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La question technologique à  la genèse du discours éthique de Hans Jonas. Une lecture du principe responsabilité

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par Bertin NKENGELE
Faculté de philosophie Saint Pierre Canisius de Kimwenza en RDC - Bachelier en philosophie 2013
  

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FACULTE DE PHILOSOPHIE

SAINT PIERRE CANISIUS

Kimwenza-Commune de Mont-Ngafula

B.P. 3724 KINSHASA-GOMBE

R.D.CONGO

LA QUESTION TECHNOLOGIQUE À LA GENÈSE DU DISCOURS ÉTHIQUE DE HANS JONAS Une lecture du Principe Responsabilité

Par : KENGELE MILAU Bertin Samuel,cicm

Mémoire

Présenté pour l'obtention du Grade de

Bachelier en Philosophie

Directeur : Prof. Dr. MBUNGU MUTU Joseph,cmf

Kimwenza, Juillet 2013

EPIGRAPHE

L'homme est le seul être connu de nous qui puisse avoir une responsabilité. En pouvant l'avoir, il l'a. Être capable de responsabilité signifie déjà être placé sous le commandement de celle-ci : le pouvoir même entraîne avec lui le devoir. Je suis responsable de mon acte en tant que tel (de même que de son omission), et peu importe en l'occurrence qu'il y ait là quelqu'un pour me demander d'en répondre maintenant ou plus tard.

(Hans Jonas, Pour une éthique du futur)

"Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre."

(Hans Jonas, Principe Responsabilité

Je dédie ce travail à tous ceux et toutes celles qui militent pour la justice, la paix et l'intégrité de la création. Je pense surtout à ceux et celles qui, par leur action, luttent pour l'existence des générations futures.

Il serait pour moi une ingratitude notoire, si je ne remerciais pas, au terme de ce cycle d'études philosophiques, tous ceux et toutes celles qui m'ont aidé de loin ou de près pour la réalisation de ce travail.

Je pense en premier lieu au Seigneur Dieu de l'Univers pour la vie qu'il ne cesse de me donner.  "Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c'est en vain que veillent les gardes." [Psaume 127(126)]

En deuxième lieu, je pense à ceux par qui je suis venu au monde : MILAU NKENGELA Joseph et NKITABUNGI TSHIMBILA Thérèse, pour l'éducation, l'attention et surtout pour l'affection témoignée à mon égard.

Je remercie, en troisième lieu, les autorités académiques de la Faculté à travers le professeur père MBUNGU MUTU Joseph pour s'être montré disponible à diriger ce travail et surtout pour ses précieux conseils.

Je ne peux pas ne pas remercier la Congrégation du Coeur Immaculé de Marie (CICM-Scheut) à travers le T.R.P. Tym ATKIN (Supérieur général), R.P. Louis NGOY (Provincial Kin), R.P. François-Xavier N'SAPO (Provincial AFA), R.P. Justin MWENGAMOTI (Recteur), P. Herman Ndeko COENRATS (Accompagnateur spirituel),... pour leur contribution à ma formation tant académique que missionnaire et religieuse.

A vous mes confrères prénovices, novices et postnovices cicm, mes frères et soeurs, mes cousin(e)s, mes ami(e)s, mes oncles et tantes, mes camarades étudiants, mes co-séminaristes de Hans Jonas,..., j'exprime ma reconnaissance pour vos conseils, vos encouragements et votre soutien à ma personne.

A toutes et tous, je dis sincèrement merci.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

2.4.1. 1. Problématique

La question du bien et du mal, c'est-à-dire la question de la morale est aussi vieille que l'histoire de l'homme. Ce dernier est au centre de toute éthique. Dans toutes les sociétés, ont existé des pratiques morales, des sagesses, des manières de faire qui, non seulement s'intéressaient à la question du bien et du mal, mais aussi visaient le plein épanouissement de l'homme et sa réalisation en tant qu'être humain. Cette éthique qui met l'homme au centre de tout, est ce que Hans Jonas1(*) appellera « éthique traditionnelle ou classique » en opposition à l' « éthique de la responsabilité ». Celle-là s'occupait uniquement de l'homme et des relations interhumaines. Ce qui n'a pas commerce entre homme et homme, c'est-à-dire les choses extrahumaines ne pouvaient faire objet de l'éthique de n'importe quelle manière que ce soit.

L'homme, depuis son apparition sur la terre, a toujours usé de la technique, d'une manière ou d'une autre, pour subvenir à ses besoins de survie. Plus l'homme évolue, plus sa technique devient de plus en plus performante et sophistiquée. L'humanité est passée de la technique traditionnelle ou prémoderne à la technique moderne. Celle-ci est devenue technologie, et comme tel inséparable de la science. Raison pour laquelle le concept `technoscience' semble suffire pour designer l'agir de l'homme. La technologie est presque présente dans tous les domaines de la vie de l'homme contemporain et s'avère d'ailleurs inévitable. La mondialisation ou la globalisation sont l'une des expressions du progrès technoscientifique.

Cependant, comme l'affirme Hans Jonas dans Le Principe responsabilité, « (...) la promesse de la technique moderne s'est inversée en menace »2(*). La menace vis-à-vis non seulement de la nature, mais également de l'homme inventeur de la technique. L'exemple typique est celui du réchauffement planétaire causé par l'homme et susceptible de générer de nombreuses conséquences sur l'homme lui-même et sur d'autres espèces.

Avec la technologie, il s'est opéré un changement au niveau de la manière de faire des hommes. Les hommes autrefois dominés par la nature sont devenus maîtres de celle-ci et la manipulent comme bon leur semble. Cette maîtrise de la nature et de l'homme a commencé à poser de nombreuses questions auxquelles l'éthique du passé ne pouvait répondre. Il s'est créé un vide éthique. Pour ce faire, l'idéal serait de transformer le discours éthique ou de mettre au point un nouveau discours éthique. C'est ce nouveau discours que notre auteur appelle : éthique de la responsabilité. Celle-ci n'est pas anthropocentrique. Elle veut la sauvegarde de l'humanité et de la nature devant les menaces du danger lié au progrès technoscientifique, non seulement hic et nunc, mais aussi dans l'avenir. D'où l'impératif jonassien : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre »3(*).

* 1 Hans Jonas est né en Allemagne en 1903 et décédé en 1993 aux États-Unis où il avait fini par s'établir après avoir fui l'Allemagne hitlérienne. Il est allemand d'origine juive. Il a été élève de Heidegger, de Bultmann et de Husserl. Après son exil il devint professeur à Jérusalem, au Canada (1949), à New York (de 1955 à 1976). Il est lauréat du prix de la paix des libraires allemands. Son oeuvre majeure est le Principe Responsabilité publié en 1979 (en Allemand). Pour ce travail, nous utiliserons l'édition française de 1995 du Principe Responsabilité traduit par J. Greisch.

* 2 H. JONAS, Le Principe Responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, p. 13.

* 3 Ibid., p. 30.

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