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Problématique d'intégration et de réinsertion des enfants ex soldats en RDC.


par Bienfait Mushagalusa
Université Libre des Pays des Grands Lacs de Bukavu (ULPGL /BUKAVU) - Graduat 2019
  

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0.5. Problématique et hypothèses du travail

0.5.1. Problématique

Une problématique est une approche ou une perspective théorique que l'on décide d'adopter pour traiter le problème posé par la question de départ8(*).

Dans plusieurs pays du monde, les enfants subissent un traitement abusif, qui contre leur propre volonté, sont utilisés non seulement par les milices et les mouvements rebelles mais aussi dans l'armée régulière alors que la plus part d'entre eux n'ont même pas encore atteint l'âge requis. La protection de l'enfance en période de conflits armés et en particulier contre le recrutement ou l'enrôlement dans les forces et groupes armés n'a nullement laissé indifférent le conseil de sécurité des Nations Unies.

Ainsi, on peut noter plusieurs résolutions9(*) qui ont été adoptées pour mettre fin à cette pratique par les Nations Unies qui sont: la résolution 1325(2000) , 1820(2008), 1889(2009), 1960(2010), 2106(2013), et 2242(2015), sur les femmes, la paix et la sécurité, aussi la résolution 2178(2014), et 2195(2014), relative à la lutte contre le terrorisme, aussi la résolution 1265(1999), et 1894(2009) sur la protection des civils dans les conflits armes, Enfin la résolution 2250(2015) qui prône sur la paix et la sécurité entre les jeunes.

Trois cent mille (300000) enfants au monde, au moins, porteraient les armes ou surviraient de supplétifs au sein des forces armées nationales, des milices rebelles, des groupes armés paramilitaires et des gangs mafieux10(*). Ces cohortes de guerriers juvéniles constituent une menace trop souvent ignorée dès lors qu'il faut juger les actes d'enfants arrachés à leurs familles et plongés dans l'horreur de la guerre.

En effet, le recrutement et l'utilisation des enfants par des groupes armés est un phénomène répandu, connu depuis le conflit de 1996-1997, résultant du renversement du régime de Mobutu pour le cas de la RDC. La question des enfants utilisés par les groupés armés en R.D.C. a attiré un niveau élevé et constat d'attention internationale, aux niveaux diplomatiques et de plaidoyer depuis le début du conflit et cela au milieu de l'année 1998.

Tous les groupes armés en R.D.C. ont été nommés dans les rapports annuels du secrétaire général des Nations Unies de 2002 et 2003 sur les enfants et les conflits armés devant le conseil de sécurité.11(*) La République démocratique du Congo compte à elle seule 10% des effectifs d'enfants soldats au monde, près de 33494 enfants avaient été recrutés dans les forces et groupes armés et certains d'entre eux y presteraient encore jusqu'à ce jour ; pour ce qui est de la seule province du sud Kivu, près de 3000 à 5000 enfants seraient impliqués dans ce processus selon les organisations intervenant dans la réinsertion des enfants sortis des forces et des groupes armés.

L'unité d'exécution du programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants annonce que près de 10000 (milles) enfants seulement avaient été démobilisés et réinsérés depuis 2004, et que les autres seraient encore actifs dans les forces et groupes armés dans le pays en général et dans les provinces orientales du pays en particulier12(*).

Au niveau national, le cadre de travail légal concernant les enfants associés avec les groupes armés est spécialement solide en R.D.C. En plus d'être un élément supplémentaire faisant partie de la législation des enfants, notamment dans le protocole facultatif à la convention des Nations Unies relatives aux droits de l'enfant, une loi nationale avait été votée en Juin 2000 qui interdit clairement la participation des enfants de moins de dix-huit ans dans un groupe armé.13(*)

Au nombre des mesures pratiques pour obtenir la démobilisation des enfants, un certain nombre d'efforts est entrepris. Il a été constaté qu'en R.D.C., il était possible de réaliser la démobilisation et la réinsertion des enfants pendant un conflit en cours. L'accord de paix de Pretoria de 2002 qui a établi un gouvernement de transition en R.D.C., a élargi et ouvert le contexte de manière significative pour la démobilisation, le désarmement et la réintégration.

En Août 2007, l'UNICEF a pour la première fois orienté les efforts concernant les enfants en direction d'un cadre national de travail pouvant accueillir les enfants ex soldats.En Avril 2007, le gouvernement congolais a adopté le Programme National pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion. (PN-DDR).

Dans ce cadre, la CONADER (Commission Nationale de Désarmement et Réinsertion) a été créée comme institution nationale chargée de la coordination et planification du PN-DDR. Elle a été adoptée d'un directorat spécial pour la DDR des enfants. Des dizaines de milliers d'enfants ayant été recrutés comme pouvant servir des soldats dans les différentes guerres qui ont secoué le pays, beaucoup d'entre eux ont été démobilisés à travers la CONADER à partir de 2008, d'autres enfants s'étant auto démobilisés ont obtenu de la 34ème Région militaire des attestations individuelles de démobilisation.

En RDC, en général, et au sud Kivu et ses environs en particulier où près de 3000 à 5000 enfants auraient été enrôlés dans les forces combattantes, un grand nombre d'acteurs différents sont impliqués dans le processus de retour à la vie civile des enfants associés aux forces et groupes armés. Ces organisations locales ont soit un réseau large, impliquant les structures profondes de la communauté (comme les Eglises : la 5ème Communauté des Eglises Libres de Pentecôte en Afrique, CELPA en sigle, la 8ème Communauté des Eglises de Pentecôte en Afrique Centrale, CEPAC, l'Eglise Catholique par son service de CARITAS), soit des organisations locales qui constituent un relais des organisations internationales non gouvernementales mais qui reçoivent l'aide de fonctionnement de celles-ci. Ces organisations locales procèdent par différentes approches pour aider les enfants ex soldats à se réinsérer dans les activités et services civils.

La tâche de ces organisations reste énorme et les enjeux gigantesques puisque les conséquences psycho-sociales d'une participation d'enfants, tant active que passive aux hostilités sont catastrophiques : agressivité accrue, absence d'éducation et d'apprentissage des mécanismes sociaux, relations sociales endommagés, problèmes d'identité, handicapes physiques, maladies sexuelles, détresse spirituelle,

Stigmatisation et rejet par la famille ou par la collectivité, perspective d'avenir ...14(*); la tâche reste toujours pour ces organisations aussi compte tenu du défi de paix et du développement durables qui doit être relevé. Les enfants ex soldats trouvent dans une situation de plus en plus délicate. Ayant subi beaucoup d'atrocités, leur récupération sociale et communautaire est un processus qui demande du temps.

Face à ce problème, la communauté internationale ainsi que le gouvernement congolais ont envisagé des interventions, entre autre la réinsertion malgré l'insuffisance des moyens pour la réinsertion effective. La recrudescence de la violence revue sur le terrain continue à amplifier le problème qu'il importe d'y porter un regard perspicace en posant des questions suivantes :

1. Quel est le rôle de l'ONU dans la protection de l'enfant ex soldat en RDC?

2. Pourquoi la persistance en RDC des activités d'enrôlement d'enfant dans les groupes armés en dépit de l'existence de la politique congolaise de la protection des enfants?

* 8 R. QUIVY et L.V. COMPENHOUDT, Méthode de recherche en sciences sociales, Dalloz, Paris p. 83

* 9 Disponible en entier sus http//WWW un .org/ children / conflict / document/ SC RESOLUTION.

* 10 P.CHAPLEAU, Enfants Soldats, victimes ou criminels, Paris, Rocher, 2007.P.216

* 11 Beth VERHEY, Atteindre les filles, Etude sur les filles associés aux forces et groupes armés en R.D.C., Save the Children, Novembre, 2004

* 12 Propos du prof NTUMBA LWABA, coordinateur de l'U.E. PNDDR, tenu en juin 2008 lors du lancement de la campagne de démobilisation des enfants dans les groupes armés.

* 13 Décret-loi n° 066 de Juin 2000

* 14 P. CHAPLEAU, Op. Cite. p ; 213

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