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Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
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A toi mon cher père, Angelo K. GNIMASSOUN, pour les
multiples ambitions que tu ne cesses de nourrir pour moi et que tu m'aides
aussi à réaliser à la mesure de tes moyens. Trouve
à travers ce travail, un soulagement à tes peines de tous les
jours dans l'espérance du meilleur pour ta progéniture. Que le
Seigneur te permette d'en bénéficier.
A toi ma chaleureuse maman, Thérèse K. KOUADIO,
pour la grandeur de ton coeur, sens de l'amour indéfectible dont tu fais
preuve pour tes enfants. Tu nous as prouvé que pour ses enfants, une
mère est capable de tout sacrifier, même sa vie. Je ne saurais
vraiment trouver les mots pour te dire merci mais je sais que mon coeur est
plein d'amour pour toi.
A toi feu grand-père, Mathias GNIMASSOUN, pour tes
enseignements qui m'ont beaucoup servi. Tu nous as toujours dit que le travail
peut fatiguer son homme mais il ne le tue jamais. Ces propos m'ont beaucoup
aidé. Je te dis merci.
Azzee exe 814.1,:ste eN-I~~SSOUN-
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
L'aboutissement de cette oeuvre a été possible
grâce au concours de près ou de loin de nombreuses personnes.
C'est le moment pour nous de leur être reconnaissant et de leur adresser
nos vifs et sincères remerciements. Nous nous adressons tout
particulièrement :
Au Docteur Charlemagne IGUE, notre maître de
mémoire, pour son accord à diriger ce travail malgré ces
multiples et impérieuses occupations mais aussi pour la rigueur
scientifique exigée de ce travail ;
A tout le corps professoral de la FASEG, pour les sacrifices
consentis aux fins de nous assurer cette formation qui donne un sens à
notre vie ;
Au Directeur Général des Affaires Economiques du
Ministère de l'Economie et des Finances, Monsieur Boko BAGUIDI, pour
s'être particulièrement intéressé aux
différents sujets économiques qui ont fait l'objet de motivation
de notre stage dans la direction dont il a la charge.
Au Directeur de la Prévision et de la Conjoncture du
Ministère de l'Economie et des Finances, Monsieur Bachir SOUBEROU, pour
nous avoir accordé tout ce temps de stage qui nous a permis non
seulement d'être suffisamment inspiré mais également de
disposer des outils nécessaires pour l'accomplissement de ce travail
;
A Monsieur Aristide MEDENON, notre tuteur de stage, pour le
soutien combien salutaire que vous nous apportez. Vos enseignements nous
édifient et vous ne pouvez pas savoir combien cela est significatif dans
notre vie. Nous ne saurions vraiment trouver les mots pour manifester notre
gratitude.
A Monsieur André OTCHOUN, pour sa marque de sympathie et
ses conseils. Recevez à travers ce mémoire l'expression de nos
sincères remerciements ;
A Madame Arlette AHAMIDE et à Madame Marianne ALIKPANOU
pour leur gentillesse et leur amour particulier pour nous ;
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GNIMASSOUN
A tout le personnel de la Direction Générale des
Affaires Economiques en général et à celui de la Direction
de la Prévision et de la Conjoncture en particulier. L'ambiance
fraternelle qui a caractérisé tout ce temps a été
d'une importante contribution ;
A Madame OGOUMA Hélène et son époux,
Monsieur Antoine AKPO, pour leur marque de soutien et leurs précieux
conseils ;
A Madame KOFFI Marcelle, pour tous ses bienfaits et ses conseils
de mère ; A Monsieur Hilaire BADJAGOU pour ses précieux conseils
;
A Monsieur Cosme BADJAGOU pour sa marque de
générosité et ses conseils ;
Aux messieurs Cyrille KADOKE et Blaise ASSOGBA, pour leurs
soutiens de tous les jours ;
A tous mes frères et soeurs et tout
particulièrement à Marina, Antoine, Jules Roland, Fidèle
et Jérémie, pour leur amour fraternel ;
A notre grande famille au Bénin et en Côte d'Ivoire,
pour signifier tout notre amour pour elle ;
A tous mes amis (es) en l'occurrence : Georges BADJAGOU, Bruno
DADJO, Viviane AFOUDA, Virginie TONY, Parfait HOUEHOU, Francis BADOU, Jules
DETONDE, Charles ADJAKPA, Patrice ASSOGBA, Nestor ODJOUMANI, Achile DATE,
Brigitte BATONON, Balbine AHOMAGNON, Emmanuel AKAKPO, Hubert DOSSOU;
A tous ceux qui de près ou de loin ont contribué
à notre formation et dont les noms n'ont pas été
cités, recevez toutes nos profondes gratitudes.
Azzee exe 814.1,:ste eN-I~~SSOUN-
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GLOSSAIRE DES SIGLES ET
ABREVIATIONS
BAD : Banque Africaine de
Développement
BTP : Bâtiments Travaux Publics
|
CEPII DCI
|
: :
|
Centre d'Etudes Prospectives et d'Information internationale
Direction du Commerce Intérieur
|
*
: :
|
Ecole Nationale d'Economie Appliquée et de Management
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion
Fonds Monétaire International
|
FOB : Free On Bord
INSAE : Institut National de la Statistique et
de l'Analyse Economique
MEF : Ministère de l'Economie et des
Finances
MEGIS : Modèle d'Equilibre
Général Inter temporel Stochastique
MOSARE : Modèle de Simulation et
d'Analyse des Réformes Economiques
PIB : Produit Intérieur Brut
OCDE : Organisation pour le Commerce et le
Développement Economique
*
: :
|
Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole
Orientations Stratégiques de Développement
Stratégie de Croissance Pour la Réduction de la
Pauvreté
|
SONACOP : Société Nationale de
Commercialisation des produits Pétroliers
TVA : Taxe sur Valeur Ajoutée
URSS : Union des Républiques Socialistes
et Soviétiques
VAR : Vectoriel AutoRegressif
*
|
Vector Error Correction Model
|
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LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES
TABLEAUX
Tableau 1 : Facteurs explicatifs de la flambée des
cours pétroliers depuis 2003 ......................... 27 Tableau 2 :
Tableau de volatilité et de corrélation
........................................................................ 30
Tableau 3 : Volume des importations béninoises de pétrole
........................................................ 33 Tableau 4 : Tableau
récapitulatif des effets prix, volume et change
............................................. 34 Tableau 5 : Estimation de la
perte de recettes fiscales de
l'Etat................................................... 44
Tableau 6 : Estimation du gain des trafiquants
.............................................................................
45
Tableau 7 : Estimation du gain du consommateur
....................................................................... 45
Tableau 8 : Estimation du gain de l'économie
..............................................................................
46
Tableau 9 : Résultats du test de racine unitaire
...........................................................................
49
Tableau 10 : Choix du nombre de retards optimal
..........................................................................
49 Tableau 11 : Résultats de l'estimation du modèle VAR
.................................................................. 50
GRAPHIQUES
Graphique 1 : Ajustements au choc pétrolier
...............................................................................
8 Graphique 2 : Evolution de la demande et de l'offre mondiale de
pétrole brut .......................... 26 Graphique 3 : Consommation
intermédiaire en pétrole des branches
....................................... 31 Graphique 4 : Evolution des
importations de pétrole au Bénin
.................................................. 32 Graphique 5 : Evolution
de la production de pétrole brut au Bénin
............................................ 36 Graphique 6 : Structure des
prix des produits pétroliers au Bénin
............................................. 40 Graphique 7 : Evolution
comparée du cours du dollar en FCFA et du cours du baril de
pétrole endollars (2002-2007)
..............................................................................................................
42 Graphique 8 : Evolution comparée du cours du baril en FCFA courant et
en FCFA de 2002.... 43 Graphique 9 : circuit théorique de
causalité
..............................................................................
57 Graphique 10 : circuit de causalité empirique pour le Bénin
...................................................... 57
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SOMMAIRE
INTRODUCTION 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE 3
1-1 PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE L'ETUDE
3
1-2 REVUE DE LA LITTERATURE 7
1-3 ASPECTS METHODOLOGIQUES 17
CHAPITRE II : MARCHE PETROLIER MONDIAL ET ANALYSE DE LA
SITUATION PETROLIERE AU BENIN 24
2-1 LES DETERMINANTS ET LES PERSPECTIVES DU MARCHE PETROLIER
MONDIAL 24
2-2 FAITS STYLISES DE L'ECONOMIE BENINOISE 30
2-3 LE MARCHE PETROLIER BENINOIS 35
2-4 LA GESTION DU CHOC PETROLIER AU BENIN 42
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS DE LA MODELISATION
VAR 48
3-1 PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE
L'ESTIMATION 48
3-2- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS
52
3-3- ETUDE DE LA CAUSALITE ET DECOMPOSITION DE LA VARIANCE 56
3-4- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS AU NIVEAU
SECTORIEL 59
3-5- RECOMMANDATIONS DE L'ETUDE 62
CONCLUSION 63
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 63
ANNEXES 63
TABLE DES MATIERES
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La récession économique à
l'échelle mondiale qui a suivi la crise pétrolière de 1973
a suscité un nombre important d'études qui se sont
intéressées à la relation entre prix du pétrole et
activité économique. Pendant plus de trente ans, des travaux
multiples ont été dédiés à la question des
chocs pétroliers. Pourtant, et malgré un vif débat autour
de l'importance de ces chocs sur les économies africaines, peu de
recherches empiriques se sont intéressées au sujet. Dans ce
travail, nous examinons la sensibilité de l'économie
béninoise au changement des prix du pétrole. Cette investigation
est basée sur les données annuelles du prix du baril de
pétrole couvrant la période 1970-2007. Elle utilise la
modélisation VAR pour identifier la relation entre prix du
pétrole et quelques indicateurs macroéconomiques (le Produit
Intérieur Brut, l'Inflation, le déficit courant hors transferts,
le déficit budgétaire et la valeur ajoutée des secteurs
transport et industrie). Les résultats révèlent que
l'inflation et le déficit courant hors transferts sont significativement
influencés par les fluctuations des prix de pétrole. L'analyse
est aussi allée à une exploration des réponses des
différents agrégats suite à un choc du prix du baril de
pétrole. Des résultats obtenus, il ressort, pour de nombreux cas,
l'évidence que les prix de pétrole sont hautement perturbateurs
pour l'économie. Il est néanmoins important de signaler que le
secteur pétrolier informel au Bénin a joué un rôle
d'amortisseur dans le processus de transmission du choc pétrolier.
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Le prix du pétrole a flambé à partir du
second semestre 2003 pour atteindre les 78 dollars le baril en Août 2006,
soit un triplement des cours depuis 2002. Cette tendance récente des
prix du pétrole suscite l'inquiétude des pays importateurs nets
qui gardent encore en souvenir les retombées négatives sur leurs
activités économiques, des chocs pétroliers de 1973 et
1979.
A la différence des premières crises qui
étaient plus liées à la rupture d'approvisionnement, celle
observée depuis quelques temps est la conséquence d'un
enchaînement de « mini-chocs » dans un contexte marqué
par une augmentation significative de la demande mondiale de pétrole en
lien avec la reprise économique mondiale. Selon l'Agence Internationale
de l'Energie (AIE), la croissance de la demande globale de pétrole brut
s'est établie à 3,9% en 2004 après 1,9% en 2003, 0,5% en
2002 et une moyenne de 1,5% depuis 1985. En effet, la montée en
puissance de la Chine, de l'Inde et d'autres pays asiatiques dans les
marchés mondiaux s'est accompagnée d'une hausse de leurs besoins
en produits pétroliers au moment où ceux des Etats-Unis demeurent
soutenus. Ainsi, sur le marché pétrolier, la demande de la Chine,
de l'Inde et du Moyen-Orient a représenté plus de 56% de la
hausse de la consommation de 2001 à 2007. Celle-ci découle en
partie du développement du parc automobile, dû à
l'amélioration du revenu par habitant. En Chine par exemple, les ventes
de véhicules ont plus que quintuplé au cours de cette
période (FMI, 2008). De même, l'industrialisation et
l'urbanisation des pays émergents, la Chine surtout, stimulent vivement
la demande d'électricité d'origine pétrolière. Dans
certains pays, la poussée de la demande de pétrole résulte
aussi de la politique économique, surtout là où les prix
internes sont déconnectés des cours mondiaux (prix
subventionnés), comme dans les pays exportateurs. Outre ce dynamisme
constaté au niveau de la demande, le boom actuel sur le marché
pétrolier est également dû au fait que l'offre met du temps
à s'ajuster à la progression de la demande. Les
difficultés structurelles sont marquées dans le domaine du
pétrole, où la croissance des capacités de production en
réponse à la hausse persistante des cours a été
insuffisante ces dernières années.
Ces facteurs liés à l'offre et à la
demande sur le marché pétrolier n'expliquent pas
l'intégralité du phénomène de la flambée des
prix. La recrudescence des incertitudes géopolitiques à l'instar
des agitations sociales en Equateur qui ont conduit à une suspension des
exportations, les troubles au Nigeria, la crainte d'un changement de
régime en Arabie Saoudite (premier producteur de pétrole)
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suite au décès du roi Fahd, la menace par l'Iran
de ses activités nucléaires et les menaces d'interruption des
livraisons vers les Etats-Unis en provenance du Venezuela ont joué un
rôle important dans le renchérissement des prix de l'or noir.
Dans le contexte actuel de mondialisation,
caractérisé par l'interdépendance entre les
systèmes économiques et sociaux des différentes
régions, la question de la flambée mondiale du prix du
pétrole mérite une attention particulière. Cette attention
est d'autant plus indispensable que l'effet de contagion des crises est
notable. En plus, l'ascension des prix du pétrole affecte
également d'autres produits de base, à la fois en raison du
mécanisme classique d'inflation par les coûts (le pétrole
étant un intrant pour l'agriculture et la production de métaux
comme l'aluminium) et d'effets de substitution. C'est d'ailleurs une raison
fondamentale de la crise actuelle que traverse le monde entier où les
produits de grande consommation ont connu un renchérissement notable de
leurs prix.
Après les difficultés économiques des
années 80, le Bénin s'est assigné de nouveaux défis
allant dans le sens de la réduction de la pauvreté et de
l'amélioration du bien-être des populations. Ces objectifs sont
d'ailleurs traduits dans les Orientations Stratégiques de
Développement (OSD) et s'inscrivent dans la droite ligne de la
Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté
(SCRP). En effet, dans cette perspective d'émergence, le Bénin
devra faire face à davantage de demande pétrolière. Il est
également important de noter que la faiblesse de la base productive du
Bénin la rend très vulnérable aux chocs extérieurs
tels que les fluctuations des prix du coton et du pétrole. Convient-il
donc de s'intéresser à la situation actuelle sur le marché
pétrolier et de s'interroger notamment sur l'impact de la flambée
du prix du pétrole sur l'économie béninoise. La
présente étude intitulée « Impact de la
flambée mondiale du prix du pétrole sur l'économie
béninoise » tente d'apporter une appréciation de l'incidence
de la hausse du prix du pétrole sur l'économie béninoise
notamment à travers quelques indicateurs macroéconomiques
susceptibles de refléter ses performances aussi bien interne
qu'externe.
Ce document s'articule autour de trois chapitres. Le premier
est consacré au cadre théorique et à la
méthodologie de la recherche. La présentation de l'environnement
national et international du pétrole fait l'objet du deuxième
chapitre. A ce niveau nous mettrons d'abord l'accent sur les
développements récents du marché pétrolier mondial
de même que les perspectives à moyen et long terme de ce
marché. Ensuite une analyse microéconomique mettra l'accent sur
la structure de l'économie béninoise et le mécanisme de
transmission du choc pétrolier. Quant au troisième chapitre, il
traite de l'analyse des résultats de la modélisation. Ici, nous
recourons aux outils économétriques pour étayer
l'analyse.
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1-1 PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE
L'ETUDE
Dans cette partie, nous mettons l'accent sur les
différents problèmes que soulève la flambée
mondiale du prix du pétrole avant de préciser non seulement les
objectifs que nous nous fixons à travers ce travail mais aussi les
hypothèses y afférentes.
1-1-1 Prob(ématique
Le pétrole a toujours constitué une
matière première indispensable au fonctionnement des
économies depuis sa découverte en 1859 par Edwin Drake et Georges
Bissell en Pennsylvanie aux Etats-Unis. Son rôle est encore plus
déterminant pour les économies qui se veulent émergentes
et Monsieur Pascal I. KOUPAKI, alors Ministre du Développement, de
l'Economie et des Finances l'a si bien compris quand il s'interrogeait lors de
sa première rencontre avec les centrales syndicales en novembre 2006:
« Que pouvons-nous faire aujourd'hui sans carburant ? ». Ainsi, la
hausse mondiale du prix du pétrole constitue un sujet de
préoccupation majeure dans tous les pays importateurs nets. Lors de ses
assemblées annuelles 2006, le groupe de la Banque Africaine de
Développement (BAD) s'est interrogé sur l'impact réel de
la flambée des prix du pétrole sur les économies
africaines.
Alors que l'augmentation du prix du pétrole
représente une chance unique pour bon nombre de pays producteurs du
pétrole, cette hausse persistante, constitue un véritable
défi pour les importateurs nets du pétrole. Il en
résultera de sérieuses contraintes financières pour
plusieurs pays pauvres très endettés importateurs du
pétrole.
Une hausse du prix du pétrole constitue un choc en
termes de l'échange. Ainsi, l'augmentation du prix du pétrole
relativement aux prix des autres biens échangés,
bénéficie aux fournisseurs de pétrole et coûte aux
acheteurs. Elle se traduit donc par un transfert de revenu des pays
importateurs nets de pétrole vers les pays exportateurs nets.
En effet, une hausse du prix du pétrole affecte
directement les entreprises, les ménages et le gouvernement. D'abord,
elle provoque l'augmentation du prix des produits pétroliers au plan
national, celui de plusieurs intrants intermédiaires, et entraîne
finalement l'envolée des coûts de production. Par voie de
conséquence, elle peut inciter les entreprises à réduire
leur demande en main-d'oeuvre, leurs investissements et leur production.
Ensuite, la demande de pétrole à court terme étant
fortement
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inélastique au prix, les consommateurs sont
amenés à réduire leur consommation de biens et services
pour honorer leurs factures d'énergie. En outre, les pays importateurs
de pétrole connaissent des problèmes de balance des paiements
puisqu'ils doivent disposer de plus de ressources pour honorer des factures
plus élevées au titre de l'importation du pétrole. Le
gouvernement aussi, se voit contraint de faire face à des engagements
budgétaires plus importants qui peuvent compromettre sa capacité
à financer des programmes sociaux. Ces hausses de prix et de coûts
exercent donc un effet négatif à court terme tant sur la demande
que sur l'offre, et par ricochet sur l'activité économique
nationale. De plus, la baisse de l'activité chez les économies
partenaires affecte la demande extérieure et donc les exportations.
Parallèlement à la baisse de la demande, une
hausse des prix pétroliers entraîne à court terme une
hausse de l'inflation. Il est ordinaire de distinguer dans l'analyse un effet
inflationniste direct, de possibles effets indirects, dits « de second
tour ». Ainsi, l'effet direct sur les prix à la consommation d'une
augmentation du prix du baril reflète le poids de celui-ci dans le
panier de consommation moyen. Les effets de second tour proviennent des
tentatives, par les entrepreneurs et les salariés, de compenser la perte
de revenu entraînée par le choc pétrolier. Ainsi, les
producteurs peuvent transmettre à leurs clients la hausse des
coûts en relevant les prix de vente, ce, afin de restaurer leurs marges.
De leur côté, de façon à maintenir leur pouvoir
d'achat, les salariés peuvent exiger une augmentation compensatoire des
salaires, susceptible de nourrir une nouvelle hausse des prix. En outre, les
prix d'autres sources d'énergie peuvent augmenter en lien avec la hausse
du prix du pétrole, avec le même type d'effet. C'est en
particulier le cas pour le gaz, dont les prix sont souvent indexés avec
un retard de quelques mois sur ceux du pétrole. De tels
enchaînements conduisant à une spirale inflationniste ont
été notamment à l'ceuvre à la suite du choc
pétrolier de 1973, conduisant à une élévation
marquée non seulement de l'inflation courante mais aussi des
anticipations d'inflation.
Les récentes hausses des prix du pétrole
s'expliquent en grande partie par la demande de pétrole de la part de
l'Asie de l'Est, spécialement de la Chine. En effet, le modèle de
croissance emprunté par la Chine, avec son vaste programme
d'infrastructures et le rattrapage de revenu de sa population, est un facteur
déterminant de la croissance à long terme de la demande mondiale
de pétrole. Ainsi, il est estimé par l'Agence Internationale de
l'Energie (AEI) que, si ce pays rejoignait les standards européens de
taux de motorisation (soit 585 véhicules pour 1000 habitants, contre 12
actuellement), il faudrait consacrer 80 millions de barils par jour pour la
satisfaire, soit le niveau actuel de la demande mondiale.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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En plus de cette forte demande, les ruptures observées
dans les pays producteurs de pétrole, et les contraintes au niveau de la
capacité de production des raffineries, ont suscité des tensions
supplémentaires sur le marché du pétrole. Même si
les contraintes d'approvisionnement peuvent être résolues à
moyen terme, la forte demande quant à elle persistera et confortera la
hausse des cours du pétrole. L'Agence International de l'Energie, dans
ses perspectives à l'horizon 2030, table sur une forte demande de
pétrole venant surtout des pays dits « en transition ». Cette
demande selon l'AIE devra croître d'environ 1% par an pour atteindre les
120 millions de barils par jour contre 86 millions de barils en 2007. Cette
variation de la demande se conjuguera d'après l'AIE, avec une
augmentation du prix réel du pétrole de 8 dollars par baril.
Au vu des analyses précédentes, il
apparaît très probable que l'économie béninoise, de
par la dynamique actuelle de ses importations en produits pétroliers
coure de sérieuses difficultés d'ordre économiques surtout
avec l'évolution récente des prix. En effet, les importations de
pétrole au Bénin sont en augmentation régulière et
ont atteint 8,3% du PIB nominal en 2007 contre 3,7% en 2000 (Port Autonome de
Cotonou, 2008). De ce fait, une perturbation de l'équilibre tant
extérieur qu'intérieur de l'économie béninoise est
envisageable. Une simulation effectuée sur la base du Modèle de
Simulation et d'Analyse des Réformes Economiques (MOSARE)1,
élaboré par la Direction de la Prévision et de la
Conjoncture (DPC) retient qu'une hausse de 10% du prix du baril de
pétrole indurait 2,4 points de croissance perdus pour l'économie
béninoise en 2006 et 1,4 point en 2007.
De plus, les perspectives à long terme sur le
marché pétrolier mondial laissent entrevoir que le pétrole
sera un intrant de plus en plus difficile d'accès. Ceci est en contraste
avec la vision du Gouvernement béninois de promouvoir
l'industrialisation qui induirait toutes choses étant égales par
ailleurs, une forte demande de pétrole. Dans un tel contexte, il nous
semble impérieux de répondre à une préoccupation
majeure : « Quel est l'impact de la flambée mondiale du prix du
pétrole sur l'économie béninoise ? ». La
réponse à cette question nécessite qu'une lumière
soit faite sur un certain nombre d'inquiétudes : d'une part, la hausse
du prix de pétrole n'est-elle perturbateur de l'activité
économique au Bénin ? ; N'est-elle pas source de la
dégradation du pouvoir d'achat des ménages béninois ?
D'autre part, quelle serait l'incidence d'un choc pétrolier sur les
déficits
1 Le MOSARE est un modèle de type Presto. Il est
destiné aux simulations et au cadrage macroéconomique de la loi
de Finance au Bénin. Sa fonction essentielle est de réaliser des
projections à court terme (de un à trois ans) de
l'économie béninoise de manière à établir un
programme soutenable de dépenses et de recettes. Le MOSARE n'est pas un
modèle économétrique. Il appartient à la classe des
modèles « quasi comptables » conçus pour projeter les
données économiques d'un pays ne disposant pas de longues
séries.
Le modèle Presto a été conçu en 1993
par la division de l'ajustement et de la macroéconomie de la Caisse
Française de Développement, pour le cadrage
macroéconomique des pays relevant de son champ d'intervention.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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budgétaire et courant ? C'est à ces
différentes préoccupations que la présente étude,
qui s'inscrit dans la logique des travaux réalisés jusque
là sur le choc pétrolier et ses retombées sur
l'économie, tente de répondre. Contrairement au MOSARE, nous
faisons l'analyse en nous basant sur un outil économétrique.
1-1-2 Objectifs et hypothèses de
('étude
Pour mener à bien ce travail de recherche, un certain
nombre d'objectifs et d'hypothèses s'avèrent nécessaires
pour canaliser notre vision afin de nous alléger la tâche.
1-1-2-1 Objectifs de ('étude
L'Objectif principal de ce travail est d'étudier les
conséquences de la hausse mondiale du prix du pétrole sur
l'économie nationale. De manière spécifique, il s'agira de
:
|
Mesurer l'impact de la hausse mondiale du prix du pétrole
sur la croissance économique ; Etudier l'incidence de la flambée
mondiale du prix du pétrole sur l'inflation au Bénin ;
Mettre en exergue les conséquences de l'augmentation du
prix du pétrole sur les déficits budgétaire et courant
hors transferts.
|
1-1-2-3 Hypothèses de ('étude
Hypothèse 1 : La hausse mondiale du prix
du pétrole affecte négativement l'activité
économique.
Hypothèse 2 : La flambée du prix
du pétrole influence positivement l'inflation au Bénin.
Hypothèse 3 : L'augmentation du prix du
pétrole accentue les déficits budgétaire et courant hors
transferts.
1-1-3 Intérêt du sujet
Les développements sur le marché
pétrolier mondial et leurs incidences sur les économies depuis
les années 70 n'ont pas laissé indifférents les auteurs
qui se sont activement penchés sur le sujet. En effet, des
modèles postulent que le logarithme du PIB réel est
linéairement lié au logarithme du prix réel du baril du
pétrole. Une implication de cette linéarité est que si le
prix du baril baisse, alors la production doit augmenter et vice versa. Cette
conception de l'analyse se remarque dans la plupart des travaux
réalisés dans notre pays sur le pétrole (Olushègun
et Dieudonné (2000), Hubert (2006))
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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ainsi que dans d'autres sujets de recherche. Cependant,
l'argument selon lequel les chocs pétroliers contribuent directement aux
retournements conjoncturels suscite des controverses en ce sens que la
corrélation entre le prix du pétrole et l'activité
économique paraît faible d'après une analyse faite sur la
base de données de l'économie américaine, observées
depuis 1985 (Hooker, 1996). C'est ainsi que Sims, après avoir
postulé que les modèles macroéconométriques
imposent des contraintes sur les variables et des a priori
économiques non justifiés du point de vue statistique, propose
à la place les modèles VAR. Ces modèles ont
été utilisés par plusieurs auteurs dont Bernanke, Gertler
et Watson (1997), Hamilton (2000) et plus récemment par Mouhamadou et
Abdoulaye (2007) pour apprécier l'impact de la hausse du prix du
pétrole sur la stabilité macroéconomique du
Sénégal.
Notre étude aura le mérite, premièrement
de prendre en considération les critiques formulées à
l'endroit des modèles macroéconométriques par Lucas et
Sims en prenant en considération les interactions entre les variables
économiques. Deuxièmement, contrairement aux études
basées sur les modèles linéaires simples qui se contentent
de décrire simplement les relations entre les variables, cette
étude aura pour intérêt de mesurer la direction, l'ampleur
et la durée avec lesquelles un choc pétrolier affecte les
agrégats et donc l'économie en général. En
définitive, cette étude pourra éclairer l'analyse aux fins
de propositions concrètes de politiques économiques.
1-2 REVUE DE LA LITTERATURE
Dans cette partie, nous nous intéressons d'abord aux
principaux mécanismes de transmission d'un choc pétrolier. Nous
passerons en revue les interprétations traditionnelles des auteurs
classiques et keynésiens quant à l'ajustement aux chocs sur
l'offre (J. Généreux, 2003), le modèle
néo-keynésien traditionnel « offre agrégée
demande agrégée » pour apprécier l'impact
combiné du renchérissement du pétrole et de
l'appréciation de l'euro sur l'économie européenne (CEPII,
2005). Ensuite une attention sera portée sur les études
empiriques effectuées par quelques auteurs sur le sujet.
1-2-1 Mécanisme de transmission d'un choc
pétro(ier
Les principaux canaux de transmission des variations du prix du
pétrole à l'économie réelle mis en avant dans la
littérature sont les suivants. La hausse du prix du pétrole
entraîne :
1. Une augmentation du coût des consommations
intermédiaires suivie d'un ralentissement de la production et de la
productivité ;
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GNIMASSOUN
2. Un transfert de richesses entre les pays importateurs nets et
les pays exportateurs nets de pétrole ;
3. Une hausse de l'inflation, suivie éventuellement
d'effets de second tour liés à l'ajustement des salaires ;
Une baisse de la consommation de biens durables et de
l'investissement, car l'environnement économique est incertain.
Les auteurs classiques, keynésiens et
néo-keynésiens ont apporté leurs analyses sur la question
du choc pétrolier, ses conséquences et les mécanismes
d'ajustement possibles.
1-2-2 Ajustement aux chocs pétro(iers sur
('offre
Sur le graphique suivant, OLT désigne
l'offre verticale de long terme, OCT l'offre croissante de
court terme et D désigne la demande.
Graphique 1 : Ajustements au choc
pétro(ier
En supposant une économie en situation
d'équilibre général de plein-emploi (au point A),
examinons l'effet d'un choc pétrolier caractérisé par une
hausse soudaine et considérable du prix du pétrole dans cette
économie où cette matière première est
entièrement importée et représente une part importante des
besoins énergétiques. Toutes choses étant égales
par ailleurs, la conséquence
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immédiate de ce choc est une hausse sensible du
coût réel de production et une diminution des profits. Pour un
prix donné, les producteurs sont donc incités à
réduire leur production et la courbe d'offre se déplace vers la
gauche et l'on atteint un nouveau point d'équilibre B,
caractérisé par un niveau général des prix plus
élevé et une production réduite, inférieure au
niveau de plein-emploi.
1-2-2-1 La (ogique c(assique et
monétariste
Dans l'optique classique, le point B n'est pas un point
d'équilibre. Il décrit seulement ce vers quoi tendrait
l'économie si les prix n'étaient pas parfaitement flexibles.
Au point B en effet, Y1 <
Ype ; le chômage apparaît donc sur le marché
du travail et exerce
instantanément une pression à la baisse des
salaires nominaux. La baisse des salaires compense la hausse des coûts
d'approvisionnement énergétique et les producteurs peuvent
maintenir leur offre au niveau initial. A la limite, si la vitesse d'ajustement
des prix est infinie et si les anticipations sont rationnelles, l'offre ne se
déplace pas du tout vers la gauche, même à court terme.
Dès l'annonce du choc pétrolier, les employeurs comme les
travailleurs savent dans quelles proportions il faut baisser les salaires
nominaux pour maintenir le plein-emploi. Les contrats sont
instantanément renégociés, l'offre et les prix ne changent
pas, les salaires nominaux sont ajustés dans les proportions
nécessaires et l'on reste au point A.
Dans l'optique monétariste, les anticipations et la
flexibilité des salaires ne sont pas parfaites à court terme.
Dans un premier temps, on se déplace vers le point B. Un choc sur
l'offre peut donc engendrer la stagflation : conjonction de l'inflation et
d'une baisse de la production. Toutefois, cet effet pervers n'est que
temporaire. Au point B, en effet, il existe un chômage qui exerce une
pression à la baisse des coûts d'approvisionnement
énergétique et les producteurs peuvent à nouveau augmenter
l'offre de biens et services. L'offre repart vers la droite et le niveau
général des prix baisse. Tant que la production reste
inférieure au plein-emploi, le chômage subsiste ; la baisse des
salaires se poursuit jusqu'à ce que l'offre soit revenue en
OCT0 , où le plein-emploi est établi.
La différence entre les
logiques classique et monétariste ne porte que sur le
temps nécessaire à l'ajustement vers le point d'équilibre
de long terme. Il convient de noter qu'à la suite de cet ajustement, le
pouvoir d'achat des travailleurs a régressé. En effet, les
salaires nominaux ont baissé, mais le niveau général des
prix est revenu à son niveau initial. La baisse du coût
réel du travail compense donc exactement l'augmentation des coûts
de production associés au choc pétrolier. Il faut bien en effet
que quelqu'un paie la facture. En l'occurrence, ce sont les travailleurs qui
supportent la totalité du coût d'ajustement.
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Pourquoi les travailleurs sont-ils censés accepter
cette charge ? D'une part, parce qu'ils finissent par réaliser que la
réduction du pouvoir d'achat est la condition du maintien de leur
emploi. D'autre part, parce qu'ils sont plus sensibles aux variations de leur
revenu permanent qu'à celles de leur revenu courant : il est rationnel
d'accepter un coût transitoire en échange du maintien de l'emploi
et donc du maintien des revenus futures.
En conclusion : les chocs sur l'offre (comme les chocs sur la
demande) n'ont éventuellement d'effets pervers que dans le court terme.
L'économie retourne d'elle-même vers l'équilibre
général de plein-emploi. La politique économique est donc
inutile.
1-2-2-2 La (ogique keynésienne
Si le court terme était très court,
peut-être le processus ci-dessus serait politiquement acceptable. Si,
d'une part, les travailleurs acceptaient, dès l'apparition des premiers
chômeurs, une baisse des salaires nominaux proportionnelle à
l'augmentation des coûts de production, et si d'autre part, les
entreprises rabaissaient leurs prix dès les premières baisses de
salaires, le passage par le point B (et le chômage) serait bref.
Mais il y a peu de chances pour que les prix et salaires
réagissent aussi vite et n'aient que des effets favorables à la
reprise de l'activité et de l'emploi. Dès lors, on peut craindre
que le passage par le point B soit durable. De plus, si les baisses de salaire
ont d'abord des effets pervers sur la demande et l'emploi, le processus
d'ajustement classique peut entraîner momentanément un recul
encore plus marqué de la demande globale et une poussée encore
plus importante du chômage. Ce processus risque d'être non
seulement plus long que prévu, mais aussi plus coûteux.
Il est donc utile d'étudier les mérites
éventuels d'une stratégie plus interventionniste. Sur la figure,
il apparaît qu'une politique keynésienne de relance pourrait
déplacer la demande globale de D0 à
D1 pour atteindre le point C. Certes, cela renforce
l'inflation, mais on évite la récession de la
production et la montée du chômage. Il est
à noter qu'au point C, comme au point A, les salaires réels ont
baissé. Mais cette fois, la baisse du coût réel du travail
a été obtenue par la hausse des prix, avec un salaire nominal
inchangé : les travailleurs ne semblent pas finalement mieux
traités, quelle que soit la stratégie adoptée. Cependant,
la stratégie keynésienne présente deux atouts. D'une part,
elle évite la confrontation directe entre employeurs et employés
qu'exige une renégociation des salaires nominaux à la baisse.
D'autre part, quitte à devoir payer la facture, les travailleurs
préfèrent la stratégie keynésienne, qui a du moins
le mérite de leurs éviter la période d'ajustement par
le
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chômage. Plus les délais associés au
processus d'ajustement classique sont longs, et plus la stratégie de
relance de la demande présente d'avantages.
1-2-2-3 Prob(ème de fond: Le partage de (a va(eur
ajoutée
En admettant que le gouvernement ait adopté la
stratégie de relance de la demande pour compenser l'effet
dépressif du choc pétrolier, le nouveau point d'équilibre
est donc le point C. Mais cet équilibre risque fort d'être
instable. Les travailleurs finissent par réaliser tout à fait
l'ampleur de la hausse des prix et comprennent que le recul de leur pouvoir
d'achat a permis à la nation de payer la totalité de la facture.
Il est donc probable qu'ils réclament des hausses de salaires nominaux
pour déplacer une partie du coût sur les employeurs. Ces derniers
essaieront à leur tour de reporter les hausses de salaires qu'ils
devront concéder sur de futures hausses de prix, et ainsi de suite.
L'économie peut s'enfermer dans une spirale d'inflation par les
coûts.
Ce problème n'est pas spécifique à la
stratégie keynésienne. Il se pose exactement dans les mêmes
termes si l'on part du point A sur la figure. En ce point en effet, il n'y a
aucune raison pour que les travailleurs qui ont dû supporter une
période plus ou moins longue de montée du chômage et
d'accepter des baisses de salaires pour rétablir l'emploi,
tolèrent indéfiniment de supporter seuls les coûts
associés au choc pétrolier. Là aussi, ils finissent par
réclamer des hausses de salaires nominaux et par enclencher une spirale
d'inflation par les coûts.
Quelle que soit la réaction politique initiale au choc
pétrolier, le coût entraîné par ce dernier doit
être payé d'une manière ou d'une autre. Une attitude de
laisser-faire peut déboucher sur un cycle d'affrontement entre
salariés et employeurs, chacun parvenant à son tour à
rétablir momentanément sa part dans la valeur ajoutée. Le
rétablissement d'un équilibre stable suppose un partage du
coût jugé équitable par les parties en présence. Sur
la figure, une stratégie de partage des coûts peut consister
à stimuler la demande et à freiner le recul de l'offre de
façon à atteindre un point situé entre A et C. La relance
de la demande incombe au gouvernement. La maîtrise du recul de l'offre
globale peut résulter d'une diminution du taux de marge acceptée
par les producteurs. Les profits et pouvoir d'achat régressent, chacun
supportant une partie du coût d'ajustement.
1-2-3 Impact combiné du renchérissement du
pétro(e et de ('appréciation de ('euro
On se place ici dans le cadre du modèle
néo-keynésien traditionnel « Offre agrégée -
Demande agrégée ». L'offre agrégée est la
production souhaitée par les entreprises pour chaque niveau
général des prix. Cette offre augmente à court terme avec
l'indice de prix en raison de l'indexation imparfaite
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des salaires sur les prix (hausse de prix réduit
à court terme les salaires réels payés par les
entreprises, ce qui les incite à embaucher et à produire). La
demande agrégée est, elle, une fonction décroissante du
niveau général des prix parce qu'une hausse de prix réduit
la valeur réelle de toute la partie de la richesse des ménages
qui n'est pas indexée sur les prix et parce que la hausse de prix
réduit la demande extérieure nette par un effet de
compétitivité. Dans ce cadre, une hausse du prix du
pétrole élève le niveau du prix de production pour chaque
niveau d'offre de la part des entreprises : la courbe d'offre
agrégée se déplace vers le haut. Ce déplacement est
tempéré par l'appréciation l'euro qui a l'effet inverse
sur la courbe d'offre puisque les prix en euros des matières
premières et biens intermédiaires importés est moindre.
Par ailleurs, l'appréciation de l'euro réduit le niveau de la
demande pour chaque niveau de prix car la demande extérieure nette
diminue (moins d'exportation, davantage d'importations) : la courbe de demande
agrégée se déplace vers la gauche. Au total,
l'équilibre se déplace vers un niveau d'activité plus
faible sans grand effet sur les prix.
1-2-4 Les études empiriques
Bon nombre d'études réalisées jusqu'ici
ont révélé l'existence d'une corrélation entre la
hausse du prix du pétrole et les replis observés au niveau de
l'activité économique des pays importateurs de pétrole.
Hamilton (1983), Gisser et Goodwin (1986), Loungani (1986), Davis (1987), Mork
(1989), Lee et al (1995), Rotemberg et Woodford (1996), Daniel (1997), Raymond
et Rich (1997), Carruth, et al (1998), Brown et Yucel (1999), Lee et Ni (1999)
et Hamilton (2000) parmi tant d'autres ont ainsi apporté leur
contribution à ce qui représente un très grand
débat dans l'actualité économique.
Il est ainsi observé que les variations à la
hausse du prix du pétrole sur les marchés mondiaux ont un effet
négatif sur l'activité économique des pays importateurs de
pétrole. Toutefois, malgré cette abondante littérature
empirique faisant état d'un effet important des chocs du prix du
pétrole sur l'activité économique, il y a peu de consensus
sur ce qui explique cet état de fait.
Des modèles reposent sur l'idée que le
logarithme du PIB réel est linéairement lié au logarithme
du prix réel du baril de pétrole. Une implication de cette
linéarité est que si le prix du baril baisse, alors la production
doit augmenter ; en d'autres termes, si une hausse du prix du baril
entraîne une récession économique, alors une baisse du prix
du pétrole devrait provoquer une expansion économique par le
même mécanisme.
Olushègun et Dieudonné (2000) ont montré
à l'aide d'un modèle linéaire qu'une hausse des cours
mondiaux de pétrole de 1% entraîne un relèvement de
l'inflation de 1,71% l'année suivante.
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Hubert (2006) a montré à l'aide d'un modèle
linéaire que la hausse du prix du pétrole a un impact
négatif et significatif sur les finances publiques.
Néanmoins, l'argument selon lequel les chocs
pétroliers contribuent directement aux retournements conjoncturels
suscite des controverses en ce sens que la corrélation entre le prix du
pétrole et l'activité économique paraît faible
d'après une analyse faite sur la base de données de
l'économie américaine, observées depuis 1985 (Hooker,
1996). Nombreux sont les auteurs ayant amputé cette instabilité
de la relation empirique entre prix pétroliers et output à une
mauvaise spécification de la forme fonctionnelle. Loungani (1986), Mork
(1989), Lee, Ni et Ratti (1995), Hamilton (1996), Balke, Brown et Yucel (1999)
parmi d'autres, ont défendu la thèse qui voudrait que la relation
entre le prix du pétrole et l'activité économique soit non
linéaire.
D'un point de vue empirique, de nombreuses études ont
constaté que la relation entre le taux de croissance du PIB et les
variations des cours du pétrole s'est affaiblie après le
contre-choc pétrolier du milieu des années 1980 (Muriel et Laure
(2007)). Dans la littérature américaine, diverses théories
ont été proposées pour expliquer cet affaiblissement,
notamment par Hamilton et Hooker. En effet, trois explications concurrentes
à l'affaiblissement des effets du prix du pétrole ont
été mises à jour.
Les variations du prix du pétro(e ont un effet
asymétrique
Empiriquement, plusieurs articles (Mork (1989), Hamilton
(1996), Hamilton (2005), Lee, Ni et Ratti (1995)) ont mis en évidence
sur données américaines que seules les hausses du prix du
pétrole ont un impact sur le taux de croissance du PIB. Pour ces
auteurs, la baisse du prix du pétrole n'a aucun effet sur
l'activité. La prise en compte de la période du contre-choc
pétrolier dans les modèles réduit donc la précision
des estimations.
Ces effets asymétriques ont été mis en
évidence à trois niveaux. Des études sur données
américaines et britanniques (Balke, Brown et Yucel (1998), Davis et
Haltiwanger (2001)) montrent que les prix des dérivés
pétroliers réagissent plus rapidement en réponse a une
hausse du cours du brut qu'ils ne baissent avec le prix du brut. D'autre part,
les fluctuations du prix du pétrole nécessitent une
réorganisation de la production. Cette réorganisation
entraîne des coûts d'ajustement, qui viennent accentuer l'effet
négatif de la hausse du prix du pétrole et qui contrebalancent
les effets positifs lors de la chute des cours. Enfin, selon Bernanke et al
(1997), la politique monétaire peut également être un
vecteur d'asymétrie dans la transmission des chocs pétroliers.
Dans le cas d'une hausse des cours, les autorités monétaires
mènent une politique monétaire restrictive pour lutter contre
l'inflation. Dans le cas d'un choc négatif sur le prix du
pétrole, les autorités monétaires ne réagiraient
pas. Cette
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réponse monétaire différente selon le sens
des variations du prix du pétrole expliquerait l'asymétrie de la
relation.
Rupture de (a re(ation entre (e PIB et (e prix du
pétro(e
L'alternative proposée dans la littérature
à cette hypothèse d'effets asymétriques est la
présence d'une rupture dans la relation entre le PIB et le prix du
pétrole. En particulier, pour Hooker (1999) cette hypothèse
d'asymétrie n'est pas convaincante sur la période récente.
Selon cet auteur, la relation entre les prix du pétrole et
l'économie change qualitativement autour de 1980. A la fin des
années 1980, des études empiriques sur données
américaines (Hooker (1996), par exemple) ont montré que la
relation entre les variations du prix du pétrole et la croissance
étaient de plus en plus ténues.
La présence d'une rupture a été
testée également sur des séries de l'économie
française par Muriel Barlet et Laure Crusson (2007). Leurs
résultats mettent en avant un changement de régime au
début des années 1980. Après cette date, ils mettent en
évidence un effet significatif direct des variations du prix du
pétrole sur la croissance du PIB uniquement dans les périodes de
croissance faible. Cette hypothèse ne repose pas sur des modèles
théoriques mais plutôt sur l'observation de faits
économiques tels que la baisse relative de la facture
pétrolière pour les pays occidentaux ou l'amélioration de
l'efficacité des politiques monétaires pour la maîtrise de
l'inflation.
Les effets des variations du prix du pétro(e
dépendent du cyc(e conjoncture(
Une autre théorie proposée dans la
littérature pour expliquer la perte de significativité de la
relation entre les variations du prix du pétrole et le taux de
croissance du PIB est celle de Raymond et Rich (1997). Ces auteurs proposent
d'étudier l'influence des variations du prix du pétrole en
fonction du cycle économique. Pour cela ils utilisent des modèles
à changements de régimes (MarkovSwitch ing).
Ces modèles sont particulièrement
intéressants car ils permettent de tester l'existence d'un effet
différencié du prix du pétrole en haut et en bas du cycle
économique. Notons que, si l'on montre que les variations du prix du
pétrole n'ont un effet qu'en bas de cycle, alors on peut expliquer
l'affaiblissement de la relation depuis le milieu des années 1980. Les
hausses majeures récentes du prix du pétrole, en particulier
celle des années 2000, ont en effet eu lieu lors de périodes
d'expansion économique. Comme les défenseurs des effets
asymétriques du prix du pétrole ne tiennent pas compte des
périodes de baisse du prix dans leurs estimations, il serait logique de
ne pas prendre en
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compte les périodes d'expansion économique si l'on
croit a l'effet différencié du prix du pétrole selon la
phase du cycle conjoncturel.
D'un point de vue théorique, peu d'articles donnent une
justification à cet effet différencié. Citons tout de
même Lescaroux (2006), qui propose la piste suivante fondée sur le
partage de la valeur ajoutée. L'idée est qu'en période
d'expansion, il y a différentes possibilités pour payer le
surplus de la facture pétrolière, alors qu'en période de
récession, seule la baisse des salaires réels et/ou la hausse du
chômage permettent de compenser les effets de la hausse.
Si les modèles macroéconométriques ont
permis de clarifier la relation entre le choc pétrolier et les
fluctuations du PIB, elles se heurtent toutefois aux critiques de Sims (1980)
et de Lucas (1976). Selon Sims, les modèles
macroéconométriques imposent des contraintes sur les variables et
des priori économiques non justifiés du point de vue
statistique, et propose à la place les modèles VAR. Lucas, pour
sa part, estime que les modèles macroéconométriques ne
sont pas invariants à la forme de la politique économique, et
propose en lieu et place les modèles d'équilibre
général inter temporels stochastiques (MEGIS).
Hamilton (2001), à l'aide d'un modèle VAR,
soutient que les perturbations dans l'économie qui font suite à
un choc pétrolier ne sont pas directement dues à celui-ci, mais
plutôt à la réaction de la Réserve
Fédérale. Ainsi, au moyen du VAR structurel Hamilton montre que
cette conclusion erronée tient en partie au nombre insuffisant de
retards considéré dans la modélisation.
De même, Bernanke, Gertler et Watson (1997) ont
démontré, à l'aide d'un modèle VAR, que les effets
négatifs du premier choc pétrolier étaient essentiellement
dus à la hausse du taux d'intérêt alors que ceux du second
provenaient bien de la hausse du prix du pétrole. Par ailleurs, Frank
Kleibergen et al utilisent le modèle VAR pour analyser les
mécanismes par lesquels la hausse du prix du pétrole agit sur le
niveau des prix et la demande des biens d'importation.
Rajeew Dhawan et Karsten Jeske (2006) à partir du MEGIS
ont trouvé que les chocs énergétiques n'auraient qu'une
influence négligeable sur les fluctuations du PIB. Pus
généralement, les résultats auxquels ils ont abouti
révèlent que l'impact du choc énergétique reste
négligeable. Ce modèle, à l'image de beaucoup d'autres, ne
fait pas intervenir la monnaie, et ne tient pas compte des imperfections des
marchés.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Kydland et Prescott (1982) et Rotemberg et Woodfotd (1996)
montrent que l'introduction dans le DSGE du concept d'imperfection de
marché permet une meilleure explication des baisses du PIB et du salaire
réel consécutives à la hausse du prix du baril de
pétrole.
D'autres travaux empiriques ont contribué au
débat sur l'importance de la politique monétaire dans l'impact du
choc pétrolier. C'est ainsi que Leduc et Sill (2004) ont examiné
l'incidence des chocs pétroliers sur l'économie américaine
suivant une variété de règles de politique
monétaire. Une plus récente étude (Leduc et Sill (2006)) a
permis d'évaluer, à l'aide d'un MEGIS, l'importance de la
politique monétaire dans la baisse de l'inflation et de la
volatilité du PIB aux Etats-Unis, observée depuis le milieu des
années 1980. Le principal résultat de cette étude est le
suivant : le changement de la politique monétaire a contribué
à hauteur de 45% à la réduction de la volatilité de
l'inflation, et de 5 à 11% à la baisse de la volatilité du
PIB réel. Quant aux chocs pétroliers, les résultats
révèlent qu'ils ne jouent aucun rôle dans la
volatilité du PIB américain.
A travers ces différentes revues documentaires, nous
constatons nettement qu'il y a peu d'études qui analysent les effets des
chocs du prix du pétrole pour les pays africains en l'occurrence celles
qui utilisent les nouvelles techniques d'analyse telle que la
modélisation VAR. Néanmoins, quelques unes en font cas. En effet,
Ayadi, Chatterjee et Obi (2000) étudient les effets des chocs de
production de pétrole pour le Nigeria un grand exportateur de
pétrole. Un processus standard de la Régression Automatique de
Vecteur (modèle VAR) comprenant la production de pétrole, les
exportations de pétrole, le taux de change, la masse monétaire,
les capitaux étrangers nets, le taux d'intérêt,
l'inflation, et la production nationale est estimé au cours de la
période 1975-1992. Empiriquement, la réaction du rendement s'est
avérée positive après un choc positif de production de
pétrole. Par ailleurs, l'impact sur la production représente
moins d'un cinquième de la production de pétrole, mais la
réaction du rendement après une année dépasse
légèrement celle de la production de pétrole. La
réaction de l'inflation est négative après un choc positif
de production de pétrole. L'impact sur l'inflation est
négligeable comparé à celle de la production de
pétrole, mais la réaction de l'inflation après une
année seulement est plus de deux fois plus grande que celle de la
production de pétrole. La réaction du taux de change est
généralement positive après un choc positif de production
de pétrole, indiquant une véritable dépréciation du
Naira. L'impact du taux de change est négligeable comparée
à celle de la production de pétrole, mais cet impact,
après une année, est d'environ deux fois plus grand que celui de
la production de pétrole. Dans la mesure où une augmentation de
prix du pétrole mène à une augmentation de production de
pétrole, le rendement augmenterait également, l'inflation
diminue, et la monnaie nationale est dépréciée suite
à un choc positif du prix du pétrole. De la même
manière,
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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Mouhamadou DIOP et Abdoulaye FAME (2007) se base sur une
modélisation VAR pour apprécier l'impact de la hausse du prix du
pétrole sur la stabilité macroéconomique du
Sénégal sur la période 1980-2006. Il ressort de leur
analyse qu'une hausse de 30% du prix du pétrole constitue une perte de
0,4 point de PIB à court terme et une hausse du taux d'inflation de 1,5
point. Quant aux effets de long terme, ils sont respectivement de 0,5 point de
moins et de 4 point de plus.
Au regard de toute cette littérature, nous pouvons dire
que l'impact de la hausse du prix du baril sur l'économie a fait l'objet
de nombreuses études, chacune avec ses spécificités en
terme de méthodologie mais également d'approches, lesquelles
présentent chacune des avantages et des limites. Nous
présenterons clairement, à travers la section suivante le plan
d'analyse de notre étude et les différentes variables
utilisées dans l'analyse.
1-3 ASPECTS METHODOLOGIQUES
Dans cette partie, il sera question de préciser la
méthode d'analyse, la procédure d'estimation du modèle et
les variables à utiliser ainsi que les sources des données.
1-3-1 Méthode d'ana(yse
L'analyse sera basée sur une modélisation VAR,
dont l'usage en économétrie remonte à Sims (1980) et qui
se voulait une alternative aux modèles à équations
simultanées. Cette modélisation permet, sans recourir à
une théorie économique en amont, d'avoir un cadre relativement
bien adapté pour notre étude. Les fonctions de réponse
impulsionnelle se prêtent bien à l'analyse des conséquences
d'un choc pétrolier sur l'économie.
En effet, les perturbations économiques des
années 70 (crises pétrolières, récession mondiale,
crises des matières premières...) ont invalidé les
prévisions des modèles macroéconométriques
disponibles à cette époque. Les deux plus célèbres
critiques de l'approche conventionnelle des modèles structurels sont
l'oeuvre de Granger (1969) et Sims (1980). Ces auteurs refusent d'introduire le
concept de variables exogènes dans leurs travaux. Ils réfutent
aussi l'idée selon laquelle les relations économiques sont
réellement gouvernées par la simultanéité. Selon
Sims, la représentation du comportement économique en termes de
modèles structurels entraîne trop de contraintes d'identification.
Le rejet de ces contraintes implique pour lui, l'inexistence de variables
exogènes. Il propose alors un modèle constitué d'un
ensemble d'équations de forme réduite à retards identiques
pour les variables. Cette modélisation, appelée processus VAR,
est simplement une
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généralisation vectorielle des modèles
autorégressifs (AR). Les modèles VAR ont l'avantage de mesurer la
direction, l'ampleur et la durée avec lesquelles une innovation affecte
les agrégats.
1-3-2 Procédure d'estimation
ans cette partie, nous abordons les différentes
étapes à suivre pour la modélisation VAR. 1-3-2-1-
Etude de (a stationnarité des variab(es
Avant tout traitement économétrique et en
particulier pour la modélisation VAR, il convient de s'assurer de la
stationnarité des variables étudiées.
Un processus Xt est dit stationnaire si tous
ses moments sont invariants pour tout
changement de l'origine du temps. 1l existe deux types de
processus non stationnaires : les processus TS (Trend Stationary Processes) qui
présentent une non-stationnarité de type déterministe et
les processus DS (Difference Stationary Processes) pour lesquels la
stationnarité est de type aléatoire. Ces processus sont
respectivement stationnarisés par écart à la tendance et
par un filtre aux différences. Dans ce dernier cas, le nombre de filtre
aux différences permet de déterminer l'ordre d'intégration
de la variable2. Nous utilisons pour notre étude les tests de
Dickey Fuller Augmenté.
1-3-2-2- Spécification du modè(e VAR
optima(
Après avoir rendu stationnaires les variables, nous
construisons un modèle VAR qui permet d'une part d'analyser les effets
d'une variable sur l'autre au travers de simulations de chocs aléatoires
et d'autre part de mener une analyse en terme de causalité. Un
modèle VAR à k variables et à p décalages,
noté VAR(p) s'écrit :
YAo + A2Yt-2+ ï ï
ï+ ApYt- +?
2 S'il est nécessaire de
différencier d fois une variable afin de la rendre stationnaire, on dit
qu'elle est intégrée d'ordre d et est notée 1(d)
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On note :Eí=
E(ítít,), la
matrice de dimension (k,k) des variances covariances des
erreurs. Cette matrice est bien sûr inconnue.
Cette représentation peut s'écrire à l'aide
de l'opérateur retard :
(A2D2 -
...ApDp)Yt= A0+?t ou encore
A(D)Yt=A0 +
?t
Avant tout traitement, il convient de déterminer le
retard q optimal ; il s'agit de celui qui minimise les critères d'Akaike
(AIC) et de Schwarz (SBC). La connaissance de ce retard est en effet
nécessaire pour les étapes suivantes.
1-3-2-3- Etude de (a cointégration
L'analyse de la cointégration présentée
par Engle et Granger (1983, 1987) permet d'identifier la véritable
relation entre deux variables en recherchant l'existence éventuelle d'un
vecteur d'intégration et en éliminant son effet.
Deux séries Xt et
Yt sont dites coïntégrées si :
- Elles sont affectées du même ordre
d'intégration, « d ».
- Une combinaison linéaire de ces séries permet de
ramener à une série d'ordre d'intégration
inférieur, c'est-à-dire Xt ? 1(b) et
Yt ?1(d), telles que
(aXt+bYt)?
1(d-b) avec d = b =O. On
note(Xt,Yt)?
CI(d,b).
Pour mettre en place ce test, on utilise la statistique de
Johansen, ë , calculée à partir des valeurs
propres, ?i , de la matrice définissant les
relations de long terme du modèle. Cette statistique
se calcule comme suit :
-nEki . Elle suit une loi de
probabilité (similaire à un khi-
deux) tabulée à l'aide des simulations de Johansen
et Josélius.
Le test fonctionne par exclusion d'hypothèses alternatives
quant au nombre de relations de cointégration r. On teste d'abord
l'hypothèse nulle H0 : r = 0 contre
l'hypothèse alternative r >0 . Si
H0 est acceptée, la
procédure de test s'arrête sinon, on passe à l'étape
suivante. Ce schéma est reproduit tant que H0 est
rejetée. Si pour le test de H0 : r
=k contre r > k , H0 est
acceptée, cela signifie que les variables ne sont pas
coïntégrées.
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GNIMASSOUN
Cette procédure est effectuée directement par
les logiciels d'économétrie3. Le traitement de
séries chronologiques impose ce test afin d'éviter les risques de
régressions fallacieuses. De plus, dans le cadre de la
modélisation VAR, la présence de cointégration
nécessite une correction du modèle (Vector Error Correction
Model) qui tienne compte de cette relation.
1-3-2-4- Etude du modè(e VAR (ou VECM)
Si l'étape précédente met en
évidence des relations de cointégration, l'étude se fera
à ce niveau sur le modèle VECM ; dans le cas contraire, on
poursuit l'analyse à l'aide du modèle VAR déterminé
lors de la deuxième étape. Les modèles VAR permettent
d'analyser les effets d'une politique économique au travers de deux
outils :
- L'analyse des fonctions de réponse impulsionnelle. Elles
permettent de mesurer l'impact d'un choc sur les variables.
- La décomposition de la variance de l'erreur de
prévision de chaque variable par rapport à un choc ; si un choc
sur l'erreur de prévision de y 1 t
n'affecte pas la variance de l'erreur de y2t ,
celle-ci est considérée comme exogène car
elle évolue de manière indépendante.
Il est alors possible d'étudier les impacts que les
variables ont les unes sur les autres. Néanmoins, si ce type de
modélisation nous renseigne sur l'impact qu'ont les variables les unes
sur les autres, elle n'indique pas le sens de la causalité.
1-3-2-5- Etude de (a causa(ité
Au niveau théorique, la mise en évidence de
relations causales entre les variables économiques permet une meilleure
appréhension des phénomènes économiques, et
amène des informations supplémentaires quant à
l'antériorité des évènements entre eux et par
là même, permet la mise en place d'une politique économique
optimisée. Nous utilisons ici la notion de causalité
développée par Granger : y1t cause la
variable y2t , si la prévision de cette
dernière est améliorée en
incorporant à l'analyse des informations relatives
à y1t et à son passé. Soit le
modèle VAR(p) :
[yi,t = [A0 ]+ [Ai
Bi [AB][yi,t-2]+ +
[ApBipy]+ [ei,t
Le test s'effectue ensuite en deux temps :
3 Nous utilisons ici le logiciel E-Views 5.0
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- On test H0 :
y2t ne cause pas y1t ,
c'est-à-dire que les coefficients des blocs matriciels B sont nuls.
- On test H; : y1t ne cause
pas y2t , c'est-à-dire que les coefficients
des blocs matriciels A sont nuls.
Si on est amené à accepter les deux
hypothèses alternatives H1 et H; , on parle
de boucle rétroactive.
Le test s'effectue par comparaison des modèles VAR
contraints (UVAR) par les hypothèses nulles et non contraints (RVAR).
On calcule le ratio de vraisemblance correspondant
L* :
résidus du modèle correspondant, n est le nombre
d'observations et c représente le nombre de paramètres
estimés dans le modèle contraint. nuit une loi de
khi-deux à 2p degrés de liberté (X2
(2p)) .
Si L* est supérieur à la
valeur critique tabulée, on rejette la validité des contraintes,
c'est-à- dire que l'on admettra la présence d'une relation
causale. Au niveau du traitement statistique, on acceptera une relation causale
dans le cas où la probabilité calculée (PROB) est
inférieur au risque de première espèce (10%).
1-3-3 Choix des variab(es et sources des
données
Le choix des variables à inclure dans le modèle
VAR est conditionné par deux considérations conflictuelles. D'une
part, nous aimerions inclure dans le modèle toutes les variables ayant
un impact significatif pour la macroéconomie nationale et bien entendu
la variable extérieure dont nous voulons étudier l'effet sur ces
variables. D'autre part, nous devons limiter le nombre de variables à
estimer pour disposer d'un nombre de degrés de liberté suffisant
pour l'estimation.
En effet, pour analyser l'impact de la flambée du prix
du pétrole sur l'économie béninoise, les variables
utilisées pour la modélisation sont : le Produit Intérieur
Brut (PIB), l'inflation, le Prix du baril du Pétrole, le Déficit
Courant et le Déficit Budgétaire (DB).
Dans le souci d'analyser de façon plus fine l'impact du
choc pétrolier, les secteurs secondaire et tertiaire, principaux
consommateurs d'énergie au Bénin sont pris en compte à
travers une analyse
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des fonctions impulsionnelles relative à la simulation de
choc pétrolier sur la valeur ajoutée de ces différents
secteurs.
Comme l'exige la modélisation VAR, toutes les variables
du modèle sont endogènes c'est-à- dire qu'elles sont
expliquées dans le modèle. Cependant, nous faisons
l'hypothèse que la variable « prix du pétrole » est
exogène pour la simple raison que, le Bénin, ne produisant pas du
pétrole et étant un très petit consommateur de produits
pétroliers, il ne pourrait influencer le prix mondial du pétrole.
Ainsi, le Bénin est un "price tackers", et a donc une marge de manoeuvre
insignifiante sur le prix du pétrole au niveau international.
Le Produit Intérieur Brut (PIB)
Il est considéré comme l'un des meilleurs
indicateurs pour apprécier le niveau de croissance économique
d'une nation. Il mesure le comportement économique aussi bien en terme
de revenus que de dépenses. Ainsi, la prise en compte de cette variable
permettra d'appréhender l'importance du pétrole pour
l'économie béninoise à travers le manque à gagner
qu'entraîne la flambée du prix du pétrole.
L'Inf(ation (INFL)
L'inflation est un déséquilibre
caractérisé par une hausse durable cumulative et plus ou moins
forte des prix. Cette variable permettra d'apprécier le pouvoir d'achat
des ménages suite à un choc pétrolier c'est-à-dire
comment la flambée du prix du pétrole affecte le panier de la
ménagère.
Le Déficit Courant Hors Transferts
Le déficit courant hors transfets dans cette
étude, permettra d'apprécier le transfert de revenu du
Bénin, pays importateur net de pétrole vers les pays exportateurs
de pétrole suite à la flambée du prix du pétrole.
Il donc une idée de la dépendance du Bénin
vis-à-vis de l'étranger. Le déficit courant permet aussi
à travers le prix des importations et des exportations d'évaluer
indirectement l'effet de l'évolution des prix mondiaux du pétrole
sur l'activité économique nationale.
Le Déficit Budgétaire (DB)
Il représente différence entre les recettes de
l'Etat et ses dépenses. Le Déficit Budgétaire est une
variable de politique économique. Dans notre modélisation, cette
variable permettra de capter l'impact sur les finances publiques d'un choc
pétrolier. En effet, le gouvernement se voit contraint de faire face
à des engagements budgétaires plus importants pour juguler le
choc pétrolier toute chose concourant à embellir ses
dépenses et donc à accentuer le déficit.
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Le Prix du bari( du Pétro(e (PP)
L'évolution du prix du baril du pétrole ces
dernières années fait l'objet de plusieurs débats. En tant
que choc exogène que subit l'économie béninoise, le prix
du baril du pétrole sur le marché international de pétrole
est la variable sur laquelle sera effectuée notre simulation de choc
afin d'analyser à travers les fonctions de réponses
impulsionnelles comment la variation à la date T de cette variable va
affecter l'ensemble des autres variables pour les périodes T, T+1, T+2,
XX.T+N
Afin d'affiner ce travail, nous avions sollicité et
obtenu un stage de longue durée à la Direction
Générale des Affaires Economique (DGAE) du Bénin. Ceci
nous a permis d'obtenir la plupart des données macroéconomiques
au sein de cette direction précisément à la Direction de
la Prévision et de la Conjoncture (DPC) où nous avions
effectué ce stage. Cependant les difficultés pour l'obtention de
certaines données nous ont conduites à d'autres sources de
données. En définitive, les sources explorées sont les
suivantes :
La DGAE pour les données relatives au PIB national,
à la valeur ajoutée des secteurs de l'industrie et du transport
ainsi que celles sur le déficit budgétaire ;
L'Institut Nationale de la Statistique et de l'Analyse Economique
(INSAE) nous a fourni l'évolution des données relatives
l'inflation ;
Les « statistiques internationales » du Fonds
Monétaire International disposant de séries sur les
matières premières pour les données relatives au prix du
baril du pétrole ;
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Ce chapitre abordera dans un premier temps, les
réalités du marché pétrolier mondial. Dans un
second temps, il mettra la lumière sur le comportement de certains
agrégats macroéconomiques face à l'évolution du
prix mondial du pétrole. Enfin, il sera étudié dans un
troisième temps, le marché national des produits
pétroliers.
2-1 LES DETERMINANTS ET LES PERSPECTIVES DU MARCHE
PETROLIER MONDIAL
Cette partie sera consacrée aux facteurs
déterminants du marché pétrolier mondial ainsi aux
projections faites sur l'évolution de ces facteurs dans le moyen et long
terme.
2-1-1 (es déterminants du marché
pétro(ier mondia(
L'appréciation de l'évolution des prix
pétroliers sur le marché mondial peut être conduite
à travers la référence aux fondamentaux du marché,
ainsi qu'à travers l'examen des divers facteurs de risque qui
conditionnent la détermination des prix.
2-1-1-1 Les fondamentaux du marché
pétro(ier
L'examen de l'évolution de la demande et de l'offre de
pétrole à l'échelle mondiale laisse apparaître
l'émergence d'une relative détente des fondamentaux du
marché pétrolier. En effet, l'offre est restée
excédentaire à la demande de 2003 à 2006 avant de
fléchir légèrement par rapport à celle- ci en 2007.
L'excédent de l'offre a été de 0,6 million de barils par
jour (mb/j) en 2003, 0,8mb/j en 2004, 0,6 mb/j en 2005 et 0,6 mb/j en 2006.
Cette amélioration reflète une croissance plus rapide de l'offre
mondiale de pétrole, même si la demande est demeurée
très dynamique.
Néanmoins, cette amélioration apparente ne
permet pas de rendre compte de la faiblesse persistante des capacités de
production supplémentaires disponibles face à une demande dont la
croissance est aussi forte qu'inattendue. La capacité de production
additionnelle disponible est actuellement inférieure au niveau de
production d'un producteur moyen de l'OPEP. En conséquence, la moindre
tension politique ou grève dans un pays producteur suscite la
volatilité des marchés et pousse vers le haut les cours
pétroliers.
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Si par le passé, l'OPEP jouissait d'un pouvoir
modérateur sur les marchés, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le
Cartel est soumis lui aussi à l'épineuse question de
capacité de production additionnelle, sachant que ses principaux membres
appartiennent à des régions de tension par excellence. Pour ce
qui est de la disponibilité de produits finis, il est communément
reconnu que leurs productions s'effectuent dans des raffineries qui tournent
actuellement à un taux proche du maximum, compte tenu de l'absence
d'investissements additionnels.
Parallèlement, la demande mondiale de pétrole
demeure ferme malgré les diverses initiatives prises par les
différents pays en matière d'économie d'énergie.
L'expansion plus rapide que prévue de l'économie mondiale
augmente la demande, en particulier en Chine où les importations de
pétrole brut ont augmenté à un rythme supérieur
à celui de la demande mondiale. De même, les conditions
climatiques peu clémentes, qui suscitent une forte demande en gasoil de
chauffage, exercent des tensions sur la demande.
En 2007, l'offre mondiale de pétrole a poursuivi sa
tendance vers la hausse, bien que dans une ampleur moindre par rapport à
2006. L'offre émanant des pays hors-OPEP continue de faire preuve d'une
croissance plus soutenue (50,3 mb/j contre 48,9 mb/j en 2006), dépassant
le rythme de progression de celle originaire du cartel (35,5 mb/j contre 34,7
mb/j en 2006). Ce dernier pourrait vraisemblablement recourir à des
réductions des quotas de ses membres pour enrayer toute baisse
marquée des cours mondiaux du pétrole.
De son côté, la demande mondiale de
pétrole s'est établie à près de 86 mb/j en 2007, en
hausse de 1,4% par rapport à son niveau de 2006. La demande
émanant des pays de l'OCDE s'est accrue légèrement de 0,2
mb/j. En revanche, celle des autres pays émergents et en
développement progresserait plus rapidement avec une hausse attendue de
1,2 mb/j en 2007 contre 1,1 mb/j en 2006 et 0,9 mb/j en 2005.
La demande chinoise demeurerait encore vigoureuse, en
dépit des mesures prises par ce pays pour atténuer la surchauffe
économique et stabiliser la hausse de la production industrielle. La
demande de la Chine progresserait de 5,7% (7,4 mb/j contre 7 mb/j en 2006),
expliquant à hauteur de 30% la croissance de la demande mondiale de
pétrole prévue en 2007.
Le graphique ci-après fait état de
l'évolution de l'offre et de la demande mondiale de pétrole brut
au cours des dix dernières années.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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Graphique 2 : Evo(ution de (a
demande et de ('offre mondia(e de pétro(e brut
Evolution de la demande et de la production mondiale de
pétrole brut
Source réalisé par l'auteur à partir des
données de l'AIE du 13/02/2008
2-1-1-2 Le marché pétro(ier et (es a(éas
géopo(itiques
Les tensions qui pèsent sur le marché
pétrolier tout au long de la filière n'expliquent pas
l'intégralité du phénomène de flambée des
prix observé depuis 2003. La recrudescence des incertitudes
géopolitiques continue d'alimenter les craintes des marchés quant
au risque d'interruption des approvisionnements pétroliers.
En effet, les foyers de tensions dans les pays producteurs de
pétrole sont l'une des principales causes de cette flambée. Le
Moyen-Orient (60% des réserves mondiales prouvées de
pétrole) représente le principal facteur d'instabilité des
marchés. Redoutant une interruption durable des approvisionnements ou le
blocage du détroit stratégique d'Ormuz (par lequel transite
près de 20 % de la production mondiale de brut), les opérateurs
réagissent à chaque nouvelle en provenance des deux principaux
fronts actuels de tensions : la crise autour du dossier nucléaire
iranien et la guerre en Irak. D'autres pays producteurs, notamment le Venezuela
et le Nigeria sont également dans une situation jugée « peu
stable », ce qui rend les opérateurs très sensibles à
l'évolution de la situation interne dans ces pays.
Les foyers de risque affectant les cours du pétrole ne
concernent pas uniquement les pays producteurs : les essais nucléaires
nord-coréens ou la guerre au Liban durant l'été 2006 ont
suscité des perturbations non moins importantes sur les marchés.
Aussi, les facteurs liés aux aléas climatiques (vagues de froid
et/ou ouragans) ont exacerbé les tensions sur les prix de
pétrole.
L'impact politique du pétrole se ressent même au
niveau interne. Pour la plupart des pays producteurs, l'exploitation de
pétrole se traduit par le développement d'une économie de
rente. La
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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perturbation du système économique, qui en
découle, se répercute sur le système politique, faisant
ainsi de cette ressource un facteur de déstabilisation politique et
sociale. Dans les cas extrêmes, notamment en Afrique, des pays sombrent
dans des guerres civiles dont les ressorts sont directement
pétroliers.
Pris ensemble, ces facteurs d'incertitude ont alimenté
les opérations de spéculation, entraînant dans leur sillage
un fort accroissement des transactions purement financières sur les
marchés pétroliers à terme, qui représentent
environ huit fois les échanges physiques de pétrole brut. Il
n'incite pas non plus les opérateurs à détenir des stocks
et ne favorise guère des investissements additionnels, ce qui renforce
davantage la volatilité des cours. Le tableau ci-après
résume les différents facteurs à la base de la
flambée des prix du brut depuis 2003.
Tab(eau 1 : Facteurs exp(icatifs de (a
f(ambée des cours pétro(iers depuis 2003
- Guerre en Irak : sabotages récurrents des
installations pétrolières, entraînant un maintien de la
production à un niveau inférieur de 40% par rapport à
celui de l'avant guerre.
- Dossier nucléaire iranien : 4éme producteur
mondial, l'Iran pourrait vraisemblablement interrompre ses
exportations pétrolières en cas de sanctions prises à son
égard.
- Instabilité sociale au Nigeria et
prolifération du mouvement de nationalisation en Amérique latine
(nouvelles réglementations au Venezuela, en Bolivie et en Equateur
à l'encontre des compagnies pétrolières
étrangères).
- Rôle de la Russie : utilisation des ressources
énergétiques, dont le pétrole, comme point de pression
pour favoriser les négociations internationales de la Russie avec les
pays occidentaux.
|
acteurs techniques et économiques
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
2-1-2 (es perspectives du marché pétro(ier
mondia(
La forte volatilité des cours pétroliers laisse
suggérer que le marché pétrolier est entré dans une
nouvelle phase caractérisée par une rupture par rapport à
la période où le pétrole était à bon
marché. Plusieurs facteurs peuvent être avancés pour
justifier une telle réalité.
Si, les experts sont en général d'accord
à l'horizon 2030 sur l'importance globale de la demande de
pétrole, il reste à examiner qui seront les parties prenantes et
l'évolution de leur consommation, les pays producteurs,
l'évolution des productions et des réserves ainsi que les
aléas inhérents à une industrie complexe et aux
changements géopolitiques dans le monde.
En ce qui concerne la consommation, il est à noter que
dans les trente dernières années, soit après le seul
véritable « choc pétrolier » de 1973, la consommation
pétrolière mondiale est passée d'environ 2,8 à 4
milliards de tonnes/an aujourd'hui donc une augmentation de 42,8%.
Néanmoins, cette croissance n'a pas été linéaire.
Elle a été fonction du degré et du rythme de
développement non pas des pays industrialisés dont la croissance
a été à presque constante sur la période (1,1% en
Europe, 1,4% aux USA) mais de celle des pays dits « en transition »
ou « émergents » (Chine 10%) qui s'est manifestée
après 1990 (sauf l'ex URSS). C'est ainsi que l'Agence Internationale de
l'Energie (AIE) prévoit que la demande pétrolière mondiale
croîtra d'environ un pour cent (1%) par an pour atteindre 120 millions de
barils par jour (b/j) (de 4 à 6 milliards de tonnes/an) en 2030. Ce
résultat est jugé compatible avec une augmentation du prix
réel du pétrole de 8 dollars par baril. Une croissance
économique plus soutenue dans les pays non membres de l'OCDE ayant la
plus grande intensité énergétique induirait une hausse
structurelle de la demande de pétrole par unité
supplémentaire de PIB mondial par rapport aux dernières
décennies, compte tenu des fortes variations régionales de
l'intensité pétrolière. Le transport resterait le
principal consommateur de pétrole.
Il s'agit là bien entendu de moyennes globales et il
est intéressant de noter les différences de croissance de la
consommation entre les différents pays. C'est ainsi que pour la
période considérée, en ce qui concerne les pays de l'OCDE
l'augmentation sera annuellement de 0,5% dont 0,5% en Europe et 1,4% en
Amérique du Nord. En revanche, la moyenne des pays dits « en
transition » sera de 2,7% parmi lesquels la Russie restera dans la moyenne
mondiale de 1,6% tandis que la Chine atteindra 3,4% avec une consommation
annuelle de 13 millions de barils/jour contre 5 millions aujourd'hui. Ce
même taux de croissance de la consommation pétrolière sera
aussi celui de l'Afrique tandis que l'Inde et les autres pays asiatiques
verront leur consommation augmenter de 2,9 à 3% annuellement.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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La remarque importante que l'on peut faire à ce sujet
c'est que les pays dits « en transition » vont passer de 30 à
60 millions de barils/jour alors que les pays industrialisés (OCDE) vont
passer de 46 à 57 millions de barils/jour, ce qui ne sera
évidemment pas sans conséquences non seulement économiques
mais géopolitiques.
En ce qui concerne la production, l'on constate une fois de
plus le déséquilibre entre les pays consommateurs pour la plupart
non ou insuffisamment producteurs (ce qui est le cas des Etats-Unis,
troisième producteur mondial) et les pays producteurs, relativement
faibles consommateurs à l'exception de la Russie, deuxième
producteur mondial). C'est ainsi que l'OPEP fournit aujourd'hui environ 34% de
la production mondiale et que les pays du Proche et du Moyen Orient assurent
30% de cette production. De plus, il apparaît qu'à l'horizon 2030
l'Orient produira plus de 50% des besoins pétroliers du monde. Il est
donc évident que les changements qui nécessairement se produiront
dans les structures des approvisionnements pétroliers assureront
à cette région une position dominante comme producteur de
pétrole. En effet, les autres sources d'approvisionnement, en dehors de
l'Orient, sont d'ores et déjà en déclin si l'on excepte
l'Asie Centrale et la mer Capsienne où des gisements importants ont
été mis au jour sans que cependant les perspectives de
développement et les réserves possibles de cette région
soient d'une taille telle qu'elles puissent constituer un approvisionnement
substitutif mais plutôt d'appoint.
Par ailleurs, plus on avance dans le temps et plus le
problème sera non pas celui de la production proprement dite mais bien
celui des réserves qui est fondamental. Cette question a
déjà généré de nombreuses discussions en
raison de la difficulté d'arriver à une grande précision
concernant les réserves prouvées. Régulièrement des
conclusions pessimistes ont jeté l'alarme, telles par exemple, celles du
Club de Rome qui, en 1972, évaluait à 20 ans les réserves
pétrolières. Nous en sommes aujourd'hui à plus de 40 ans
bien que la consommation pétrolière depuis 1972 soit
passée de 2 400 millions de tonnes/an à 3 600 millions. Des
études sérieuses faites par les compagnies
pétrolières et publiées en 1974 par l'Oil and Gas Journal
montraient des réserves mondiales s'établissant à 98
milliards de tonnes pour une consommation pétrolières alors de 2
500 millions de tonnes annuellement, soit 35 ans. Depuis cette époque,
alors que la consommation augmentait en moyenne de 1,6% les réserves
augmentaient de 2,5% et, aujourd'hui, le ratio réserves/production
s'établit à 47 ans.
C'est là où apparaît clairement la
position éminente de l'Orient et notamment de l'Arabie Saoudite, de
l'Irak, de l'Iran, des Emirats et du Koweït. En effet, leurs
réserves s'établissent en moyenne à 90 ans ou plus. Il
convient à ce sujet de distinguer la situation particulière de
l'Irak dont la
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
production actuelle est de beaucoup inférieure à
ce qu'elle devrait être en raison de sa situation particulière
entraînée d'abord par la guerre du Golfe en 1990 et par
l'intervention militaire américaine en 2003. Le ratio actuel
réserves/production y est donc de 230 ans.
La dépendance du monde à l'égard de
l'énergie fossile ainsi que la localisation de la plus grande partie des
réserves dans une région du monde particulièrement
instable constitue un problème dont il est difficile de prévoir
l'évolution. La sagacité des gouvernants mondiaux et
pétroliers sera mise à rude épreuve et ce n'est pas en
vain que l'Agence Internationale pour l'Energie titre à l'un de ses
rapports annuels « La sécurité énergétique
dans un monde dangereux ».
2-2 FAITS STYLISES DE L'ECONOMIE BENINOISE
Dans le souci d'approfondir nos analyses, il nous paraît
important de cerner le comportement du prix du baril et de certains
agrégats par l'étude de leur volatilité et la
corrélation de ces mêmes agrégats avec le prix du baril.
Afin de ressortir l'importance des produits pétroliers dans
l'activité économique, les projecteurs sont mis sur
l'évolution des importations de produits pétroliers pour
évaluer la dépendance de l'économie béninoise
vis-à-vis du pétrole.
2-2-1 Etude de Vo(ati(ité et de
Corré(ation
Les variables utilisées dans cette partie sont prises
en taux de croissance. Il s'agit du PIB, l'inflation, de la valeur
ajoutée des secteurs de l'industrie et du transport et du prix du baril
de pétrole. Le tableau ci-après fait état de
l'étude de la volatilité et de la corrélation des
variables.
Tab(eau 2 : vo(ati(ité et
corré(ation
Valeur ajoutée du Valeur ajoutée
du
Variab(es Inflation Prix du pétrole PIB
secteur industrie secteur transport
Moyenne 0,06 0,18 0,03 0,04 0,10
Ecart-type 0,08 0,53 0,03 0,09 1,55
Coefficient de corré(ation 0,14 - -0,09
-0,21 0,16
Source : Calcul de l'auteur à partir des
données de la DGAE (1971-2007)
Le prix du baril et la valeur ajoutée du secteur des
transports, au vue du tableau ci-dessus, se présentent comme des
variables très volatiles. Cela laisse apparaître d'importantes
fluctuations de ces variables sur la période considérée.
L'inflation et la valeur ajoutée du secteur de l'industrie sont
marquées par un niveau de volatilité similaire mais
supérieur à celui de la volatilité du PIB. L'analyse des
données révèle que le PIB est moins sujet à des
fluctuations que les autres variables étudiées.
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Au-delà de l'analyse de la volatilité, celle de
la corrélation des agrégats avec le prix du baril renseigne sur
la nature et le degré de relation qu'il y a entre ces agrégats et
la variation du prix du baril. Ainsi, le prix du baril comme le montre le
tableau ci-après, est négativement corrélé à
l'activité économique et à la valeur ajoutée du
secteur industriel. En effet, un choc pétrolier contribue à la
dégradation de ces agrégats. En revanche, l'inflation et la
valeur ajoutée du secteur des transports sont positivement et
corrélées. Cela suppose donc que les activités du secteur
des transports ne sont pas négativement affectées par le choc
pétrolier alors que l'inflation s'alimente davantage. Ceci traduit le
souci pour les entreprises de répercuter la hausse de leurs coûts
de production due à la flambée du prix du pétrole sur
leurs produits et les effets d'entraînement qui s'en suivent.
2-2-2 Les produits pétro(iers dans (a consommation
intermédiaire des branches
La structure de l'économie béninoise montre que
le pétrole est indispensable pour l'activité économique.
La figure ci-après donne une lecture des consommations
intermédiaires des branches d'activité de l'économie
béninoise en produits pétroliers.
Un examen de ce graphique laisse entrevoir la branche «
Transport » comme étant celle qui utilise le plus de pétrole
dans ses consommations intermédiaires. Les branches « Industries
», « B.T.P » et « Administration » viennent
respectivement en deuxième, troisième et quatrième
position. Le pétrole apparaît également indispensable dans
la production des branches « Electricité Eau » et «
Services réparation ».
Graphique 3 : Consommation intermédiaire en
pétro(e des branches
Source réalisé
à partir du TES 1999
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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Une analyse plus approfondie montre que les produits
pétroliers représentent en 1999 plus de 40% des consommations
intermédiaires de la branche « Industries extractives » alors
qu'ils ne font que 6% des consommations intermédiaires du secteur.
Ainsi, les industries extractives sont les plus vulnérables au choc
pétrolier au niveau du secteur industriel.
La branche « Transport » consomme les produits
pétroliers à hauteur de 34% de ses consommations
intermédiaires. Ils représentent également une part
considérable dans la consommation des branches « B.T.P. »,
« Electricité et Eau » et « Administration ».
Dès lors, les conséquences d'un choc pétrolier sur ces
branches peuvent être sévères vu le niveau de leurs
consommations intermédiaires en produits pétroliers. Etant
donné l'interdépendance qui existe entre les différentes
branches et les différents secteurs, un ralentissement de
l'activité économique est envisageable suite à un choc sur
les prix des produits pétroliers.
2-2-3 Evo(ution et Ana(yse de (a facture
pétro(ière au Bénin 2-2-3-1 Evo(ution de (a facture
pétro(ière du Bénin
Le Bénin affiche une dépendance assez forte
à l'égard du pétrole. La totalité des besoins du
pays en produits pétroliers est importée, la production nationale
du pétrole brut étant arrêtée depuis 1998.
Graphique 4 : Evo(ution des importations de
pétro(e au Bénin
Source réalisé par
l'auteur à partir des données du PAC
Dans un contexte marqué par la hausse des cours mondiaux
du pétrole, la facture pétrolière du Bénin est
passée de 1,03 milliard en 2003 à 2,15 milliards en 2006, soit
une augmentation de
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
108,7%. Cette tendance s'est poursuivie et en 2007, la facture
pétrolière a atteint 2,21 milliards, soit une hausse de 2,8% par
rapport à 2006. En conséquence, la facture
pétrolière a absorbé environ 8,3% du revenu national en
2007 contre 5% en 2003 et 1,7% en 1998. Ceci suppose que le gouvernement
béninois utilise davantage de ses ressources internes pour faire face
à la facture pétrolière qui connaît un accroissement
spectaculaire.
Le prix moyen de la tonne importée est ainsi
passé de 123.388 FCFA en 2003 à 240.378 FCFA en 2007 soit un
accroissement de 94,8%. De même, la part des importations de
pétrole dans le total des importations est en augmentation
régulière depuis 1998, abstraction faite du repli
enregistré entre 2000 et 2002. Ceci témoigne d'une faible
élasticité de la demande nationale de pétrole à
l'augmentation des prix au niveau international.
En terme de volume, les importations nationales de
pétrole ont atteint 886.000 tonnes en 2007, en augmentation de 1,6% par
rapport à 2006. Ce niveau s'inscrit dans la tendance annuelle moyenne de
854.000 tonnes enregistrée au cours de la période 2003-2007.
Tab(eau 3 : Vo(ume des importations
béninoises de pétro(e
Année 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Importations de pétrole
434 509 423 324 515 838 835 840 872 886
(en milliers de tonnes)
Croissance annuelle
30,9 17,2 -16,8 -23,4 58,9 62,8 -0,4 0,6 3,8 1,6
(en %)
Part dans le total des
35,6 32,5 27,3 17,6 27,4 39,2 44,8 42,5 41,6 43
importations (en%)
Part dans le PIB nominal
1,7 2,7 3,7 2,3 3,4 5 5,7 7,6 8,8 8,3
(en%)4
Source : Calcul de l'auteur à partir des
données de la DGAE et du PAC
2-2-3-2 Ana(yse de (a facture pétro(ière du
Bénin
L'analyse de la facture pétrolière du Bénin
peut être conduite à travers la décomposition de la facture
pétrolière en effet volume, effet prix et effet change. Ainsi, si
on définit :
p = prix unitaire moyen ;
q = quantité totale ;
t = taux de change nominal (USD/FCFA) 0 = année de
référence et
1 = année en cours ;
4 Il s'agit de la part des importations de pétrole en
valeur dans le PIB nominal.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
L'effet global s'exprime par : p1q1t1
/ p0q0t0 et peut se décomposer en :
Un effet volume : E p
0q1t0 / p0q0t0
Un effet prix : E p1q
0t0 / E p 0q 0t0
Un effet change : E
p0q0t1 /
p0q0t0
Le tableau ci-après montre la contribution du taux de
change, du prix et du volume des importations de pétrole dans la
détermination de la facture pétrolière du Bénin
depuis 1998.
Tab(eau 4 : Tab(eau récapitu(atif des
effets prix, vo(ume et change
|
Année
|
Effet volume
|
Effet prix
|
Effet change
|
Effet total
|
|
1998
|
30,9
|
-32,1
|
1,1
|
-0,1
|
|
1999
|
17,2
|
37,6
|
4,4
|
59,1
|
|
2000
|
-16,8
|
57
|
15,6
|
55,8
|
|
2001
|
-23,4
|
-13,9
|
3
|
-34,3
|
|
2002
|
58,9
|
2,6
|
-4,9
|
56,6
|
|
2003
|
62,8
|
15,8
|
-16,6
|
62
|
|
2004
|
-0,4
|
30,7
|
-9
|
21,3
|
|
2005
|
0,6
|
41,3
|
-0,3
|
41,7
|
|
2006
|
3,8
|
20,5
|
-0,9
|
23,4
|
|
2007
|
1,6
|
6,6
|
-5,2
|
3
|
Source : Calcul de l'auteur
à partir des donnés de la DGAE, de l'INSAE et du PAC
Un examen de ce tableau montre que l'accroissement de la
facture pétrolière sur la période récente
s'explique davantage par un effet prix (renchérissement des cours
mondiaux de pétrole) plutôt que par un effet volume (la hausse des
importations). L'effet change, relativement moins favorable lors des
périodes précédentes, a permis depuis 2002 d'amortir une
partie du choc lié à la hausse des cours pétroliers. En
effet, étant lié par parité fixe à l'euro qui
s'apprécie actuellement par rapport au dollar, le FCFA gagne de la
valeur par rapport au dollar qui constitue la monnaie de
référence sur le marché pétrolier mondial. En
conséquence, le choc pétrolier est adouci par cette
appréciation du FCFA par rapport au dollar.
En ce qui concerne l'effet volume, celui-ci a eu un impact
direct sur le renchérissement des importations pétrolières
en 2002 et en 2003, années où les importations béninoises
de pétrole ont progressé respectivement de près de 200.000
tonnes et 300.000 tonnes, expliquant 59% et 63% du renchérissement de la
facture pétrolière lors des deux périodes. Depuis 2004, le
Bénin a réduit l'ampleur de ces importations de pétrole en
volume qui ont progressé en 2005, 2006 et 2007 respectivement de 0,6%,
3,8% et 1,6% face au renchérissement des prix de l'or noir.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
S'agissant de l'effet prix, l'accroissement du prix moyen de
la tonne importée de plus de 10 dollars le baril entre 1999 et 2000
explique à hauteur de 57 % l'accroissement de la facture
pétrolière en 2000. L'effet change a eu lors de cette
période un effet amplificateur compte tenu de la
dépréciation de l'euro de 15,6% face au dollar.
Le pic récent des prix mondiaux de pétrole, de
28,9 dollars/baril en 2003 à 37,8 dollars/baril en 2004, explique
à proportion de 30,7% la hausse des importations
pétrolières en valeur. Lors de cette année, l'effet change
a permis d'éponger une partie du renchérissement des cours en
raison de l'appréciation du FCFA par rapport au dollar (9%).
Pour ce qui est des années 2005 et 2006, le
renchérissement de la facture pétrolière s'explique
davantage par un effet prix 41,3% et 20,5% respectivement que par un effet
volume 0,6% et 3,8%. De son côté, l'effet change a
été presque neutre, puisque le taux de change de l'euro par
rapport au dollar est demeuré quasiment stable au cours de cette
période.
En 2007, l'appréciation de l'euro face au dollar,
conjuguée à la contraction du volume des importations de
pétrole, a permis de contenir la hausse de la facture
pétrolière. Durant cette année, le baril du Brent s'est
chiffré en moyenne à 65,15 dollars, expliquant à hauteur
de 6,6% le renchérissement des importations béninoises de
pétrole. En revanche, l'effet change a joué un rôle
d'amortisseur, épongeant 5,2% de la hausse de la facture
pétrolière du Bénin.
2-3 LE MARCHE PETROLIER BENINOIS
Deux forces majeures animent le marché du
pétrole au Bénin. Il est noté la présence d'un
secteur formel sensible aux mécanismes du marché pétrolier
mondial et un secteur informel de plus en plus dynamique en provenance du
Nigeria et qui est souvent déconnecté du jeu du marché
international de pétrole.
2-3-1 Le marché officie( du pétro(e au
Bénin
L'industrie pétrolière béninoise n'a
connu qu'un développement embryonnaire. Un gisement de pétrole a
été découvert et mis en exploitation à
Sèmè à partir d'octobre 1982. Le Bénin ne disposant
pas de raffinerie de pétrole, la totalité de la production
pétrolière a été exportée. De plus la
valorisation des ressources énergétiques a été
pénalisée par des contraintes politiques, institutionnelles et
réglementaires, technologiques et économiques. Le niveau actuel
des
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
connaissances sur le bassin sédimentaire côtier du
Bénin permet d'identifier des structures présentant de bonnes
réserves d'hydrocarbures.
De 1982 à 1998, le Bénin a extrait environ 22
millions de barils de pétrole (figure ci-après). La vente de
cette production a officiellement rapportée 30 milliards de francs CFA
à l'Etat béninois sur les 134 milliards de recettes totales
déclarées. Avec la libéralisation du secteur en 1995, de
nombreuses compagnies étrangères ont commencé à
marquer leur intérêt pour la prospection, la recherche et
l'exploitation du pétrole béninois en dépit de la
marginalisation du champ pétrolifère de Sèmè. De
1996 à 1998, plusieurs compagnies pétrolières ont
signé des accords de recherche et de partage de la production avec le
Bénin. La production a fortement régressé depuis 1994 en
raison du tarissement des puits de Sèmè. Les réserves
prouvées de pétrole brut ont chuté à 4 millions de
tonnes en 1997, contre 13,4 millions de tonnes en 1990, aucune nouvelle
découverte n'ayant été réalisée depuis 1982.
En décembre 1998, le champ pétrolifère de
Sèmè a été fermé par le Ministère des
Mines et de l'Energ ie.
Graphique 5 : Evo(ution de (a production de
pétro(e brut au Bénin
Source réalisé
à partir des données du Port Autonome de Cotonou
2-3-1-1 Approvisionnement et distribution des produits
pétro(iers au Bénin
Ne disposant pas de raffinerie, le Bénin importe du
marché international, la totalité des produits pétroliers
qu'il consomme. L'importation et la distribution des produits pétroliers
raffinés et de leurs dérivés relèvent du monopole
de l'Etat. Depuis la libéralisation du secteur pétrolier au
Bénin, ce monopole est exercé sous forme indirecte par des
sociétés privées nationales (la SONACOP, EAO Petroleum,
Aricoche Super Oil SA, et Afripetrol) et par des compagnies privées
étrangères (Total,
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Shell, Oryx et Texaco). Avant la libéralisation, ce
monopole s'exerçait sous forme directe par une société
d'Etat, la SONACOP.
Les compagnies pétrolières détentrices
d'agrément délivré par l'administration béninoise,
s'approvisionnent librement sur le marché international pour
répondre prioritairement à la demande nationale mais
également pour assurer la réexportation en direction d'autres
pays comme le Niger, le Burkina-Faso, le Mali et le Tchad. Afin de stocker
leurs produits pétroliers, les compagnies disposent d'un contrat de
stockage et de passage.
La SONACOP S.A, possède une capacité totale de
stockage de 110.510 m3 dont 90.740 m3 sont situés
à Cotonou. Les autres possibilités de stockage existent à
Parakou, Natitingou et Bohicon. Avec l'ouverture du sous-secteur aux
privés, la société ORYX-ADDAX a construit un centre de
stockage de produits pétroliers liquides d'une capacité d'environ
55.000 m3 et un centre de stockage et d'enfûtage de gaz butane
d'une capacité de stockage de 3.200 m3 . La
société TEXACO Bénin S.A. a aussi construit un
dépôt de jet A1 de capacité 300 m3 à
l'aéroport de Cotonou. Tout ceci a porté la capacité de
stockage du pays à plus de 168.260 m3 tous produits
pétroliers confondus. Dans le domaine de la distribution des produits
pétroliers, on assiste à une très mauvaise
répartition des stations-service sur le territoire national. Le pays
compte à ce jour 195 stations-service dont 80% dans le sud. La majeure
partie du stock de produits pétroliers des compagnies est
destinée à la distribution, tandis que le restant constitue un
stock de sécurité, c'est-à-dire une réserve
stratégique permettant de répondre à des situations de
crise d'approvisionnement. L'Etat demande à chaque compagnie de disposer
d'un stock de sécurité minimum égal à un mois de
vente. Dans les faits, le niveau du stock de sécurité varie
puisqu'il dépend de l'approvisionnement. Si la compagnie vient
d'être approvisionnée, le niveau du stock peut atteindre
jusqu'à 2, 3 ou 4 mois de vente.
Les dysfonctionnements de la politique de gestion du secteur
pétrolier sont caractérisés par l'insuffisance des
infrastructures de distribution et par l'irrégularité de
l'approvisionnement de certaines stations. Avec environ une station-service
pour 36.000 habitants et pour 600 Km2 , le Bénin
dispose de l'un des plus faibles taux de couverture du territoire national en
points de vente officiels des produits pétroliers. Les stations-service
du Bénin sont pour la plupart concentrées dans le sud du pays. De
nombreuses agglomérations ne disposent plus de stations officielles de
distribution, offrant une opportunité énorme de
développement au marché informel qui offre un service de
proximité. En effet, la libéralisation de la distribution ne
semble pas porteuse d'indicateurs d'un changement de la situation ; les
sociétés privées préfèrent s'installer dans
les centres urbains où la demande est plus
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
forte. Enfin, la mauvaise gestion du secteur pétrolier
depuis sa libéralisation n'incite pas les compagnies
pétrolières à investir.
2-3-1-2 La po(itique de prix des produits
pétro(iers au Bénin
La politique de prix des produits pétroliers
découle des orientations politiques et économiques prises par le
gouvernement. Dans un contexte de libéralisation des prix, les produits
pétroliers raffinés sont aujourd'hui déterminés par
le prix du brut sur le marché international, par le cours du dollar et
par la politique fiscale du gouvernement.
En effet, dans le cadre du respect des engagements qu'il a
pris vis-à-vis des Institutions de Bretton Woods, le Bénin s'est
engagé dans la libéralisation du secteur pétrolier en
1995. Ainsi, le décret n°95-139 du 3 Mai 1995 permet d'ouvrir le
secteur de l'énergie pétrolière aux compagnies
privées et casse donc le monopole de la SONACOP. Les prix des produits
pétroliers ne sont cependant pas libéralisés puisqu'ils
sont toujours fixés par l'Etat. L'année 2001 marque un tournant
dans la politique de prix du Bénin. Jusqu'en 2001, les prix de vente au
détail étaient administrés et fixés sur une
période relativement longue. Un système de stabilisation des prix
avait été instauré au niveau de la SONACOP afin de
gérer les fluctuations de prix sur le marché international.
Depuis octobre 2001, les prix à la pompe sont indexés sur les
cours internationaux du pétrole et du dollar. Révisés
trimestriellement dans un premier temps, ils le sont tous les mois depuis
septembre 2004. En effet, le Bénin a mis en place un mécanisme de
fixation des prix des produits pétroliers transparent et flexible : le
mécanisme des prix plafonds (voir Décret n°2000-43 du 07
Février 2000). L'Etat fixe des prix plafonds pour chaque produit
pétrolier en tenant compte de l'évolution des prix sur le
marché international du pétrole et de change du dollar. Ces prix
plafonds sont révisés lorsqu'une variation de #177; 4% de la
moyenne mensuelle des prix FOB (Free On Bord) des produits est observée
(voir Décret n°2004-432 du 04 Août 2004). Les compagnies
pétrolières ne sont pas autorisées à vendre
au-delà de ces prix plafonds, mais elles peuvent céder moins
chers leurs produits. En général, les compagnies alignent leurs
prix de vente sur ceux des prix plafonds.
La structure et mécanisme de fixation des prix des
produits pétroliers au Bénin permettent au pays de pratiquer des
prix très compétitifs dans la sous-région. Mais cette
situation n'est pas sans conséquence. En effet, selon les compagnies
pétrolières, la structure des prix en vigueur ne leur permet pas
de couvrir leurs coûts d'achat et les empêche de ce fait d'importer
de nouveaux produits pétroliers ; toute chose concourrant à
alimenter la crise pétrolière. De même, le
différentiel de prix existant au sein de la sous-région incite
les pays voisins à venir s'approvisionner sur le marché
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
béninois, ce qui favorise le développement du
trafic illicite de produits pétroliers en direction des pays de
l'hinterland.
L'analyse de la structure détaillée des prix des
produits pétroliers au Bénin permet d'appréhender chaque
étape de la formation des prix. Les principaux segments de cette
structure sont :
o Les prix CAF (Coût Assurance Fret), fortement
dépendants des prix internationaux, déterminent les prix à
la pompe au Bénin. Les prix internationaux constituent l'ossature et la
base même de la structure des prix à la distribution des produits
pétroliers ;
L'ensemble des taxes et frais perçus au Port Autonome de
Cotonou, lieu de passage obligé de l'ensemble des importations ;
Les droits de porte perçus par l'Etat : droits de douane,
prélèvements communautaires de solidarité, droits
statistiques ;
Les frais de stockage tant à Cotonou que dans les
entrepôts de l'intérieur du pays, qui sont gérés par
la SONACOP ;
Les marges des pétroliers ;
La péréquation au transport, gérée
individuellement par chaque compagnie, permet d'uniformiser les prix des
produits pétroliers sur l'ensemble du territoire ;
Les taxes spécifiques de l'Etat et la Taxe sur la Valeur
Ajoutée (TVA).
Pour déterminer le prix de cession avant revendeur, le
gouvernement procède tout d'abord à un ajustement des prix
matérialisés par le soutien au pétrole lampant. Il s'agit
d'une péréquation qui permet de subventionner le prix à la
distribution du pétrole. Pour obtenir les prix officiels au
détail de l'ensemble des produits, il faut ajouter les marges des
détaillants, les frais liés à l'ajustement des prix et
à l'assainissement du secteur, et à la constitution d'un stock de
sécurité.
Afin d'appréhender l'importance relative de chaque
poste dans la formation des prix, la figure ci- dessous synthétise les
données de la structure des prix et présente la part de chaque
composante dans le niveau des prix des produits pétroliers.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Graphique 6 : Structure des prix des produits
pétro(iers au Bénin
Source réalisé par
l'auteur à partir de la structure des prix des produits
pétroliers du Bénin
2-3-2 Le marché informe( de pétro(e au
Bénin
Le commerce parallèle des produits pétroliers a
principalement lieu entre le Bénin et le Nigeria. Dans ce paragraphe, il
sera question de préciser dans un premier temps l'origine et les
déterminants du trafic illicite des produits pétroliers. Dans un
second temps, nous aborderons les acteurs et les circuits commerciaux de ce
marché.
2-3-2-1- Origine et déterminants du commerce
informe( des produits pétro(iers
L'origine du trafic informel des produits pétroliers
entre le Bénin et le Nigeria remonte au début des relations
commerciales entre les deux pays. Ces dernières ont pris la forme
d'échanges de contrebande dès le début des années
1950 avec la démarcation monétaire introduite par la colonisation
française d'une part et par la colonisation anglaise d'autre part. En
effet, la cohabitation du franc CFA convertible avec la livre nigériane
non convertible avait déjà donné naissance à un
trafic informel qui portait sur une gamme très variée de
produits, notamment manufacturés. Cependant, le commerce à grande
échelle des produits pétroliers nigérians date
fondamentalement du début des années 1980.
Plusieurs facteurs contribuent au développement du
trafic parallèle des produits pétroliers entre le Bénin et
le Nigeria. En effet, le positionnement géographique du Bénin,
frontalier du Nigeria et corridor de transit vers les pays de l'hinterland, et
les solidarités ethniques de part et d'autre de la frontière
permettant la constitution de réseaux marchands, constituent les
premiers facteurs à l'origine des échanges frauduleux
transfrontaliers. De même, les disparités de politiques
économiques et
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
monétaires existant entre le Bénin et le
Nigeria, exploitées par les agents économiques dans le but de
capter des rentes, sont le véritable moteur des échanges
informels d'hydrocarbures. En effet, la dépréciation continue de
la naira et la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs nigérians,
que les pouvoirs publics ont tenté de contenir en maintenant
artificiellement bas le niveau des prix de certains produits de grande
consommation, ont créé les conditions favorables à l'essor
du trafic des produits pétroliers. Enfin, les disparités de
politiques d'approvisionnement et de distribution des produits
pétroliers entre les deux pays favorisent le développement du
trafic illicite.
Depuis 1984, le phénomène a pris un
caractère structurel tant par le niveau de ramification des
réseaux marchands qui l'animent que par la dispersion spatiale des
circuits commerciaux.
2-3-2-2- Les acteurs et (es circuits
commerciaux
Le marché parallèle des produits
pétroliers est animé par plusieurs acteurs. Mais l'analyse de la
structuration de ces acteurs pose d'importants problèmes
méthodologiques. En effet, le fonctionnement de ce marché autour
de produits illicites implique des acteurs parfois invisibles. De plus, les
complicités dans les hautes sphères politico-administratives des
deux pays compliquent singulièrement l'analyse des circuits. Toutefois,
en fonction des complicités établies dans l'acheminement des
produits, on peut distinguer cinq catégories d'acteurs.
- Les exportateurs nigérians et les importateurs
béninois : ils sont en amont de la filière et ont un rôle
déterminant dans la mobilisation et la mise à disposition des
produits. Ils sont souvent de hauts responsables politico-administratifs
béninois et nigérians.
- Les grossistes : ils travaillent pour le compte des
responsables politico-administratifs ou pour leur propre compte. Ils
disposent de stocks importants et exercent le long de la frontière.
- Les demi-grossistes et les détaillants : ils sont en
aval de la chaîne de commercialisation et assurent la vente des
produits.
- Les détaillants que l'on rencontre le long des rues des
grands centres urbains et même des villages.
- Les intermédiaires ou les agents d'approvisionnement
: trois catégories d'acteurs assurent l'approvisionnement du
marché béninois en produits pétroliers illicites d'origine
nigériane. Il s'agit des automobilistes qui sont les plus importants de
par leur nombre et les quantités de produits qu'ils brassent, des
motards et les piroguiers qui utilisent des pirogues à voile ou à
moteur.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Impact de la flambée mondiale du prix du
pétrole sur l'économie béninoise
Pour l'acheminement des produits vers les centres de
consommation béninois, les acteurs empruntent des circuits commerciaux
parallèles. Le circuit lagunaire, très développé
dans la partie méridionale du pays, est le circuit par voie d'eau le
plus utilisé. Le circuit terrestre, diffus du fait de la porosité
des frontières, est plus ou moins long : il part des stations-service
nigérianes, soit en direction des centres de consommation
béninois, soit vers les frontières des pays voisins, le Togo et
le Burkina- Faso notamment. La figure retraçant la structure du
réseau marchand du commerce parallèle des produits
pétroliers au Bénin figure en annexe 1.
2-4 La gestion du choc pétro(ier au
Bénin
Plusieurs facteurs limitent l'impact de la hausse des prix du
pétrole au Bénin, en particulier l'appréciation de l'euro
face au dollar et donc du FCFA au dollar vue la parité fixe entre le
FCFA et l'euro. De même le développement du marché informel
de pétrole quoique décrié par le gouvernement à
cause du manque à gagner fiscal, a contribué
énormément à limiter les dégâts de la
flambée mondiale du prix du baril sur l'économie
béninoise.
2-4-1 L'appréciation du FCFA face au do((ar et (a
transmission du choc pétro(ier au Bénin
Dans la mesure où les cours du pétrole sont
libellés en dollar, l'appréciation de l'euro depuis 2002 a
contribué à protéger la zone euro et donc la zone franc de
l'effet de la flambée des cours du pétrole compte tenu de la
parité fixe entre l'euro et le FCFA. En effet, la valeur du FCFA en
dollars a été multipliée par 1,65 en 6 ans. Le dollar qui
valait 742,8 FCFA en janvier 2002 ne coûtait plus que 449,9 FCFA en
décembre 2007 (graphique 1).
Graphique 7 : Evo(ution comparée du cours
du do((ar en FCFA et du cours du bari( de pétro(e en do((ars
(2002-2007)
Source réalisé par
l'auteur à partir des données de la DPC
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Pour mieux se représenter l'effet modérateur du
FCFA sur les prix du pétrole, on peut comparer les cours du
pétrole en FCFA à ce qu'ils auraient été si le
cours FCFA/dollar était resté à son niveau de 2002
(graphique 2).
Entre janvier 2002 et décembre 2007, le cours du baril
du pétrole est passé de 14410 FCFA à 41031 FCFA le baril,
soit une augmentation de 185%. Or, si le dollar était resté
à son niveau de janvier 2002, le cours du pétrole aurait
été de 67743 FCFA en décembre 2007, soit une augmentation
de 370%. Autrement dit, l'appréciation de l'euro et par ricochet du FCFA
a permis d'absorber la moitié (50%) de la hausse des prix du
pétrole.
Graphique 8 : Evo(ution comparée du cours
du bari( en FCFA courant et en FCFA de 2002
Source : réalisé par
l'auteur à partir des données de la DPC et du FMI
L'examen de ce graphique nous amène à comprendre
que la flambée actuelle des prix des produits pétroliers a
été considérablement amortie au Bénin par la
couverture dont bénéficie le FCFA de la part de la politique
monétaire européenne. En effet, pendant que les pays exportateurs
bénéficient de la hausse en dollars du cours du baril, les pays
importateurs de la zone franc profitent de l'appréciation de l'euro pour
amortir le choc pétrolier même si théoriquement cette
appréciation de l'euro et donc du FCFA n'est pas bon signe pour la
compétitivité de l'économie.
2-4-2- Rô(e du secteur informe( dans (a
transmission du choc pétro(ier au Bénin
Mise à part l'appréciation du FCFA face au
dollar, l'économie béninoise profite du développement du
marché informel de produits pétroliers favorisé par sa
proximité avec un géant exportateur du pétrole brut, le
Nigeria. En effet, malgré la perte de recettes que constitue le
développement du trafic, le marché informel de produits
pétroliers joue un rôle important sur le pouvoir
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
d'achat des consommateurs du secteur et représente une
source de revenu pour les pratiquants du trafic. Mais il représente
également un danger pour l'économie sur les plans sanitaire,
environnemental et social.
2-4-2-1- Rô(e économique et financier du
secteur informe(
Afin d'apprécier les profits potentiels ou probables
que l'économie béninoise dans son ensemble tire du trafic
illicite des produits pétroliers, il nous paraît important
d'estimer et de comparer la perte de recettes pour l'Etat aux gains de revenus
aussi bien pour les consommateurs que les trafiquants sur ce marché.
Pour ne pas rendre trop volumineux notre document, nous nous limitons aux
estimations relatives à l'essence pour lequel nous disposons
d'information et dont la consommation est d'ailleurs plus importante dans
l'informel. Nous définissons la marge brute des trafiquants par litre
d'essence comme la différence entre le prix d'achat au Nigeria et le
prix de vente dans l'informel. De même, le gain des consommateurs
résulte du différentiel de prix entre le prix à la station
et le prix dans l'informel.
Les tableaux ci-dessous montrent respectivement les pertes de
recettes fiscales du gouvernement, les gains de revenus des trafiquants et les
gains d'opportunité pour les consommateurs avant de déboucher sur
l'évaluation du gain pour l'économie de la commercialisation
informelle de l'essence.
Tab(eau 5 : Estimation de (a perte de recettes
fisca(es de ('Etat
|
Année
|
2002
|
2003
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
|
Essence (en litre)
|
206850500
|
231672600
|
259473300
|
313745200
|
321814000
|
327002000
|
|
Taxe par L d'essence (FCFA)
|
89
|
92
|
94
|
108
|
114
|
122
|
|
Perte Tota(e de Recettes (mi((iards)
|
18,41
|
21,31
|
24,39
|
33,88
|
36,69
|
39,89
|
Sources calcul de l'auteur à
partir des données de la DCI et de l'INSAE
Le développement du secteur informel des produits
pétroliers constitue une subversion économique pour l'Etat, tant
par la faible lisibilité de la politique économique qu'il
engendre que par les pertes de recettes fiscales qu'il occasionne.
En effet, à partir du volume commercialisé
d'essence dans l'informel et de la taxe moyenne perçue par l'Etat par
litre d'essence commercialisé, nous estimons comme le montre le tableau
ci- dessus que l'Etat connaitrait au titre du commerce informel d'essence, une
perte de recettes fiscales de plus de 30 milliards de FCFA par an ces
dernières années. La perte de recettes représente 8,85%
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
de l'ensemble des réalisations des régies
financières en 2007 et 1,5% du PIB de la même année. Si
l'on ajoute la perte liée au trafic informel du gasoil, la perte de
recettes de l'Etat serait plus considérable. Cependant, il convient de
se demander si le trafic informel n'occasionne que des pertes pour
l'économie, étant donné que les multiples actions du
Gouvernement en vue de sa suppression ont été vouées
à l'échec.
Tab(eau 6 : Estimation du gain des
trafiquants
|
Année
|
2002
|
2003
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
|
Essence (en litre)
|
206850500
|
231672600
|
259473300
|
313745200
|
321814000
|
327002000
|
|
Marge brute des trafiquants/L
|
134
|
129
|
149
|
138
|
159
|
170
|
|
Gain des trafiquants (mi((iards)
|
27,72
|
29,88
|
38,66
|
43,21
|
51,18
|
55,54
|
Sources calcul de l'auteur à
partir des données de la DGE et du LARES
Le différentiel de prix existant entre le prix sur le
marché parallèle au Bénin et sur le marché officiel
au Nigeria, matérialisant la marge brut, permet aux trafiquants de
réaliser des gains substantiels. En effet, avec l'accroissement du
secteur, le revenu généré par an aux trafiquants est en
augmentation et passerait de 28 milliards de FCFA environ en 2002 pour
atteindre 56 milliards de FCFA environ en 2007 soit un doublement de revenu.
Ceci témoigne de la dynamique du secteur à générer
plus de revenu que l'Etat n'en perd. Ce gain n'est pas seulement observé
au niveau des trafiquants mais également au niveau des consommateurs qui
ont un avantage comparatif à aller vers l'informel.
Tab(eau 7 : Estimation du gain du
consommateur
|
Année
|
2002
|
2003
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
|
Essence (en litre)
|
206850500
|
231672600
|
259473300
|
313745200
|
321814000
|
327002000
|
|
Marge du consommateur/L
|
112
|
70
|
81
|
96
|
74
|
78
|
|
Gain du consommateur (mi((iards)
|
23,19
|
16,28
|
21,01
|
30,08
|
23,75
|
25,48
|
Sources calcul de l'auteur à
partir des données de la DGE et de l'INSAE
Les consommateurs béninois tirent d'importants profits
du trafic illicite de produits pétroliers. L'existence du marché
parallèle semble en effet résoudre deux problèmes majeurs
auxquels les consommateurs sont confrontés : la proximité des
points de distribution et l'accès aux produits à un prix
attractif. En effet, mise à part le gain lié à la
proximité, nous évaluons à 23 milliards de FCFA par an en
moyenne, le gain financier que tirent les consommateurs de la commercialisation
informelle de l'essence. Ainsi, sans le secteur informel, le pouvoir d'achat du
consommateur se serait dégradé de
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
se montant suite à la flambée récente du
prix du baril de pétrole. Quel serait le sort financier que
réserverait le trafic illicite de l'essence pour l'économie
béninoise ?
Tab(eau 8 : Estimation du gain de
('économie
|
Année
|
2002
|
2003
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
|
Perte de recettes totales (milliards)
|
(18,41)
|
(21,31)
|
(24,39)
|
(33,88)
|
(36,69)
|
(39,89)
|
|
Gain des trafiquants (milliards)
|
27,72
|
29,88
|
38,66
|
43,21
|
51,18
|
55,54
|
|
Gain du consommateur (milliards)
|
23,19
|
16,28
|
21,01
|
30,08
|
23,75
|
25,48
|
|
so(de net de ('économie (mi((iards)
|
32,50
|
24,85
|
35,28
|
39,41
|
38,29
|
41,13
|
|
Sources calcul de l'auteur
|
|
|
|
|
|
|
S'il est incontestable que les recettes de l'Etat
pâtissent de l'expansion du phénomène, l'économie
béninoise dans son ensemble tire des gains substantiels de ce commerce
de contrebande. En effet, il ressort de la confrontation entre les pertes de
recettes fiscales de l'Etat, les gains des trafiquants et ceux des
consommateurs que l'économie béninoise tirerait en moyenne par
an, un profit de 35 milliards de FCFA au titre du trafic illicite de l'essence.
Si l'on ajoute les gains liés aux autres produits pétroliers, le
gain pour l'économie serait beaucoup plus considérable. Ce
développement montre ainsi que le secteur informel joue d'amortisseur du
choc pétrolier au Bénin.
2-4-2-2- Impacts environnementaux, sanitaires et
sociaux
Mis à part les impacts économiques et financiers
soulignés précédemment, il est important de ne pas perdre
de vue les impacts sociaux, environnementaux et sanitaires dus au
développement du marché informel de produits
pétroliers.
En effet, dans un contexte de pauvreté grandissante au
Bénin, le commerce parallèle d'hydrocarbures attire les jeunes du
fait des revenus qu'il leur procure et les incite à quitter
l'école. Ceci se fait souvent avec la complicité des parents qui
jugent d'un avantage comparatif pour la commercialisation des produits
pétroliers au bord des rues par rapport à l'école. Ainsi
le gain pour le pétrole est immédiat et réel alors
qu'à l'école, rien n'est certain, du moins dans le court terme.
Aussi, en tant que pourvoyeur d'emplois et de revenus conséquents, le
secteur informel du pétrole est-il source d'exode rural car, incitant
les habitants de l'intérieur du pays à se détourner des
activités rurales et à migrer vers la ville où ce secteur
est plus rentable.
De même, ce commerce est source de pollution
atmosphérique, surtout à Cotonou où il est plus
développé. D'une part, la densité de la circulation en
liaison avec le nombre croissant de véhicules deux roux à moteur
et la mauvaise qualité des carburants entraînent d'abondantes
émissions de gaz
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
d'échappement. D'autre part, la prolifération de la
vente de carburant à l'air libre provoque des émissions de
composés organiques dans l'atmosphère.
Enfin, le trafic, source de pollution de l'air, a un impact
sur la santé des populations qui est retracé à travers
l'accroissement des maladies respiratoires et du saturnisme dont les
coûts sont respectivement évalués à 0,036% et 1,2%
du PIB en 20005.
Les développements effectués dans ce chapitre se
sont basés sur de simples calculs sans pour autant aborder l'aspect
économétrique du sujet. Le chapitre suivant fera état de
cet aspect qui nous mènera en définitive à faire des
recommandations de politiques économiques avant de boucler notre
étude.
5 Ministère de l'environnement, de l'Habitat et de
l'Urbanisme, Etude sur la qualité de l'air en milieu urbain : cas de
Cotonou, 2000.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Dans ce chapitre, nous aborderons l'analyse
économétrique du sujet. Nous mettrons d'abord l'accent sur les
résultats du modèle VAR spécifié dans le premier
chapitre. Il s'agira donc de modéliser et d'interpréter un VAR
avec les variables prix du baril de pétrole, PIB, déficit
budgétaire, inflation et déficit courant hors transferts. Dans un
deuxième temps, nous ressortirons et analyserons l'impact d'un choc
pétrolier sur le secteur des industries et celui des transports qui
représentent les principaux consommateurs de pétrole au
Bénin. Il s'agira, dans une deuxième spécification, de
remplacer le PIB par la valeur ajoutée du secteur industriel et dans une
troisième spécification, de mettre en lieu et place du PIB, la
valeur ajoutée du secteur des transports. Mais à ce niveau, nous
abordons uniquement l'analyse des fonctions impusionnelles.
Toutes les variables de l'estimation sont prises en taux de
croissance, elles sont annuelles et vont de 1971 à 2007. Nous
insérons dans la modélisation les variables indicatrices des
chocs pétroliers et de la dévaluation intervenue en 1994.
3-1 PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE
L'ESTIMATION
Dans cette partie, nous présentons d'abord les
résultats de l'estimation du modèle VAR et ensuite nous les
analyserons avant de tirer les conclusions y afférentes.
3-1-1- PRESENTATION DES RESULTATS DE
L'ESTIMATION
Elle est consacrée à l'étude de la
stationnarité, au choix du modèle VAR optimal, à l'analyse
de la coïntégration et à la présentation des
résultats.
3-1-1-1- Etude de (a stationnarité, choix du
modè(e VAR optima( et ana(yse de (a
coïntégration
Comme il apparaît important pour l'analyse des
séries temporaires en générale et pour la
modélisation VAR en particulier, d'étudier la
stationnarité des variables, nous présentons d'abord les
résultats du test de stationnarité des variables avant de
déboucher sur la forme optimale du modèle.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Tab(eau 9 : Résu(tats du test de racine
unitaire
|
Variables
|
Test de Racine Unitaire (ADF) sur les variables
|
|
En Niveau
|
Conclusion
|
|
Valeur
|
Nombre de retards
|
Avec
|
|
Théorique (1%)
|
Empirique
|
Constante
|
Trend
|
|
PIB
|
-3.626
|
-5.854
|
0
|
oui
|
non
|
1(0)
|
|
INF
|
-3.626
|
-4.478
|
0
|
oui
|
non
|
1(0)
|
|
DCHT
|
-3.626
|
-7.172
|
0
|
oui
|
non
|
1(0)
|
|
PP
|
-3.626
|
-6.800
|
0
|
oui
|
non
|
1(0)
|
|
DB
|
-4.252
|
-6.902
|
2
|
oui
|
oui
|
1(0)
|
|
VAI
|
-3.626
|
-7.741
|
0
|
oui
|
non
|
1(0)
|
|
VAT
|
-2.630
|
-6.712
|
0
|
non
|
non
|
1(0)
|
Les tests de Dickey-Fuller montrent, comme l'indique le tableau
ci-dessus, que toutes les variables de l'estimation sont stationnaires en
niveau.
Le nombre de retards optimal retenu en tenant comptes des
critères d'information de Akaike
et Schwarz comme le présente le tableau ci-après
est p =1. A cet effet, nous modélisons un VAR à
un retard. Toutes nos variables étant stationnaires en
niveau, il n'y a donc pas présomption de relation de
coïntégration entre les variables, ce qui exempt notre étude
du test de détection de la relation de coïntégration de
Johansen.
Tab(eau 10 : Choix du nombre de retards
optima(
|
Nombre de retards
|
Akaike 1nformation Criterion
|
Schwarz Criterion
|
|
1
|
-2.343518
|
-0.584053
|
|
2
|
-1.863683
|
1.024821
|
3-1-1-2- Présentation des résu(tats de
('estimation du modè(e VAR
Le modèle VAR retenu avec un retard s'écrit sous la
forme : Yt = A0 +A1Yt-1 + Et , ce qui donne
avec les variables de la première spécification :
A1
2A2A51 1
[A0]+ A3DCHT t1 + [et ]
A1
4A15 A55
DBINFLPIBt
-
1t-1t
-
1
t-1
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Avec :
PP : prix du baril du pétrole
SB : solde budgétaire
DCHT : déficit courant hors transferts
PIB : produit intérieur brut
La variable « prix du baril du pétrole »
figure en première ligne du vecteur parce qu'étant la variable
exogène du modèle (Bruno Parnisari (2002), Diop et Fame (2007)).
En outre, dans la mesure où les simulations de choc portent sur cette
variable, la place des autres variables dans le vecteur ne change pas les
résultats.
Les résultats de l'estimation sous Eviews 5.0 sont
présentés dans le tableau suivant :
Tab(eau 11 : Résu(tats de ('estimation du
modè(e VARS
|
VARIABLES
|
PP DB DCHT INFL PIB
|
|
PP(-1)
|
-0.183**
|
------
|
0.365*
|
0.089*
|
------
|
|
DB(-1)
|
------
|
------
|
------
|
------
|
------
|
|
DCHT(-1)
|
------
|
------
|
-0.404*
|
------
|
-0.021**
|
|
INFL(-1)
|
------
|
------
|
2.672*
|
0.217**
|
------
|
|
PIB(-1)
|
------
|
12.81**
|
4.673**
|
------
|
------
|
|
C
|
0.124**
|
------
|
------
|
------
|
0.028
|
|
D73
|
2.729*
|
-4.938*
|
------
|
------
|
------
|
|
D94
|
0.565**
|
------
|
------
|
0.318*
|
------
|
|
R-squared
|
0.786
|
0.427
|
0.468
|
0.707
|
0.210
|
|
Adj. R-squared
|
0.733
|
0.283
|
0.335
|
0.634
|
0.012
|
3-1-2- INTERPRETATION DES RESULTATS
Les résultats de la modélisation VAR mettent en
évidence non seulement les relations entre le prix du baril de
pétrole et les agrégats de l'étude mais également
les interrelations entre ces agrégats.
6
Nous ne présentons que les paramètres significatifs
(significativement différents de zéro) au seuil de
probabilité < 5% (*) et au seuil de probabilité . 10% (**). Le
détail figure en annexes.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Pour ce qui concerne cette étude, nous mettrons plus
l'accent sur l'analyse de résultats concernant la relation entre le prix
du baril du pétrole et les autres variables de l'étude.
3-1-2-1- Le prix du pétro(e et (e déficit
courant hors transfert courant
Les résultats des estimations confirment nos attentes
et révèlent que le prix du pétrole d'il y a un an, a un
impact positif et significatif sur le déficit courant hors transferts
officiels de la balance des paiements. Ce résultat s'inscrit dans la
même logique que la théorie et les études empiriques
évaluant l'impact de la hausse du cours du baril du pétrole sur
l'équilibre extérieur des pays importateurs de pétrole
(Diop et Fame (2007)). En effet, pour le cas spécifique du Bénin,
les résultats de l'estimation montrent qu'une augmentation d'une
unité du prix du pétrole de l'année dernière
entraîne une hausse du déficit courant hors transferts officiels
de cette année de 0,365 unité. Cela témoigne du poids
substantiel des importations de pétrole dans le total des importations
au Bénin (43% des importations totales en 2007). Le Bénin
étant un pays importateur du pétrole, son équilibre
extérieur est sensible à toute augmentation du prix du
pétrole au niveau international. Toute augmentation du prix du
pétrole sur le marché mondial renchérit les importations
en valeur qui contribuent à creuser le déficit courant de la
balance des paiements.
3-1-2-2- Le prix du pétro(e et
('inf(ation
Les résultats de la modélisation VAR montrent
que le prix du pétrole sur le marché international influence
positivement et significativement l'inflation nationale. Cela signifie qu'une
flambée du prix du baril sur le marché mondial alimente les
tensions inflationnistes. Les résultats confirment nos hypothèses
et indiquent qu'un point de hausse du prix du baril de l'année
passée fait grimper l'inflation de l'année courante de 0,9
point.
En effet, Il est ordinaire de distinguer dans l'analyse un
effet inflationniste direct de possibles effets indirects, dits «de second
tour». Ainsi, l'effet direct sur les prix à la consommation d'une
augmentation du prix du baril reflète le poids de celui-ci dans le
panier de consommation moyen. Les effets de second tour proviennent des
tentatives, par les entrepreneurs et les salariés, de compenser la perte
de revenu entraînée par le choc pétrolier. Ainsi, les
entreprises peuvent transmettre à leurs clients la hausse des
coûts en relevant les prix de vente, ce afin de restaurer leurs marges.
De leur côté, de façon à maintenir leur pouvoir
d'achat, les salariés peuvent exiger une augmentation compensatoire des
salaires, elle-même susceptible de nourrir une nouvelle hausse des prix.
Au vue
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
des résultats de l'estimation nous pouvons conclure que
les effets de second tour sont à l'oeuvre au Bénin. Ce
résultat montre la vulnérabilité de l'économie
nationale aux chocs exogènes sur les prix.
Les analyses précédentes seront approfondies
à travers l'analyse des fonctions de réponses impulsionnelles.
L'idée est de simuler un choc sur le prix du baril de pétrole et
de voir la réaction des différentes variables du
modèle.
3-2- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES
SIMULATIONS
Les fonctions de réponses impulsionnelles
présentées correspondent à des chocs de l'ampleur de
l'écart-type du résidu de la variable « prix du
pétrole » qui est de l'ordre de 30%. Ainsi, elles simulent une
hausse de 30% du prix du pétrole.
3-2-1- Réponse de ('inf(ation
Response of INFL to Cholesky One S.D. PP Innovation
|
.030 .025 .020 .015 .010 .005 .000
|
|
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Suite à un choc de l'ordre de 30% du prix du baril de
pétrole, l'inflation est marquée par une hausse
instantanée de 2,05% (effet de court terme). Quant à l'effet de
long terme7, il correspond à une hausse de 6,24%, avec un
délai d'ajustement de six ans. Cette simulation confirme les
résultats
7 L'effet de long terme représente le cumul des
effets sur l'ensemble de la période
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
de l'estimation car elle montre que le choc a plus d'ampleur au
cours de la deuxième année où l'inflation grimpe de 2,8%.
Les effets du choc sur l'inflation sont également étendus dans le
temps.
En effet, le pétrole étant un bien dont
l'élasticité de la demande au prix est faible dans les pays en
développement en général et au Bénin en
particulier, l'économie béninoise subit de plein fouet la hausse
mondiale du prix du baril de pétrole. Cette hausse renchérit le
prix des produits pétroliers qui sont consommés par les
ménages et les entreprises. Ces dernières voyant leurs
coûts de production augmenter, sont contraintes de répercuter la
hausse sur le prix de vente, alimentant ainsi l'inflation. L'effet de long
terme montre que suite au choc pétrolier, les mesures mises en oeuvre ne
sont pas assez efficaces pour contenir son ampleur qui n'est
atténué qu'après six ans.
3-2-2- Réponse du déficit courant hors
transferts officie(s
Response of DCHT to Cholesky One S.D. PP Innovation
|
.20 .15 .10 .05 .00 -.05 -.10
|
|
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
La flambée des cours du baril a également des
répercutions considérables sur l'équilibre
extérieur. Le Bénin étant un pays importateur de
pétrole, toute augmentation de prix du baril, renchérit ses
importations en valeur qui constituent un transfert de revenu du Bénin
vers les pays exportateurs. De même l'envolée des prix de
pétrole, en renchérissant les prix internes, rend les produits
locaux moins compétitifs ; les entreprises peuvent baisser leur niveau
de production, toute chose réduisant les exportations. Dès lors,
une aggravation du déficit courant hors transfert officiel est
envisageable.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Le modèle VAR établit que le déficit
courant hors transferts officiels est marquée par une baisse
instantanée 9,5% avant de connaître une aggravation de 17,4% au
cours de la deuxième année. Une fois encore les résultats
de l'estimation sont confortés dans la mesure où l'effet
désastreux du choc pétrolier sur l'équilibre
extérieur est beaucoup plus manifesté au cours de la
deuxième période. L'effet de long terme indique 10,1%
d'aggravation du déficit courant hors transferts officiels et le retour
à la normale est observé après trois ans. L'effet du choc
serait également imputable au fait que la flambée des prix du
pétrole peut réduire les exportations compte tenu la baisse de la
production des entreprises et l'inflation qui s'alimente dans le temps. Ainsi,
selon les résultats de l'estimation, une hausse de l'inflation de 1%
aggraverait de déficit courant hors transferts de 2,6%.
3-2-3- Réponse du déficit
budgétaire
Response of DB to Cholesky One S.D. PP Innovation
|
.20 .15 .10 .05 .00 -.05 -.10 -.15 -.20
|
|
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
A la suite d'une augmentation du cours du baril au niveau
international, le Gouvernement se voit contraint dans le court terme de faire
d'énormes sacrifices en vue de ne pas transmettre
l'intégralité du choc aux populations. Ces sacrifices vont des
subventions des prix des produits pétroliers à la
réduction ou suppression des taxes sur certains produits. Le
pétrole lampant au Bénin est un cas particulier de produits qui
profite de ces mesures compte tenu de son caractère social. De
même, l'effet d'entraînement souvent occasionné par les
chocs pétroliers alimentant ainsi l'inflation, oblige l'Etat à
subventionner non seulement les prix des produits pétroliers mais
également les prix
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
d'autres produits directement ou indirectement indexés.
Toute cette situation amène le Gouvernement à faire face à
des engagements budgétaires plus importants qui sont de nature à
compromettre sa capacité à financer des programmes sociaux. En
définitive, déficit budgétaire peut se creuser
davantage.
Le modèle VAR établit que suite à un choc
pétrolier de l'ordre de 30%, déficit budgétaire
connaît une augmentation instantanée de 16%. Le cumul des effets
sur toute la période fait ressortir une amélioration solde
budgétaire de 8%, l'équilibre se retrouvant après cinq
ans. Ce résultat quoiqu'apparemment inquiétant, reflète
néanmoins tout le sacrifice qui s'impose à court terme au
Gouvernement suite aux chocs exogènes et surtout à celui du
pétrole pour lequel il ne dispose pas de marge de manoeuvre. Nous
remarquons également que tout l'effort se fait au cours de la
première année du choc, la situation s'étant
considérablement améliorer au cours de la deuxième
année. Ceci confirme alors l'idée selon laquelle, le Gouvernement
ne peut pas supporter pendant une longue durée les chocs exogènes
en recourant à des mesures fiscales. De même, cette
amélioration du déficit budgétaire peut être
attribuable à l'amélioration recettes douanières suite
à l'augmentation du prix du pétrole. En effet, la taxe
douanière étant une taxe ad valorem, l'augmentation de la valeur
des importations des produits pétroliers se traduit par une hausse des
recettes douanières. Selon la DGAE, les recettes fiscales
progresseraient de 1,3% en 2006 et 7,1% en 2007 en liaison avec
l'évolution des recettes douanières consécutives à
la hausse des prix du pétrole.
3-2-4- Réponse du PIB
Response of PIB to Cholesky One S.D. PP Innovation
|
.006 .004 .002 .000 -.002 -.004 -.006 -.008
|
|
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
S'agissant du PIB, et ce suite à une hausse de 30% du
prix du baril de pétrole, il subit une baisse instantanée de
0,65% selon les résultats de la modélisation VAR. Il monte
ensuite à la deuxième année avant de connaître
à nouveau une baisse de 4,9% en début de la troisième
période. Le retour à la normale est constaté après
quatre ans. L'effet de long terme est quasiment inexistant et s'affiche
à une baisse de 0,7% soit pratiquement l'effet de court terme.
En effet, l'envolée du cours du baril affecte l'offre
comme la demande. Elle provoque une augmentation des coûts de production
des entreprises mais également une baisse du pouvoir d'achat des
ménages. Ainsi, les entreprises peuvent être amenées
à réduire leur niveau de production et/ou à augmenter les
prix ou réduire la main-d'oeuvre. Cette situation aura comme corollaire
de réduire l'offre globale de l'économie. Le choc sur le PIB
transiterait surtout par le secteur des transports et de l'industrie dont les
besoins en hydrocarbures sont importants. Ce choc correspond donc à la
résultante des chocs subis par les différents secteurs qui
composent le PIB.
La faible baisse du PIB suite au choc pétrolier est
imputable à certains secteurs comme le secteur agricole qui serait
quasiment insensible au choc pétrolier compte tenu de son niveau de
consommation pratiquement nul en pétrole.
3-3- ETUDE DE LA CAUSALITE ET DECOMPOSITION DE LA
VARIANCE
L'étude de la causalité nous permettra de voir s'il
ya une relation causale entre les variables et la décomposition de la
variance mettra l'accent sur la proportion de causalité entre les
variables.
3-3-1-ETUDE DE LA CAUSALITE
Avant de procéder à l'étude empirique de
causalité par le test de Granger, il nous semble important de construire
le circuit théorique de causalité. En effet, comme
précédemment décrit, un choc pétrolier, du point de
vue théorique augmente les importations en valeur et peut de ce fait
creuser le déficit courant de la balance des paiements. Ce choc est
également une cause d'inflation par les coûts. Au- delà de
ces effets, un choc pétrolier peut creuser le déficit
budgétaire du fait des dépenses engagées par l'Etat pour
amortir le choc. Tous ces effets peuvent concourir à amenuiser la
production nationale. De ce fait, le circuit théorique suivant peut
être tracé.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Graphique 9 : circuit théorique de
causa(ité
Le test de causalité dont le graphique figure en annexe
6 permet d'accepter la présence de relations causales entre certaines
variables de notre étude notamment le PIB, l'inflation, le
déficit courant hors transferts officiels et le prix du pétrole.
En dehors du déficit budgétaire qui ne figure pas dans le circuit
empirique, nous remarquons également qu'il existe une relation causale
entre l'inflation et le déficit courant hors transferts.
Graphique 10 : circuit de causa(ité
empirique pour (e Bénin
On remarque que le PIB est influencé directement par
l'équilibre extérieur (DCHT) et indirectement par l'inflation et
le prix du pétrole. La prédictibilité du déficit
courant hors transfert officiel est à son tour améliorée
par la connaissance des informations relatives à l'inflation et au prix
du pétrole ainsi qu'à leur passé. Ainsi, tout changement
au niveau de l'équilibre extérieur a des répercutions sur
le PIB. Quant à l'inflation, sa prévision est directement
améliorée en incorporant à l'analyse des informations
relatives au prix pétrole et à son passée.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Ainsi, une politique visant à contenir l'inflation,
améliorera la compétitivité de l'économie et
débouchera sur une augmentation des exportations. Le déficit
courant hors transferts s'en trouve améliorer et théoriquement la
croissance aussi.
Cette analyse montre effectivement l'existence de
réseaux d'influence entre les variables de l'étude, mais ne
renseigne en rien sur la « quantification » de ces impacts. Ceci fait
l'objet du développement suivant.
3-3-2- DECOMPOSITION DE LA VARIANCE
La décomposition de la variance qui est retracée
à travers le tableau de l'annexe 7 va nous permettre maintenant de
déterminer dans quelle mesure les variables ont une interaction entre
elles c'est-à-dire, dans quelle « direction », le choc a plus
d'impact.
- L'examen du tableau montre comme nous l'avions
souligné plus haut que le prix du pétrole est une variable
exogène à l'économie béninoise dans la mesure
où, à plus de 87% la variance de l'erreur de prévision de
celui-ci est due à ses propres innovations. Ainsi, tout changement
intervenu au niveau du prix du pétrole est pratiquement dû
à lui-même.
- Pour ce qui est du déficit budgétaire, 3% de
la variance de l'erreur de prévision provient des innovations du prix du
baril et 8% est due aux innovations du PIB. Par ailleurs, 85% de la variance de
l'erreur de prévision du déficit budgétaire provient de
ses propres innovations. Ainsi, toute modification intervenue sur le
déficit budgétaire est à 85% expliquée par
lui-même alors que 8% de cette modification serait imputable au PIB.
- Concernant le Déficit Courant Hors Transfert
officiel, la décomposition de la variance de l'erreur des
prévisions indique que 15% de celle-ci est due aux innovations du prix
du pétrole, 6% à celles de l'inflation, 7% à celle du PIB
et à 70% à ses propres innovations.
- La décomposition de la variance indique que la
variance de l'inflation est due à 52% à ses propres innovations
et à 33% aux innovations du prix du baril du pétrole. Ainsi, un
choc sur les prix du baril du pétrole est à même d'affecter
sévèrement l'inflation car tout changement au niveau de
l'inflation est expliqué à hauteur de 33% par le prix du
pétrole.
- Concernant le PIB, 8% de la variance de l'erreur de
prévision provient des innovations du prix du pétrole, 8% est
imputable aux innovations du déficit courant hors transferts officiels,
6%
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GNIMASSOUN
aux innovations du déficit budgétaire alors que
plus de 75% provient de ses propres innovations.
Au regard de cette analyse, nous pouvons conclure que :
· Un choc sur l'inflation a moins d'impact sur le
déficit courant hors transferts qu'un choc sur ce dernier n'en a sur
l'inflation.
Des chocs sur le PIB et le déficit courant hors transferts
ont un impact quasiment semblable l'un sur l'autre.
Un choc sur le déficit courant hors transferts a un impact
plus important sur le déficit budgétaire qu'un choc sur celui-ci
n'en a sur le solde budgétaire.
Un choc sur l'inflation a plus d'impact sur le PIB qu'un choc sur
ce dernier n'en a sur l'inflation.
Un choc sur le PIB a plus d'impact sur le déficit
budgétaire qu'un choc sur ce dernier n'en a sur le PIB.
3-4- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS AU
NIVEAU SECTORIEL
A ce niveau les projections sont plus faites sur la valeur
ajoutée du secteur industriel ainsi que celle du secteur des transports.
Ces secteurs, ayant de fortes consommations intermédiaires en produits
pétroliers, cette analyse nous permettra de voir comment ceux-ci
réagissent au choc pétrolier.
3-4-1- Réponse de (a va(eur ajoutée du
secteur industrie( Nous modélisons pour ce faire un
VAR8 présenté comme suit :
A12[ï A0 ]+ As DCHT t1 +
[et ]
A14
A2AA1A5PPDBt-1VAIt-1INFLt
-
1t
-
1
Où VAI est la valeur ajoutée du secteur
industriel.
8
Les résultats au niveau des autres variables sont
quasiment identiques aux résultats précédents. Nous nous
passons donc de les présenter à nouveau.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
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Il est donc question d'analyser le comportement de la valeur
ajoutée du secteur industriel à la suite d'un choc de 30% du prix
du pétrole.
Response of VAI to Cholesky One S.D. PP
Innovation
|
.010 .005 .000 -.005 -.010
|
|
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Comme l'indique le graphique précédent, le
secteur industriel est automatiquement affecté par le choc
pétrolier. En effet, une hausse de 30% du prix du baril
entraînerait une perte instantanée de 0,79% de la valeur
ajoutée du secteur industriel. La hausse des prix des produits
pétroliers renchérit les coûts de production des
industries. Cette situation n'est pas favorable à la production des
entreprises qui peuvent voir leur valeur ajoutée s'amoindrir. Par le
mécanisme de transmission du choc sur les prix de vente, ces entreprises
finissent par restaurer leur valeur ajoutée qui connaît une
amélioration de 0,8% au cours de la deuxième année.
Cependant le modèle prévoit une baisse de production au cours de
la troisième année avant que l'équilibre ne se retrouve
à la fin de la troisième année. L'effet du choc à
long terme sur la période ressort une baisse de la valeur ajoutée
de 1,6%.
3-4-2- Réponse de (a va(eur ajoutée du
secteur des transports Le modèle retenu à ce niveau se
présente comme suit :
A1
2A APPDBt-1t-11
[A 0 ]+ A 13 DCHT t-1 +
[e t]
A1A15 A55INFLVATt
-
1t-1
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VAT désigne la valeur ajoutée du
secteur des transports. Ainsi le graphique ci-après indique la
réponse de la valeur ajoutée du secteur industriel à
hausse de 30% du prix du pétrole.
Response of VAT to Cholesky One S.D. PP Innovation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Contrairement à notre attente, une hausse des prix des
produits pétroliers renforce la valeur ajoutée du secteur des
transports au Bénin malgré que le pétrole soit la
principale consommation intermédiaire du secteur des transports. Le
modèle montre qu'une hausse de 30% du prix du baril entraîne une
augmentation instantanée de 33% de la valeur ajoutée du secteur
des transports avant qu'une baisse de 7,2% de celle-ci ne soit constatée
au cours de la troisième période. Quant à l'effet de long
terme, il affiche un accroissement de 35% de la valeur ajoutée du
secteur des transports.
Deux explications peuvent être mises en oeuvre face
à cette situation. La première explication de cette augmentation
de la valeur ajoutée proviendrait du fait que les entreprises de
transport arrivent à transmettre instantanément
l'intégralité du choc pétrolier ou plus sur les passagers
en rehaussant les frais de transport des passagers. Ainsi, elles peuvent
restaurer leur marge et même augmenter le volume du trafic. La
deuxième explication concurrente est celle selon laquelle les
entreprises de transport au Bénin s'approvisionneraient en produits
pétroliers dans le secteur informel où les prix sont souvent
déconnectés du mécanisme de prix au niveau international
en spéculant sur les prix fixés à la pompe. En effet,
selon le Morillion et Afouda (Septembre 2005), la part de secteur informel dans
la commercialisation total de l'essence a atteint 73% en 2004. L'essence
étant principalement utilisé dans le transport, il est donc
probable que cette augmentation de la valeur ajoutée soit imputable
à l'approvisionnement dans ce secteur qui propose des prix plus
attrayant.
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GNIMASSOUN
3-5- RECOMMANDATIONS DE L'ETUDE
Au terme de cette étude, il nous semble très
important d'attirer l'attention des autorités gouvernementales et
monétaires sur des mesures concrètes à mettre en oeuvre
pour limiter sensiblement la vulnérabilité de l'économie
béninoise aux chocs exogènes en général et au choc
pétrolier en particulier.
Ces recommandations sont abordées sous deux angles :
elles concernent d'abord les problèmes du secteur pétrolier au
Bénin et ensuite, elles tablent sur les résultats de l'approche
empirique de l'étude.
L'assainissement du secteur pétro(ier au
Bénin
Les analyses faites au chapitre II du mémoire montrent
que la faiblesse du circuit formel du pétrole a laissé se
développer et s'enraciner structurellement un secteur informel assez
dynamique et inélastique aux mesures d'assainissement mises en oeuvre
jusque là par l'Etat. Ce secteur, quoique globalement
bénéfique pour le pays, du point de vue économique et
financier représente un manque à gagner fiscal annuel d'environ
25 milliards avec ses conséquences sociales, environnementales et
sanitaires déplorables. A cet effet, le Gouvernement béninois se
doit d'assainir le secteur dans son ensemble. Il s'agira concrètement
pour l'Etat :
e fluidifier le système d'approvisionnement et de
distribution afin d'éviter la récurrence des crises
d'approvisionnement et de permettre l'extension d'un réseau de
distribution dont l'insuffisance ne permet pas la satisfaction des besoins
nationaux et favorise par ricochet le développement de l'informel. Dans
cette optique, l'Etat doit accorder des conditions incitatives aux
opérateurs qui veulent s'installer à l'intérieur du pays
et favoriser la mise en place de petites installations de distribution dont les
coûts sont moins prohibitifs. Le Gouvernement devrait également
envisager dans l'immédiat, le renforcement de la capacité de
stockage du pays.
Avant de pouvoir combattre efficacement le trafic illicite de
produits pétroliers qui joue un rôle de régulateur tant sur
le plan économique que sur le plan social, de proposer et de mettre en
oeuvre en collaboration avec les acteurs, des mesures concrètes de
reconversion pour l'ensemble des personnes qui vivent de ce commerce. Ces
mesures doivent chercher à accompagner les importateurs informels
à intégrer le système formel de commercialisation. L'Etat
pourrait en gagner un potentiel de recettes fiscales et les acteurs, engranger
leur part de revenu.
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GNIMASSOUN
Des résu(tats de ('étude
empirique
A partir des résultats de notre étude, il
ressort que l'augmentation mondiale du prix du pétrole affecte
significativement et durablement l'inflation et l'équilibre
extérieur de notre pays. Même si l'effet sur les autres variables
n'apparaît pas significatif, celles-ci ne sont pas pour autant
insensibles au choc pétrolier tel que le montrent les simulations. Ainsi
donc, il nous paraît nécessaire de formuler des recommandations
aussi bien à l'endroit des autorités monétaires que des
pouvoirs publics
Aux autorités monétaires
La banque centrale pourrait être tentée de
resserrer la politique monétaire en réaction aux poussées
inflationnistes induites par la hausse des prix du pétrole. Cette
politique qui devrait passer par de fortes hausses des taux
d'intérêt peut s'avérer inefficace car elle peut fragiliser
l'investissement intérieur, poussé davantage les pays dans la
récession et provoqué la stagflation. De même,
l'augmentation du prix du pétrole étant analogue à un choc
d'approvisionnement, une politique monétaire d'accompagnement
favoriserait l'inflation. Les autorités monétaire devrait adopter
une politique non inflationniste, afin d'éviter l'inflation galopante et
de préserver la crédibilité monétaire. Elles sont
donc appelées à plus de prudence face au choc pétrolier
pour lequel elles ne disposent pas de marge de manoeuvre.
Aux autorités Gouvernementa(es
Les poussées inflationnistes amenuiseront le pouvoir
d'achat des pauvres qui ne disposent pas assez de protection contre la hausse
des prix du pétrole. Les pauvres seront également touchés
par l'augmentation des frais de transport. Le Gouvernement devra cependant
résister à la tentation d'accorder des subventions pour compenser
la hausse du prix du pétrole. Les subventions constituent une importante
saignée pour les finances publiques, surtout si la hausse du
pétrole persiste, parce qu'il va falloir les financer par le biais d'un
relèvement des taux d'imposition, ou celui du recours aux emprunts
extérieurs, ce qui entraînera un alourdissement du fardeau de la
dette. En outre, bien que le pétrole lampant soit
considéré comme un bien à caractère social, il
n'est pas sûr que le fait de le subventionner soit le meilleur moyen de
protéger les pauvres, parce qu'il est difficile d'empêcher ceux
qui ne sont pas pauvres d'en consommer. Les mesures fiscales discriminatoires
devront être limitées par crainte de ne plus pouvoir les supprimer
par la suite. L'Etat doit donc laisser le marché national s'ajuster au
mécanisme du marché international quitte à renforcer ces
programmes sociaux envers les pauvres.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
La hausse des cours du pétrole devra être
perçue comme un signal fort devant amener à réduire la
forte dépendance à l'égard du pétrole et à
améliorer de ce fait l'équilibre extérieur. L'Etat devra
envisager une politique de substitution progressive et partielle du
pétrole. A cette fin, le Gouvernement devra s'informer sur les
technologies pouvant être utilisées et à moindre coût
comme ce qui se fait en Afrique de l'Est et au Brésil en ce qui concerne
les biocarburants. Mais il importe qu'il veille à ce que de telle
politique ne compromettent la sécurité alimentaire qui demeure
encore une bataille difficile à remporter par le Bénin.
Aussi le Gouvernement devra t-il recourir à ses
ressources potentielles en hydrocarbure en sollicitant des investissements
importants dans l'exploration et l'extraction de pétrole qui pourra
être une source importante de devises pour le pays surtout que, des
dernières prospections, il existerait des probabilités pour que
le sol béninois contienne du pétrole.
Pour ces deux derniers cas, l'assistance technique et
financière des partenaires au développement serait
nécessaire pour traduire dans les faits, ces politiques visant à
substituer d'autres énergies au pétrole ou à faire du
Bénin un exportateur de pétrole dans le long terme.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
La crise pétrolière, un phénomène
qui est observé de façon récurrente ces dernières
décennies, a suscité bon nombre d'interrogation, en l'occurrence
: quel est son impact sur l'économie d'un pays ? Face à cette
préoccupation, de nombreuses études ont été
réalisées, lesquelles ont ressorti un effet négatif de la
flambée du prix du baril de pétrole sur les agrégats
macroéconomiques. Etant donné la dépendance de
l'économie béninoise vis-à-vis du pétrole, des
études se sont intéressées aux conséquences de
l'envolée des cours du baril sur l'économie nationale. Ces
études utilisent souvent les modèles linéaires ou les
modèles macroéconométriques dont les insuffisances ont
été mises à nues par Sims qui a proposé en lieu
place les modèles VAR qui présentent l'avantage de ne faire
aucun a priori sur les variables et permet également de mesurer
l'ampleur d'un choc et le délai d'ajustement des variables
affectées.
En effet, s'appuyant sur les données de sources
secondaires des structures à compétence économique et
statistiques telle que la DGAE et l'INSAE, ce travail a essayé
d'analyser, mais également de mesurer l'impact de l'augmentation du prix
du pétrole sur l'équilibre tant intérieur
qu'extérieur.
Ainsi, selon les résultats des modélisations,
une variation positive du prix du baril a bel et bien une influence
négative sur l'économie béninoise. De façon
significative, une augmentation du prix du pétrole entretient
durablement l'inflation locale et constituent un danger pour l'équilibre
extérieur du Bénin. De façon plus explicite,
l'étude retient, sur la base des résultats des modèles VAR
élaborés que, suite à une variation positive du prix du
baril de pétrole de l'ordre de 30%, l'inflation et le déficit
courant hors transferts s'aggravent respectivement de 2,8 et 17,4% un an plus
tard. Dans le long terme, l'effet sur l'inflation reste dynamique et s'affiche
à 6,24% alors que l'impact sur le déficit courant
s'améliore pour s'établir à 10,1%.
Malgré que l'impact de la hausse du prix du
pétrole sur le déficit budgétaire et le PIB ne soit
significatif selon les résultats de l'estimation, les simulations
effectuées montrent que ces variables ne sont vraiment pas
épargnées des retombées d'un choc pétrolier. En
effet, les fonctions de réponses impulsionnelles établissent d'un
choc positif de l'ordre de 30% sur le prix de pétrole entraîne une
diminution instantanément du PIB de 0,65% et une aggravation du
déficit budgétaire de 16%. Dans le
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
long terme, un choc de même ampleur se traduit par une
perte de croissance similaire à l'effet de court terme alors que le
déficit budgétaire connaît une amélioration de 10%.
Ceci traduit le fait que les finances publiques ne peuvent supporter l'effet du
choc pétrolier sur le long terme.
S'intéressant également à l'impact du
choc pétrolier au niveau sectoriel notamment sur le secteur industriel
et celui des transports au Bénin, l'étude révèle
à travers les simulations qu'une variation positive du prix du baril de
pétrole d'environ 30% entraîne une perte instantanée de la
valeur ajoutée du secteur industriel de 0,79%. Quant au secteur des
transports, un choc de même ampleur constitue un gain de valeur
ajoutée de l'ordre de 34%. Ce résultat, quoique que surprenant,
peut être facilement expliqué. En effet, l'une des raisons pouvant
traduire ce gain significatif de la valeur ajoutée peut être le
fait que les acteurs des transports (les conducteurs) transmettent
l'intégralité du choc et même plus sur les passagers en
augmentant significativement les tarifs de transport. Une autre explication
pourrait être le fait pour les conducteurs de s'approvisionner beaucoup
plus dans le secteur informel tout en spéculant sur les prix fixé
à la pompe.
Compte tenu de la place importante du secteur informel sur le
marché pétrolier béninois, cette étude s'est
également intéressée au rôle que joue le secteur
informel de produits pétrolier dans le mécanisme de transmission
du choc pétrolier international. Notre analyse s'est seulement
basée sur le trafic de l'essence pour lequel nous avions pu disposer
d'information. En effet, malgré que ce trafic traduit une perte de
recettes fiscales estimée en moyenne à 34 milliards ces
dernières années, il ressort que l'existence de ce secteur permet
aux consommateurs de disposer d'un pouvoir d'achat supplémentaire annuel
de l'ordre de 25 milliards. En ajoutant le gain de revenu des trafiquants de
l'essence, un gain net de 35 milliard pour l'économie béninoise
est enregistré par an. Cette valeur pourrait fortement augmenter en
insérant l'information relative aux autres produits
pétroliers.
Par ailleurs l'appréciation de du FCFA face au dollar,
enregistrée depuis 2002, a joué un rôle amortisseur de
l'impact de la flambée récente du prix du baril qui est
fixé en dollars. En effet, le dollar qui valait 742,8 FCFA en janvier
2002 a progressivement baissé de valeur pour ne coûter que 449,9
FCFA en décembre 2007.
Globalement, ces résultats, quoique discutables,
restent probants pour deux raisons principales. Premièrement, ils
concordent avec les constats tirés des faits stylisés de
l'économie traités au deuxième chapitre du mémoire.
Deuxièmement, ces résultats confirment les conclusions des
études empiriques traitant de la même question sur les pays
importateurs de pétrole même si les structures de
l'économie ne sont pas forcément identiques.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Somme toute, le choc pétroler a un impact
négatif sur l'économie du Bénin, pays importateur de
pétrole et de surcroît price-taker. Au regard des
dysfonctionnements observés, il va de soi qu'il peut constituer,
à terme, un frein au développement économique si des
mesures hardies ne sont pas prises.
Vu l'étendue du sujet, nous n'avons pas la
prétention d'avoir pris en compte tous les contours du problème
posé même si cela a été notre ultime souhait. En
effet l'idéal aurait été de poursuivre l'analyse sur le
bien-être et la pauvreté mais cela nécessite plus de moyens
et d'outils tels que le modèle SimSip-SAM de la Banque mondiale
adapté au Bénin et les modèles d'équilibre
général calculable. De même l'utilisation de ces outils,
par exemple le modèle SimSip-SAM, suppose assez d'informations telles
que la matrice de comptabilité sociale désagrégée
au niveau des utilisations faites du pétrole au Bénin, lesquelles
informations ne sont malheureusement pas disponibles.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
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impact des variations du prix du pétrole sur la croissance
française ? »
Nico(as C. et Caterine H. « Les effets
économiques du prix du pétrole sur les pays de l'OCDE
»
O(ushègun et Dieudonné (2000)
«Incidence d'un choc inflationniste sur les agents économiques au
Bénin : cas de la hausse des prix des produits pétroliers
», Mémoire de fin du 1 er cycle, ENEAM, UAC.
Rajeew D. et Karsten J. (2006), "Energy Price Shocks and the
macroeconomiy: The role of consumer durables", Woking papers 2006-9.
Rich (1997) : "Oil and the macroeconomy : "a Markov
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29(2), 193-213.
Rotemberg, Ju(io J. et M. Woodford (1996): "Imperfect competition
and the effects of energy price increases", Journal of Money credit, and
banking, 28 (part 1), pp. 549-577.
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
ANNEXES 2 : EVOLUTION DES DIFFERENTES VARIABLES DE
L'ESTIMATION
PI B
|
.10 .08 .06 .04 .02 .00 -.02 -.04 -.06
|
|
1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005
INFL
1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005
DCHTO
|
2.0 1.6 1.2 0.8 0.4 0.0 -0.4 -0.8
|
|
1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005
ANNEXE 3 : LISTE DES DIFFERENTES VARIABLES DE
L'ESTIMATION
|
obs
|
PIB
|
INFL
|
DB
|
DCHT
|
PP
|
VAI
|
VAT
|
|
1971
|
-1,44E-02
|
2,61E-02
|
7,51E-01
|
8,32E-02
|
-6,41E-03
|
-1,08E-02
|
-3,80E-02
|
|
1972
|
4,31E-02
|
3,50E-02
|
-1,76E+00
|
6,31E-01
|
-8,51E-03
|
1,36E-01
|
9,96E-02
|
|
1973
|
3,10E-02
|
4,70E-02
|
-4,58E+00
|
2,76E-01
|
2,87E+00
|
-6,97E-02
|
-6,08E-02
|
|
1974
|
1,73E-02
|
3,08E-01
|
1,14E-02
|
1,13E+00
|
-1,59E-01
|
4,02E-02
|
4,05E-02
|
|
1975
|
-5,09E-02
|
2,40E-02
|
4,39E-01
|
4,95E-01
|
2,44E-01
|
-1,09E-01
|
-9,22E-01
|
|
1976
|
1,15E-02
|
1,35E-01
|
-9,21E-02
|
-7,87E-02
|
1,16E-01
|
5,48E-02
|
6,25E-01
|
|
1977
|
4,87E-02
|
5,20E-02
|
-3,04E+00
|
7,11E-01
|
1,35E-01
|
2,63E-02
|
-6,15E-01
|
|
1978
|
1,61E-02
|
5,90E-02
|
-3,28E-01
|
1,43E-01
|
-7,39E-02
|
-1,80E-02
|
1,35E-01
|
|
1979
|
2,09E-02
|
1,41E-01
|
-3,02E-01
|
-5,00E-02
|
1,13E+00
|
-1,82E-02
|
3,90E-01
|
|
1980
|
8,01E-02
|
1,44E-01
|
-2,08E+00
|
-1,00E-01
|
2,06E-01
|
1,52E-01
|
2,13E-02
|
|
1981
|
4,19E-02
|
1,58E-01
|
1,40E+00
|
4,77E-01
|
2,37E-01
|
8,50E-02
|
9,72E-02
|
|
1982
|
2,80E-02
|
2,23E-01
|
1,89E-01
|
1,08E+00
|
2,13E-01
|
1,29E-01
|
4,11E-01
|
|
1983
|
-4,13E-02
|
4,60E-02
|
-8,46E-01
|
-4,27E-01
|
5,92E-02
|
-7,23E-02
|
-7,94E-01
|
|
1984
|
7,33E-02
|
2,00E-02
|
-2,62E+00
|
-2,91E-01
|
1,04E-01
|
2,55E-02
|
-5,65E-01
|
|
1985
|
5,61E-02
|
-6,90E-02
|
2,05E+00
|
2,34E-01
|
1,43E-02
|
1,00E-01
|
-2,45E+00
|
|
1986
|
2,12E-02
|
-1,50E-02
|
2,60E-01
|
1,70E-01
|
-6,01E-01
|
-4,92E-02
|
-7,83E-01
|
|
1987
|
-1,73E-02
|
8,00E-03
|
-1,31E-01
|
-3,75E-01
|
1,15E-01
|
-2,14E-02
|
-1,53E+00
|
|
1988
|
1,20E-02
|
1,90E-02
|
4,18E-02
|
-6,81E-02
|
-1,96E-01
|
2,07E-01
|
1,38E+00
|
|
1989
|
2,20E-02
|
1,80E-02
|
6,12E-02
|
-3,55E-01
|
2,99E-01
|
-5,30E-02
|
-5,26E-02
|
|
1990
|
3,20E-02
|
1,60E-02
|
-2,62E-02
|
-1,17E-01
|
9,55E-02
|
4,19E-01
|
-1,11E-01
|
|
1991
|
4,70E-02
|
7,00E-03
|
-2,06E-01
|
1,11E+00
|
-1,27E-01
|
3,85E-02
|
-5,63E-01
|
|
1992
|
2,93E-02
|
3,30E-02
|
1,98E-01
|
-3,76E-01
|
-7,77E-02
|
8,75E-02
|
7,14E-01
|
|
1993
|
5,83E-02
|
1,10E-02
|
-3,69E-01
|
-1,42E-01
|
-5,66E-02
|
-3,41E-02
|
-6,67E-01
|
|
1994
|
1,97E-02
|
3,36E-01
|
9,65E-01
|
-1,96E-02
|
6,63E-01
|
4,17E-02
|
6,55E+00
|
|
1995
|
5,95E-02
|
1,55E-01
|
2,95E-01
|
1,76E+00
|
-3,05E-02
|
6,15E-03
|
-5,39E-01
|
|
1996
|
4,44E-02
|
6,60E-02
|
-3,35E-01
|
-5,74E-01
|
2,14E-01
|
9,79E-02
|
-5,74E-01
|
|
1997
|
5,73E-02
|
4,70E-02
|
8,47E-02
|
7,53E-01
|
7,94E-02
|
2,65E-02
|
-2,88E-01
|
|
1998
|
3,98E-02
|
5,50E-02
|
-7,59E-01
|
1,88E-01
|
-3,18E-01
|
-6,78E-03
|
1,70E-01
|
|
1999
|
5,35E-02
|
1,40E-02
|
9,65E-01
|
2,46E-01
|
6,34E-01
|
-1,37E-02
|
-7,45E-01
|
|
2000
|
4,84E-02
|
3,30E-02
|
1,41E+00
|
-1,60E-01
|
2,83E-01
|
4,86E-02
|
1,36E+00
|
|
2001
|
6,24E-02
|
3,10E-02
|
-1,52E-01
|
2,78E-01
|
-1,13E-01
|
8,91E-02
|
-6,06E-02
|
|
2002
|
4,43E-02
|
2,50E-02
|
-2,17E-01
|
2,54E-01
|
-2,50E-02
|
6,43E-02
|
-1,94E-01
|
|
2003
|
3,86E-02
|
1,50E-02
|
1,83E+00
|
5,68E-02
|
3,44E-02
|
6,59E-03
|
-4,00E-01
|
|
2004
|
3,15E-02
|
9,00E-03
|
-3,06E-01
|
-1,26E-01
|
1,89E-01
|
-1,96E-02
|
-4,00E-01
|
|
2005
|
2,87E-02
|
5,40E-02
|
3,56E-01
|
3,54E-02
|
3,09E-01
|
5,31 E-02
|
5,00E+00
|
|
2006
|
3,77E-02
|
3,80E-02
|
-4,09E-01
|
5,11E-02
|
2,94E-01
|
-3,45E-02
|
-2,96E-01
|
|
2007
|
4,62E-02
|
2,60E-02
|
2,44E+00
|
-7,78E-02
|
5,67E-02
|
5,33E-02
|
-6,58E-01
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
ANNEXE 4 : TESTS DE STATIONNARITE
DB
Null Hypothesis: DB has a unit root
Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 2 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.902947 0.0000
Test critical values: 1% level -4.252879
5% level -3.548490
10% level -3.207094
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.
Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable:
D(DB)
Method: Least Squares
Date: 11/04/02 Time: 08:51
Sample (adjusted): 1974 2007
Included observations: 34 after adjustments
|
Variable
|
Coefficient
|
Std. Error
|
t-Statistic
|
Prob.
|
|
DB(-1)
|
-2.291396
|
0.331945
|
-6.902947
|
0.0000
|
|
D(DB(-1))
|
0.804508
|
0.232270
|
3.463668
|
0.0017
|
|
D(DB(-2))
|
0.337289
|
0.147328
|
2.289373
|
0.0295
|
|
C
|
-2.414972
|
0.541347
|
-4.461041
|
0.0001
|
|
@TREND(1971)
|
0.111420
|
0.023882
|
4.665465
|
0.0001
|
|
R-squared
|
0.787131
|
Mean dependent var
|
|
0.206454
|
|
Adjusted R-squared
|
0.757769
|
S.D. dependent var
|
|
1.824876
|
|
S.E. of regression
|
0.898148
|
Akaike info criterion
|
|
2.758089
|
|
Sum squared resid
|
23.39343
|
Schwarz criterion
|
|
2.982554
|
|
Log likelihood
|
-41.88752
|
F-statistic
|
|
26.80846
|
|
Durbin-Watson stat
|
2.091135
|
Prob(F-statistic)
|
|
0.000000
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
DCHT
Null Hypothesis: DCHTO has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -7.172377 0.0000
Test critical values: 1% level -3.626784
5% level -2.945842
10% level -2.611531
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.
Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable:
D(DCHTO)
Method: Least Squares
Date: 11/04/02 Time: 08:52
Sample (adjusted): 1972 2007
Included observations: 36 after adjustments
|
Variable
|
Coefficient
|
Std. Error t-Statistic
|
Prob.
|
|
DCHTO(-1)
|
-1.207505
|
0.168355 -7.172377
|
0.0000
|
|
C
|
0.227115
|
0.089875 2.527013
|
0.0163
|
|
R-squared
|
0.602074
|
Mean dependent var
|
-0.004472
|
|
Adjusted R-squared
|
0.590370
|
S.D. dependent var
|
0.786293
|
|
S.E. of regression
|
0.503246
|
Akaike info criterion
|
1.518478
|
|
Sum squared resid
|
8.610723
|
Schwarz criterion
|
1.606451
|
|
Log likelihood
|
-25.33260
|
F-statistic
|
51.44300
|
|
Durbin-Watson stat
|
1.989533
|
Prob(F-statistic)
|
0.000000
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
IN FL
Null Hypothesis: INFL has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -4.478047 0.0010
Test critical values: 1% level -3.626784
5% level -2.945842
10% level -2.611531
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.
Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable:
D(INFL)
Method: Least Squares
Date: 11/04/02 Time: 08:53
Sample (adjusted): 1972 2007
Included observations: 36 after adjustments
|
Variable
|
Coefficient
|
Std. Error t-Statistic
|
Prob.
|
|
INFL(-1)
|
-0.741987
|
0.165694 -4.478047
|
0.0001
|
|
C
|
0.047899
|
0.017533 2.731916
|
0.0099
|
|
R-squared
|
0.370987
|
Mean dependent var
|
-2.48E-06
|
|
Adjusted R-squared
|
0.352486
|
S.D. dependent var
|
0.103582
|
|
S.E. of regression
|
0.083351
|
Akaike info criterion
|
-2.077560
|
|
Sum squared resid
|
0.236211
|
Schwarz criterion
|
-1.989587
|
|
Log likelihood
|
39.39608
|
F-statistic
|
20.05290
|
|
Durbin-Watson stat
|
2.065027
|
Prob(F-statistic)
|
0.000081
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
PIB
Null Hypothesis: PIB has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.854276 0.0000
Test critical values: 1% level -3.626784
5% level -2.945842
10% level -2.611531
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.
Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable:
D(PIB)
Method: Least Squares
Date: 11/04/02 Time: 08:54
Sample (adjusted): 1972 2007
Included observations: 36 after adjustments
|
Variable
|
Coefficient
|
Std. Error t-Statistic
|
Prob.
|
|
PIB(-1)
|
-0.981912
|
0.167726 -5.854276
|
0.0000
|
|
C
|
0.028400
|
0.006891 4.121103
|
0.0002
|
|
R-squared
|
0.501996
|
Mean dependent var
|
0.001685
|
|
Adjusted R-squared
|
0.487349
|
S.D. dependent var
|
0.043274
|
|
S.E. of regression
|
0.030984
|
Akaike info criterion
|
-4.056724
|
|
Sum squared resid
|
0.032641
|
Schwarz criterion
|
-3.968751
|
|
Log likelihood
|
75.02104
|
F-statistic
|
34.27254
|
|
Durbin-Watson stat
|
1.936087
|
Prob(F-statistic)
|
0.000001
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
PP
Null Hypothesis: PP has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.800496 0.0000
Test critical values: 1% level -3.626784
5% level -2.945842
10% level -2.611531
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.
Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable:
D(PP)
Method: Least Squares
Date: 11/04/02 Time: 08:54
Sample (adjusted): 1972 2007
Included observations: 36 after adjustments
|
Variable
|
Coefficient
|
Std. Error
|
t-Statistic
|
Prob.
|
|
PP(-1)
|
-1.151619
|
0.169343
|
-6.800496
|
0.0000
|
|
C
|
0.217316
|
0.096164
|
2.259838
|
0.0304
|
|
R-squared
|
0.576307
|
Mean dependent var
|
|
0.001754
|
|
Adjusted R-squared
|
0.563845
|
S.D. dependent var
|
|
0.824838
|
|
S.E. of regression
|
0.544740
|
Akaike info criterion
|
|
1.676935
|
|
Sum squared resid
|
10.08920
|
Schwarz criterion
|
|
1.764908
|
|
Log likelihood
|
-28.18483
|
F-statistic
|
|
46.24675
|
|
Durbin-Watson stat
|
2.011512
|
Prob(F-statistic)
|
|
0.000000
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
VAI
Null Hypothesis: VAI has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -7.741284 0.0000
Test critical values: 1% level -3.626784
5% level -2.945842
10% level -2.611531
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.
Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable:
D(VAI)
Method: Least Squares
Date: 11/04/02 Time: 08:55
Sample (adjusted): 1972 2007
Included observations: 36 after adjustments
|
Variable
|
Coefficient
|
Std. Error t-Statistic
|
Prob.
|
|
VAI(-1) C
|
-1.272236
0.051425
|
0.164344 -7.741284
0.016659 3.086851
|
0.0000 0.0040
|
|
R-squared
|
0.638019
|
Mean dependent var
|
0.001780
|
|
Adjusted R-squared
|
0.627372
|
S.D. dependent var
|
0.151127
|
|
S.E. of regression
|
0.092253
|
Akaike info criterion
|
-1.874611
|
|
Sum squared resid
|
0.289361
|
Schwarz criterion
|
-1.786637
|
|
Log likelihood
|
35.74299
|
F-statistic
|
59.92748
|
|
Durbin-Watson stat
|
1.838200
|
Prob(F-statistic)
|
0.000000
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
VAT
Null Hypothesis: VAT has a unit root
Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)
t-Statistic Prob.*
Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.712213 0.0000
Test critical values: 1% level -2.630762
5% level -1.950394
10% level -1 .611202
*MacKinnon (1996) one-sided p-values.
Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable:
D(VAT)
Method: Least Squares
Date: 11/04/02 Time: 08:56
Sample (adjusted): 1972 2007
Included observations: 36 after adjustments
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
VAT(-1) -1.128076 0.168063 -6.712213 0.0000
R-squared 0.562770 Mean dependent var -0.017220
Adjusted R-squared 0.562770 S.D. dependent var 2.363859
S.E. of regression 1.563063 Akaike info criterion 3.758557
Sum squared resid 85.51081 Schwarz criterion 3.802543
Log likelihood -66.65402 Durbin-Watson stat 1.992327
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
ANNEXE 5 : RESULTATS DE L'ESTIMATION DU MODELE
VAR
Vector Autoregression Estimates
Sample (adjusted): 1972 2007
Included observations: 36 after adjustments Standard errors in (
) & t-statistics in [ ]
|
PP
|
DB
|
DCHTO
|
INFL
|
PIB
|
|
PP(-1) -0.183304
|
-0.031066
|
0.365689
|
0.089111
|
0.015617
|
|
(0.10416)
|
(0.43029)
|
(0.15339)
|
(0.01908)
|
(0.01126)
|
|
[-1.75983]
|
[-0.07220]
|
[ 2.38404]
|
[ 4.67037]
|
[ 1.38651]
|
|
DB(-1) -0.056559
|
-0.058259
|
0.053633
|
0.000529
|
0.003806
|
|
(0.04444)
|
(0.18359)
|
(0.06545)
|
(0.00814)
|
(0.00481)
|
|
[-1.27267]
|
[-0.31734]
|
[ 0.81951]
|
[ 0.06496]
|
[ 0.79191]
|
|
DCHTO(-1) -0.048083
|
0.067317
|
-0.404592
|
0.014887
|
-0.021126
|
|
(0.10331)
|
(0.42679)
|
(0.15214)
|
(0.01893)
|
(0.01117)
|
|
[-0.46541]
|
[ 0.15773]
|
[-2.65929]
|
[ 0.78662]
|
[-1.89108]
|
|
INFL(-1) 1.001935
|
-2.272003
|
2.672137
|
0.217187
|
-0.039905
|
|
(0.61428)
|
(2.53758)
|
(0.90461)
|
(0.11252)
|
(0.06642)
|
|
[ 1.63108]
|
[-0.89534]
|
[ 2.95391]
|
[ 1.93014]
|
[-0.60076]
|
|
PIB(-1) -2.176401
|
12.80838
|
4.673065
|
0.014645
|
0.137416
|
|
(1.63683)
|
(6.76174)
|
(2.41046)
|
(0.29984)
|
(0.17700)
|
|
[-1.32965]
|
[ 1.89424]
|
[ 1.93866]
|
[ 0.04884]
|
[ 0.77638]
|
|
C 0.124061
|
-0.259920
|
-0.100884
|
0.021587
|
0.028861
|
|
(0.07393)
|
(0.30542)
|
(0.10888)
|
(0.01354)
|
(0.00799)
|
|
[ 1.67800]
|
[-0.85102]
|
[-0.92657]
|
[ 1.59391]
|
[ 3.61001]
|
|
D73 2.729872
|
-4.938850
|
0.434708
|
0.009478
|
0.017787
|
|
(0.29977)
|
(1.23834)
|
(0.44145)
|
(0.05491)
|
(0.03242)
|
|
[ 9.10665]
|
[-3.98828]
|
[ 0.98473]
|
[ 0.17260]
|
[ 0.54874]
|
|
D94 0.565718
|
0.787593
|
-0.128672
|
0.318862
|
0.009727
|
|
(0.28914)
|
(1.19443)
|
(0.42580)
|
(0.05296)
|
(0.03127)
|
|
[ 1.95657]
|
[ 0.65939]
|
[-0.30219]
|
[ 6.02026]
|
[ 0.31110]
|
|
R-squared 0.786384
|
0.426974
|
0.468157
|
0.707480
|
0.210000
|
|
Adj. R-squared 0.732980
|
0.283717
|
0.335196
|
0.634349
|
0.012499
|
|
Sum sq. resids 2.206029
|
37.64637
|
4.784172
|
0.074024
|
0.025795
|
|
S.E. equation 0.280690
|
1.159532
|
0.413356
|
0.051417
|
0.030352
|
|
F-statistic 14.72519
|
2.980484
|
3.521019
|
9.674256
|
1.063289
|
|
Log likelihood -0.819941
|
-51.88670
|
-14.75408
|
60.28206
|
79.25788
|
|
Akaike AIC 0.489997
|
3.327039
|
1.264115
|
-2.904559
|
-3.958771
|
|
Schwarz SC 0.841890
|
3.678932
|
1.616009
|
-2.552666
|
-3.606878
|
|
Mean dependent 0.188936
|
-0.154586
|
0.187317
|
0.064556
|
0.028893
|
|
S.D. dependent 0.543194
|
1.370062
|
0.506965
|
0.085031
|
0.030544
|
|
Determinant resid covariance (dof adj.)
|
2.51 E-08
|
|
|
|
|
Determinant resid covariance
|
7.16E-09
|
|
|
|
|
Log likelihood
|
82.18333
|
|
|
|
|
Akaike information criterion
|
-2.343518
|
|
|
|
|
Schwarz criterion
|
-0.584053
|
|
|
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
ANNEXE 6 : RESULTAT DU TEST DE CAUSALITE
|
Pairwise Granger Causality Tests
|
|
Lags: 1
|
|
Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability
|
|
DCHT does not Granger Cause PP 36
|
0.30242
|
0.58607
|
|
PP does not Granger Cause DCHT
|
5.77215
|
0.02207
|
|
PIB does not Granger Cause PP 36
|
1.7E-05
|
0.99676
|
|
PP does not Granger Cause PIB
|
1.33482
|
0.25625
|
|
DB does not Granger Cause PP 36
|
3.22667
|
0.08161
|
|
PP does not Granger Cause DB
|
0.00147
|
0.96970
|
|
INFL does not Granger Cause PP 36
|
0.08822
|
0.76832
|
|
PP does not Granger Cause INFL
|
12.6753
|
0.00115
|
|
PIB does not Granger Cause DCHT 36
|
2.37318
|
0.13297
|
|
DCHT does not Granger Cause PIB
|
5.68567
|
0.02301
|
|
DB does not Granger Cause DCHT 36
|
0.51715
|
0.47712
|
|
DCHT does not Granger Cause DB
|
0.18882
|
0.66673
|
|
INFL does not Granger Cause DCHT 36
|
11.5368
|
0.00179
|
|
DCHT does not Granger Cause INFL
|
0.05277
|
0.81973
|
|
DB does not Granger Cause PIB 36
|
0.01112
|
0.91667
|
|
PIB does not Granger Cause DB
|
2.24535
|
0.14352
|
|
INFL does not Granger Cause PIB 36
|
1.17532
|
0.28617
|
|
PIB does not Granger Cause INFL
|
0.00324
|
0.95493
|
|
INFL does not Granger Cause DB 36
|
0.19728
|
0.65982
|
|
DB does not Granger Cause INFL
|
2.66016
|
0.11240
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
ANNEXE 7 : DECOMPOSITION DE LA VARIANCE
|
|
Variance Decomposition of TX_PP:
|
|
|
|
Period
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
|
S.E.
|
TX_PP
|
TX_DB
|
TX_DCHTO
|
TX_I NFL
|
TX_P I B
|
|
0.280690
|
100.0000
|
0.000000
|
0.000000
|
0.000000
|
0.000000
|
|
0.296340
|
90.22522
|
3.712098
|
0.000673
|
1.674702
|
4.387311
|
|
0.300564
|
88.18426
|
3.741658
|
1.541363
|
1.640737
|
4.891985
|
|
0.301338
|
87.88471
|
3.789412
|
1.535292
|
1.897936
|
4.892646
|
|
0.301492
|
87.86051
|
3.785587
|
1.552957
|
1.898689
|
4.902261
|
|
0.301516
|
87.84932
|
3.788421
|
1.553211
|
1.905873
|
4.903172
|
|
0.301524
|
87.84721
|
3.788220
|
1.554729
|
1.906176
|
4.903662
|
|
0.301525
|
87.84669
|
3.788317
|
1.554741
|
1.906616
|
4.903631
|
|
0.301526
|
87.84659
|
3.788309
|
1.554798
|
1.906641
|
4.903657
|
|
0.301526
|
87.84656
|
3.788313
|
1.554801
|
1.906662
|
4.903659
|
|
|
Variance Decomposition of TX_DB:
|
|
|
|
Period
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
|
S.E.
|
TX_PP
|
TX_DB
|
TX_DCHTO
|
TX_INFL
|
TX_PIB
|
|
1.159532
|
1.861826
|
98.13817
|
0.000000
|
0.000000
|
0.000000
|
|
1.236452
|
3.190677
|
87.71280
|
0.046885
|
0.321250
|
8.728384
|
|
1.247667
|
3.175415
|
86.32685
|
1.462150
|
0.366361
|
8.669223
|
|
1.251715
|
3.569431
|
85.77013
|
1.475170
|
0.544521
|
8.640745
|
|
1.252030
|
3.580234
|
85.73463
|
1.491613
|
0.544961
|
8.648566
|
|
1.252097
|
3.583249
|
85.72602
|
1.491637
|
0.549890
|
8.649202
|
|
1.252116
|
3.584315
|
85.72340
|
1.492866
|
0.550102
|
8.649312
|
|
1.252121
|
3.584629
|
85.72283
|
1.492859
|
0.550422
|
8.649257
|
|
1.252122
|
3.584703
|
85.72269
|
1.492904
|
0.550435
|
8.649272
|
|
1.252122
|
3.584716
|
85.72266
|
1.492905
|
0.550450
|
8.649271
|
|
|
Variance Decomposition of TX_DCHTO:
|
|
|
|
Period
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
|
S.E.
|
TX_PP
|
TX_DB
|
TX_DCHTO
|
TX_I NFL
|
TX_P I B
|
|
0.413356
|
5.355820
|
0.218220
|
94.42596
|
0.000000
|
0.000000
|
|
0.498967
|
15.87617
|
0.155880
|
70.58351
|
6.250006
|
7.134436
|
|
0.502142
|
15.74458
|
0.239556
|
70.05042
|
6.360283
|
7.605163
|
|
0.502467
|
15.72513
|
0.252148
|
69.96169
|
6.435538
|
7.625493
|
|
0.502595
|
15.73157
|
0.253370
|
69.95808
|
6.432290
|
7.624682
|
|
0.502626
|
15.73242
|
0.254942
|
69.95089
|
6.437491
|
7.624262
|
|
0.502631
|
15.73277
|
0.254940
|
69.95022
|
6.437355
|
7.624722
|
|
0.502632
|
15.73275
|
0.255007
|
69.94999
|
6.437548
|
7.624702
|
|
0.502633
|
15.73279
|
0.255007
|
69.94995
|
6.437542
|
7.624708
|
|
0.502633
|
15.73279
|
0.255010
|
69.94994
|
6.437551
|
7.624707
|
|
|
Variance Decomposition of TX_INFL:
|
|
|
|
Period
1
2
|
S.E.
|
TX_PP
|
TX_DB
|
TX_DCHTO
|
TX_INFL
|
TX_PIB
|
|
0.051417
|
15.89962
|
2.447604
|
11.93207
|
69.72070
|
0.000000
|
|
0.060121
|
33.36616
|
1.816026
|
11.39618
|
53.41681
|
0.004827
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
|
3
4
5
6
7
8
9
10
|
0.061258
|
33.36900
|
2.522253
|
10.97873
|
52.85148
|
0.278536
|
|
0.061584
|
33.33336
|
2.499796
|
11.23601
|
52.35330
|
0.577532
|
|
0.061648
|
33.34208
|
2.513868
|
11.22443
|
52.33824
|
0.581382
|
|
0.061666
|
33.35666
|
2.513133
|
11.22870
|
52.31517
|
0.586334
|
|
0.061670
|
33.35735
|
2.514127
|
11.22812
|
52.31322
|
0.587180
|
|
0.061671
|
33.35781
|
2.514103
|
11.22847
|
52.31200
|
0.587615
|
|
0.061671
|
33.35788
|
2.514143
|
11.22845
|
52.31187
|
0.587657
|
|
0.061671
|
33.35792
|
2.514143
|
11.22846
|
52.31180
|
0.587677
|
|
|
Variance Decom position of TX_PIB:
|
|
|
|
Period
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
|
S.E.
|
TX_PP
|
TX_DB
|
TX_DCHTO
|
TX_INFL
|
TX_PIB
|
|
0.030352
|
4.573815
|
6.515161
|
0.119861
|
0.499021
|
88.29214
|
|
0.032623
|
6.595008
|
6.613860
|
8.298894
|
0.621054
|
77.87118
|
|
0.033201
|
8.625760
|
6.456935
|
8.066319
|
1.347645
|
75.50334
|
|
0.033228
|
8.671494
|
6.501241
|
8.077661
|
1.352366
|
75.39724
|
|
0.033234
|
8.678718
|
6.499839
|
8.076021
|
1.363865
|
75.38156
|
|
0.033236
|
8.680645
|
6.499383
|
8.080049
|
1.364754
|
75.37517
|
|
0.033236
|
8.681905
|
6.499340
|
8.079845
|
1.365834
|
75.37308
|
|
0.033236
|
8.682129
|
6.499322
|
8.079936
|
1.365886
|
75.37273
|
|
0.033236
|
8.682167
|
6.499324
|
8.079934
|
1.365932
|
75.37264
|
|
0.033236
|
8.682180
|
6.499322
|
8.079939
|
1.365937
|
75.37262
|
|
Cholesky Ordering: TX_PP TX_DB TX_DCHTO TX_INFL TX_PIB
|
|
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
VERTISSEMENT i
DEDICACES i
REMERCIEMENTS ii
GLOSSAIRE DES SIGLES ET ABREVIATIONS iv
LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES v
SOMMAIRE vi
RESUME vii
INTRODUCTION 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIE DE LA
RECHERCHE 3
1-1 PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE L'ETUDE
3
1-1-1 Problématique 3
1-1-2 Objectifs et hypothèses de l'étude 6
1-1-2-1 Objectifs de l'étude 6
1-1-2-3 Hypothèses de l'étude 6
1-1-3 Intérêt du sujet 6
1-2 REVUE DE LA LITTERATURE 7
1-2-1 Mécanisme de transmission d'un choc pétrolier
7
1-2-2 Ajustement aux chocs pétroliers sur l'offre 8
1-2-2-1 La logique classique et monétariste 9
1-2-2-2 La logique keynésienne 10
1-2-2-3 Problème de fond: Le partage de la valeur
ajoutée 11
1-2-3 Impact combiné du renchérissement du
pétrole et de l'appréciation de l'euro 11
1-2-4 Les études empiriques 12
1-3 ASPECTS METHODOLOGIQUES 17
1-3-1 Méthode d'analyse 17
1-3-2 Procédure d'estimation 18
1-3-2-1- Etude de la stationnarité des variables 18
1-3-2-2- Spécification du modèle VAR optimal 18
1-3-2-3- Etude de la cointégration 19
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
1-3-2-4- Etude du modèle VAR (ou VECM) 20
1-3-2-5- Etude de la causalité 20
1-3-3 Choix des variables et sources des données 21
CHAPITRE II : MARCHE PETROLIER MONDIAL ET ANALYSE DE LA
SITUATION PETROLIERE AU BENIN 24
2-1 LES DETERMINANTS ET LES PERSPECTIVES DU MARCHE PETROLIER
MONDIAL 24
2-1-1 les déterminants du marché pétrolier
mondial 24
2-1-1-1 Les fondamentaux du marché pétrolier 24
2-1-1-2 Le marché pétrolier et les aléas
géopolitiques 26
2-1-2 les perspectives du marché pétrolier mondial
28
2-2 FAITS STYLISES DE L'ECONOMIE BENINOISE 30
2-2-1 Etude de Volatilité et de Corrélation 30
2-2-3 Evolution et Analyse de la facture pétrolière
au Bénin 32
2-2-3-1 Evolution de la facture pétrolière du
Bénin 32
2-2-3-2 Analyse de la facture pétrolière du
Bénin 33
2-3 LE MARCHE PETROLIER BENINOIS 35
2-3-1 Le marché officiel du pétrole au Bénin
35
2-3-1-1 Approvisionnement et distribution des produits
pétroliers au Bénin 36
2-3-1-2 La politique de prix des produits pétroliers au
Bénin 38
2-3-2 Le marché informel de pétrole au Bénin
40
2-3-2-1- Origine et déterminants du commerce informel des
produits pétroliers 40
2-3-2-2- Les acteurs et les circuits commerciaux 41
2-4 LA GESTION DU CHOC PETROLIER AU BENIN 42
2-4-1 L'appréciation du FCFA face au dollar et la
transmission du choc pétrolier au Bénin 42
2-4-2- Rôle du secteur informel dans la transmission du
choc pétrolier au Bénin 43
2-4-2-1- Rôle économique et financier du secteur
informel 44
2-4-2-2- Impacts environnementaux, sanitaires et sociaux 46
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS DE LA MODELISATION
VAR 48
3-1 PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE
L'ESTIMATION 48
3-1-1- PRESENTATION DES RESULTATS DE L'ESTIMATION 48
3-1-1-1- Etude de la stationnarité, choix du modèle
VAR optimal et analyse de la coïntégration 48
3-1-1-2- Présentation des résultats de l'estimation
du modèle VAR 49
3-1-2- INTERPRETATION DES RESULTATS 50
3-1-2-1- Le prix du pétrole et le déficit courant
hors transfert courant 51
3-1-2-2- Le prix du pétrole et l'inflation 51
Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise
GNIMASSOUN
|
3-2- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS
|
52
|
|
3-2-1- Réponse de l'inflation
|
52
|
|
3-2-2- Réponse du déficit courant hors transferts
officiels
|
53
|
|
3-2-3- Réponse du déficit budgétaire
|
54
|
|
3-2-4- Réponse du PIB
|
55
|
|
3-3- ETUDE DE LA CAUSALITE ET DECOMPOSITION DE LA VARIANCE
|
56
|
|
3-3-1-Etude de la causalite
|
56
|
|
3-3-2- Décomposition de la variance
|
58
|
|
3-4- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS AU
NIVEAU SECTORIEL
|
59
|
|
3-4-1- Réponse de la valeur ajoutée du secteur
industriel
|
59
|
|
3-4-2- Réponse de la valeur ajoutée du secteur des
transports
|
60
|
|
3-5- RECOMMANDATIONS DE L'ETUDE
|
62
|
|
CONCLUSION
|
63
|
|
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
|
63
|
|
ANNEXES
|
63
|
|
TABLE DES MATIERES
|
(xiii
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