WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'integration des batwa au Kivu comme moyen de lutter contre la discrimination et la pauvreté. Cas des batwa babuluko de Walikale.

( Télécharger le fichier original )
par Dieudonné AKILIMALI
Institut Supérieur Technique Commercial et Économique "ISCTE" Bukavu - Licencié en développement communautaire et rural  2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Chapitre 2. APERÇU SUR LA REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES PEUPLES AUTOCHTONES

2.1. Les peuples autochtones dans le monde

Les peuples autochtones vivent dans des vastes régions de la terre ; de l'Afrique au Pacifique Sud, ils sont, d'après les estimations, quelque 370 millions12(*). Les peuples Autochtones ou aborigènes sont ainsi dénommés car, ils vivent sur leurs terres avant que des colons venus d'ailleurs ne s'y installent. Ils sont les descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l'époque où des groupes de population de cultures ou d'origines ethniques différentes y soit arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l'occupation, la colonisation ou d'autres moyens.

Il y a de nombreux peuples autochtones notamment ; les Améridiens (les Mayas du Guatemala ou des Aymars de Bolivie), les Inuits des Aléoutes de la région circumpolaire, les Amis de l'Europe septentrionale, les Aborigènes et les insulaires du détroit de Torres d' Australie et les Maoris de Nouvelle-Zélande. Ces peuples et la plupart des autres peuples autochtones ont conservé des caractéristiques sociales, culturelles, économiques et politiques qui se distinguent nettement de celles des autres groupes qui composent les populations nationales.

Les populations autochtones sont réparties dans le monde de la façon suivante :

Population autochtone par zone géographique[]

Zone géographique

Population (millions)

Asie (hors Russie)

150-200

Amérique latine

45-50

Afrique

14

Amérique du Nord (hors Mexique)

1,5

Russie

1

Europe

0,08

Ils forment au moins 5 000 groupes autochtones différents, et autant de cultures différentes, parlent plus de 4 000 langues dont la plupart sont en danger et risquent de disparaitre d'ici la fin du XXIesiècle[]. Au cours des trente dernières années, les peuples autochtones se sont fortement déplacés de leurs terres traditionnelles vers les villes, pour chercher de l'emploi mais aussi à cause de violations et abus des droits de l'homme, notamment des droits à leurs terres et à la survie culturelle. Dans de nombreux pays, ils sont plus de 50 % à vivre en régions urbaines.13(*)]

2.2. Les peuples autochtones en Afrique

La diversité des situations des peuples autochtones fait qu'il n'existe pas de définitions universelles de la notion d'autochtone. Néanmoins, poser la question de savoir qui sont les peuples autochtones en Afrique, c'est tenter de rechercher les particularités permettant de les identifier comme tels dans le contexte africain. Généralement, il est admis que les peuples autochtones sont ceux installés sur un territoire depuis des temps immémoriaux. En plus, au nombre de critères retenus par la doctrine internationale on a, outre le fait qu'ils sont descendants des premiers habitants d'un territoire donné, qu'ils sont nomades ou semi nomades, l'absence d'institutions politiques. On ajoute, enfin et surtout le fait qu'ils sont constitués d'individus qui se considèrent subjectivement comme autochtones et sont acceptés comme tels par le groupe (Julian Burger, 1987, 9). Ce dernier élément est capital et revêt pour les intéressés une grande importance car, grâce à l'auto-identification, ils peuvent se définir eux-mêmes et identifier leurs propres membres.

En tout état de cause, il faut insister sur ces spécificités en ajoutant d'autres critères. En Afrique, les préjugés à l'égard de certains groupes sont source de nombreuses discriminations à leur encontre. Comme corollaire, ils sont conditionnés à s'enraciner davantage dans leur situation d'assujettis ou de dominés entraînant leur marginalisation sur le plans politique, économique et socio culturel. Ce qui semble caractériser la question autochtone en Afrique, c'est sa complexité qui est liée au fait que ces populations ont longtemps eu l'habitude de se soumettre aux pouvoirs autoritaires en se considérant comme « sujet » c'est-à-dire des personnes n'ayant que des devoirs à l'égard du chef.

Au coursde l'analyse entreprise par IPACC pour déterminer qui est autochtone en Afrique, il est apparu clairement que les cultures qui ont conservé leurs systèmes de connaissances traditionnelles, et qui sont fortement tenus à l'écart de la gouvernance, sont aussi ces mêmes cultures associées avec une exploitation durable des ressources naturelles à l'intérieur d'écosystèmes très particuliers. Les chasseurs-cueilleurs san et les éleveurs khoe d'Afrique australe viennent de régions désertiques, de même que les touaregs nomades du sahara. Les chasseurs-cueilleurs de l'Afrique centrale et de l'Afrique de l'Est sont tous des populations qui vivent dans la forêt, tirant leur nourriture de l'utilisation durable de la biodiversité de la forêt. D'autres éleveurs tels que les bororos (Wodaabes, peuls, foulbés), les massais, samburus, Rendilles, datogas et autres sont tous des spécialistes de la survie en zones semi-arides d'herbages et des savanes d'Afrique.

Le concept de populations autochtones existe dans les cultures et les langues africaines. Des termes tels que « Batwa », « Baroa », Abatwa », Bacwa », Basarwa, Boni, Sanye, Dorobo s'appliquaient aux populations de chasseurs cueilleurs qui se différencient despeuples pasteurs, et agricoles qui avaient immigré dans leurs territoires au cours des siècles.

Dans la plupart des cas, ces populations vivaient en bon voisinage, partageant différents aspects de leurs économies. Les chasseurs troquaient leur viande sauvage et leur miel contre les céréales, le métal et autres objets que leur fournissaient les fermiers.

Quoi qu'il en soit, ce qui rapproche tous ces peuples et qu'ils partagent avec ceux des autres continents, c'est qu'ils sont conscients d'avoir une personnalité propre avec des traditions sociales et personnalité d'expression liées à leurs environnements hérités de leurs ancêtres, qu'ils possèdent leurs langues propres et certaines caractéristiques essentielles et uniques, qui leur donnent la ferme conviction d'appartenir à un peuple avec une identité propre que les autres doivent respecter en tant que telle. Ceci ne peut être favorisé que par la démocratie utile : ce moyen politique de sauvegarder la diversité, de faire vivre ensemble des individus et des groupes de plus en plus différents les uns des autres dans une société qui aussi fonctionne comme une unité. (Alain Touraine, 1994, 171.).

En Afrique, les peuples autochtones sont localisés dans de nombreuses régions :

· En Afrique Orientale, les Masai (Kenya et en Tanzanie), les Ogiek, les Amburu, les Hadzabe (Tanzanie).

· En Afrique Australe, les Hottentos et les Boshmen (Désert de Kalahari).

· En Afrique Centrale : les Bambuti, les Batwa appelés pygmées à cause de leur taille (la plupart mesure 1,44mètres) en R.D.Congo, Rwanda, Burundi et Ouganda.

· En Afrique Equatoriale, les pygmées (Bongo, Efe, Bangyeli, Mbendjele,....)

· En Afrique du Nord : les Touaregs et d'autres peuples nomades du désert de sahara.

2.3.Les peuples autochtones en République Démocratique du Congo :

En République Démocratique du Congo, on trouve les pygmées dans la province Orientale (Kibali -Ituri et Uele), du Kivu (Kabare, Kalehe, Idjwi, Uvira, Mwenga, Nyiragongo, Walikale, Beni- Lubero, Masisi, Rutshuru et dans le Maniema), de l'équateur (Tshuapa, Ubangi) du Katanga (Moba) et du Kasai (Sankuru). Il est probable que les pygmées soient dans toutes les provinces de la RDC, excepté le Bas Congo. De nos jours, il n'existe pas de chiffres qui signalent les pygmées comme une entité démographiquement distincte. Cependant, les peuples autochtones pygmées des forêts constituent en RDC une mosaïque complexe de groupes ethniques apparentés. Les définitions et chiffres existants ne sont ni précis ni cohérents entre eux. On n'a pas trouvédetrace d'un recensement exhaustif ou d'une cartographie des groupes autochtones en RDC, et la plupart des études sociologiques ou anthropologiques concernant les chasseurs-cueilleurs autochtones se sont focalisés sur les forêts d'Ituri. C'est en 1863 que l'explorateur français DUCHALLU fit les premières observations sur les pygmées. Plus tard, SCHESEINFURTH et BAUMA décrivirent les Bambuti ou AKKAS respectivement en 1874 et 1894. En 1914, Struct étudia leur langue et Gromier (1937) inventoria leurs aliments d'origine végétale. Par la suite, plusieurs observations furent faites successivement par SHEBESTA (1939-1952) qui étudia les Bambuti. En 1946, BOELART fit le premier recensement démographique des pygmées. SCHUMACHER (1949) étudia les Barhwa du Kivu, Gustave (1956) et Bonardel (1973) étudièrent la répartition géographique des pygmées en Afrique Centrale, CHIFUNDERA (1996) étudia les pygmées du parc National de kahuzi Biega (PNKB) Sud-Kivu, Mgr Munzihirwa (1996) parla de la civilisation de la flèche ou des chasseurs « BARWA » du Bushi dans la dynamique de l' intégration politique de la Nation Shi, Le Dr J.JADIN étudia les groupe sanguins des pygmées(1935) ; selon Bailey (1985), Bahuchet (1939), et Dyson (1992), environ 70 à 100.000 personnes s'identifient comme chasseurs cueilleurs autochtones et/ou leurs descendants . Néanmoins, d'autres sources donnent des estimations plus élevées. Selon Lewis (2000), JACKSON (2004) ; les peuples autochtones compteraient jusque 250.000 individus en RDC. Sur la base des résultats préliminaires d'un recensement nationale, la ligue nationale des pygmées du Congo (LINAPYCO)estime que les groupes autochtones comptent entre 450 à 600.000 individus et qu'ils sont répartis dans 47 des 145 territoires du pays. 14(*)

Il est généralement admis que les chasseurs cueilleurs ou pygmées, sont les premiers habitants des forêts du Congo. D'après cette théorie ces populations vivaient en autarcie grâce à une économie de cueillette, avant que des groupes d'agriculteurs n'immigrent dans la forêt, pendant le premier millénaire. Mais d'autres études suggèrent que les premiers contacts avec les agriculteurs immigrants sont plus anciens, datant d'environ 2000 à 3000 ans (Bahuchet, et Guillaume 1982, Bailey 1985, Hart1986, et vansina1990).

Les groupes habituellement reconnus comme pygmées en RDC sont : Les Bambuti (y compris Batwa, Efe, et Aswa) qui sont localisés dans l'Est du pays spécialement en Ituri, les Twa qui sont localisés le long de la frontière avec le Rwanda et dans la région du lac Tumba dans l'Equateur, et les CWA qui vivent dans les forêts et Savanes autour des lacs du Kasaï. D'autres groupes sont répartis à travers la région forestière de la RD Congo, notamment les Aka le long de la forêt Nord-ouest à la frontière avec la République du Congo.

Pour la LINAPYCO, les peuples autochtones de la RDC se regroupent en trois types : Les groupes « forestiers » vivant notamment dans les forêts d'Ituri ; les groupes « riverains » vivant au bord des lacs et rivières spécialement dans l'Equateur et le Kasai, et enfin les groupes « potiers » vivant à l'Est du pays dans le Nord et le Sud-Kivu.

2.4. Les peuples autochtones aux Kivu

Au Kivu, les pygmées sont considérés comme les peuples autochtones de la région. Ils sont identifiés sous plusieurs dénominations, bien qu'ils aienten commun l'appellation des Batwa. Leur appellation diffère selon le milieu géographique de vie: Barwa au Bushi, Bayanda, Baburuku dans le territoire de Kalehe, Batswa à Idjwi ; Bambote, Balanga, Bashaasumba, Bakyenga dans le massif d'Itombwe ; Batwa, Bambuti dans le Masisi, le Rutshuru, le Nyiragongo et le grand Nord Beni - Lubero ; Batwa, Bambote, Tunguti dans le Maniema ; Bashimwena à Fizi ; Babuluko, Banamatumo, Bakeka dans le territoire de Walikale.

* 12Déclarations des Nations Unies sur les peuples autochtones 2007

* 13http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Peuple_autochtone&oldid=94055008.

* 14 CIFOR, la forêt de la RDC post- conflit, analyse d'un agenda prioritaire, CIFOR, BM et CIRAD, 2007,P...

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote