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Analyse critique de la régulation de la liquidité bancaire par une banque centrale communautaire et sa contribution au processus d'intégration régionale: Le cas de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC)


par Nina Madeleine Welakwe
Université Catholique d'Afrique Centrale - Maîtrise en Economie de Gestion 2006
  

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C- La création monétaire engendre2(*) l'inflation

L'inflation est une hausse généralisée et auto-entrenue du niveau général des prix ( ). D'après la théorie quantitative (1) et la théorie monétariste (2), l'inflation résulte de la création monétaire.

1) La théorie quantitative de la monnaie

La théorie quantitative de la monnaie est formulée par FISHER3(*) (cité par BRANA)sous la forme :

MV = PT (1) ; Avec

- M : la quantité de monnaie en circulation dans l'économie ;

- V : la vitesse de transaction, c'est-à-dire le nombre de fois où une unité monétaire est utilisée dans les transactions au cours d'une période donnée ;

- P : le niveau général des prix ;

- T : le volume des transactions.

FISHER suppose que : T est exogène car il est déterminé par le marché des biens à partir des facteurs de production disponibles, V est exogène car elle est déterminée par la technologie et les habitudes de paiements des agents, M est exogène car elle est contrôlée par les autorités monétaires. Sous ces hypothèses, FISHER tire de l'identité (1) ,qui est en fait une équation des échanges, une relation de causalité entre la monnaie et les prix : un accroissement de monnaie dans l'économie va provoquer un accroissement proportionnel du niveau général des prix.

La théorie quantitative de la monnaie fait de la création monétaire la principale cause d'une hausse continue du niveau général des prix. Plus une économie est liquide, plus le risque d'inflation est élevé et plus la monnaie (qui est un bien public) perd de sa valeur.

2) La théorie monétariste

La théorie monétariste est résumée par FRIEDMAN F4(*) qui a entériné la conclusion de FISHER : « La cause immédiate de l'inflation est toujours et partout la même : un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production. » (FRIEDMAN F., cité par BREMOND J. et GELEDAN A., 1984, p.189) L'équation de base du monétarisme est sous forme plus ou moins développée, l'équation de FISHER : MV = PY  (Masse monétaire × Vitesse de circulation de la monnaie = Indice des prix × Production globale). Les monétaristes considèrent que la vitesse de circulation de la monnaie est donnée ou varie peu, que le niveau de production dépend des conditions techniques et qu'en conséquence, le niveau des prix est uniquement lié à l'évolution de la masse monétaire.

La monnaie contribue au fonctionnement de l'économie mais une économie trop liquide anime des tensions inflationnistes et à l'inverse, une liquidité insuffisante de l'économie peut provoquer des pressions sur la trésorerie des entreprises et nuire à la croissance. La conclusion qu'on en tire est qu'une création monétaire excessive par rapport au potentiel de croissance de l'économie engendre de l'inflation5(*).

D'autre part, il est à noter que la monnaie est créée par des institutions privées en concurrence et orientées par la recherche de profit. Ainsi, «pour le banquier, le crédit est pleinement justifié dès lors que le bénéficiaire sera en mesure de rembourser sa dette à la date prévue. Mais, si l'ensemble des crédits accordés provoque une création de moyens de paiements excédents les exigences de l'équilibre économique, le processus inflationniste peut prendre de l'ampleur sans compromettre pour autant le remboursement des créances bancaires » (BERGER P. et ICARD A, 1995, P.119). Il s'avère indispensable de contrôler la capacité des banques à créer la monnaie car elles sont relativement immunes à une dégradation de la qualité de la monnaie.

La régulation de la liquidité bancaire, objet de la deuxième section de ce chapitre, permet non seulement de couvrir les besoins en monnaie centrale des banques afin qu'elles puissent boucler leur trésorerie mais également, de circonscrire leur activité de création monétaire pour que l'inflation qui en résulte ait un niveau acceptable.

* 2 En réalité, la simple fabrication de la monnaie est sans conséquence. En effet, la créance sur le système bancaire s'apparente à une reconnaissance de dette de la banque mais, qui n'a de valeur que pour celui qui la reçoit, pas pour celui qui l'émet. En d'autres termes, la monnaie n'acquiert de la valeur que si elle est mise en circulation.

* 3 FISHER I. (1867-1947) est considéré comme le premier grand économiste américain. En 1911, dans Le pouvoir d'achat de la monnaie, il donne la formulation, devenue célèbre, de la théorie quantitative de la monnaie, sous forme d'équation.

* 4 FRIEDMANN F., prix Nobel d'économie en 1976, fondateur de l'école de pensée appelée Monétarisme. Il est un héritier de la théorie quantitative traditionnelle de la monnaie.

* 5 Les théories modernes ont pour la plupart abandonné la stricte vision dichotomique et quantitativiste faisant de la quantité de monnaie en circulation, le seul et unique facteur explicatif de la hausse des prix. On distingue en plus de l'inflation par la monnaie, l'inflation par la demande, par les coûts, par les structures économiques et sociales, l'inflation importée, etc.

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