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Etude des conditions de vie des femmes demandeuses d'asile à Dakar

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par Demba DIOUF
Ecole Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés(ENTSS) - Diplome d'Etat en Travail Social(D.E.T.S.) 2002
  

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Introduction

S'inquiétant de la situation conflictuelle que vivait le monde, Dag Hammarjköld, premier Secrétaire Général des Nations Unies tenait ces propos : « Le problème des réfugiés sera pour nous, je le crains un problème éternel à moins que le monde ne devienne pacifique. » Aujourd'hui cette situation a empiré davantage.

Presqu'aucun continent n'est épargné de la violence et de la barbarie, entraînant par ailleurs un déplacement à grande échelle de populations vulnérables composées en majorité de femmes et d'enfants vers d'autres endroits plus paisibles. Cet exode massif engendre des conséquences sociales néfastes comme la famine, les maladies, l'éclatement des communautés et la dispersion des familles, etc.

L'Afrique, du fait de son instabilité politique reste le continent le plus touché de la planète par ce phénomène. S'y ajoute sa situation de précarité économique qui fait dire à certains spécialistes que l'Afrique constitue la poudrière du monde.

Pour faire face à cette situation désastreuse, l'Organisation des Nations Unies (ONU) a décidé de la mise sur place d'un Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) en vue de la prise en charge socio-économique de cette couche de la population défavorisée.

Cependant, malgré les efforts qu'elle accomplit, cette institution spécialisée reste largement handicapée par son caractère discriminatoire : elle ne prend en compte que ceux ou celles qui sont reconnus officiellement comme réfugiés par les autorités du pays d'accueil. Ce statut de réfugié ne s'obtient qu'après de longues procédures pouvant s'étendre sur six mois au moins voire des années comme c'est le cas au Sénégal.

Devant cette situation d'attente les demandeuses et demandeurs d'asile vivent des périodes difficiles d'autant plus qu'il s'agit d'une nouvelle vie qui recommence.

C'est la raison pour laquelle, dans ce présent mémoire, nous nous proposons d'analyser les conditions de vie des femmes demandeuses d'asile vivant à Dakar en nous appuyant sur le comité des femmes réfugiées et demandeuses d'asile au Sénégal (C.F.R.D.A.S.)

D'abord, dans un premier temps, il s'agira de présenter la situation actuelle de la question des réfugiés, demandeurs d'asile et personnes déplacées dans le monde, la justification du choix du sujet, le cade conceptuel et les objectifs de la recherche à travers la problématique.

Au niveau de la méthodologie, il sera traité l'univers de l'étude, ensuite la population parent, puis la stratégie de recherche et enfin les limites et difficultés rencontrées.

La troisième partie consacrée à l'analyse et à l'interprétation des données va aborder les conditions de vie des femmes demandeuses d'asile vivant à Dakar à travers leur logement, leur santé, l'éducation de leurs enfants, leur travail, leur habillement et leur nourriture. Aussi des suggestions et recommandations pouvant apporter des solutions à ces difficultés y sont étudiées de même que le rôle du travailleur social dans la recherche de solutions à ces difficultés.

Cette partie porte successivement sur la position du problème, la justification du choix du sujet, la revue de la littérature, le cadre conceptuel et les objectifs de la recherche

1.1 POSITION DU PROBLEME

Tout au long de l'histoire, l'oppression et les catastrophes écologiques et économiques ont fait fuir des populations loin de leurs patries.

Dans les temples bibliques, les Israélites réduits en esclavage avaient fuient l'Egypte. Au 15ème siècle, les maures et les juifs pourchassés par l'inquisition ont été expulsés d'Espagne.

Pendant la deuxième guerre mondiale, 07 millions de juifs et d'autres populations persécutées par les Nazis se réfugient hors de leur pays de résidence.

Jusqu'à début du 20ème sicle, les réfugiés qui dépendaient pour leur survie de l'aide de groupes privés ne possédaient ni protection légale, ni droits.

Depuis la fin de la première guerre mondiale, diverses organisations ont été crées pour protéger et porter secours aux réfugiés.

La Société Des Nations (S.D.N.) crée d'abord un Haut Commissariat aux Réfugiés en 1921. (Robert SALOMON, 1963).

En 1933, avec l'arrivée du dictateur Hitler au pouvoir qui entraîna l'exode massif des juifs et de ses adversaires politiques, le conseil de la S.D.N. fut dans l'obligation de créer un Haut Commissariat pour les réfugiés « Israélites et autres » provenant d'Allemagne (ibid.,1963).

L'ampleur de la barbarie Hitlérienne aboutit à la création d'un Comité Intergouvernemental pour les Réfugiés (C.I.R.) qui se charge d'organiser le déplacement des personnes contraintes de quitter les territoires sous domination Allemande et leur réinstallation.

Le 09 Novembre 1943, un accord signé à Washington par 44 Etats des Nations Unies crée un nouvel organisme : « l'Administration des Nations Unies pour le Secours et la Reconstruction » ou U.N.R.R.A (United Nations Relief and Réhabilitation administration). Il a pour but de « préparer, coordonner, exécuter ou arranger les mesures nécessaires, pour apporter secours aux victimes de la guerre dans toute région placée sous contrôle de l'une quelconque des Nations Unies (acte constitutif)

Suite à la création de l'Etat d'Israël en 1948 et des guerres Israélo - Arabes qui s'ensuivent, l'Assemblée Générale des Nations Unies décide de la mise sur pied, le 08 décembre 1949 de l'Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche Orient dont le titre anglais est en abrégé U.N.R.W.A. La zone d'intervention de l'U.N.R.W.A couvre le Liban, la Syrie, la Cisjordanie et la bande de Gaza. (Narentinoudjou, 2006)

Grâce à l'ampleur du phénomène des réfugiés lié à l'éclatement des foyers de tensions un peu partout dans la planète, en 1949, l'Assemblée Générale des Nations Unies crée un Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR). Une résolution du 14 décembre 1954 en fixe le statut. D'après l'article premier, il « assume les fonctions de protection internationale ... et de recherche des solutions permanentes au problème des réfugiés en aidant les gouvernements et (......) les organisations privées à faciliter le rapatriement librement consenti de ces réfugiés ou leur assimilation dans de nouvelles communautés nationales ».

En droit international, la situation des réfugiés a fait l'objet de la convention de Genève du 28 juillet 1951 « relative au statut des réfugiés » ainsi que le protocole relatif au statut des réfugiés datant de 1967.

De la même façon les quatre conventions de Genève de 12 Août 1949 constituent avec leurs protocoles additionnels le corpus principal du droit humanitaire international : Regroupement des familles dispersées, protection des femmes, protection des enfants.

A la lumière de ce bref historique, il convient de souligner qu'il existe un arsenal d'instruments juridiques universels destinés à assurer la protection des réfugiés, des personnes apatrides, des demandeurs d'asile et autres personnes déplacées. Cependant malgré ces dispositions, la question des réfugiés reste entière et a même tendance à empirer. Il y a environ 50 millions de déracinés dans le monde (réfugiés ayant trouvé asile dans un autre pays ou personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays) dont 75 à 80 % sont des femmes et des enfants (Réfugiés, 2006).

Au début de l'année 2002 , le nombre de personnes relevant du mandat du H.C.R était de 19,8 millions dont 12 millions de réfugiés, 6,3 millions de personnes déplacées, 940.800 demandeurs d'asile et 462.700 rapatriés avec un budget d'un milliard deux millions de dollars. (Réfugiés, 2006).

En 2005, il y a environ 13,5 millions de réfugiés dans le monde dont environ la moitié étaient des femmes et 773.500 demandeurs d'asile (FNUAP).

Les femmes s'enfuient souvent parce qu'elles ont transgressé leur rôle social, les normes qu'on leur attribuait, ou bien elles ont été persécutées et victimes de violences en raison de leur sexe ou encore les combattants les maltraitent pour les inciter à donner des renseignements sur le lieu ou se trouve un membre de leur famille.

Dans les camps de réfugiés comme dans les zones de conflits les femmes et les filles sont souvent victimes de violences sexuelles et les enfants enrôlés dans les armées aussi bien par les forces gouvernementales que par les rebelles. Ainsi, le viol est devenu une véritable arme de guerre. L'explication est peut-être que la femme est l'honneur de l'homme et de la communauté toute entière (Turshen et Twagiramariya, 2001).

C'est pourquoi le statut de la cour pénale internationale adopté en 1998 habilite la cour à juger les auteurs d'un large éventail de crimes dont le viol, l'esclavage, la prostitution forcée et la grossesse imposée. Au début du nouveau millénaire, une résolution des Nations Unies engageait les gouvernements à protéger les femmes des violences et abus commis en temps de guerre et les inclure dans les négociations de paix ultérieures (« Réfugiés », 2002).

Au niveau régional, la cour interaméricaine et la cour Européenne des droits de l'homme ont statué que les violences sexuelles et le viol en situation de conflit armé constituaient des violations des traités relatifs aux droits de l'homme.

Auparavant, le programme d'action adopté à Beijing en 1995 lors de la quatrième conférence mondiale sur les femmes a déterminé les conséquences des conflits armés sur les femmes comme un domaine critique requérant une action de la part des gouvernements et de la communauté internationale out en mettant l'accent sur la nécessité de promouvoir une participation égale des femmes à la résolution des conflits au niveau de la prise de décision.

Le continent africain n'est pas épargné par ce triste phénomène. En janvier 2003, il comptait quelque 15 millions de réfugiés, de déplacés internes et autres personnes déracinées (H.C.R ,2003).

A partir de la fin des années 50, la décolonisation en Afrique a provoqué une série de conflits se traduisant par d'importants déplacements de populations en Algérie, au Mozambique, en Guinée Bissau...

Depuis la fin de l'ère coloniale, l'Afrique a été le théâtre de conflits parmi les plus longs et les plus meurtriers au monde. Ainsi, le soudan très vite après son indépendance en 1956 a été déchirée par une guerre civile qui a entraîné la mort d'environ 2 millions de personnes, 4 millions de personnes déplacées et 500 000 autres sont contraintes de chercher refuge dans les pays voisins.

Aujourd'hui, cette guerre civile trouve son prolongement dans la crise du Darfour. A la mi- août 2004, quelque 180 000 réfugiés vivaient au Tchad voisin dans des camps ouverts par le H.C.R. victimes des exactions des milices arabes janjawid qui sont les supplétifs de l'armée régulière («  Réfugiés », 2004).

Au coeur du bassin congolais, environ 3 millions d'âmes ont péri dans une guerre réputée être la plus meurtrière dans l'histoire de l'Afrique, 2 millions de personnes ont été chassées de chez elles et obligées à se réfugier dans les forêts tropicales et les pays limitrophes. Ensemble les guerres en Afrique Australe et dans la région des grands lacs ont totalisé 12 millions de personnes déplacées et réfugiées (Fall, 2005).

La guerre civile en Angola a causé la mort d'environ un million de civils et 3 à 5 millions d'autres ont été déracinés en près de 30 ans de guerre. Tout de même la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et les rebelles de l'UNITA a suscité un réel espoir de paix après la mort de Jonas Savimbi.

Entre 1993 et 1994, il y a eu le génocide Rwandais qui a fait environ 800000 morts et jeté hors des frontières 2 millions de réfugiés principalement au Congo et en Tanzanie. On décompte également environ 3 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays.

Durant l'année 2000, les cinq pays d'Afrique ayant reçu les plus grands nombres de réfugiés sont : la Tanzanie, la Guinée, le Soudan, le Congo et la Zambie alors que les cinq plus grands producteurs sont : le Soudan, le Burundi, l'Angola, la Sierra Léone et la Somalie (Bulletin d'information du réseau ouest africain pour les réfugiés et les personnes déplacées, 2002). L'Afrique de l'ouest compte 2.380.510 réfugiés soit le tiers sur le continent (H.C.R, 2003).

Les conflits internes en Sierra Léone et au Libéria ont contraint 150.000 personnes à l'exil même si on note une tendance au retour à la paix dans ces deux pays avec la signature d'accords de paix et l'élection démocratique d'Ellen Johnson Searleaf à la présidence de la république du Libéria en 2004 (« Réfugiés », 2006).

De même, les troubles politiques au Sénégal, en Guinée Bissau, au Nigeria et en Côte d'Ivoire ont entraîné le déplacement massif de populations vers d'autres endroits plus paisibles.

Selon Yameogo (1994), les causes de l'accroissement du nombre de réfugiés sont diverses : « répartition inéquitable de la richesse et du pouvoir, attitude négative de certains dirigeants africains à l'égard de toute forme de critique, assimilation du bien-être de la nation à celui du chef de l'Etat, importation d'idéologies étrangères, violation des droits de l'homme, ingérences des superpuissances, etc. »

Turshen et Twagiramariya (2001) attribuent aux « causes des conflits internes les problèmes d'identité ethnique, religieuse ou sociale que la dimension coloniale a souvent amplifiés afin d'occulter les luttes pour le pouvoir. »

Face à cette situation catastrophique, un ensemble de textes juridiques ont été élaborés à l'échelle du continent africain en vue de protéger ces réfugiés. Ainsi, il importe de retenir ceux-ci :

-La convention de l'OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique du 10 septembre 1969. Elle reconnaît la convention de 1951 des Nations Unies comme « l'instrument universel et fondamental relatif au statut des réfugiés », réitère cette définition et l'élargit. La convention des réfugiés de l'OUA contient des dispositions complémentaires importantes car non explicitées dans la convention des Nations Unies. Ce sont des dispositions relatives au non refoulement à la frontière à l'asile à la localisation des camps de réfugiés, à l'interdiction d'activités subversives par les réfugiés et au rapatriement volontaire. (H.C.R, 2000) ;

- Les recommandations de la conférence panafricaine sur la situation des réfugiés en Afrique des 07 - 17 mai 1979 ;

- La deuxième conférence internationale sur l'assistance aux réfugiés en Afrique de 9 - 19 Avril 1981 ;

- La charte Africaine des droits de l'homme et des peuples adoptée par la 18e conférence des chefs d'Etat et de gouvernement à Nairobi en juin 1981 ;

- La déclaration sur les crises des réfugiés en Afrique des 22 - 24 septembre 1990.

L'Assemblée Générale des Nations Unies a aussi de son côté adopté un certain nombre de résolutions concernant le sort des réfugiés, rapatriés et personnes déplacées en Afrique dont les plus importantes sont :

-La résolution 45 /137 portant sur la conférence internationale, sur la situation tragique des réfugiés ; rapatriés et personnes déplacées en Afrique du 14 Décembre 1990 ;

-La résolution 45 /139 sur l'aide humanitaire d'urgence aux personnes déplacées et aux réfugiées libériens du 14 décembre 1990 ;

-La résolution 46 / 108 sur l'assistance aux réfugiées, aux rapatriés et aux personnes déplacées en Afrique du 16 décembre 1992 ;

Dans le monde arabe, il y a la déclaration du Caire sur la protection des réfugiés et des personnes adoptées par le IV e séminaire des experts arabes sur les lois concernant l'asile et les réfugiés en Novembre 1992.

Pour une meilleure sensibilisation sur la question des réfugiés, le 20 juin de chaque année est célébré la journée du réfugié africain. Cette date coïncide avec l'entrée en vigueur de la convention de l'OUA avec sa ratification par les chefs d'Etat et de gouvernements.

Au Sénégal, c'est en 1982 avec l'éclatement de la crise casamançaise suite à la rébellion armée du Mouvement Des Forces Démocratiques de la Casamance (M.F.D.C.) que l'on a noté pour la première fois un déplacement massif de populations hors du territoire national principalement vers la Gambie et la Guinée Bissau pour y trouver refuge mais aussi à l'intérieur du pays plus précisément dans la commune de Ziguinchor et à Dakar. Ensuite il y a eu l'éclatement du conflit Sénégalo - mauritanien d'Avril 1989 qui a provoqué l'arrivée d'un nombre impressionnant de réfugiés négro - mauritaniens (66.078 personnes dont 13 000 enfants d'après le recensement effectué par le H.C.R en juillet 1996).

A la suite des conflits internes en Gambie, en Guinée Bissau, en Sierra Léone, au Libéria, en Côte d'Ivoire, au Tchad, au Cameroun, au Togo, ... Il y a eu un afflux massif des réfugiés de ces pays en direction du Sénégal qui demeure le quatrième pays d'accueil de réfugiés en Afrique de l'Ouest après la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria (RADDHO, 2005). Notre pays est ciblé pour sa stabilité politique principalement. Cela peut d'ailleurs expliquer en partie la présence du H.C.R. qui a fait de Dakar sa capitale de l'Afrique de l'Ouest.

Les droits de ces personnes réfugiées sont garantis par la constitution du Sénégal qui reconnaît que «  la personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L'Etat a l'obligation de la respecter et de la protéger » (Titre II, Article 7). Cette même loi organique dans son préambule affirme l'adhésion du peuple Sénégalais à « la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 aux instruments internationaux adoptés par l'organisation des Nations Unies et l'organisation de l'Unité africaine notamment la déclaration Universelle des droits de l'Homme du 10 Décembre 1948 ... et la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des peuples du 27 juin 1981. »

Les demandeurs d'asile ont l'obligation de se faire enregistrer au niveau de la Commission Nationale d'Eligibilité au Statut de Réfugié (C.N.E.R) qui est un bureau administratif de dépôt pour les personnes demandant le statut de réfugié. Elle dépend du Ministère de l'intérieur et des collectivités locales.

Ainsi d'après les dernières statistiques, la C.N.E.R a enregistré 479 demandes d'asile en 2004 et 499 nouveaux requérants en 2005.

-c'est le décret 76-014 du 09 Janvier 1976 : relatif à la commission prévue à l'article de la loi numéro 68-27 du 24 Juillet 1968 portant statut des réfugiés qui a créé cette commission nationale d'éligibilité en a fixé le fonctionnement et les attributions.

Les membres qui y siègent sont composés d'un magistrat qui joue le rôle de président, un représentant du Ministre des affaires étrangères, un représentant du Ministre de l'intérieur, un représentant du Ministre de la santé publique et des affaires sociales et un représentant du haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés en qualité d'observateur.

La loi 75-109, du 20 Décembre 1975 : abrogeant et remplaçant l'article 3 de la loi numéro 68-27 du 24 Juillet 1968 portant statut de réfugiés dispose que la C.N.E n'émet désormais qu'un avis et seul le Président de la République décide, par décret, de l'admission d'une personne au bénéfice du statut de réfugié ou constate la perte de ce bénéfice.

Les voies de recours en cas d'un rejet de dossier par la C.N.E sont :

-l'appel de la décision au niveau de la C.N.E.R en première instance ;

-la saisie du conseil d'Etat pour excès de pouvoir,

-enfin, l'introduction d'un recours gracieux à l'adresse du Président de la République qui est le seul compétent à prendre l'acte juridique conférant au statut de réfugié au Sénégal sur avis de la commission.

Du 1er janvier au 20 juillet 2006, elle a reçu 113 demandeurs dont 04 enfants accompagnés. Ces derniers qui ont moins de 14 ans ne peuvent être, considérés comme des demandeurs d'asile. A leur arrivée, les demandeurs d'asile sont regroupés à titre transitoire au niveau du Bureau d'orientation Sociale (B.O.S) du H.C.R qui leur appuie dans les dépôts de dossier en vue de l'obtention du statut de réfugié.

Le H.C.R a développé un programme d'assistance en faveur des réfugiés établis au Sénégal qui se présente comme suit :

· Un projet d'assistance aux réfugiés de la vallée du fleuve qui se limite aux projets d'intégration mis en oeuvre au cours de la décennie écoulée principalement dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de l'agriculture mais également dans l'entretien des infrastructures communautaires telles que les puits ;

· Un projet d'assistance à quelque 1.066 réfugiés et 1950 demandeurs d'asile. ce programme a été repris en 2002 et comportait trois volets : l'assistance médicale aux réfugiés nécessiteux, l'assistance sociale aux réfugiés vulnérables notamment les femmes, les parents seuls, les enfants, les mineurs non accompagnés, les personnes âgées et les malades mentaux et enfin les activités génératrices de revenus.

· Un projet d'assistance à l'éducation : Il a pour but de financer l'éducation élémentaire, secondaire et la formation professionnelle. La priorité est accordée aux jeunes filles et femmes.

· Un projet d'assistance à l'éducation post - secondaire. Le H.C.R reçoit depuis 1993 du gouvernement allemand une contribution annuelle pour l'appui du programme spécial DAFI (Initiative académique allemande Albert Einstein pour les réfugiés). Le programme met chaque année des bourses d'études de niveau post secondaire et universitaire à la disposition des réfugiés nécessiteux et méritants.

L'ensemble de ces projets ont été mis en oeuvre par l'OFADEC (Office Africaine pour le Développement et la Coopération) partenaire opérationnel de la délégation du H.C.R au Sénégal. Il y a aussi l'assistance juridique offerte par les organisations de défense des droits de l'homme comme la RADDHO, Amnesty international ou le WARIPNET (Réseau Ouest Africain de ONG pour les réfugiés et personnes déplacées.)

Aussi, l'O.N.G. CARITAS a mis sur pied à Dakar une structure pour accueillir les demandeurs d'asile urbains : le P.A.R.I. (Point d'Appui pour les Réfugiés et Immigrants) crée en 1995 par les frères Taizé présents à Dakar.

Après un aperçu historique plus ou moins exhaustif sur la question des réfugiés, demandeurs d'asile et personnes déplacées et ses implications aux plans juridique, social, politique, économique et culturel, nous nous sommes amenés à nous poser la question de recherche suivante : « Quelles sont les conditions de vie des femmes demandeuses d'asile âgées entre 25 et 50ans dans la ville de Dakar ? »

1-2 JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET

L'intérêt du choix que ce sujet suscite en nous est important à un triple niveau : au plan personnel, professionnel et scientifique.

D'abord au plan personnel, nous sommes émerveillés par le nombre impressionnant de non sénégalais rencontrés dans les artères de la ville de Dakar qui déclarent avoir fui leurs pays pour cause d'insécurité. Notre curiosité intellectuelle nous a poussés à nous interroger sur les conditions de vie de ces personnes d'autant plus qu'il y a un grand nombre de femmes dans ce lot.

Aussi, les images des chaînes de télévision de populations dont des femmes et des enfants jetés hors des frontières de leurs pays parce que ne se sentant plus en sécurité chez eux et obligés de vivre ailleurs dans des conditions encore plus pénibles ont été un des facteurs déterminants du choix de ce thème.

De même, l'ENTSS étant une école multinationale, il nous arrive souvent d'entendre des témoignages émouvants d'étudiants provenant de pays en conflits sur les conditions dans lesquelles vivent les femmes et les enfants démobilisés par les guerres et contraints de chercher asile dans d'autres pays frontaliers.

Ensuite au plan professionnel en tant que futur travailleur social communautaire, nous avons jugé utile d'entamer un début de réflexion sur les conditions de vie des femmes demandeuses d'asile pouvant contribuer un tant soit peu à redonner un souffle nouveau à cette catégorie de la population car, notre objectif est d'aider les individus, les groupes et les communautés confrontés à des problèmes sociaux. Et, force est de constater que les réfugiés constituent des groupes minoritaires défavorisés et vulnérables. Il s'y ajoute que le Sénégal est pratiquement entouré de foyers de tensions et par conséquent aura à recevoir sur son territoire un nombre de plus en plus important de demandeurs d'asile qui vivront à coup sûr dans les villes principalement à Dakar la capitale.

Enfin, au plan scientifique, ce présent travail devra permettre d'enrichir si minime soit-il les écrits sur la question. En effet, la quasi-totalité de la documentation consultée dans ce domaine traite en général des aspects juridiques et de la situation sociale des réfugiés sous le mandat du HCR. Même s'il existe une documentation spécifique sur les femmes, elle concerne globalement les femmes réfugiées vivant dans des camps. Donc, pour nous, ce mémoire n'est qu'un modeste début de réflexion qui, à coup sûr sera amélioré par des voix plus autorisées afin que la recherche puisse connaître d'autres avancées significatives dans ce domaine.

1.3- LA REVUE LA LITTERATURE

La revue de la littérature constitue une étape essentielle dans notre recherche. Elle fait l'état des lieux des connaissances sur la question à l'étude.

La recension des écrits délimite notre problème de recherche et permet de nous positionner par rapport aux études faites dans ce domaine.

Par les ouvrages, les résultats de recherche et les revues, elle nous a permis d'avoir une vision globale de notre sujet et a servi de cadre de référence pour l'interprétation des données recueillies.

Cependant, il convient de préciser que nous n'avons pas rencontré dans notre recherche un document traitant spécifiquement des demandeuses d'asile. L'essentiel des documents que nous avons consultés abordent de façon générale la question des réfugiés.

Robert Salomon (1963) dans son ouvrage intitulé «Les réfugiés » retrace l'historique de la question des réfugiés depuis le droit d'asile d'avant la première guerre mondiale jusqu'à la création du HCR et de l'UNRWA comme organes spécialisés de l'ONU. Il fait aussi la différence entre l'asile et l'apatridie pour ensuite mous entretenir des institutions de prise en charge des réfugiés en France. Il termine son livre sur la problématique des rapatriés (aide, intégration, etc.)

L'intérêt de cet ouvrage pour notre présente étude est de nous permettre d'avoir un net aperçu historique sur la question des réfugiés liée fondamentalement aux conflits internationaux d'où la création successive de divers organes de prise en charge des victimes et l'adoption de textes juridiques destinés à les protéger.

Cependant, l'auteur de ce livre ne nous propose pas dans son analyse des solutions concrètes pouvant réduire ou même arrêter le phénomène des réfugiés mais seulement se limite à une description historique de la question et des institutions de prise en charge des réfugiés. Aussi par rapport à notre thème d'étude, l'auteur ne traite pas des conditions de vie des femmes demandeuses d'asile.

La Division de la Protection Internationale de l'Office du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés (1997) a publié un livre intitulé « Recueil de traités et autres textes de droit international concernant les réfugiés et les personnes déplacées » .Ce recueil regroupe en un outil complet et pratique d'utilisation tous les instruments internationaux en la matière. C'est un répertoire de textes les plus récents de même que les sources les plus anciennes dont l'importance a été révélée ces dernières années.

Elle se compose de deux volumes consacrés respectivement aux instruments universels et régionaux.

Son utilité a été incontestable dans la réalisation de ce mémoire. En effet, nous nous sommes largement inspirés de ces textes juridiques au niveau de la position du problème en nous permettant de camper la situation d'ensemble de la question au plan juridique.

Tout de même, ce recueil présente l'inconvénient de ne faire aucun commentaire sur ces textes, ni faire établir un lien entre les instruments juridiques et la réalité concrète sur le terrain.

Il se borne seulement à une énonciation du contenu des textes actuellement en vigueur. Il ne prend pas non plus en compte les conditions de vie des femmes demandeuses d'asile qui constituent notre cible.

L'ouvrage « les réfugiés dans le monde » publié par le HCR(2002) est important en ce qu'il retrace en détail l'histoire d'un demi-siècle d'action humanitaire internationale en faveur des réfugiés et autres personnes déplacées. Il décrit toutes les crises majeures auxquelles ils ont été confrontés durant cette période. Aussi, il permet de voir comment crise après crise s'est constitué un corpus en matière de droit des réfugiés et analyse l'évolution du comportement de la communauté internationale aux problèmes des migrations forcées. Enfin, il examine les liens fondamentaux entre les déplacements d'une part, et la paix et la sécurité internationale d'autre part.

L'importance que ce livre suscite pour notre travail est de nous permettre de faire le point sur la situation des réfugiés, mais aussi d'avoir une idée sur l'historique de l'action humanitaire internationale, des crises qui l'ont jalonnée et des instruments juridiques de protection des réfugiés qu'il a fait naître.

Néanmoins, cet ouvrage malgré sa densité reste muet sur les actions préventives que devrait mener la communauté internationale pour empêcher l'éclatement des conflits, ni des conditions de vie de personnes déplacées et demandeurs d'asile qui ne relèvent pas du mandat du HCR. En cela, il ne recoupe pas intégralement les préoccupations de notre sujet.

Meredeth Turshen et Clotilde Twagiramariya (2001) retracent la description et l'analyse de vécu des femmes en Afrique pendant les guerres civiles. C'est un recueil de reportages, de témoignages et d'études qui a bénéficié de la contribution des femmes du Tchad, du Liberia, du Mozambique, de la Namibie, du Rwanda, d'Afrique du Sud et du Soudan. Le livre rend compte des préjudices subis par les femmes confrontées à la guerre aussi bien comme combattantes que victimes (viol, déplacement et dispersion, esclavage sexuel, veuvage et isolement, santé et violence politique...).

Tout de même, les auteurs de ce livre font ressortir un aspect positif des conflits chez les femmes c'est-à-dire les transformer de leur situation de consommatrices à celles de productrices, les rendre autonomes et confiantes en elles-mêmes et par ricochet gagner d'autres types de pouvoir et de ressources qu'elles n'auraient pu acquérir en temps normal.

L'intérêt de cet ouvrage pour notre étude est de nous éclairer sur la situation socio-économique des femmes en temps de conflit aussi bien dans les camps de réfugiés que dans les zones de combat (moyens de subsistance, santé en particulier le Sida). Cependant les auteurs de ce livre restent muets sur l'éducation des enfants de ces femmes, l'habillement et le logement qui sont des domaines qui intéressent notre étude.

Jérôme Karimumuryango (2000) dans son ouvrage « Les réfugiés Rwandais dans la région de Congo Bukavu R.D.C. : La survie du réfugié dans les camps de secours d'urgence » expose d'abord dans un premier chapitre les besoins que le réfugié va chercher à satisfaire, fait une description du terrain de recherche ainsi que les principaux concepts à l'oeuvre dans cette analyse comme «  stratégie de survie », « logique des acteurs » et  « besoins ».

Le deuxième chapitre met en relief les actions tactiques entreprises par le réfugié pour assurer sa survie dans les quatre domaines suivants : aménagement et recherche d'espace, alimentation, ressources financières et enfin relations sociales dans un camp de secours d'urgence.

Quant au troisième chapitre, il cherche à analyser les causes ou les raisons profondes qui motivent ces actions tactiques de survie du réfugié dans le camp de secours d'urgence.

Ces conditions difficiles n'ont pas empêché aux réfugiés de contribuer au développement de la région : le commerce, l'agriculture et le transport ont prospéré pendant que la population autochtone, le H.C.R. et les O.N.G. humanitaires profitaient du savoir-faire des réfugiés employés dans les divers services mis en place par l'aide humanitaire.

L'intérêt que présente cet ouvrage pour notre recherche est de nous permettre de découvrir les conditions de logement, de nourriture et de travail de ces réfugiés mais aussi leur ingéniosité, leur capacité d'adaptation et d'autonomisation.

Cependant, par rapport à notre sujet, l'auteur traite des réfugiés vivant dans un camp de secours d'urgence alors que nous nous intéressons aux demandeuses d'asile vivant en ville.

Amadou Bal (1987) dans son article « Du droit d'asile » paru dans la revue EDJA s'intéresse d'abord aux fondements juridiques du droit d'asile que certains considèrent comme un droit de l'individu et d'autres un droit de l'Etat en nous présentant la qualité de réfugié, les causes de la déchéance de cette qualité et les limites partielles à l'expulsion.

Dans la deuxième partie de son exposé, Bal met face à face le droit d'asile et la coutume internationale pour mettre en évidence les raisons juridiques que brandissent certains auteurs pour nier l'existence d'un droit d'asile puis, il nous entretient de la pratique internationale et enfin du rôle du HCR dans l'assistance matérielle et juridique des réfugiés.

Cependant, malgré la pertinence juridique de son analyse, l'auteur ne propose aucune piste de solutions pouvant freiner le phénomène des réfugiés, ni régler la situation juridique des personnes à qui le droit d'asile n'est pas accordé et qui pourtant nécessitent un appui aussi bien matériel que juridique. Aussi ce document ne s'intéresse nullement aux conditions de vie des demandeurs d'asile en général ou des femmes en particulier.

Le rapport intitulé « les droits de l'homme n'ont pas de frontières » consacré aux réfugiés par Amnesty International (1997) rappelle les raisons qui poussent les gens à des migrations forcées. Il insiste sur la nécessité de les protéger et se penche sur le système qui devrait remplir cette fonction mais ne le fait pas toujours (HCR). Ce document montre que la question des réfugiés ne peut être résolue qu'à condition de s'attaquer aux violations des droits de l'homme qui ont crée ce problème aussi bien par les gouvernements que par les opposants armés.

La pertinence de cette étude par rapport à notre travail est liée aux recommandations généreuses des instruments juridiques universels de protection des réfugiés demandeurs d'asile et autres personnes déplacées dans leurs propres pays et les difficultés rencontrées dans l'application pratique de ces textes à l'échelle des pays riches comme pauvres. Ce qui provoque des dissuasions et des entraves de toutes sortes à l'encontre des demandeurs d'asile.

Cependant, les auteurs de ce rapport tout en insistant sur la nécessité d'assurer une protection à ces victimes des violations des droits de l'homme n'ont pas écrit sur les conséquences sociales, morales et même matérielles de la non prise en charge de ces demandeurs d'asile mais aussi des conditions dramatiques dans lesquelles ces populations sont appelées à vivre. Par rapport à notre thème d'étude, le document ne traite point des conditions de vie des femmes demandeuses d'asile.

Mouhamed Diallo (1993) dans son mémoire « Problèmes psychologiques des enfants réfugiés mauritaniens de la vallée du fleuve Sénégal et leurs conséquences » nous présente une étude permettant d'avoir un aperçu général sur la situation des enfants réfugiés mauritaniens quant à leurs conditions d'études, sanitaires, émotionnelles et affectives.

Il aboutit aux résultats que ces enfants souffrent d'une malnutrition qui influe négativement sur leurs rendements scolaires. En effet, leur intégration dans le système éducatif sénégalais est freinée par la langue d'enseignement qui est le français alors qu'ils ont commencé avec l'arabe au niveau de leur pays d'origine. A cela s'ajoutent les effectifs pléthoriques des classes pour les réfugiés, le manque de motivation des enseignants, etc.

Au plan émotionnel et affectif, l'absence des deux parents ou l'un des deux, le déracinement, les perturbations et l'insécurité inhérentes aux situations de réfugiés entravent durablement le développement physique, intellectuel, psychologique, culturel et social des enfants qui vivent une angoisse existentielle perpétuelle.

L'intérêt que ce mémoire apporte à notre étude est de mettre en évidence la situation sociale des réfugiés afin de mieux faire ressortir les problèmes que rencontrent les réfugiés dans l'éducation de leurs enfants.

En revanche, l'analyse de Diallo reste limitée par l'absence de perspectives de solutions durables à ces problèmes suite à la diminution progressive du budget du HCR et l'exigence de conditionnalités de la part des réfugiés pour un éventuel rapatriement vers leurs pays d'origine. De même ce mémoire passe complètement sous silence l'objectif de notre recherche à savoir les conditions de vie des femmes demandeuses d'asile.

Mamadou WATT (1994) dans son mémoire intitulé « La participation des réfugiés Mauritaniens au développement socio-économique de Dagana à travers le projet CHR/OFADEC : périmètre de Dagana bis » aborde des tentatives d'autonomiser les réfugiés mauritaniens par le HCR à travers l'érection de périmètres maraîchers irrigués le long de la vallée du fleuve Sénégal et participer du coup au développement socio-économique de la localité. Cette initiative malgré sa générosité reste handicapée par des contraintes telles le défaut de sensibilisation des réfugiés, l'absence de formation de ces derniers et leur méfiance à l'égard du HCR.

Ce mémoire a l'avantage de mieux camper les fondements historiques du conflit sénégalo-mauritanien de 1989 et les préalables au rapatriement volontaire de ces réfugiés. Ces données nous ont été d'un grand apport au niveau des éléments de la situation sur le plan national.

Tout de même, l'auteur dans son analyse n'a pas fait allusion aux conditions de vie des réfugiés qui justifient la nécessité de les venir en aide encore moins de la situation sociale des femmes demandeuses d'asile, thème de notre étude.

Latsouk Gnilane Diouf (1998) dans son mémoire « La problématique de l'intégration, une réponse au problème des réfugiés : le cas des réfugiés résidant a Dakar » fait sienne la définition de l'intégration locale donnée par le H.C.R. qui consiste à « assister les gouvernements hôtes dans la mise en place de programmes permettant aux réfugiés d'être autonomes et d'atteindre un certain niveau de vie. »

A l'issue de ses enquêtes, l'auteur a montré que plus de 3 /4 des personnes dépensent leur argent exclusivement en nourriture et en frais de logement, 52% ne sont impliquées dans aucune activité de leurs quartiers, 56% n'ont pas adhéré dans aucune association et ne parlent aucune des langues nationales, tandis que 52% souhaitent leur réinstallation dans un pays tiers et 34% souhaitent la naturalisation.

La qualité des relations est plus positive pour la grande majorité des francophones alors que les anglophones éprouvent de réelles difficultés de cohabitation avec leurs voisins.

L'intérêt de ce mémoire pour notre étude est de nous éclairer sur le vécu quotidien des réfugiés et demandeurs d'asile dans les différents quartiers de Dakar, leurs modes alimentaires bref leur degré d'intégration dans la société sénégalaise.

Cependant, monsieur Diouf dans son analyse n'a pas abordé certaines questions qui nous préoccupent en particulier la question des femmes demandeuses d'asile quant à l'éducation de leurs enfants, leur santé, leur habillement, etc. Mais aussi, il ne fait pas la distinction entre un réfugié et un demandeur d'asile.

Aimé Samuel Saba (2002) dans son mémoire de D.E.A. sur « L'analyse des impacts environnementaux et sociaux de l'établissement des réfugiés mauritaniens dans le département de Podor, région de Saint Louis » retrace l'origine du conflit Sénégalo-mauritanien ayant entraîné un déplacement massif de populations au niveau de Podor dans la région de Saint Louis au nord du Sénégal.

Aussi, il fait état des problèmes environnementaux survenus après l'installation des réfugiés au niveau de la vallée du fleuve.

L'auteur montre aussi les différentes activités menées par les réfugiés pour la satisfaction de leurs besoins vitaux, de même que l'aide que le H.C.R. leur a apportée en matière de protection pour une intégration dans leur milieu d'asile.

L'intérêt de ce mémoire pour notre étude est de nous éclairer sur la manière dont ces populations parviennent à se prendre en charge dans un milieu qui leur est étranger, mais aussi comment leur présence représente un réel danger pour l'environnement et pour les populations autochtones qui vivent en grande partie des produits extraits de leur milieu naturel.

Toutefois, ce mémoire ne traite pas de la question des femmes demandeuses d'asile quant à leurs conditions de vie ; ce qui constitue pour nous le thème de recherche qui nous préoccupe.

Mame Anta Fall (2005) dans son mémoire intitulé « la situation sociale des réfugiés urbains demandeurs d'asile : cas des réfugiés de Dakar pris en charge par le P.A.R.I. » aborde la question des demandeurs d'asile vivant à Dakar dans des conditions socio-économiques dures. C'est pourquoi le P.A.R.I. leur offre une aide ponctuelle leur permettant de pouvoir entreprendre de nouvelles activités génératrices de revenus. Aussi, elle traite de la situation juridique de ces demandeurs d'asile en essayant de connaître les raisons pour lesquelles ils ne parviennent pas à obtenir le statut de réfugié comme l'absence de suivi de leurs dossiers et aux lenteurs administratives.

Le thème de ce mémoire qui semble être le plus proche du nôtre définit la situation sociale par rapport au logement, la santé, la situation socio-économique et la perception des réfugiés de leur situation. Elle a utilisé l'échantillon accidentel avec une taille de 12 réfugiés alors que nous avons privilégié la technique d'échantillonnage volontaire avec 13 sujets.

Cependant, l'analyse des conditions de vie ne dit rien sur la question spécifique des femmes. Aussi, elle ne parle pas comme dans notre recherche de la manière dont ces demandeurs d'asile arrivent à se nourrir, à assurer l'éducation de leurs enfants et s'habiller décemment. Ce qui à notre sens semble important.

Vinaha NARENTINOUDJOU (2006) dans son mémoire « La prise en charge des réfugiés vivant à Bangui par le HCR » nous entretient de la problématique des réfugiés à Bangui (capitale de la Centrafrique). Ce pays accueille des réfugiés de nationalités différentes : soudanais, tchadiens, Congolais de Brazzaville, Burundais et Rwandais. Le HCR leur vient en aide dans les domaines de la santé et des assistances financières. De même, elle analyse les besoins de réfugiés en matière de logement, de nourriture et d'habillement.

L'intérêt de ce mémoire par rapport à notre thème est de mettre en lumière la situation politique difficile dans tous les pays des grands lacs ayant abouti à l'arrivée sur le pays en juin 2005 de 27 748 réfugiés dont 21 681 vivent dans des camps et 2 748 demandeurs d'asile. En outre, l'analyse des conditions de logement, de nourriture et d'habillement intéresse aussi notre étude.

Cependant, le document traite uniquement de la question sociale des réfugiés relevant du mandat de HCR mais n'aborde en aucun point les conditions de vie des demandeurs d'asile encore moins des femmes qui nous concernent au premier plan.

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