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Mobilité résidentielle et processus d'étalement de la ville de Niamey (Niger).

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par Abdoulaye ADAMOU
Abdou Moumouni Dioffo - Doctorat de Géographie 2012
  

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6.1.2. Problème de mise en valeur de la parcelle

Dans les charges et conditions de l'acte de cession d'immeuble non bâti, il est précisé que l'acquéreur d'une parcelle doit se conformer aux prescriptions en vigueur de voirie, d'esthétique, de salubrité et d'urbanisme de la ville. Pour ce faire, il doit déposer une demande d'autorisation de construire dans le délai de trois mois sachant que ce dossier, qui fait état de plan de situation, doit avoir le visa d'un architecte. Passé le délai, il est souhaitable que le service des affaires domaniales prévoit et applique des sanctions immédiates, aux contrevenants à cette procédure.

A cet effet, il lui suffit, par exemple, de dresser la liste de ces derniers et de leur faire part de la menace de résiliation de la vente en cas de non respect des clauses résolutoires. Il convient néanmoins de reconnaître que les acquéreurs de parcelles, mêmes lettrés, prennent très rarement la peine de lire le contenu des actes de cession. Ils ne lisent que le nom du lotissement, le numéro de l'îlot, puis celui de la parcelle. D'où leur méconnaissance des dispositions y afférentes. C'est pourquoi, il serait indispensable de leur remettre les actes de cession, concernant un lotissement donné, le même jour afin de pouvoir les rassembler et les encadrer en leur rappelant oralement toutes les clauses contenues dans les actes en leur possession. Ainsi, ils pourraient aussi être informés qu'aucune construction ne doit être entreprise avant d'avoir obtenu l'autorisation de construire.

Une fois l'autorisation obtenue l'acquéreur devrait être averti qu'il a un délai de quatre ans, à compter de la date d'approbation de l'acte, pour mettre en valeur sa parcelle et que toute modification architecturale de l'édifice devrait aussi être signalée à la mairie. Cela aurait permis d'éviter la faible mise en valeur de parcelles surtout périphériques et la présence de parcelles non bâties dans les quartiers d'installation ancienne comme on le constate au Plateau où des parcelles non bâties font office d'enclave de maisons en paillote. Il faut trouver un moyen efficace qui permettrait d'amener les spéculateurs à privilégier la construction au lieu de laisser les parcelles vacantes. Cela passe par exemple par la taxation (ou imposition) des parcelles non bâties. La taxe levée sur les parcelles laissées vacantes doit augmenter chaque année. Ainsi faisant la ville de Niamey d'augmenterait également ses recettes fiscales.

La question de la mise en valeur des parcelles a été abordée par I. Mamoudou (2007), dans son mémoire de maîtrise intitulée « Losso goungou : du village au quartier périphérique ». Il y montre que la plupart des parcelles du quartier sont peu ou pas suffisamment mises en valeur. Cette situation qui peut être généralisée aux quartiers périphériques de la ville, s'explique non seulement par la spéculation foncière mais aussi par le manque de moyens des ménages dans un contexte d'absence de crédits ou de subventions pour l'habitat accessibles à tous. D'où l'intérêt de mettre en place la banque de l'habitat prévue dans le cadre de la politique nationale de l'habitat. En outre, l'accent doit être mis désormais non pas seulement sur l'accès au sol (foncier) mais surtout sur la construction et la sécurité du logement.

Au quartier Lazaret, sur un lotissement de 1997, on observe encore en 2008, sept parcelles adjacentes, appartenant à un même propriétaire, toutes emmurées au parpaing mais sans la moindre construction à l'intérieur ; ces parcelles vides ont finalement vu pousser des cases. Cet exemple illustre les aberrations dans la gestion urbaine à Niamey. Pourtant, la notion de mise en valeur est d'une grande importance tant dans le processus de production du tissu urbain que pour son contrôle et sa maîtrise.

Mais, à partir de quand peut-on dire qu'une parcelle est insuffisamment mise en valeur ? Comment estimer le degré de mise en valeur d'une parcelle ? Est-ce que planter un arbre, mener une activité artisanale (garage par exemple, magasin..), emmurer une parcelle sont des formes de mise en valeur suffisantes ? Ces questions montrent qu'il est indispensable de définir clairement la notion de mise en valeur. Cela revient à préciser un seuil à partir duquel une parcelle peut être considérée comme non ou insuffisamment mise en valeur et la sanction à encourir pour chaque cas. Le fait que la plupart des acquéreurs ne demandent pas un permis de construire rend difficile le contrôle et l'estimation de la mise en valeur. De plus, dans la plupart des cas, l'habitat est plutôt évolutif, donc sans plan préconçu. Cette forme de mise en valeur, qui est dominante relève généralement de l'auto-construction. Or, l'appréciation de la mise en valeur doit en principe se référer au plan agréé par la commission d'autorisation de construire. La photo n° 6.1 montre une parcelle emmurée mais qui est restée vide plus d'une décennie après son acquisition dans le quartier Kouara Mé, situé dans la strate 3. L'ampleur du phénomène de non mise en valeur, notamment en zones péricentrale et périphérique, laisse croire à une absence de règlement en la matière.

Photo n° 6.1: Parcelle non mise en valeur dans un quartier de la zone intermédiaire

Pourtant, plusieurs textes ont été adoptés dans ce sens. Ainsi, la loi n° 64-16 du 16 juillet 1964 stipule à son article premier que tout terrain ou immeuble non mis en valeur de manière suffisante ou abandonné depuis plus de dix ans à compter de la date de sa dernière mutation, est considéré comme vacant et incorporé au domaine privé de l'Etat sans indemnité et libre de toutes charges et dettes.

En dépit de cette loi, des terrains restent vacants plus d'une vingtaine d'années, même en centre ville ; l'astuce consiste à y implanter une activité alors qu'ils devraient être destinés à l'usage d'habitation (exemple des parcelles qui font office de garage auto dans les quartiers traditionnels du centre ville).

Néanmoins, l'arrêté n° 86/MF du 10 avril 1989 fixe la valeur de l'investissement à réaliser sur un terrain à bâtir en zone lotie et les conditions d'exigibilité. Au titre de l'article 9 de cet arrêté, tout bénéficiaire d'un permis d'habiter ou d'un acte de cession pourra obtenir un titre définitif de propriété si son lot remplit les conditions suivantes :

a) être élevé sur fondation de 80 centimètres de profondeur ;

b) les murs sont en dur ou s'ils sont en banco d'une épaisseur minium de 40 centimètres sur fondation de 80 centimètre ;

c) ne pas comporter de toitures en chaume ou en carton bitumé ;

d) les eaux usées sont s'écoulées dans un puisard de 1,80 m de profondeur sur 0, 80 m de diamètre : ce puisard est rempli de cailloux, puis de sable jusqu'au niveau de 1,50 m. Les puits est hermétiquement clos et comporter une margelle de 0,80 m. Les fosses sont suffisamment éloignées du puits et des cuisines. Le puisard devra être suffisamment éloigné du puits et obligatoirement situé à l'intérieur de la parcelle occupée.

e) les fondations de toutes constructions ne seront entreprises que suivant les plans coupe et façades préalablement établis approuvés par la commission des autorisations de construire.

f) le permissionnaire se conforme au plan d'alignement ;

g) si l'affectation donnée à la construction comporte l'installation d'un établissement dangereux incommode et insalubre, il accepte les obligations qui lui seront spécialement imposées.

h) Il entretient constamment en bon état sur le terrain concédé les bâtiments tels qu'ils sont définis aux dispositions ci-dessus ?.

L'Article 10 stipule que l'intéressé adressera au maire ou au chef de circonscription administrative une demande de constat de mise en valeur, en joignant son permis d'habiter et une pièce d'identité.

Si une construction est jugée conforme aux indications du permis de construire, il sera alors délivré au propriétaire de la maison un certificat de conformité qui lui permet de déposer un dossier pour le titre foncier au niveau des services du cadastre et plus précisément au niveau du service d'immatriculation du domaine. Contrairement au permis de construire, le titre foncier n'est pas obligatoire, mais elle donne lieu à une propriété privée inviolable et définitive.

Il faut rappeler que dans la pratique, les différentes étapes de cette procédure sont rarement respectées par les pétitionnaires dont une bonne partie ignore les textes ou les trouvent trop exagérés pour être honorés. Dans tous les cas, le non-respect de ces normes explique la présence de bars-dancing, de garages et de caves au coeur des îlots d'habitation ; il est aussi à la base de beaucoup de problèmes de cohabitation et de voisinage car on construit n'importe comment, souvent sans tenir compte des conditions de vie des habitants : nombre insuffisant de latrines, insuffisance de l'espace cour, absence d'eau courante, d'électricité, etc.

Aussi, est-il fréquent de voir derrière certaines constructions une fosse septique ouverte, régulièrement remplie d'eau vanne. Ce qui pose des problèmes d'environnement, d'hygiène et d'assainissement.

Le non-respect du permis de construire explique également la mauvaise exploitation de la parcelle occasionnant des pertes d'espace, d'argent, d'énergie et de temps que le constructeur aurait pu éviter en consultant un architecte. Mais, certains promoteurs préfèrent brûler les étapes sous prétexte d'éviter la lourdeur de procédures administratives avant de se régulariser plus tard. Ceux qui respectent la réglementation en la matière le font le plus souvent pour avoir accès à un prêt bancaire ou en prévision d'un éventuel contentieux sur la parcelle mise en valeur en cas de double affectation. En outre, jusqu'à une date récente, on constate l'absence d'architecte dans les commissions d'urbanisme qui attribuent le permis de construire et certificat de conformité. Cela constitue un grave bémol montrant que les personnes exerçant cette fonction ne sont pas considérées comme un maillon important dans la construction de la ville. Une telle situation ne permet ni de maitriser l'évolution du tissu urbain, ni de valoriser le métier d'architecte au Niger. Fort heureusement, l'ordre des architectes a pu obtenir une participation à cette commission, pour sauver la ville et le métier d'architecte. Cependant, il est judicieux de noter que la question de mise en valeur des parcelles est aussi confrontée aux difficultés de financement du logement.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon