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Mobilité résidentielle et processus d'étalement de la ville de Niamey (Niger).

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par Abdoulaye ADAMOU
Abdou Moumouni Dioffo - Doctorat de Géographie 2012
  

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1.2.4. Collecte des données

Il s'agit d'une approche qualitative et quantitative basée à la fois sur l'usage de statistiques préexistantes, des enquêtes par questionnaire et des entretiens.

1.2.4.1. Les entretiens

Les entretiens ont été adressés aux chefs de quartier, aux démarcheurs de logements, aux courtiers ainsi qu'aux responsables de différents services en charge de la gestion urbaine. Ils ont pour objet de recueillir des informations qualitatives concernant le sujet de recherche.

1.2.4.2. Les statistiques existantes

Ce sont des statistiques produites dans le cadre d'études ou enquêtes antérieures. Celles utilisées dans cette étude proviennent des Recensements Généraux de la Population du Niger (RGP) de 1977, 1988, du Recensement Général de la Population et de l'Habitat du Niger (RGP/H) 2001, des enquêtes démographiques de santé de (EDS) 1998 et 2006 et des résultats des enquêtes menées par K. H. Motcho (1991) à Niamey dans le cadre de sa thèse de géographie intitulée : « cadre de vie et système de santé à Niamey ». Ces données sont soit réactualisées pour faire ressortir l'évolution de la situation socio-démographique de Niamey, soit utilisées pour calculer des indicateurs propices à une analyse pertinente.

1.2.4.3. Les enquêtes

Ces enquêtes qui ont été administrées auprès des chefs de ménage nécessitent un bon échantillonnage. Or, l'absence de base de données fiable par quartier et par commune rend difficile cette opération. En effet, la base de données du Répertoire National des Communes du Niger (RENACOM, 2006) comporte un certain nombre d'imperfections liées soit à la localisation, soit à la définition ou à la délimitation des quartiers. C'est ainsi que Lacouroussou, qui est un quartier de la commune III selon la liste des quartiers établie par le Haut Commissariat à la Décentralisation, se retrouve dans la commune de Niamey II, d'après le RENACOM. Selon le même répertoire, la commune de Niamey III compte 27 521 ménages répartis dans 16 quartiers, 4 villages traditionnels et 2 villages administratifs alors que la monographie (2004) de ladite commune a dénombré 17 quartiers dont un village administratif (kongou Gorou) avec un total de 34 791 ménages. Le surnombre de localités par commune constaté sur la liste dressée dans le RENACOM est certainement lié à la définition faite du quartier. Ainsi, la caserne militaire Hassane Garba est considérée comme un quartier à part entière dans le RENACOM ; ce qui n'est pas le cas dans la monographie de la commune III.

L'autre biais est que même les monographies des communes de Niamey, excepté celle de la commune V, ne précisent pas les limites des quartiers qui dans la réalité sont floues; elles se basent plutôt sur des références. Il faut dire qu'aucune de ces études ne donne les caractéristiques du ménage par quartiers ou par zone d'habitation.

Quant aux données des recensements généraux de la population et de l'habitat, elles sont collectées à partir des zones de dénombrement qui sont des groupements d'îlots comptant 200 ménages. Or, une Zone de dénombrement peut recouper plusieurs quartiers de types différents, sinon c'est un quartier qui regroupe plusieurs zones de dénombrement. Les listes électorales non plus ne sont pas la panacée du fait qu'elles peuvent être triturées ou gonflées comme l'a souligné le chef de quartier Banizombou. Dans tous les cas, nous sommes en présence de sources qui suscitent une certaine prudence car elles ne permettent pas de mettre au point un échantillon représentatif.

C'est au regard de toutes ces difficultés que j'ai adopté un sondage stratifié à deux degrés avec un échantillon donné égale à 600 ménages. Le choix de cet échantillon est purement raisonnable alors que le sondage est appliqué aux zones de dénombrement établies par l'INS au cours du RGP/H 2001.

Le biais majeur de cette option est lié au fait que ces zones de dénombrement datent de 2001 alors que nos enquêtes se sont déroulées en 2008 et 2009. Il est évident que durant les sept ans écoulés, des changements se sont produits aussi bien du point de vue démographique que du point de vue spatial.

- Champ de l'étude et population cible

L'étude a porté sur l'ensemble de la ville de Niamey, capitale du Niger. Elle a essayé de saisir les migrations internes et internationales ainsi que la mobilité intra-urbaines en enquêtant uniquement des ménages urbains. Ainsi, dans chacune des cinq communes de la ville, des questionnaires ont été administrés auprès de chefs de ménage choisis selon le plan de sondage retenu. Il faut reconnaître qu'enquêter le ménage à travers le seul chef de ménage comporte un biais important. En effet, le ménage est un construit social dans lequel la mobilité fait, le plus souvent, l'objet d'arbitrages et manifeste des positions d'autorités (hommes-femmes, aînés-cadets, etc.) qu'il importe d'étudier. Du coup, enquêter le seul chef de ménage me prive, par exemple, d'avoir les parcours migratoires des femmes qui sont leurs épouses ou de leurs enfants.

De plus, les hommes constituent selon les données du RGP/H 2001, 86% des chefs de ménage de la ville. Ce qui est davantage réducteur du fait que les enquêtes ne concerneront ainsi qu'une proportion infime de femmes (14%). Pourtant, en tant qu'épouses, dans la plupart des cas, il paraît tout aussi intéressant d'explorer leurs parcours migratoire afin de ne pas louper certaines dimensions de la mobilité résidentielle à Niamey. Il en est de même pour les plus jeunes et les adultes dépendants qui malgré leur âge avancé (jusqu'à 35 ans) restent encore chez leurs parents. Ce dernier cas prend de l'ampleur avec le retard de la première décohabitation imputable à la crise de l'emploi de la décennie 90 à nos jours.

Cependant, pour montrer les étapes de la mobilité intra-urbaine du ménage, il n'est pas nécessaire de retracer les parcours de chaque membre car, généralement, le ménage suit son chef. Il est d'ailleurs difficile de dissocier la trajectoire du ménage de celui de son chef. Donc le parcours migratoire du chef de ménage est assez déterminant pour expliquer la mobilité intra-urbaine et son impact sur l'étalement urbain à Niamey. La restriction de l'enquête au seul chef de ménage vise à répondre à un souci de simplicité dans la collecte des données sur le terrain. L'enquête s'est appliqué quand même à recueillir des informations sur les autres membres du ménage notamment l'épouse ou les épouses du chef de ménage enquêté.

Le questionnaire, visant à retracer la biographie résidentielle du Chef de Ménage, a une dimension rétrospective très développée qui le rend assez long et difficile à administrer. D'où l'obligation de limiter le nombre de personnes à enquêter. Du coup, il s'est posé un problème de représentativité de l'échantillon.

- Plan de sondage

Le plan de sondage justifie la taille de l'échantillon, précise la méthode de tirage de l'échantillon et décrit les strates mises en place avant l'application d'un sondage à deux degrés.

- Justification de la taille de l'échantillon

Il convient de rappeler que ce travail d'étude et de recherche vise à montrer le rôle des migrations dans la construction de l'espace urbain à Niamey. Selon les données du RGP/H 2001, Niamey compte 111 209 ménages. De ce fait, rien qu'en prenant un échantillon de 5%, on aura à enquêter au moins 5 560 ménages. Dans tous les cas nos moyens financiers ne nous autorisent pas à opter pour un échantillon représentatif ; c'est pourquoi il a paru raisonnable de limiter mes ambitions en choisissant de n'enquêter que 600 ménages dont la répartition s'est faite sur la base d'un sondage stratifié à deux degrés. Cet échantillon est reparti dans 13 quartiers sélectionnés selon un choix raisonnable. Dans chaque quartier, les ménages à enquêter sont identifiés dans deux Zones de dénombrements. L'idée est de concentrer l'échantillon dans un nombre limité de quartiers afin d'éviter des problèmes pratiques notamment les nombreux déplacements qu'engendrerait un échantillon trop dispersé.

Au sein de chaque strate, j'ai procédé à une typologie des quartiers ; l'échantillon est reparti dans trois quartiers choisis en fonction du type d'habitat. Il faut préciser que le choix de ces quartiers n'est motivé pas par une quelconque spécificité par rapport à la migration et à l'étalement urbain.

- Méthode de tirage de l'échantillon

La stratification consiste à repartir l'univers qui est ici la ville de Niamey en quatre sous-ensembles, appelés strates, avant le tirage. Dans cette opération, la distance au centre ville (la localisation) de la zone d'habitat est le seul critère retenu pour découper la ville. Ainsi les strates retenues sont : la zone d'habitat centrale, la zone d'habitat péricentrale, la zone intermédiaire, la zone d'habitat périphérique. Cette stratification s'appuie sur la théorie de W. Burgess qui distingue quatre strates concentriques au niveau d'une ville à savoir : le centre, le péricentre, la zone intermédiaire et la périphérie. Au-delà, c'est la zone rurale ou périurbaine. Même si Niamey est une ville en damier dont l'extension se fait en tâche d'huile, il n'en demeure pas moins que la succession des strates correspond parfaitement à celle établie par Burgess basée sur l'extension en anneaux concentrique.

Cependant l'adoption de cette théorie se heurte à l'influence du site physique et à l'évolution historique du tissu urbain de la ville. C'est ainsi que malgré la stratification, les quartiers de la rive droite sont tous considérés comme périphériques, c'est-à-dire relevant de la quatrième strate. En effet, « la contrainte principale à laquelle le site est assujetti est le fleuve Niger dont le franchissement est assuré par le pond Kennedy construit en 1970. [...] Il (le fleuve) contribue à l'éloignement des quartiers excentrés de la rive gauche tels que Nogaré, Lamordé pourtant situés à vol d'oiseau, seulement à 2 km du centre administratif. » (Motcho, 2000)

En définitive, les strates mises en place dans la présente étude sont des limites purement théoriques qui visent à répondre au besoin de l'analyse. Les 600 ménages à enquêter sont repartis sur la base d'une allocation uniforme de 150 ménages par strate. La sélection de ces ménages s'est déroulée de manière indépendante à l'intérieur de chaque strate.

Strate2 1

State 3

Strate4

Strate 1

Figure n°1.1 : Les strates de la ville de Niamey

- Description des strates

Les strates ont été principalement définies en fonction de la distance à vol d'oiseau par rapport au centre ville. L'hôtel de ville de Niamey est considéré comme le centre de la ville de Niamey. Par conséquent, la distance d'un quartier par rapport au centre ville est mesurée à partir de ce point.

La strate 1: Elle regroupe tous les quartiers localisés sur la rive gauche entre 0 et 1, 25 km de l'hôtel de ville de Niamey. Cet espace constitue la zone centrale où se trouvent les quartiers les plus anciens de la ville avec un grand nombre d'équipements. Ici, le tissu urbain est très dense. Mais, cette partie connaît depuis 15 ans une transformation liée aux mutations foncières, à la dégradation et à la densification de l'habitat. Le tableau suivant décrit l'ensemble des quartiers ou Zones d'habitat de la strate 1.

zone d'habitat

Type d'habitat

Statut du quartier

Commune

1

Kombo

banco

Informel

II

2

Zongo

Banco

Loti

II

3

Maourey,

banco

loti

V

4

Terminus

résidentiel

loti

III

5

Maison Economique

Résidentiel

Loti

 

6

Kalley-amirou

Banco

loti

III

7

Lacouroussou

Banco

Loti

III

8

Liberté

Banco

Loti

II

9

Banizoumbou

Banco

Loti

II

10

Plateau I

résidentiel

loti

I

11

Kalley sud

banco

loti

III

Tableau n°1.1 : Les quartiers de la strate 1

La strate 2 : Elle constitue la zone péricentrale regroupant les quartiers de la rive gauche situés entre 1, 25 et 2,5 km de l'hôtel de ville de Niamey. Les quartiers de la strate 2 sont (cf. tableau 1.2) :

zone d'habitat

Type d'habitat

Statut du quartier

Commune

1

Extension Issa Béri

Résidentiel

Loti

I

2

Zone ORTN,

Mixte

Loti

II

3

Yantala Haut

Résidentiel

Loti

I

4

Boukoki 1

Banco

loti

II

5

Boukoki 2

Banco

Loti

II

6

Boukoki 3

Banco

Loti

II

7

Boukoki 4

Mixte (dur/banco)

Loti

II

8

Madina,

Mixte(dur/banco)

Loti

III

9

Kalley-Nord Abidjan,

 

Loti

III

10

Balafon

Banco

Loti

III

11

Kalley-Est

Banco

Loti

III

12

Nouveau Marché,

Banco

Loti

III

13

Baie d'Along

Banco

loti

IV

Tableau n°1.2 : Les quartiers de la strate 2

La strate 3: La troisième strate ou Zone intermédiaire rassemble les quartiers de la rive gauche situés, de part d'autre du centre ville, entre 2,5 et 3,750 km. A partir de cette zone, le besoin de moyen de transport s'impose pour aller au centre ville.

zone d'habitat

Type d'habitat

Statut du quartier

Commune

1

Yantala Bas

Banco

Informel/loti

IV

2

Récasement Yantala

Dur

Loti

IV

3

Dar es-Salaam

Dur

Loti

IV

4

Kouara Mé

Dur

Loti

IV

 

Banifandou

Banco

informel

 

5

Couronne Nord

Mixte

loti

IV

6

Extension Route Filingué

 
 

IV

7

Route Filingué

Banco

Loti

III

8

Banifandou

Dur

Loti

III

9

Madina II

Dur

Loti

II

10

Poudrière

Banco/paillote

Informel

II

11

105 logements

Résidentiel

Loti

III

13

Wadata

 
 

III

14

Cité Fayçal

Dur/banco

Loti

II

15

Gamkallé

Dur/banco

Loti

II

Tableau n°1.3 : Les quartiers de la strate 3

La strate 4 : La quatrième strate est la zone périphérique constituant l'ensemble des lieux de l'agglomération situés au-delà de 3,750 km par rapport à l'hôtel de ville de Niamey ainsi que des quartiers de la rive droite. C'est dans cette zone que le problème de transport est énorme du fait de l'insuffisance des services de proximité. Le tissu urbain est ici peu dense et souvent même clairsemé et les quartiers sont parfois véritables dortoirs où le coût des services techniques (eau, assainissement, électricité) est plus élevé.

zone d'habitat

Type d'habitat

Statut du quartier

Commune

1

Losso Goungou

Banco ; dur

Loti/village

I

2

Goudel

Village urbain (banco)

Village urbain

I

3

Kouara Kano

Résidentiel

Résidentiel

I

4

Kouara Kano Nord

Résidentiel

Résidentiel

I

5

Koubia

Banco

Informel Spontané

I

6

Foulan Kouara

Dur

Loti

I

7

Route Tillabéry

Dur

loti

I

8

Ouest faisceau

Dur

Loti

I

9

Idé Gano

Dur

Loti

I

10

Ryad

Dur

loti

I

11

Kouara Tagui

Banco

Informel

2

12

Tchangarey

Dur

Loti

I

13

Cité chinoise

Résidentiel

Opération programmé

I

14

Cité BCEAO

Résidentiel

Opération programmé

I

15

Cité SONUCI

Résidentiel

Opération programmé

I

16

Francophonie

Résidentiel

Opération programmé

I

17

Bobiel;

Dur

loti

I

18

Lazaret

Lazaret ancien : en banco ;

Lazaret extension : en dur

loti

II

19

Nord Faisceau

Dur

loti

II

20

Dan Zama kouara

Dur

loti

II

21

Cité des députés

Mixte

loti

II

22

Banizoumbou II

Mixte

Loti

II

23

Banifandou

Mixte

loti

Banifandou1 :CNII ;

Banifandou2:CNIII

24

Cité Caisse

Résiedentiel

Opération programmé

II

25

Niamey 2000

Mixte

Loti

IV

26

Sary Koubou

 

Loti

IV

27

Extension Sary Koubou

Dur

Loti

IV

28

Kobontafa

Dur

Loti

IV

29

Aviation

Banco

Informel/loti

IV

30

Saga Fandou

Dur

Loti

IV

31

Saga Kourtey

Banco

informel

IV

32

Saga

Banco

Village urbain/lotissement

IV

34

Nogaré,

Banco

lotissement

V

35

Lamordé,

Banco/dur

Village urbain/loti

V

36

Zarmagandey,

Banco

informel

V

37

Karadjé

Mixte

Loti

V

38

Pond Kennedy

Banco

Loti

V

39

Gaweye

Village : Banco ; extension :dur

Village/lotissement

V

40

Banga Bana,

Banco/dur

Lotissement/informel

V

41

Kirkissoye

Mixte

Village/lotissement/informel

V

42

Nialga

Banco

informel

V

Tableau n°1.4 : Les quartiers de la strate 4

Une typologie de l'habitat par strate montre que le banco prédomine dans la première et la deuxième tandis que la troisième et la quatrième sont plutôt le domaine de l'habitat mixte (habitat de cours en dur et villa). En effet, hormis les villages urbains et les quartiers informels, ces strates regroupent des quartiers plus récents de la ville dont la quasi-totalité est construite en dur. Les constructions en parpaing recouvert de feuilles de ciment tendent à devenir une règle à présent.

Néanmoins, on remarque qu'aucune strate n'est homogène au point de vue de la typologie de l'habitat. En effet, on distingue trois types d'habitat à Niamey à savoir l'habitat résidentiel qui peut être programmé, l'habitat traditionnel (banco, dur ou mixte), l'habitat informel (banco ou paillote). Il s'avère donc intéressant de prendre en compte ce critère de l'habitat au niveau du choix des zones de dénombrement.

- Premier degré de sondage:

Le tirage des zones de dénombrement (ou ZD) par strate constitue le premier degré de sondage. Pour ce faire, trois quartiers sont sélectionnés en fonction de la typologie de l'habitat dans chaque strate. Dans chaque quartier, l'enquête se déroule sur deux ZD contiguës tirées au hasard (choix aléatoire). Ce qui donne au total six zones de dénombrement à enquêter par strate.

Ainsi, au niveau de chaque strate, les ZD sont-elles réparties comme suit:

- dans la strate1 ou zone d'habitat central, les Zones de Dénombrement sont choisies au niveau des quartiers Terminus, Liberté et Lacouroussou.

Terminus est un quartier central résidentiel tandis que Lacouroussou et Liberté sont des quartiers traditionnels lotis en banco ;

- dans la strate 2 appelée zone d'habitat péricentral, les Zones de dénombrement sont identifiées dans les quartiers Boukoki 1, cité Fayçal et Yantala Haut connu sous l'appellation de Plateau 2.

Boukoki 1 est un quartier traditionnel, loti, en banco. Cité Fayçal est un ensemble de logements sociaux constitué exclusivement de villas de moyen standing qui lui donnent le caractère d'un quartier résidentiel. Quant à Plateau 2, il est une zone mixte constituée d'habitat de cour en dur et d'un nombre important de villas de grand standing.

- sur la strate 3 ou zone d'habitat intermédiaire, les Zones de dénombrement sont choisies au niveau des quartiers Gamkallé, Couronne Nord et Dar es-Salaam.

Gamkallé est un village urbain construit en banco. Couronne Nord est un quartier mixte constitué d'habitat de cour en banco, d'habitat de cour en dur et de quelques villas tandis que Dar es-Salaam est un ensemble mixte d'habitat en dur, de villas parsemé de quelques habitats de cours en banco.

- dans la strate 4 ou zone d'habitat périphérique, Lazaret, Pays-Bas, Kouara Kano et Kirkissoye sont les quartiers enquêtés.

On distingue dans ce quartier un Lazaret ancien dans lequel prédomine le banco et son extension plus récente constituée presque exclusivement d'habitat en dur et des paillotes installées sur les parcelles non encore mises en valeur. Pays-Bas est un quartier informel en banco et Kirkissoye extension, un quartier mixte de la rive droite constitué de maison en dur et de banco; Kouara Kano est un quartier résidentiel. J'ai retenu une Zone de dénombrement pour Kirkissoye et pour Kouara Kano.

En résumé, l'enquête se déroulera au total dans 13 quartiers de la ville totalisant 24 ZD réparties ainsi qu'il suit :

Strate

Quartier

Nombre de ZD

Strate 1

Terminus

2

Liberté

2

Lacouroussou

2

Strate 2

Yantala Haut

2

Boukoki 1

2

Cité Fayçal

2

Strate 3

Gamkallé

2

Couronne Nord

2

Dar es-Salaam

2

Strate 4

Lazaret

2

Pays-Bas

2

Kouara Kano

1

Kirkissoye

1

Total

13 quartiers

24 ZD

Tableau n°1.5 : Les quartiers choisis par strate pour les enquêtes

Carte n°1.1: Identification des strates et des quartiers enquêtés

- Deuxième degré de sondage

Le deuxième degré de sondage porte sur le choix des ménages dans les ZD. L'enquête s'est déroulée sur un certain nombre d'îlots voisins nécessaires pour épuiser l'échantillon qui est 25 ménages par ZD (soit 50 ménages par quartier).

Le choix de l'échantillon de 25 ménages par ZD a été inspiré de la méthode d'échantillonnage des Enquêtes Démographiques de Santé (EDS), reconnue mondialement et qui prend au deuxième degré entre 20 et 25 ménages par ZD. D'après cette méthodologie, on peut recueillir suffisamment d'informations sur un ZD en enquêtant un minimum de 20 ménages.

Sur chaque îlot, l'enquête a été administrée de manière continue d'une maison à l'autre jusqu'à faire, si nécessaire, le tour complet pour avoir l'échantillon retenu. Sinon, on passe au prochain îlot. Sachant que dans une même maison on n'enquête pas plus de trois ménages afin de recueillir des informations sur un nombre assez important de maisons dans un même quartier. Les îlots et les parcelles sont identifiés selon les indications de la Cellule d'Adressage de la ville de Niamey qui a attribué des numéros aux rues et aux parcelles de la ville. Cette procédure de tirage à l'avantage d'éviter l'effet de grappe, c'est-à-dire la redondance des informations qui résulterait d'un échantillon trop concentré. Elle évite également d'avoir un échantillon trop disséminé qui ne serait pas pratique.

- Présentation du questionnaire

L'enquête a utilisé un questionnaire qui vise à décrire les caractéristiques sociodémographiques du ménage ainsi que les aspects de son logement, à recueillir la biographie migratoire et toutes les résidences d'une durée d'au moins six mois du chef de ménage avant son installation à Niamey et à relever la mobilité résidentielle intra-urbaine du ménage et la distribution de ses membres à l'intérieur de la ville. Le questionnaire comporte ainsi sept rubriques qui couvrent toutes les variables déterminantes dans l'analyse de la mobilité résidentielle et de l'étalement urbain. Les variables mises en exergue sont l'âge, le statut d'occupation, le statut matrimonial, profil migratoire et trajectoire résidentielle. Les rubriques sont :

I. Identification de l'îlot et de la parcelle

Il s'agit de numéroter les îlots choisis pour l'enquête, de porter le numéro d'adressage des parcelles à enquêter tout en faisant ressortir leur type de construction et leur degré d'équipement. Dans chaque maison, l'enquête relève aussi le nombre de logements et de ménages. En outre, le statut d'occupation du logement de tous les ménages de la parcelle sera précisé.

II. Identification du propriétaire s'il est absent

Les informations suivantes ont été recueillies : l'âge, le sexe, la profession et la situation migratoire actuelle du propriétaire de la maison.

III. Identification et équipement du logement

Cette rubrique a consisté à relever la nature de la construction, le nombre de pièces10(*) ainsi que la présence d'eau, d'électricité, de WC et de douches dans le logement du ménage enquêté.

IV. Structure du ménage

Il s'agit de connaître la composition du ménage et les caractéristiques sociodémographiques du chef de ménage et de ses épouses. Les informations recherchées sont : le nom, le statut matrimonial, l'ethnie, le lieu de naissance, l'âge, le sexe, la profession, la nationalité, la relation avec le chef de ménage, le niveau d'instruction des individus. De même, l'enquête a relevé le lieu de travail et le moyen de locomotion de chef de ménage et de ses épouses.

V. Biographie migratoire du chef de ménage

Sachant que la migration est un déplacement du lieu de résidence, les questions posées ici relèvent les lieux de vie successifs significatifs. Ce sont des lieux que l'enquêté a reconnu comme étape importante de résidence d'une durée de séjour d'au moins six mois depuis sa naissance. Le chef de ménage précise l'année, le motif, la durée de chaque migration. En outre, le statut matrimonial et d'occupation ainsi que l'activité de l'enquêté pendant chaque migration sont pris en considération.

VI. Cursus urbain du Chef de ménage à Niamey

A ce niveau l'enquête a relève l'âge au cours duquel le chef de ménage a quitté ses parents pour s'installer dans un logement indépendant ainsi que les raisons qui l'ont poussé à le faire. Un rétrospectif des lieux où il a successivement habité est fait tout en recherchant les causes de ses déménagements. La taille du ménage, la localisation et le type du logement, le statut d'occupation du chef de ménage, son lieu de travail, son statut matrimonial et son moyen de locomotion sont autant d'aspects permettant de caractériser chaque lieu de résidence du ménage dans la ville.

VI. La situation résidentielle actuelle du chef de ménage

Ici, l'enquêté s'est intéressé au statut d'occupation du logement du chef de ménage, aux conditions dans lesquelles il a accédé à ce logement ainsi qu'à ses projets résidentiels (notamment la rénovation, l'agrandissement du logement, une nouvelle construction, l'achat d'une parcelle, etc.) et ses pratiques résidentielles (multirésidence par exemple). Autant ces projets peuvent être fortement motivés par les pratiques spatiales de l'ensemble des membres du ménage à l'issue, bien sûr, d'un arbitrage qui prend en compte les préoccupations de chacun, autant ils peuvent provenir d'une logique d'accumulation foncière et immobilière. S'il est propriétaire de son logement actuel, l'enquêté doit préciser le document officiel dont il dispose.

VII. Pratique et perception de l'espace urbain

La localisation du ménage a une incidence sur sa pratique de la ville. Par exemple, un déménagement peut occasionner un éclatement du ménage dans la ville. Ainsi, alors que le ménage déménage, quelques enfants peuvent s'accrocher à l'ancien quartier qui est près de leur école ou de leurs activités en se faisant héberger par des parents ou anciens voisins. Ils ne se rendent chez leurs parents que le week-end et/ou en cas de besoin.

La perception de l'espace urbain dépend aussi bien du profil migratoire de l'enquêté que de sa pratique de la ville. Ce dernier point et le ouï-dire constituent des éléments importants de connaissance et de maîtrise de l'espace. Il convient de souligner que la perception de l'espace est très déterminante dans le comportement spatiale de l'enquêté. Aussi, joue-t-elle beaucoup dans sa prise de décision de rester dans le même quartier ou de le quitter. Les questions posées, à cet effet, ont pour objet de comprendre l'appréciation que le sujet se fait de son lieu d'habitation, de sa commune voire de la ville. La perception de la ville varie en fonction du statut d'occupation et de la localisation du logement.

La structure du questionnaire montre que les enquêtes réalisées sont plutôt hybrides. En effet, elles visent, entre autres points, à retracer la biographie migratoire et résidentielle de l'enquêté en relation avec sa mobilité sociale et l'évolution de la composition de son ménage.

Ce faisant, ces enquêtes ont permis non seulement de retracer la trajectoire résidentielle des chefs de ménage à la date de l'enquête, mais aussi de connaître leurs caractéristiques à chaque étape résidentielle. Mieux, comme l'enquête biographique, les enquêtes par questionnaire appliquées dans cette étude aident à identifier les relations entre différents attributs de l'individu ou du groupe dans le temps et dans l'espace. Ces caractéristiques sont la profession, l'état matrimonial, la taille du ménage et le statut d'occupation du ménage à chaque étape de son parcours migratoire au sein de la ville. Les chefs de ménage n'étant pas de la même génération, les biographies résidentielles recueillies, à travers ces enquêtes statistiques ont permis de saisir les évolutions qui se sont opérées d'une génération à l'autre.

Cette démarche a l'avantage d'autoriser des enquêtes à passages répétés (si nécessaire) devant permettre de voir les mutations profondes à l'oeuvre dans les différents segments de la ville et de faire une typologie des quartiers en matière de mobilité résidentielle. Cela revient à distinguer, par exemple, les quartiers à fort taux de mobilité résidentielle, les quartiers à mobilité moyenne et les quartiers où la mobilité résidentielle est faible.

- Le déroulement de l'enquête

Avant d'administrer le questionnaire sur le terrain, une enquête pilote a été effectuée dans les quartiers Dar es-Salaam et Lacouroussou en vue de tester son efficacité et d'estimer le temps nécessaire à la réalisation de l'enquête principale.

Après ce test, des corrections et modifications nécessaires ont été apportées au questionnaire final qui a été multiplié en 610 exemplaires. Puis, j'ai procédé au recrutement de 8 enquêteurs répondant aux trois critères exigés à savoir :

- Avoir au moins le niveau licence en Géographie ;

- parler couramment Zarma et Haoussa ;

- avoir de l'expérience en matière d'enquête ;

- être disponible les week-ends (samedi et dimanche)

Les enquêteurs retenus ont suivi une formation au cours de laquelle un guide d'enquête et une liste de définitions des mots clés du questionnaire leur ont été distribués et expliqués afin d'éviter tout amalgame. Chaque enquêteur doit administrer 25 questionnaires sur une ZD indiquée par week-end.

L'enquête proprement dite a été réalisée sur trois week-ends du mois de mai 2008 du 11 au 31. L'enquête débutée dans les quartiers centraux s'est terminée dans les quartiers périphériques sous ma supervision. Cette dernière opération a été assurée par deux doctorants dont moi-même.

A l'issue de ces opérations, 11 fiches n'ont pas été validées ; il s'agit des premiers questionnaires remplis au début de l'enquête et qui ont révélé beaucoup d'incohérence. De ce fait, les fiches validées et dépouillées sont au nombre 589 au lieu de 600.

N° de strate

Nombre de quartiers

Nombre de ZD choisies

Nombre de ménages à enquêter

Strate1

3

2 ZD×3= 6ZD

6 ×25= 150 ménages

Strate2

3

2 ZD×3= 6ZD

6 ×25= 150 ménages

Strate3

3

2 ZD×3= 6ZD

6 ×25= 150 ménages

Strate4

4

2ZD+2ZD+1ZD+1ZD= 6ZD

6 ×25= 150 ménages

Totale

13

6×4 = 24 ZD

4×150 = 600 ménages

Tableau n°1.6 : Répartition de l'échantillon par strate

- L'analyse

Elle doit permettre de calculer des indices comme le taux de mobilité résidentielle, d'élaborer des cartes thématiques, des graphiques, des schémas à commenter et de faire des encadrés à partir d'entretiens marquants.

Pour ce faire, elle observe les états de l'individu dans un processus dynamique et interactif. Ainsi, en retraçant la biographie résidentielle des ménages, l'étude peut-elle reproduire les suites d'états des enquêtés et les événements qui s'y enchaînent.

- Les difficultés pratiques rencontrées lors des enquêtes

Le chef de ménage est assez souvent absent du foyer lors du passage de l'enquêteur qui se voit obligé de faire plusieurs passages avant de le rencontrer. Cela a été surtout important à Boukoki 1 et à Lazaret ou la plupart des chefs de ménage sont des commerçants et des personnes menant des activités informelles. Ils sortent ainsi, tous les jours de la semaine, le matin de très bonne heure (7 heures du matin) et ne rentrent que le soir (19 heures). Dans certains quartiers résidentiels à l'image de Kouara Kano, il faut tout un protocole pour voir le chef de ménage qui ne veut surtout pas être dérangé.

En outre, certains enquêtés trouvent que le questionnaire est lourd et indiscret car touchant à leur vie privée notamment au niveau des deux tableaux visant à retracer le parcours résidentiel intra-urbain, interne et international. Aussi, pour des raisons de confidentialités, observent-ils une certaine réticence voire un refus catégorique. Ceux qui acceptent de collaborer occultent le plus souvent leur séjour en prisons et les postes ministériels ou politiques occupés.

Par ailleurs, le manque d'informations sur le propriétaire absent de la maison sur certaines fiches est le fait soit d'un refus pour raison de confidentialité, soit d'une simple méconnaissance de la personne enquêtée sur le sujet.

Il a été, aussi, constaté beaucoup d'incohérences sur les premières fiches remplies par les enquêteurs. Ces derniers ont repris les fiches contenant des erreurs. Cela a occasionné un coût supplémentaire. Mais, une fois qu'ils se sont familiarisés avec le questionnaire, le problème ne s'est plus posé.

L'enquête a particulièrement été difficile dans les quartiers Cité Fayçal et Pays-Bas où les enquêteurs ont essuyé beaucoup de refus les obligeant à enquêter de chefs de ménages disponibles, mais qui ne devrait pas faire partie de l'échantillon. Or une telle pratique ne reflète pas toujours la réalité du quartier. A Pays-Bas qui est un quartier informel, ce refus s'explique par la peur d'être déguerpi tandis qu'à Cité Fayçal, il est essentiellement dû à une question de disponibilité. Néanmoins, la plupart des chefs de ménage rencontrés dans le cadre de l'enquête ont été disponibles et ouverts. Ce qui a permis de réaliser l'enquête dans le délai requis.

- Les difficultés théoriques rencontrées lors des enquêtes

On note une absence de définition officielle de ce qu'est un quartier. Cette question soulevée par K. H. Motcho, en 2000, demeure encore d'actualité. Pourtant, les critères de définition du quartier qu'il a suggérés auraient dû susciter un débat sur la question. Selon cet auteur, un quartier a une fonction principale (habitation, commerciale, ou industrielle), un contenu social (bourgeois, blanc, indigène, mixte, etc.), un aspect extérieur (quartier ancien, moderne, traditionnel, collectif, spontané), un rythme de vie lié à la localisation (animation, central, périphérique, calme), une structure parcellaire (lotissement formel, informel) et enfin un critère administratif (avoir ou non un chef de quartier). Ce sont surtout les quartiers traditionnels centraux et péricentraux qui ont un chef. Il faut dire que le rôle et le statut du chef de quartier doivent être clairement définis.

Selon Motcho, en 2000, l'Atelier National d'Urbanisme estimait le nombre de quartier de Niamey à 109 alors que la Communauté Urbaine de Niamey (CUN) n'en considère que 89. Aujourd'hui la mairie se base exclusivement sur le lotissement pour définir un quartier, alors que la population utilise généralement les grandes artères comme limites de leurs quartiers si elle ne résume pas le nom du quartier à celui d'un édifice ou d'un service. C'est ainsi que le quartier PTT Balafon doit son nom à la présence d'une agence de la Poste et Soni au cinéma Soni Ali Ber. En conséquence, le nom et le nombre de quartiers varient d'une carte à une autre.

La définition des concepts n'a jamais été une préoccupation des acteurs de la gestion urbaine. Il est pourtant indispensable de savoir à une date donnée c'est qu'un quartier, la zone centrale, la zone péricentrale, la zone intermédiaire et la zone périphérique. Il convient d'ajouter qu'en dehors des difficultés rencontrées lors des enquêtes, l'étude comporte un certain nombre de limites.

* 10 Chaque partie du logement est une pièce. De ce fait, la chambre, l'antichambre, la salle à manger, la cuisine, le magasin sont ont des pièces

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld