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Femmes et accessibilité à  la propriété foncière au Cameroun.


par Jean-Christophe ONANA
Institut de Formation et Recherche Démographiques - Master 2 professionnel en démographie 2019
  

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5.4.5. Accès au crédit au cours des douze (12) derniers mois

Les résultats issus des analyses, tant au niveau descriptif qu'explicatif, montrent que l'accès au crédit augmente les chances d'une femme d'accéder à la terre. Ce résultat, coïncide avec les travaux de RNEP (2014) relatif au diagnostic de la condition féminine, mené au Cameroun par le BUCREP, qui arrive à la conclusion selon laquelle : « les femmes ayant un accès au crédit ont plus de chance d'avoir accès à la terre par rapport à leurs homologues qui n'ont pas accès à ladite ressource. Autrement dit, Le faible accès des femmes aux crédits destinés à la production, limite leurs possibilités d'investir et d'obtenir des profits ».

Ce résultat, s'explique dans la mesure où, l'accès au crédit donne le pouvoir financier à la femme de pouvoir accéder directement à la terre à travers un achat d'un lopin de terre. Ce qui confirme l'hypothèse H5 qui stipule que : L'accès au crédit, est un indicateur de modernité économique qui détermine la capacité de la femme à accéder à un certain nombre de biens. Ainsi, les femmes n'ayant pas obtenues un crédit au cours des 12 derniers mois précédent l'enquête, ont moins de chances d'être propriétaires terriennes que leurs homologues ayant obtenus de crédit.

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Femmes et accessibilité à la propriété foncière au Cameroun 2018/2019

ONANA Jean Christophe Master Professionnel en Démographie

5.4.6. Statut matrimonial

Les résultats issus des analyses présentent le fait que le statut matrimonial, augmente considérablement la chance des femmes d'accéder à un lopin de terre. De plus, il est le facteur qui contribue le plus à l'accès à la propriété foncière (17,6%). Ainsi, les femmes veuves/divorcées/séparées, ont 1.66 fois plus de chance d'avoir une propriété foncière que les femmes mariées. Tandis que les femmes célibataires, ont 53% moins de chance d'avoir accès que leurs consoeurs mariées. Ce résultat conforte ceux de l'ONU-HABITAT (2007) et de Mbayinil (2016). Le premier résultat a été mis en relief et mené dans un contexte de promotion des droits des femmes dans les pays du Sud au sol et au logement et est arrivé à la conclusion selon laquelle les femmes mariées et veuves accèdent plus à une propriété foncière que les célibataires. Le second résultat a été mis en relief au Cameroun, et est arrivé à la même conclusion que la précédente étude.

Ce résultat pourrait s'expliquer dans la mesure où, la fille mère et la jeune fille (le plus souvent célibataire) sont généralement à la charge des parents ou de la famille, exploitent juste les terrains familiaux, et n'ont rien de personnel. Par ailleurs, les femmes mariées, divorcées et les veuves, du fait des prérogatives inhérentes à leur statut, accèdent à la terre par le biais de leur mari (Mbayinil, 2016). Les femmes mariées accèdent aussi à la terre du fait de la communauté des biens dans le mariage et aussi du fait qu'elle est usufruitière (Omgbassomben, 2016). Pour ce qui est de la veuve, l'héritage est pour les femmes l'un des moyens les plus courants d'acquérir des terres ou d'y accéder. Comme en général les femmes n'ont pas été en mesure d'acquérir des biens et ne bénéficient pas des réformes foncières, dans la plupart des cas c'est en héritant d'un terrain ayant appartenu à son mari ou compagnon défunt qu'elle a le plus de chances de devenir propriétaire foncier (ONU-HABITAT, 2007). Elle a le droit à une part équitable dans l'héritage des biens de son conjoint. La veuve a le droit, quel que soit le régime matrimonial, de continuer d'habiter dans le domicile conjugal. En cas de remariage, elle conserve ce droit si le domicile lui appartient en propre ou lui a été dévolu en héritage (Mbayinil, 2017). Cette situation peut être renforcée par le fait que la veuve a des enfants qui sont surtout de sexe masculin ; Au cas contraire, la veuve va se voir chasser ou retirer de ses droits sur la propriété de son défunt mari (omgbassomben, 2016).

Ce qui confirme donc le résultat de la littérature dont celui de Mbayinil (2016) mené au Cameroun, d'où découle l'hypothèse H6 qui stipule que : le changement de statut matrimonial

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Femmes et accessibilité à la propriété foncière au Cameroun 2018/2019

ONANA Jean Christophe Master Professionnel en Démographie

est un facteur d'ascension sociale. Ainsi, nous supposons que les femmes mariées ou ayant été mariées ont plus de chances d'être propriétaires terriennes que leurs homologues célibataires.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo