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L'incidence des importations et aides alimentaires sur l'agriculture congolaise

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par jean louis ndonda
Université de Kinshasa - Licence 2009
  

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1.1.5. Croissance et Développement Economique

On utilisera fréquemment les expressions croissance économique et développement économique. Leurs significations ne sont pas identiques.

L'expression croissance économique renvoie à l'augmentation de la production (produit intérieur brut) par habitat, ou du revenu (produit national brut) par habitat dans un pays17. Les deux ne sont pas nécessairement identiques : certains des revenus provenant de la production peuvent s'écouler vers l'étranger.

L'expression développement économique a deux significations. L'on l'utilise pour désigner la croissance économique à laquelle s'ajoute

17 HAGEN (Everett), Economique de développement, Economica, Paris, 1982, col. Tendances actuelles, p.11

l'amélioration de la répartition du bien-être matériel à l'intérieur des pays à bas revenu. Dans ce sens, elle implique une amélioration de l'alimentation, des services de santé, et de l'éducation des familles aux revenus les plus bas18.

On utilise aussi l'expression développement économique, de façon plus technique, pour designer tous les effets complexes de la croissance, voulus ou non, bénéfiques, préjudiciables ou neutres : les transformations dans les types de biens produits, les méthodes pour les produire, et la structure de l'emploi. On l'utilise aussi pour désigner les transformations dans le taux de croissance de la population, le commerce extérieur, et l'urbanisation, etc.

1.1.5.1. Développement durable

L'expression développement durable est la traduction du terme anglais « sustainable development » elle a été définie pour la première fois de façon claire en 1987, dans le rapport Brundtland de la commission de l'ONU sur l'écodéveloppement. Sa définition la plus simple, celle du rapport de Brundtland, est la suivante : « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. ».19 Cette définition reste peu opérationnelle car elle est trop large et s'appuie sur la notion de besoins qui est à préciser.

Malgré le flou qui caractérise cette notion, au sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992, le développement soutenable est présenté comme un modèle. Il est évoqué en termes de respect des hommes et de l'environnement et a pour finalité l'autonomie alimentaire par la mise en valeur des ressources locales.

18 Idem, p.12

19 VALLEE Annie, Economie de l'environnement, éd. Seuil, Paris, 2002, p.41

Le développement soutenable est également conçu comme une articulation entre développement agricole et protection de l'environnement. Redclift et Olivier Godard vont plus loin dans l'analyse de cette notion. Pour ce dernier, le développement durable s'est imposé comme un des objectifs de la communauté internationale pour concilier le développement économique et la protection de l'environnement planétaire. Cependant, dit-il, la notion en soi est incertaine et vise à nommer un défi plus qu'elle n'ordonne des actions à entreprendre20. Pour Godard le développement durable assumerait trois fonctions institutionnelles : décloisonner les analyses, intégrer l'environnement dans une perspective de développement économique, lier l'environnement et les relations Nord/Sud.

Jean-Pierre Bertrand s'accorde avec les auteurs précédents pour dire que la notion de soutenable est un compromis entre intérêts socioéconomiques et les intérêts socio-écologiques. Mais en agriculture, ce compromis qui s'inscrit sur une longue durée, porte l'idée de se donner du temps pour une solution plus globale face à la crise agricole21.

Ces auteurs attirent par ailleurs notre attention sur la polysémie du terme « soutenable ou durable » : on ne sait pas très bien ce qu'il recouvre néanmoins il est utilisé par les scientifiques et par le grand public en général.

Mais la notion de durable est également assimilée à « reproductible ». Une agriculture durable serait ainsi en rapport avec la possibilité de reproduction des exploitations et des formes sociales de production. Le cas échéant, des exploitations agricoles à caractère intensif peuvent y figurer pourvu qu'elles assurent leur viabilité. Ainsi, le développement soutenable autoriserait aussi la perpétuation d'une forme de productivisme violé par une :

20 GODARD (Olivier), Le développement durable : paysage intellectuel in Nature, sciences et sociétés, vol.2, Paris, p.330

21 BERTRAND(Jean-Pierre) et GUILERMO HILLCOAT, Op.cit, p. 101

idéologie de l'environnement qui recours à l'éthique, à la morale, pour valoriser et défendre la compétitivité, pour légitimer l'assistance.

Pour s'accorder avec les auteurs précédents, nous définissons le développement durable comme celle qui assure à la fois la rentabilité et la qualité des produits, des paysages, de l'environnement physique et social, autrement dit un développement qui viendrait combler les failles du modèle de développement intensif.

1.1.5.2. Sous-développement

C'est une économie qui a comme caractéristique principale ; insuffisance d'infrastructures économiques, de moyen de transport, de formation, d'éducation de la population moyenne, économie insuffisamment industrialisée où l'agriculture est le seul secteur le plus dominant de la vie économique, etc.

Selon l'expression de François Perroux, le sous-développement est le blocage de la croissance qui résulte de la domination des pays développés22. Le sous-développement des uns serait alors la conséquence du développement des autres.

Plusieurs manifestations de ce processus sont ainsi mises en avant :

1° L'échange inégal qui maintient les pays en dével oppement dans la production de produits de base (d'origine agricole et minière) et les condamne à servir de débouchés aux produits manufacturés des pays industrialisés ;

2° Le développement des cultures d'exportation rése rvées aux marchés étrangers (coton, café, bois, tabac) aux dépens des cultures vivrières permettant d'améliorer le niveau de subsistance des populations ;

22 NYEMBO SHABANI, Op.cit.

3° La dégradation des termes de l'échange qui appau vrit les pays en voies de développement puisqu'ils achètent de plus en plus cher des produits étrangers alors que les prix des produits qu'ils exportent eux-mêmes diminuent ;

4° Le développement du dualisme économique et socia l, c'est-à-dire la coupure, la fragmentation des structures économiques et sociales en deux groupes séparés (opposition entre un secteur moderne et un secteur traditionnel dans l'agriculture comme dans l'industrie ; opposition entre les villes et les campagnes, etc.).

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