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Contribution des activités touristiques au développement territorial : une étude cas de la commune de Port-Salut.

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par Charly Camilien VICTOR
Universite d'Etat d'Haiti - Licence 2016
  

Disponible en mode multipage

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Université d'Etat d'Haïti

Faculté de Droit et des Sciences Economiques

Sujet

Contribution des activités touristiques au développement territorial : une étude cas de la commune de Port-Salut.

Directeur : Professeur Narcisse Fièvre

Mémoire de fin d'études préparé et présenté par Charly Camilien VICTOR en vue de l'obtention du grade de Licencié en Sciences Economiques

Promotion : 2011-2015

i

i

Dédicaces

v A ma mère ALOURDE VICTOR, c'est le moment de t'avouer ma plus profonde gratitude en raison des efforts que tu as consentis durant toute ma vie. Merci de m'avoir aimé autant.

v A mon père WESNER CAMILIEN, c'est le moment de te dire que le trésor caché en moi m'a permis de m'élever au milieu de toutes les difficultés avec intelligence et dignité.

v A ma marraine FERNANDE PETIT-FRèRE ET MA COUSINE MYRTILIA ELYSé, vous méritez bien de mon sincère amour car votre contribution est incommensurable.

v A Mes frères, JACKSON CAMILIEN VICTOR, ENERVE MONDESIR, JEFTE CAMILIEN VICTOR, FRANçOIS LAVIOLETTE, NIXON CAMILIEN ET PIERRE GARVEY CAMILIEN, c'est le moment de vous témoigner mes plus sincères considérations puisque ma motivation émane bien de vous.

v A mes soeurs, LUNIDE JEAN-LOUIS, KATTIA MOMBRUN, MODELINE MAURANCY,

QUERLINE BELC]US c'est bien le temps de vous dire que vous avez toujours été celles qui me rendent heureux.

v A mon Cousin YLSAGE LAMITII, c'est le moment idéal de te remercier d'avoir accepté de dépasser et de négliger vos habitudes en ma faveur.

v A mes amis et conseillers, Rév. MICHEL BORGELLA, SHOWNA TELISMé, ENOCK LINDOR c'est le moment de vous témoigner ma reconnaissance puisque vous avez été toujours là pour des conseils et suggestions.

v A mon grand ami défunt, Johnson Baptiste, avec qui je partageais les rêves les plus ambitieux de l'avenir.

v A tous les étudiants de la PROMOTION 2011-2015 (section économique) de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques (FDSE).

Remerciements

II

Je tiens à adresser mes plus sincères remerciements et ma profonde gratitude :

> Au Professeur Narcisse Fièvre, pour avoir accepté de suivre ce travail malgré ses nombreuses autres occupations, et en raison de la confiance qu'il a placée en moi avec preuve d'un esprit très ouvert.

> A tout le corps enseignant de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques d'avoir pris du temps de manière à contribuer à ma formation jusqu'à la fin des études.

> Aux Professeurs, Membres du Jury pour l'honneur qu'ils nous font en acceptant d'apprécier ce travail.

> A tous les employés du ministère du tourisme et des industries créatives d'avoir fait preuve de respect et de disposition à mon égard, plus précisément Mr Samuel Estinvil, Mme Rebecca Augustin comme personnes ressources.

> A tous les employés des archives de l'IHSI pour leur compréhension.

> A tous mes amis de la FDSE plus précisément, Ernson Augustin, Kenson Faveur, Jean Luckner, Renaldy Camilien, Anderson Vil, Katiana Bacilien, Didier Bernard, Omano Bernard pour leurs précieux conseils et leurs supports moraux.

> A tous les enquêtés port-salviens d'avoir fait montre d'une hospitalité à nulle autre pareille.

> A mes frères, Enerve Mondesir et Jackson Camilien Victor pour leur aide inconditionnelle durant tout ce parcours universitaire.

III

Liste des Sigles et des Abréviations

ADL : Agence de Développement Local

AFD : Agence Française de Développement

ATH : Association Hôtelière et Touristique d'Haïti

BID : Banque Interaméricaine de Développement

BRH : Banque de la République d'Haïti

BUST : Bulletin Trimestriel de Statistiques Touristiques

CASEC : Conseil d'Administration des Sections Communales

CIAT : Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire

CNUCED : Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement

CREOCEAN : Marine and Coastal Consultancy Services (Service de Consultation Marine et

Costal)

CTO: Caribbean Tourism Organization (Organisation du Tourisme Caraïbéen)

CV : Curriculum Vitae

DGI : Direction Générale des Impôts

DSRP: Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

DSNCRP : Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté

EU : Etats-Unis

FDSE : Faculté de Droit et des Sciences Economiques

FMI : Fonds Monétaire International

GDP: Gross Domestic Product (produit domestique brut)

IDH : Indicateur du Développement Humain

IFORTH : Institut de Formation en Tourisme et Hôtellerie

IHSI : Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique

IRPCH : Inventaire des Ressources et des Potentialités des Communes d'Haïti

ISPAN : Institut de Sauvegarde du Patrimoine National

MARNDR : Ministère de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural

MINUSTAH : Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti

iv

MTIC : Ministère du Tourisme et des Industries Créatives

OMT : Organisation Mondiale du Tourisme

ONG : Organisation Non Gouvernementale

ONU : Organisation des Nations Unies

PDG : Président Directeur Général

PIB : Produit Intérieur Brut

PMA : Pays Moins-Avancés

PME : Petite et Moyenne Entreprise

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

PNUE : Programme des Nations Unies pour l'Environnement

PSDH : Plan Stratégique de Développement d'Haïti

PSDL : Plan Stratégique de Développement Local

RIAT : Régions Intégrées d'Aménagement Touristique

SET : Secrétairerie d'Etat du Tourisme

SIDA : Syndrome Immunodéficience Acquise

SOLANO : Société Labadie Nord

UEH : Université d'Etat d'Haïti

UFSC : Université Fédérale de Santa Catarina

UNEP : Programme des Nations Unies pour l'Environnement

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture

UNOPS: Bureau des Nations Unies pour les Services d'Appui aux Projets

TPE : Très Petite Entreprise

WTTC: World Travel and tourism Council (Conseil Mondial de Voyage et de Tourisme)

ZTDC : Zone de Tourisme Durable de la Caraïbe

V

Table des matières

Dédicaces

Remerciements

Liste des Sigles et des Abréviations

Table des Matières

Liste des Tableaux et des Graphiques

Introduction

Première Partie : « Cadre méthodologique et cheminement théorique »

Chapitre I : Objectif de la recherche et Problématique

I-1. Objectif de la recherche

I-2. Problématique

I-2-a. Perspective : Rentabilité économico-financière ou durabilité

I-2-b. Situation de déclin du tourisme Haïtien et de ses sous-espaces territoriaux

I-2-c. Problèmes liés au type de tourisme actuellement pratiqué

I-2-d. Situation des autres secteurs économiques

I-3. Questions de recherches

Chapitre II : Revue de la littérature

Section I : Cadre théorique et conceptuel

II.1-a Développement territorial : Essai de définition

II-1-b Evolution à travers le temps du concept « développement territorial »

II-1-c Externalités et activités touristiques

II-1-d Rapport entre tourisme, culture, et territoire

II-1-e Aspect socio-économique du développement territorial

II-1-f Perspectives d'un développement territorial durable du tourisme

II-1-g Economie Territoriale : théorie de base économique

II-1-h Mécanismes de planification inspirés principalement de Gunn. A. Clare

Section 2 : Brève revue de la littérature empirique

Section 3: Formulation d'hypothèses

Section 4 : Méthode et sources bibliographiques ..
Deuxième partie : « Industrie touristique à travers le monde : Particularités régionales et nationales »

Chapitre I : Ampleur et importance relative de l'industrie touristique .

Section 1 : L'industrie touristique à travers le monde .

I-1-a Evolution macroéconomique et arrivées des touristes internationaux

I-1-b Etat d'avancement du tourisme dans les économies émergentes

I-1-c Evolution des arrivées et impact de la crise de 2008-2009 .
I-1-d Principaux continents bénéficiaires de l'augmentation des arrivées touristiques.

I-1-e Type de tourisme et de transport les plus adoptés

I-1-f Dépendance développée au tourisme par certains pays et bénéfices majeurs captés par

d'autres .

vi

I-1-h Situation des PMA et des Etats insulaires .

I-1-i Tendance vers un tourisme durable

Section 2 : La situation dans la Caraïbe

I-2-a Evolution du tourisme dans la Caraïbe ..

I-2-b Contraintes au développement touristique de la Caraïbe et disparités entre les pays.

I-2-c Préservation du cadre environnemental propre au tourisme

Chapitre II : Description du Tourisme en Haïti .

Section 1 : Histoire du tourisme en Haïti

II-1-a Naissance et évolution du tourisme

II-1-b Approche historico-politique de la naissance du tourisme en Haïti ..

Section 2 : L'industrie touristique actuelle d'Haïti .

II-2-a Parc hôtelier en Haïti

II-2-b Les arrivées touristiques à partir de 2010

II-2-c Les impacts économiques du secteur touristique à partir de 2010 ..

Section 3 : Planification touristique en Haïti

Section 4 : Innovations territoriales, conditions au développement touristique en Haïti. Troisième Partie « Etude de cas : Commune de Port-Salut »

Chapitre I : Présentation du département du SUD et du profil socio-économique et

administratif de la commune de Port-Salut

Section 1 : Le département du Sud et ses caractéristiques

Section 2 : Profil socio-économique, spatial, et administratif de la commune de Port-salut.

Chapitre II : Planification du développement touristique à Port-Salut

Section I : Situation actuelle de la planification touristique

Section II : Analyse sur les différents projets répertoriés

Chapitre III : Exposé de la méthodologie de réalisation de l'enquête ..

Section 1 : Démarche

Section 2 : Objectif de l'enquête

Section 3 : Présentation des résultats de l'enquête ..

Chapitre IV : Analyse par thématique des résultats issus de l'enquête .

IV-1 : Historique des activités touristiques et des spécificités du territoire à l'étude.......

IV-2 : L'attractivité principale, la plage Pointe-Sable

IV-3 : L'artisanat à Port-Salut

IV-4 : D'autres activités économiques à Port-Salut

IV-5 : Situation des entreprises touristiques .

IV-6 : Situation de l'emploi

IV-7 : Fiscalité à Port-Salut

Chapitre V : Conclusions et Recommandations .

Bibliographie

Annexes

vii

Liste des Tableaux et des Graphiques

Tableau 1 - L'évolution des flux touristiques mondiaux de 1970 à 2020

Tableau 2 -Arrivées des touristes internationaux et recettes du tourisme international de 1990 à 2014

Tableau 3 -Evolution du taux de change entre l'Euro et le Dollar américain 2010 à 2014 Tableau 4 : Recettes du tourisme international par région mondiale de destination Tableau 5 : Taux de variation des recettes du tourisme international entre 2010 et 2014 Tableau 6 : Arrivées de touristes internationaux par continent : Part de marché 2014 Tableau 7 : Recettes du tourisme international pour les 10 premiers pays bénéficiaires.

Tableau 8 : Classement des premiers bénéficiaires des arrivées touristiques de la Caraïbe en 2014

Tableau 9 : Dommages et pertes subis lors du tremblement de terre dans la zone métropolitaine Tableau 10 : Arrivées touristiques en Haïti par mois de 2010-2014

Tableau 11 : Contribution du tourisme et du voyage au PIB d'Haïti

Tableau 12 : Contribution du tourisme et du voyage à l'emploi en Haïti

Tableau 13 : Exportations touristiques pour 2014 et place occupée par Haïti dans la Caraïbe. Tableau 14 : Investissement de capital en tourisme et voyage, rang d'Haïti dans la Caraïbe. Tableau 15 : Présentation des résultats de l'enquête.

Graphique 1 : Le tourisme à l'horizon 2030 : tendances actuelles et prévisions 1950-2030. Graphique 2 : Trois pays caraïbéens à taux de croissance de deux chiffres.

Graphique 3 : Investissement de capital en tourisme de 2005 à 2015.

Introduction

8

Importance stratégique du tourisme

Les activités touristiques ont connu un développement fulgurant au cours des 60 dernières années. Les arrivées et les recettes ont augmenté. Des destinations nouvelles ont apparu. Ce secteur en dépit des soubresauts sporadiques a connu une croissance quasiment ininterrompue1. L'entreprise touristique est donc devenue l'activité la plus dynamique au monde à travers le temps comme c'est démontré au tableau ci-dessous.

Tableau 1 - L'évolution des flux touristiques mondiaux de 1970 à 2020

Statistiques OMT2.

Les initiatives des différentes agences de développement telles que le PNUD, le FMI, la CNUCED et la Banque Mondiale, ayant contribué à la mise en place du DSRP (Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté) dans la plupart des pays pauvres, ont porté principalement sur le progrès touristique comme facteur pouvant entrainer la croissance des pays en développement étant donné la disponibilité d'une main d'oeuvre à bon marché inemployée, de cadres naturels et culturels, de services à faibles coûts 3, etc.

1 OMT. Faits Saillants.2015

2 http://etudescaribeennes.revues.org/docannexe/image/6568/img-1.jpg

3 Fred Célimène et François Vellas.2013. « Le tourisme mondial, les inégalités internationales et le problème de la pauvreté », Études caribéennes [En ligne], 24-25 | Avril-Août 2013, mis en ligne le 25 septembre 2015,

consulté le 22 octobre 2015. URL : http://etudescaribeennes.revues.org/6568;DOI :
10.4000/etudescaribeennes.6568

9

Le tourisme est donc vu comme une activité importante dans la vie même d'une nation ou d'un territoire puisqu'il a des conséquences directes sur plusieurs secteurs de la société d'ordres culturels, éducatifs , et économiques .De même, il a aussi des impacts au niveau des relations internationales en raison de sa transversalité, ce qui le rend porteur d'un effet d'entrainement.

Le progrès touristique peut découler du développement socio-économique des nations. Une approche systématique du secteur permettra d'aboutir à une relation entre le tourisme et le développement territorial, puis elle favorisera la prise en compte des interactions complexes et des rétroactions au sein même du dit secteur. De plus, elle nous facilitera l'utilisation du processus de planification comme cadre de référence dans notre analyse.

Selon certains auteurs dont Bernard Pecqueur4, Paul Krugman5 et autres, le terme de développement territorial se rapproche et élargit même le cadre du développement durable. Une articulation du tourisme et de la durabilité constituera un champ particulier de compréhension de l'apport des activités touristiques à la mise en place de mécanisme pouvant assurer la participation de la population locale à la sauvegarde de patrimoine et permettant en grande partie d'éviter des impacts socio-culturels et écologiques indésirables. Etant un territoire d'accueil, il convient sans nul doute de fixer des conditions afin de faire du tourisme en Haïti un vrai vecteur de développement en lien avec l'environnement et les intérêts socioculturels et économiques afin de se projeter vers une dynamique durable.

Du fait de la mondialisation, le tourisme peut être aussi vu comme un facteur pouvant permettre à la fois l'intégration d'espaces et de sociétés à la vie internationale et la diversification économique dans les pays en développement. En ce sens, Haïti, de par sa place dans l'imaginaire collectif des peuples à travers la planète, a intérêt à développer une stratégie touristique fondée sur le développement territorial. Tout cela exigera une maitrise et une régularité au sein de l'environnement tout en vendant son histoire, sa géographie, sa poésie, sa

4 Pecqueur, Bernard. 1995 .Rationalité et territoire. Texte d'une conférence à l'Université de Grenoble.

5 Krugman (Paul).2000. La mondialisation n'est pas coupable. Vertus et limites du libre-échange, Paris, La Découverte.

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littérature, etc. Tout cela demandera une coopération de la part de la population locale comme le requiert tout développement territorial durable.

Une importance certaine est à accorder par Haïti au tourisme culturel généralement perçu en lien avec le territoire où il s'inscrit afin d'arriver à une compréhension du patrimoine et de l'identité locale. Les différents sous-espaces du territoire national en raison de leur spécificité et des atouts permettront de s'investir dans une stratégie de développement territorial puisqu'identifiés comme gisement touristique. En conséquence, l'effort à faire par les autorités publiques haïtiennes consiste à inscrire Haïti dans le jeu touristique international tout en pensant au progrès socio-économique durable des territoires touristiques avec ce qu'ils comportent d'identité, de local, de culture, d'appartenance etc.

Dans la première partie de ce mémoire contenant deux chapitres avec quatre sections bien spécifiées, il sera question de la présentation de la méthode de recherche choisie ainsi que de la théorie utilisée pour mieux expliquer la notion du développement territorial en lien avec les activités touristiques. Dans un premier temps, l'objectif de notre recherche à savoir montrer comment par le biais des activités touristiques bien planifiées un territoire peut connaître du développement, a été établi. Puis, la base théorique devant nous permettre d'aboutir à une compréhension du thème de développement territorial en lien avec des mécanismes de planification avec emphase sur le rôle à jouer par la population locale est mise en évidence. Ensuite, différentes recherches qui ont été réalisées sur ces thématiques sont présentées. Enfin, pour une première réalisation des recherches surtout propres aux deux premières parties, une présentation de la méthode de recueil de données a été faite.

La deuxième partie du travail est divisée en deux chapitres. Le premier chapitre, divisé en deux sections, met en valeur l'industrie touristique à travers le monde en tenant compte de l'évolution macroéconomique, de l'état d'avancement du tourisme dans les économies émergentes, de la dépendance de certains pays au secteur, etc. ; et dans la Caraïbe en mettant l'accent principalement sur les contraintes au développement touristique, des disparités entre les différents territoires, etc. Ensuite, dans le deuxième chapitre, cette mise en valeur a été reprise de manière à voir en quoi Haïti peut bénéficier de ce secteur sans oublier l'aspect

11

compétitif du tourisme caraïbéen. De plus, afin de mieux comprendre le secteur touristique et les conditions de sa naissance, l'historique de ce secteur est fait de manière à cerner aussi son développement tout en tenant compte d'une approche historico-politique. Par la suite, l'industrie touristique actuelle, la planification touristique, les conditions nécessaires au développement du secteur ont été présentées. Pour terminer, la réflexion de Hugue Séraphin sur le rôle que peut avoir une politique décentralisée en faveur des territoires du pays recélant en général la majeure partie des attractions touristiques a été considérée.

La partie finale de ce mémoire a été conçue en cinq chapitres consacrés à l'étude de cas du territoire choisi, à savoir Port-Salut :

- Premièrement, nous réalisons une présentation du département du Sud et ses caractéristiques puis de la commune de Port-Salut tenant compte de leur situation socio-économique, administratif, politique etc.

-Deuxièmement, le contexte actuel de la planification touristique à Port-Salut est expliqué par la prise en compte du cadre institutionnel, de la participation de la population Port-Salvienne. Ensuite, une analyse des différents projets répertoriés a été effectuée.

-En troisième lieu, il a été exposé la méthodologie utilisée pour réaliser l'enquête de terrain concernant le territoire port-salvien. Dans les différentes sections, la démarche et l'objectif de l'enquête ont été clarifiés en passant par le processus d'élaboration du questionnaire, du choix des personnes à enquêter, des difficultés rencontrées sans oublier la présentation des resultats de l'enquête de terrain à la fin du chapitre.

-Ensuite, l'analyse suivant les différentes thématiques choisies a été mise en exergue en référence aux resultats de l'enquête. Parmi ces thématiques, des réflexions ont été menées sur : l'historique des activités touristiques et des spécificités du territoire à l'étude ; l'attractivité principale, la plage Pointe-Sable, l'artisanat à Port-Salut ; la situation des entreprises touristiques ; l'origine des investisseurs et la fiscalité à Port-Salut.

-Enfin, dans le chapitre V, conclusions et recommandations, un certain résumé du document a été effectué. De plus, il a été jugé bon d'établir de liens directs entre l'exposé théorique et la situation observée à Port-Salut. Pour cela, il a été tenu compte des facteurs spécifiques dont la

12

participation de la population locale au niveau de la planification touristique pour le développement du territoire afin de dégager par la suite des recommandations.

La bibliographie concernant les différents documents consultés se trouve à la fin du travail. A l'annexe ont été ajoutées les entrevues des personnes ressources.

Première Partie

13

« Cadre méthodologique et cheminement théorique »

14

Chapitre I

Objectif de la recherche et Problématique I-1 Objectif de la recherche

Comme un secteur important au développement territorial qui procède à l'élargissement, à la diversification et à l'approfondissement dans une large mesure de la notion d'aménagement du territoire et de développement local, le tourisme peut être analysé selon ses apports possibles à ce processus devant garantir une certaine cohésion au milieu des locaux. Dans cette lignée, il s'agit de démontrer de quelle façon des activités économiques touristiques planifiées et menées avec la collaboration de la population locale peuvent conduire à un niveau de développement territorial, fruit d'un processus volontariste fondé sur la concertation des acteurs concernés.

Ce travail vise à analyser l'importance d'une planification efficace au sein d'un territoire en vue d'arriver à la mise en valeur des attractions naturelles, historiques, culturelles, ce qui doit garantir à moyen terme plus de revenus pour les communautés locales en favorisant l'émergence de PME culturelles et touristiques, puis l'apparition d'une nouvelle classe d'entreprise dans ces communautés. Les retombées économiques qui vont y découler bénéficieront à toute la communauté à partir d'élaboration des projets sociaux.

Cependant, il ne faut pas ignorer le fait que tout développement territorial nécessite en tout premier lieu la mise en place d'un projet inscrit dans un territoire. Ce projet doit être porté par des collectifs d'acteurs qui jouissent d'une certaine légitimité reconnue par l'Etat pour mieux représenter une demande sociale réelle et porter satisfaction à son développement. L'approche du développement territorial dans le cadre d'analyse des activités économiques touristiques permettra de faire ressortir la transversalité et le décloisonnement du territoire. Pour la réaliser, il faut tenir compte des pressions externes dans ce nouvel ordre économique mondial. De plus, elle sera stratégique et impliquera la mise en valeur des ressources, des contraintes et des spécificités matérielles et immatérielles propres au territoire ainsi que leur mode de fonctionnement particulier.

15

I-2) Problématique

Au niveau de cette section, nous allons tenir compte de différents problèmes auxquels fait face le secteur touristique haïtien. D'abord, un questionnement sur la perspective à choisir est mené de manière à comprendre s'il faut s'orienter vers la rentabilité économique et financière ou vers la durabilité, ou les deux à la fois. En outre, une prise en compte du déclin du tourisme haïtien et des problèmes liés à nos différents sous-espaces territoriaux non aménagés a été faite afin d'analyser le poids concurrentiel d'Haïti face à ses voisins caraïbéens. Ensuite, une mise en cause de la forme de tourisme pratiquée actuellement, au niveau du pays, a été entreprise tout en prenant en considération l'état de vulnérabilité de la population locale. De plus, une analyse critique de la situation dégradante de certains secteurs économiques a été réalisée. Enfin, le concept de développement territorial en rapport aux deux secteurs potentiels haïtiens (le secteur public, le secteur privé) suivant leur rôle à jouer a été analysé.

I-2-a) Perspective : Rentabilité économico-financière ou durabilité

La vision mercantile du tourisme ne perçoit le phénomène touristique que suivant la rentabilité économique et financière qui lui est associée dans une perspective de viabilité des projets touristiques. Cependant, cette approche semble peu cohérente avec la notion de durabilité choisie s'il y'a projet de faire du tourisme en Haïti un levier véritable et essentiel pour un possible développement. A ce point, ne faut-il pas se demander en quoi les activités économiques touristiques peuvent contribuer au développement du pays ou à ses communes s'il ne s'inscrit pas dans une vision planificatrice de long terme et sans une prise en considération des gains et des coûts (coûts liés par exemple à la dégradation de l'environnement).De là, ne convient-t-il pas d'analyser le tourisme comme secteur économique impliquant inévitablement la durabilité puisqu'il est par nature territorialisée et se trouvant dans les limites de l'économique ,du culturel et de l'environnemental à cause de sa transversalité ?

Le pays se situe au carrefour d'une concurrence intense dans la Caraïbe par le fait que les pays de cette région à partir des années 1950 ont procédé à un changement du modèle de leur économie. En réalité, le poids du secteur tertiaire dans le PIB s'affirmait de plus en plus avec la dominance du secteur touristique qui joue notamment un rôle primordial et auquel ils

16

deviennent dépendants. A cette période plus de 10000 emplois générés représentaient 3.5% du PIB, et les recettes avoisinaient 50 millions de dollars, soit 20% des exportations6. En ce sens, une réflexion sur le potentiel touristique du pays demande de prendre en compte les nouveaux penchants liés aux consommations qui pourraient servir de base à une orientation stratégique en termes de destination sans négliger les modalités d'aménagement du territoire.

Entretemps, Stéphanie Bessieres7 se demande : «Comment une destination désaffectée sur le plan touristique peut-elle se mettre à niveau du point de vue de ses infrastructures alors que la ressource économique que représente le tourisme n'est plus suffisante pour procéder à de lourds investissements structurels ? En ce qui a trait à Haïti, il faut avancer qu'à cause des évènements climatiques et des catastrophes naturelles (tremblement de terre du 12 janvier) certaines infrastructures touristiques ont été détruites. Ainsi, après ce tremblement de terre, le pays s'est trouvé dans une situation où tout était à reconstruire8. N'a-t-il pas fallu saisir de cette occasion pour se projeter vers une économie touristique durable dans le but de développer une offre qui correspond adéquatement avec les nouvelles attentes des consommateurs ? Cela aura donné sans nul doute l'occasion à Haïti de repenser un projet de territoire. Une telle initiative ne permettra-t-elle pas en même temps une véritable stratégie d'aménagement et de développement touristique rapprochée d'une vision de long terme à travers un meilleur projet de territoire et de société cohérent et durable ?

Cet univers concurrentiel caraïbéen implique que les autorités en matière touristique agissent à l'instar des entrepreneurs en menant des études de marché. Ces dernières permettront de s'approprier d'une stratégie touristique à travers un document de programmation stratégique, ce qui donnera une place fondamentale à la formation de la population, aux métiers identifiés comme prioritaires pour l'avenir du secteur et en fonction des projets envisagés. Les recherches

6République d'Haïti, Ministère du tourisme. 2007. Révision du plan Directeur Tourisme, Aménagement Touristique du département du Sud-Est, Rapport Préliminaire : Diagnostique et orientation. Cité par Alexis Nancy dans son mémoire pour l'obtention du diplôme de Master Complémentaire en développement et sociétés titré « Perspectives de développement de l'écotourisme : Etude de cas le département du Sud Est en Haïti. Académie universitaire Wallonie-Europe. Année académique 2007-2008.

7Dans le prologue du livre de Séraphin, Hugue. 2014. l'ouverture pour le peuple de Toussaint. Paris : Editions Publibook.p.17

8 Cette réflexion sera développée dans le chapitre II de la 2e partie à travers la section 2.

17

auprès des archives du Ministère du Tourisme et des Industries Créatives ne montrent aucun signe d'un tel document. Il n'y a qu'un plan d'aménagement des sites touristiques élaboré depuis 2007 et non mis à jour jusqu'à date.

Pourtant, il est important d'avancer que les initiatives du ministère en ce qui a trait à plusieurs projets d'investissements touristiques de grande portée pourraient favoriser à la longue un certain dynamisme local. Cependant, à part la prise en compte du tourisme comme secteur dans le PSDH, aucun nouveau document lié à la planification touristique n'est trouvé9.

I-2-b) Situation de déclin du tourisme Haïtien et de ses sous-espaces territoriaux

Le déclin constaté au niveau de la sphère touristique locale comparativement au boom qu'il a connu au cours des années 1940 entraine des questionnements pertinents sur le nombre de temps suffisant à ce secteur afin de retrouver son droit de cité. Procéder à un diagnostic de la situation aidera à situer notre réflexion sur le fléau social principal, à savoir l'insécurité qui fait du territoire un lieu redoutable. C'est ce qui explique notamment l'indifférence à l'endroit de la destination touristique haïtienne depuis belle lurette.

De plus, l'état d'insalubrité de la majorité de nos villes témoigne du manque de planification au niveau de chaque territoire pour l'avancement du secteur en question. De cela, découle la considération de l'auteur Hugues Séraphin10 sur le fait que l'industrie touristique haïtienne est contrariée. Selon Boyer11 cité par le même auteur, il faudrait appréhender le tourisme suivant un fondement historico-sociologique tout en réfléchissant sur la base économique devant être utile au développement du secteur. Si Haïti est une société qui a connu du succès au cours des années antérieures ; n'est-il pas possible de faire évoluer le tourisme haïtien dans ses propres traces d'histoire puisqu'il a été la première destination de la caraïbe à une certaine époque ?

9 Toutefois une réflexion menée autour de la planification touristique en Haïti au niveau du chapitre 2 de la seconde partie illustrera cela davantage à la section 3.

10 Op.cit.

11 Boyer. M.1999. Histoire du Tourisme de Masse, Que sais-je ? n°255, Paris : PUF cité par Hugues Seraphin.p.25.

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La lignée dans laquelle s'inscrit cette recherche n'exigera-t-elle pas une réflexion inverse sur le cas d'Haïti comme l'a réalisé Dupont12 en 2004 quand il a montré qu'à cet état stagnant ou régressif de l'économie haïtienne, il ne sera pas convenable de penser à de possibles impacts sur la réduction de la pauvreté et le développement local. Cela invite à analyser la possibilité de s'orienter, dans le cas d'Haïti, vers un tourisme plutôt alternatif ou écotourisme. Cependant, étant donné les exigences liées à ce secteur défiant la réalité de masse, n'aura-il aucun impact sur les rentrées nécessaires en devises puisque c'est réservé à une catégorie restreinte d'individus ? Tout compte fait, il faut admettre que cette forme de tourisme semble être susceptible de jouer un rôle nécessaire au développement territorial avec la contribution active des gens de la communauté locale à un projet de développement inscrit dans le temps.

D'ailleurs, il y'a un certain dilemme en ce qui a trait à l'avenir touristique durable d'un pays à savoir qu'une croissance constante du tourisme risque inévitablement de nuire à son propre développement. Cette nuisance peut être due à des menaces sur l'environnement dans lequel le progrès touristique s'inscrit. A titre d'exemple, il y'a la qualité de l'environnement, la beauté des paysages qui sont difficilement remplaçables après leur destruction, or ces ressources se révèlent être partie intégrante du potentiel touristique d'un pays.

Réfléchir sur l'avenir touristique haïtien ne demande-il pas de se porter sur le possible fossé culturel qui peut se créer entre les communautés locales et les visiteurs ? En conséquence, une prise en compte du développement territorial qui est basé sur la participation d'une large couche de la population locale reste primordiale. Cela peut se faire par l'introduction d'un processus de négociation devant aboutir à un consensus local pour une meilleure planification en matière touristique afin d'arriver à un équilibre entre les intérêts écologiques et les intérêts économiques.

En raison de l'état de pauvreté dans lequel se trouve la majorité de la population locale actuellement, envisager le tourisme en dehors de ses impacts socioculturels sera

12 Dupont, L. (2004) Co-intégration et causalité entre développement touristique, croissance économique et réduction de la pauvreté : Cas de Haïti. Revue Caraïbéenne [en ligne], http://etudescaribeennes.revues.org [Consulté : 21.05.13] Cité par Hugues Séraphin p.58

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problématique. Cela pourra occasionner une attitude moins hospitalière des haïtiens du fait que leur société se voit comme une société de besoins face à une montée touristique qui étale le comportement d'une société de gaspillage13.

Tout cela entrainera une certaine frustration de la part des locaux. A titre d'exemple, le 19 janvier 2016 à Labadie, un bateau de croisière « Freedom of the seas » était obligé de rebrousser chemin sous la pression des gens cohabitant cette attraction réclamant des emplois. En ce sens, ce raisonnement montre combien il serait plutôt nécessaire de penser à une amélioration du niveau de vie de la population.

La population sortira-t-elle de cette énigme tant qu'il y'a une planification touristique déficiente ? D'autres activités favorisant l'emploi doivent être alors entreprises pour permettre à la population de se situer dans l'industrie touristique et d'y prendre activement part afin de bénéficier des avantages et de la beauté de leur pays, d'où la forte nécessité de procéder à une prise en compte d'une nouvelle vision en matière de développement des activités touristiques. Ainsi, la question suivante est posée : « comment se peut-il que le tourisme puisse être un facteur de développement territorial s'il n'y a pas l'approbation passive ou active de la population locale ? De là, le climat d'insécurité qui règne au pays nous interpelle en raison de la situation de pauvreté extrême d'une bonne couche de la population.

I-2-c) Problèmes liés au type de tourisme actuellement pratiqué

Il importe alors de réfléchir sur le développement territorial et sa liaison probable avec l'activité touristique en choisissant une perspective participative pour éviter à ce qu'il y'ait une certaine enclave au niveau du territoire. En réalité, cela ne peut occasionner que des frustrations de la part de la population locale face à ces camps retranchés qui symbolisent une rupture avec elle du fait des différences de niveau de vie entre les touristes et les insulaires. En effet, ne s'agit-il pas d'un point non négligeable en matière de planification touristique

13 Doura(2012) avance : « ce que consomme le touriste en moyenne par semaine en Haïti en terme de viande, de beurre, produits laitiers, fruits, pâtisserie équivaut à ce que trois haïtiens sur quatre mangent pendant toute l'année »

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lorsqu'il y'a différents conflits résultant de la multiplication des enclaves territoriales qui s'assimilent de plus en plus à une forme de territorialisation et d'appropriation de l'espace ?

Tout au long de ce travail de recherche, lorsqu'il est question de développement territorial, il ne s'agit pas de la mise en place des enclaves territoriales telles que Labadie et autres. Ces dernières démontrent que certains sont exclus de l'activité touristique haïtienne. De préférence, l'idée vise surtout une construction sociale propre à la population haïtienne qui doit se concerter ensemble de manière comme le disait Perroux14 à faire croître cumulativement et durablement son produit touristique réel global dans une perspective volontariste.

En conséquence, est-t-il possible de dire que les initiatives de l'ancienne ministre Stéphanie B. Villedrouin pour un tourisme communautaire15 se sont inscrites vraiment dans cette démarche quand elle a avancé qu'à partir de 2016 il serait possible de voir une réduction d'écart entre les touristes et la population vivant auprès des sites touristiques ? C'est peut être une bonne perspective mais cela ne traduit en rien ce que serait l'implication directe de la population locale dans le choix stratégique de planification. Une telle implication permettra aux gens de construire ensemble leur espace géographique par le biais de l'histoire, de la culture et des réseaux sociaux importants au sein de la communauté où ils vivent en se transformant en acteurs économiques opérant en initiative individuelle.

I-2-d) Situation des autres secteurs économiques en lien

Cette économie, depuis un grand temps, se révèle très faible à cause de la régression voire la stagnation d'autres secteurs, principalement l'agriculture, non négligeables dans la perspective d'une croissance durable et suivant leur effet sur la réduction de la pauvreté par la mise en place d'infrastructures.

En contextualisant l'économie haïtienne par rapport à cette volonté de croissance par le tourisme, Fred Doura ne s'est pas montré trop optimiste par le fait que notre économie est

14 Perroux François (1961). L'économie au XX* siècle. P.U.F., Paris.

15 MTIC.27 Septembre 2015 au cours de la journée mondiale d tourisme et des industries sous le thème « un milliard de tourisme, un milliard de possibilités ».

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victime d'une dépendance, d'une désarticulation, d'une sous-industrialisation, d'une hypertrophie du secteur des services et de l'informel16 en raison du manque d'investissement productif dont est victime l'économie haïtienne.

S'il est vrai que le pays est doté d'un patrimoine culturel, naturel et touristique propre à favoriser un avantage par rapport à ses voisins de la Caraïbe, les revenus touristiques représentaient que 9.5%17 du PIB en Haïti alors que la moyenne dans la caraïbe était de 14.6%18 en 2014. L'essentiel ne réside pas en la possession de belles plages, du climat chaud, des paysages magnifiques, etc. comme c'est le cas pour notre pays mais plutôt dans ce que l'on doit faire pour assurer leur accessibilité et les exploiter à des fins touristiques nationales et internationales .A cet effet, il faut aussi souligner que notre riche patrimoine historique perd en valeur à cause du délabrement déplorable de nos différents sites. Tout cela devrait impliquer sans nul doute la participation des secteurs de la vie nationale ayant la capacité de générer des activités propres à attirer le tourisme et à préserver ces dotations

Le problème ne réside pas dans le fait de savoir seulement que le tourisme pourra engendrer une certaine croissance de l'économie nationale, mais plutôt de l'insérer à travers une stratégie nationale de développement. Ceci ne se réalisera pas sans un Etat stratège et actif qui se transforme en investisseur pour encourager les autres investissements propres à avoir des effets sur l'affluence des touristes.

Comme Noel19 le mentionne, le tourisme ne peut être profitable qu'au moment où l'Etat exerce son rôle de coordonnateur en encourageant les activités génératrices d'externalités positives et limiter les externalités négatives. Ces dernières, par exemple, induisent la question suivante : Que serait-il possible de faire alors pour réduire les fuites à la fois externes et internes occasionnées précisément par la faiblesse de notre capacité à offrir le pays à travers

16 Doura, Fred.2012.Economie d'Haïti: dépendances, crises, et développement, 2e éd. Montréal : éditions Dami, p. 255

17 WTTC.2015. Travel & Tourism. Economic Impact 2015 Haïti.

18 WTTC.2015. Travel & Tourism. Economic Impact 2015 Caribbean.

19 MTIC. Ulrick Emmanuel Noel. Septembre 2015.Les opportunités pour le tourisme dans la bande nord.

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toute sa production aux touristes ? Sans prendre en compte des effets de la fuite sur l'industrie touristique haïtienne, comment est-il possible d'espérer d'en tirer un profit substantiel ?

I-3 Questions de recherches

I-3-1) En quoi les différents atouts touristiques (naturels, construits, etc..) d'un territoire donné, Port-Salut dans notre cas d'étude, peuvent-ils favoriser l'amélioration de la situation socio-économique de ses habitants ?

I-3-2) Dans quelle mesure des plans touristiques bien conçus en collaboration avec la population d'un territoire donné, Port-Salut dans notre cas d'étude, sont-ils capables d'aboutir à de meilleures conditions de vie ?

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Chapitre II : Revue de la littérature

Dans un premier temps, le cadre théorique et conceptuel a été présenté. Ensuite, les différents travaux réalisés sur les thèmes « tourisme, culture, territoires et développement » sont pris en compte.

Section I : Cadre théorique et conceptuel

L'effort a été fait de manière à cerner en tout premier lieu l'aspect complexe du groupe de mots « développement territorial ». Ensuite, une présentation de l'historique de l'évolution de ce concept a été conçue. Par la suite, les différents avantages ou externalités découlant des activités touristiques en général ont été énoncés. Puis, une tentative de rapprochement entre les termes « tourisme, culture et territoire » a été présentée. En plus, la prise en considération de l'aspect socio-économique du développement territorial a été mise en valeur sans oublier le rapport de ce type de développement à la perspective de la durabilité. Tout de suite après, la théorie de base économique a été illustrée. Enfin, il a été mentionné les mécanismes de planification à mettre en oeuvre avec un accent principal sur le rôle à jouer par la population locale en vue d'un développement endogène grâce au support d'un mode de gouvernance approprié.

II.1-a Développement territorial : Essai de définition

De nos jours, s'il est aisé de parler sans hésitation du développement durable qui insinue trois pôles importants à savoir l'environnement, le social et l'économique ,le concept territoire ne peut pas se soustraire des premières réflexions puisqu'il permet d'appréhender la position centrale de l'acteur dans tout consensus de décision .Quoique difficile à définir de manière précise, il importe de voir en ce terme une double nature :symbolique d'une part et matérielle d'une autre quant aux aspects formels liés à l'identification, la localisation, et la distribution des formes spatiales puis au sens donné à ces formes-là à travers les représentations spatiales, produites des images mentales. Ainsi défini, il faut aussi le comprendre en tant qu'un ensemble

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de ressources surtout environnementales. Pour Bernard Pecqueur20 , il faut penser le territoire à travers ces ressources matérielles et idéelles comme une sorte de panier de biens. De plus, il est possible d'appréhender le territoire comme étant une forme d'appropriation à travers des bornes, des limites instaurées sur le plan culturel, ethnique, naturel, politique, économique etc. De même, il s'agit aussi d'une configuration spatiale.

La notion de développement territorial s'avère importante dans le but d'arriver à un élargissement, une diversification et un approfondissement d'autres concepts comme développement local, développement régional, et aménagement du territoire. Ce type de développement prévu peut permettre en réalité sur une base volontariste de rendre compétitif un territoire donné par le biais d'une concertation de la part des acteurs. Tout compte fait, dans un processus de planification, cela s'inscrit surtout dans une vision de durabilité susceptible de construire et de gérer un territoire par la mise en place de cadre institutionnel approprié, ce qui permettra de parvenir à assurer la consolidation des liens sociaux, l'amélioration de la qualité de vie puis la construction d'une identité propre.

II-1-b Evolution à travers le temps du concept « développement territorial »

Il s'agit cependant d'une vision récente de développement qui s'est implantée au cours des années 199021. Celle-ci a favorisé le passage de la politique d'aménagement du territoire définie comme étant l'action concertée de la part des hommes qui habitent un territoire en vue réduire les disparités, d'apporter des réponses aux dysfonctionnements, et de lutter contre la dégradation des cadres de vie à la politique d'aménagement et de développement des territoires pour la mise en marche de bonnes politiques ciblées. Il convient néanmoins de signaler que c'était plutôt lié à l'époque à une question de projet de territoire avec des collectifs d'acteurs.

D'un moment à l'autre, il est constaté l'évolution de ce concept avec la prise en compte des attentes, souhaits, exigences et besoins de la population. Cependant, différemment des années

20 Pecqueur B. (2001). Qualité et développement territorial : l'hypothèse du panier de biens et de services territorialisés. Économie rurale, n° 261, p. 37-49 et Mollard A. (2001). Qualité et développement territorial : une grille d'analyse théorique à partir de la rente. Économie rurale, n° 263, p. 16-34. 21 https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Développement_territorial&oldid=116117635 .

Consulté le Jeudi 29 Octobre 2015, 6:17:22 PM

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1960,197022, avec cette nouvelle manière de percevoir la réalité des territoires, il y'a alors tendance à penser à l'autonomie et à la légitimité des territoires. Ainsi, la compétence des acteurs locaux pour mettre en oeuvre leurs propres projets afin de mieux reconsidérer l'aspect de la qualité des produits et des services locaux appelés à satisfaire la nouvelle tendance en matière touristique est mise en valeur.

Il consiste en définitif à parvenir à un développement transversal et décloisonné sans oublier de prendre en considération le contexte international actuel de l'économie. Il est maintenant question de replacer, au centre des préoccupations les plus importantes, le territoire avec ses ressources, ses contraintes et ses spécificités. En ce sens, se comprend l'importance que peut avoir un secteur transversal, le tourisme, du fait de ses effets sur les autres activités économiques dont le commerce de détail, la construction, l'agriculture.

II-1-c Externalités et activités touristiques

De là, l'idée que par une agglomération des différentes activités centrées autour des attractions touristiques, il peut y avoir influence sur d'autres initiatives nécessaires au développement économique d'un territoire donné a été tirée. A ce niveau, l'activité d'un agent économique est susceptible d'être touchée de façon positive ou négative par celle d'un autre sans être obligé d'être partie prenante à celle-ci .Par conséquent , un tel secteur peut exercer une forte influence sur l'économie d'un territoire avec un certain effet de dopage.

Tout compte fait, il devient nécessaire d'identifier intelligemment les externalités. Ceci permettra de voir en direction de quels secteurs elles vont afin d'éviter des deséconomies d'agglomération. Cependant, se référer à ce type de développement doit permettre de manière stratégique de centrer son futur en exploitant les atouts et en diminuant l'impact des faiblesses internes, puis en contrôlant les effets des menaces externes, ce qui nécessite généralement une prise en compte à la fois des atouts, faiblesses, opportunités et menaces lorsque sont élaborés des projets de développement territorial.

22 https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Développement_territorial&oldid=116117635 .Consulté le Jeudi 29 Octobre 2015, 6:17:22 PM

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Pour mieux souscrire et expliciter le rapport du territoire au développement durable, il faut prendre en compte plusieurs variables nécessaires dont la notion d'acteur territorialisé, la question d'échelle retenue en matière d'action et de réflexion, l'aspect des dynamiques temporelles différentielles, la dimension de ressource territoriale définie comme une caractéristique d'un territoire spécifique construite dans une optique de développement23.Il convient aussi à ce titre de se pencher sur les différents responsables politiques concernant les différents projets de développement conçus compte tenu des systèmes productifs nationaux en mettant en vigueur la politique de soutien au collectif d'entreprises, ce qui aura pour effet d'encourager le développement local.

Il importe de rendre, pour un meilleur épanouissement, le secteur touristique plus structuré et de faire de lui une activité à forte dominance dans l'économie. Les activités entreprises ne sauront être satisfaisantes s'il n'y'a pas la mise sur pied d'Agence de Développement Local. Cette dernière aura pour but de renforcer le développement territorial en suivant les lignes suivantes : 1-) accueillir, informer et accompagner les personnes porteuses de projets ; 2-) susciter et encourager les initiatives locales ; 3-) établir des partenariats au sein des secteurs socio-économiques ; 4-) créer une dynamique territoriale afin de favoriser un redéploiement économique24.

Une telle agence sera donc placée dans un cadre de développement endogène, en s'accentuant sur des activités propres au territoire par l'encouragement des micro-initiatives, ce qui nécessite une mobilisation de la part des acteurs locaux en développant une synergie locale à partir des avantages locaux tirés du secteur. Ces avantages seront dus à l'incitation et à une mise en valeur des mentalités entrepreneuriales afin de préparer des ressources humaines propres à l'environnement économique du territoire, de réduire le chômage, et de donner accès au financement.

23 Gumuchian, Hervé.2009.»Developpement durable et développement territorial».Dur'Alpes.En ligne : http://www.duralpes.com/developpement-durable-et-developpement-territorial/. Consulté le Jeudi 29 Octobre 2015.

24 Dujardin, Sébastien; Marek Allyson.2008.Développement territorial: Etude de cas concret de la commune de Durbuy.

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Parler de développement territorial, c'est enrichir le concept de développement local. Ce type de développement se réalise en considérant une harmonie entre les composantes économique, sociale, culturelle, politique et environnementale. Cette harmonie-là permettra une reterritorialisation des stratégies d'acteurs en pleine mondialisation des échanges qui pourra faire d'un territoire le creuset des mutations planétaires25.Pour inscrire ce développement dans la durabilité, il convient d'adopter une démarche intersectorielle, systémique et globalisée capable de mettre en perspective toutes les ressources dont le territoire dispose. Il s'agira bien d'une démarche intégrée centrée sur les caractéristiques propres des localités avec leurs atouts et opportunités propres à faire du citoyen un acteur dans le processus.

II-1-d Rapport entre tourisme, culture, et territoire

A travers un rapprochement entre tourisme, culture, et territoire, le potentiel impact du tourisme sur le développement d'un territoire peut être saisi de façon éminente parce qu'il est possible d'opposer le tourisme à la culture du fait qu'il est responsable en quelque sorte d'une rupture dans la culture. Cependant, cette opposition culture/tourisme se positionne contre le mercantilisme touristique et l'irrationalité culturelle. La majorité des professionnels actuels qui voient l'importance du tourisme, de par son caractère protéiforme pour l'économie culturelle, jugent cette opposition non fondée. Il importe donc d'ajouter que le tourisme a dopé des milieux culturels de fréquentation.

Selon Laure Juanchich26, il est question de deux processus soit de touristifier la culture ou de culturaliser le tourisme. Le point commun entre tourisme et culture, c'est le territoire sur lequel, ils prennent forme car le tourisme est toujours dirigé vers un lieu. Une destination de même que l'offre culturelle est aussi implantée sur un territoire. Il importe de savoir combien sont importants dans le champ culturel les mots patrimoine et identité locale spécifiques à chaque territoire qui sont surtout les principaux atouts sur lesquels le tourisme peut s'appuyer.

25 Menozzi, op. cit.

26Juanchich, Laure. 2007. Culture, tourisme, territoire : Les apports du tourisme culturel au développement local. Paris : master présenté, année universitaire 2006-2007.

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Selon Philipe Violier27 cité par Juanchich l'activité touristique a une forte spécificité spatiale étant donné que le local est le lieu du gisement touristique et l'affirmation sans cesse renouvelée de l'identité. Sur un territoire, il est important de tenir compte de l'appartenance à des domaines différents des acteurs qui interagissent et qui sont tout à fait interdépendants. Ainsi, le tourisme culturel est bien inscrit dans un territoire avec ces différents acteurs.

Claude Origet du Cluzeau28définit « le tourisme culturel comme étant un déplacement (d'au moins d'une nuitée) dont la motivation principale est d'élargir ses horizons, de rechercher des connaissances et des émotions au travers de la découverte d'un patrimoine, d'un territoire ».Cette définition établit la vraie liaison entre tourisme, culture et territoire. Ainsi, il y'a deux niveaux de l'offre culturelle. Premièrement, le patrimoine matériel, en ce qui a trait aux sites dont les musées, les monuments, villes et villages d'art etc. puis le patrimoine immatériel (fêtes champêtres, traditions, savoir-faire).

II-1-e Aspect socio-économique du développement territorial

Du point de vue économique, aborder la question sur le plan local est nécessaire en raison du fait qu'il y'a influence de la mondialisation qui propose surtout des relations économiques au niveau planétaire. Cela s'accompagne du phénomène de territorialisation centré sur l'échelle locale qui pourra favoriser l'appui des différentes régions sur leurs principaux atouts devant entrainer de nouvelles initiatives en vue d'assurer leur compétitivité dans l'optique du développement territorial.

La compétition internationale accrue renforce la vocation économique des bassins d'emplois qui se diversifient et se spécialisent par filières pour se démarquer des autres régions, or le tourisme est l'une des spécialisations possibles29.Il ne faut pas voir le développement du territoire comme étant uniquement consacré à une mobilisation de ressources et initiatives

27 Violier (Philippe) cite par Juanchich.1999. « Introduction : l'espace local et les acteurs du tourisme », in Violier (Philippe) dir. L'espace local et les acteurs du tourisme, Rennes, Presses universitaires de Rennes, collection Espaces et territoires, p. 9 - 14

28 Origet du Cluzeau (Claude).2005. Le tourisme culturel, Paris, PUF, collection Que sais-je ?

29 Juanchich, op.cit.

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locales pour se dégager des richesses, il implique d'autres aspects non économiques. Bernard Pecqueur en donne une définition dans son ouvrage intitulé le développement territorial: « L'enjeu du développement local est plus vaste. Il s'agit de mettre en évidence une dynamique qui valorise l'efficacité des relations non exclusivement marchandes entre les hommes pour valoriser les richesses dont ils disposent 30».

Paul Krugman31 renchérit à propos du développement territorial qu'il relève surtout d'un effet d'auto-consolidation du succès plutôt que d'un quelconque avantage imputable à l'existence de certaines ressources préexistantes, et permet d'insinuer qu'il n'y'a pas que des échanges économiques qui créent l'avantage comparatif d'un territoire sur un autre. Il y'en a d'autres de nature différente si le territoire est plutôt vu comme des ensembles socio-économiques complexes.

Le développement local ou territorial étant caractéristiquement endogène peut se comprendre comme un mode territorialisé d'organisation de la production et une modalité originale de création de ressources économiques. Sa liaison au réseau touristique peut s'avérer combien utile surtout du point de vue culturel par ses externalités32.La préférence va pour un tourisme durable et responsable qui garantira la rentabilité de long terme et la reproduction de l'activité touristique afin de préserver l'attractivité.

II-1-f Perspectives d'un développement territorial durable du tourisme

Pour un tourisme durable exigeant la prise en compte des aspects environnementaux, économiques et socio-culturels, des efforts doivent être encouragés en vue d'un dépassement du rapport gagnant-gagnant pour gérer les conflits habituels qui y découlent en effectuant des choix et des renoncements. Soulignons qu'il y'a différentes acceptions du tourisme durable à savoir tourisme équitable, écotourisme, tourisme solidaire, tourisme responsable, tourisme

30 PECQUEUR, Bernard. 2005. Le développement territorial : une nouvelle approche des processus de développement pour les économies du Sud In : Le territoire est mort, vive les territoires ! Une (ré) fabrication au nom du développement [en ligne]. Montpellier : IRD Éditions, (généré le 12 avril 2016). Disponible sur Internet : < http://books.openedition.org/irdeditions/3408>. ISBN : 9782709918046

31 Krugman, Paul.2000 La mondialisation n'est pas coupable. Vertus et limites du libre-échange, Paris, La Découverte, cité par Juanchich.

32 Juanchich, op .cit

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social. Il est possible d'adopter la définition suivante de la Charte Européenne du tourisme durable33 signée en 1998 :

Toute forme de développement, aménagement ou activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales, et contribue de manière positive et équitable au développement économique et à l'épanouissement des individus qui vivent, travaillent ou séjournent dans les espaces protégés.

Dans l'espoir d'un développement touristique durable qui soit supportable sur le plan écologique à long terme, il est nécessaire de considérer l'environnement ou le milieu écologique ou le territoire comme une maison commune contenant à la fois la nature et la faune, le patrimoine paysager, historique et architectural ainsi que le patrimoine de vie.

Cela suppose également de compter sur les vertus d'une planification stratégique globale, qui aidera sans nul doute à une prise en compte des besoins et des impacts. Ce type de planification permettra de se vouer à un processus d'amélioration permanent, encourageant la participation de tous les acteurs à savoir les institutions publiques internationales, nationales et locales, ONG, la population aux différentes décisions à prendre dans un esprit de partenariat. Cette planification en vue d'un meilleur développement du secteur touristique ajoutera une considération spéciale à l'égard de tous les impacts et les liens au niveau du secteur touristique sur les communautés locales. Celles-ci devront assurer un contrôle local, puis un travail en commun qui facilitera la possibilité pour tous ceux impliqués dans le tourisme d'influer sur sa gestion et sur son développement à travers leur territoire. Ainsi, ajoute El Bayed34 :

Le tourisme durable serait donc l'organisation d'une véritable rencontre respectant les valeurs locales et le milieu physique, et développée en partenariat volontaire avec les parties intéressées, notamment la population locale. Il s'agit donc de considérer le territoire en tant

33 Behnassi, Mohamed. 2008. tourisme durable: fondements, indicateurs et apport au développement des pays du Sud. En ligne : http://cdurable.info/IMG/pdf/Article-behnassi.pdf,p.13

34 EL Bayed H., 2003. «Tourisme durable et développement local: Approche par la dynamique

Territoriale et les indicateurs de durabilité». XIIIème conférence internationale du RESER,

Services et développement régional, Mons, 9-10 Octobre, Ateliers de la Fucam cité par Behnassi Mohamed

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qu'espace façonné par l'histoire. Ce qui revient à dire qu'il ne faut pas espérer mettre au point une forme de tourisme durable qui prévaudrait quel que soit le prix. Ce serait nier sa propre définition, c'est-à-dire considérer les processus de développement comme uniformes, et par là ignorer les spécificités du territoire (son histoire, sa propre logique, etc.).

L'Organisation Mondiale du Tourisme en donne aussi une définition en essayant d'éviter de confondre tourisme durable et écotourisme développé surtout pour un petit groupe mais de préférence dans l'intention de rendre toutes les formes de tourisme durable:

Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l'environnement et des communautés d'accueil.35

Tout au long de cette réflexion, il est possible de voir un penchant pour une approche volontariste du développement liée à une vision centralisée de l'Etat où il convient d'accorder une importance particulière aux aspirations et aux besoins des habitants d'un territoire. Cette approche souvent appelée développement par le bas insiste sur le privilège à accorder aux ressources endogènes puis sur le respect des valeurs culturelles suivant des modalités de coopération. Cette vision du développement a été prônée par des auteurs comme John Friedman36 et Walter Stohr37 au cours des années 1979 à 1981 dans un contexte économique dominé par la désurbanisation, la reconversion industrielle, et la décentralisation. Ces auteurs-là se sont questionnés sur les options alternatives à la crise des modèles de développement traditionnel38. Cette approche participative mise sur la responsabilisation des populations locales.

35 Programme des nations unies pour l'environnement(PNUE) et Organisation Mondiale du Tourisme.2006.Vers un tourisme durable. Guide à l'usage des décideurs.

36 Friedmann, John et Clyde Weaver, 1979, Territory and function - the evolution of regional planning. Berkeley, University of California Press, 234 p. cité par Capron Henry

37 Stöhr, Walter B. et D.R. Fraser Taylor (eds.), 1981, Development from above or below, Toronto, John Wiley, 488 p. cite par Capron Henry.

38 Capron Henry, SBS-EM. Année académique 2008-2009.Notes de Cours d'économie régionale et urbaine. En ligne : http://homepages.vub.ac.be/~hcapron/sylere1_ro.ppt

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Il faut centrer l'attention sur la concertation, l'ajustement continu, et les compromis contractuels entre différents acteurs locaux. Il s'agit bien d'une approche axée sur la volonté de ces acteurs se trouvant sur un territoire à taille humaine pour envisager son avenir. Il ne s'écarte pas de la vision du local dans le global en raison du fait que le territoire se voit comme un système de mise en relation avec d'autres systèmes. Pourtant, il y'a une certaine ambiguïté concernant ce terme de participation pour ceux qui le voient comme encourageant une présence obligatoire et centrale d'une intervention exogène. Cela est loin de correspondre à une dynamique endogène du développement. M.Seck et D'Aquino cités par Ahmadou Diallo39 en viennent avec un nouveau principe d'endogéneïté. D'entrée de jeu, ces auteurs exigent à ce que l'acteur local soit transformé en décideur local dont la règle est que l'accompagnement technique ne fixe aucun objectif préalable à sa démarche d'appui, si ce n'est d'être disponible pour une dynamique endogène.

Le développement endogène se place comme alternative afin de rompre avec d'autres conceptions du développement assimilées à la croissance et à la modernisation vis à vis desquelles il est critique compte tenu de son rôle d'anticipateur d'une nouvelle rationalité et d'une nouvelle pratique du développement. Autrefois, dans le discours occidental40 du développement, le sous-développement était vu comme résultant de la naïveté des dirigeants du tiers-monde, du manque de ressources scientifiques et humaines capables de soutenir de véritables projets de société, du manque des moyens financiers, scientifiques et techniques. Ce type de développement se comporte comme nouveau discours en intégrant la culture comme fondement, et finalités essentielles du développement.

L'ancienne pratique telle que décrite précédemment qui occasionnait sans nul doute la pauvreté de masse à cause d'un trop grand privilège autrefois accordé à la dimension économique. Ceci n'a fait qu'augmenter les écarts entre les nantis et les déshérités. De plus, l'uniformisation socio-culturelle résultant surtout de la prédominance des pôles de diffusion des savoirs, des savoir-faire, et des savoir-vivre propres aux sociétés industrielles, a été mise de côté pour se

39 D'AQUINO, Patrick et SECK, Sidi Mohammed, 2001, Et si les approches participatives étaient inadaptées à la gestion décentralisée de territoire ? Géo carrefour cité par Ahmadou, Lamarana DIALLO.2008.Participation des populations au développement local: cas de la commune de Koumban, préfecture de Kankan

40 Voir l'introduction du travail.

33

servir du développement endogène comme alternative. Ainsi le développement endogène comme possibilité de rupture se trouve centré spécifiquement sur l'homme et tend à la valorisation humaine et culturelle. Referons-nous à cette définition de Sinaceur M.A41 :

Ainsi, il est possible de comprendre que c'est à travers la culture que se trouve l'impulsion fondatrice du développement suivant les besoins et aspirations des collectivités territoriales dans ce qu'elles visent d'obtenir dans les projets qu'elles concrétisent. La culture peut être vue comme étant la matrice du développement, ce qui permet d'avoir unité et cohérence au déploiement du développement à travers les projets de peuple ayant chacun leur spécificité et leur style particulier. François Perroux avance même que la culture est un défi au calcul et plus particulièrement au calcul économique42.

Cependant, il est aussi important d'encourager une endogénéïsation du développement en prenant en compte l'identité collective ou culturelle. Celle-ci se définit comme principe dynamique permettant à une société de se transformer sans perdre sa configuration originale, d'accueillir le changement sans s'y aliéner, et de poursuivre le processus continu de sa création, selon une dialectique incessante de la tradition et de la nouveauté, de la continuité à la rupture, du patrimoine à l'innovation43 au niveau des politiques. Le développement endogène demande une volonté politique ferme de l'Etat pour soutenir les initiatives des populations locales et des projets de développement afin que les populations deviennent non des spectateurs mais plutôt des acteurs. Ainsi, elles pourront mieux valoriser et intégrer leurs savoirs locaux qui paraissent souvent dotés d'une forte performance en raison des moyens matériels dont disposent les sociétés en question.

41 Sinacoeur M.A.1981.Introduction, pour une philosophie du nouveau développement de Perroux François. Aubier, Unesco, p.19

42 Sinacoeur M.A.1981, citant Perroux, p.20

43 UNESCO.1983.Deuxieme plan à moyen terme(1984-1989),doc.4Xc/4.p.45

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II-1-g Economie Territoriale : théorie de base économique

Selon Franck Chaigneau, la théorie de base économique se situe dans les théories de l'économie territoriale44.La première personne qui a réfléchi là-dessus est un sociologue allemand du nom de Werner Sombart45 en 1916 en ayant expliqué des mécanismes de développement régional. Ce dernier se porte plus précisément sur la capacité exportatrice qui occasionne des revenus locaux propres à partir de dépenses qui occasionnent des emplois internes à l'espace concerné. Homer Hoyt46 a repris les réflexions de Sombart en 1950 avec un certain accent porté sur l'emploi local basique et domestique. De son côté, François Perroux47 en 1961 y apporte sa contribution par l'ajout de l'innovation comme facteur pouvant favoriser des pôles de croissance.

Cette théorie-là avance qu'il faut bien distinguer sur un même territoire deux activités distinctes : premièrement, celles qui profitent des revenus externes du territoire, deuxièmement, celles qui assurent la circulation de ces revenus à l'intérieur de ce territoire dépendant de l'étendue du marché. Ainsi, il existe des activités qualifiées de base économique dont leur clientèle est à l'extérieur du territoire (les exportations) et les activités domestiques dont la consommation vise plutôt les agents économiques internes. Cependant, il faut ajouter le fait qu'il est difficile de déterminer la base économique d'un territoire. Il est possible de constater que cette théorie fait baser le développement sur la demande extérieure. C'est le reproche porté principalement à cette théorie en raison de la négligence sur le rôle de l'épargne

44Franck Chaigneau. lundi 4 septembre 2006. Le point sur : La théorie de la base économique. Responsable veille, études et prospective territoriale, Caisse des Dépôts Paris, France.

45 Werner Sombart Der Moderne Kapitalismus, Erster Band: Die Vorkapitalistische Wirtschaft, 2nd rev. ed. (Munich: Duncker and Humblot, 1916). Voir aussi Krumme, Gunter. «Werner Sombart and the Economic Base Concept.» Land Economics 48 (1968): 112-16.citee par Davezies Laurent, « L'économie locale

« résidentielle ». », Géographie, économie, société 1/2009 (Vol. 11), p. 47-53
URL : www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2009-1-page-47.htm.

46 Hoyt Homer. mai 1954. « Homer Hoyt on the development of economic base concept » in Land Economics, Mai, p. 182-7.

47 Perroux François .1961. L'économie au XX* siècle. P.U.F., Paris. Cite par Bailly Antoine. La théorie de la base économique : son histoire, son utilisation. In: Revue Géographique de l'Est, tome 11, n°3-4, Juillet-décembre 1971. Méthodes d'approche de l'analyse régionale. pp. 299-317. doi 10.3406/rgest.1971.1206. http://www.persee.fr/doc/rgest_0035-3213_1971_num_11_3_1206

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et du crédit dans l'économie puisque le développement part du secteur basique (secteur vendant à l'extérieur de l'espace).

En fin, il convient de mentionner l'apport important de Laurent Davezies48 à partir des années 1990 dans l'idée de réhabiliter cette théorie en essayant plutôt d'expliquer la base suivant des revenus disponibles avec la capacité d'attraction des populations riches d'un territoire donné. Quatre sources de revenus extérieurs ont été dès lors identifiées à savoir la base privée ou productive (activités exportatrices dont les services principalement), la base publique (salaires du secteur public), la base résidentielle ou présentielle (retraite, dépenses des touristes, etc..), puis la base sociale (chômage et prestations sociales).

Les mutations sociales ont surtout un impact sur la création de la valeur ajoutée en raison des changements enregistrés dans la distribution de revenus. Autrefois, il était insinué que s'il y a création de la valeur ajoutée, il y aura création d'emplois et ensuite création de revenus. Laurent Davezies49 essaie d'avoir une explication à cela en disant que la croissance nationale du PIB favorise de l'emploi et la baisse de la pauvreté. Cependant, il peut y avoir augmentation d'emploi et diminution de la pauvreté sans pourtant qu'il y'ait hausse du PIB régional. De même, il est également possible qu'une augmentation de la valeur ajoutée de certaines régions n'entraine pas d'un coup une concentration d'emplois. En plus, Davezies avance qu'il faut surtout se centrer sur revenus disponibles et dépenses locaux.

II-1-h Mécanismes de planification inspirés principalement de Gunn. A. Clare50 Généralement chaque entrepreneur touristique prend sa décision en fonction de son spécifique rôle. Dans ce cas, tout développement touristique répond pour un seul et vraiment un seul souci d'utilité pour le tourisme à un point du temps pour une journée entière. Sur le plan collectif, en

48 Davezies Laurent, « L'économie locale « résidentielle ». », Géographie, économie, société 1/2009 (Vol. 11) , p. 47-53. URL : www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2009-1-page-47.htm

49 idem

50 Gunn, A. Clare.1994.Tourism Planning: Basics, concepts, cases. Third edition. Philadelphia: Publisher and Fancis.

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dépit de l'indépendance de ces agents de décisions, il y'a développement touristique du côté de l'offre en raison de leur préoccupation concernant les espaces à louer, les infrastructures hôtelières, les activités de loisir etc. Il est possible de voir l'activité touristique sous un angle statique quand le problème est approché par secteur ou un angle dynamique quand il s'agit de prendre en compte la multiplicité des acteurs qui agissent sur les lieux en même temps. En dépit de cela, il y'a toujours des effets négatifs allant à l'encontre des satisfactions cherchées par les visiteurs en général et des menaces sur l'environnement.

Le problème principal résulte spécifiquement d'un manque de l'ingrédient planificateur. Le fait de construire des hôtels, d'embaucher des staffs, de mettre à la disposition des gens des maisons de vacances, des services de restauration, etc. n'est pas tout à fait de la bonne planification touristique .Il importe de savoir que les habitants des territoires sont la proie continue des trafics résultant des activités touristiques qui génèrent souvent du bruit, de la perturbation, des désordres et des conflits.

Les environnementalistes dénoncent souvent les dommages causés par le tourisme sur les ressources fragiles des territoires. Cependant, les promoteurs d'activités touristiques finissent par percevoir que ces difficultés potentielles ne résultent pas intégralement ou nécessairement toutes du secteur du tourisme en développement51. S'inspirant de certaines expériences de réussites et pour remédier à ces difficultés-là, il y'a quatre objectifs de planifications pour un meilleur développement touristique : 1-) augmenter la satisfaction des visiteurs 2-) améliorer les succès économiques et commerciaux 3-) protéger les atouts en ressources 4-) intégrer les territoires et les communautés52.

Le premier objectif s'appuie sur le fait que le touriste a toujours besoin d'aide, de confiance en ce qui a trait aux prix pratiqués, aux services standards, et à l'assurance. Si quelque part les choses ne conviennent pas, il peut y avoir un recours. Ainsi, en réalité la planification ne doit

51 Id.

52 Gunn, A. Clare.1994.Tourism Planning: Basics, concepts, cases. Third edition. Philadelphia: Publisher and Fancis, p. 11.

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pas se contenter de résoudre des problèmes mais aussi d'éviter des problèmes en fournissant un contrôle sur les interrelations afin de s'assurer que les désirs, les habitudes, les souhaits et les besoins des visiteurs sont satisfaits. La valeur d'un développement planifié ne se mesure pas par le seul jugement du propriétaire ni du planificateur mais par le visiteur. La demande standard via le produit touristique est donc une politique de planification orientée à l'endroit de l'utilisateur53.

Le second objectif s'intègre à l'idée qu'un impact positif du tourisme exerce une influence sur l'économie de beaucoup de territoires. Le bénéfice économique est généralement entendu comme une augmentation flagrante de la richesse ou du revenu mesuré en termes monétaires des gens placés sur le territoire en question au-dessus ou en dessous du niveau qui prévaut en absence d'activité sous étude54.

Cependant, la planification ne s'attaque pas uniquement à la liberté du secteur d'avoir une importante tâche commerciale qui conduira au succès de ses entreprises privées mais aussi au développement des initiatives gouvernementales tant au niveau local, national ou territorial qui ne s'inscrit pas dans un objectif commun. En ce sens, la coopération, la collaboration et la coordination doivent encourager mais non détruire la créativité et l'innovation individuelle du développement. Il convient donc de faire de la planification un service de protection ainsi que socialement responsable. De loin, un autre but de la planification collaborative du tourisme est la fourniture des retombées croissantes pour la propriété et le développement55.

Le troisième objectif est l'objet de controverse entre les environnementalistes et l'idée du développement continu. Ce paradoxe demeure incompréhensible puisqu'une bonne part des activités touristiques dépend de la protection des ressources. Ainsi, et l'économie de tourisme et les satisfactions des visiteurs dépendent de la nécessité absolue d'arrêter la dégradation des

53 Gunn, A. Clare.1994,op.cit

54 Idem,p.13

55Gunn. Clare .A. op cit.

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ressources si flagrante à travers le monde. L'essentiel selon Gunn Clare56, c'est que toute planification touristique est un nouvel engagement au sujet de la protection des ressources.

En dernier lieu, l'objectif d'une intégration communautaire et territoriale passe précisément par une planification intégrée à l'intérieur de la planification officielle des communautés et des territoires. La majorité des objectifs de planification pour des agences de planification légale a été menée envers les citoyens et non les visiteurs. Cependant, il faut penser à un processus de planification inscrit dans le long-terme et la plupart des dirigeants qui élaborent les politiques avancent que c'est trop difficile d'envisager un plan de long-terme. Pourtant, en raison des multiples dommages environnementaux et économiques à travers des pays, le peuple pourrait mieux supporter une planification coordonnée de long terme57.

A cet effet, il est possible d'ajouter que le tourisme doit être planifié avec le but spécifique de mettre ensemble tourisme et vie économique et sociale d'un territoire ou d'une communauté. Aujourd'hui, beaucoup de communautés et nations cherchent à faire du tourisme une force économique du développement, toutefois c'est surtout dangereux si le tourisme devient le seul moyen économique d'amorcer le développement58.

Une nouvelle tendance de planification en cours à travers le monde saisit l'aspect multidimensionnel de cette activité intégrative. Il embrasse à la fois les facteurs sociaux, environnementaux, politiques, psychologiques, anthropologiques, et technologiques et prend en considération le passé, le présent et le futur59. Pourtant, des gens pensent qu'un tel choix est trop placé dans un mécanisme bureaucratique à l'unique initiative du gouvernement. L'idéal sera que la planification pour le tourisme résulte de la collaboration entre les planificateurs d'agence gouvernementale et les consultants professionnels de planification.

56 Idem

57 Id.

58 CNUCED. Tourisme durable : contribution à la croissance et au développement durable. Réunion d'expert sur la contribution du tourisme à un développement durable tenu à Genève, 14 et 15 mars 2013.

59 Rose, Edgar.A.1984.»Philosophy and purpose in planning». In The Spirit and Purpose of Planning,2nd ed. M.J. Burton (ed),pp.31-65.London:Hutchinson.p.45

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La planification touristique peut être approchée suivant trois échelles selon Gunn Clare 60 :

1-) A l'échelle de site, qui est devenue la plus populaire en retraçant les propriétés du développement individuel dont la liberté devrait être protégée au même instant que le propriétaire devienne plus éclairé sur les grandes opportunités offertes. À ce niveau, la planification doit permettre la facilité pour les services touristiques tout en renfermant beaucoup de relations.

2-)A l'échelle de zone de destination (territoire récepteur) quand les fonctions du tourisme sont mieux comprises, des opportunités existent pour une planification incluant la zone de destination en rapport nécessairement avec les impacts sociaux, environnementaux, et économiques. Quand le site est bien désigné et que la zone entière est planifiée valablement, beaucoup de visiteurs réduiront leurs impacts négatifs sur l'environnement et la société. La zone de destination qui se rapproche du terme territoire peut se définir comme un espace géographique qui contient une masse critique de développement qui satisfait les objectifs des voyageurs.

3-)A l'échelle régionale, dans le but de déterminer la plus grande potentialité pour une région ou une nation, la planification est recommandée afin d'attirer les investisseurs et entrepreneurs. Ceci sera possible en se servant des plans régionaux qui retracent ou identifient bien les zones où des opportunités se trouvent réellement à partir d'une étude sur les facteurs du développement touristique et la faisabilité des investissements. Ce type de planification demande qu'il y ait comme principale raison de planification à ce niveau macro l'intégration de tous.

La motivation pour une planification touristique peut provenir de différentes sources, car chaque communauté, territoire ou région a une histoire, tradition, politique, et aspirations différentes. Il n'y a pas de type de développement qui est plus compliqué socialement, économiquement, et environnementalement que le tourisme. Ses fondements font qu'il est

60 Gunn, Clare.A.1994.Tourism Planning: basis, concepts, cases. Third edition. Philadelphia: Taylor & Francis. Ou en français, Planification touristique, base, concepts et cas.3e édition, Philadelphie.

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difficile à généraliser c'est-à-dire en donnant un aspect universel à ses principes. L'amélioration de la planification touristique peut avoir d'impacts à partir d'un tourisme national ou par une organisation adoptée par toute la nation.

En réalité, il est clair qu'un tourisme non planifié ou mal planifié peut être la cause principale de la dégradation du patrimoine naturel et culturel. Cette dégradation peut aboutir à des bouleversements des traditions et des modes de vie des gens habitant l'endroit où les activités touristiques mal planifiées ont été effectuées. Ceci occasionne toutefois, un certain conflit entre populations locales et touristes. A cet effet, il devient nécessaire que l'inscription des activités touristiques dans des stratégies globales de développement au niveau national, territorial, rural soit faite afin d'atteindre un développement maitrisé, coordonné et géré. De là, le problème de gouvernance doit être pris en compte.

Partant de la définition de la gouvernance donnée par Karim et Wayland cités Par David Picard et Mike Robinson61 à savoir « La gouvernance concerne des questions aussi diverses que l'administration, l'application de la loi, l'engagement civique, la participation des citoyens et la promotion de l'égalité ». Il est bien d'insinuer qu'il existe une nécessité à prendre en compte des interférences complexes entre tourisme, culture et développement car c'est très difficile d'arriver à une définition indiscutable d'une politique touristique. Il s'agit alors de mettre en place des dispositifs efficaces d'encadrement en essayant d'encourager au préalable la coopération sectorielle.

En conclusion, il s'avère importante de faire de la planification du développement touristique un outil important en vue de favoriser le développement d'un tourisme durable dans le but d'éviter ces fortes concentrations de flux touristiques afin de réduire les différentes nuisances. Il s'agit de remettre en question les pratiques traditionnelles de planification pour mieux

61 Karim, K.H and Wayland, S.V. (2001) Culture, Governance and Human Rights. In: Matarasso, F. (ed) Recognising Culture. A series of briefing papers on culture and development. UNESCO, Department of Canadian Heritage and Comedia, with support from the World Bank, London. Cité dans UNESCO.2006.Tourisme,culture, et développement durable par David Picard et Mike Robinson.DOC no CLT/CPD/CAD-06/13.

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garantir la résolution des problèmes spécifiques de financement et de valorisation du secteur touristique

Section 2 : Brève revue de la littérature empirique

Dans cette partie, le choix de certains travaux de recherche a été fait. Ainsi, le travail de Juanchich Laure mené sur la Seine-Saint-Denis a été pris en compte en raison de la liaison établie entre tourisme, culture et territoire. Puis, le travail de Marco Menozzi basé sur 15 années d'activités du dispositif d'agences de développement local en région wallonne, territoire touristique, est considéré. Enfin, le principal travail qui a retenu le plus notre attention tout au long de ce bilan de présentation et a servi de référence à notre façon de concevoir l'étude des cas, c'est la recherche de Dujardin et Marek sur la commune de Durbuy.

Travail de recherche de Juanchich Laure sur la Seine-Saint-Denis

Partant de l'hypothèse que tourisme et culture peuvent évoluer dans un rapport de coopération afin de tirer bénéfices l'un de l'autre Laure Juanchich62 a développé une réflexion qui tient compte des contradictions existant entre la volonté de préserver le patrimoine touristique et culturel et celle de recevoir bon nombre de visiteurs. L'émergence d'un tourisme culturel peut participer au développement local du territoire puisque l'interaction entre tourisme, culture et territoire produit des effets sur l'environnement. Ainsi, il met en valeur l'importance du territoire en tant qu'espace de valorisation à la fois de la culture et du tourisme puisque le tourisme se fait toujours dans des lieux spécifiques choisis comme destination.

Saisir le sens de cette relation selon l'auteur convient à prendre en considération deux aspects clé à savoir l'identité locale et patrimoine, ce qui amène à dire que la culture devrait faire partie intégrante de toute stratégie de développement d'un territoire donné à travers différents domaines. Ce type de relation selon l'auteur ne se trouve pas partout de la même façon, il

62 Juanchich, Laure. 2007. Culture, tourisme, territoire : Les apports du tourisme culturel au développement local.

Paris .master présenté, année universitaire 2006-2007.En ligne : http://doc.sciencespo-
lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/Masters/SECI/juanchich_l/pdf/juanchich_l.pdf

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importe alors d'identifier des régions à fortes potentielles touristiques afin de les transformer en pôle d'attraction surtout en optant pour les produits d'un tourisme plutôt culturel lorsque ces territoires sont en phase d'expansion.

Pour mener à bon port cette analyse, l'auteur situe sa recherche dans le territoire de la Seine-Saint-Denis situé au Nord-est de Paris, dans la région l'Ile de France pour montrer les impacts du tourisme culturel sur le développement de ce territoire. Le maillage culturel de ce territoire a été rendu possible grâce à la mise en place des structures qui garantissent la création, les résidences d'artiste, la diffusion, la médiation surtout dans les lieux de valeurs, ce qui permet au territoire d'avoir une offre culturelle et un patrimoine ancien diversifié.

Dans son analyse, l'auteur ne réalise aucune distinction entre développement local et développement territorial qu'il trouve assez proches quand il s'agit d'aborder les effets du tourisme sur un territoire donné. Pour Laure, il est plausible d'envisager l'approche locale du développement quoique confrontée à un double contexte à savoir celui de la mondialisation prônant des rapports économiques planétaires puis celui de territorialisation infra-étatique. A ce niveau, il cite des auteurs en développement local dont Bernard Pecqueur63 qui adopte une définition qui dépasse très largement la seule valorisation économique des biens et services marchands. Plus loin, il s'est référé à l'économiste Paul Krugman64 qui voit dans le développement territorial l'effet d'auto-consolidation du succès plutôt que d'un quelconque avantage imputable à l'existence des ressources préexistantes, c'est-à-dire qu'il y'a bien des échanges d'autre nature qui renforcent en tout cas les échanges économiques.

En Seine-Saint Denis, il y' a eu des retombées économiques liées spécifiquement aux équipements culturels entrainant la forte fréquentation touristique en ayant occasionné d'un coup la hausse des recettes propres. Malgré tout il y'a des fuites enregistrées, sur chaque 1 € dépensé sur le site culturel 8 à 10 € sont dépensés ailleurs sur le territoire. De plus, il y'a le développement fulgurant du tourisme d'affaires grâce au tourisme culturel. Tout cela a entrainé

63 Pecqueur Bernard.2000. Le développement local. Paris, Editions Syros, Collection : Alternatives économiques. 64Krugman, Paul.2000. La mondialisation n'est pas coupable. Vertus et limites du libre-échange. Paris, La Découverte.

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au niveau du territoire l'augmentation du chiffre d'affaires du territoire. En plus, des emplois directs et indirects ont été créés. En zone touristique, sur chaque 10000 arrivées sur un site culturel, il y' a eu près d'un emploi direct et d'un ou de deux emplois indirects ayant pris naissance sur le territoire en raison de l'offre culturelle. Ce type de tourisme a requis toutefois des cadres de diplôme bac + 2 ou au-delà. Le tourisme culturel industriel en Seine-Saint-Denis a favorisé des liens sociaux et des rencontres entre les entreprises et les populations locales, qui tirent aussi avantage des actions du comité départemental du tourisme. Cependant, il faut souligner, comme l'a fait remarquer l'auteur, sa recherche ne s'est pas basée sur des études quantitatives approfondies.

Recherche de Marco Menozzi sur le développement local en Wallonie

Marco Menozzi65 a essayé d'étudier l'activité de développement local en région Wallonne au Belgique. Pour lui, il implique d'abord de bien faire preuve de prudence quand il s'agit de définir le mot « territoire » à cause de sa nature polysémique car il y'a différence au prime abord entre territoire politique, territoire culturel et touristique, cependant il a fini par adopter la définition de Pecqueur qui le voit surtout comme « un espace d'intelligibilité des acteurs »66.Cette définition-là lui permet surtout d'aborder le développement local durable sur un territoire comme un processus qui engage l'acteur pendant un certain temps à s'approprier de cet espace dans sa quintessence en saisissant toutes ses particularités.

En conséquence, à travers le territoire, les liens entre les acteurs sont bien tissés puisque c'est un facteur de marqueur d'identité. Cette dernière, en tant que concept selon l'auteur, se rapproche même de l'acception de développement local durable du fait qu'elle sous-tend dans l'optique du développement local une dimension interactionniste qui se rapporte aux articulations entre l'individuel et le collectif. Lorsqu'il s'agit de site, suivant des recherches déjà réalisées dans des pays industrialisés et émergents sur le développement local, le dit site est d'abord singulier, ce qui permet aussi de comprendre à partir du principe d'identité que le

65 Menozzi, Marco. 2013. Approche théorique du développement local durable et regard critique sur 15 années d'activité du dispositive d'agences de développement local en région wallonne. Bruxelles: mémoire pour l'obtention d'un diplôme de Master en politique économique et sociale.

66 PECQUEUR, Bernard.1995. Rationalité et territoire, texte d'une conférence Université de Grenoble 2, p.6 cité par Menozzi

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territoire est bien une entité unique avec ses particularités et une identité propre. Cependant, il ne faut jamais prendre un territoire ou un site comme étant isolé dans le cadre du développement local durable.

Pour réaliser cette étude, une enquête a été menée, en ayant fait passer un questionnaire aux différentes agences de développement local (ADL) au nombre de 51 agréés contre seulement 23 qui l'ont rempli. Ces agences-là ont été mises en place quinze ans de cela, par rapport à la période de recherche, au moment d'une prise de conscience dans l'intention d'aider à la constitution d'un développement local efficace dans les communes de Wallonie. Il s'agissait d'un projet Pilote pris par le gouvernement Wallon afin de créer des emplois à l'échelle locale. Cette enquête était réalisée afin de procéder à un état des lieux de leur dispositif.

Une grande partie des ADL a mis en valeur un plan stratégique de développement local (PSDL) puisqu'il est nécessaire à ce que la démarche pour un tel développement ne s'improvise pas. Cela aura dû être réfléchie et partagée par une large couche de la population. En Wallonie, il était constaté que 61 % des agences de développement local ont mis en place un tel plan(PSDL) et la plupart, des axes stratégiques évoqués. Il y'a eu en réalité une préférence pour les activités économiques et touristiques, cependant l'auteur a constaté que tous les agents de développement local de nature mono-communale, pluri-communale disposaient bien d'un diagnostic du territoire concerné. Toutefois, le territoire duquel il était question dans le cadre de cette étude était de nature politique.

Une entente cordiale s'est trouvée entre les ADL et les élus locaux à Wallonie propre à faire du pouvoir politique un levier indispensable de la démarche entreprise par les agences. De plus, ces ADL ont eu des rapports privilégiés à hauteur de 91% avec les UVCW67 qui jouaient selon eux le rôle de Porte-Parole de leurs revendications. En raison du décret pris en leur faveur à partir de ces relations privilégiées, il était constaté que le nombre d'agents ayant bénéficié d'un contrat déterminé est passé de 60% à 83%. Par rapport au décret près de 57% se sont montrées satisfaites. Concernant les axes stratégiques prises en compte dans leur plan

67 Union des Villes et Communes de Wallonie.

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stratégique du développement local, les axes économiques et touristiques ont été privilégiés par 64.3% des ADL.

Il y'a eu certaines difficultés avec les pouvoirs politiques communaux à cause d'une méconnaissance de certains principes dont la dimension transversale du développement local ou territorial ainsi que d'un manque de communication et de compréhension. En quelque sorte, l'importance de l'apport des élus locaux au projet de développement territorial s'avère être une condition inévitable. La plupart des agents questionnés voyaient le développement local durable à leur manière.

Travail de recherche sur le développement territorial à Durbuy

L'étude sur le développement territorial de la commune de Durbuy, une province de Luxembourg réalisée par Dujardin et Alyson68 permet d'analyser le rôle moteur que joue le secteur touristique accompagné du commerce de détails et de la construction de la région pour le développement. C'est une perspective qui est donc intéressante en ce qui a trait à notre travail de recherche. Ils partent d'une présentation du profil économique avec des sociétés dont les plus présentes sont les PME (petites et moyennes entreprises) et les TPE (très petites entreprises).Par la suite, ils s'orientent sur plusieurs tendances théoriques dont une première centrée sur l'économie d'agglomération pour montrer que l'activité touristique née autour de Durbuy-Vielle-Ville fait augmenter l'attraction touristique et a entrainé d'autres secteurs dont la construction et le commerce.

Au niveau de cette commune, sur les 5 plus grandes entreprises, il y'a trois qui sont liées directement au tourisme, ce qui permet d'insinuer que l'activité touristique a dopé l'économie de cette région. Dujardin et Alyson poursuivent leur analyse en essayant d'estimer les externalités liées au secteur touristique. Les autorités communales ont rapporté qu'en 2001 le tourisme représentait 7.44% des recettes du budget communal, sur 884 entreprises 111 étaient liées directement au tourisme.

68 Dujardin, Sébastien; Marek Allyson.2008.Développement territorial: Etude de cas concret de la commune de Durbuy.

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Il est montré dans cette étude que par le biais de l'approche d'économie d'agglomération le secteur agricole se développe en raison de son lien direct avec l'activité touristique par le fait qu'il façonne bien le paysage de la région. Par souci de diversification, les acteurs du secteur agricole développent une offre en hébergement touristique avec des gîtes à la ferme, camping de ferme puis autres produits gustatifs (fromages de chèvres, confiture etc..) du terroir attirant l'attention des touristes. En plus, deux types de commerces s'étaient développés : celui de gros afin de répondre aux besoins immédiats de la population locale et ceux de détail, en lien avec la demande exogène du tourisme par exemple des magasins de souvenirs.

De plus, il est constaté une relation importante entre le tourisme et la mise en valeur d'espaces urbanisés au niveau de la région (villages des vacances etc.). Ainsi, le progrès enregistré dans l'immobilier au tourisme permet l'activité de location et la vente de secondes résidences.

Dans cette région au final, il est possible de constater l'importance du tourisme sur le développement territorial vu l'induction dynamique qu'il entraine même si c'est parfois exogène au niveau du territoire. Néanmoins, il y'a un peu d'externalités négatives liées à la région dont le manque de nécessité pour une main-d'oeuvre très qualifiée occasionnant par-là, la non concentration de cerveaux à haut revenus sur le territoire. Tout compte fait, en dépit des effets négatifs enregistrés sur le territoire, il est constaté une mise en place de politiques publiques dans la lignée des auteurs dont E. Perrin et N.Rousier69 en vue d'un renforcement des forces d'agglomération par le fait que les autorités font du tourisme une activité structurante et dominante dans la région .Pour eux, le tourisme entrainera sans aucun doute le développement local par le truchement d'une cohésion entre plusieurs acteurs et entreprises. De plus, il y'a aussi mise en place d'Agence de Développement Local(ADL), qui a permis le renforcement du capital humain par une incitation sur des mentalités entrepreneuriales.

69 C. LACOUR, E. PERRIN, N. ROUSIER.2005. Les Nouvelles Frontières de l'Économie Urbaine. Paris : éd. de l'Aube.

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En raison de la spécificité de la commune de Durbuy, les auteurs Dujardin et Allyson70 pensent qu'elle est fortement ancrée dans la perspective de développement territorial. L'économie d'agglomération existante la rend différente des autres communes en termes d'activités économiques classiques surtout dans le domaine touristique. Elle offre des produits centrés sur le patrimoine architectural et le patrimoine naturel. « Durbuy-Veille-Ville » est donc vue comme étant une ressource territoriale qui concourt bien à sa spécificité du fait qu'il soit un cadre touristique spatialement contraint à lier à des caractéristiques intrinsèques non cessibles et non transférables suite à la reconnaissance de ce site par les premiers touristes bourgeois depuis au 18e siècle .

A Durbuy, il y'a offre d'un produit cohérent, unique et spécifique propre à l'image de la ville. Ainsi, la rente de qualité territoriale définie comme la capacité des acteurs à créer des processus institutionnels susceptibles de capter le consentement à payer des consommateurs associés à l'environnement du produit est surtout captée de manière individuelle par des prestataires touristiques. Au final, les auteurs ont associé l'étude de ce cas aux théories du développement régional ou territorial dans la catégorie de la « théorie du développement endogène local » puisqu'ils insistent sur le caractère endogène des activités de la commune de Durbuy. Différents plans de développement mettant accent sur les micro-initiatives ont été privilégiés.

Section 3 : Formulation d'hypothèses

Pour faire suite à ce long cheminement théorique et en conformité aux questions posées dans le chapitre I portant sur l'objectif de la recherche et la problématique, les hypothèses suivantes ont été formulées dans le but d'établir l'existence des relations entre les variables : développement territorial et activités touristiques.

Hypothèses

1-) Une bonne planification intégrée en matière de développement des activités touristiques par la prise en compte des besoins et aspirations des populations locales contribuera au développement durable de Port-Salut.

70 Dujardin, S.; Marek A, op. cit

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2-) En tant qu'activité économique transversale, le tourisme dotera Port-Salut par le biais de ses atouts particuliers d'un potentiel de développement propre.

Section 4 : Méthode et sources bibliographiques

Pour rédiger ce mémoire et répondre à nos questions de recherche, puis confirmer nos hypothèses de recherches :

-Des revues scientifiques, dont Centre de Recherche pour l'Étude et l'Observation des Conditions de Vie (CREDOC), Etudes Caraïbéennesrevues.org, Academia.edu, Economie ruralerevues.org, Land Economics, Cairn.info, Persee.fr.

-Des publications sur les sites des différents organes opérant dans le tourisme ou collectant des données sur l'évolution du tourisme à travers le monde et sur Haïti ont été consultées à savoir les informations données sur le site du Ministère du Tourisme et des Industries Créatives, ensuite, à travers le WTTC, le UNWTO, l'OMT, la CNUCED, la BRH, l'IHSI etc...

-Des articles de presse liés au tourisme dont ceux publiés au journal le nouvelliste, Haïti Press-Network, Le Matin, Le National etc.

-Des mémoires ayant un certain rapport à l'économie du développement surtout territorial ou local sont mobilisés, ainsi qu'au tourisme. La plupart des documents en format PDF ont été tirés des sites internet de renom.

-Enfin, les archives du Ministère du Tourisme et des Industries Créatives ainsi que celles de l'IHSI ont été mises à notre disposition.

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Deuxième partie

« Industrie touristique à travers le monde : Particularités régionales et nationales »

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Chapitre I

Ampleur et importance relative de l'industrie touristique

Section 1 : L'industrie touristique à travers le monde

I-1-a Evolution macroéconomique et arrivées des touristes internationaux

Les activités touristiques connaissent une grande ampleur à travers la planète, en raison notamment de la mondialisation et de l'accroissement de la richesse mondiale qui a découlé en un certain sens de l'expansion des classes moyennes dans les pays émergents adoptant pour la plupart un mode de vie occidentalisé71.C'est l'industrie qui s'affirme être la plus rapide en matière de croissance surtout dans les PMA à près de 11% par an en moyenne depuis 1991. Les recettes de ces pays ont atteint 15 milliards de dollars EU. Les exportations des services de voyages estimées à 1.6% du PIB des PMA en 2014 contre 1.2 en 1995 demeurent une source importante pour les pays moins avancés. Le nombre d'arrivées des touristes internationaux dans les PMA est passé de 4 millions en 1995 à 25 millions en 201472.

En 2015 selon les statistiques de l'OMT73, le secteur touristique représente 9% du produit intérieur brut (PIB) mondial .Son impact sur l'emploi est aussi remarquable avec un pourcentage de 9% des emplois créés à travers le monde. Le tourisme représente près de 6% des exportations mondiales soit un montant de 1500 milliards de dollars EU en exportations et 30% des exportations de services en 2015.

71 MARESCA, Bruno.2011.les pays émergents soutiennent le tourisme culturel en France. In revue CREDOC, Consommation et modes de vie #238

72 Organisation mondiale du commerce .2015.Statistiques du commerce international 2015.p.33.

73 OMT. Faits saillants 2015.

51

De 25 millions de touristes internationaux en 1950, ce nombre était évalué à 1.133 millions de touristes en 2014.En termes de prévision, pour 2030 le nombre de touristes est estimé à 1.8 milliard74.

De plus, le tourisme occupait en 2014, le 4e rang des exportations mondiales avec 1245 milliards $ EU de recettes devant l'industrie de l'automobile et des hydrocarbures. Les Amériques ont enregistré la croissance la plus forte estimée à 8% des arrivées ou 181 millions de touristes en 201475.De son côté, M Taleb Rifai, le secrétaire général de l'OMT avance : «Les résultats de 2015 ont été influencés par les taux de change, les cours du pétrole ainsi que les crises d'origine naturelle et humaine dans de nombreuses régions du monde »76 . Comme illustration, referons-nous à ce tableau retraçant les arrivées et les recettes.

74 Ibid.

75 OMT. Faits saillants 2015.

76 Organisation Mondiale du Tourisme. Communiqué de presse « Record d'arrivées de touristes internationaux en 2015, à 1,2 milliard, en hausse de 4 %» publié le 18 janvier 2016 à Madrid PR No : Pr 16008.

52

Il importe de noter que sur le plan macroéconomique les dépenses des visiteurs internationaux sont comptées comme exportations pour le pays de destination et dans la catégorie d'importations pour le pays de résidence du visiteur. Il est possible de voir que la crise de 2008 et 2009 a eu impact sur les recettes touristiques puisque de 970 milliards $EU en 2008, elles étaient passées à 885 milliards $EU. De même, en ce qui a trait au nombre d'arrivées, le nombre était passé pour la même période de 928 millions à 891 millions de touristes internationaux. Cependant, suivant les variations en pourcentage, une baisse est constatée sur la base de l'indice de 2008 soit de 4.6% pour la période 2012-2013 et 4.3% entre 2013 et 2014, de même au niveau des recettes, cette variation à la baisse est constatée pour les mêmes périodes par rapport à l'indice choisi77.

Cette diminution était due surtout à l'appréciation en 2013 du dollar américain et des devises indexées comme celles des Caraïbes ou du Moyen-Orient face à l'euro et à d'autres devises. En moyenne, pour l'année 2013, cette dépréciation a été de 3% puisque les valeurs en Euro exprimées en dollars américains étaient supérieures de 3% par rapport à 2012.Le tableau ci-dessous met au clair l'évolution du taux de change entre l'Euro et le $ E.U78.

 

$EU-euro

Variation(%)

Euro-$EU

Variation (%)

2010

0.7543

 

1.3257

 

2011

0.7184

-4.8

1.3920

5,0

2012

0.7783

8.3

1.2848

-7.7

2013

0.7530

-3.3

1.3281

3.4

2014

0.7527

0.0

1.3285

0.0

Source Baromètre du tourisme mondial.OMT.2015.

En 2014, les recettes du tourisme international ont crû de 48 milliards de dollars, 41% de ces recettes étaient pourtant captées par l'Europe, suivie de l'Asie-Pacifique avec 30%, dans les

77 OMT. Baromètre du tourisme mondial. Annexe statistique : Volume 13, avril 2015. 78OMT. Baromètre du tourisme mondial. Annexe statistique : Volume 13, avril 2015.

53

Amériques, le pourcentage n'était que de 22%, en Afrique, et de 3% puis 4% au Moyen-Orient. Tout compte fait, il faut signaler que l'évolution suivant la période 2013 à 2014 est plus poussée en Asie-Pacifique (4.4%) et en Moyen-Orient (5.7 %) que celui d'Europe (3.6%) et au-dessus de la tendance mondiale (3.8)79.

Cette situation peut se comprendre grâce au tableau suivant où il est possible de constater qu'en dépit des impacts et du taux de croissance rapide des pays émergents, le rattrapage n'a pas encore réussi. C'est pourquoi seulement 34.5% de la part du marché était captée par ces pays-là. De même, au niveau des recettes, il est surtout constaté la même tendance. En termes de variation à prix constants, les économies émergentes sur le plan des recettes ont une tendance beaucoup plus favorable. A titre d'exemple, mentionnons que pour les pays avancés, la variation des recettes était de 5.7% en 2012-2013 contre une baisse de 3.2% en 2013-2014.Une situation inverse était enregistrée dans les économies émergentes avec une augmentation des recettes de 4% à 4.6% en 2013 et 2014.

79 OMT.2015.Memento du Tourisme : Le tourisme dans le monde.

54

Source : Organisation mondiale du tourisme (OMT-UNWTO), d'après les données de l'OMT-UNWTO, mai 2015.

I-1-b Etat d'avancement du tourisme dans les économies émergentes

En 2013, les économies émergentes représentaient 43% du commerce mondial des marchandises, puis contribuaient à 34% au commerce total des services commerciaux. Certains pays émergents asiatiques dont la Thaïlande, le Macao, et la Chine représentaient respectivement 24%, 18%, et 18%80 dans le secteur des exportations de services de voyages du commerce mondial. La part de marché des économies émergentes est passée de 30% en 1980 à 45% en 201481.

Ainsi, le projecteur en matière de croissance de demande est particulièrement fixé sur les pays émergents avec un taux de croissance (4.6%) des recettes touristiques dépassant celui des économies avancées (3.2%)82.Dans ces pays, le tourisme demeure le 4e secteur économique important derrière les combustibles(1er) et les produits alimentaires (2e),les textiles et vêtements (3e).En 2015,il était constaté, un rebond du taux de croissance (5%) dans les destinations des économies avancées à cause de bon resultats des pays de l'Europe. qui leur ont permis de dépasser celui des destinations d'économies émergentes ( 4%)83 .

80 Organisation Mondiale du commerce. Statistiques du commerce international 2014.

81 OMT.2015.Faits saillants 2015

82 OMT.2015.Faits saillants 2015.

83 Global News Matters. Tourism Report Q2 2015: Discover the opportunity in the Caribbean.

Le tourisme comme activité économique a permis d'enregistrer de forte croissance économique à travers le monde puis se conforte dans son rôle de diversificateur et de transformateur au niveau de la structure de certaines économies. C'est le cas d'Anguilla dont le tourisme a contribué de 2.7% à sa croissance du PIB en 2014 alors que ce PIB a crû de 1.9%, et de Cuba dont le tourisme contribue à 10.4% de la croissance du PIB qui a cru de 1.3% en 201484.

I-1-c Evolution des arrivées et impact de la crise de 2008-2009

L'évolution des arrivées à travers le temps s'est faite de manière continue et sans interruption. Le nombre des arrivées enregistré est passé surtout de 25 millions en 1950,278 millions en 1980, puis 527 millions en 1995, 675 millions en 2000, et 940 millions en 2010 avant d'atteindre 1.133 millions en 2014. .Par projection pour l'année 2030, il était visé près de 1.8 milliard d'arrivées85. Tout compte fait, il convient de ne pas oublier comme c'était le cas pour les différents autres secteurs de l'économie, le tourisme accusait un certain ralentissement au cours de la crise de 2008-2009, cependant comme l'affirme l'OMT c'est le secteur, en raison de son dynamisme qui s'est le plus rapidement remis de cette crise financière et économique. En 2012 suivant l'OMT, il était constaté le fait qu'il y'a eu toujours un taux de croissance estimé à près de 3 à 4%, ce qui témoigne d'une certaine résistance remarquable à l'instabilité économique, et de 4.35% en 2014.Le graphe suivant86 témoigne de cette évolution en question.

55

84 Global News Matters. Tourism Report Q2 2015: Discover the opportunity in the Caribbean.

85 Faits saillants OMT.2015.

86 Idem

56

Source : OMT.2015. Faits saillants 2015

I-1-d Principaux continents bénéficiaires de l'augmentation des arrivées touristiques. En 2030,57% des arrivées toucheront davantage les économies émergentes avec une prévalence au niveau de l'Asie-Pacifique à près de 4.9% par an87.Entre 2010 et 2030, dans les économies émergentes, le taux de croissance prévu est de 4.45% par an88.

Selon les statistiques de l'OMT pour la période comprise entre 2004 et 2014, il y'a eu beaucoup plus de mouvements dans les secteurs touristiques dans les pays de la périphérie que dans les pays capitalistes. Le taux de croissance annuel moyen était de 5.4% par an en Afrique avec 6.2% en Afrique Subsaharienne. Il était de 4.7% au Moyen-Orient et 6,1% en Asie-Pacifique avec le record mondial 8.6% en Asie du Sud. Pourtant, le taux n'était que de 2.8% en Europe, 3.5% dans les Amériques et 5.1% pour l'Amérique du Sud89. Cependant, la majorité des voyageurs (émission), soit près de trois quarts d'après l'OMT, proviennent traditionnellement des pays les plus développés de la planète avec notamment une part de marché de 50.8% détenue par l'Europe,23.7% par Asie-Pacifique, et 16.7 % par les Amériques,3.3% en Moyen-Orient, et 2.9% par l'Afrique. Le tableau suivant90 peut en témoigner :

87 OMT. Faits Saillants 2015.

88 Idem

89 Ibid.

90 Id.

57

Source : Organisation mondiale du tourisme (OMT-UNWTO) (c)

En ce qui a trait aux marchés émetteurs précisément, c'est la Chine qui vient en tête du classement depuis 2012 avec une augmentation de 27% en 2014 et ses dépensent s'estimaient à 36 milliards de dollars pour la même année. Ceci a été surtout favorisé par la hausse des revenus disponibles, l'appréciation de la monnaie chinoise, une plus grande facilitation du voyage et l'assouplissement des restrictions relatives au voyage à l'étranger. Ce pays génère 13% des recettes touristiques mondiales à l'heure actuelle .Les Etats-Unis viennent en seconde position et l'Allemagne en troisième place91.

I-1-e Type de tourisme et de transport les plus adoptés.

En terme de type de tourisme pratiqué suivant la même source, il est constaté que pour 2014, près de 53% des touristes internationaux se situaient dans le cadre d'activités de loisirs et de détente soit 598 millions, 14% pour affaires, et 27% quittent leurs territoires pour des raisons diverses comme visites à des familles, objectifs religieux comme pèlerins, études et traitements thérapeutiques etc. L'autre 6% de ces touristes n'ont pas spécifié leurs objectifs92.

91 OMT. Faits saillants. Op. cit.

92 Ibid.

58

Le mode de transport le plus utilisé au cours des déplacements était surtout le transport aérien à près de 54%93 des cas. Il n'est pas question de négliger le rôle que peut jouer le tourisme intérieur dans la croissance économique, cependant les yeux sont rivés en général sur le tourisme international qui génère de grandes rentrées de devises, puis des transferts de capital économique et technique importants.

I-1-f Dépendance développée au tourisme par certains pays et bénéfices majeurs captés par d'autres.

Il n'importe pas tout compte fait en adoptant cette vision globale des activités touristiques de cacher les grandes différences en terme de retombées à travers différentes nations de la planète. Ce secteur fait surtout face à son caractère hétérogène. En 2000, selon la banque mondiale, les touristes apportaient aux pays en développement trois fois plus de ressources que l'aide publique au développement fournie par les pays de l'OCDE94. Ainsi, les nombreux petits Etats insulaires en développement affirment une grande dépendance vis-à-vis du secteur en termes de génération d'emplois, de rentrées de devises. C'est le cas de Cuba dont le tourisme représente 10.45% du PIB. Ce pays, par la suite des négociations autour de la fin de certaines restrictions des voyageurs américains, espérait augmenter sa croissance du PIB à 3.5% en 2015 avec l'espoir de générer 494500 emplois directs et indirects. En plus, cette croissance espérée sera favorisée par les investissements étrangers à cause d'une nouvelle loi votée95.

Cependant, en valeur absolue, il ne faut pas être dupe puisque l'incidence économique affichée par le secteur profite le plus aux économies jouissant d'un potentiel de diversification comme les Etats-Unis d'Amérique, la Chine, le Japon, la France, l'Espagne, l'Italie (voir le tableau ci-dessous)96 etc. Dans le même ordre, l'OMT avance que la contribution du tourisme au PIB varie de 2 à 10% dans les économies avancées. Ce flux important dans les pays en développement s'explique par le fait que ces pays ont vu croître le revenu disponible des ménages, ajouté au fait qu'il est moins coûteux et plus facile d'effectuer un voyage. Ainsi, se

93 OMT, ibid.

94 Banque mondiale.2002. BENAVIDES David Diaz, Overcoming poverty in developing countries through sustainable international tourism, Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement.

95 Global News Matters. Tourism Report Q2 2015.Discovery the Opportunity in the Caribbean.

96 OMT .Faits saillants 2015.

59

comprend l'apport croissant du secteur touristique à l'économie en développement estimé à près de 34.5%97 des recettes touristiques mondiales.

Les pays ayant eu, selon l'OMT, le taux de croissance le plus élevé dans le secteur du tourisme et de voyages, et des recettes (arrivées, recettes) étaient particulièrement en 2014 certains pays en développement dont le Maroc (18.6%,19.4%) ; l'Afrique du Sud (17.1%,25.7%) ;la Chine(21.1%,16.1%) ;Macao(16.6%,13.5%) sans oublier que Sierra-Leone à cause de l'Ebola a connu le pire taux soit -46.2%. entre 2013 et 201498 .

I-1-h Situation des PMA et des Etats insulaires

Selon un dernier recensement organisé, il est constaté que pour 20 sur 49 des PMA répertoriés, le tourisme est la première ou la deuxième source de devises99.Le tourisme détient une importante fonction dans la majorité des Etats insulaires en matière d'emplois de nature pourtant précaire selon certaines critiques puisque habituellement, il s'agit d'emplois peu qualifiés et à bon marché, et des emplois des mineurs etc.

Dans la majeure partie des cas, le rôle croissant de l'Etat se voit dans l'encouragement de ces genres d'activités dans ces pays-là en raison de l'importance génératrice de croissance économique et d'emplois, ce qui pourrait sans nul doute contribuer à réduire la pauvreté. C'est le cas de Cuba décrit tantôt avec la loi prise sur la flexibilité des investissements étrangers,

97 Idem.

98 Id.

99 CNUCED. Tourisme durable : contribution à la croissance et au développement durable. Réunion d'expert sur la contribution du tourisme à un développement durable tenu à Genève, 14 et 15 mars 2013.

60

votée de manière à améliorer la performance économique avec des interdictions concernant la santé, l'éducation et les forces armées. La république dominicaine également a adopté des décisions politiques qui ont amélioré la gestion de leurs ports. Le ministère du Tourisme dominicain a mis au point des stratégies en 2014 pour permettre aux croisiéristes d'avoir facilement accès au port le plus que possible100.

I-1-i Tendance vers un tourisme durable

De plus en plus, à travers le monde, les préoccupations en matière d'environnement pour le développement touristique constituent le point focal de toute politique et initiative dans le secteur du tourisme international. Par conséquent, l'option du développement d'un tourisme durable pouvant entrainer une réduction de la pauvreté et propre à réduire les inégalités constatées dans le développement touristique mondial s'impose. L'idée de développement durable fait partie d'un programme de développement mondial depuis les années 1980 suite au rapport de la commission de Brundtland101.

Tout de suite après, il y'a eu surtout l'élaboration de la charte de tourisme durable en 1995. La question de tourisme durable comme potentiel de développement durable était l'un des objets principaux de la Déclaration des Nations-Unies sur les objectifs millénaires du développement, ce qui a été confirmé lors du sommet mondial organisé à Johannesburg au cours duquel en 2002 la planification touristique s'avérait une obligation prégnante promue par les organismes en charge du tourisme et de l'environnement de par le monde dont l'OMT et le PNUE102.

Au départ, cette considération n'était pas mise en valeur dans la conception du développement par la voie des activités touristiques. L'attention du premier expert touristique de la Banque Mondiale du nom de Kurt Krapf 103dans sa vue mécaniste était plutôt portée sur les flux

100 Global News Matter. Tourism Report Q2 2015: Discover the opportunity in the Caribbean.

101 Priskin, J. (2009). Développement durable et tourisme : un portrait international. Rapport rédigé dans le cadre d'un cahier du participant pour le Symposium international sur le développement durable du tourisme et produit par la Chaire de tourisme Transat de l'ESG UQAM pour le ministère du Tourisme du Québec. Ministère du Tourisme du Québec, Québec.

102 Idem

103 Saskia Cousin. "L'Unesco et la doctrine du tourisme culturel". Civilisations, 2008, vol. 57, (1-2,), pp.41-56. <halshs-00687048>

61

financiers que peuvent générer le tourisme pour les pays en développement. Selon lui, ces pays peuvent profiter surtout de l'augmentation des recettes en devises par une stimulation du commerce international. Cela proviendra, selon lui, de la mise en valeur des matières premières abondantes dans les pays en développement à condition uniquement que des infrastructures soient mises en place. Pour cet expert, la prise en compte des conséquences néfastes, sociales, culturelles, environnementales et notamment sur le plan économico-monétaire avec possibilité de se trouver en spirale inflationniste n'est pas une option envisageable.

De nos jours, le développement touristique est appréhendé d'une nouvelle manière, c'est ainsi que bon nombre d'entreprises entendent passer au vert. Les consommateurs sont prêts à payer davantage dans le but d'obtenir des produits écoresponsables pour aider les collectivités des régions visitées.

Enfin, les préoccupations actuelles portent également sur les effets des changements climatiques sur le développement touristique toujours dans l'idée de préservation des milieux naturels, et de même sur le rôle important que devrait jouer le tourisme en vue de traiter le problème du changement climatique. Ainsi se comprend l'assertion suivante de Francesco Frangialli, secrétaire général de l'OMT en 2007 :

Le changement climatique comme la réduction de la pauvreté resteront des problèmes primordiaux pour la communauté internationale. Dans les deux cas, le tourisme est un élément important. Les gouvernements et le secteur privé doivent accorder une importance accrue à ces facteurs dans les stratégies de mise en valeur touristique et dans les stratégies en matière de climat et de pauvreté. Il y a interdépendance de ces phénomènes et il faut les traiter dans leur globalité104.

104OMT-PNUE-Organisation Météorologique Mondiale. Changement climatique et tourisme : Faire face aux défis mondiaux. Octobre 2007 (résumé).

62

Section 2 : La situation dans la Caraïbe

La situation concurrentielle qui règne entre les différents territoires de la Caraïbe en matière d'activités touristiques amène à analyser le déroulement de ce secteur dans la région caraïbéenne en particulier tout en prenant en considération les efforts réalisés en termes de développement d'un tourisme durable. L'espace caraïbéen est surtout une région qui attire des gens en raison de ses merveilleuses plages et son environnement pittoresque. Il a pris du temps avant de faire l'expérience avec le mode de transport aérien soit en 1960, ère correspondant tout à fait au démarrage d'activités visant à exploiter son potentiel touristique.

I-2-a Evolution du tourisme dans la Caraïbe

En dépit des difficultés liées au fait que ces petits territoires insulaires sont vulnérables aux catastrophes naturelles, le taux de croissance en moyenne annuelle des touristes dans cette région est estimé à 7 % jusqu'en 2015.Le nombre des arrivées dans la région des Caraïbes a même dépassé en 2015 le taux mondial estimé à 4% en 2015.Le marché touristique caraïbéen était placé en deuxième position avec un taux de 11.4% de croissance après l'Amérique du Sud en 2015 (18.3%) à travers le monde105.

Il convient de mentionner que la majeure partie des pays de cette région demeure dépendante de l'activité économique touristique comme pouvant impulser le développement des différents territoires qui s'y trouvent. Bernard Babb cité par Fred Doura106 confirme que le tourisme dans la Caraïbe vient juste après le secteur public au sens de pourvoyeur d'emplois et la contribution de ce secteur au PIB de la région s'estimait à 52.8 milliards de dollars US en 2011.

Selon le WTTC, en 2014, la contribution totale du secteur touristique au PIB était de 14.6% dans la Caraïbe. L'objectif était de maintenir un taux de 3.3% entre 2015 et 2025 afin qu'elle soit 15.4 % du PIB en 2025.Les emplois totaux générés par le secteur au niveau de la région

105 CTO.2015.State of the tourism industry report 2015.

106 Fred, Doura.2012.Economie d'Haïti: dépendances, crises et développement 2e ed.p.248

63

est de 2231500, ce qui représentait 13% de l'emploi total dans la Caraïbe avec près de 879000 emplois directs. L'objectif est d'atteindre en 2025 près 2.788000 emplois. La part du secteur du tourisme dans les exportations s'élevait à 18.1% des exportations totales. Si le taux de croissance des exportations se maintient constant 3.5% entre 2015 et 2025, les exportations touristiques atteindront 18.4% des exportations totales. En termes d'investissement, les investisseurs touristiques caraïbéens ont réalisé 12.2% des investissements totaux. En 2025, ce taux d'investissement selon les prévisions pourra atteindre 14%107 des investissements totaux.

La plupart des régions de la Caraïbe dont Haïti ont affiché une croissance de deux chiffres comme c'est indiqué au graphe suivant avec surtout Cuba qui a atteint un taux record de 17.4%108 de janvier à novembre 2015. Selon cette même organisation touristique de la Caraïbe (CTO), en termes de performance, en 2015, sur le plan d'occupation de chambres, le pourcentage était de 68.8% et le revenu par chambre disponible était de 157.74$ EU d'où une augmentation de 6%.C'est le Bahamas surtout qui a reçu le plus de touristes de croisières, soit de 19% du total. Comme projection, les arrivées touristiques pour 2016 devraient croître entre 4.5% à 5.5%109.

NB : Double digit growth=croissance de deux chiffres

I-2-b Contraintes au développement touristique dans la Caraïbe et disparités entre les pays

En 2012, l'Agence Française de Développement a procédé à un diagnostic dans son Cadre d'Intervention Régional Caraïbes 2013-2015.D'apres, ce diagnostic, ces pays insulaires font

107 WTTC. Economic Impact 2015 Caribbean

108 CTO.2015.State of the tourism industry report 2015.

109 Idem.

64

face à des difficultés presque similaires : - la forte exposition aux risques naturels -la fragilité des écosystèmes- l'éloignement et l'isolement. Sur le plan économique, il a souligné des difficultés, à savoir l'étroitesse des marchés locaux, la faible diversification des activités et le coût d'accès aux marchés extérieurs. De plus, le niveau d'endettement des pays de la région représentait 70% de leur PIB110.

Sur le plan social, dans la région, il est constaté une faiblesse et une volatilité du capital humain, et de l'insécurité. Suivant, l'AFD, depuis 1990, les pays de la Caraïbe faisaient face à la mauvaise marche de leurs principaux moteurs historiques de développement dont le déclin du système agricole. Il existe de grandes disparités dans le développement de ces pays, hormis Haïti, l'IDH caraïbéen est de 0.724. Ce chiffre masque pourtant une grande diversité. Par exemple, un Barbadien avec un PIB par habitant autour de 21700$ EU en 2011 apparait 20 fois plus riche qu'un Haïtien avec 1200$ EU .En Haïti, en Guyana, et à Saint-Vincent, l'agriculture et la pêche représente plus de 20% du PIB, alors qu'à Bahamas, c'est le tertiaire qui prédomine à près de 90%. Pour Iles caïmans, le tertiaire avoisine 85%. Cependant, il y'a eu plutôt un repositionnement de leurs économies sur le secteur touristique et des services financiers111.

A partir du cas de la République Dominicaine, il est possible d'arriver à une compréhension de cette pauvreté masquée où les plus pauvres n'ont eu que 3.7 % de revenu en 1997 pour passer à 2.6% en 2005 alors que celui des plus riches est passé de 56.4% à 60.9%.Ces auteurs concluent : « Si le tourisme international est à la base du bond remarquable des pays de la caraïbe sur le plan macro au regard de l'IDH, la meilleure formule pour réduire les inégalités sociales et la pauvreté au sein de certains états se fait attendre. »112

Malgré des handicaps pouvant bloquer le déroulement normal des opérations touristiques, ces dernières années, les chiffres montrent une croissance exponentielle du secteur. Déjà, en 2014, le nombre de touristes ayant visité la région était de plus 21 millions soit selon l'OMT 22.512

110 Agence Française de Développement. Cadre d'Intervention Régional Caraïbes 2013-2015.

111 Agence Française de Développement. Op.cit.

112 Fred Célimène, François Vellas, op .cit.

65

millions, et les recettes s'élevaient 27.316 millions $ EU113. Les croisiéristes ont été au nombre de 24 millions et le revenu par chambre disponible a connu une croissance 5.7% d'une année à l'autre et la demande en hôtel a crû de 2.4%114. Les destinations qui viennent en tête du classement, avec une large domination du pays voisin sont présentées dans le tableau115 suivant :

Source: Global News Matters: Tourism report Q2 2015

Le taux de croissance du PIB à Aruba pour l'année 2014 était de 1.1% à cause d'une baisse de l'investissement et de la consommation du secteur public. Le tourisme contribuait à 88.4% du PIB. Aruba s'attendait à une croissance de 2.5% en 2015 sous l'influence majeure du secteur touristique. De son côté, le Bahamas a eu un taux faible soit 1% de croissance du PIB et 15.7% de chômage, cependant le secteur touristique a contribué à 43.6%. Ce pays visait une croissance du PIB de 2.3% en 2015.En République Dominicaine, le PIB a crû de 2% et pour 2015, le taux prévu est de 1.8% à cause du déclin des investissements du secteur privé de 5.2%, le tourisme représentait 26.4%116 du PIB. Ces exemples visent à démontrer l'importance du secteur touristique dans la région.

I-2-c Préservation du cadre environnemental propre au tourisme

Le processus de préservation du patrimoine culturel, historique constitue un souci majeur inscrit dans la vision durable du développement avec la mise en place en décembre 2001 de la Zone de Tourisme Durable de la Caraïbe (ZTDC) avec pour objectif un développement équilibré et soutenu favorable à une tendance durable du développement touristique117.

113 Baromètre OMT du tourisme mondial. Avril 2015.Volume 13.Annexes statistiques.

114 Global News Matters. Tourism Report Q2 2015: discovery the opportunity in the Carribean.

115 Global News Matters. Tourism Report Q2 2015: discovery the opportunity in the Caribbean.

116 Idem

117 Fred Célimène, François Vellas.2013.le tourisme mondial, les inégalités internationales et le problème de la pauvreté in Etudes Caraïbéenne.

66

Chapitre II

Description du Tourisme en Haïti

Section 1 : Histoire du tourisme en Haïti

II-1-a Naissance et évolution du tourisme

L'histoire du tourisme en Haïti constituera une manière de comprendre l'évolution du tourisme dans ce pays. Nous approuvons l'idée de Boyer118 cité par Hugues Séraphin, à savoir que le fondement du tourisme est d'abord historico-sociologique. Ainsi, ce chapitre s'inspire principalement du livre de Hugue Séraphin intitulé « Le tourisme : l'ouverture pour le peuple de Toussaint »119 et des informations recueillies auprès du Ministère du Tourisme et des Industries Créatives.

Il est difficile de déterminer la date de la naissance du tourisme en Haïti comme industrie puisque il y'a beaucoup de divergence d'opinion des auteurs sur ce point. La beauté du paysage haïtien attirait déjà des touristes depuis au 18e siècle. Haïti était surnommé par les principaux visiteurs « terre de Dieu »120. Il s'agissait en quelque sorte d'un tourisme vert qui va prendre fin après le mouvement de déforestation qui sévit dans le pays depuis l'indépendance. Le siècle suivant a vu fleurir ce qui pourrait s'appeler du tourisme culturel, et des intellectuels du monde entier étaient venus visiter Haïti dont James Franklin (1828) qui a écrit un livre après : « The Present State of Hayti »121.Au 20e siècle, Graham Green (1954), était venu visiter Haïti et publia un livre « The comedians (1966)122 ».

118 Boyer. M. (1999) Histoire du Tourisme de Masse, Que sais-je ? n°255, Paris : PUF cité par Hugues Séraphin, op.cit.

119 Séraphin, Hugues. 2014. Le Tourisme: l'ouverture pour le peuple de Toussaint. Paris : Editions Publibook

120 Thomson, I. (2004) Bonjour blanc, a journey through Haïti. Londres : Vintage

121 Dans ce livre, ce marchand et penseur britannique démontrait que le déclin constate au niveau de l'économie haïtienne n'était pas dû à l'indemnité versée la France.

122 Livre dans lequel l'auteur disait, « is the only one of my books which I began with the intention of expressing a point of view and in order to fight -- to fight the horror of Papa Doc's dictatorship. »Traduit «c'est le seul de mes livres que je commençais avec l'intention d'exprimer un point de vue et afin de lutter-Lutter contre l'horreur de la dictature de Papa Doc »

67

Pourtant, la majorité des auteurs s'accordent à avancer l'idée que le tourisme haïtien était né précisément après la seconde guerre mondiale, de la période entre 1940 et 1950 qui est vue surtout comme l'âge d'or du tourisme haïtien. L'attractivité d'Haïti pour le tourisme était surtout à l'époque son climat, l'hospitalité des gens, la culture populaire, la commémoration du bicentenaire de Port-au-Prince, des hôtels originaux construits à l'époque, la peinture, le carnaval, les sites etc...D'autres auteurs avancent que c'est plutôt au cours des années 19501960 avec la dénomination d'Haïti comme destination touristique « perle des Antilles »,que les visiteurs se multipliaient par 6 pendant 5 ans étant passés de 10788 en 1951 à 67700123 en 1956.

Tout compte fait, la période de gloire du tourisme en Haïti se situe sur une période de 40 ans. L'un des anciens directeurs du tourisme de cette époque, Clovis Charlot (1955-1958), a entrepris des activités de formation, suivant des standards internationaux, des gens appelés à fonctionner dans les hôtels. A cette époque, des villes comme Pétionville et Kenscoff étaient surnommées « alpes Haïtiennes »124 .Par exemple, en 1975, la lune de miel du couple Clinton était passée en Haïti. D'autres attraits touristiques avaient plu aux visiteurs surtout entre 1960 et 1970 dont la peinture, l'artisanat, le soleil, la mer, l'histoire et un développement fulgurant des établissements touristiques à savoir casino, galeries d'art, sites balnéaires125 etc...

L'auteur Hugues Séraphin arrive à faire une synthèse des opinions émises quant à la naissance du tourisme haïtien en trois grandes périodes, la première (tourisme vert) de 18e siècle pratiquée par un nombre restreint de visiteurs, la deuxième(1940-1970) appelée selon lui une période du tourisme élitiste puisque c'étaient des artistes et des intellectuels qui en jouissaient en réalité, et enfin le tourisme de masse débutait dans les années 1970, et s'est amplifié Avec l'arrivée du Club Med en 1981.

123 H, Séraphin, op.cit.

124 Dans les guides de voyage de Fodor de 1965 à 1974

125 Idem

68

II-1-b Approche historico-politique de la naissance du tourisme en Haïti

Parler du tourisme en Haïti demande la prise en compte de l'influence de la sphère politique sur ce type d'activité. Ainsi, l'activité touristique évolue au rythme de la vie politique du pays. D'ailleurs, le tourisme haïtien a souvent fait face à des périodes d'instabilité non favorables à son véritable épanouissement, et la majeure partie de ces instabilités était principalement d'origine politique. La période douloureuse de l'histoire d'Haïti avec le débarquement des troupes militaires américaines, qui imposaient au pays une occupation qui a duré près d'une vingtaine d'année, précède les grands débuts du tourisme haïtien.

De gros montants ont été débloqués pour assurer le financement des activités économiques d'Haïti portant principalement sur l'agriculture, l'industrie et les services. L'investissement financier était passé de 4 millions de dollars EU en 1913 à 14 millions en 1930126 à l'époque de l'occupation, ce qui a fait d'Haïti au début des années 30 un pays d'une certaine prospérité économique remarquable grâce au succès de la production de la banane, du sisal, et du début de la construction immobilière dans l'aire métropolitaine.

Après la deuxième guerre mondiale, l'activité des croisiéristes a débuté. Haïti est placé idéalement proche de Cuba au moment où des paquebots traversaient les côtes de la Caraïbe. C'est bien à ce moment que l'hôtel « la villa créole » a vu le jour avec la propriétaire Mme Lina Wienar Assad, ce qui a occasionné par la suite en 1951 la naissance de l'ATH (Association Hôtelière et Touristique d'Haïti).A ce moment, en 1947, la pauvreté était déjà présente mais il n'y'a pas eu cette misère de masse. Ainsi, après le départ des américains, la classe moyenne s'est portée au pouvoir ayant critiqué pour la plupart l'incapacité des élites127.

En termes d'administration du tourisme en Haïti, cela n'a commencé que suite au départ des américains en 1938 sous la Présidence de Sténo Vincent. Peu de temps après, avec la montée du Président Elie Lescot, un nouveau régime autoritaire instauré soulevait le mécontentement d'une large couche de la population haïtienne. Il y'a eu des crises révolutionnaires dont la

126 Manigat, L. (1995a) La crise haïtienne contemporaine. Port-au-Prince : Éditions des Antilles S.A cité par Hugue Séraphin.

127 Hugue Séraphin. Op.cit.

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grève des lycéens et des étudiants en janvier 1946 qui a poussé le Président Elie Lescot à la démission.

Tout de suite après, c'était l'arrivée du Président Dumarsais Estimé qui malgré la crise financière que le pays était en train de vivre va donner au tourisme son statut glorieux en Haïti avec un certain leadership. Ainsi, il a procédé à l'exposition internationale de Port-au-Prince en 1949 qui, selon plus d'un, marquait de son sceau la destination Touristique d'Haïti comme la plus prisée à l'époque dans la Caraïbe devançant Cuba jusqu'à la montée de François Duvalier en 1957. Haïti était surnommé par certains visiteurs « perle des Antilles » et les visiteurs américains à l'époque le qualifiaient de « pleasure world »128 , ce qui signifiait destination de plaisir et beaucoup de touristes de croisières visitaient Haïti.

Selon Anthony George Pierre129, le Président Dumarsais Estimé a fait preuve d'un grand leadership par le fait qu'il s'est doté d'une vision de long terme pour le développement. Il y'a eu de l'éthique et de la compétence dans le mode de fonctionnement des dirigeants de l'époque, et cela d'autant plus que les projets n'étaient jamais improvisés mais bien méthodiquement préparés. En dernier lieu, sous la présidence d'Estimé, il était remarqué une volonté collective de changement et d'aspiration au progrès. Sous cette présidence, le pays a connu un bon climat démocratique, dans l'un de ses ouvrages l'historien Georges Corvington mentionnait que l'Exposition Internationale de Port-au-Prince en 1949

« a été un bienfait pour Haïti, eu égard à l'embellissement et à l'assainissement d'un immense quartier de la capitale qu'elle entraîna, à l'essor économique qu'elle propulsa et surtout au développement de l'industrie touristique qu'elle provoqua » 130

Plus tard avec l'arrivée de François Duvalier au pouvoir, la dictature qui prenait naissance a apporté un coup dur au tourisme en Haïti. Suite à la mort de François Duvalier, animé d'un autre esprit, son fils le succédait et tentait de reconstituer le tissu touristique haïtien dans un

128 Zendegui, G., Muschkin. S. (1972) Images of Haiti. Americas, 24(3): 1-24, cité par Hugue Séraphin.

129 Georges-Pierre, A. (2012) Dumarsais Estime. L'homme, l'oeuvre et les idées. Port-au-Prince : L'Imprimeur 130Corvington dans George-Pierre, 2012.

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climat de stabilité politique. Il plaçait le tourisme en position prioritaire et tendait à articuler le développement du territoire par le biais du développement de l'activité touristique. A cette époque, l'accent était mis sur la protection du patrimoine et à ce titre l'ISPAN a été mis sur pied en 1979, et en 1982, au rang de patrimoine mondial était placée la Citadelle Sans-souci et Ramier. A ce moment, certaines infrastructures touristiques ont été mises sur place dont l'Hôtel « la Jacmélienne » puis le club Med, appartenant à des étrangers, s'est installé en Haïti en 1981.Malheureusement, le dénigrement d'Haïti sur le plan publicitaire mondial au moment de voir dans les haïtiens les agents humains de propagation du virus du SIDA en 1983131 a éloigné certains touristes des côtes d'Haïti.

Il faut souligner qu'en termes de stratégie et de politiques en matière d'organisation touristique de 1950 à 1985, la principale politique de l'Etat était centrée sur la promotion en vue d'assurer une très forte présence du pays sur les marchés internationaux. Avec le départ en exil de Jean-Claude Duvalier associé au déchoucage en 1986, l'instabilité politique battait son plein sur la république avec la succession de plusieurs présidents dans un laps de temps au pouvoir, ce qui a fait chuter le nombre de visiteurs passant de 149655 en 1985 à 111661 en 1986 pour les touristes de séjour. Le nombre de touristes a chuté considérablement passant entre 1987 et 2004 de 239200 visiteurs à 108868132.

Mentionnons que l'image d'Haïti a connu une certaine remontée mondiale durant la présidence de Jean Bertrand Aristide en l'an 1990. Cette situation n'allait pas durer avec le coup d'Etat, suivi d'un embargo politico-économique en 1991. Ce climat politique de l'époque n'a fait qu'entrainer l'arrêt presque complet des arrivées touristiques. L'insécurité qui régnait a fait d'Haïti l'endroit le moins visité. En 1993, Haïti n'a reçu que 120000 touristes. L'année d'après, le nombre de touristes ayant visité Haïti n'était que 70260.Ce déclin a empêché la mise en place des nouvelles bases nécessaires en vue de relancer le secteur touristique. A ce moment, la république voisine a reçu près de 1.9 millions de tourisme.133 Le trafic aérien commercial était interdit, et les entreprises étrangères liées au tourisme quittent le pays dont le

131 MTIC. Ulrick Emmanuel Noel. Septembre 2015.Les opportunités pour le tourisme dans la bande Nord.

132 Hugues, op .cit.

133 Ministère du tourisme.dec.2003.Elaboration du DRSP, première esquisse.

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Club Med, Holiday Inn, Air France, sauf, le tourisme d'affaires qui y demeure notamment avec le plein d'ONG. L'activité touristique qui a connu une hausse remarquable au cours de la tranche de période 1985-2001, c'est celle des croisiéristes qui est passée de 80000 en 1985 à 357442 en 2001, mais rechutait à 342088 en 2002134

Sous la présidence de René G. Préval, le nombre de visiteurs était passé à 150147135 en 1996. Le niveau d'endettement d'Haïti s'est considérablement accru et représentait près de 35 % du PIB à la fin des années 2000. A cette époque, le président ne croyait pas surtout dans l'activité touristique comme pouvant décoller le développement d'Haïti à un point tel qu'il qualifiait le projet du club indigo comme étant non viable136.

Il convient d'ajouter qu'un ministère du tourisme a vu le jour en 2002 sous la présidence de Mr Jean Bertrand Aristide avec la loi du 6 juin 2002. Les différentes attributions de ce ministère étaient : «élaborer la politique touristique nationale et en assurer le suivi, assurer la promotion d'Haïti sur le plan touristique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, définir le plan de formation aux divers métiers du Tourisme, de l'Hôtellerie et de la Restauration »137 .

En termes de politiques liées à cette période pour le développement des activités touristiques de 1996 à 2003, il existait surtout un certain consensus au niveau du gouvernement, avec la secrétairerie du tourisme qui élabora le plan directeur du tourisme. L'activité touristique était centrée autour de deux grands axes stratégiques ; premièrement le naturel avec l'option d'écotourisme, les découvertes marines, les sports nautiques, les parcs naturels et randonnées, et après le culturel lié à l'histoire tenant compte des monuments, des traditions, des croyances et des productions artistiques. Il y'a eu promotion de trois types de touristes à l'époque « tourisme balnéaire, tourisme de croisière, tourisme intérieur ».A cela s'ajoute le fait que des zones touristiques ont été identifiées dans plusieurs départements .Enfin le gouvernement

134 Idem

135 Idem

136 Hugues Séraphin, citant Jacques Marie (PDG club indigo) dans un entretien qu'il lui a accordé.

137 Le Moniteur, jeudi 6 juin 2002, directeur général Emile Jean-Baptiste, Loi portant sur la création du ministère du tourisme.

72

haïtien en mars 2001 a adopté une stratégie de développement du secteur articulé autour des axes suivants :

- l'investissement touristique, notamment l'amélioration du cadre normatif, la

recherche de partenaires investisseurs, le développement des infrastructures d'accueil, la mise en valeur du patrimoine touristique,

- la promotion, notamment pour la réhabilitation et la restauration de l'image

d'Haïti,

- l'éducation pour améliorer le savoir-faire en matière de gestion du tourisme,

- la gouvernance avec le renforcement institutionnel.138

Durant le deuxième mandat du président René Préval, un processus de tertiarisation de l'économie débutait et le secteur tertiaire représentait à l'époque 60% du PIB139. Avec le tremblement de terre du 12 janvier 2010,il était constaté la destruction des infrastructures touristiques à Port-au-Prince et à Jacmel identifiés comme dotés de fortes potentialités touristiques avec deux plans de développements touristiques mis en place en 1996 puis en 2006.Il y'a eu de pertes considérables en matière hôtelière soient 848 chambres détruites sur 1621 existant, ce qui a diminué d'un coup la capacité d'hébergement. Le tableau140 suivant témoigne des dommages et pertes subis par le secteur hôtelier dans la zone de Port-au-Prince.

Source : Ministère du Tourisme d'Haïti (mars 2010)

138 Ministère du tourisme.dec.2003.Elaboration du DRSP, première esquisse.p.4

139 Idem

140 Ministère du Tourisme d'Haïti. Mars, 2010.

73

L'arrivée au pouvoir du président Martelly est marquée par un rebondissement des activités touristiques en raison du grand dynamisme dont a fait preuve la ministre du tourisme Stéphanie Balmir Villedrouin. Le nombre de visiteurs a atteint un total de 348.800141.Avec elle, l'ère du renouveau du secteur était annoncée et hissait Haïti au rang des destinations touristiques sur la carte de tourisme à travers le monde et la ministre s'est fixée comme objectif de faire du tourisme une activité épanouie au lieu d'une activité contrariée.

En termes de contribution du secteur touristique à la croissance et au développement, il est possible d'avancer que les dépenses des touristes représentaient entre 1985 et 1991 près de 4.3% du PIB, 38.85% des recettes d'exportations, et 22% des recettes d'importations. Entre 1992 et 1995, ces taux étaient passés à 2,8%,61.5% des recettes d'exportations et 16.3% des recettes d'importations142. Entre 2000 et 2002, les revenus touristiques ne représentaient que 1% du PIB alors que dans la Caraïbe la moyenne était de 20%143.

Section 2 : L'industrie touristique actuelle d'Haïti

II-2-a Parc hôtelier en Haïti

Le Ministère du Tourisme en 2010 procédait à une estimation du parc hôtelier présent dans le pays et a pu constater que seulement 1500 chambres en Haïti sont de standard international. En outre, il faut souligner le développement en Haïti de la parahôtellerie avec près de 3000 chambres environ dans les provinces du pays ne respectant pas les normes en réalité. En matière de restauration, il y'a eu aussi le même constat ; seulement 20 restaurants du pays concentrés précisément dans l'aire métropolitaine pouvaient recevoir des étrangers. En 2015, les derniers chiffres du Ministère démontrent que sur un parc hôtelier de 9280 chambres, 4861 sont de standard international selon le classement hibiscus144.

141 Global News Matters. Tourism Report Q2 2015 : discovery the opportunity in the Caribbean

142 Secrétairerie d'Etat du Tourisme (1996) cite par Fred, Doura. Op. cit.

143 MDT .Juin 2010.cite par Fred Doura, op.cit.

144 Conférence de presse par la ministre Stéphanie Villedrouin le 13 mars 2015 a la primature. En ligne : http://www.haitilibre.com/article-12558-haiti-tourisme-liste-de-tous-les-hotels-classifies-en-haiti.html

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II-2-b Les arrivées touristiques à partir de 2010.

En matière d'arrivées touristiques en Haïti durant les 5 dernières années, il est possible de dire qu'il y'a une augmentation d'année en année. Le nombre de tourisme en Haïti était de 254700 pour passer à 348800 en 2011.Il y'a eu une légère augmentation en 2012, soient 349200 visiteurs. Pour l'année 2013, le nombre de visites a atteint 419700 et l'année 2014 a connu une nouvelle hausse estimée à 465200 visiteurs soient 10.8% de variation entre 2013 et 2014. Soixante-quinze pour cent de ces touristes venaient des États-Unis, 8% du Canada, et l'Europe de son côté n'a fourni qu'environ 9% de touristes à Haïti145.

Le nombre des croisiéristes a augmenté de 2.9% en 2014, près de 662403 touristes de croisières ont visité Haïti .A cela s'ajoute, le fait que la crise de 2008 a grandement affecté le secteur des croisiéristes par une chute estimée à 13.82%. Seulement 4.6% de touristes visitant Haïti proviennent de la Caraïbe .Pour l'année 2015 de janvier à avril, ce nombre était déjà à 166029146 visiteurs. En 2016, un classement réalisé par Priceonomics liste un certain nombre de pays les moins touristiques en rapport au nombre d'habitant en s'étant inspiré des chiffres de la Banque Mondiale sur les 25 pays les moins touristiques. Haïti ne figure pas sur cette liste, or des pays comme Venezuela, Burkina Faso, Brésil s'y trouvent. Bengladesh vient en tête du classement avec un(1) touriste pour 1273 habitants147. Le tableau148 suivant peut nous renseigner davantage sur les arrivées avec un taux de 2.1% de croissance.

Source: Global News Matters. Tourism Report Q2 2015: Discover the opportunity in the Caribbean

145 Global News Matters. Tourism Report Q2 2015: Discover the opportunity in the Caribbean.p.89

146 CTO.2015.Arrivals visits in 2015.

147 Gregor Brandy. Quels sont les pays les moins touristiques du monde ? .Slate.fr. Repéré sur Priceonomics le 25 avril 2016.

148 Global News Matters, 2015. Op.cit.

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II-2-c Les impacts économiques du secteur touristique à partir de 2010

Concernant les recettes touristiques d'Haïti, il y'a eu aussi une grande évolution durant les cinq dernières années avec notamment 169 millions de dollars E.U pour 2010 pour connaitre un taux de croissance de -2.4% pour la période entre 2010 et 2011 à cause du tremblement de terre. En ce qui concerne les croisiéristes en 2011, durant les huit premiers mois, une rentrée de 4116870$ EU a été enregistrée. Le montant des recettes était passé à 447 millions de dollars E.U pour l'année 2012. Ce montant a atteint 568 millions de dollars EU en 2013149.

Le site balnéaire Labadie, une entreprise privée dirigée par le groupe SOLANO S.A, contribue énormément aux recettes touristiques en recevant des grands bateaux de croisières. Il assure des emplois pour près de 300 locaux et permet à d'autres gens surtout des artisans d'aller étaler et vendre leurs produits sur le site. Il paie à l'Etat haïtien 6 dollars EU par touriste. Plus de 500000 croisiéristes ont visité le site en 2013, et en 2014, le nombre était de l'ordre de 662403150 .

Une recherche réalisée par le WTTC (World Travel and tourism Council)151, une autorité globale sur la contribution économique et sociale, permet de scruter à travers des chiffres l'évolution récente qui s'est produite dans l'économie haïtienne. Le plus important dans cette recherche, c'est l'accent particulier qui a été mis sur les différentes formes de contribution de ce secteur au PIB et à l'emploi à savoir la contribution directe qui comprend surtout les dépenses internes propres au secteur touristique réalisées dans un pays soit par des non-résidents et des résidents pour des buts commerciaux et de loisirs. Les dépenses individuelles des dirigeants pour des services directement liés aux visiteurs de nature culturelle (exemple musée) et récréative (exemple parc national) ont été présentées .Cette contribution directe a été calculée par le conseil en prenant en considération les secteurs caractéristiques du tourisme tels que des hôtels, des lignes aériennes, des aéroports, des agences de voyages, et des services de loisirs et de recréation.

149 Barometre OMT.2015.op.cit

150 Fred,Doura,p.261

151 WTTC.2015.Travel & Tourism: Economic Impact 2015 Haiti.

En plus de cela, la contribution totale qui inclut de plus larges impacts (impacts indirects et induits sur l'économie) était prise en compte. La contribution indirecte comprend précisément le produit intérieur brut et des emplois supportés par les dépenses en investissement touristiques, les dépenses collectives du gouvernement et ses aides aux activités touristiques, les achats domestiques de biens et services par les secteurs qui ont contact direct au tourisme. Puis, la contribution induite se rapporte précisément au produit intérieur brut et aux emplois supportés par les dépenses de ceux qui sont directement ou indirectement employés par le tourisme.

D'abord, le WTTC152 présente la perspective visée pour 2015 à savoir un taux de croissance dans le domaine touristique de 5.2% de contribution directe au PIB. En 2014, ce taux était de 3.2% à savoir un montant de 13036.7 millions de gourdes. Concernant, la contribution totale au PIB, ce taux était plutôt de 9.5% pour Haïti soit un montant de 38520.2 millions de gourdes pour cette même année. Comme perspective de croissance entre 2015-2025, le taux visé était de 10.7%.Sur ce, Haïti suivant le classement mondial concernant la contribution directe au PIB est placé 142e avec 0.3 billions $ EU alors que la moyenne mondiale est de 19.4 billions et 143e en ce qui concerne la contribution totale soit d'un taux de 0.9 billions tandis qu'en moyenne à travers le monde, ce montant est de 58.3 billions. Dans ce classement, la République Dominicaine a un montant plus de 10 fois supérieur à Haïti pour la contribution directe et plus de 11 fois supérieur concernant la contribution totale. Les tableaux suivant permettent de comprendre le classement cité en référence pour l'année 2014 :

76

152 WTTC.op.cit

77

Source : WTTC. Travel & Tourism. Economic Impact 2015.

En ce qui a trait à la contribution aux emplois selon le WTTC déjà cité, le tourisme et le voyage en Haïti ont occasionné directement près de 104,600 emplois soit 2.7% de l'emploi total en 2014, le taux d'augmentation prévu pour 2015 était de 2.1%, et de 3.1% en 2025 soient 142000 emplois. Le taux de croissance pour la contribution directe enregistré pour 2014 était de 2.7% en dessous du taux moyen mondial qui était de 3.6%. Au total la contribution était de 319000 emplois soit 8.2% de l'emploi total. Le taux de croissance de l'emploi pour 2014 était de 8.2% en dessous du taux moyen mondial qui est de 9.4% pour la contribution totale. Il était question de faire passer ce nombre à 325000 emplois en 2015, puis l'espoir était d'atteindre avec un taux de croissance de 9.3% de l'emploi total, près de 427000 emplois en 2025153.

Haïti était classé à cet effet en 86e position en 2014 avec un nombre de 104600 emplois alors que la moyenne mondiale était de 827000 emplois, précédé par la République Dominicaine en ce qui a trait à la contribution du secteur de tourisme et voyage à l'emploi .En ce qui concerne la contribution totale, le nombre d'emplois créés étaient de 318800 tandis que la moyenne mondiale était de 2076,6 et la moyenne dans les Amériques était de 943100.A ce point, Haïti était classé 77e au monde154. Cette situation est présentée au tableau suivant avec surtout :

153 WTTC.2015.Travel & Tourism :Economic Impact 2015 Haiti

154 WTTC.2015.Travel & Tourism :Economic Impact 2015 Haiti

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WTTC. Travel & Tourism. Economic Impact 2015 Haiti.

Encore, selon le WTTC, les exportations représentaient en 2014 près de 33.2% des exportations totales soit un montant de 26500.5 millions de gourdes. Le but était de les faire croître à un taux de 4.8% en 2015 afin d'attirer près de 403000 touristes internationaux. Pour pouvoir atteindre en 2025 près de 44920.0 millions de gourdes qui seront générés par près de 647000 touristes internationaux, le taux espéré de croissance est de 4.9%.A ce point, Haïti n'est que 125e mondial avec 0.6 billions de dollars EU alors que la moyenne mondiale était de 7.5 billions de dollars et celle des Amériques était 6.6 billions de dollars EU. Il était précédé dans ce classement par des pays comme la République Dominicaine (48e), les Bahamas (71e), la Jamaïque (72e), l'Aruba (91e), la Barbade (107e) et Trinidad et Tobago (115e).Le tableau qui suit explicite bien notre explication :

 

Source : WTTC. 2015.

79

Les investissements réalisés dans le secteur pour l'année 2014 se chiffraient surtout à 4991.5 millions de gourdes et représentaient surtout près de 4.2% de l'investissement total. La tendance était d'atteindre un taux de 3.5% en 2015.Comme projection à long terme, il est espéré , avec un taux de croissance des investissements de 2.2% pour les 10 prochaines années, d'arriver à 6401.8 millions de gourdes d'investissement en 2025155.Pour mieux comprendre l'évolution des capitaux investis dans le secteur touristique haïtien, référons-nous au graphe suivant qui nous permet de constater une augmentation progressive des investissements sur les 5 dernières années.

WTTC.2015.Travel & Tourism. Economic Impact 2015 Haïti

A ce point, du point de vue de classement mondial et régional, Haïti est placé 147e après Aruba (122e), Barbades (134e), Bahamas (91e), Jamaïque (101ee), Trinidad (99e), République Dominicaine (87e) concernant les capitaux investis dans le secteur. Le montant investi pour l'année 2014 était de 0.1 billion de dollars EU pour Haïti alors que la moyenne dans le monde

155 World Travel & Tourism Council.2015.Travel &Tourism: Economic impact 2014 Haiti. Recherche dirigée par Rochelle Turner( rochelle.turner@wttc.org)

80

est de 4.5 billions de dollars EU et pour le continent américain ce nombre était 4.9 billions de dollars en moyenne. Referons au tableau156 ci-dessous pour mieux comprendre ce classement :

WTTC.2015.Travel & Tourism. Economic Impact 2015 Haiti

Section 3 : Planification touristique en Haïti

En 1996, un Plan Directeur du Tourisme a été conçu pour Haïti. Ce plan identifiait quatre grandes zones touristiques prioritaires : le Nord, le Sud, l'Ouest, et le Sud 'Est. Il était question d'atteindre 4 grands objectifs : 1-)Permettre au pays de retrouver sa place dans le tourisme international afin de pouvoir assurer sa compétitivité dans la Caraïbe ; 2-)Associer les haïtiens aux bienfaits escomptés de l'activité touristique ; 3-) Inscrire la stratégie de développement touristique dans le cadre d'un aménagement du territoire équilibré prenant en compte la décentralisation administrative et reposant sur une stratégie de mise en valeur du patrimoine culturel et naturel national ; 4-) Prendre en compte la dimension sociale du développement touristique en reconnaissant pour la mise en oeuvre l'adhésion des populations157.

Pour la mise en oeuvre de ce plan directeur, quatre grands domaines d'orientation stratégique ont été proposés à savoir les produits touristiques (excursions d'une journée, croisières,

156 Idem

157 Ministère du Tourisme.2007.Revision du Plan Directeur de Développement Touristique de 1996.

81

tourisme d'affaires etc..) les circuits touristiques, l'aménagement des zones prioritaires et les ressources humaines. Ces orientations étaient accompagnées de modalités spécifiques à savoir : a-) rationaliser des choix budgétaires ; b-) créer une autorité nationale du tourisme ; c) mettre en place des institutions ; d-) viser des actions à court-terme dont la sensibilisation de la diaspora ; e-) promouvoir la navigation de plaisance etc...

En terme de bilan, il y'a eu des resultats significatifs dont la mise en place d'un ministère propre au tourisme, la promulgation des codes des investissements et la conception du processus d'investissement touristique. De plus, un partenariat s'est développé en entre le privé et le public pour le développement du tourisme haïtien.

Comme autre aspect positif, c'est que ce plan était construit suivant le long terme. Cependant, des défauts ont été relevés dont la non prise en compte des difficultés inhérentes aux capacités de financement, aux contraintes institutionnelles de mise en oeuvre, et l'absence de considération en matière de formation158 etc.

Pour répondre à certains de ces problèmes, il a été effectué dans le programme 2001-2006 une révision du plan directeur pour l'actualiser par rapport au contexte de l'époque. C'est pourquoi d'autres projets y étaient intégrés. Il y'a eu également la prise en compte de l'émergence des tendances de la demande à l'échelle mondiale puis du recadrage des actions qui contribuent au développement du secteur par le biais d'une stratégie nationale. Ensuite, la coordination et la synchronisation tenant compte du facteur temporel et spatial des actions des secteurs concernés (publics et privés) ont été prévues159.

En raison de l'instabilité politique qui sévît dans le pays au début des années 2000, la bonne marche du ministère du tourisme au cours de la période de transition 2004 et 2006 a nécessité la fixation des objectifs spécifiques dans l'élaboration du cadre de coopération intérimaire. Ces

158 Idem.

159 Ministère du tourisme.2007.revision du plan directeur de développement touristique de 1996.

82

objectifs ont visé le renforcement des entreprises du secteur, l'amélioration de la gouvernance du secteur, le retour d'Haïti sur la carte mondiale du tourisme.

En 2006, soit un an avant la révision du plan directeur de 1996, une autre priorité gouvernementale a été identifiée à savoir aménager les destinations immédiatement exploitables.

En 2007, il y'avait mise en place de bureau et des dispositions de partenariat institutionnel, relation entre des initiatives du privé et du public en lien avec le développement, et mise en oeuvre des projets et des programmes en appui au plan directeur. Les plans directeurs ont été révisés entre 2007 et 2008 pour toutes les zones prioritaires identifiées au préalable.

La période de 2011-2015 est surtout marquée par certains changements non totalement radicaux par rapport au plan directeur du tourisme de 1996 révisé en 2007.Cependant, le MTIC a proposé quatre axes stratégiques de planification :

-premièrement, l'accent a été mis sur l'Image dans le but de repositionner Haïti comme destination touristique à partir des actions telles que : a-) présence active aux foires et évènements touristiques ; b-) multiplications des relations et ententes avec les principaux acteurs privés de l'industrie à savoir les tours opérateurs ; c-) chaines hôtelières, puis d-) établir des relations constantes avec les medias etc...

-deuxièmement, le Territoire est priorisé puisque le ministère visait à développer et aménager de nouveaux pôles régionaux touristiques et renforcer l'existant par exemple la côte Nord, le renforcement de la côte de Arcadins etc...

-troisièmement, l'Economie, en vue d'accroitre significativement les retombées de l'industrie touristique dans l'économie du pays en passant par les investissements publics et privés, les industries créatives etc...

-Enfin, la gouvernance du secteur en vue de le structurer en misant sur la formation, la sécurité, la planification et la mise en oeuvre des nouveaux pôles, la promotion de la destination à l'extérieur160.

160 MTIC. Bilan 2011-2015.Les quatre axes de la stratégie mise en oeuvre.

83

Au final, il est aussi important de parler de la planification touristique en considérant le Plan Stratégique du Développement d'Haïti (PSDH) dans le programme intitulé « appuyer le développement du tourisme dans la refondation économique ». Dans cette partie, des sous-programmes indiquent la vision à long terme du développement touristique suivant 4 angles à savoir : a-) le développement du tourisme balnéaire ; b-) le développement d'un réseau d'écotourisme, d'ethno-tourisme et de tourisme d'aventure ; c-) le développement de la navigation de plaisance, et enfin d-) le développement du secteur des croisières.

L'analyse de ces différents choix de planification d'une période à l'autre montre à quel point l'Etat haïtien nécessite une nouvelle façon de penser le développement de ses territoires, ce qui saute aux yeux dès qu'il est question d'analyser les plans, c'est la question d'aménagement. D'où la nécessité de penser à innover au niveau des différents territoires donnés.

Section 4 : Innovations territoriales, conditions au développement touristique en Haïti

En raison de l'aspect informel régnant dans l'économie haïtienne qui se tertiarise au fur et à mesure selon Paul Bénédique et autres161, il s'avère difficile d'accéder à une propre valorisation touristique sans se pencher intrinsèquement sur les dotations naturelles et historiques. S'il est vrai que des processus de promotion sont entamés au niveau local et international, il importe précisément de tenir compte de l'une des causes du déclin du tourisme en Haïti, à savoir l'insuffisance de l'attractivité des territoires locaux en matière touristique, d'où l'intérêt de se concentrer sur le développement du tourisme territorial, ce qui garantira la décentralisation des activités du tourisme en Haïti. Se confortant à des idées avancées en ce qui a trait au développement touristique au niveau territorial, il convient de l'appréhender

161 Bénédique Paul, Alix Dameus et Michel Garrabe, « Le processus de tertiarisation de l'économie haïtienne », Études caribéennes [En ligne], 16 | Août 2010, mis en ligne le 19 mai 2012, consulté le 10 avril 2016. URL : http://etudescaribeennes.revues.org/4728 ; DOT : 10.4000/etudescaribeennes.4728. «Dans les années 1800, l'agriculture représentait près de 95% du Produit Intérieur Brut (PIB) d'Haïti. En 2009, le secteur primaire entier ne représentait plus que 23% du PIB. Ce déclin s'est fait au profit du développement du secteur tertiaire, lui-même dominé par des petits commerces. Le secteur tertiaire est passé de moins de 5% à 60% du PIB sur la même période ».

84

précisément suivant la notion d'innovation territoriale. Jesse March162 cité par Hugues Séraphin définit l'innovation territoriale comme suit :

Une intégration entre l'innovation technologique et l'innovation sociale, économique, culturelle et institutionnelle basée sur la valorisation du capital territorial » et, le capital territorial se réfère à « l'ensemble des éléments matériels et immatériels présents sur un territoire mais insuffisamment capitalisés pour soutenir le processus d'innovation institutionnelle et économique nécessaire au développement durable ». Selon March, l'innovation territoriale résulte des interactions entre trois groupes d'acteurs : les politiques, les experts techniques, et les citoyens et les entrepreneurs.163

A partir de cette acception, les atouts d'un territoire peuvent être valorisés dans la mesure où il y'a de fortes interactions entre différents acteurs s'adonnant à des initiatives touristiques en étant partie prenante afin de bien remplir leur rôle qui consistera à protéger l'environnement et le territoire. De là, découle l'idée qu'un territoire peut attirer des visiteurs suivant les caractéristiques et attitudes propres des gens qui l'habitent et qui réservent de bon accueil à chaque touriste. En ce qui a trait au processus d'innovation territoriale à mettre en oeuvre sur un territoire donné, il est admis en général que cela peut favoriser la décentralisation et le développement territorial puisque comme le soulignent Rallet et Torre164 cités par Séraphin, le territoire est un lieu propice d'innovation.

Certains organismes internationaux dont l'OMT semble être d'accord avec l'idée que par le biais du tourisme, un soulagement de la misère des gens qui habitent les zones rurales est possible. Ces zones-là contiennent le plus souvent la majorité des pauvres comme c'est le cas pour Haïti. En plus, l'innovation territoriale encouragera le renforcement du capital institutionnel de ces régions reculées afin de mieux amorcer le développement économico-social. Il convient d'associer innovation territoriale à l'innovation institutionnelle, ce qui

162 March, J. (2008) Living Labs and Territorial Innovation », in Paul, C. M., C (éds), Collaboration and the Knowledge Economy : Issues, Applications, Case Studies, Amsterdam : IOS Press

163 Hugue, Séraphin. op.cit.p.98

164 Rallet, A., Torre, A. (2006) Quelles proximités pour innover ? Paris : L'Harmattan, Collection Géographies en Liberté.

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réclame sans nul doute un changement de certains schèmes de comportements des dirigeants d'institutions. A cela, s'ajoute le fait que sans attractivité territoriale, il sera impensable d'envisager du développement touristique en Haïti.

En effet, la promotion entreprise en faveur du tourisme en Haïti doit couvrir les enjeux territoriaux. Sans quoi, il y'a risque de bloquer une véritable évolution touristique en n'étant pas passé par la voie de la décentralisation. Celle-ci permettra de mieux repartir les effets socio-économiques du tourisme à travers les différents territoires du pays. Les efforts doivent être menés du côté de l'Etat en termes d'infrastructures routières pour faciliter les accès à ces zones, la formation des membres des communautés locales puis le soutien aux petites et moyennes entreprises. En même temps, en coordination avec l'Etat le secteur non-étatique peut entreprendre des initiatives en termes d'infrastructures d'accueil et de compétences dans les services à offrir. Tout cela soulève à nouveau la question de gouvernance, importante lorsqu'il s'agit d'assurer de bonnes interactions et des dynamismes entre différents acteurs. Il suffit alors de mettre l'accent davantage sur la relation fondamentale entre l'image des territoires et la perception des touristes à ce propos.

Pour parler d'attractivité, il serait nécessaire d'attendre à ce que les touristes exigent beaucoup plus des acteurs touristiques haïtiens pour une amélioration de la structure d'accueil appropriée aux attentes touristiques. Il ne suffit pas d'avoir des sites et lieux touristiques pour espérer le développement touristique car la vulnérabilité du pays vis-à-vis des catastrophes naturelles de tout genre est encore criante. En réalité, le pays fait face depuis longtemps au problème d'absence d'aménagement des territoires qui constitue sans nul doute une grande limitation au développement touristique. Il convient en ce sens d'envisager le développement touristique en accordant plus d'importance aux différentes infrastructures dans les territoires en dehors de la capitale, sinon il ne sera nullement possible de parvenir à diversifier l'offre touristique qui assurera notre position concurrentielle dans la Caraïbe.

C'est une nécessité pour le pays de parvenir à l'aménagement territorial qui redonnera droit aux collectivités territoriales souvent oubliées ou traitées en parents pauvres dans le développement du pays. Ainsi, la décentralisation est la démarche la plus urgente dans la

promotion de l'économie du tourisme haïtien165. Toutefois, il ne faut pas rester au stade du discours et les actions décentralisantes doivent être engagées afin d'arriver à une attractivité territoriale décentralisée.

Dans le pays, les autorités municipales manquent d'implication et de dynamisme dans la promotion d'un développement équilibré du tourisme. D'ailleurs, la plupart des entités administratives territoriales ne sont pas dotées de plans et de cartes territoriaux qui pourraient être liés au fait d'établir les adresses des villes, de numéroter les rues, et d'identifier les lieux touristiques dans les territoires de provinces surtout reculés. En conséquence, l'essentiel est à considérer sur la valorisation territoriale par les municipalités locales d'abord qui ont des rôles à jouer et à assumer en vue de faciliter l'accès aux sites touristiques ainsi que la protection du droit des touristes. Ainsi souligne Hugue Séraphin :

concernant le lien entre le capital institutionnel et le capital social, l'innovation institutionnelle (lois, règles de qualité, règles de transparence, règles de bonne gouvernance, incitations à la responsabilité sociale, etc.) peut non seulement inciter les acteurs du secteur touristique à adopter de bonnes pratiques en termes de services à la clientèle touristique, mais elle peut améliorer le niveau de confiance interpersonnelle, la garantie dans la qualité des services et la sécurité pour les visiteurs. Si l'État garantit la sécurité physique des habitants et des visiteurs, et qu'ainsi la confiance se rétablit, même en l'absence des grandes chaînes d'hôtels et de la cherté des rares hôtels de qualité, il sera possible de développer l'hébergement chez l'habitant.166

86

165 Hugue, Séraphin. Op.cit. p, 105

166 Ibid.

Troisième Partie

87

Etude de cas : Commune de Port-Salut

88

Chapitre I

Présentation du département du SUD et du profil socio-économique et administratif de la commune de Port-Salut

Section 1 : Le département du Sud et ses caractéristiques

Situation géo-spatiale et démographique

La position géographique du département du Sud le situe dans le Sud-Ouest de la péninsule méridionale, avec la Mer des Antilles qui forme la frontière méridionale, puis l'Ile-à-vache et diverses petites autres îles. Il est aussi borné au Nord par les départements de la Grand 'Anse et des Nippes ; au Sud, par la Mer des Antilles ; à l'Est, par les départements des Nippes et du Sud-Est ; à l'Ouest par la mer de Antilles.

Le département du Sud s'étend sur une superficie de 2654 km2s. Selon la dernière estimation de l'IHSI pour 2015, la population totale est de 774976 habitants. La densité est donc de 292 habitants par km2.La plus grande partie de ces gens sont en âge de travailler, c'est-à-dire beaucoup d'entre eux, soit 472419, ont 18 ans et plus. Durant la période intercensitaire entre 1982-2003, la population du département a crû d'un taux de 1,0% annuellement en moyenne et est passé d'un taux d'urbanisation de 11.7% en 1982 à 25.7% en 2003167 . En 2014, près de 22 % de cette population résidaient dans la commune des Cayes.

Le nombre de ménages au niveau de ce département est estimé à près de 161256.C'est une population en majorité rurale avec près de 598491 habitants dans les sections rurales soit près de 77.2% de la population globale qui contient surtout 360666 habitants âgés de 18 ans et plus alors que pour les quartiers, il y'a environ 15526 urbains contre 160959 pour les villes. De

167 IHSI-RGPH/2003.

89

même, la majeure partie des ménages sont des ruraux soit à près de 124955.Les villes n'occupent qu'une infime partie des territoires du département, elles s'étendent globalement sur près de 33.12 km2s alors que les sections rurales sont sur 2610.35 km2s.Les quartiers occupent le reste du territoire avec près 10.13168Km2s.

Sur le plan relief, c'est un département majoritairement montagneux car près de 40% du département présente des pentes de plus de 60% d'inclinaison. Voilà pourquoi c'est une région très vulnérable aux dommages causés par l'érosion des sols et au ravinement par les eaux. Seulement 14% du territoire est constitué de plaines à vocation agricole. Les différentes plaines du département sont irriguées par une quinzaine de rivières qui découlent d'une importante réserve d'eau située au Massif de la Hotte.

Climat

Le département du Sud se caractérise par quatre climats distinctifs : sec (jusqu'à 1000 mm de pluie), semi-humide (jusqu'à 2000 mm de pluie), humide (jusqu'à 2400 mm de pluie), et très humide (3000 mm de pluie).Plus de 50% de la superficie du département sont situés dans la zone humide, 12% dans la zone sèche et 41% de la superficie est en permanence boisée et protégée. Pour 56 % de la superficie occupée par l'agriculture, 26.3% sont à vocation agricole169.Ainsi, il y'a des climats variés et agréables. Cependant, le département fait face à de mauvaises pratiques agricoles et la coupe intensive des arbres donnant souvent lieu à l'érosion de surface. En ce qui a trait aux points d'eau, le département contient environ 297 sources, 169 rivières et ravines et 41 étangs170.

Administration

Sur le plan administratif, le département a pour chef-lieu l'arrondissement des Cayes. Le Sud est divisé en cinq(5) arrondissements et dix-neuf (19) communes, huit (8) quartiers. Au moins

168 Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique. Mars 2015.Population totale de 18 ans et plus ; ménages et densités estimés en 2015.

169 PNUD, Haïti.0ctobre 2010.Projet de réduction de la vulnérabilité des populations et des infrastructures dans le département du Sud.

170 Plan de Contingence.2014.Departement du Sud d'Haïti.

90

quatre cent quatre-vingt-quatorze (494) habitations et neuf cent cinquante-neuf (959) localités se trouvent également au niveau du département. Il y'a l'arrondissement d'Aquin qui a une superficie de 1039.27 km2s avec 217827 habitants et 48017 ménages. Il contient 4 communes : Aquin, Cavaillon, Saint-Louis du Sud, Fond-des-Blancs. L'arrondissement des Cayes s'étend sur 873.49 km2s avec près de 346276 habitants et 71340 ménages. Il comporte 6 communes dont les Cayes, Camp-Perrin, Chantal, Maniche, Ile-à-Vache, Torbeck .L'arrondissement des Charbonnières dont la superficie est de 382.29 km2s avec 78410 habitants et près de 14875 ménages. Il est divisé en 3 communes telles que Les Chardonnières, Les Anglais, et Tiburon. L'arrondissement des Côteaux s'étend sur une superficie de 181.18km2s avec près de 58618 habitants et près de 11756 ménages. Il comprend 3 communes les Côteaux, Port-à-Piment, Roche-à-Bateau. L'arrondissement de Port-Salut s'étend sur une superficie de 177.37 km2s avec une population de 73845 habitants et 15268 ménages. Il se divise en trois communes tels que Port-Salut, Arniquet, Saint Jean du Sud171.

Santé

Sur le plan sanitaire, le département du Sud compte près de 83 institutions dont 21.69% se trouvent aux Cayes. Parmi eux 40.96% sont publiques, 21.69% sont privées et 37.35% sont mixtes. Près de 55.42% des institutions sanitaires du Sud sont des dispensaires, 12.05% des centres de santé sans lit, 19.28% des centres avec lit et 13.25% des hôpitaux. Il y'a surtout un personnel médical constitué ainsi : 197 infirmières, 80 médecins, 251 auxiliaires, 3 dentistes, 2 anesthésistes, 3 assistants sociaux, 7 pharmaciens, 4 psychologues, 7 techniciens en radiologie, 105 technologistes de laboratoire, 3 ambulanciers, 7 techniciens en stérilisation, 2 kinésithérapeutes-physiothérapeutes. Aucune institution sanitaire du Sud ne dispose de diététiciens.172

Economie

La principale activité économique génératrice de revenus pour la région du Sud est l'agriculture, ensuite viennent le petit commerce, le petit métier, la pêche et l'artisanat. En gros, les principales sources d'entrées financières sont l'agriculture et le commerce. En ce qui

171 Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique. Mars 2015.Population totale de 18 ans et plus ; ménages et densités estimes en 2015

172 Plan de Contingence. Département Sud d'Haïti.

91

a trait à la sécurité alimentaire, c'est surtout au cours de la campagne agricole du printemps qu'un volume de production plus important est enregistré et qui débute en général en Avril. Cependant, à partir de juin, c'est la période de soudure où les ménages habitant les milieux ruraux dépendent plus du marché que de leur production propre. En 2014, la disponibilité en certains aliments mentionnés dans le plan contingence se présentait ainsi :

Cultures Disponibilité en tonnes :

Maïs 30002400 tonnes

Riz 35007000 tonnes

Patate 300039000 tonnes

Banane 6500 tonnes173.

Dans certaines régions du département, suivant les resultats préliminaires des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), il y'a prévalence de la malnutrition aiguë globale dans les commune de Maniche à près de 10.1% et Saint Jean du Sud de 11.80%174.

Dans le département, le petit commerce est le centre d'action économique le plus important tant qu'en milieu rural qu'en milieu urbain. De plus, la vie économique du département est couverte en grande partie par le transport public en passant par les motos taxis. Le département du Sud n'est pas électrifié, pourtant la partie urbaine de certaines communes comme Cayes, Cavaillon, Les Anglais, Tiburon, Arniquet, Chardonnières, Saint-Louis du Sud, Roche-à-Bateau et des rares sections communales bénéficient entre 6 à 100 h d'éclairage par semaine. Au niveau du département, il existe près de 40 sites touristiques naturels et historiques175.

173 Idem.

174 Id.

175 Plan de contingence 2014.Departement Sud d'Haïti. Op .cit.

92

Section 2 : Profil socio-économique et spatial, et administratif de la commune de Port-salut

Géographie

Autrefois appelé « Habacuc », Port-Salut est une ville fondée en 1784 et élevée au rang des communes en 1806.Cette commune se trouve sur un bas plateau à l'intérieur d'une anse pouvant rassurer les petites embarcations, c'est pourquoi il a reçu le nom de Port-Salut. Géographiquement, cette commune est bornée par la commune d'Arniquet au nord, au Sud par la Mer des Caraïbes, dans la partie orientale par les communes de Saint-Jean du Sud et de Torbeck, à l'occident par la Mer des Antilles. C'est donc une ville côtière. Du point de vue de relief, il y'a morne ou plaine suivant que c'est en ville ou en section communale. Son climat est normal. Actuellement, la commune est composée de 2 sections communales, au moins 35 localités et six habitations. Les habitants de cette commune sont appelés port-salviens.

Politique

Dans le temps, Port-Salut a connu une certaine mouvance politique avec la révolte des affranchis des Cayes, puis au moment de la lutte entre les piquets et les cacos, ensuite la participation à l'insurrection contre Dessalines et enfin le soulèvement contre le président Lysius Félicité Salomon Jeune176.C'est la commune d'origine de grandes personnalités politiques dont le président Rivière Herard et Jean Bertrand Aristide (ex-présidents de la république d'Haïti ,puis Jean-Marie Cherestal (ex-premier ministre) etc...

Démographie

La population de Port-salut a évolué de 2005 à 2015.Elle était de 33656 habitants en 1998 et d'une superficie de 90.47 km2s 177 au moment où Arniquet n'était pas encore élevé au rang des communes. Port-Salut était passé à 48.8km2 et 15593 habitants avec une densité de 320 habitants par km2 en 2005. En 2007, la population était constituée en majorité par des jeunes soit près de 54.3% de la population située entre 15 et 64 ans. En 2013, cette population était

176 INSTITUT HAITIEN DE STATISTIQUES ET D'INFORMATIQUES (IHSI).Inventaire des Ressources et des Potentialités des Communes d'Haiti.2007.

177 INSTITUT HAITIEN DE STATISTIQUES ET D'INFORMATIQUES (IHSI).Inventaire des Ressources et des Potentialités des Communes d'Haiti.1998

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estimée à 18225178 avec une densité de 372 habitants par km2 179. Enfin, en 2015 pour la dernière estimation, le nombre d'habitants estimé était de 19098 habitants avec une densité de 391.35180. La majeure partie de la population vit en milieu rural soit 87.8 % selon la dernière estimation et 60%181 d'entre eux sont en âge de travailler.

Economie

La majorité de la population vivait autrefois de l'agriculture en dépit de l'absence constatée des représentants du Ministère de l'Agriculture et de l'Environnement dans cette commune. D'après l'inventaire des ressources et des potentialités des communes d'Haïti réalisé en 1998, comme activités économiques principales, c'était en premier lieu l'agriculture qui dominait. Les produits agricoles en surplus , à savoir du mil, du maïs, du noix de coco, du tabac, de la banane, d'arachnide, d'igname, d'orange, et du vétiver, ont alimenté à l'époque la commune des Cayes et de Port-au-Prince, et d'autres communes avoisinantes là où les habitants de Port-salut se procuraient uniquement des autre produits de première nécessité, des produits pharmaceutiques et de beauté. Les habitants vendaient également à l'époque à d'autres régions du pays des produits spécifiques au terroir dont le vin d'orange, Abierto. Il n'y'avait à l'époque de cette enquête aucune activité de reconstitution de l'environnement.

Il faut aussi avancer qu'à l'époque, il y'a eu de grande production de miel avec près de 62 boîtes par ruche répertoriée .La pêche était toujours pratiquée avec des moyens précaires à l'aide de voilier et d'hameçon. A cette époque, l'activité touristique était classée en 3e position représentée surtout par l'artisanat, les 4 hôtels, les 5 restaurants qui existaient avec toujours comme attraction 3 plages existantes à savoir Makaya Plage, Plage Pointe sable, Plage Petit Port-Salut182.

178 IHSI.2012.Populations totale. Population de 18 ans et plus. Ménages et densités estimés en 2012.

179 IHSI.IRPCH.2007, op.cit.

180IHSI. Estimation de la population totale par sexe et population de 18 ans et plus au niveau des différentes unités géographiques en 2015.

181 Id.

182 IHSI.IRPCH.1998

94

Aux environs de 2003, il était possible de constater que les activités agricoles faisaient surtout face à de grandes contraintes dont le manque d'intrants agricoles, le manque d'eau donc problème de grande sècheresse constatée surtout en période d'été, et du manque d'encadrement technique puisqu'il n'existe aucun personnel du MARNDR présent dans la zone. Il n'y'a même pas eu de vétérinaires voire agronomes sauf un agent agricole pour toute la commune. A l'époque, Arniquet était encore une section communale. Il était répertorié également près de 5 hôtels dont un non fonctionnel (Macaya) avec près de 29 chambres avec 54 lits dont trois à proximité de la plage Pointe Sable. Il y'avait également 2 plages à savoir Pointe Sable et Carpentier Beach et un night-club183.

Selon l'inventaire des richesses et des potentialités des communes de 2007 réalisées par l'IHSI, les infrastructures hôtelières qui fonctionnaient normalement étaient au nombre de 5.En dépit du déclin de la production agricole constatée au cours de cette période, l'agriculture occupait encore une place importante, le commerce surtout pratiqué en lien avec le développement touristique de la zone dominait. Il était répertorié près de 42 établissements commerciaux, les night clubs passaient à six et l'intérêt se portait de plus en plus vers Pointe sable comme principale attraction de la zone. Ainsi, le secteur touristique à partir du déclin de cette production constaté en vient à constituer la principale activité de la majorité de la population et s'accompagne aussi du progrès du secteur du commerce de détail et de la construction.

L'artisanat et l'agriculture aidaient encore à embaucher une bonne partie de la population puisqu'en majeure partie rurale. A un point tel qu'en 2007,le ministère dans l'identification des zones touristiques a pu surnommer la commune de Port-Salut « ville de l'artisanat » au moment de réviser le plan directeur du tourisme de 1996.Actuellement,les entreprises dominant le plus ce secteur demeurent les hôtels qui entrent beaucoup plus d'argent dans la commune de Port-Salut. Aujourd'hui, il y'a près de 19 hôtels et certains en construction dont l'hôtel « Le Sommet » non encore inauguré avec ces 80 chambres. Selon le classement nommé Hibiscus du ministère, se trouvent Dan's Creek avec 3 hibiscus, Naz-inn, Auberge du rayon

183 Ministère du Tourisme.2007-2008. Enquête pour la révision du Plan Directeur du Tourisme. Présentation de la commune de Port-Salut : Ville de l'Artisanat.

vert, Fortress inn, Hôtel du village avec 2 hibiscus et enfin hôtel Wadliyss avec 1 hibiscus évoluant dans une atmosphère de compétition intense184.

Ainsi, suivant ce qui est présenté, il devient compréhensible que la commune de Port-Salut se dirige tout droit vers le secteur des services à prédominance touristique. Le secteur de la construction a connu en lien avec le développement touristique un certain essor, avec des gens qui viennent construire aussi dans la zone des maisons de retraite. La majorité des gens qui travaillent à Port-Salut occupent des emplois en lien avec le tourisme et près de 80%185 du secteur est entre les mains du secteur privé des affaires. Cependant, la plupart de ces gens qui travaillent ne détiennent pas un diplôme de l'enseignement supérieur. Certains n'ont même pas achevé le cycle du secondaire, donc une quantité importante de ces derniers ont une formation primaire ou secondaire inférieur.

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184 Informations recueillies auprès du bureau régional du Tourisme du SUD.

185 Informations recueillies auprès du bureau régional du Tourisme du SUD.

96

Chapitre II

Planification du développement touristique à Port-Salut Section I : Situation actuelle de la planification touristique

Cadre institutionnel de la planification

Port-salut a été identifié en tant qu'un territoire prioritaire pour le développement du tourisme dans le DSNCRP186 de trois ans (2008-2011) dans le département du Sud devant servir de rampe au lancement de l'activité touristique nationale. Des travaux d'aménagements sectoriels des sites touristiques telles que la plage Pointe Sable étaient prévus. A ce moment, la plage Pointe Sable était déjà en cours d'aménagements financés par Taiwan dans le cadre de coopération bilatérale.

En ce qui a trait aux projets touristiques de la zone, l'un des institutions clé pouvant jouer un rôle dans la planification touristique à savoir une agence de développement local n'existe pas à Port-Salut. Parfois, des organismes non spécialisés et surtout d'origine internationale dont l'UNOPS s'occupent de certains projets que certains membres de la population jugent de « bidon »187. De plus, la participation de la population locale dans la planification des projets touristiques de la commune n'est pas tout à fait démontrable. Ses membres ne s'occupent en grande partie que des activités en rapport à l'assainissement.

En raison de la situation de la mairie de Port-Salut au moment de l'enquête en février 2016, avec en tête un maire nommé, l'intérêt ne se portait pas vraiment vers l'organisation touristique. Pour la plage, il y'a trop de conflits liés à sa gestion assurée par un staff plutôt informel188. Le bureau régional ne se penche pas vraiment sur la plage, alors que le Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales a réalisé des séminaires de formation sur la

186 DSNCRP.2007.Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté 2008-2010.Pour réussir le saut qualitatif : Chapitre : Pilier 1 : Les vecteurs de la croissance.

187 Information recueillie lors de l'entrevue avec le responsable de suivi et d'évaluation du bureau régional du MTIC.

188 Entrevue réalisée avec l'un des cadres du bureau régional du MTIC.

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conception de projets touristiques pour des employés de la mairie dans le but de gérer ces activités-là189.

L'état actuel de la planification du tourisme pose problème. Le peu de gens formés par le MICT ne sont pas autorisés à exercer leur fonction de planification et de contrôle des activités de la zone. A un point tel, aucun bureau ou unité spécifiquement lié au tourisme ne se trouve au sein de la mairie. De plus, l'ingénieur civil de la mairie n'est pas souvent consulté en ce qui a trait à la planification urbaine de la zone, les hôtels sont construits à tout endroit suivant la disponibilité du terrain. Entretemps, l'UNOPS exécute la majorité de projets de la zone sans contrôle et la plupart de ces projets ne sont jamais arrivés à terme190 . Ainsi, l'absence d'agence de développement dans la commune de Port-Salut est significative.

Population port-salvienne et planification touristique

Le tourisme n'est pas vraiment planifié de concert avec les membres de la population locale en raison du fait que tout se passe en dernier lieu par la mairie qui n'invite certaines couches de la population que dans des exercices d'entretien. Il n'existe aucune programmation établie. En période de fête uniquement, les agents de la mairie engagent des gens pour assurer un peu de gestion logistique sur la plage et pour capter des recettes ne bénéficiant qu'en tout dernier lieu aux partisans des maires. En outre, les différents projets qui viennent dans la zone émanent directement du MTIC. Même les gens du bureau régional ne jouent qu'un rôle de spectateur dans tout cela, déclare le responsable du suivi et de contrôle du bureau régional :

Il s'agit du « camouflage191 » à l'égard de la population, puisque son aspiration n'est pas vraiment respectée et que les décisions prises depuis le ministère à Port-au-Prince sont toujours appliquées sans prise en compte des recommandations locales. Même les gens qui travaillent au bureau régional du ministère ne participent pas à l'élaboration des projets touristiques, il n'y'a que présentation des projets aux gens. L'UNOPS réalise des projets surtout « bidons » dans la zone, c'est un organisme des nations unies. La plupart des projets

189 Entrevue réalisée avec le responsable des activités touristiques de la Mairie.

190 Entrevue avec le responsable de suivi et d'évaluation du MTIC dans le SUD.

191 Action de se moquer des gens ou affront par des manipulations avec des paroles qui font dormir.

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ne sont pas finalisés, il y'a souvent beaucoup de gaspillage et la population locale ne fait que jouer un rôle de spectateur. Il n' y'a pas vraiment d'interaction, parfois les gens de la population sont embauchés pour des petits emplois peu rémunérés et pour les grands postes, les dossiers (CV) des jeunes originaires de la zone qui sont qualifiés pour différents projets sont négligés au profit d'autres amis et proches du gouvernement192

Suivant l'enquête réalisée, 62.5%193 des enquêtés répondent à la négative à la question concernant la participation de la population locale dans la planification touristique de leur territoire. Le problème d'agence de développement local affilié au tourisme à Port-Salut représente un défi majeur pour la planification touristique. Questionnés sur l'apport nouveau constaté au niveau local dans le secteur touristique, les enquêtés hésitent à répondre puisqu'il ne s'agit jusqu'à date que de la construction d'infrastructures hôtelières privées. En réalité, la pratique du tourisme de masse est en vogue, ce qui nécessite l'utilisation de la planification en vue de préserver l'avenir du secteur.

De même, il importe de savoir qu'au niveau même du MTIC, l'élaboration des projets se fait de manière brusque puisqu'il peut s'agir d'une simple question de démonstration politique qui se réalise parfois même à l'insu de la chargée de projets194. Sous la pression du temps, des conditions sont généralement imposées par les bailleurs fixant de très court délai alors que le système étatique fonctionne avec beaucoup de lenteur. En ce qui a trait aux ressources humaines locales, elles ne sont pas utilisées en raison d'un jugement du manque de compétence de ces dernières, de la part des responsables du ministère. Ainsi nous confie, une chargée de projets du ministère :

Et pourquoi c'est l'UNOPS ?

« En raison du fait qu'il n'y a pas vraiment d'ingénieur résidant dans ces localités, faute de compétence locales, l'UNOPS qui se charge de créer des emplois exécute le plus souvent les projets en relation généralement avec un sous-traitant par rapport au fait que les agents d'UNOPS ont déjà des bureaux partout. Parfois, les gens se plaignent de l'avancement des

192 Information recueillie au bureau régional du ministère du tourisme et des industries créatives dans le Sud.

193 Voir la question 24 dans le tableau des resultats de l'enquête présentés au chapitre suivant

194 Information recueillie lors de l'entrevue réalisée avec une chargée de projet du MTIC en mars 2016

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travaux avec l'UNOPS. Cependant, il faut également avancer que le processus d'acheminement des projets est très lent puisqu'il convient de respecter les délais de décaissements».

Et les membres du bureau régional ?

Il y'a doute vraiment sur les compétences de ces derniers-là. C'est vrai qu'il y'a sur place un responsable de suivi et d'évaluation, cependant, il aurait fallu qu'il ait certaines documentations détenues au niveau du ministère concernant les projets afin de pouvoir procéder à ses travaux de suivi et d'évaluation pour lesquels il aurait fallu également certaines compétences.

Et la population locale dans tout ça ?

Il faut l'avouer. Il n'y'a pas eu vraiment de rencontre avec les gens de la population locale où sont destinés les projets mais c'est surtout la politique qui prime. De même, il aurait fallu avoir sur place des ingénieurs de projets. Parfois, les projets sont conçus comme je te l'ai dit sous pression, et rapidement sans une prise en compte de la réalité de la zone. Parfois, je suis appelée pour élaborer des projets dans un espace de temps court. Je conçois des projets uniquement pour répondre à la demande formulée sans une prise en compte de la population locale. Par exemple aux Cayes, j'ai monté un projet de construction d'un marché artisanal alors que les gens de la communauté avaient eu surtout besoin d'un abattoir à l'époque, ce qui a entrainé l'usage de ce marché à d'autres fins dont son utilisation comme abattoir. Il y'a surtout un problème d'implication des membres de la population locale lorsque les projets se réalisent. Le pire dans tout ça, en tant que chargée de projet du ministère, sans vous cacher, certains projets sont parfois montés sans me consulter.195

Tout cela confirme la critique adressée à l'approche projet liée au fait que les bailleurs ont souvent trop d'emprise. En dépit des éloges portés à l'endroit de la ministre du tourisme sous la présidence de Martelly, les gens ont constaté que peu de projets durant les quatre ans bénéficient à Port-Salut. Certains expliquent cela en fonction de la position politique du député

195 Entrevue réalisée avec la chargée de projet du ministère du tourisme et des industries créatives le 11/03/2016.

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de la zone, Sinal Bertrand, à l'époque puisque celui-ci était en opposition avec le gouvernement196.

Section II : Analyse sur les différents projets répertoriés

La plupart de ces projets qui vont être présentés se trouvent insérés dans le Plan Directeur du Tourisme de 2007 révisé pour le département du Sud. En ce sens, les projets de Port-Salut font partie de ce grand document en fiche résumée. Certains éléments de base concernant l'environnement social par exemple ne se trouvent pas directement dans ces fiches de projets analysées puisque l'objectif de développement défini concernait tout le département puisque c'était construit sur une base régionale et se centrait spécifiquement autour de l'option d'aménagement touristique.

Projet 1

Le ministère du tourisme en janvier 2008 a conçu un projet intitulé « projet d'aménagement de la plage publique de Pointe Sable » représentant surtout un lieu économique important pour le développement économique de Port-Salut et de toute la région en vue de rentabiliser la plage. Comme composantes, ce projet visait surtout l'implantation des services de base permettant d'améliorer l'image de Pointe Sable à partir des programmes suivants : 1-) l'aménagement d'aires de restauration et de dégustation ; 2-) l'aménagement des sanitaires publics (2 blocs) incluant des douches et des espaces de déshabillage ; 3-)l'aménagement des kiosques (7) pour vente de produits d'artisanat ; 4-)l'aménagement d'espaces sportifs (Basket-ball, volleyball) ;5-) l'aménagement de mobilier :ajoupas, bancs, lampadaires publics, poubelles, 6-) l'aménagement d'aires de stationnement pour véhicules, 7-) l'aménagement paysager de Pointe Sable.

Les objectifs consistaient à améliorer un lieu d'attraction, de tourisme, de loisirs balnéaires urbains pour le département du Sud, et faciliter l'accès aux services de la plage Pointe Sable. Il était question aussi d'obtenir certains résultats dont l'utilisation rationnelle et fonctionnelle

196 Information recueillie auprès de certains enquêtés dans la cadre de questions ouvertes et confirmée par un responsable du bureau régional du MTIC dans le Sud.

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des services de la plage, d'augmenter l'utilisation de la plage par la population locale, la diaspora, les visiteurs, les touristes haïtiens et étrangers, d'améliorer des infrastructures. Dans le projet, il était prévu surtout 18940000 gourdes pour sa réalisation avec un montant de 1500000 gourdes pour des kiosques d'artisanat.

De 2008 à nos jours, suivant le constat que nous avons fait sur la plage, il est possible de dire que ce projet ne fût pas conçu tel qu'il était souhaité. L'observation menée sur la plage a permis de révéler par rapport aux composantes du projet, qui selon la chargée du projet a été réalisé, certaines imperfections voire même des défauts dans la poursuite et le respect des objectifs visés. Ainsi, il n'a pas été trouvé des aires de restauration et de dégustation en bon état, ces espaces ne sont pas biens entretenus et des petits abris construits en bois et en tôle par les marchands sans aucun caractère esthétique servent de restauration.

De plus, sous les arbres là où en majorité des gens viennent pour déguster du homard, du poisson boucané, il y'avait çà et là des immondices, des canettes de boissons gazeuses. Une infime partie de ces restaurants présente un peu de structure respectant des conditions sanitaires. Les blocs sanitaires construits sur la plage sont en mauvais état, sales la plupart du temps, il faut prendre un sceau pour que les excréments soient acheminés vers les fosses septiques.

Il ne se trouve pas de porte dans les douches quand il faut se déshabiller sans rester nus à la vue du public. Il n'existe qu'un seul kiosque construit au lieu de 7 comme prévu dans le projet. Aucun espace sportif n'est disponible, même des traces n'ont pas été trouvées. Les poubelles ne sont pas nombreuses sur la plage. Il n'y a que des chaises appartenant aux différents marchands au bord des tables. Pour s'asseoir, il faut surtout consommer. Ainsi, des bancs et ajoupas prévus n'ont pas été identifiés sur la plage. Le paysage de la plage est en train de se dégrader du fait qu'il n'existe pas vraiment d'entretien. Aucun espace de stationnement n'a été identifié et respecté puisque les voitures sont garées sur le sable de la plage ainsi que les motocyclettes.

102

Dans le document consulté, il y'a eu respect de certains points au niveau de la conception même si la prise en compte des utilités et des principaux bénéficiaires peut être mise en doute. Ainsi, dans la fiche résumée du projet, il est possible d'identifier le titre du projet, le contexte et la justification au niveau de la description, puis les objectifs et résultats escomptés, et les principaux bénéficiaires, le budget ou dépenses prévisionnelles parmi les éléments moteurs. Cependant, il n'est vu nulle part dans le document les partenaires envisagés ainsi que les modalités et les responsables de suivi et d'évaluation du projet.

Une remarque importante à faire, c'est que dans le document analysé, les activités sont présentées avant les objectifs et les resultats escomptés différemment de l'ordre normal des éléments moteurs. Les objectifs ne sont pas tout à fait spécifiés, précisés et quantifiés pour mieux comprendre la logique concernant les resultats espérés qui ne paraissent pas également trop indicatifs de leurs vrais effets.

Nous pouvons conclure que concernant l'exécution, il n'y'a pas eu d'évaluation à mi-parcours, d'évaluation intermédiaire, d'évaluation finale et d'évaluation d'impact. Comme nous l'a avancé la chargée de projet, le ministère ne s'occupe pas trop de la question d'évaluation surtout sur les lieux, il ne fait que décaisser des fonds au fur et à mesure de ce qui est rapporté de l'avancement des travaux. Voilà ce qu'elle a répondu au moment d'être questionnée sur la question de suivi et d'évaluation en ce qui a trait à ce projet :

En ce qui a trait aux projets concernant la plage, cela résulte surtout de la compétence des dirigeants locaux d'assurer sa gestion. Cela ne révèle pas de la tâche du ministère. Cependant, il faut aussi admettre qu'après décaissement qui s'exerce par séquence surtout et mise au point du projet depuis le bureau d'unités de programmation, le ministère ne se charge pas vraiment de la question de suivi et de réalisation, les membres du ministère ne vont pas sur les lieux pour inspecter si cela a été bien fait. Cependant, du ministère, des informations nous sont parvenues à partir du responsable et de la firme du projet sur l'avancement des travaux. Il n'y a pas de suivi sur les lieux vraiment. Concernant la plage, le ministère intervient en général

103

en période de grandes festivités. Après la plage est presque abandonnée, en ce temps il aurait fallu que la mairie de la zone s'en occupe vraiment197.

Projet 2

Le ministère du tourisme au cours de janvier 2008 projetait la construction d'un centre artisanal d'application à Port-Salut en vue de valoriser les métiers de l'artisanat et de la production artisanale représentant surtout une activité très prisée selon le ministère par la population locale et pouvant constituer une attraction touristique de qualité. Ainsi, le savoir-faire local port-salvien qui est spécifique à la zone en vue d'augmenter les revenus locaux et donner regain au secteur économique aura été mis en valeur.

Cet aménagement d'un centre artisanal devrait s'étendre sur 650 m2 avec les composantes suivantes : a-) aménagement d'ateliers, b-) aménagements des salles d'exposition, c-) aménagements de sanitaires publics, d-) aménagements d'aires de restauration et de dégustation, e-) aménagement de kiosques (7) pour vente de produits d'artisanat, f-) jardins intérieurs et promenade. Il y'a eu pour objectifs de faciliter l'accès à l'artisanat de la région, d'améliorer le lieu d'attraction que constituait la plage Pointe Sable à Port-Salut pour le département du Sud. Ensuite, parmi des resultats espérés bien définis, il était visé : 1-) l'amélioration des infrastructures de services en vue d'augmenter la qualité des services fournis, 2-) l'utilisation rationnelle et fonctionnelle des services du centre artisanal d'application, 3-) la facilitation de l'utilisation du centre artisanal d'application par les populations locales ,la diaspora, les visiteurs et les touristes haïtiens ou étrangers. Il était prévu près de 7850000 gourdes pour le projet.

Ce projet devrait en quelque sorte conforter l'idée qu'à Port-Salut une certaine priorité est accordée à l'activité artisanale comme le mérite son surnom « ville de l'artisanat ».Cependant, en raison du problème de manque de continuité des initiatives dans l'Etat haïtien, ce projet a été mis de côté et non poursuivi par la ministre Stéphanie Balmir Villedrouin. Il y'a tout compte fait un problème à soulever en ce qui concerne l'intitulé du projet « construction d'un centre

197Entrevue réalisée avec la chargée de projet du ministère du tourisme et des industries créatives le 11/03/2016

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artisanal d'application » alors que dans les composantes, il s'agissait de préférence d'aménagement d'un centre artisanal.

Contrairement à l'ordre habituel des éléments moteurs, les activités sont présentées dans ce document bien avant la définition des objectifs et des resultats envisagés. La quantification des objectifs n'est pas prise en compte puisqu'il y manque de précision et de spécification. Nous dirions que, par comparaison au premier projet, qu'il s'agit juste d'un jeu de mot puisque des deux côtés, les mêmes mots « facilitation, amélioration, utilisation rationnelle » reviennent à tort et à travers sans pouvoir saisir des indicateurs clé et discriminants.

Le pire, c'est que les mêmes composantes de l'aménagement de plage étaient incluses or ces projets ont été conçus à la même période soit en 2008. Kiosque d'artisanat (1500000 gourdes) alors que le centre artisanal devrait coûter 7850000 gourdes. Questionnée à cet effet voilà ce que nous a répondu la chargée de projets du Ministère du Tourisme et des Industries Créatives :

Premièrement, il faut dire que le projet du centre d'artisanat a été prévu sous l'ancien ministre du tourisme, Delatour qui travaillait là-dessus. Cependant, la ministre actuelle ne met pas trop d'accent sur la poursuite de ce projet. A vrai dire, le projet n'a pas eu lieu sinon je l'aurais su. Sous ce gouvernement nous nous sommes orientés beaucoup plus vers gelée.

La ministre actuelle ne s'intéresse pas vraiment à l'évaluation des projets passés, les similarités constatées pouvaient être dues à des erreurs de l'équipe de l'ancien ministre. En réalité, cela peut être aussi dû à la question d'urgence lorsque des projets sont écrits, parfois, les principaux responsables du ministère appellent juste pour demander dans de laps de temps d'élaborer des projets et cela se fait habituellement sous pression. Ainsi, pourvu qu'il y'ait certitude que l'argent est disponible, des projets sont montés sans prendre en compte vraiment des besoins réels de la population198.

198 Entrevue réalisée avec la chargée de projet du ministère du tourisme et des industries créatives le 11/03/2016

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Sur le plan de la conception du projet des points moteurs ont été pris en compte. Dans la fiche résumée du projet, le titre du projet, le contexte et la justification au niveau de la description, puis les objectifs et resultats escomptés, les principaux bénéficiaires, le budget ou dépenses prévisionnelles parmi les éléments moteurs sont identifiés. Cependant, nulle part dans le document, les partenaires envisagés ainsi que les modalités et les responsables de suivi et d'évaluation du projet ne sont mentionnés.

Projet 3

Depuis 2009, le ministère du tourisme a conçu un projet assez ambitieux intitulé « le plan d'aménagement et d'extension de la commune de Port-Salut. Le projet de construction de la route entre Port-Salut et Port-à-Piment avec l'apport financier et technique de la Chine visait dans le long terme le développement touristique et économique de Port-Salut. Il a été constaté que la construction de cette route a déclenché une vague d'achats de terrains et de construction de résidences secondaires. Il s'agissait bien d'un étalement informel d'une urbanisation le long de cette infrastructure199.

Pour la mise en oeuvre du plan contenant des programmes et projets, une série d'axes stratégiques était visée : Axe stratégique 1 : Requalifier et renforcer le littoral de Port Salut à Carpentier b) Axe stratégique 2 : Renforcer et améliorer le cadre de vie du centre de Port Salut

c) Axe stratégique 3 : Améliorer les centres des petits quartiers et localités autour de Port Salut

d) Axe stratégique 4 : Hiérarchiser le réseau routier existant e) Axe stratégique 5 : Hiérarchiser et protéger les espaces de réseau pour piétons f) Axe stratégique 6 : Préserver les paysages et les espaces naturels de la zone d'extension g) Axe stratégique 7 : Préserver les espaces agricoles de la région de Port Salut h) Axe stratégique 8 : Préserver les espaces ruraux résiduels).

Dans ce plan d'aménagement, les éléments de base du projet, c'est-à-dire l'introduction, le contexte et la justification sont identifiés, ce qui permet d'avoir une certaine idée globale.

199 Ministère du Tourisme, Plan Directeur du Tourisme.29 aout 2009.Le plan d'aménagement et d'extension de la commune de Port-Salut.

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Cependant, étant un document-projet, il n'y'a pas de fiche technique qui aidera à identifier les éléments moteurs de manière claire et précise à savoir : a-) les objectifs spécifiques, b-) les résultats escomptés, c-) les activités à entreprendre ; d-) les principaux bénéficiaires ; e-) les partenaires envisagés f-) les budgets ; et g-) l'échéance ne sont pas mis au clair. S'il est vrai qu'il y'a des stratégies définies à travers les différents axes présentés ci-dessus, il y manque de l'ordre formel dans la présentation du document. D'autant plus, il ne s'agit nulle part de mention des activités de suivi et d'évaluation des projets.

Ce projet-là n'a pas été poursuivi tel quel par la ministre Stéphanie B. Villedrouin. Tout compte fait à travers le programme stratégique RIAT (Régions Intégrées d'Aménagement Touristique) mis sur pied pour le département, il y'a certains aspects de ce document qui ont été pris en compte. Jusqu'à présent, la commune de Port-Salut n'est pas encore touchée suivant ce que nous a confié un responsable du bureau régional : « A Port-salut, le ministère n'a pas vraiment planifié avec les gens de Port-Salut, il n'y a pas vraiment eu de projets pour la zone sous ce gouvernement. Cependant, avec le RIAT pour le Sud dans les jours à venir, il y'aura certains projets».

Projet 4

Dans le cadre de l'étude de faisabilité et de planification pour la restauration de la plage de Port-Salut200 sous l'impulsion de l'UNOPS et de l'UNEP auxquels le marché a été attribué, le GENIE CONSEIL (sous-traitant), CREOCEAN (mandataire) en mars 2015 avec comme comité technique et d'évaluation du ministère du tourisme, la BID, le CIAT, etc. des activités ou solutions ont été proposées et prévues suite aux problèmes identifiés à partir du diagnostic. Ces dernières devraient prendre fin en septembre 2015.

Dans ce document, le diagnostic était posé afin d'identifier les atouts, la situation de l'érosion sur la plage, l'impact naturel en prenant en compte l'état des activités anthropiques. La synthèse tirée a été ainsi présentée :

200 Ministère du Tourisme.2015. Plan pré-opérationnel pour la restauration de la plage de Port-Salut : Etude de faisabilité et planification pour la restauration.

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Avant 2004: relatif équilibre sédimentaire

Entre 2004 et 2007: succession de houles cycloniques exceptionnelles

Après 2007, la plage fragilisée n'a plus été en mesure de résister aux « agressions habituelles » des vagues et des impacts anthropiques

Érosion continue

Aujourd'hui: plage fragilisée, le haut de plage, les zones végétalisées, la route, etc... sont exposées aux coups de mer « habituels »

Un bilan était présenté. Par la suite, des solutions envisageables ont été proposées à savoir rechargement de plage, rechargement de sable, mettre au point un brise-lame, mise au point d'épis201, d'exutoires, de gérer les eaux usées. Il était prévu au final une certaine gouvernance pour la plage (la Mairie demeure l'élément central qui doit être considérée comme le moteur : déclenchement des comités techniques et de pilotages emplois induits => ramassage des déchets - garde - entretien).Il y'a eu comme objectif le zonage du plan de gestion, avec mise en place de signalétique, et sensibilisation de la population, la revégétalisation de la plage avec des raisins de plage, cerises marines, palmiers.

Enfin, un plan de gestion de déchets a été prévu (mise en place de points de collecte des déchets sur le plan communal, mise en place d'une signalisation et de plans de collecte communale, etc. sensibilisation de la population ,éducation et implication des acteurs locaux par la Mairie).

Étant donné qu'il s'agit d'une étude de faisabilité, certains éléments de base dont le contexte et les objectifs ont été présentés. Certains éléments moteurs, les objectifs spécifiques, les résultats escomptés, les budgets ne sont mentionnés à aucun endroit, sauf que les différentes solutions proposées pourraient s'assimiler aux activités à mener.

Cependant, ce plan pré-opérationnel qui devra prendre fin en septembre 2015 n'a pas pu être achevé et de plus jusqu'à présent, la majeure partie des solutions proposées n'ont pas été

201 Terme d'architecture, assemblage de charpentes dont la disposition rappelle la forme d'un épi.

adoptées. Depuis Mars 2015, le marché a été attribué à UNOPS/UNEP. La plage n'a pas été encore restaurée au moment de notre visite. Aucun brise-lame, aucun épi, aucune gestion des eaux usées, aucun entretien, aucune signalétique, aucune revégétalisation de la plage, aucune cerise marine et palmier n'ont été observés. Les déchets ne sont pas encore gérés. Questionnée à ce point, en raison des critiques adressées par certains gens de la population locale à l'endroit d'UNOPS précisément, la chargée du projet nous a ainsi répondu :

Le projet avec UNOPS, qui devait terminer en septembre fait face au même problème mentionné avant, il y'a tellement de longs délais de décaissements au niveau de l'Etat Haïtien, ça n'a pas pu être respecté. Du temps n'est pas laissé au ministère au niveau de l'Unité d'Etudes et de Programmation pour planifier puisque les projets sont surtout conçus sous l'impulsion des ONG qui s'empressent souvent de donner de brefs délais. Le bailleur de son côté fait toujours pression (....) .... Parfois, les gens se plaignent de l'avancement des travaux avec l'UNOPS, cependant il faut également avancer que le processus d'acheminement des projets est très lent ainsi que les décaissements de fonds. Parfois, l'argent n'est pas donné à temps à UNOPS afin de respecter certains délais202.

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202 Information recueillie lors d'une entrevue réalisée avec une chargée de projet du MTIC.

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Chapitre III

Exposé de la méthodologie de réalisation de l'enquête

Section 1 : Démarche

Comme le dit R.Muchielli203, l'objet de l'enquête est une délimitation plus précise à partir de l'idée, et une délimitation de son « champ» avec un maximum de clarté de la réalité. En référence à deux étapes clés de la méthodologie de recherche à savoir l'exploration et la vérification de l'hypothèse, notre enquête a su utiliser les trois modes d'informations pour être conforme aux exigences scientifiques à savoir :

1-) les traces liées à différents écrits et statistiques obtenus à l'intérieur des ministères et à travers leur site d'internet. D'autres institutions de recherche, plus particulièrement l'IHSI, ont été consultées à cet effet.

2-) Ensuite, l'observation large de la réalité sur le terrain a été aussi réalisée en rapport avec le recueil de discours par deux voies utilisées, l'entrevue et le questionnaire à la fois du point vue individuel et collectif. Avec notre questionnaire, les pratiques et les opinions des différents concernés ont été recueillies à propos de leur lien avec le secteur touristique. A cet effet, nous avons sélectionné spécifiquement des gens ayant une connaissance avancée du secteur et surtout ceux qui sont impliqués directement dans les activités touristiques de la commune de Port-Salut.

3-)Enfin, l'analyse de contenu a été réalisée et pour les entretiens et pour les questionnaires. Pour cela, des tableaux ont été construits regroupant séparément les questions ouvertes, semi-ouvertes, et fermées, puis des synthèses ont été faites à chaque fois.

Elaboration du questionnaire

Pour élaborer le questionnaire, nous avons fait choix de différents types de questions à savoir des questions filtres, des questions semi-ouvertes (cafeteria) afin d'assurer le dépouillement et enfin certaines questions ouvertes de manière à s'assurer une certaine cohérence dans les

203 IFSI Prémontré / BV / FR / Méthodologie TFE / Les outils d'enquête / 3ème Année /Octobre 2000

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différentes réponses des gens. Cependant, sur le terrain, il y'a eu des gens qui ont pu comprendre facilement puisque c'était plutôt rempli en situation d'interaction directe ou de face-à-face. Ils discutaient à propos des questions et des réponses.

Certaines questions ont été reprises de manière à garantir de la logique et de la cohérence. Cependant, celles-là servait à la comparaison avec les réponses déjà données par les différents enquêtés. Il était choisi d'avoir une bonne articulation des questions de manière à éviter des questions difficiles au début. Il y'avait plutôt une certaine fluidité, souplesse et alternance entre les questions simples et complexes. Le prétest a été réalisé avec des étudiants en économie de la FDSE, puis en psychologie de la FASCH, et surtout avec des gens de la population locale de manière à enlever les différentes ambiguïtés possibles.

Tout s'est fait surtout dans l'anonymat et la confidentialité pour les gens de la population locale qui n'ont pas voulu parler personnellement d'eux. Il y'a eu comme personnes ressources dans tout cela : - le responsable de la DGI, -le responsable de la mairie, - le responsable du centre de formation en tourisme et hôtellerie du département du Sud,- puis le responsable de contrôle et de suivi du Ministère du Tourisme et des industries Créatives au département du Sud au bureau régional , licencié en patrimoine et tourisme à l'Université d'Etat d'Haïti et originaire de Port-Salut où il vit à présent, et -enfin la chargée de projet du MTIC au mois de mars 2016.

Choix des personnes à enquêter

Ainsi, la constitution de la population enquêtée était réalisée suivant le principe de significativité de la technique d'échantillonnage de manière à avoir la diversification des points de vue sans vraiment se pencher sur les autres principes visant davantage la représentativité ou l'exhaustivité. Voilà la raison pour laquelle, nous avons agi avec beaucoup de discernement compte tenu de notre souci de validité. Au cours de l'enquête ont été questionnés des individus au nombre de huit à savoir : un artisan, des responsables d'hôtels, des responsables de plage, des citoyens de la ville impliqués dans les activités touristiques de Port-Salut.

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Il s'agit plutôt d'un échantillonnage qui priorise surtout les rapports de l'échantillon et l'objet de la recherche. Il s'agit de données en lettres. C'est pourquoi les gens à qui les questions ont été adressées ont été déjà ciblés puisque l'objectif était de se renseigner auprès d'un groupe spécifique à savoir les gens participant directement aux activités touristiques de la zone. Plutôt que la représentativité comme c'était mentionné au départ, la diversification liée à la question de significativité nous permet d'avoir une vision d'ensemble de notre question de recherche en tenant compte du groupe de gens spécifiquement liés aux activités touristiques de la commune de Port-Salut204.

Difficultés rencontrées

Comme c'est habituellement le cas pour toute enquête, nous avons rencontré certaines difficultés. La première grande difficulté et inquiétude était due à la crise qui sévissait dans l'Université d'Etat d'Haïti qui nous a empêché d'avoir une lettre d'autorisation de la part de notre faculté. Même avant cette crise, il a fallu des supplications auprès des responsables de la FDSE pour l'obtention d'une lettre devant donner accès au MTIC.

Le choix de Port-Salut a été fait suite à des hésitations concernant d'autres communes souhaitées dont le Cap-Haitien et la commune de Jacmel. Ces hésitations se sont manifestées en raison des prévisions en terme d'argent à mobiliser pour aller à ces endroits-là où nous n'avons ni amis ni parents. Apres avoir consulté un ami, le révérend Père Michel Borgella, il nous a accueilli en sa paroisse dans une localité de Torbeck appelée « WELCH ».Pour aller à Port-Salut non loin de Welch, il nous a fallu prendre un taxi moto à chaque fois.

Lors de notre première journée d'enquête, il était constaté un peu d'hésitation chez les enquêtés. L'utilisation de notre sagesse, notre patience, et notre insistance a été vraiment un choix judicieux, ce qui a permis de passer le questionnaire. De plus, les gens enquêtés n'avaient pas voulu remplir eux-mêmes le questionnaire. Tout de suite, nous nous sommes dirigés chez les maires de la commune. Malheureusement, ils étaient tous en difficulté de nous accorder

204 Pires, Alvaro. 1997. Échantillonnage et recherche qualitative: essai théorique et méthodologique. Québec : Edition électronique produite par Jean-Marie Tremblay.88p.

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quelques minutes. Ils ont fixé des rendez-vous pour le jour suivant. Après, nous étions allés sur la plage « Pointe Sable » afin de rencontrer les responsables.

Il nous a fallu passé plus d'une heure d'explication de notre objectif avant qu'ensemble un groupe de responsables de plage a décidé de nous aider avec le questionnaire. Au final, cinq d'entre eux ont choisi de remplir le questionnaire avec nous tout en insistant sur leur non-identification personnelle. Nous ne les avons pas forcés. Apres, nous avons débuté l'observation sur la plage. Heureusement, c'était un dimanche, nous avons pu trouver un artisan au milieu de tant d'autres disposé à nous parler un peu sans réticence. Entretemps, nous avons laissé des questionnaires à deux jeunes citoyens de la commune de Port-Salut participant régulièrement aux activités touristiques.

Le jour suivant de très tôt nous étions arrivés à la mairie de Port-Salut. Le maire de la ville n'était pas encore présent à son bureau jusqu'après 2h d'attentes en dépit du fait que nous avons fixé l'heure de notre rendez-vous. Nous avons persisté auprès du directeur de la mairie afin qu'il nous accorde du temps pour la passation du questionnaire, il n'a pas voulu. Nous avons laissé la mairie pendant quelques minutes pour aller au bureau de collecte d'impôts. Le responsable nous a demandé de lui donner l'autorisation que nous avons en main de la part de la DGI. Après 30 minutes d'insistance, il a décidé de nous donner des informations. De retour à la mairie, le maire était déjà parti pour une nouvelle fois. C'est ainsi que nous avons passé du temps à convaincre une personne responsable de la question touristique à la mairie qui s'est décidée enfin de nous donner les informations désirées.

Les questionnaires donnés la veille n'étaient pas remplis malgré la garantie donnée. Pour cela, un rendez-vous a été fixé pour demain afin de pouvoir remplir le questionnaire. Entretemps, nous avons décidé de visiter bon nombre d'autres Hôtels dont le Bouknier, l'Hôtel du Village, l'Auberge du Rayon-Vert, le Fortress inn et autres afin de pouvoir observer les différents prix indiqués sur le menu des restos-bars. Deux autres responsables d'Hôtels ont été questionnés à propos des activités touristiques dans la zone. Par la suite, l'un des jeunes citoyens de la ville, directeur de l'Hôpital d'Etat de Port-Salut nous a accordé 30 minutes afin de pouvoir remplir le questionnaire.

113

Apres avoir été à Port-Salut pendant trois jours, nous nous sommes dirigés vers le bureau régional afin de pouvoir rencontrer les responsables à Faugasse. Nous avons été bien accueillis par le responsable de l'école d'hôtellerie qui nous a accordé une entrevue. Il nous a permis de visiter l'espace de formation, les chambres d'application des étudiants. Après 2h d'attentes de l'un des principaux responsables du bureau régional, nous avons demandé à un autre cadre de nous accorder une entrevue sur la gestion faite par le bureau régional du tourisme dans la commune de Port-Salut pendant 30 minutes.

Tout de suite après, il nous a été demandé de passer demain pour rencontrer le principal responsable de la question surtout originaire de Port-Salut. Le lendemain au cours de la matinée, nous avons été au Ministère de très tôt. Ce responsable était déjà présent et disposé à nous fournir des informations. A cause d'absence d'électricité dans la zone, il n'a pas pu nous donner certaines copies mais il a fait un effort de nous dicter certaines informations et de nous parler des activités touristiques du territoire port-salvien.

Dès notre rentrée à Port-au-Prince, nous sommes allés au ministère du tourisme afin de rencontrer le responsable de l'Unité d'Etude et de Programmation. Apres, un long temps de discussion, la chargée du projet de l'unité nous a accordé près de 40 minutes d'entrevue.

N.B : Les entrevues étaient réalisées en s'étant servis des grandes lignes du questionnaire préparé suivant chaque personne ressource et l'entretien semi-directif était préféré.

Section 2 : Objectif de l'enquête

Le but premier de l'enquête de terrain, c'est de pouvoir compléter le manque de données disponibles à propos du tourisme et dans les ministères ainsi que dans les institutions de recherche de l'Etat et du secteur privé. Suite au constat du manque de données disponibles relatives surtout à la participation de la population port-salvienne dans le processus de développement touristique de leur zone, l'enquête s'avérait importante. Il était aussi question de savoir si les gens de Port-Salut pensent qu'avec le tourisme, il est possible d'arriver au

114

développement de leur zone et de quelle manière. Ensuite, cela nous a permis surtout d'avoir une idée de la question d'emploi dans la zone, puis de comprendre pourquoi dans les plans directeurs de tourisme du Sud, Port-Salut est surnommé, ville de l'artisanat.

De là, à partir de cette enquête réalisée suivant le principe de significativité de l'échantillon, faire ressortir la relation entre cette partie pratique tirée du terrain et la partie théorique déjà élaborée au départ était notre objectif. Le tableau suivant peut renseigner d'avantage sur les différents résultats de l'enquête. La partie théorique est centrée surtout sur ce que peut être le développement territorial à partir des activités touristiques mises en priorité surtout pour la commune de Port-Salut. Ainsi, nous allons démontrer en quel sens ce type d'énoncé théorique peut s'appliquer au cas de la commune de Port-Salut.

Section 3 : Présentation des résultats de l'enquête

N.B : Certaines questions sont omises en raison premièrement de leur caractère ouvert ou semi-ouvert et deuxièmement dans le cas où elles étaient reprises dans le questionnaire comme indiqué ci-dessus. Ce tableau reflète les réponses des différents citoyens impliqués dans l'organisation des activités touristiques dans la commune de Port-Salut. Ces réponses obtenues lors des différentes administrations du questionnaire préparé à cet effet ont été ensuite confrontées aux réponses données lors des entrevues par les différentes personnes-ressources choisies en conséquence en vue de garantir leur validité. Les personnes-ressources restent donc centrales dans la réalisation de l'enquête de terrain.

Etant donné que le but principal de cette enquête était de découvrir le niveau de participation et le degré d'implication des différents acteurs locaux dans les activités touristiques de la zone, des questions à choix multiples ont été utilisées, ce qui nous aidait à identifier explicitement les éléments correspondant à notre objectif d'enquête et de pouvoir classer les réponses les unes par rapport aux autres suivant leur degré d'importance. En plus, des questions ouvertes et

115

semi-ouvertes ont été utilisées afin de pouvoir expliciter ou justifier les réponses données précédemment dans les questions fermées205.

Questions/Réponses

Fréquence

Pourcentage

oui

non

oui

non

1-) Etes-vous d'accord au fait que Port-salut est surnommé ville de l'artisanat ?

7

1

87.5

12.5

2-) Quelle est d'après vous l'activité économique actuellement dominante de la commune ? Tourisme ?

8

0

100

0

3-) Est-ce qu'il a toujours été ainsi ?

1

7

12.5

87.5

4-) Port-salut a connu une augmentation des recettes fiscales, cela résulte de quoi ?

 
 
 
 

a-) venue des investisseurs

7

1

87.5

12.5

b-) augmentation d'activités agricoles

0

8

0

100

c-) structuration du système fiscal

0

8

0

100

5-) Qu'est-ce qui aide à faire de Port-salut, une ville touristique particulière par ordre d'importance

 
 
 
 

a-) son artisanat (3e place)

8

0

100

0

b-) ses plages (1ere place)

8

0

100

0

c-) investissements touristiques nouveaux

5

3

62.5

37.5

d-) accueil chaleureux (2e place)

6

2

75

25

e-) aspect sécuritaire

 
 
 
 

6-) Quel secteur tire beaucoup plus de profit des activités touristiques ? Et pourquoi ? Hôtel ?

8

0

100

0

7-) La majorité des gens qui travaillent dans le secteur touristique viennent de « Port- Salut ? »

8

0

100

0

8-) Les projets touristiques de la zone sont réalisés par

 
 
 
 

a-) Population locale avec la mairie

6

2

75

25

b-) agence de développement locale

0

8

0

100

c-) cadres du ministère

2

6

25

75

9-) Au moment d'exécution des plans, les gens embauchés pour les différents travaux viennent de...

 
 
 
 

a-) Port-Salut

8

0

100

0

b-) Des Cayes

2

6

25

75

c-) De Port-au-Prince

2

6

25

75

d-) Des régions avoisinantes

1

7

12.5

87.5

 

10-) Peut-on dire qu'au cours des fêtes patronales, les activités touristiques augmentent dans la commune ?

8

0

100

0

11-) Les catastrophes naturelles affectent-elles les activités touristiques de la zone ?

0

8

0

100

205 Demarteau, Michèle. 1990. L'enquête par questionnaire : une méthode de collecte de données. Collection APES.17p.

116

12-) L'activité touristique est-elle importante pour l'avancement de la commune ? Et pourquoi ?

7

1

87.5

12.5

14-) D'où viennent principalement les principaux produits qu'on offre dans les services de restauration des entreprises touristiques ?

 
 
 
 

a-) De Port-Salut

4

4

50

50

b-) Des communes avoisinantes

8

0

100

0

c-) De l'étranger

1

7

12.5

87.5

15-) Les différents investisseurs touristiques de la commune sont originaires de.

 
 
 
 

a-) Port-Salut

8

0

100

0

b-) Cayes

6

2

75

25

c-) Port-au-Prince

6

2

75

25

d-) Régions avoisinantes

5

3

62.5

37.5

16-) Penses-tu que la commune a connu du progrès de 2000 à nos jours à cause du développement touristique ?

7

1

87.5

12.5

17-) Les artisans de la zone sont

 
 
 
 

a-) bien encadrés

1

7

12.5

87.5

b-) non encadrés

7

1

87.5

12.5

Et vendent en fonction du type d'acteurs ?

8

0

100

0

24-) La planification des activités touristiques de la zone se fait-elle avec des membres de la population locale ?

3

5

37.5

62.5

26-) Au moment de la célébration du saint-patron de la zone (Saint-Dominique), les visiteurs sont...nombreux ?

8

0

100

0

28-) Le développement de la commune de Port-salut est-il possible à partir du tourisme ?

7

1

87.5

12.5

29-) Quels types de produits consomment les visiteurs le plus à Port-salut ? Expliquer. Produits locaux ?

8

0

100

0

30-) Est-ce qu'on peut dire que le tourisme a permis le développement de la commune de Port-salut ? Si oui, pourquoi ? a-)oui b-) Non c-) je ne sais pas

4

3

50

37.5

33-) Quel est l'hôtel le plus fréquenté de la zone ? Et pourquoi selon vous ? Auberge du rayon vert ? Cela varie d'une période à l'autre ?

7

1

87.5

12.5

34-) Y'a-t-il des jeunes formés en guide touristique, en hôtellerie, en marketing touristique, en langues étrangères ? Si oui, veuillez estimer chaque quantité. pas de réponse ?

6

1

75

12.5

36-) Existe-il des agences de développement local spécialisées au service touristique ?

0

8

0

100

37-) Comment réalise-t-on les promotions des activités et des entreprises touristiques ? via internet ?

8

0

100

0

38-) Les gens exerçant des activités touristiques de façon informelle bénéficient-t-ils du prêt des institutions financières privées ou publiques ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ?

8

0

100

0

39-) Les différents impacts négatifs que le secteur touristique peut occasionner le plus dans la commune de Port-Salut, d'après vous ont trait surtout à....

 
 
 
 

a-) augmentation du coût de la vie

6

2

75

25

b-) pollution des espaces publics

0

8

0

100

117

c-) prostitution des jeunes

4

4

50

50

42-)Est-ce qu'on peut dire qu'on a beaucoup innové en matière d'offres touristiques de 2000 à nos jours ? Si oui, comment ? Pas de réponse ?

2

0

25

0

43-) Les gens de la commune de Port-salut ont-ils accès à tous les services touristiques (hôtels, plages, bars) de la zone sans exclusion ?

5

3

62.5

37.5

44-) S'il faut choisir, un mot ou un groupe de mot pour expliquer la relation entre les habitants et les touristes venus de partout, ce serait

 
 
 
 

a-) amicale

8

0

100

0

b-) plutôt bien

0

8

0

100

c-) Frustration

0

8

0

100

d-) chaleureuse

0

8

0

100

e-) malheureuse

0

8

0

100

 

48-) En quoi, l'affaire de Johnny Jean violé par des soldats de la MINUSTAH a-t-elle affecté la perception à l'égard des visiteurs ? Pas vraiment d'affectation ?

8

0

100

0

118

Chapitre IV

Analyse par thématique des resultats issus de l'enquête

IV-1 : Historique des activités touristiques et des spécificités du territoire à l'étude

A partir de la période de l'inauguration du Bicentenaire de Port-au-Prince, les étrangers venaient de toute part, et Port-Salut en a bénéficié surtout à cause d'un îlot appelé « Île des amoureux » qui se trouvait au milieu de la mer à Pointe Sable malheureusement détruit entre 2007-2008 par de fortes vagues marines. C'était vraiment à l'époque l'attraction de la zone. A cette époque, des suédois ont construit un hôtel du nom de `Makaya' devenu possession par la suite de l'Etat haïtien, et destiné à devenir un hôtel d'application pour les gens formés dans l'école d'hôtellerie et de tourisme du Sud. Cet hôtel avait été fermé après la chute de Duvalier.

A partir de 1980, le tourisme a connu un certain essor dans la commune au moment où il y'a toujours eu de promenade en cheval par les touristes dans toute la ville. Les habitants prenaient soin de ces chevaux liés spécifiquement à l'activité touristique. Après 1986, une baisse de cette activité était constaté jusqu'au retour de l'ex-président Jean Bertrand Aristide, originaire de la commune. En 1994, les activités touristiques ont refait surface en tant que domaine économique particulier. En 2000, Port-Salut était l'une des premières villes touristiques toujours avec Aristide206. Cependant, il y'a eu un coup dur à partir de 2004 lié à l'exploitation sexuelle des jeunes de Port-Salut au moment où les visiteurs étaient venus avec un produit appelé « spanish fly » utilisé en général pour les animaux de manière à provoquer leur accouplement. Ce produit était mis en usage de manière à exciter les jeunes filles surtout une fois que c'est appliqué un peu sur le verre de celles qui consommaient avec eux, ce qui correspondait à du tourisme sexuel.

206 Information recueillie auprès du bureau régional du ministère tourisme et des industries créatives dans le Sud

119

IV-2 : L'attractivité principale, la plage Pointe-Sable

Sur les huit fois que les questionnaires ont été remplis, 100% des réponses placent la plage Pointe-Sable comme attraction première pour Port-salut. Après, 50% placent l'accueil chaleureux de la population en 2e position207. Etant une ville touristique particulière, Port-Salut a comme attraction principale sa plage et connaît surtout un climat sécuritaire favorable à l'avancement des activités touristiques qui se réalisent surtout de manière saisonnière. L'artisanat a été toujours mentionné aussi, cependant il n'occupe pas tout à fait la place prioritaire. Il faut dire que l'aspect sécuritaire de la zone est l'un des éléments qui poussent les investisseurs à s'y installer. En même temps, c'est ce qui permet aux touristes de se réjouir de leurs temps de loisirs surtout au plus grand attrait, l'endroit le plus fréquenté, Pointe-sable.

La spécificité touristique de Port-Salut demeure précisément sa plage qui est publique. Pour développer ce secteur, il faut passer par sa bonne gestion. Cette pratique permettra au secteur touristique de rentrer beaucoup d'argent selon les personnes en grande partie impliquées directement dans les activités touristiques particulièrement durant les périodes de pâques, du carnaval, de la fête des mères. Il n'existe pas pourtant de monuments historiques particuliers.

La majorité des autres activités économiques de la commune évolue de concert avec le tourisme surtout les activités de commerce, étant donné qu'actuellement le secteur agricole est en déclin. Cependant, tous les gens enquêtés ont fait choix d'une relation amicale, chaleureuse entre les visiteurs et la population locale jusqu'à dire que sans les touristes, il n'y'a pas de vie208.

En fin de compte, la majeure partie des gens qui viennent à Port- Salut s'intéressent à la plage en réalité puis à l'hospitalité des gens. Beaucoup d'hôtels ont été construits à proximité de cette plage. En ce sens, la plage demeure le capital territorial209 clé devant favoriser l'innovation économique au niveau de la zone. Cependant, cet atout pourra être beaucoup plus valorisé en

207 Voir la question 5 de la section 3 du chapitre précédent.

208 Voir les questions 5 et 44 de la section 3 du chapitre précédent.

209 Richesse d'un territoire

120

cas de fortes interactions entre les différents acteurs de la population locale par le biais de leurs initiatives touristiques qui garantiront sa protection.

La réputation de Port-Salut comme attraction touristique la plus prisée de la côte Sud s'est donc construite autour de cette belle plage de sable fin et brun et une mer paisible, basse jusqu'au loin de plus d'un kilomètre. Les visiteurs y prennent toujours plaisir en raison de la beauté du lieu, de la douceur du sable et de l'eau fraîche de la mer.

Le développement des activités et l'attrait touristiques de la zone (sa plage en particulier) attirent les investissements. Parmi ces activités, il y `a surtout les fêtes champêtres. Comme autre évènement à Port-Salut, c'est la gaguère des taureaux qui attire également les gens. Puis, il existe la cascade Touyac et la cascade Nan So. De plus, beaucoup de gens viennent surtout au moment de la fête du Saint-Patron de la zone. En outre, en période de fêtes des mères, de pâques, beaucoup de touristes visitent Port-Salut210. D'où la nécessité de se pencher sur le rôle de la culture port-salvienne au développement local, en tenant compte de l'impulsion donnée aux activités touristiques par certains évènements culturels importants ainsi que l'aspect hospitalier des habitants de la zone.

Cependant, il est constaté que la plupart du temps, l'entretien de ce joyau (la plage) n'est pas vraiment assuré. Il est clair que s'il est vrai que Port-Salut demeure l'un des endroits le plus propre du pays, au niveau de la gestion de la plage, il s'agit d'une toute autre chose en dépit du fait que les gens en voiture et à moto payent pour entrer sur la plage. Il se trouve ça et là sur la plage des tas de déchets en plastiques et en carton provenant surtout des mini-restaurants qui desservent en grande partie les différents visiteurs sur la plage, des cannettes de boissons, des touffes de mauvaises herbes aussi.

Malgré le constat d'une moto de ramassage d'ordures qui fait va et vient sur la plage, rien n'est fait en terme de nettoyage. Il semble que ce joyau-là est abandonné. Comme autre problème, c'est que cet endroit-là fait aussi l'objet non seulement de restauration, d'hôtellerie, de

210 Voir à la section 3 du chapitre précédent les questions 10 et 26

121

tourisme et de pêche, mais aussi des activités d'extraction de sable pour la construction et réalisation d'aménagements privés. De plus, il y'a des motos et des voitures qui circulent, malgré qu'un endroit spécifique servant à garer les motos et les voitures était constaté. En outre, il faut dire que la plage est aussi quelque peu fragilisée puisque le haut de la plage et les zones végétalisées subissent les coups de mer habituels.

IV-3 : L'artisanat à Port-Salut

L'activité artisanale qui doit répondre en quelque sorte au manque d'emplois est un secteur négligé puisque les artisans ne sont pas encadrés211. Ils sont le plus souvent des travailleurs indépendants localisés en majeure partie dans les zones rurales. En outre, généralement ce sont des gens qui vivent dans des conditions difficiles, ce qui ne suscite donc aucun intérêt chez des jeunes de continuer à suivre la trace de leurs parents.

De même, la plupart de ces artisans, par le fait qu'ils pratiquent ce métier juste pour répondre à des besoins souvent immédiats, sont victimes d'exploitation de la part de ceux qui parfois achètent leurs produits à des prix dérisoires pour aller les revendre à des prix exorbitants avec l'étranger. Ainsi, s'exerce parfois une certaine spéculation au niveau national et international sur les produits des artisans port-salviens. Le prix payé à l'artiste subit une véritable domination du marchand par des contrats qui lient ce dernier à ce concepteur-là. L'enquête réalisée nous a permis de révéler un tas de chose à propos de l'artisanat à Port-Salut.

Les artisans fonctionnent en tant qu'amateurs même si parfois il y'a des foires organisées en leur faveur. Cependant, il faut bien savoir que cette activité est plutôt saisonnière. C'est pourquoi, il n'y'a aucun marché d'artisanat alors que le ministère du tourisme dans l'élaboration de son résultat d'enquête pour la révision du Plan Directeur du Tourisme pour la région du Sud en 2007 a déclaré que Port-Salut est « ville de l'artisanat »212.Il importe donc de

211 Voir les questions 5 et 17 de la section 3 du chapitre précédent.

212 Ministère du Tourisme. Enquête pour la révision du Plan Directeur du Tourisme. Présentation de la commune de Port-Salut : Ville de l'Artisanat.

122

retenir que 7 sur 8 soit 87.5%213 des gens impliqués directement dans ce secteur et à qui le questionnaire a été passé , admettent que les artisans de Port-Salut sont comblés de talents. Ils pourront réaliser d'importantes choses s'ils étaient encadrés, à savoir des objets d'art en plastiques, en métal, en bois. De plus, certains réalisent du tissage, de la peinture, juste pour gagner leur vie.

Ils sont emmenés dans les foires parfois, car il n'y'a pas vraiment de moyen pour les aider, les encadrer au niveau du bureau régional. Concernant cet aspect, 87.5% des enquêtés ont mentionné que les artisans ne sont pas vraiment encadrés214 sauf l'un d'entre eux, qui parlait surtout d'encadrement en fonction des ventes qu'ils effectuent surtout suivant la catégorie d'acheteur. Il n'y'a pas une structure qui fixe des prix mais c'est plutôt fait de manière délibérée de la part des vendeurs de produits .Quelques-uns d'entre eux bénéficient des prêts auprès des frères Ste-Thérèse de Carpentier qui ont un bureau à Port-Salut. Malgré le manque d'encadrement dont ont fait l'objet ces derniers, les agents de la mairie leur réclament des frais pour étaler des produits surtout sur la plage.

L'artisanat s'exerce de manière informelle, avec manque de structure aussi. Parfois, le fabricant est en même temps le vendeur, ils ne sont pas formés davantage pour améliorer leur production. Il arrive parfois que les touristes ont peur d'eux puisque généralement mal vêtus et livrés à eux-mêmes pour se promouvoir215. En dépit de toute désignation comme ville de l'artisanat, Port-Salut n'était pas représenté dans la grande activité internationale du pays à savoir l'Artisanat en fête pendant deux années consécutives 2014 et 2015. De nos jours la production artisanale est en voie de disparition puisque les jeunes ne s'y intéressent guère, la majorité des artisans actuels sont âgés en moyenne de 50 ans216.

213 Voir la question 1 de la section 3 du chapitre précédent.

214 Voir la question 17 de la section 3 du chapitre précédent.

215 Information recueillie auprès du bureau régional, responsable du suivi et d'évaluation.

216 Information recueillies auprès du responsable de contrôle et de suivi du bureau régional du département

123

IV-4 : D'autres activités économiques à Port-Salut

87.5%217 des gens questionnés ont cru que le tourisme n'a pas toujours été l'activité principale de la zone .Autrefois l'agriculture jouait un rôle combien important en tant qu'activité économique surtout avec la production du vétiver. Cette dernière demeure l'unique atout aujourd'hui en ce qui a trait aux activités agricoles. Jusqu'à présent, la culture du Vétiver est dominante dans la zone. Elle permet des rentrées surtout quand les activités touristiques sont en baisse. Il y'a également du Tourisme-Vétiver. Certains acheteurs viennent parfois de l'étranger pour le vétiver de Port-salut. La région étant aride et frappée par la vague de sècheresse qui affecte depuis un certain temps le pays, les agriculteurs ne produisent presque plus à cause de la productivité réduite des terres. Celle-ci, comme c'est le cas pour la majeure partie du pays, dépend de la pluie, à cause d'absence de système d'irrigation installé.

Ainsi, au cours de l'année 2016, il est possible de dire que l'agriculture est en déclin dans la zone218 .En raison de cette baisse de production agricole, étant donné qu'il y'a de fortes demandes en matière de produits agricoles, les acteurs du secteur touristique s'approvisionnent davantage dans les communes avoisinantes en période de festivité219. Même en matière de fruits de mer, la commune n'est pas trop souvent en mesure de répondre à la demande. La pêche est peut-être une autre activité qui se développe de mieux en mieux à cause du tourisme, mais c'est en grande partie de façon non modernisée. Les responsables de bars-restos se tournent parfois vers d'autres marchés du département et même parfois vers Port-au-Prince pour se procurer des poissons220.

Concernant les boissons, il n'y'a pas vraiment de produits typiques à Port-Salut, sauf dans les hôtels, il y'a des jus découlés des fruits locaux. Encore, une grande quantité de ces fruits est fournie sur le marché national par le marché dominicain en raison de la baisse de la productivité agricole que le pays connaît. Les boissons alcoolisées (nanni, assorossi, lyann bande etc.) sont

217 Voir la question au tableau de présentation de resultats au chapitre précédent.

218 Synthèse faite des différentes opinions des gens enquêtes à partir des questions semi-ouvertes.

219 Voir la question 14 du tableau de présentation des resultats du chapitre précédent.

220 Synthèse réalisée à partir des questions ouvertes et semi-ouvertes.

124

surtout consommées par des touristes locaux. Tous les enquêtés ont déclaré que ce sont des produits locaux qui sont offerts habituellement aux touristes221. Les touristes cherchent souvent à découvrir quelque chose d'original et de sain dans ce qu'ils consomment comme aliments. A Port-Salut, les plats offerts aux touristes sont des mets locaux au goût des visiteurs préparés avec des produits du terroir.

IV-5 : Situation des entreprises touristiques

Tous les gens enquêtés avancent que les principaux bénéficiaires du tourisme sont le secteur hôtelier en premier lieu222, ce qui explique d'ailleurs que la majorité des investisseurs de la zone se dirigent particulièrement vers ce champ particulier de profit. Ils disent que Port-Salut est calme et sécuritaire et les gens viennent souvent se loger dans les hôtels de Port-Salut. Parfois les gens louent leurs maisons privées pour gagner de l'argent en certaines occasions. Après les hôtels, ce sont quelques rares bar-restos surtout sur la plage qui en profitent puisque la grande partie des restaurants plus ou moins standard respectant les conditions sanitaires se trouve encore une fois dans les hôtels. Le service de restauration sur la plage est au rabais. Pourtant en raison de la localisation, les visiteurs préfèrent venir sur la plage pour manger du poisson boucané, du lambi ou du homard, etc.

Il y'a environ 19 hôtels en opération et deux autres en construction dont l'hôtel le sommet de Port-Salut avec 80 chambres non encore inauguré. 87.5%223 des enquêtés pensent que l'hôtel de la zone le plus fréquenté, c'est l'Auberge du Rayon Vert. Cependant, il faut comprendre surtout que cela dépend des types de visiteurs car la majorité des étrangers vont à l'Auberge du Rayon Vert en raison de la grande capacité promotionnelle que disposait son propriétaire français décédé. Cet hôtel offre des plats pour différentes nationalités (française, italienne, américaine etc.). A Fortress inn, des missionnaires d'églises viennent souvent. Il y'a l'hôtel du village qui était une propriété de l'Etat loué actuellement au secteur privé. Il faut comprendre

221 Voir la question 29 du tableau de présentation de résultats.

222 Voir la question 6 du même tableau.

223 Voir la question 33 du tableau des résultats.

125

que le secteur privé occupe la majeure partie du secteur touristique. Les hôtels demeurent les entreprises touristiques dominantes à Port-Salut.

Les ressources locales pour réaliser les promotions ne sont pas surtout utilisées. D'ailleurs, il n'y'a pas de publicité pour la majorité de ces hôtels car les clients visés ne sont pas tout à fait de Port-Salut. L'internet est davantage utilisé pour réaliser des promotions. La part du secteur privé dans le secteur touristique est importante. La compétitivité a ainsi évolué : -Avant 2010 c'était le Boucanier Hôtel -De 2010-2013, Dan's creek occupait la première position et l'Auberge du Rayon Vert, la deuxième -De 2013 à nos jours c'est surtout l'Auberge du Rayon Vert224.

Les investisseurs en grande partie viennent d'autres endroits du pays. Certains ont occupé des postes de valeur dans l'administration publique haïtienne par exemple l'ancien premier ministre Cherestal, propriétaire du Bouknier hôtel-bar-resto. Différentes catégories de gens investissent à Port-salut, des étrangers, des gens originaires des autres départements du pays. De même, il y'a des investisseurs haïtiens qui viennent des autres endroits, dont le propriétaire de l'hôtel Dan's Creek qui est originaire du Nord. De son côté, la diaspora de Port-salut est très peu impliquée dans l'activité d'investissement de la zone. Selon l'enquête réalisée, tous croient qu'il y'a aussi des investisseurs originaires de Port-Salut, 75% pensent respectivement qu'ils viennent des Cayes et de Port-au-Prince et 62.5% avancent qu'ils sont également originaires des régions avoisinantes225.

En ce qui a trait au prêt, il n'y'a que très peu d'institutions de micro-crédit à Port-salut. Certaines existaient autrefois. Actuellement, il y'a les frères Ste-Thérèse qui accordent du crédit. Pour bénéficier des prêts, généralement il faut aller jusqu'aux Cayes dans les caisses populaires, Finca, Sogesol. La majorité des gens dans le secteur informel bénéficie du prêt appelé « ponya ».En majeure partie, les hôteliers bénéficient des prêts. Il n'y'a même pas une

224 Idem

225 Voir la question 15 du tableau de présentation des resultats au chapitre précédent.

126

institution bancaire dans la zone et que des bureaux de transferts ayant existé ont leurs portes fermées226.

IV-6 : Situation de l'emploi

Les emplois à Port-Salut se centrent précisément sur les activités touristiques, ce qui pose certains problèmes. Il est nécessaire, compte tenu du niveau de formation des gens, qu'il y'ait d'autres types d'entreprises comme des boulangeries, de la boucherie, l'ébénisterie-menuiserie de façon formellement organisée. Cela pourrait aider à compenser en quelque sorte la situation essentiellement saisonnière de l'emploi de certains gens de la commune qui ne vivent que du tourisme. Un jeune hôtelier déclare que le tourisme est vital mais il faut structurer le secteur afin de faire perdurer durant toute l'année les activités touristiques en vue de permettre aux entreprises de continuer à embaucher des jeunes227.

Des gens originaires de la zone sont employés parfois pour des postes peu qualifiés dans le secteur touristique. En effet, cela profite aux habitants de la commune de Port-Salut. L'emploi à Port-Salut demeure l'une des conditions essentielles pour réduire un peu l'écart écrasant en ce qui a trait à la capacité des gens de répondre à certains besoins nécessaires. Il est constaté au niveau de la commune des gens qui vivent surtout dans des conditions précaires et habitent près des hôtels dans des anciennes résidences souvent sans commodités, ce qui occasionne un certain exode vers les Cayes en vendant leur propriété puisque la commune vit à un rythme qui dépasse de loin leur capacité à subsister et à profiter de l'existence.

Les gens employés dans le secteur touristique sont de Port-Salut en majorité228. Cependant, ce sont des postes qui exigent peu de qualifications alors que d'autres gens viennent pour des services plus qualifiés et sophistiqués. Il n'y a pas assez de jeunes de Port-Salut qui ont reçu de formation spécialisée afin d'acquérir certaines compétences propres aux postes de haut-

226 Synthèse réalisée à partir des réponses données dans les questions ouvertes et semi-ouvertes.

227 Opinion tirée d'une question semi-ouverte lors de l'enquête

228 Voir les questions 7 et 9 du tableau de présentation des resultats

127

niveau. Certains se forment parfois de manière volontaire et personnelle. Les emplois dont sont surtout bénéficiaires les jeunes de Port-Salut sont généralement peu rémunérés alors que les postes de valeur sont détenus par des cadres compétents venus d'ailleurs. En grande partie, il existe des gens ayant le niveau d'études primaires et secondaires qui travaillent dans le secteur et peu d'universitaires229.

Sur la plage, des jeunes qui n'ont pas eu l'opportunité d'aller étudier après leurs études secondaires trouvent du boulot dans les bars-resto comme agent de marketing et courent après chaque visiteur pour lui offrir quelque chose de spécial dans un esprit de compétition.

D'après l'enquête menée, s'il est vrai que la commune est réputée ville touristique, peu de jeunes qui travaillent détiennent une spécialité en tourisme. La plupart des jeunes qui travaillent n'ont reçu que des courts séminaires. Ils bénéficient donc d'emplois peu rémunérés. Il y'a une école de formation en hôtellerie et tourisme fondée le 6 mai 2013 au moment de constater l'urgence qu'il y'a des gens formés dans le secteur. Cette école était construite par le ministère à Faugasse dans le département du sud en vue de répondre au manque de services de qualité et de réduire les faiblesses en terme d'offre.

Jusqu'à présent, parmi les jeunes formés par l'école hôtelière du Sud, peu sont sollicités pour des services touristiques à Port-salut230. Cependant, les propriétaires utilisent et exploitent ces jeunes formés en leur offrant des stages périodiques au moment de fortes activités touristiques attirant des visiteurs potentiels augmentent.

Il était constaté que le marché touristique de Port-Salut est un peu fermé aux gens formés ainsi que nous le confie le responsable de l'institut de formation :

« Ce qu'il faut surtout comprendre c'est que les étudiants formés ici ont du mal à être employés, même ceux qui étaient en stage. Il y'a surtout une peur des gens formés dans la

229 Information fournie par un cadre du bureau régional, originaire de Port-Salut.

230 Information recueillie auprès d'un responsable de l'école d'hôtellerie au bureau régional.

128

zone, il y'a hésitation à les embaucher puisqu'il est insinué que cela conduira à la perte d'emplois pour certains employés non formés et à bon marché dans le circuit. Or, ici, les cadres formés visent principalement à encadrer les agents hôteliers de partout dans le pays. Le facteur qui explique surtout cette situation, c'est que pour eux les professionnels, et ce qui est normal, ne peuvent pas être embauchés à bas prix, d'où une préférence pour des gens non formés pour profiter des prix inférieurs. Pourtant en cas de grand évènement et de grandes activités touristiques, ils sont appelés pour les stages dans les différents hôtels de la zone. La majeure partie des gens formés ici travaillent à Port-au-Prince, même des jeunes originaires de Port-Salut ont du mal à intégrer le marché d'emploi touristique de Port-salut »231.

En ce qui a trait à l'enquête, 75%232 des gens disent oui qu'il y `a des gens formés même s'ils se réfèrent à quelques séminaires suivis. A IFORTH, des spécialistes professionnels en bar-restaurant, hébergement, à la cuisine sont formés. Pourtant il n'y a pas de formation en langue étrangère. Cette école a déjà préparé une promotion de 70 étudiants formés en 18 mois. Cependant, une lutte est en train d'être menée de manière à réduire la durée de l'étude à 1 an surtout233.

IV-7 : Fiscalité à Port-Salut

Port-Salut demeure une destination touristique particulière. Voyons un peu comment ont évolué les rentrées fiscales du territoire de 1996-1997 à 2012-2013.Le bureau de perception fiscale de Port-Salut a reçu pour l'année fiscale de 1996-1997,81105.10234gourdes au moment où le taux de change était d'un dollar pour 16.16235 gourdes, ce qui équivalait alors à 5014.22 dollars avec 0.14 $ par habitant à l'époque or Arniquet faisait partie de cette commune comme section communale. En 2012-2013, il était constaté d'après la recherche menée par le Group

231 Information recueillie auprès du responsable de l'institut de formation en hôtellerie

232 Voir la question 34 du tableau de présentation des resultats de l'enquête au chapitre précédent.

233 Informations recueillies auprès du responsable de l'institut de formation en tourisme et hôtellerie du Sud (IFORTH)

234 IHSI.IRPCH, 1998

235 BRH. Taux de change 96-97

129

Croissance236, une recette fiscale de 7733.66 dollars soit par rapport au taux de change de BRH pour 2012-2013 d'un dollar pour 43.13 gourdes, un montant de 333546.31 gourdes, ce qui donne alors selon les calculs 0.42 dollar de recettes per capita alors qu'Arniquet ne fait plus partie de cette commune comme section communale. Il s'agit donc d'une certaine augmentation enregistrée au niveau des rentrées fiscales.

Comme la plupart des autres communes du pays, les habitants ne paient presque pas d'impôts directs237. Avec la vague de construction des hôtels dans la zone et la montée du prix des terrains, l'enregistrement des papiers au centre d'impôts de Port-Salut a permis à ce dernier de bénéficier d'une certaine augmentation de recettes238. Les enquêtés ne peuvent nullement expliquer, en dépit du fait que 87.5% d'entre eux croient que l'augmentation est due à la venue des investisseurs touristiques dans la zone, en quoi cela profite à la région. La structuration fait défaut au système de collecte d'impôts et de la réalisation des investissements. Il faut au moins 20000$239US pour acheter un terrain, c'est plus cher que la ville des Cayes, à présent.

De plus en plus de gens manifestent l'envie de vivre à Port-Salut. Comme effet positif de la hausse de prix des propriétés, c'est qu'elle permet à la DGI de rentrer un peu plus d'argent comme impôts surtout d'origine foncière. Cependant, cela entraine en même temps la migration des port-salviens vers les Cayes et les communes avoisinantes.

Il faut dire qu'il y'a un problème de délimitation géographique, lié au fait qu'autrefois Arniquet était une section de la commune de Port-Salut. Un certain problème lié à la façon dont les recettes fiscales de la zone sont perçues se pose à présent. La plage faisait partie de la 3e section communale et appartenait à Arniquet malgré la grande distance qui sépare cette commune de la plage pointe sable. Actuellement, il n'y a pas de CASECS dans cette région, et des efforts

236 Group Croissance.2013. Classement des communes d'Haïti par performance fiscale tirée des données du Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales et de l'Institut Haïtien de Statistiques et d'Informatique.

237 Information recueillie auprès du responsable de la DGI.

238 Idem

239 Donnée recueilli au niveau de la Mairie de Port-Salut à titre d'exemple.

sont engagés de manière à faire entrer la zone où se trouve actuellement la plage dans la ville de Port-Salut240.

À cause du problème de structuration du bureau de collecte d'impôts de la zone, il faut aller jusqu'aux Cayes pour recevoir des patentes et certains hôtels sont enregistrés même en dehors du département, c'est le cas de Dans'Creek qui est sous la commune de Delmas en matières fiscales. Ainsi, les recettes fiscales qui doivent bénéficier à la commune ne sont pas rentrées dans sa caisse, ces impôts sont payés aux Cayes pour la majorité des hôtels. Le bénéfice tiré est plutôt lié à la question foncière et 80%241 des taxes payées par les hôtels vont dans la DGI des Cayes en majeure partie. Cette situation entrave la détermination du chiffre d'affaires des entreprises ainsi que de leur valeur ajoutée puisque les impôts sont payés en dehors de la commune où la plupart des hôtels sont enregistrés.

130

240 Information recueillie auprès du responsable de suivi et d'évaluation du bureau régional du MTIC

241 Données recueillies auprès du bureau régional du tourisme du SUD le 24/2/2016

131

Chapitre V

Conclusions et Recommandations

La contribution des activités touristiques au développement de Port-Salut constituait notre préoccupation centrale compte tenu du type de planification appliqué au secteur touristique haïtien. D'abord, un intérêt particulier a été porté sur le dynamisme du secteur au niveau mondial, ce qui a amené les agences internationales de développement telles que le PNUD, le FMI, la Banque Mondiale, etc. à promouvoir le tourisme en tant que vecteur de croissance surtout dans les pays en développement. Etant un secteur transversal, le tourisme exerce un effet d'entrainement sur d'autres types d'activités d'un territoire pouvant impulser son développement par le biais d'une participation active de sa population.

L'objectif central consistait à analyser et à comprendre cette participation volontariste comme étant l'élément de base de toute planification territoriale stratégique fondée sur des collectifs d'acteurs porteurs d'une demande sociale réelle. Le problème qui est censé poser se rapporte aux défis dont font face les différents territoires du pays, en proie aux aléas naturels, aux manques d'infrastructure et à l'insécurité, accordant une importance au secteur touristique sans penser à un processus de planification de long terme. Un tel processus aidera à dépasser la simple rentabilité économico-financière pour aller vers la durabilité compte tenu de la vulnérabilité de la population locale et du déclin des autres secteurs économiques.

Cette quête de durabilité implique qu'il y'ait au centre de tout consensus de décision portant sur l'environnement, le culturel, le social et l'économique les acteurs territorialisés concertants, ressources idéelles autonomes et légitimes , propres à impulser le développement territorial appuyé par une politique ferme de l'Etat. Ce développement est transversal, décloisonné et mieux approprié au secteur transversal qu'est le tourisme qui génère d'importantes externalités. En vue d'une valorisation des ressources territoriales, les agences de développement s'avèrent nécessaires en vue de créer une synergie locale par le biais d'une

132

approche intersectorielle, systémique, et globalisée qui prend en compte les deux niveaux de l'offre culturelle.

Le développement territorial consiste en une modalité originale fondée sur des relations non exclusivement marchandes entre les hommes pour valoriser les richesses endogènes de type naturel, social et surtout culturel par le biais d'un contrôle local visant un développement économique équitable. En somme, le secteur touristique peut constituer la base d'une demande extérieure générant des revenus à un territoire en raison de l'augmentation continue des arrivées touristiques internationales. Pour cela, il faut une planification touristique qui tient compte des éléments suivants : la satisfaction des visiteurs, l'amélioration des succès économiques et commerciaux, la protection des ressources, puis, l'intégration des territoires et des communautés.

La recherche sur la Seine de Saint-Denis par Laure confirme l'hypothèse que le tourisme culturel axée sur l'identité locale et le patrimoine est stratégique au développement territorial en favorisant des retombées dont la hausse des recettes et des chiffres d'affaires, la création d'emplois, etc. Menozzi, montre qu'en Wallonie, l'existence d'agences ayant des plans stratégiques de développement local partagés par la population et appuyés par les élus locaux favorisait des emplois, puis encourageait du développement durable. Le cas de Durbuy stipule que, par le biais d'économie d'agglomération sur le territoire, l'activité touristique entraine d'autres secteurs et représentait une importante partie du budget communal. En raison de sa spécificité touristique, Durbuy est ancrée dans la perspective de développement territorial.

S'inspirant de ces recherches menées sur le développement territorial en rapport avec les activités touristiques et mettant l'accent sur l'importance des agences de développement local, deux hypothèses ont été formulées. Ces hypothèses visaient à confirmer qu'une bonne planification du développement touristique avec la population de Port-Salut peut contribuer au développement durable de ce dernier tout en le dotant d'un potentiel de développement propre centré sur ses principaux atouts compte tenu de la transversalité du secteur touristique. En vue

133

de vérifier les hypothèses, des revues scientifiques, des sites des opérateurs locaux et internationaux, des articles de presse, et des mémoires ont été consultés. De plus, une enquête de terrain a été menée.

Les statistiques de l'OMT confirment le rôle moteur de l'industrie touristique ayant représenté 9%242 du PIB mondial en 2015. Le taux de croissance des exportations des services des PMA grâce au tourisme est de 11%243 en moyenne par an depuis 1991. L'apport croissant dans les économies en développement est estimé à 34.5%244 des recettes mondiales. En 2014, les Amériques captaient 22%245 des recettes touristiques mondiales, d'où une dépendance des Etats insulaires à ce secteur en termes d'emplois et de rentrées de devises sur le continent. À titre d'exemple, 10.45%246 du PIB cubain lui vient du tourisme. Soulignons toutefois qu'il n'y a pas eu que des impacts positifs, voilà pourquoi, le choix d'un tourisme durable devient central dans les Objectifs du Développement Durable.

Au niveau de la Caraïbe, la majeure partie des territoires vit du tourisme comme secteur porteur de croissance et de développement, ce qui fait naître une intense concurrence. Ce secteur demeure le deuxième employeur après le secteur public et sa contribution au PIB était de 14.6%247 dans la région en 2014. Parmi les pays ayant accusé un taux record en matière d'arrivées, Cuba et Haïti ont eu respectivement des taux de 17.4% et de 11%248. Les touristes arrivent annuellement avec un taux moyen de 7%, ce qui a permis au marché touristique caraïbéen de se placer en deuxième position à l'échelle mondiale en 2015249. Certains pays de la région font face à des difficultés similaires telles que les aléas naturels, l'étroitesse du

242 OMT 2015, op.cit.

243 OMC 2015, op.cit.

244 OMT 2015, op.cit.

245 ibid

246 Global News Matter 2015, op.cit.

247 CTO 2015, op. cit.

248 CTO, state of the tourism industry report 2015, op.cit.

249 WTTC 2015,Impact Economic in Caribbean, op.cit

134

marché, le déclin du système agricole, etc. alors que des disparités existent entre leur niveau développement250.

Le tourisme haïtien a eu une époque phare située entre 1940 et 1950 en raison de son climat, l'hospitalité des gens, la culture populaire etc. Toutefois, le tourisme s'est développé au rythme de la situation politique du pays. Cette période glorieuse était due aux efforts du président Dumarsais Estimé, considéré comme un principal promoteur. Pourtant, faire du tourisme un vecteur du développement territorial n'a été initié qu'avec le président Jean-Claude Duvalier. Depuis 1983, une baisse a été constatée à cause du VIH/SIDA et de l'instabilité politique, malgré le PDT de 1996 et la création d'un ministère en 2002, jusqu'aux efforts déployés entre 2011 et 2015 par la ministre Stéphanie pour replacer Haïti sur la carte Touristique mondiale.

En termes de planification, le MTIC de 2011 à 2015 tenait compte de l'axe «Territoire » à côté de l'Image, de l'Economie, et de la Gouvernance du secteur ; puis dans la refondation économique du PSDH, le secteur touristique est identifié comme étant important. Concernant des impacts, le secteur touristique haïtien en 2014 contribuait à 9.5% au PIB, assurait 2.7% de l'emploi total, puis favorisait 33.2% des exportations totales, et représentait 4.2% de l'investissement total251.

A partir de tous ces constats en matière d'impacts économiques du secteur au niveau mondial, régional et national, voyons ce que l'enquête réalisée à l'aide de plusieurs techniques combinées nous a permis de comprendre du secteur touristique à Port-Salut.

Le tourisme demeure surtout le moteur de l'économie port-salvienne en entrainant dynamiquement d'autres secteurs d'activités dont la construction d'infrastructures, le commerce de détails avec la vente des produits artisanaux et alimentaires etc., et l'artisanat

250 Agence Française de Développement .op. cit.

251 WTTC. 2015, Haïti. Op.cit.

135

favorisant des emplois indépendants. En dépit du déclin du secteur agricole, il capte encore des bénéfices du tourisme surtout à cause de la culture de vétiver.

Le patrimoine naturel principalement convoitant de la zone est la Plage Pointe sable qui est profondément inscrite dans l'esprit des visiteurs. Elle demeure un atout très spécifique sur lequel s'appuient particulièrement d'autres activités touristiques. Il s'agit donc du plus grand lieu économique port-salvien et l'ancrage fort pour le développement territorial de la commune. De plus, tous les habitants y ont accès.

Les recettes perçues (7741.49 $ US)252 sont insignifiantes puisque la majorité des hôtels paient des impôts ailleurs, ce qui empêche à la commune de se servir de ses propres ressources financières pour amorcer son développement. De plus, les bénéfices tirés ne sont pas vraiment réinvestis dans d'autres types d'activités même à titre de financement alors que les produits offerts aux touristes proviennent majoritairement des autres régions .Il n'y'a même pas une boulangerie à Port-Salut.

De plus en plus de natifs quittent Port-Salut en raison de l'augmentation coût de la vie et de la quête d'avantages mirobolants en offrant leur lopin à des prix élevés en vue de s'accorder un mieux-être ailleurs du territoire. En outre, à cause des coûts élevés des services touristiques, peu de gens de la commune y ont accès. Il n'existe aucune concentration de « cerveaux à haut revenus »253, des éléments de ressources idéelles, sur le territoire afin de planifier le développement puisque les emplois disponibles sont peu rémunérés.

La participation de la population au processus de développement de leur territoire n'est pas intégrée dans les stratégies d'acteurs. La mise en valeur des ressources humaines de la zone fait défaut dans le processus de planification territoriale puisque tous les projets sont élaborés au niveau du MTIC. Même une agence de développement ne se trouve pas à Port-Salut.

252 Group Croissance. Classement des communes d'Haïti par performance fiscale 2012-2013. Op.cit. 253Terme utilisé par Dujardin déjà cité pour qualifier les potentiels intellectuels.

136

Recommandations

L'analyse de la relation entre le développement territorial et les activités touristiques de Port-Salut nous permet de comprendre les avantages économiques, sociaux et environnementaux que peuvent tirer cette communauté. Pour cela, nous avons élaboré des actions à entreprendre pour garantir la profitabilité du tourisme au territoire à l'étude.

1-) Elaborer un plan stratégique de développement touristique dans la commune de Port-Salut afin de pouvoir assurer une bonne planification territoriale et une bonne coordination avec d'autres secteurs de manière à rendre le secteur touristique profitable à la communauté locale tout en diminuant les effets négatifs.

2-) Mettre en place des ADL et un comité communal du développement du tourisme, afin de suppléer aux faiblesses administratives et institutionnelles. Ces structures s'assureront d'accueillir, d'informer, d'accompagner les personnes porteuses de projet, de susciter les initiatives locales en vue d'un redéploiement économique. Ce comité constituera un espace de rencontres, de formation et de consensus entre tous les acteurs et de coordination avec la direction régionale.

3-) Réaliser la sensibilisation et la formation des acteurs locaux en vue d'une participation active de la population au processus de planification, ce qui favorisera une approche volontariste pouvant aider à la valorisation et à l'intégration des savoirs locaux tenant compte de leur culture pour réduire ce phénomène d'exode en cours dans la commune.

4-) Créer un fonds communal du tourisme, dans le but de faire profiter les ressources de la commune telle que les recettes fiscales à son développement. A partir des critères spécifiques, un tel fonds devra être une manière de faciliter l'emprunt pour des investissements en infrastructures touristiques, de financer des évènements et des festivals touristiques, et d'aider financièrement les PME et les artisans.

5-) Encourager les entreprises touristiques à investir dans la formation de leurs employés, en vue de pouvoir offrir des produits et des services de qualité propres au territoire en mettant l'accent sur le patrimoine culturel.

6-)

137

Favoriser le développement des mentalités entrepreneuriales des jeunes et faciliter l'accès de la majorité des membres de la population aux services touristiques. En ce sens, il importe de se pencher sur l'encadrement des artisans de la zone. De plus, il importe de mettre l'accent sur la pratique de tourisme local.

7-) Cibler de nouveaux marchés pour prendre de l'expansion, par la mise en place de politique promotionnelle et de marketing en coordination avec les différents opérateurs visant à valoriser la destination de Port-Salut.

8-) Améliorer le transport et les autres infrastructures et équipements, par la définition d'une politique territoriale du secteur public en rapport au secteur privé et professionnel dans une perspective de développement économique territorial. L'accès et les déplacements intérieurs, la signalisation et l'information touristiques doivent être privilégiés par le gouvernement.

9-) Faire développer une culture de tourisme durable en ce qui a trait à l'utilisation de la plage « Pointe Sable » spécifiquement, puisque la gestion actuelle de cette ressource demeure problématique. De plus, il convient d'améliorer et d'augmenter la structure d'accueil et de restauration de la plage. Toutefois, d'autres attraits touristiques doivent être valorisés dont les deux cascades Touyac et Nan So.

138

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Annexes

Entrevue à l'aide du questionnaire avec le responsable de contrôle et de suivi du ministère du tourisme au département du Sud au bureau régional le 24/2/2016,originaire de Port-Salut où il vit à présent, licencié en Patrimoine et tourisme à l'Université d'Etat d'Haïti, Faculté IERAH.(réalisé le mercredi 24 février de 11h à 12h15)

En raison du problème de délimitation, lié au fait qu'autrefois Arniquet était une section de la commune de Port-Salut, ce qui pose problème à la façon dont on traite les ressources fiscales de la zone. La plage faisait partie de la 3e section communale, ce qui pose géographiquement un problème à partir de la lutte entamée par un ancien député originaire d'Arniquet. Il n'y a pas de casecs dans cette région et l'on tend à rentrer la zone où se trouve actuellement la plage dans la ville de Port-Salut. Et seulement dans cette question. Pour la commune en général, il y'a environ 19 hôtels et deux autres en construction.il y'a l'hôtel le sommet de Port-Salut avec 80 chambres non encore inauguré. En ce qui a trait aux hôtels, il y'a près de 10% à donner à l'Etat sur le prix de chaque chambre, à cause de la faiblesse du bureau de collecte d'impôts de la zone, il faut aller jusqu'aux Cayes pour recevoir de patentes et certains hôtels sont enregistrés même en dehors du département, c'est le cas de Dans 'Creek qui est sous la commune de Delmas en matière fiscale. Ainsi, les recettes fiscales qui devraient bénéficier à la commune ne sont pas entrées dans sa caisse, on paie ces impôts aux Cayes pour la majorité des Hôtels. Moins de 10% des recettes bénéficient à la commune de Port-Salut et ce 10% n'est pas parfois directement lié au secteur touristique, le bénéfice tiré est plutôt lié à la question foncière et 80% des taxes payées par les Hôtels vont dans la DGI des Cayes en majeure partie. Or l'hôtel Dan's Creek qui logeait surtout dans le temps la plupart des membres des gouvernements paie surtout des taxes dans la commune de Delmas où il est enregistré. Donc les patentes ne viennent pas de la commune, ce qui fait que le maire de Port-Salut touche moins d'argent que celui d'Arniquet et parfois les chiffres d'affaires des entreprises à cause du problème entravant le processus de collecte d'impôts, Arniquet bénéficie en grande partie des recettes qui devraient être attribuées à Port-Salut, c'est ainsi que sur le plan de la fiscalité, Arniquet devance Port-Salut en terme d'entrée.

Port-Salut est la 2e ville du département après les Cayes du point de vue d'activités pourtant sur le plan fiscal, c'est vraiment faible. Le tourisme ne bénéficie pas vraiment à Port-Salut à cause de la corruption sauf la plage qui devrait rentrer de l'argent, c'est une plage pour laquelle on a préparé un projet de près de 2000000 dollars US pour une structuration alors que les sénateurs et les députés à l'époque ont pris plaisir à soutirer de l'argent dans un but personnel. De plus, le ministre de l'époque Delatour ne s'intéressait pas vraiment au contrôle et suivi des travaux.

L'artisanat, cependant c'est de manière informelle, il y'a pas vraiment d'encadrement, il y manque aussi de structure à ce secteur. Parfois, le fabricant est en même l'acheteur, ils ne sont pas formés davantage pour améliorer leur production. Il arrive parfois que les touristes ont peur d'eux puisque généralement mal vêtus. Pourtant, ils sont vraiment talentueux. De nos jours, on peut également dire que l'artisanat est en train de disparaitre à cause que les jeunes ne s'y intéressent plus, les artisans actuels qui le pratiquent sont âgés au moins de 50 ans pour la majorité.

Autrefois, c'était l'agriculture et jusqu'à présent la culture du vétiver est dominante dans la zone. Cela permet des rentrées surtout quand les activités touristiques sont en baisse. Il y'a Tourisme-Vétiver-Artisanat comme principales activités par ordre décroissant. Certains acheteurs viennent parfois de l'Etranger pour le vétiver de Port-salut

A partir de la période où le bicentenaire de Port-au-Prince attirait les visiteurs, les étrangers venaient de toute part et Port-Salut en a bénéficié surtout à cause d'un ilot appelé « ile des amoureux » qui se trouvait au milieu de la mer malheureusement détruit entre 2007-2008 par des forte vagues marines, c'était vraiment à l'époque l'attraction de la zone à l'époque. Tout suite à cela, des suédois ont construit un hôtel du nom de `Makaya' pris en possession par l'Etat actuellement et destiné à devenir un hôtel d'application pour les gens formés dans l'école liée au tourisme. Cet hôtel a été surtout fermé après la chute de Duvalier. A partir de 1980,le tourisme a connu un certain essor dans la commune au moment où il y'a toujours eu de promenade en cheval par les touristes dans toute la ville et les habitants prenaient soin de ces chevaux liés spécifiquement à l'activité touristique pour visiter des lieux, et après 1986,il y'a eu baisse jusqu'au retour de Jean Bertrand Aristide originaire de la commune en 1994 pour permettre aux activités touristiques de refaire surface en tant que domaine économique particulier et en 2000,Port-Salut était l'une des premières villes touristiques toujours avec Aristide.

En réalité, la majeure partie des gens qui viennent à Port-Salut. C'est pour la plage en réalité puis après l'hospitalité des gens. Cependant, il y'a eu un coup dur à partir de 2004 lié à l'exploitation sexuelle des jeunes de Port-Salut au moment où les visiteurs emportaient avec eux un produit appelé « spanish fly » employés surtout pour les animaux de manière à provoquer leur accouplement, et l'on utilisait ce produit de manière à exciter les jeunes une fois que l'on applique un peu de ce produit sur le verre avec quoi ils consommaient, ce qui correspondait à du tourisme sexuel. Beaucoup de visiteurs ont laissé des fils à Port-Salut à cette époque puisqu'on exploitait les gens sexuellement et la majorité des filles étaient tombées enceintes, parfois, certains touristes étaient revenus rechercher leurs fils et parfois les abandonnaient. Actuellement, cette situation n'existe plus sauf quelques pratiques de prostitution clandestines mais la pratique du tourisme sexuel s'abaisse.

A cause du domaine touristique, des gens de communes avoisinantes viennent dans la commune pour gagner leur vie et parfois certains d'entre eux se trouvent en guenille et fument sans respect en présence des visiteurs et parfois font peur à certains étrangers qui n'ont pas eu l'habitude de voir des gens de cet état, ce qui leur donne l'impression de ne pas être en sécurité car dans une situation presque similaire avec Port-au-Prince. Comme autre chose, les investissements viennent après et selon moi, c'est le développement des activités touristiques qui attirent les investisseurs, puis il y `a surtout les fêtes champêtres. Même en période de fêtes et d'activités dans la ville des Cayes, la majorité des gens viennent à Port-salut se loger, il suffit d'abord que toutes les chambres de Port-Salut soient définitivement remplies bien avant de trouver des visiteurs qui se dirigent vers la ville des Cayes pour hébergement. Comme autre évènement à Port-Salut, c'est la gaguère des taureaux qui attirent les gens et c'est l'unique endroit du département, où il y'a cette gaguère. Puis il y'a cascade Touyac et Cascade nan So qui attirent aussi les gens

Surtout les hôtels qui sont bénéficiaires directement du tourisme puisqu'ils hébergent les gens. Parfois, on va manger jusqu'à Gelée, les restaurants qui bénéficient le plus sont ceux à l'intérieur des Hôtels. Il y'avait du tout compris autrefois mais c'est réduit à présent

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En majorité, les jeunes de Port-Salut travaillent, cependant par manque de qualification n'occupent pas les postes de décisions, surtout chef de cuisine, manager, ils bénéficient donc d'emplois peu rémunérés

Ensemble de projets, il s'agit du camouflage à l'égard de la population, on ne respecte pas vraiment l'aspiration de la population locale or on fait du camouflage avec la population puisque les décisions prises depuis le ministère à Port-au-Prince sont toujours appliquées sans prise en compte des recommandations locales. Même les gens qui travaillent au bureau régional du ministère ne participent pas à l'élaboration des projets touristiques, on ne fait que présenter les projets aux gens. L'UNOPS réalise des projets surtout bidons dans la zone, c'est un organisme des nations unies. La plupart des projets ne sont pas finalisés, il y'a souvent beaucoup de gaspillage et la population locale ne fait que jouer un rôle d'assistanat. Pas vraiment d'interaction, parfois on embauche les gens de la population pour des petits emplois peu rémunérés et pour les grands postes on néglige le dossier (CV) des jeunes originaires de la zone qui sont qualifiés pour différents projets au profit d'autres amis et proches du gouvernement.

Les produits locaux (poissons surtout) viennent de Port-Salut et aussi en grande partie des communes avoisinantes. Il faut dire que le coût de la vie est le plus cher à Port-salut que dans toutes les autres villes du département et des plats de poissons avoisinaient parfois près de 25$ US dans certains hôtels surtout à Dan's Creek à une certaine époque.

C'est parfois affecté parce qu'il y'a près de six ravines qui traversent la commune parfois celles-là en période de pluie apportent beaucoup d'ordures sur la plage. De même il faut dire qu'il y'a surtout un déboisement intensif à Port-Salut car la majorité des hôtels et resto-bars utilisent surtout du Charbon de bois. Cependant, les vagues marines demeurent la plus grande menace naturelle. Certains investisseurs viennent de Port-salut, la majorité vient d'autres endroits. Il y'a beaucoup de gens qui viennent surtout au moment de la fete du Saint-Patron de la zone, de même en période de fêtes des mères, pâques, il y'a beaucoup de gens dans la ville, on pratique en réalité du tourisme de masse. Possible mais sans la structuration, il n'y aurait aucun développement possible à Port-Salut. Les taxes de Port-salut doivent lui revenir de droit surtout. Le tourisme embauche beaucoup de gens, or cela réduit le niveau de chômage dans la zone même si c'est pour des emplois peu qualifiés. La part du secteur privé dans le secteur touristique est à près de 80%. 2010-2013, c'était Dan's creek et 2e lieu Auberge du Rayon Vert, puis de 2013 à nos jours c'est surtout l'Auberge du Rayon Vert, avant 2010, c'était le Boucanier Hôtel Pas vraiment, la majorité des jeunes ne restent pas à Port-Salut surtout ceux qui sont formés, cependant les gens formés ne sont pas nombreux qui travaillent dans le secteur. En majeure partie, les hôteliers bénéficient des prêts, le secteur informel bénéficie surtout des caisses populaires, de même il y `a Ponya. Les gens de la diaspora, ils agissent surtout en tant que visiteurs, ils n'investissent presque pas dans le secteur. Il y'a plutôt une tournure politique à cela, et il y'a eu des mouvements de manifestation qui avaient des impacts sur les activités touristiques de la zone l'affaire de Johnny Jean.

Classement hibiscus des hôtels de Port-Salut selon le ministère (il y'a près de 19 hôtels + ceux en constructions

Dan's Creek « 3 hibiscus ».Naz-inn, Auberge, Fortress Inn, Hôtel du village « 2 hibiscus »Hôtel Wadliyss «1 hibiscus». Suivant les critères suivants: Services-Espaces de chambres, escaliers, douches, position géographique

Samuel Estinvil

Tel : 37103601

E-mail :samestinvil@ yahoo.fr

Entrevue avec la chargée de projet de l'unité d'études et de programmation du ministère du tourisme et des industries créatives, Rebecca AUGUSTIN.8 Rue légitime, Port-au-Prince, Haïti. Tel : 38719098.Date :11/03/2016, 9h45-10h30.

Thèmes avancés de temps à autre au cours de l'entrevue : projets touristiques du département du Sud, précisément pour la commune de Port-Salut. Veuillez bien expliquer la réalisation, le suivi et l'évaluation des différents projets suivants :

-Projet de janvier 2008 visant à la construction du centre artisanal d'application à Port-Salut. -Projet de janvier 2008 en ce qui a trait à l'aménagement de la plage publique Pointe Sable

-Causes des similarités de ces deux projets en un certain point (aménagement d'aires de restauration et de dégustation, aménagement de sanitaires publics, aménagements de kiosques pour vente de produits d'Artisanat.

-Projet de restauration de la plage pointe Sable devant terminer en septembre 2015 -Projet d'aménagement et d'extension de la commune de Port-Salut

Premièrement, il faut dire que le projet du centre d'artisanat a été prévu sous l'ancien ministre du tourisme, Delatour qui travaillait là-dessus. Cependant, la ministre actuelle ne met pas trop d'accent sur la poursuite de ce projet. A vrai dire, le projet n'a pas eu lieu sinon je l'aurais su. Sous ce gouvernement on s'est orienté beaucoup plus vers gelée.

En ce qui a trait aux projets concernant la plage, cela résulte surtout de la compétence des dirigeants locaux d'assurer sa gestion. Cela ne révèle pas de la tâche du ministère. Cependant, il faut aussi admettre qu'après décaissement qui s'exerce par séquence surtout et mis au point du projet depuis le bureau d'unités de programmation, le ministère ne se charge pas vraiment de la question de suivi et de réalisation, on ne va pas sur les lieux pour inspecter si cela a été bien fait. Cependant, du ministère on reçoit des informations à partir du responsable et de la firme du projet sur l'avancement des travaux. Pas de suivi sur les lieux vraiment. Concernant la plage, on intervient en général en période de grandes festivités et après c'est presque abandonné, en ce temps il aurait fallu de la mairie de la zone de s'en occuper vraiment. Et généralement les gens qui devraient assurer la gestion de la plage ne sont pas payés. Nous aussi, nous jouons surtout le rôle de recherche de financement

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pour les projets surtout, la question de suivi et d'évaluation sur les lieux ne sont pas vraiment pris en compte puisque c'est surtout périodiquement qu'on intervient. La ministre actuelle ne s'intéresse pas vraiment à l'évaluation des projets passés, les similarités constatées pouvaient être dus à des erreurs de l'équipe de l'ancien ministre. En réalité, cela peut être aussi dû à la question d'urgence lorsqu'on écrit des projets, parfois, on appelle juste pour demander dans de laps de temps d'élaborer des projets et cela se fait habituellement sou pression. Ainsi, pourvu qu'on avance que l'argent est disponible, on monte des projets sans prendre en compte vraiment des besoins réels de la population. D'autant plus, le système d'Etat a un processus très lent empêchant d'arriver à un respect des délais envisagés.

Le projet avec UNOPS, qui devait terminer en septembre fait face au même problème mentionné avant, il y'a tellement de temps à prendre, de dynastie au niveau de l'Etat Haïtien, ça n'a pas pu être respecté. On ne laisse pas trop de temps au ministère au niveau de l'unité d'études et de programmation pour planifier puisque les projets sont surtout conçus sous l'impulsion des ONG qui s'empressent souvent à donner des délais à respecter parfois équivalant à un laps de temps. Le bailleur de son côté fait toujours pression.

Et pourquoi c'est UNOPS ?

En raison du fait qu'il n'y a pas vraiment d'ingénieur résidant dans ces localités faute de compétence locales, UNOPS s'étant chargé du processus de création d'emplois exécute le plus souvent les projets en relation généralement avec un sous-traitant par rapport au fait que les agents d'UNOPS ont déjà des bureaux partout. Parfois, les gens s'en plaignent de l'avancement des travaux avec l'UNOPS, cependant il faut également avancer que le processus d'acheminement des projets est très lent ainsi que les décaissements. Parfois, on ne donne pas à temps à UNOPS de l'argent afin de respecter certains délais.

Et les membres du bureau régional ?

On doute vraiment des compétences de ces derniers-là. C'est vrai qu'il y'a sur place un responsable de suivi et d'évaluation, cependant, il aurait fallu qu'il y'ait certaines documentations détenues au niveau du ministère concernant les projets afin de pouvoir procéder à ces travaux de suivi et d'évaluation pour lesquels il aurait fallu également certaines compétences.

Et la population locale dans tout ça ?

Il faut l'avouer. On ne travaille pas vraiment avec les gens de la population locale où sont destinés les projets mais c'est surtout la question politique qui prime. De même, il aurait fallu d'avoir sur place d'ingénieur de projets pour cela. Parfois, les projets sont conçus comme je te l'ai dit sous pression et dans de brève durée et sans prise en compte de la réalité de la zone. Parfois, on m'appelle pour élaborer des projets dans un espace de temps court, et c'est souvent en imaginant que je trouve ce que je dois écrire pour répondre à la demande formulée sans prise en compte de la population locale. Par exemple aux Cayes, j'ai monté un projet, sur le coup, de construction de marché d'artisanat or les gens de la communauté ont eu surtout besoin d'un abattoir à l'époque, ce qui a entrainé l'usage de ce marché a d'autres fins dont l'utilisation comme abattoir. Il y'a surtout un problème d'implication des membres de la population locale lorsque l'on réalise les projets. Le pire dans tout ça, en tant que chargée de projet du ministère, sans vous cacher, certains projets sont parfois montés sans moi juste pour question politique.

Entrevue Réalisée le lundi 22 février de10h à 10h30 avec le responsable de la DGI de Port-Salut

Question : Peut-on dire qu'à cause du tourisme qui se développe les recettes fiscales augmentent dans la zone ?

Il y'a du progrès touristique depuis l'arrivée du président Aristide, la plage attire les étrangers. Les terrains à Port-Salut deviennent beaucoup plus chers, c'est en dollars américains jusqu'à Roche-à bateaux, les gens manifestent l'envie de vivre à Port-Salut, ce qui permet à cause de la cherté des terrains à la DGI d'entrer un peu plus d'argent comme impôts mais c'est plutôt d'origine foncière. Un étranger a acheté un petit terrain là où se trouvait une maisonnette et en raison de sa proximité avec son hôtel il l'a acheté à 200000$US.On peut dire que les port-salviens quittent Port-Salut pour habiter ailleurs en vendant à des prix exorbitants des terrains, ce qui les procure de l'argent et sans problème laissent leur milieu.

Entrevue avec un cadre du bureau régional du tourisme du département du SUD, formé à l'étranger (réalisé le mardi 23 février de 10h30-11h15)

Questions

*est-ce que le ministère prend Port-Salut comme priorité dans le SUD ? *La gestion de plage, comment se réalise-t-elle ?

*Les hôtels paient-t-ils des taxes ?

*Origine des entrepreneurs

##ville de l'artisanat dans une certaine mesure puisqu'il y'a des gens qui font du tissage, peinture, pitres, c'est pratiqué par bon nombre de gens de la zone, mais c'est juste pour « chèche lavi ». Parfois, on les amène dans les foires, pas vraiment de moyen pour les aider.

## Les gens qui travaillent et ayant reçu de la formation touristique sont minimes là-bas, autrefois il n'y avait pas de formation et de promotion développées maintenant par Stéphanie Villedrouin.

## En Haïti, on pense que le tourisme est l'Hôtel, on ne maitrise pas encore l'activité touristique, il y'a manque de connaissance, c'est pourquoi l'on s'adonne de plus en plus dans la construction d'Hôtel. Il n'y'a pas vraiment de planification touristique vraiment à Port-Salut. C'est parce qu'on peut réaliser beaucoup plus de profits dans l'hébergement. On ne met pas vraiment l'accent sur les gens formés pour monter les projets, pas de consultants.

##oui, les emplois formels et informels dans le secteur touristique, ça dépend du nombre de touristes.

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##A Port-salut, le ministère n'a pas vraiment planifié avec les gens de Port-Salut, il n'y a pas vraiment eu de projet pour la zone sous ce gouvernement, Cependant, avec le RIAT pour le Sud dans les jours à venir, il y'en a certains projets.

##C'est une région prioritaire certes, à côté de Camp-Perrin, l'on gérait surtout sous le gouvernement de Martelly des questions plutôt urgentes, en dépit de tout, on a n'a pas vraiment eu de projets pour Port-Salut pendant ces quatre ans. Le député de la zone est plutôt un con puisqu'il ne cherchait pas de projets à travers le ministère pour la commune

##Pour la plage, il y'a trop de conflits liés à sa gestion, il y'a un staff plutôt informel qui le gère surtout, le bureau régional ne se penche pas vraiment vers la plage.

#Les entrepreneurs et employés sont de différents horizons

IFORTH (institut de formation en tourisme et hôtellerie), une structure du ministère du tourisme à Faugasse, l'école qui donne formation en hôtellerie et guide touristique dans le département du Sud

Entrevue avec le responsable du centre de formation en hôtellerie et guide touristique dans le département (réalisé le mardi 23 février de 9h30 à 10h)

Questions

Est-ce que les gens formés ici vont travailler à Port-Salut ? S'il y'en a, combien ils sont ?

Planifie -t-on le tourisme pour Port-Salut au bureau régional ? Y'a-t-il collaboration entre les planificateurs touristiques et la population locale de Port-Salut ?

## A vrai dire, des hôteliers ont été en stage à Port-Salut dans certains établissements. L'école a pris naissance le 6 mai 2013.On forme des gens pour tout le pays en réalité. Personne n'est obligé quoique formé dans le Sud de rester dans le Sud. Il faut dire que c'est suite au carnaval national des Cayes qu'on a pu constater l'urgence qu'il y'a des gens formés dans le secteur, c'est ce qui a contribué à instaurer l'école hôtelière suite à la forte demande enregistrée en période de Carnaval organisée dans la ville des Cayes et il n'y'avait pas assez d'établissements touristiques dans la zone. On procédait juste à l'époque au moment de la préparation de la festivité à certains séminaires de Formation aux Cayes.

##L'objectif consiste surtout à corriger les faiblesses et augmenter le nombre de gens formés. Cependant, il nous manque jusqu'à présent certains matériels pour assurer la totalité des formations liées à différentes spécialités qu'on a projeté de mettre en oeuvre

##Ce qu'il faut surtout comprendre c'est que les étudiants formés ici ont du mal à être employés même ceux qui étaient en stage. On a surtout peur des gens formés dans la zone, on hésite à les embaucher puisqu'on insinuait que cela conduira à la perte d'emplois pour certains non formés dans le circuit. Or, ici, les cadres formés visent principalement à encadrer les agents hôteliers de partout dans le pays, Le facteur qui explique surtout cette situation c'est que pour eux les professionnels et qui est normal ne peuvent pas être embauchés à bas prix, on préfère les gens non formés pour profiter de cela. Pourtant en cas de grand évènement et de grandes activités touristiques, on les appelle pour les stages dans différents hôtels de la zone. En plus le secteur souffre du manque de marketing de la part des propriétaires. De plus, il y'a cherté des chambres. La majeure partie des gens formés ici travaillent à Port-au-Prince, même des jeunes originaires de Port-Salut ont du mal à intégrer le marché d'emploi touristique de Port-salut. On préfère surtout les « toutiste ».Or ici on forme des spécialistes professionnels en Bar-restaurant, Hébergement, la cuisine, pas de formation en langue étrangère.

##Ce qui fait la spécificité à Port-salut, c'est en majeure partie sa plage, c'est la potentialité, de même l'aspect sécuritaire de la zone mais le niveau de vie est élevé à Port-salut, il y'a cherté du coût de la vie en réalité.

##Cette école a déjà vu partir une promotion de 70 étudiants formés en 18 mois, cependant on lutte de manière à réduire le nombre de temps à 1 an surtout.

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