : Evolution saisonnière de nymphes de Culicidae par genre de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006.

saisons

Genres

GSS

PSP

PSS

GSP

Totaux

F

ddl

p

Anopheles

643

1581

586

605

3415

2,785

3

0,110

Culex

161

331

240

345

1077

0,833

3

0,512

Aedes

126

298

233

178

835

2,011

3

0,191

Totaux

930

2210

1059

1128

5327

 
 
 

III-3-3 Variations saisonnières numériques des imagos de Culicidae

Les résultats de l'influence des saisons sur l'abondance des différentes espèces de Culicidae sont représentés dans le tableau 11.

Le tableau 11 montre que la petite saison sèche est la plus abondante avec 2084 individus annuels. L'espèce dominante est Anopheles moucheti avec 1408 individus (27,98%), tandis que l'espèce la moins abondante est Aedes vittatus avec 52 espèces (01,03%).

Le test de Fischer (ANOVA) montre qu'il n'existe pas une différence significative entre les variations de l'abondance de toutes les espèces de Culicidae, sauf chez Aedes aegypti où la variation est significative (F=4,186 ; ddl=3 ; p=0,047).

Tableau XII : Evolution saisonnière des différentes espèces de Culicidae de l'étang du quartier Mairie de Zoétélé en 2006.

Saisons

Espèces

GSS

PSP

PSS

GSP

Totaux

F

ddl

P

Anopheles moucheti

236

724

198

250

1408

3,258

3

0,081

Anopheles nili

192

454

169

204

1019

1,665

3

0,251

Anopheles gambiae

132

277

109

137

655

0,515

3

0,683

Culex quinquefasciatus

78

129

148

137

492

1,024

3

0,432

Culex duttoni

57

113

86

98

354

0,800

3

0,528

Anopheles funestus

101

144

28

73

346

1,119

3

0,397

Aedes albopictus

35

94

117

56

302

4,031

3

0,051

Aedes aegypti

19

54

57

27

157

4,186

3

0,047

Aedes tarsalis

15

43

43

25

126

2,967

3

0,097

Culex tigripes

21

35

31

35

122

0,593

3

0,637

Aedes vittatus

6

17

20

9

52

1,583

3

0,268

Totaux

892

2084

1006

1051

5033

 
 
 

III-4 MORPHOLOGIE SOMMAIRE DES IMAGOS DES DIFFERENTES ESPECES DE CULICIDAE IDENTIFIEES AU QUARTIER MAIRIE DE ZOETELE EN 2006

Caractères sommaires morphologiques :

Les palpes sont lisses avec trois bandes pâles, bande apicale pâle impliquant tout le dernier segment ; costa avec une tache pâle à l'apex de la nervure anale et d'une tache pâle entre la nervure anale et la base de l'aile ; présence d'une tache pale à l'apex des tarsomères I à IV des pattes.

Caractères sommaires morphologiques :

Les palpes des femelles avec trois ou quatre bandes pâles ; costa avec cinq taches pâles dont deux basales ; tarse antérieur largement annelé et pâle au niveau des articulations.

Caractères sommaires morphologiques :

Les pâles de femelles avec trois bandes pâles très étroites ; costa avec quatre taches pâles, le quart basal entièrement noir ; fémur, tibia entièrement noirs, parfois une tache pâle à l'apex du tibia des pattes prothoracique et métathoracique.

Caractères sommaires morphologiques :

Proboscis noir, parfois pâle ; écailles présentes et sombres ; tarses I à III avec des bandes pâles basales et apicales, tarses IV et V entièrement pâle.

Caractères sommaires morphologiques :

Proboscis noir et intensivement blanc ventralement chez la femelle ; pas d'écailles ; tibia et tarses I à V avec des bandes pâles basales et apicales chez la femelle.

Caractères sommaires morphologiques :

Proboscis noir ; écailles sombres sur le corps et jaunes à la limite des ailes ; fémur, tibia et tarses sombres excepté le fémur de la patte mésothoracique ; aile entièrement sombre avec des écailles jaunes à leur limite.

Caractères sommaires morphologiques :

Présence d'une large ligne médiane sur le thorax ; pas de plaques blanches ; tibia entièrement sombre, fémur avec une tache pâle basale, avec celui de la patte métathoracique présentant une ligne blanche ; tarses I à II des pattes pro et mésothoraciques avec une bande pâle apicale, tarses I à IV de la patte métathoracique avec une bande pâle apicale, et tarse V entièrement pâle.

Caractères sommaires morphologiques :

Plaques blanches antérolatérales en forme de lyse ; ligne blanche présente sur le fémur des pattes ; tarses I à II des pattes pro et mésothoracique avec une bande pâle apicale ; tarses I à IV de la patte métathoracique avec une bande pâle apicale et tarse V entièrement pâle.

Caractères sommaires morphologiques :

Présence d'une bande blanche cylindrique sur le proboscis ; présence des taches apicales et subapicales sur les tarses.

Caractères sommaires morphologiques :

Présence de cinq paires de plaques blanches dorso-ventralement ; fémur moucheté avec des bandes blanches subapicales ; tarses I à III des pattes pro et mésothoracique avec une bande blanche apicale ; tarses I à IV de la patte métathoracique avec une bande pâle apicale et tarses V entièrement pâle.

DISCUSSION

De la présente étude, il ressort que les larves de la sous-famille d'Anophelinae (63,51%) sont plus abondantes (36,59%), que celles de Culicinae (36,59%). Ces résultats sont similaires à ceux enregistrés par Akono (2005), qui a récolté à Nkolbisson (quartier périphérique de Yaoundé) 62,48% des larves d'Anophelinae et 37,57% de Culicinae. La forte proportion de la sous-famille d'Anophelinae à l'étang du quartier Mairie de Zoétélé s'expliquerait par des conditions du milieu de vie des larves (collection d'eau claire, calme, ensoleillée et moins riche en matières organiques) dans cet étang. Ces observations sont par contre différentes de celles de Ngagni(1996) qui a enregistré 07,80% de larves d'Anophelinae et 92,20% de larves de Culicinae aux alentours du campus de l'Ecole Normale Supérieure de Yaoundé et à ceux de Lema (2000) qui a enregistré 03,30% de larves d'Anophelinae et 96,70% de larves de Culicinae lors d'une étude culicidienne à Messa, Tongolo , Essos (quartiers de la ville de Yaoundé ) , car en milieu urbain ,les collections d'eau sont sombres, polluées et très riches en matières organiques ,et par conséquent propices au développement des Culicinae .

En effet lorsqu'on récolte beaucoup de larves, il y a de forte probabilité d'avoir assez de nymphes, malgré les changements des conditions de vie des larves (milieu de vie, nutrition ...). Nous avons enregistré 64,11% de nymphes d'Anophelinae et 35,39% de nymphes de Culicinae. Le taux d'émergence des larves en nymphes est de 79,49% .Ce taux de transformation est très faible au mois de septembre car, pendant cette période, nous avons observé le plus grand nombre de cadavres de larves de Culicidae dans les bacs d'élevage, mortalité qui serait dû à l'activité prédatrice de larves de l'espèce Culex tigripes, mais aussi par la forte compétition intra-spécifique.

L'abondance des adultes et celle des nymphes étant synchrones, nous observons également une forte abondance d'imagos de la sous-famille d'Anophelinae 68,11% par rapport à celle de Culicinae 31,89%, dont 19,23% du genre Culex et 12,66% du genre Aedes. Le taux de transformation annuel de nymphes en adultes est de 94,05%, soit un taux de mortalité de 05,95%. Ce faible taux de mortalité serait dû au fait que les nymphes ne se

nourrissent pas, et que ce stade de développement est très court (1 à 2 jours). Lorsque nous comparons ces résultats à ceux de Benleg (1999) (100% de la sous-famille de Culicinae ) au campus de l'Université de Yaoundé I , Ngagni (1996) (01,78% de la sous-famille d'Anophelinae et 98,22% de la sous-famille de Culicinae) aux alentours du campus de l'Ecole Normale Supérieure de Yaoundé ,Wague (2002) (03,53% de la sous-famille d'Anophelinae et 96,47 % de la sous-famille de Culicinae ) au quartier Nkomkana , Bakwo (2005) ( 02,79% de la sous-famille d' Anophelinae et 97,21% de la sous-famille de Culicinae ) étangs de la station aquacole du quartier Obili et Akono (2005) ( 67,85 % de la sous-famille d' Anophelinae et 32,15% de la sous-famille de Culicinae ) à Nkolbisson, nous constatons que les Culicinae sont plus abondants dans les quartiers du centre urbain , alors que les Anophelinae sont les plus représentés dans les quartiers périphériques .Ces différences pourraient s'expliquer par le fait que les collections d'eaux des quartiers des centres urbains sont plus polluées que celles de la périphérie , d'où la distribution des larves des sous-familles de Culicidae. Nos travaux révèlent que dans la sous-famille d'Anophelinae, l'espèce Anopheles moucheti est majoritaire dans l'étang du quartier Mairie de Zoétélé avec 1408 individus (41,07 %), suivi d'Anopheles nili avec 1019 individus (29,72 %).Nos observations rejoignent celles de Le Goff et al. (1993), Njan Nloga et al. (1993) et Manga et al (1995) faites dans différents faciès écologiques du Sud-Cameroun. Ces grands effectifs d'Anopheles moucheti s'expliqueraient par le fait que le vecteur profite de la dégradation progressive de l'environnement forestier, ainsi que la création des voies de pénétration en milieu forestier pour agrandir son implantation dans ce faciès écologique. Ces observations sont par contre différentes de celles d'Adam (1956), Languillon et al. (1956) qui ont signalé Anopheles gambiae comme vecteur principal dans le Sud-Cameroun. La forte abondance de la sous-famille d'Anophelinae s'expliquerait par le fait que notre gîte est moins riche en matières organiques, a une eau claire, ensoleillée associée à la végétation. Ce gîte ne convient pas à la sous-famille Culicinae qui se reproduit abondamment dans des eaux beaucoup plus polluées, chargées de matières organiques. Dans la sous-famille de

Culicinae, le genre Culex est majoritairement représenté par Culex quinquefasciatus (09, 79%), qui est le vecteur principal de la filariose de Bancroft. Le genre Aedes révèle qu'Aedes albopictus et Aedes aegypti sont les plus représentées avec respectivement 06,00% et 03,12% .Ces observations sont semblables à celles de Nchoutpouen (2003), qui a montré qu'Aedes albopictus et Aedes aegypti sont prépondérants dans le Sud-Cameroun, et sont des vecteurs potentiels respectivement de la dengue et de la fièvre jaune au Cameroun. De même, Chan et al. (1975), ont montré également qu'Aedes albopictus et Aedes aegypti sont des espèces majoritaires dans la zone équatoriale de Singapour.

Nous n'avons pas obtenu les imagos du genre Mansonia parce que leurs larves vivent au fond de l'eau fixées aux végétaux aquatiques par leurs siphons respiratoires. Ainsi notre méthode de récolte « dipping » ne nous a pas permis d'obtenir ces larves du genre Mansonia.

Au terme de 12 mois, nous avons récolté 6370 larves de Culicidae. Mars, juin, juillet et novembre sont les mois les plus productifs. Ainsi mars présente un maximum de larves avec 881 individus. Janvier, février, mai et octobre sont les mois les moins abondants en larves de Culicidae. Les mois les plus chauds sont février et janvier, alors que mai et octobre sont les mois les plus pluvieux. Les mêmes observations ont été faites par Bakwo (2005) qui a enregistré un maximum de larves de Culicidae au mois de mars (951 larves), février, mai et octobre étant les mois les moins productifs en larves de Culicidae. La forte abondance des larves au mois de mars s'expliquerait par l'arrivée des premières pluies qui reconstituent les parties du gîte préalablement asséchés, tandis qu'en juin et en novembre le gîte est relativement calme du fait de la diminution des pluies. La faible abondance en larves de Culicidae aux mois de janvier et février serait due à l'assèchement d'une bonne partie du gîte, tandis qu'en mai et en octobre, les pluies et les vents agitent l'eau du gîte.

Les variations saisonnières numériques des différents stades de développement de Culicidae ont fluctué toute l'année 2006. Dans la sous-famille d'Anophelinae, les larves du

genre Anopheles sont abondantes pendant la petite saison de pluies (1899 larves) et peu

nombreuses pendant la grande saison sèche (697 larves). Ceci pourrait s'expliquer par le

fait que pendant la grande saison sèche l'activité de pêche (faucardage de l'étang) est

intense dans l'étang du quartier Mairie de Zoétélé. Par contre pendant la petite saison de
pluies, l'arrivée des pluies reconstitue des parties du gîte larvaire préalablement asséché et

les activités de pêche sont moins intenses. De même dans la sous-famille de Culicinae, le

genre Aedes est abondant pendant la petite saison de pluies (352 larves) et peu abondant pendant la grande saison sèche (140 larves). Les larves du genre Culex sont plus abondantes pendant la grande saison de pluies (394 larves).

Dans la sous-famille d'Anophelinae, le genre Anopheles a connu un pic d'abondance en imagos pendant la petite saison de pluies (1599 adultes).Par contre cette abondance en imagos est faible pendant la petite saison sèche (504 individus ).Ces observations sont différentes de celles d'Akono (2005) qui a plutôt enregistré une grande quantité d'imagos du genre Anopheles pendant la grande saison sèche , une faible abondance en imagos lors de grande saison sèche. Dans la sous-famille de Culicinae, chez le genre Culex, on observe une abondance en imagos pendant la petite saison de pluies (277 individus).Cependant Culex quinquefasciatus est abondant pendant la petite saison sèche (148 imagos) .En effet , à cause du faucardage et de l'approximité de la porcherie , il y a pollution de l'étang à cette période, ce qui a favorisé la prolifération de cette espèce , car Culex quinquefasciatus affectionne les eaux polluées ( Manga et al . 1995 ). De même dans le genre Aedes, on a connu un pic d'abondance en imagos pendant la petite saison sèche (237 imagos) à cause du milieu qui devient pollué à cette période.

I- CONCLUSION

La contribution à la connaissance de la faune culicidienne réalisée à l'étang du quartier Mairie de Zoétélé et ses alentours, révèle deux principales sous-familles de Culicidae : Anophelinae et Culicinae.

Nous avons recensé 6730 larves, dont 4274 larves de la sous-famille d'Anophelinae et 2456 larves de la sous- famille de Culicinae, 5327 nymphes dont 3415 nymphes de la sous-famille d'Anophelinae et 1912 nymphes de la sous-famille de Culicinae et 5033 adultes.

La sous-famille d'Anophelinae comprend un seul genre, le genre Anopheles représenté par Anopheles moucheti (27,98%), Anopheles nili (20,25%), Anopheles gambiae (13,01%) et Anopheles funestus (06,87%). La sous- famille de Culicinae comprend 2 genres :

- Le genre Culex représenté par : Culex quinquefasciatus (09,79%), Culex duttoni (07,03%), Culex tigripes (02,42%) ;

- Le genre Aedes représenté par : Aedes albopictus (06,00%), Aedes aegypti (03,12%), Aedes tarsalis (02,50 %) et Aedes vittatus (01,03%). Il apparait que dans cette zone forestière, les vecteurs locaux importants du paludisme sont Anopheles moucheti, Anopheles nili, Anopheles gambiae et Anopheles funestus, tandis qu'Aedes albopictus et Aedes aegypti sont respectivement les vecteurs potentiels de la dengue et de la fièvre jaune. Culex quinquefasciatus est le vecteur principal de la filariose de Bancroft .Le développement prolifique de ces vecteurs serait favorisé par l'écologie de la zone forestière du Sud - Cameroun.

L'abondance en larves de Culicidae du gîte a varié toute l'année. Les mois les plus productifs en larves de Culicidae étant mars, juin et novembre, tandis que les mois les moins productifs en larves de Culicidae sont janvier et février pour les larves. Les

nymphes et imagos sont peu nombreux en janvier, février et septembre. Les activités humaines sur l'étang (faucardage) auraient un impact sur la productivité en larves de Culicidae. Le taux de transformation des différents stades de développement a varié toute l'année. Le taux annuel de transformation des larves en nymphes est de 79,49%, tandis que celui de la transformation annuel des nymphes en adultes est 94,05%. Le taux de transformation annuel des larves en adultes est de 75,22%. Ce taux est prévisible car, il dépend des transformations des larves en nymphes d'une part, et des nymphes en adultes d'autre part.

Les quantités de larves, nymphes et adultes par genres de Culicidae par saisons ont fluctué toute l'année 2006. Les larves du genre Anopheles et Aedes sont plus abondantes pendant la petite saison de pluies ; celles du genre Culex sont plus abondantes pendant la grande saison de pluies. Les nymphes des genres Anopheles et Aedes connaissent leur pic de productivité pendant la petite saison de pluies, celle du genre Culex lors de la grande saison de pluies .Chez les imagos, les genres Anopheles et Culex sont plus abondantes pendant la petite saison de pluies, le genre Aedes pendant la petite saison sèche.

II- PERSPECTIVES

Nous comptons étendre ce travail dans toute la région du Sud- Cameroun où la transmission du paludisme est pérenne, en incluant des techniques de biologie moléculaire pour l'identification spécifique des espèces appartenant à des groupes ou complexes d'espèces, nous envisageons aussi de mener des études de phylogénie et de phylogéographie en utilisant des marqueurs appropriés tels que l'ADN mitochondrial pour mieux comprendre l'évolution de la distribution géographique des différentes espèces.

RECOMMANDATIONS

Nous proposons aux populations locales, l'utilisation prolongée des moustiquaires imprégnées d'insecticides à longue durée d'action pendant toute l'année, d'étendre les insecticides larvicides (par exemple le téméphos) sur l'étang par épandage tous les mois, et l'aspersion intra-domiciliaire des insecticides sur les murs des maisons par exemple la lambda-cyhalothrine (ICON 10CS) (Graham et al, 2008).

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Annexe 1

Caractères différentiels des Anophèles, Aedes et Culex (Danis & Mouchet, 1991)

Annexe 2

Annexe 3

Annexe 4