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Impact de la flambée mondiale du prix du pétrole sur l'économie béninoise

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par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN
Universté d'Abomey-Calavi - Maîtrise es Sciences Economiques 2009
  
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Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

A toi mon cher père, Angelo K. GNIMASSOUN, pour les multiples ambitions que tu ne cesses de nourrir pour moi et que tu m'aides aussi à réaliser à la mesure de tes moyens. Trouve à travers ce travail, un soulagement à tes peines de tous les jours dans l'espérance du meilleur pour ta progéniture. Que le Seigneur te permette d'en bénéficier.

A toi ma chaleureuse maman, Thérèse K. KOUADIO, pour la grandeur de ton coeur, sens de l'amour indéfectible dont tu fais preuve pour tes enfants. Tu nous as prouvé que pour ses enfants, une mère est capable de tout sacrifier, même sa vie. Je ne saurais vraiment trouver les mots pour te dire merci mais je sais que mon coeur est plein d'amour pour toi.

A toi feu grand-père, Mathias GNIMASSOUN, pour tes enseignements qui m'ont beaucoup servi. Tu nous as toujours dit que le travail peut fatiguer son homme mais il ne le tue jamais. Ces propos m'ont beaucoup aidé. Je te dis merci.

Azzee exe 814.1,:ste eN-I~~SSOUN-

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

L'aboutissement de cette oeuvre a été possible grâce au concours de près ou de loin de nombreuses personnes. C'est le moment pour nous de leur être reconnaissant et de leur adresser nos vifs et sincères remerciements. Nous nous adressons tout particulièrement :

Au Docteur Charlemagne IGUE, notre maître de mémoire, pour son accord à diriger ce travail malgré ces multiples et impérieuses occupations mais aussi pour la rigueur scientifique exigée de ce travail ;

A tout le corps professoral de la FASEG, pour les sacrifices consentis aux fins de nous assurer cette formation qui donne un sens à notre vie ;

Au Directeur Général des Affaires Economiques du Ministère de l'Economie et des Finances, Monsieur Boko BAGUIDI, pour s'être particulièrement intéressé aux différents sujets économiques qui ont fait l'objet de motivation de notre stage dans la direction dont il a la charge.

Au Directeur de la Prévision et de la Conjoncture du Ministère de l'Economie et des Finances, Monsieur Bachir SOUBEROU, pour nous avoir accordé tout ce temps de stage qui nous a permis non seulement d'être suffisamment inspiré mais également de disposer des outils nécessaires pour l'accomplissement de ce travail ;

A Monsieur Aristide MEDENON, notre tuteur de stage, pour le soutien combien salutaire que vous nous apportez. Vos enseignements nous édifient et vous ne pouvez pas savoir combien cela est significatif dans notre vie. Nous ne saurions vraiment trouver les mots pour manifester notre gratitude.

A Monsieur André OTCHOUN, pour sa marque de sympathie et ses conseils. Recevez à travers ce mémoire l'expression de nos sincères remerciements ;

A Madame Arlette AHAMIDE et à Madame Marianne ALIKPANOU pour leur gentillesse et leur amour particulier pour nous ;

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

A tout le personnel de la Direction Générale des Affaires Economiques en général et à celui de la Direction de la Prévision et de la Conjoncture en particulier. L'ambiance fraternelle qui a caractérisé tout ce temps a été d'une importante contribution ;

A Madame OGOUMA Hélène et son époux, Monsieur Antoine AKPO, pour leur marque de soutien et leurs précieux conseils ;

A Madame KOFFI Marcelle, pour tous ses bienfaits et ses conseils de mère ; A Monsieur Hilaire BADJAGOU pour ses précieux conseils ;

A Monsieur Cosme BADJAGOU pour sa marque de générosité et ses conseils ;

Aux messieurs Cyrille KADOKE et Blaise ASSOGBA, pour leurs soutiens de tous les jours ;

A tous mes frères et soeurs et tout particulièrement à Marina, Antoine, Jules Roland, Fidèle et Jérémie, pour leur amour fraternel ;

A notre grande famille au Bénin et en Côte d'Ivoire, pour signifier tout notre amour pour elle ;

A tous mes amis (es) en l'occurrence : Georges BADJAGOU, Bruno DADJO, Viviane AFOUDA, Virginie TONY, Parfait HOUEHOU, Francis BADOU, Jules DETONDE, Charles ADJAKPA, Patrice ASSOGBA, Nestor ODJOUMANI, Achile DATE, Brigitte BATONON, Balbine AHOMAGNON, Emmanuel AKAKPO, Hubert DOSSOU;

A tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à notre formation et dont les noms n'ont pas été cités, recevez toutes nos profondes gratitudes.

Azzee exe 814.1,:ste eN-I~~SSOUN-

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GLOSSAIRE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

BAD : Banque Africaine de Développement

BTP : Bâtiments Travaux Publics

CEPII DCI

:
:

Centre d'Etudes Prospectives et d'Information internationale Direction du Commerce Intérieur

*

: :

Ecole Nationale d'Economie Appliquée et de Management Faculté des Sciences Economiques et de Gestion

Fonds Monétaire International

FOB : Free On Bord

INSAE : Institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique

MEF : Ministère de l'Economie et des Finances

MEGIS : Modèle d'Equilibre Général Inter temporel Stochastique

MOSARE : Modèle de Simulation et d'Analyse des Réformes Economiques

PIB : Produit Intérieur Brut

OCDE : Organisation pour le Commerce et le Développement Economique

*

: :

Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole

Orientations Stratégiques de Développement

Stratégie de Croissance Pour la Réduction de la Pauvreté

SONACOP : Société Nationale de Commercialisation des produits Pétroliers

TVA : Taxe sur Valeur Ajoutée

URSS : Union des Républiques Socialistes et Soviétiques

VAR : Vectoriel AutoRegressif

*

 

Vector Error Correction Model

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LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES

TABLEAUX

Tableau 1 : Facteurs explicatifs de la flambée des cours pétroliers depuis 2003 ......................... 27 Tableau 2 : Tableau de volatilité et de corrélation ........................................................................ 30 Tableau 3 : Volume des importations béninoises de pétrole ........................................................ 33 Tableau 4 : Tableau récapitulatif des effets prix, volume et change ............................................. 34 Tableau 5 : Estimation de la perte de recettes fiscales de l'Etat................................................... 44

Tableau 6 : Estimation du gain des trafiquants ............................................................................. 45

Tableau 7 : Estimation du gain du consommateur ....................................................................... 45

Tableau 8 : Estimation du gain de l'économie .............................................................................. 46

Tableau 9 : Résultats du test de racine unitaire ........................................................................... 49

Tableau 10 : Choix du nombre de retards optimal .......................................................................... 49
Tableau 11 : Résultats de l'estimation du modèle VAR .................................................................. 50

GRAPHIQUES

Graphique 1 : Ajustements au choc pétrolier ............................................................................... 8 Graphique 2 : Evolution de la demande et de l'offre mondiale de pétrole brut .......................... 26 Graphique 3 : Consommation intermédiaire en pétrole des branches ....................................... 31 Graphique 4 : Evolution des importations de pétrole au Bénin .................................................. 32 Graphique 5 : Evolution de la production de pétrole brut au Bénin ............................................ 36 Graphique 6 : Structure des prix des produits pétroliers au Bénin ............................................. 40 Graphique 7 : Evolution comparée du cours du dollar en FCFA et du cours du baril de pétrole endollars (2002-2007) .............................................................................................................. 42 Graphique 8 : Evolution comparée du cours du baril en FCFA courant et en FCFA de 2002.... 43 Graphique 9 : circuit théorique de causalité .............................................................................. 57 Graphique 10 : circuit de causalité empirique pour le Bénin ...................................................... 57

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SOMMAIRE

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE 3

1-1 PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE L'ETUDE 3

1-2 REVUE DE LA LITTERATURE 7

1-3 ASPECTS METHODOLOGIQUES 17

CHAPITRE II : MARCHE PETROLIER MONDIAL ET ANALYSE DE LA SITUATION PETROLIERE AU BENIN 24

2-1 LES DETERMINANTS ET LES PERSPECTIVES DU MARCHE PETROLIER MONDIAL 24

2-2 FAITS STYLISES DE L'ECONOMIE BENINOISE 30

2-3 LE MARCHE PETROLIER BENINOIS 35

2-4 LA GESTION DU CHOC PETROLIER AU BENIN 42

CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS DE LA MODELISATION VAR 48

3-1 PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE L'ESTIMATION 48

3-2- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS 52

3-3- ETUDE DE LA CAUSALITE ET DECOMPOSITION DE LA VARIANCE 56

3-4- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS AU NIVEAU SECTORIEL 59

3-5- RECOMMANDATIONS DE L'ETUDE 62

CONCLUSION 63

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 63

ANNEXES 63

TABLE DES MATIERES

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La récession économique à l'échelle mondiale qui a suivi la crise pétrolière de 1973 a suscité un nombre important d'études qui se sont intéressées à la relation entre prix du pétrole et activité économique. Pendant plus de trente ans, des travaux multiples ont été dédiés à la question des chocs pétroliers. Pourtant, et malgré un vif débat autour de l'importance de ces chocs sur les économies africaines, peu de recherches empiriques se sont intéressées au sujet. Dans ce travail, nous examinons la sensibilité de l'économie béninoise au changement des prix du pétrole. Cette investigation est basée sur les données annuelles du prix du baril de pétrole couvrant la période 1970-2007. Elle utilise la modélisation VAR pour identifier la relation entre prix du pétrole et quelques indicateurs macroéconomiques (le Produit Intérieur Brut, l'Inflation, le déficit courant hors transferts, le déficit budgétaire et la valeur ajoutée des secteurs transport et industrie). Les résultats révèlent que l'inflation et le déficit courant hors transferts sont significativement influencés par les fluctuations des prix de pétrole. L'analyse est aussi allée à une exploration des réponses des différents agrégats suite à un choc du prix du baril de pétrole. Des résultats obtenus, il ressort, pour de nombreux cas, l'évidence que les prix de pétrole sont hautement perturbateurs pour l'économie. Il est néanmoins important de signaler que le secteur pétrolier informel au Bénin a joué un rôle d'amortisseur dans le processus de transmission du choc pétrolier.

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Le prix du pétrole a flambé à partir du second semestre 2003 pour atteindre les 78 dollars le baril en Août 2006, soit un triplement des cours depuis 2002. Cette tendance récente des prix du pétrole suscite l'inquiétude des pays importateurs nets qui gardent encore en souvenir les retombées négatives sur leurs activités économiques, des chocs pétroliers de 1973 et 1979.

A la différence des premières crises qui étaient plus liées à la rupture d'approvisionnement, celle observée depuis quelques temps est la conséquence d'un enchaînement de « mini-chocs » dans un contexte marqué par une augmentation significative de la demande mondiale de pétrole en lien avec la reprise économique mondiale. Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), la croissance de la demande globale de pétrole brut s'est établie à 3,9% en 2004 après 1,9% en 2003, 0,5% en 2002 et une moyenne de 1,5% depuis 1985. En effet, la montée en puissance de la Chine, de l'Inde et d'autres pays asiatiques dans les marchés mondiaux s'est accompagnée d'une hausse de leurs besoins en produits pétroliers au moment où ceux des Etats-Unis demeurent soutenus. Ainsi, sur le marché pétrolier, la demande de la Chine, de l'Inde et du Moyen-Orient a représenté plus de 56% de la hausse de la consommation de 2001 à 2007. Celle-ci découle en partie du développement du parc automobile, dû à l'amélioration du revenu par habitant. En Chine par exemple, les ventes de véhicules ont plus que quintuplé au cours de cette période (FMI, 2008). De même, l'industrialisation et l'urbanisation des pays émergents, la Chine surtout, stimulent vivement la demande d'électricité d'origine pétrolière. Dans certains pays, la poussée de la demande de pétrole résulte aussi de la politique économique, surtout là où les prix internes sont déconnectés des cours mondiaux (prix subventionnés), comme dans les pays exportateurs. Outre ce dynamisme constaté au niveau de la demande, le boom actuel sur le marché pétrolier est également dû au fait que l'offre met du temps à s'ajuster à la progression de la demande. Les difficultés structurelles sont marquées dans le domaine du pétrole, où la croissance des capacités de production en réponse à la hausse persistante des cours a été insuffisante ces dernières années.

Ces facteurs liés à l'offre et à la demande sur le marché pétrolier n'expliquent pas l'intégralité du phénomène de la flambée des prix. La recrudescence des incertitudes géopolitiques à l'instar des agitations sociales en Equateur qui ont conduit à une suspension des exportations, les troubles au Nigeria, la crainte d'un changement de régime en Arabie Saoudite (premier producteur de pétrole)

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suite au décès du roi Fahd, la menace par l'Iran de ses activités nucléaires et les menaces d'interruption des livraisons vers les Etats-Unis en provenance du Venezuela ont joué un rôle important dans le renchérissement des prix de l'or noir.

Dans le contexte actuel de mondialisation, caractérisé par l'interdépendance entre les systèmes économiques et sociaux des différentes régions, la question de la flambée mondiale du prix du pétrole mérite une attention particulière. Cette attention est d'autant plus indispensable que l'effet de contagion des crises est notable. En plus, l'ascension des prix du pétrole affecte également d'autres produits de base, à la fois en raison du mécanisme classique d'inflation par les coûts (le pétrole étant un intrant pour l'agriculture et la production de métaux comme l'aluminium) et d'effets de substitution. C'est d'ailleurs une raison fondamentale de la crise actuelle que traverse le monde entier où les produits de grande consommation ont connu un renchérissement notable de leurs prix.

Après les difficultés économiques des années 80, le Bénin s'est assigné de nouveaux défis allant dans le sens de la réduction de la pauvreté et de l'amélioration du bien-être des populations. Ces objectifs sont d'ailleurs traduits dans les Orientations Stratégiques de Développement (OSD) et s'inscrivent dans la droite ligne de la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP). En effet, dans cette perspective d'émergence, le Bénin devra faire face à davantage de demande pétrolière. Il est également important de noter que la faiblesse de la base productive du Bénin la rend très vulnérable aux chocs extérieurs tels que les fluctuations des prix du coton et du pétrole. Convient-il donc de s'intéresser à la situation actuelle sur le marché pétrolier et de s'interroger notamment sur l'impact de la flambée du prix du pétrole sur l'économie béninoise. La présente étude intitulée « Impact de la flambée mondiale du prix du pétrole sur l'économie béninoise » tente d'apporter une appréciation de l'incidence de la hausse du prix du pétrole sur l'économie béninoise notamment à travers quelques indicateurs macroéconomiques susceptibles de refléter ses performances aussi bien interne qu'externe.

Ce document s'articule autour de trois chapitres. Le premier est consacré au cadre théorique et à la méthodologie de la recherche. La présentation de l'environnement national et international du pétrole fait l'objet du deuxième chapitre. A ce niveau nous mettrons d'abord l'accent sur les développements récents du marché pétrolier mondial de même que les perspectives à moyen et long terme de ce marché. Ensuite une analyse microéconomique mettra l'accent sur la structure de l'économie béninoise et le mécanisme de transmission du choc pétrolier. Quant au troisième chapitre, il traite de l'analyse des résultats de la modélisation. Ici, nous recourons aux outils économétriques pour étayer l'analyse.

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1-1 PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE L'ETUDE

Dans cette partie, nous mettons l'accent sur les différents problèmes que soulève la flambée mondiale du prix du pétrole avant de préciser non seulement les objectifs que nous nous fixons à travers ce travail mais aussi les hypothèses y afférentes.

1-1-1 Prob(ématique

Le pétrole a toujours constitué une matière première indispensable au fonctionnement des économies depuis sa découverte en 1859 par Edwin Drake et Georges Bissell en Pennsylvanie aux Etats-Unis. Son rôle est encore plus déterminant pour les économies qui se veulent émergentes et Monsieur Pascal I. KOUPAKI, alors Ministre du Développement, de l'Economie et des Finances l'a si bien compris quand il s'interrogeait lors de sa première rencontre avec les centrales syndicales en novembre 2006: « Que pouvons-nous faire aujourd'hui sans carburant ? ». Ainsi, la hausse mondiale du prix du pétrole constitue un sujet de préoccupation majeure dans tous les pays importateurs nets. Lors de ses assemblées annuelles 2006, le groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) s'est interrogé sur l'impact réel de la flambée des prix du pétrole sur les économies africaines.

Alors que l'augmentation du prix du pétrole représente une chance unique pour bon nombre de pays producteurs du pétrole, cette hausse persistante, constitue un véritable défi pour les importateurs nets du pétrole. Il en résultera de sérieuses contraintes financières pour plusieurs pays pauvres très endettés importateurs du pétrole.

Une hausse du prix du pétrole constitue un choc en termes de l'échange. Ainsi, l'augmentation du prix du pétrole relativement aux prix des autres biens échangés, bénéficie aux fournisseurs de pétrole et coûte aux acheteurs. Elle se traduit donc par un transfert de revenu des pays importateurs nets de pétrole vers les pays exportateurs nets.

En effet, une hausse du prix du pétrole affecte directement les entreprises, les ménages et le gouvernement. D'abord, elle provoque l'augmentation du prix des produits pétroliers au plan national, celui de plusieurs intrants intermédiaires, et entraîne finalement l'envolée des coûts de production. Par voie de conséquence, elle peut inciter les entreprises à réduire leur demande en main-d'oeuvre, leurs investissements et leur production. Ensuite, la demande de pétrole à court terme étant fortement

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inélastique au prix, les consommateurs sont amenés à réduire leur consommation de biens et services pour honorer leurs factures d'énergie. En outre, les pays importateurs de pétrole connaissent des problèmes de balance des paiements puisqu'ils doivent disposer de plus de ressources pour honorer des factures plus élevées au titre de l'importation du pétrole. Le gouvernement aussi, se voit contraint de faire face à des engagements budgétaires plus importants qui peuvent compromettre sa capacité à financer des programmes sociaux. Ces hausses de prix et de coûts exercent donc un effet négatif à court terme tant sur la demande que sur l'offre, et par ricochet sur l'activité économique nationale. De plus, la baisse de l'activité chez les économies partenaires affecte la demande extérieure et donc les exportations.

Parallèlement à la baisse de la demande, une hausse des prix pétroliers entraîne à court terme une hausse de l'inflation. Il est ordinaire de distinguer dans l'analyse un effet inflationniste direct, de possibles effets indirects, dits « de second tour ». Ainsi, l'effet direct sur les prix à la consommation d'une augmentation du prix du baril reflète le poids de celui-ci dans le panier de consommation moyen. Les effets de second tour proviennent des tentatives, par les entrepreneurs et les salariés, de compenser la perte de revenu entraînée par le choc pétrolier. Ainsi, les producteurs peuvent transmettre à leurs clients la hausse des coûts en relevant les prix de vente, ce, afin de restaurer leurs marges. De leur côté, de façon à maintenir leur pouvoir d'achat, les salariés peuvent exiger une augmentation compensatoire des salaires, susceptible de nourrir une nouvelle hausse des prix. En outre, les prix d'autres sources d'énergie peuvent augmenter en lien avec la hausse du prix du pétrole, avec le même type d'effet. C'est en particulier le cas pour le gaz, dont les prix sont souvent indexés avec un retard de quelques mois sur ceux du pétrole. De tels enchaînements conduisant à une spirale inflationniste ont été notamment à l'ceuvre à la suite du choc pétrolier de 1973, conduisant à une élévation marquée non seulement de l'inflation courante mais aussi des anticipations d'inflation.

Les récentes hausses des prix du pétrole s'expliquent en grande partie par la demande de pétrole de la part de l'Asie de l'Est, spécialement de la Chine. En effet, le modèle de croissance emprunté par la Chine, avec son vaste programme d'infrastructures et le rattrapage de revenu de sa population, est un facteur déterminant de la croissance à long terme de la demande mondiale de pétrole. Ainsi, il est estimé par l'Agence Internationale de l'Energie (AEI) que, si ce pays rejoignait les standards européens de taux de motorisation (soit 585 véhicules pour 1000 habitants, contre 12 actuellement), il faudrait consacrer 80 millions de barils par jour pour la satisfaire, soit le niveau actuel de la demande mondiale.

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En plus de cette forte demande, les ruptures observées dans les pays producteurs de pétrole, et les contraintes au niveau de la capacité de production des raffineries, ont suscité des tensions supplémentaires sur le marché du pétrole. Même si les contraintes d'approvisionnement peuvent être résolues à moyen terme, la forte demande quant à elle persistera et confortera la hausse des cours du pétrole. L'Agence International de l'Energie, dans ses perspectives à l'horizon 2030, table sur une forte demande de pétrole venant surtout des pays dits « en transition ». Cette demande selon l'AIE devra croître d'environ 1% par an pour atteindre les 120 millions de barils par jour contre 86 millions de barils en 2007. Cette variation de la demande se conjuguera d'après l'AIE, avec une augmentation du prix réel du pétrole de 8 dollars par baril.

Au vu des analyses précédentes, il apparaît très probable que l'économie béninoise, de par la dynamique actuelle de ses importations en produits pétroliers coure de sérieuses difficultés d'ordre économiques surtout avec l'évolution récente des prix. En effet, les importations de pétrole au Bénin sont en augmentation régulière et ont atteint 8,3% du PIB nominal en 2007 contre 3,7% en 2000 (Port Autonome de Cotonou, 2008). De ce fait, une perturbation de l'équilibre tant extérieur qu'intérieur de l'économie béninoise est envisageable. Une simulation effectuée sur la base du Modèle de Simulation et d'Analyse des Réformes Economiques (MOSARE)1, élaboré par la Direction de la Prévision et de la Conjoncture (DPC) retient qu'une hausse de 10% du prix du baril de pétrole indurait 2,4 points de croissance perdus pour l'économie béninoise en 2006 et 1,4 point en 2007.

De plus, les perspectives à long terme sur le marché pétrolier mondial laissent entrevoir que le pétrole sera un intrant de plus en plus difficile d'accès. Ceci est en contraste avec la vision du Gouvernement béninois de promouvoir l'industrialisation qui induirait toutes choses étant égales par ailleurs, une forte demande de pétrole. Dans un tel contexte, il nous semble impérieux de répondre à une préoccupation majeure : « Quel est l'impact de la flambée mondiale du prix du pétrole sur l'économie béninoise ? ». La réponse à cette question nécessite qu'une lumière soit faite sur un certain nombre d'inquiétudes : d'une part, la hausse du prix de pétrole n'est-elle perturbateur de l'activité économique au Bénin ? ; N'est-elle pas source de la dégradation du pouvoir d'achat des ménages béninois ? D'autre part, quelle serait l'incidence d'un choc pétrolier sur les déficits

1 Le MOSARE est un modèle de type Presto. Il est destiné aux simulations et au cadrage macroéconomique de la loi de Finance au Bénin. Sa fonction essentielle est de réaliser des projections à court terme (de un à trois ans) de l'économie béninoise de manière à établir un programme soutenable de dépenses et de recettes. Le MOSARE n'est pas un modèle économétrique. Il appartient à la classe des modèles « quasi comptables » conçus pour projeter les données économiques d'un pays ne disposant pas de longues séries.

Le modèle Presto a été conçu en 1993 par la division de l'ajustement et de la macroéconomie de la Caisse Française de Développement, pour le cadrage macroéconomique des pays relevant de son champ d'intervention.

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budgétaire et courant ? C'est à ces différentes préoccupations que la présente étude, qui s'inscrit dans la logique des travaux réalisés jusque là sur le choc pétrolier et ses retombées sur l'économie, tente de répondre. Contrairement au MOSARE, nous faisons l'analyse en nous basant sur un outil économétrique.

1-1-2 Objectifs et hypothèses de ('étude

Pour mener à bien ce travail de recherche, un certain nombre d'objectifs et d'hypothèses s'avèrent nécessaires pour canaliser notre vision afin de nous alléger la tâche.

1-1-2-1 Objectifs de ('étude

L'Objectif principal de ce travail est d'étudier les conséquences de la hausse mondiale du prix du pétrole sur l'économie nationale. De manière spécifique, il s'agira de :

 

Mesurer l'impact de la hausse mondiale du prix du pétrole sur la croissance économique ; Etudier l'incidence de la flambée mondiale du prix du pétrole sur l'inflation au Bénin ;

Mettre en exergue les conséquences de l'augmentation du prix du pétrole sur les déficits budgétaire et courant hors transferts.

1-1-2-3 Hypothèses de ('étude

Hypothèse 1 : La hausse mondiale du prix du pétrole affecte négativement l'activité économique.

Hypothèse 2 : La flambée du prix du pétrole influence positivement l'inflation au Bénin.

Hypothèse 3 : L'augmentation du prix du pétrole accentue les déficits budgétaire et courant hors transferts.

1-1-3 Intérêt du sujet

Les développements sur le marché pétrolier mondial et leurs incidences sur les économies depuis les années 70 n'ont pas laissé indifférents les auteurs qui se sont activement penchés sur le sujet. En effet, des modèles postulent que le logarithme du PIB réel est linéairement lié au logarithme du prix réel du baril du pétrole. Une implication de cette linéarité est que si le prix du baril baisse, alors la production doit augmenter et vice versa. Cette conception de l'analyse se remarque dans la plupart des travaux réalisés dans notre pays sur le pétrole (Olushègun et Dieudonné (2000), Hubert (2006))

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ainsi que dans d'autres sujets de recherche. Cependant, l'argument selon lequel les chocs pétroliers contribuent directement aux retournements conjoncturels suscite des controverses en ce sens que la corrélation entre le prix du pétrole et l'activité économique paraît faible d'après une analyse faite sur la base de données de l'économie américaine, observées depuis 1985 (Hooker, 1996). C'est ainsi que Sims, après avoir postulé que les modèles macroéconométriques imposent des contraintes sur les variables et des a priori économiques non justifiés du point de vue statistique, propose à la place les modèles VAR. Ces modèles ont été utilisés par plusieurs auteurs dont Bernanke, Gertler et Watson (1997), Hamilton (2000) et plus récemment par Mouhamadou et Abdoulaye (2007) pour apprécier l'impact de la hausse du prix du pétrole sur la stabilité macroéconomique du Sénégal.

Notre étude aura le mérite, premièrement de prendre en considération les critiques formulées à l'endroit des modèles macroéconométriques par Lucas et Sims en prenant en considération les interactions entre les variables économiques. Deuxièmement, contrairement aux études basées sur les modèles linéaires simples qui se contentent de décrire simplement les relations entre les variables, cette étude aura pour intérêt de mesurer la direction, l'ampleur et la durée avec lesquelles un choc pétrolier affecte les agrégats et donc l'économie en général. En définitive, cette étude pourra éclairer l'analyse aux fins de propositions concrètes de politiques économiques.

1-2 REVUE DE LA LITTERATURE

Dans cette partie, nous nous intéressons d'abord aux principaux mécanismes de transmission d'un choc pétrolier. Nous passerons en revue les interprétations traditionnelles des auteurs classiques et keynésiens quant à l'ajustement aux chocs sur l'offre (J. Généreux, 2003), le modèle néo-keynésien traditionnel « offre agrégée demande agrégée » pour apprécier l'impact combiné du renchérissement du pétrole et de l'appréciation de l'euro sur l'économie européenne (CEPII, 2005). Ensuite une attention sera portée sur les études empiriques effectuées par quelques auteurs sur le sujet.

1-2-1 Mécanisme de transmission d'un choc pétro(ier

Les principaux canaux de transmission des variations du prix du pétrole à l'économie réelle mis en avant dans la littérature sont les suivants. La hausse du prix du pétrole entraîne :

1. Une augmentation du coût des consommations intermédiaires suivie d'un ralentissement de la production et de la productivité ;

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2. Un transfert de richesses entre les pays importateurs nets et les pays exportateurs nets de pétrole ;

3. Une hausse de l'inflation, suivie éventuellement d'effets de second tour liés à l'ajustement des salaires ;

Une baisse de la consommation de biens durables et de l'investissement, car l'environnement économique est incertain.

Les auteurs classiques, keynésiens et néo-keynésiens ont apporté leurs analyses sur la question du choc pétrolier, ses conséquences et les mécanismes d'ajustement possibles.

1-2-2 Ajustement aux chocs pétro(iers sur ('offre

Sur le graphique suivant, OLT désigne l'offre verticale de long terme, OCT l'offre croissante de court terme et D désigne la demande.

Graphique 1 : Ajustements au choc pétro(ier

En supposant une économie en situation d'équilibre général de plein-emploi (au point A), examinons l'effet d'un choc pétrolier caractérisé par une hausse soudaine et considérable du prix du pétrole dans cette économie où cette matière première est entièrement importée et représente une part importante des besoins énergétiques. Toutes choses étant égales par ailleurs, la conséquence

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immédiate de ce choc est une hausse sensible du coût réel de production et une diminution des profits. Pour un prix donné, les producteurs sont donc incités à réduire leur production et la courbe d'offre se déplace vers la gauche et l'on atteint un nouveau point d'équilibre B, caractérisé par un niveau général des prix plus élevé et une production réduite, inférieure au niveau de plein-emploi.

1-2-2-1 La (ogique c(assique et monétariste

Dans l'optique classique, le point B n'est pas un point d'équilibre. Il décrit seulement ce vers quoi tendrait l'économie si les prix n'étaient pas parfaitement flexibles.

Au point B en effet, Y1 < Ype ; le chômage apparaît donc sur le marché du travail et exerce

instantanément une pression à la baisse des salaires nominaux. La baisse des salaires compense la hausse des coûts d'approvisionnement énergétique et les producteurs peuvent maintenir leur offre au niveau initial. A la limite, si la vitesse d'ajustement des prix est infinie et si les anticipations sont rationnelles, l'offre ne se déplace pas du tout vers la gauche, même à court terme. Dès l'annonce du choc pétrolier, les employeurs comme les travailleurs savent dans quelles proportions il faut baisser les salaires nominaux pour maintenir le plein-emploi. Les contrats sont instantanément renégociés, l'offre et les prix ne changent pas, les salaires nominaux sont ajustés dans les proportions nécessaires et l'on reste au point A.

Dans l'optique monétariste, les anticipations et la flexibilité des salaires ne sont pas parfaites à court terme. Dans un premier temps, on se déplace vers le point B. Un choc sur l'offre peut donc engendrer la stagflation : conjonction de l'inflation et d'une baisse de la production. Toutefois, cet effet pervers n'est que temporaire. Au point B, en effet, il existe un chômage qui exerce une pression à la baisse des coûts d'approvisionnement énergétique et les producteurs peuvent à nouveau augmenter l'offre de biens et services. L'offre repart vers la droite et le niveau général des prix baisse. Tant que la production reste inférieure au plein-emploi, le chômage subsiste ; la baisse des salaires se poursuit jusqu'à ce que l'offre soit revenue en OCT0 , où le plein-emploi est établi. La différence entre les

logiques classique et monétariste ne porte que sur le temps nécessaire à l'ajustement vers le point d'équilibre de long terme. Il convient de noter qu'à la suite de cet ajustement, le pouvoir d'achat des travailleurs a régressé. En effet, les salaires nominaux ont baissé, mais le niveau général des prix est revenu à son niveau initial. La baisse du coût réel du travail compense donc exactement l'augmentation des coûts de production associés au choc pétrolier. Il faut bien en effet que quelqu'un paie la facture. En l'occurrence, ce sont les travailleurs qui supportent la totalité du coût d'ajustement.

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Pourquoi les travailleurs sont-ils censés accepter cette charge ? D'une part, parce qu'ils finissent par réaliser que la réduction du pouvoir d'achat est la condition du maintien de leur emploi. D'autre part, parce qu'ils sont plus sensibles aux variations de leur revenu permanent qu'à celles de leur revenu courant : il est rationnel d'accepter un coût transitoire en échange du maintien de l'emploi et donc du maintien des revenus futures.

En conclusion : les chocs sur l'offre (comme les chocs sur la demande) n'ont éventuellement d'effets pervers que dans le court terme. L'économie retourne d'elle-même vers l'équilibre général de plein-emploi. La politique économique est donc inutile.

1-2-2-2 La (ogique keynésienne

Si le court terme était très court, peut-être le processus ci-dessus serait politiquement acceptable. Si, d'une part, les travailleurs acceptaient, dès l'apparition des premiers chômeurs, une baisse des salaires nominaux proportionnelle à l'augmentation des coûts de production, et si d'autre part, les entreprises rabaissaient leurs prix dès les premières baisses de salaires, le passage par le point B (et le chômage) serait bref.

Mais il y a peu de chances pour que les prix et salaires réagissent aussi vite et n'aient que des effets favorables à la reprise de l'activité et de l'emploi. Dès lors, on peut craindre que le passage par le point B soit durable. De plus, si les baisses de salaire ont d'abord des effets pervers sur la demande et l'emploi, le processus d'ajustement classique peut entraîner momentanément un recul encore plus marqué de la demande globale et une poussée encore plus importante du chômage. Ce processus risque d'être non seulement plus long que prévu, mais aussi plus coûteux.

Il est donc utile d'étudier les mérites éventuels d'une stratégie plus interventionniste. Sur la figure, il apparaît qu'une politique keynésienne de relance pourrait déplacer la demande globale de D0 à D1 pour atteindre le point C. Certes, cela renforce l'inflation, mais on évite la récession de la

production et la montée du chômage. Il est à noter qu'au point C, comme au point A, les salaires réels ont baissé. Mais cette fois, la baisse du coût réel du travail a été obtenue par la hausse des prix, avec un salaire nominal inchangé : les travailleurs ne semblent pas finalement mieux traités, quelle que soit la stratégie adoptée. Cependant, la stratégie keynésienne présente deux atouts. D'une part, elle évite la confrontation directe entre employeurs et employés qu'exige une renégociation des salaires nominaux à la baisse. D'autre part, quitte à devoir payer la facture, les travailleurs préfèrent la stratégie keynésienne, qui a du moins le mérite de leurs éviter la période d'ajustement par le

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chômage. Plus les délais associés au processus d'ajustement classique sont longs, et plus la stratégie de relance de la demande présente d'avantages.

1-2-2-3 Prob(ème de fond: Le partage de (a va(eur ajoutée

En admettant que le gouvernement ait adopté la stratégie de relance de la demande pour compenser l'effet dépressif du choc pétrolier, le nouveau point d'équilibre est donc le point C. Mais cet équilibre risque fort d'être instable. Les travailleurs finissent par réaliser tout à fait l'ampleur de la hausse des prix et comprennent que le recul de leur pouvoir d'achat a permis à la nation de payer la totalité de la facture. Il est donc probable qu'ils réclament des hausses de salaires nominaux pour déplacer une partie du coût sur les employeurs. Ces derniers essaieront à leur tour de reporter les hausses de salaires qu'ils devront concéder sur de futures hausses de prix, et ainsi de suite. L'économie peut s'enfermer dans une spirale d'inflation par les coûts.

Ce problème n'est pas spécifique à la stratégie keynésienne. Il se pose exactement dans les mêmes termes si l'on part du point A sur la figure. En ce point en effet, il n'y a aucune raison pour que les travailleurs qui ont dû supporter une période plus ou moins longue de montée du chômage et d'accepter des baisses de salaires pour rétablir l'emploi, tolèrent indéfiniment de supporter seuls les coûts associés au choc pétrolier. Là aussi, ils finissent par réclamer des hausses de salaires nominaux et par enclencher une spirale d'inflation par les coûts.

Quelle que soit la réaction politique initiale au choc pétrolier, le coût entraîné par ce dernier doit être payé d'une manière ou d'une autre. Une attitude de laisser-faire peut déboucher sur un cycle d'affrontement entre salariés et employeurs, chacun parvenant à son tour à rétablir momentanément sa part dans la valeur ajoutée. Le rétablissement d'un équilibre stable suppose un partage du coût jugé équitable par les parties en présence. Sur la figure, une stratégie de partage des coûts peut consister à stimuler la demande et à freiner le recul de l'offre de façon à atteindre un point situé entre A et C. La relance de la demande incombe au gouvernement. La maîtrise du recul de l'offre globale peut résulter d'une diminution du taux de marge acceptée par les producteurs. Les profits et pouvoir d'achat régressent, chacun supportant une partie du coût d'ajustement.

1-2-3 Impact combiné du renchérissement du pétro(e et de ('appréciation de ('euro

On se place ici dans le cadre du modèle néo-keynésien traditionnel « Offre agrégée - Demande agrégée ». L'offre agrégée est la production souhaitée par les entreprises pour chaque niveau général des prix. Cette offre augmente à court terme avec l'indice de prix en raison de l'indexation imparfaite

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des salaires sur les prix (hausse de prix réduit à court terme les salaires réels payés par les entreprises, ce qui les incite à embaucher et à produire). La demande agrégée est, elle, une fonction décroissante du niveau général des prix parce qu'une hausse de prix réduit la valeur réelle de toute la partie de la richesse des ménages qui n'est pas indexée sur les prix et parce que la hausse de prix réduit la demande extérieure nette par un effet de compétitivité. Dans ce cadre, une hausse du prix du pétrole élève le niveau du prix de production pour chaque niveau d'offre de la part des entreprises : la courbe d'offre agrégée se déplace vers le haut. Ce déplacement est tempéré par l'appréciation l'euro qui a l'effet inverse sur la courbe d'offre puisque les prix en euros des matières premières et biens intermédiaires importés est moindre. Par ailleurs, l'appréciation de l'euro réduit le niveau de la demande pour chaque niveau de prix car la demande extérieure nette diminue (moins d'exportation, davantage d'importations) : la courbe de demande agrégée se déplace vers la gauche. Au total, l'équilibre se déplace vers un niveau d'activité plus faible sans grand effet sur les prix.

1-2-4 Les études empiriques

Bon nombre d'études réalisées jusqu'ici ont révélé l'existence d'une corrélation entre la hausse du prix du pétrole et les replis observés au niveau de l'activité économique des pays importateurs de pétrole. Hamilton (1983), Gisser et Goodwin (1986), Loungani (1986), Davis (1987), Mork (1989), Lee et al (1995), Rotemberg et Woodford (1996), Daniel (1997), Raymond et Rich (1997), Carruth, et al (1998), Brown et Yucel (1999), Lee et Ni (1999) et Hamilton (2000) parmi tant d'autres ont ainsi apporté leur contribution à ce qui représente un très grand débat dans l'actualité économique.

Il est ainsi observé que les variations à la hausse du prix du pétrole sur les marchés mondiaux ont un effet négatif sur l'activité économique des pays importateurs de pétrole. Toutefois, malgré cette abondante littérature empirique faisant état d'un effet important des chocs du prix du pétrole sur l'activité économique, il y a peu de consensus sur ce qui explique cet état de fait.

Des modèles reposent sur l'idée que le logarithme du PIB réel est linéairement lié au logarithme du prix réel du baril de pétrole. Une implication de cette linéarité est que si le prix du baril baisse, alors la production doit augmenter ; en d'autres termes, si une hausse du prix du baril entraîne une récession économique, alors une baisse du prix du pétrole devrait provoquer une expansion économique par le même mécanisme.

Olushègun et Dieudonné (2000) ont montré à l'aide d'un modèle linéaire qu'une hausse des cours mondiaux de pétrole de 1% entraîne un relèvement de l'inflation de 1,71% l'année suivante.

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Hubert (2006) a montré à l'aide d'un modèle linéaire que la hausse du prix du pétrole a un impact négatif et significatif sur les finances publiques.

Néanmoins, l'argument selon lequel les chocs pétroliers contribuent directement aux retournements conjoncturels suscite des controverses en ce sens que la corrélation entre le prix du pétrole et l'activité économique paraît faible d'après une analyse faite sur la base de données de l'économie américaine, observées depuis 1985 (Hooker, 1996). Nombreux sont les auteurs ayant amputé cette instabilité de la relation empirique entre prix pétroliers et output à une mauvaise spécification de la forme fonctionnelle. Loungani (1986), Mork (1989), Lee, Ni et Ratti (1995), Hamilton (1996), Balke, Brown et Yucel (1999) parmi d'autres, ont défendu la thèse qui voudrait que la relation entre le prix du pétrole et l'activité économique soit non linéaire.

D'un point de vue empirique, de nombreuses études ont constaté que la relation entre le taux de croissance du PIB et les variations des cours du pétrole s'est affaiblie après le contre-choc pétrolier du milieu des années 1980 (Muriel et Laure (2007)). Dans la littérature américaine, diverses théories ont été proposées pour expliquer cet affaiblissement, notamment par Hamilton et Hooker. En effet, trois explications concurrentes à l'affaiblissement des effets du prix du pétrole ont été mises à jour.

Les variations du prix du pétro(e ont un effet asymétrique

Empiriquement, plusieurs articles (Mork (1989), Hamilton (1996), Hamilton (2005), Lee, Ni et Ratti (1995)) ont mis en évidence sur données américaines que seules les hausses du prix du pétrole ont un impact sur le taux de croissance du PIB. Pour ces auteurs, la baisse du prix du pétrole n'a aucun effet sur l'activité. La prise en compte de la période du contre-choc pétrolier dans les modèles réduit donc la précision des estimations.

Ces effets asymétriques ont été mis en évidence à trois niveaux. Des études sur données américaines et britanniques (Balke, Brown et Yucel (1998), Davis et Haltiwanger (2001)) montrent que les prix des dérivés pétroliers réagissent plus rapidement en réponse a une hausse du cours du brut qu'ils ne baissent avec le prix du brut. D'autre part, les fluctuations du prix du pétrole nécessitent une réorganisation de la production. Cette réorganisation entraîne des coûts d'ajustement, qui viennent accentuer l'effet négatif de la hausse du prix du pétrole et qui contrebalancent les effets positifs lors de la chute des cours. Enfin, selon Bernanke et al (1997), la politique monétaire peut également être un vecteur d'asymétrie dans la transmission des chocs pétroliers. Dans le cas d'une hausse des cours, les autorités monétaires mènent une politique monétaire restrictive pour lutter contre l'inflation. Dans le cas d'un choc négatif sur le prix du pétrole, les autorités monétaires ne réagiraient pas. Cette

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réponse monétaire différente selon le sens des variations du prix du pétrole expliquerait l'asymétrie de la relation.

Rupture de (a re(ation entre (e PIB et (e prix du pétro(e

L'alternative proposée dans la littérature à cette hypothèse d'effets asymétriques est la présence d'une rupture dans la relation entre le PIB et le prix du pétrole. En particulier, pour Hooker (1999) cette hypothèse d'asymétrie n'est pas convaincante sur la période récente. Selon cet auteur, la relation entre les prix du pétrole et l'économie change qualitativement autour de 1980. A la fin des années 1980, des études empiriques sur données américaines (Hooker (1996), par exemple) ont montré que la relation entre les variations du prix du pétrole et la croissance étaient de plus en plus ténues.

La présence d'une rupture a été testée également sur des séries de l'économie française par Muriel Barlet et Laure Crusson (2007). Leurs résultats mettent en avant un changement de régime au début des années 1980. Après cette date, ils mettent en évidence un effet significatif direct des variations du prix du pétrole sur la croissance du PIB uniquement dans les périodes de croissance faible. Cette hypothèse ne repose pas sur des modèles théoriques mais plutôt sur l'observation de faits économiques tels que la baisse relative de la facture pétrolière pour les pays occidentaux ou l'amélioration de l'efficacité des politiques monétaires pour la maîtrise de l'inflation.

Les effets des variations du prix du pétro(e dépendent du cyc(e conjoncture(

Une autre théorie proposée dans la littérature pour expliquer la perte de significativité de la relation entre les variations du prix du pétrole et le taux de croissance du PIB est celle de Raymond et Rich (1997). Ces auteurs proposent d'étudier l'influence des variations du prix du pétrole en fonction du cycle économique. Pour cela ils utilisent des modèles à changements de régimes (MarkovSwitch ing).

Ces modèles sont particulièrement intéressants car ils permettent de tester l'existence d'un effet différencié du prix du pétrole en haut et en bas du cycle économique. Notons que, si l'on montre que les variations du prix du pétrole n'ont un effet qu'en bas de cycle, alors on peut expliquer l'affaiblissement de la relation depuis le milieu des années 1980. Les hausses majeures récentes du prix du pétrole, en particulier celle des années 2000, ont en effet eu lieu lors de périodes d'expansion économique. Comme les défenseurs des effets asymétriques du prix du pétrole ne tiennent pas compte des périodes de baisse du prix dans leurs estimations, il serait logique de ne pas prendre en

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compte les périodes d'expansion économique si l'on croit a l'effet différencié du prix du pétrole selon la phase du cycle conjoncturel.

D'un point de vue théorique, peu d'articles donnent une justification à cet effet différencié. Citons tout de même Lescaroux (2006), qui propose la piste suivante fondée sur le partage de la valeur ajoutée. L'idée est qu'en période d'expansion, il y a différentes possibilités pour payer le surplus de la facture pétrolière, alors qu'en période de récession, seule la baisse des salaires réels et/ou la hausse du chômage permettent de compenser les effets de la hausse.

Si les modèles macroéconométriques ont permis de clarifier la relation entre le choc pétrolier et les fluctuations du PIB, elles se heurtent toutefois aux critiques de Sims (1980) et de Lucas (1976). Selon Sims, les modèles macroéconométriques imposent des contraintes sur les variables et des priori économiques non justifiés du point de vue statistique, et propose à la place les modèles VAR. Lucas, pour sa part, estime que les modèles macroéconométriques ne sont pas invariants à la forme de la politique économique, et propose en lieu et place les modèles d'équilibre général inter temporels stochastiques (MEGIS).

Hamilton (2001), à l'aide d'un modèle VAR, soutient que les perturbations dans l'économie qui font suite à un choc pétrolier ne sont pas directement dues à celui-ci, mais plutôt à la réaction de la Réserve Fédérale. Ainsi, au moyen du VAR structurel Hamilton montre que cette conclusion erronée tient en partie au nombre insuffisant de retards considéré dans la modélisation.

De même, Bernanke, Gertler et Watson (1997) ont démontré, à l'aide d'un modèle VAR, que les effets négatifs du premier choc pétrolier étaient essentiellement dus à la hausse du taux d'intérêt alors que ceux du second provenaient bien de la hausse du prix du pétrole. Par ailleurs, Frank Kleibergen et al utilisent le modèle VAR pour analyser les mécanismes par lesquels la hausse du prix du pétrole agit sur le niveau des prix et la demande des biens d'importation.

Rajeew Dhawan et Karsten Jeske (2006) à partir du MEGIS ont trouvé que les chocs énergétiques n'auraient qu'une influence négligeable sur les fluctuations du PIB. Pus généralement, les résultats auxquels ils ont abouti révèlent que l'impact du choc énergétique reste négligeable. Ce modèle, à l'image de beaucoup d'autres, ne fait pas intervenir la monnaie, et ne tient pas compte des imperfections des marchés.

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Kydland et Prescott (1982) et Rotemberg et Woodfotd (1996) montrent que l'introduction dans le DSGE du concept d'imperfection de marché permet une meilleure explication des baisses du PIB et du salaire réel consécutives à la hausse du prix du baril de pétrole.

D'autres travaux empiriques ont contribué au débat sur l'importance de la politique monétaire dans l'impact du choc pétrolier. C'est ainsi que Leduc et Sill (2004) ont examiné l'incidence des chocs pétroliers sur l'économie américaine suivant une variété de règles de politique monétaire. Une plus récente étude (Leduc et Sill (2006)) a permis d'évaluer, à l'aide d'un MEGIS, l'importance de la politique monétaire dans la baisse de l'inflation et de la volatilité du PIB aux Etats-Unis, observée depuis le milieu des années 1980. Le principal résultat de cette étude est le suivant : le changement de la politique monétaire a contribué à hauteur de 45% à la réduction de la volatilité de l'inflation, et de 5 à 11% à la baisse de la volatilité du PIB réel. Quant aux chocs pétroliers, les résultats révèlent qu'ils ne jouent aucun rôle dans la volatilité du PIB américain.

A travers ces différentes revues documentaires, nous constatons nettement qu'il y a peu d'études qui analysent les effets des chocs du prix du pétrole pour les pays africains en l'occurrence celles qui utilisent les nouvelles techniques d'analyse telle que la modélisation VAR. Néanmoins, quelques unes en font cas. En effet, Ayadi, Chatterjee et Obi (2000) étudient les effets des chocs de production de pétrole pour le Nigeria un grand exportateur de pétrole. Un processus standard de la Régression Automatique de Vecteur (modèle VAR) comprenant la production de pétrole, les exportations de pétrole, le taux de change, la masse monétaire, les capitaux étrangers nets, le taux d'intérêt, l'inflation, et la production nationale est estimé au cours de la période 1975-1992. Empiriquement, la réaction du rendement s'est avérée positive après un choc positif de production de pétrole. Par ailleurs, l'impact sur la production représente moins d'un cinquième de la production de pétrole, mais la réaction du rendement après une année dépasse légèrement celle de la production de pétrole. La réaction de l'inflation est négative après un choc positif de production de pétrole. L'impact sur l'inflation est négligeable comparé à celle de la production de pétrole, mais la réaction de l'inflation après une année seulement est plus de deux fois plus grande que celle de la production de pétrole. La réaction du taux de change est généralement positive après un choc positif de production de pétrole, indiquant une véritable dépréciation du Naira. L'impact du taux de change est négligeable comparée à celle de la production de pétrole, mais cet impact, après une année, est d'environ deux fois plus grand que celui de la production de pétrole. Dans la mesure où une augmentation de prix du pétrole mène à une augmentation de production de pétrole, le rendement augmenterait également, l'inflation diminue, et la monnaie nationale est dépréciée suite à un choc positif du prix du pétrole. De la même manière,

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Mouhamadou DIOP et Abdoulaye FAME (2007) se base sur une modélisation VAR pour apprécier l'impact de la hausse du prix du pétrole sur la stabilité macroéconomique du Sénégal sur la période 1980-2006. Il ressort de leur analyse qu'une hausse de 30% du prix du pétrole constitue une perte de 0,4 point de PIB à court terme et une hausse du taux d'inflation de 1,5 point. Quant aux effets de long terme, ils sont respectivement de 0,5 point de moins et de 4 point de plus.

Au regard de toute cette littérature, nous pouvons dire que l'impact de la hausse du prix du baril sur l'économie a fait l'objet de nombreuses études, chacune avec ses spécificités en terme de méthodologie mais également d'approches, lesquelles présentent chacune des avantages et des limites. Nous présenterons clairement, à travers la section suivante le plan d'analyse de notre étude et les différentes variables utilisées dans l'analyse.

1-3 ASPECTS METHODOLOGIQUES

Dans cette partie, il sera question de préciser la méthode d'analyse, la procédure d'estimation du modèle et les variables à utiliser ainsi que les sources des données.

1-3-1 Méthode d'ana(yse

L'analyse sera basée sur une modélisation VAR, dont l'usage en économétrie remonte à Sims (1980) et qui se voulait une alternative aux modèles à équations simultanées. Cette modélisation permet, sans recourir à une théorie économique en amont, d'avoir un cadre relativement bien adapté pour notre étude. Les fonctions de réponse impulsionnelle se prêtent bien à l'analyse des conséquences d'un choc pétrolier sur l'économie.

En effet, les perturbations économiques des années 70 (crises pétrolières, récession mondiale, crises des matières premières...) ont invalidé les prévisions des modèles macroéconométriques disponibles à cette époque. Les deux plus célèbres critiques de l'approche conventionnelle des modèles structurels sont l'oeuvre de Granger (1969) et Sims (1980). Ces auteurs refusent d'introduire le concept de variables exogènes dans leurs travaux. Ils réfutent aussi l'idée selon laquelle les relations économiques sont réellement gouvernées par la simultanéité. Selon Sims, la représentation du comportement économique en termes de modèles structurels entraîne trop de contraintes d'identification. Le rejet de ces contraintes implique pour lui, l'inexistence de variables exogènes. Il propose alors un modèle constitué d'un ensemble d'équations de forme réduite à retards identiques pour les variables. Cette modélisation, appelée processus VAR, est simplement une

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généralisation vectorielle des modèles autorégressifs (AR). Les modèles VAR ont l'avantage de mesurer la direction, l'ampleur et la durée avec lesquelles une innovation affecte les agrégats.

1-3-2 Procédure d'estimation

ans cette partie, nous abordons les différentes étapes à suivre pour la modélisation VAR. 1-3-2-1- Etude de (a stationnarité des variab(es

Avant tout traitement économétrique et en particulier pour la modélisation VAR, il convient de s'assurer de la stationnarité des variables étudiées.

Un processus Xt est dit stationnaire si tous ses moments sont invariants pour tout

changement de l'origine du temps. 1l existe deux types de processus non stationnaires : les processus TS (Trend Stationary Processes) qui présentent une non-stationnarité de type déterministe et les processus DS (Difference Stationary Processes) pour lesquels la stationnarité est de type aléatoire. Ces processus sont respectivement stationnarisés par écart à la tendance et par un filtre aux différences. Dans ce dernier cas, le nombre de filtre aux différences permet de déterminer l'ordre d'intégration de la variable2. Nous utilisons pour notre étude les tests de Dickey Fuller Augmenté.

1-3-2-2- Spécification du modè(e VAR optima(

Après avoir rendu stationnaires les variables, nous construisons un modèle VAR qui permet d'une part d'analyser les effets d'une variable sur l'autre au travers de simulations de chocs aléatoires et d'autre part de mener une analyse en terme de causalité. Un modèle VAR à k variables et à p décalages, noté VAR(p) s'écrit :

YAo + A2Yt-2+ ï ï ï+ ApYt- +?

2 S'il est nécessaire de différencier d fois une variable afin de la rendre stationnaire, on dit qu'elle est intégrée d'ordre d et est notée 1(d)

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On note :Eí= E(ítít,), la matrice de dimension (k,k) des variances covariances des

erreurs. Cette matrice est bien sûr inconnue.

Cette représentation peut s'écrire à l'aide de l'opérateur retard :

(A2D2 - ...ApDp)Yt= A0+?t ou encore A(D)Yt=A0 + ?t

Avant tout traitement, il convient de déterminer le retard q optimal ; il s'agit de celui qui minimise les critères d'Akaike (AIC) et de Schwarz (SBC). La connaissance de ce retard est en effet nécessaire pour les étapes suivantes.

1-3-2-3- Etude de (a cointégration

L'analyse de la cointégration présentée par Engle et Granger (1983, 1987) permet d'identifier la véritable relation entre deux variables en recherchant l'existence éventuelle d'un vecteur d'intégration et en éliminant son effet.

Deux séries Xt et Yt sont dites coïntégrées si :

- Elles sont affectées du même ordre d'intégration, « d ».

- Une combinaison linéaire de ces séries permet de ramener à une série d'ordre d'intégration inférieur, c'est-à-dire Xt ? 1(b) et Yt ?1(d), telles que (aXt+bYt)?

1(d-b) avec d = b =O. On note(Xt,Yt)? CI(d,b).

Pour mettre en place ce test, on utilise la statistique de Johansen, ë , calculée à partir des valeurs propres, ?i , de la matrice définissant les relations de long terme du modèle. Cette statistique

se calcule comme suit : -nEki . Elle suit une loi de probabilité (similaire à un khi-

deux) tabulée à l'aide des simulations de Johansen et Josélius.

Le test fonctionne par exclusion d'hypothèses alternatives quant au nombre de relations de cointégration r. On teste d'abord l'hypothèse nulle H0 : r = 0 contre l'hypothèse alternative r >0 . Si

H0 est acceptée, la procédure de test s'arrête sinon, on passe à l'étape suivante. Ce schéma est reproduit tant que H0 est rejetée. Si pour le test de H0 : r =k contre r > k , H0 est acceptée, cela signifie que les variables ne sont pas coïntégrées.

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Cette procédure est effectuée directement par les logiciels d'économétrie3. Le traitement de séries chronologiques impose ce test afin d'éviter les risques de régressions fallacieuses. De plus, dans le cadre de la modélisation VAR, la présence de cointégration nécessite une correction du modèle (Vector Error Correction Model) qui tienne compte de cette relation.

1-3-2-4- Etude du modè(e VAR (ou VECM)

Si l'étape précédente met en évidence des relations de cointégration, l'étude se fera à ce niveau sur le modèle VECM ; dans le cas contraire, on poursuit l'analyse à l'aide du modèle VAR déterminé lors de la deuxième étape. Les modèles VAR permettent d'analyser les effets d'une politique économique au travers de deux outils :

- L'analyse des fonctions de réponse impulsionnelle. Elles permettent de mesurer l'impact d'un choc sur les variables.

- La décomposition de la variance de l'erreur de prévision de chaque variable par rapport à un choc ; si un choc sur l'erreur de prévision de y 1 t n'affecte pas la variance de l'erreur de y2t ,

celle-ci est considérée comme exogène car elle évolue de manière indépendante.

Il est alors possible d'étudier les impacts que les variables ont les unes sur les autres. Néanmoins, si ce type de modélisation nous renseigne sur l'impact qu'ont les variables les unes sur les autres, elle n'indique pas le sens de la causalité.

1-3-2-5- Etude de (a causa(ité

Au niveau théorique, la mise en évidence de relations causales entre les variables économiques permet une meilleure appréhension des phénomènes économiques, et amène des informations supplémentaires quant à l'antériorité des évènements entre eux et par là même, permet la mise en place d'une politique économique optimisée. Nous utilisons ici la notion de causalité développée par Granger : y1t cause la variable y2t , si la prévision de cette dernière est améliorée en

incorporant à l'analyse des informations relatives à y1t et à son passé. Soit le modèle VAR(p) :

[yi,t = [A0 ]+ [Ai Bi [AB][yi,t-2]+ + [ApBipy]+ [ei,t

Le test s'effectue ensuite en deux temps :

3 Nous utilisons ici le logiciel E-Views 5.0

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- On test H0 : y2t ne cause pas y1t , c'est-à-dire que les coefficients des blocs matriciels B sont nuls.

- On test H; : y1t ne cause pas y2t , c'est-à-dire que les coefficients des blocs matriciels A sont nuls.

Si on est amené à accepter les deux hypothèses alternatives H1 et H; , on parle de boucle rétroactive.

Le test s'effectue par comparaison des modèles VAR contraints (UVAR) par les hypothèses nulles et non contraints (RVAR).

On calcule le ratio de vraisemblance correspondant L* :

résidus du modèle correspondant, n est le nombre d'observations et c représente le nombre de paramètres estimés dans le modèle contraint. nuit une loi de khi-deux à 2p degrés de liberté (X2 (2p)) .

Si L* est supérieur à la valeur critique tabulée, on rejette la validité des contraintes, c'est-à- dire que l'on admettra la présence d'une relation causale. Au niveau du traitement statistique, on acceptera une relation causale dans le cas où la probabilité calculée (PROB) est inférieur au risque de première espèce (10%).

1-3-3 Choix des variab(es et sources des données

Le choix des variables à inclure dans le modèle VAR est conditionné par deux considérations conflictuelles. D'une part, nous aimerions inclure dans le modèle toutes les variables ayant un impact significatif pour la macroéconomie nationale et bien entendu la variable extérieure dont nous voulons étudier l'effet sur ces variables. D'autre part, nous devons limiter le nombre de variables à estimer pour disposer d'un nombre de degrés de liberté suffisant pour l'estimation.

En effet, pour analyser l'impact de la flambée du prix du pétrole sur l'économie béninoise, les variables utilisées pour la modélisation sont : le Produit Intérieur Brut (PIB), l'inflation, le Prix du baril du Pétrole, le Déficit Courant et le Déficit Budgétaire (DB).

Dans le souci d'analyser de façon plus fine l'impact du choc pétrolier, les secteurs secondaire et tertiaire, principaux consommateurs d'énergie au Bénin sont pris en compte à travers une analyse

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des fonctions impulsionnelles relative à la simulation de choc pétrolier sur la valeur ajoutée de ces différents secteurs.

Comme l'exige la modélisation VAR, toutes les variables du modèle sont endogènes c'est-à- dire qu'elles sont expliquées dans le modèle. Cependant, nous faisons l'hypothèse que la variable « prix du pétrole » est exogène pour la simple raison que, le Bénin, ne produisant pas du pétrole et étant un très petit consommateur de produits pétroliers, il ne pourrait influencer le prix mondial du pétrole. Ainsi, le Bénin est un "price tackers", et a donc une marge de manoeuvre insignifiante sur le prix du pétrole au niveau international.

Le Produit Intérieur Brut (PIB)

Il est considéré comme l'un des meilleurs indicateurs pour apprécier le niveau de croissance économique d'une nation. Il mesure le comportement économique aussi bien en terme de revenus que de dépenses. Ainsi, la prise en compte de cette variable permettra d'appréhender l'importance du pétrole pour l'économie béninoise à travers le manque à gagner qu'entraîne la flambée du prix du pétrole.

L'Inf(ation (INFL)

L'inflation est un déséquilibre caractérisé par une hausse durable cumulative et plus ou moins forte des prix. Cette variable permettra d'apprécier le pouvoir d'achat des ménages suite à un choc pétrolier c'est-à-dire comment la flambée du prix du pétrole affecte le panier de la ménagère.

Le Déficit Courant Hors Transferts

Le déficit courant hors transfets dans cette étude, permettra d'apprécier le transfert de revenu du Bénin, pays importateur net de pétrole vers les pays exportateurs de pétrole suite à la flambée du prix du pétrole. Il donc une idée de la dépendance du Bénin vis-à-vis de l'étranger. Le déficit courant permet aussi à travers le prix des importations et des exportations d'évaluer indirectement l'effet de l'évolution des prix mondiaux du pétrole sur l'activité économique nationale.

Le Déficit Budgétaire (DB)

Il représente différence entre les recettes de l'Etat et ses dépenses. Le Déficit Budgétaire est une variable de politique économique. Dans notre modélisation, cette variable permettra de capter l'impact sur les finances publiques d'un choc pétrolier. En effet, le gouvernement se voit contraint de faire face à des engagements budgétaires plus importants pour juguler le choc pétrolier toute chose concourant à embellir ses dépenses et donc à accentuer le déficit.

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Le Prix du bari( du Pétro(e (PP)

L'évolution du prix du baril du pétrole ces dernières années fait l'objet de plusieurs débats. En tant que choc exogène que subit l'économie béninoise, le prix du baril du pétrole sur le marché international de pétrole est la variable sur laquelle sera effectuée notre simulation de choc afin d'analyser à travers les fonctions de réponses impulsionnelles comment la variation à la date T de cette variable va affecter l'ensemble des autres variables pour les périodes T, T+1, T+2, XX.T+N

Afin d'affiner ce travail, nous avions sollicité et obtenu un stage de longue durée à la Direction Générale des Affaires Economique (DGAE) du Bénin. Ceci nous a permis d'obtenir la plupart des données macroéconomiques au sein de cette direction précisément à la Direction de la Prévision et de la Conjoncture (DPC) où nous avions effectué ce stage. Cependant les difficultés pour l'obtention de certaines données nous ont conduites à d'autres sources de données. En définitive, les sources explorées sont les suivantes :

La DGAE pour les données relatives au PIB national, à la valeur ajoutée des secteurs de l'industrie et du transport ainsi que celles sur le déficit budgétaire ;

L'Institut Nationale de la Statistique et de l'Analyse Economique (INSAE) nous a fourni l'évolution des données relatives l'inflation ;

Les « statistiques internationales » du Fonds Monétaire International disposant de séries sur les matières premières pour les données relatives au prix du baril du pétrole ;

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Ce chapitre abordera dans un premier temps, les réalités du marché pétrolier mondial. Dans un second temps, il mettra la lumière sur le comportement de certains agrégats macroéconomiques face à l'évolution du prix mondial du pétrole. Enfin, il sera étudié dans un troisième temps, le marché national des produits pétroliers.

2-1 LES DETERMINANTS ET LES PERSPECTIVES DU MARCHE PETROLIER MONDIAL

Cette partie sera consacrée aux facteurs déterminants du marché pétrolier mondial ainsi aux projections faites sur l'évolution de ces facteurs dans le moyen et long terme.

2-1-1 (es déterminants du marché pétro(ier mondia(

L'appréciation de l'évolution des prix pétroliers sur le marché mondial peut être conduite à travers la référence aux fondamentaux du marché, ainsi qu'à travers l'examen des divers facteurs de risque qui conditionnent la détermination des prix.

2-1-1-1 Les fondamentaux du marché pétro(ier

L'examen de l'évolution de la demande et de l'offre de pétrole à l'échelle mondiale laisse apparaître l'émergence d'une relative détente des fondamentaux du marché pétrolier. En effet, l'offre est restée excédentaire à la demande de 2003 à 2006 avant de fléchir légèrement par rapport à celle- ci en 2007. L'excédent de l'offre a été de 0,6 million de barils par jour (mb/j) en 2003, 0,8mb/j en 2004, 0,6 mb/j en 2005 et 0,6 mb/j en 2006. Cette amélioration reflète une croissance plus rapide de l'offre mondiale de pétrole, même si la demande est demeurée très dynamique.

Néanmoins, cette amélioration apparente ne permet pas de rendre compte de la faiblesse persistante des capacités de production supplémentaires disponibles face à une demande dont la croissance est aussi forte qu'inattendue. La capacité de production additionnelle disponible est actuellement inférieure au niveau de production d'un producteur moyen de l'OPEP. En conséquence, la moindre tension politique ou grève dans un pays producteur suscite la volatilité des marchés et pousse vers le haut les cours pétroliers.

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Si par le passé, l'OPEP jouissait d'un pouvoir modérateur sur les marchés, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le Cartel est soumis lui aussi à l'épineuse question de capacité de production additionnelle, sachant que ses principaux membres appartiennent à des régions de tension par excellence. Pour ce qui est de la disponibilité de produits finis, il est communément reconnu que leurs productions s'effectuent dans des raffineries qui tournent actuellement à un taux proche du maximum, compte tenu de l'absence d'investissements additionnels.

Parallèlement, la demande mondiale de pétrole demeure ferme malgré les diverses initiatives prises par les différents pays en matière d'économie d'énergie. L'expansion plus rapide que prévue de l'économie mondiale augmente la demande, en particulier en Chine où les importations de pétrole brut ont augmenté à un rythme supérieur à celui de la demande mondiale. De même, les conditions climatiques peu clémentes, qui suscitent une forte demande en gasoil de chauffage, exercent des tensions sur la demande.

En 2007, l'offre mondiale de pétrole a poursuivi sa tendance vers la hausse, bien que dans une ampleur moindre par rapport à 2006. L'offre émanant des pays hors-OPEP continue de faire preuve d'une croissance plus soutenue (50,3 mb/j contre 48,9 mb/j en 2006), dépassant le rythme de progression de celle originaire du cartel (35,5 mb/j contre 34,7 mb/j en 2006). Ce dernier pourrait vraisemblablement recourir à des réductions des quotas de ses membres pour enrayer toute baisse marquée des cours mondiaux du pétrole.

De son côté, la demande mondiale de pétrole s'est établie à près de 86 mb/j en 2007, en hausse de 1,4% par rapport à son niveau de 2006. La demande émanant des pays de l'OCDE s'est accrue légèrement de 0,2 mb/j. En revanche, celle des autres pays émergents et en développement progresserait plus rapidement avec une hausse attendue de 1,2 mb/j en 2007 contre 1,1 mb/j en 2006 et 0,9 mb/j en 2005.

La demande chinoise demeurerait encore vigoureuse, en dépit des mesures prises par ce pays pour atténuer la surchauffe économique et stabiliser la hausse de la production industrielle. La demande de la Chine progresserait de 5,7% (7,4 mb/j contre 7 mb/j en 2006), expliquant à hauteur de 30% la croissance de la demande mondiale de pétrole prévue en 2007.

Le graphique ci-après fait état de l'évolution de l'offre et de la demande mondiale de pétrole brut au cours des dix dernières années.

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Graphique 2 : Evo(ution de (a demande et de ('offre mondia(e de pétro(e brut

Evolution de la demande et de la production mondiale de pétrole brut

Source réalisé par l'auteur à partir des données de l'AIE du 13/02/2008

2-1-1-2 Le marché pétro(ier et (es a(éas géopo(itiques

Les tensions qui pèsent sur le marché pétrolier tout au long de la filière n'expliquent pas l'intégralité du phénomène de flambée des prix observé depuis 2003. La recrudescence des incertitudes géopolitiques continue d'alimenter les craintes des marchés quant au risque d'interruption des approvisionnements pétroliers.

En effet, les foyers de tensions dans les pays producteurs de pétrole sont l'une des principales causes de cette flambée. Le Moyen-Orient (60% des réserves mondiales prouvées de pétrole) représente le principal facteur d'instabilité des marchés. Redoutant une interruption durable des approvisionnements ou le blocage du détroit stratégique d'Ormuz (par lequel transite près de 20 % de la production mondiale de brut), les opérateurs réagissent à chaque nouvelle en provenance des deux principaux fronts actuels de tensions : la crise autour du dossier nucléaire iranien et la guerre en Irak. D'autres pays producteurs, notamment le Venezuela et le Nigeria sont également dans une situation jugée « peu stable », ce qui rend les opérateurs très sensibles à l'évolution de la situation interne dans ces pays.

Les foyers de risque affectant les cours du pétrole ne concernent pas uniquement les pays producteurs : les essais nucléaires nord-coréens ou la guerre au Liban durant l'été 2006 ont suscité des perturbations non moins importantes sur les marchés. Aussi, les facteurs liés aux aléas climatiques (vagues de froid et/ou ouragans) ont exacerbé les tensions sur les prix de pétrole.

L'impact politique du pétrole se ressent même au niveau interne. Pour la plupart des pays producteurs, l'exploitation de pétrole se traduit par le développement d'une économie de rente. La

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perturbation du système économique, qui en découle, se répercute sur le système politique, faisant ainsi de cette ressource un facteur de déstabilisation politique et sociale. Dans les cas extrêmes, notamment en Afrique, des pays sombrent dans des guerres civiles dont les ressorts sont directement pétroliers.

Pris ensemble, ces facteurs d'incertitude ont alimenté les opérations de spéculation, entraînant dans leur sillage un fort accroissement des transactions purement financières sur les marchés pétroliers à terme, qui représentent environ huit fois les échanges physiques de pétrole brut. Il n'incite pas non plus les opérateurs à détenir des stocks et ne favorise guère des investissements additionnels, ce qui renforce davantage la volatilité des cours. Le tableau ci-après résume les différents facteurs à la base de la flambée des prix du brut depuis 2003.

Tab(eau 1 : Facteurs exp(icatifs de (a f(ambée des cours pétro(iers depuis 2003

acteurs géopo(itiques

- Guerre en Irak : sabotages récurrents des installations pétrolières, entraînant un maintien de la production à un niveau inférieur de 40% par rapport à celui de l'avant guerre.

- Dossier nucléaire iranien : 4éme producteur

mondial, l'Iran pourrait vraisemblablement interrompre ses exportations pétrolières en cas de sanctions prises à son égard.

- Instabilité sociale au Nigeria et prolifération du mouvement de nationalisation en Amérique latine (nouvelles réglementations au Venezuela, en Bolivie et en Equateur à l'encontre des compagnies pétrolières étrangères).

- Rôle de la Russie : utilisation des ressources énergétiques, dont le pétrole, comme point de pression pour favoriser les négociations internationales de la Russie avec les pays occidentaux.

acteurs techniques et économiques

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2-1-2 (es perspectives du marché pétro(ier mondia(

La forte volatilité des cours pétroliers laisse suggérer que le marché pétrolier est entré dans une nouvelle phase caractérisée par une rupture par rapport à la période où le pétrole était à bon marché. Plusieurs facteurs peuvent être avancés pour justifier une telle réalité.

Si, les experts sont en général d'accord à l'horizon 2030 sur l'importance globale de la demande de pétrole, il reste à examiner qui seront les parties prenantes et l'évolution de leur consommation, les pays producteurs, l'évolution des productions et des réserves ainsi que les aléas inhérents à une industrie complexe et aux changements géopolitiques dans le monde.

En ce qui concerne la consommation, il est à noter que dans les trente dernières années, soit après le seul véritable « choc pétrolier » de 1973, la consommation pétrolière mondiale est passée d'environ 2,8 à 4 milliards de tonnes/an aujourd'hui donc une augmentation de 42,8%. Néanmoins, cette croissance n'a pas été linéaire. Elle a été fonction du degré et du rythme de développement non pas des pays industrialisés dont la croissance a été à presque constante sur la période (1,1% en Europe, 1,4% aux USA) mais de celle des pays dits « en transition » ou « émergents » (Chine 10%) qui s'est manifestée après 1990 (sauf l'ex URSS). C'est ainsi que l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) prévoit que la demande pétrolière mondiale croîtra d'environ un pour cent (1%) par an pour atteindre 120 millions de barils par jour (b/j) (de 4 à 6 milliards de tonnes/an) en 2030. Ce résultat est jugé compatible avec une augmentation du prix réel du pétrole de 8 dollars par baril. Une croissance économique plus soutenue dans les pays non membres de l'OCDE ayant la plus grande intensité énergétique induirait une hausse structurelle de la demande de pétrole par unité supplémentaire de PIB mondial par rapport aux dernières décennies, compte tenu des fortes variations régionales de l'intensité pétrolière. Le transport resterait le principal consommateur de pétrole.

Il s'agit là bien entendu de moyennes globales et il est intéressant de noter les différences de croissance de la consommation entre les différents pays. C'est ainsi que pour la période considérée, en ce qui concerne les pays de l'OCDE l'augmentation sera annuellement de 0,5% dont 0,5% en Europe et 1,4% en Amérique du Nord. En revanche, la moyenne des pays dits « en transition » sera de 2,7% parmi lesquels la Russie restera dans la moyenne mondiale de 1,6% tandis que la Chine atteindra 3,4% avec une consommation annuelle de 13 millions de barils/jour contre 5 millions aujourd'hui. Ce même taux de croissance de la consommation pétrolière sera aussi celui de l'Afrique tandis que l'Inde et les autres pays asiatiques verront leur consommation augmenter de 2,9 à 3% annuellement.

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La remarque importante que l'on peut faire à ce sujet c'est que les pays dits « en transition » vont passer de 30 à 60 millions de barils/jour alors que les pays industrialisés (OCDE) vont passer de 46 à 57 millions de barils/jour, ce qui ne sera évidemment pas sans conséquences non seulement économiques mais géopolitiques.

En ce qui concerne la production, l'on constate une fois de plus le déséquilibre entre les pays consommateurs pour la plupart non ou insuffisamment producteurs (ce qui est le cas des Etats-Unis, troisième producteur mondial) et les pays producteurs, relativement faibles consommateurs à l'exception de la Russie, deuxième producteur mondial). C'est ainsi que l'OPEP fournit aujourd'hui environ 34% de la production mondiale et que les pays du Proche et du Moyen Orient assurent 30% de cette production. De plus, il apparaît qu'à l'horizon 2030 l'Orient produira plus de 50% des besoins pétroliers du monde. Il est donc évident que les changements qui nécessairement se produiront dans les structures des approvisionnements pétroliers assureront à cette région une position dominante comme producteur de pétrole. En effet, les autres sources d'approvisionnement, en dehors de l'Orient, sont d'ores et déjà en déclin si l'on excepte l'Asie Centrale et la mer Capsienne où des gisements importants ont été mis au jour sans que cependant les perspectives de développement et les réserves possibles de cette région soient d'une taille telle qu'elles puissent constituer un approvisionnement substitutif mais plutôt d'appoint.

Par ailleurs, plus on avance dans le temps et plus le problème sera non pas celui de la production proprement dite mais bien celui des réserves qui est fondamental. Cette question a déjà généré de nombreuses discussions en raison de la difficulté d'arriver à une grande précision concernant les réserves prouvées. Régulièrement des conclusions pessimistes ont jeté l'alarme, telles par exemple, celles du Club de Rome qui, en 1972, évaluait à 20 ans les réserves pétrolières. Nous en sommes aujourd'hui à plus de 40 ans bien que la consommation pétrolière depuis 1972 soit passée de 2 400 millions de tonnes/an à 3 600 millions. Des études sérieuses faites par les compagnies pétrolières et publiées en 1974 par l'Oil and Gas Journal montraient des réserves mondiales s'établissant à 98 milliards de tonnes pour une consommation pétrolières alors de 2 500 millions de tonnes annuellement, soit 35 ans. Depuis cette époque, alors que la consommation augmentait en moyenne de 1,6% les réserves augmentaient de 2,5% et, aujourd'hui, le ratio réserves/production s'établit à 47 ans.

C'est là où apparaît clairement la position éminente de l'Orient et notamment de l'Arabie Saoudite, de l'Irak, de l'Iran, des Emirats et du Koweït. En effet, leurs réserves s'établissent en moyenne à 90 ans ou plus. Il convient à ce sujet de distinguer la situation particulière de l'Irak dont la

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production actuelle est de beaucoup inférieure à ce qu'elle devrait être en raison de sa situation particulière entraînée d'abord par la guerre du Golfe en 1990 et par l'intervention militaire américaine en 2003. Le ratio actuel réserves/production y est donc de 230 ans.

La dépendance du monde à l'égard de l'énergie fossile ainsi que la localisation de la plus grande partie des réserves dans une région du monde particulièrement instable constitue un problème dont il est difficile de prévoir l'évolution. La sagacité des gouvernants mondiaux et pétroliers sera mise à rude épreuve et ce n'est pas en vain que l'Agence Internationale pour l'Energie titre à l'un de ses rapports annuels « La sécurité énergétique dans un monde dangereux ».

2-2 FAITS STYLISES DE L'ECONOMIE BENINOISE

Dans le souci d'approfondir nos analyses, il nous paraît important de cerner le comportement du prix du baril et de certains agrégats par l'étude de leur volatilité et la corrélation de ces mêmes agrégats avec le prix du baril. Afin de ressortir l'importance des produits pétroliers dans l'activité économique, les projecteurs sont mis sur l'évolution des importations de produits pétroliers pour évaluer la dépendance de l'économie béninoise vis-à-vis du pétrole.

2-2-1 Etude de Vo(ati(ité et de Corré(ation

Les variables utilisées dans cette partie sont prises en taux de croissance. Il s'agit du PIB, l'inflation, de la valeur ajoutée des secteurs de l'industrie et du transport et du prix du baril de pétrole. Le tableau ci-après fait état de l'étude de la volatilité et de la corrélation des variables.

Tab(eau 2 : vo(ati(ité et corré(ation

Valeur ajoutée du Valeur ajoutée du

Variab(es Inflation Prix du pétrole PIB

secteur industrie secteur transport

Moyenne 0,06 0,18 0,03 0,04 0,10

Ecart-type 0,08 0,53 0,03 0,09 1,55

Coefficient de corré(ation 0,14 - -0,09 -0,21 0,16

Source : Calcul de l'auteur à partir des données de la DGAE (1971-2007)

Le prix du baril et la valeur ajoutée du secteur des transports, au vue du tableau ci-dessus, se présentent comme des variables très volatiles. Cela laisse apparaître d'importantes fluctuations de ces variables sur la période considérée. L'inflation et la valeur ajoutée du secteur de l'industrie sont marquées par un niveau de volatilité similaire mais supérieur à celui de la volatilité du PIB. L'analyse des données révèle que le PIB est moins sujet à des fluctuations que les autres variables étudiées.

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Au-delà de l'analyse de la volatilité, celle de la corrélation des agrégats avec le prix du baril renseigne sur la nature et le degré de relation qu'il y a entre ces agrégats et la variation du prix du baril. Ainsi, le prix du baril comme le montre le tableau ci-après, est négativement corrélé à l'activité économique et à la valeur ajoutée du secteur industriel. En effet, un choc pétrolier contribue à la dégradation de ces agrégats. En revanche, l'inflation et la valeur ajoutée du secteur des transports sont positivement et corrélées. Cela suppose donc que les activités du secteur des transports ne sont pas négativement affectées par le choc pétrolier alors que l'inflation s'alimente davantage. Ceci traduit le souci pour les entreprises de répercuter la hausse de leurs coûts de production due à la flambée du prix du pétrole sur leurs produits et les effets d'entraînement qui s'en suivent.

2-2-2 Les produits pétro(iers dans (a consommation intermédiaire des branches

La structure de l'économie béninoise montre que le pétrole est indispensable pour l'activité économique. La figure ci-après donne une lecture des consommations intermédiaires des branches d'activité de l'économie béninoise en produits pétroliers.

Un examen de ce graphique laisse entrevoir la branche « Transport » comme étant celle qui utilise le plus de pétrole dans ses consommations intermédiaires. Les branches « Industries », « B.T.P » et « Administration » viennent respectivement en deuxième, troisième et quatrième position. Le pétrole apparaît également indispensable dans la production des branches « Electricité Eau » et « Services réparation ».

Graphique 3 : Consommation intermédiaire en pétro(e des branches

Source réalisé à partir du TES 1999

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Une analyse plus approfondie montre que les produits pétroliers représentent en 1999 plus de 40% des consommations intermédiaires de la branche « Industries extractives » alors qu'ils ne font que 6% des consommations intermédiaires du secteur. Ainsi, les industries extractives sont les plus vulnérables au choc pétrolier au niveau du secteur industriel.

La branche « Transport » consomme les produits pétroliers à hauteur de 34% de ses consommations intermédiaires. Ils représentent également une part considérable dans la consommation des branches « B.T.P. », « Electricité et Eau » et « Administration ». Dès lors, les conséquences d'un choc pétrolier sur ces branches peuvent être sévères vu le niveau de leurs consommations intermédiaires en produits pétroliers. Etant donné l'interdépendance qui existe entre les différentes branches et les différents secteurs, un ralentissement de l'activité économique est envisageable suite à un choc sur les prix des produits pétroliers.

2-2-3 Evo(ution et Ana(yse de (a facture pétro(ière au Bénin 2-2-3-1 Evo(ution de (a facture pétro(ière du Bénin

Le Bénin affiche une dépendance assez forte à l'égard du pétrole. La totalité des besoins du pays en produits pétroliers est importée, la production nationale du pétrole brut étant arrêtée depuis 1998.

Graphique 4 : Evo(ution des importations de pétro(e au Bénin

Source réalisé par l'auteur à partir des données du PAC

Dans un contexte marqué par la hausse des cours mondiaux du pétrole, la facture pétrolière du Bénin est passée de 1,03 milliard en 2003 à 2,15 milliards en 2006, soit une augmentation de

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108,7%. Cette tendance s'est poursuivie et en 2007, la facture pétrolière a atteint 2,21 milliards, soit une hausse de 2,8% par rapport à 2006. En conséquence, la facture pétrolière a absorbé environ 8,3% du revenu national en 2007 contre 5% en 2003 et 1,7% en 1998. Ceci suppose que le gouvernement béninois utilise davantage de ses ressources internes pour faire face à la facture pétrolière qui connaît un accroissement spectaculaire.

Le prix moyen de la tonne importée est ainsi passé de 123.388 FCFA en 2003 à 240.378 FCFA en 2007 soit un accroissement de 94,8%. De même, la part des importations de pétrole dans le total des importations est en augmentation régulière depuis 1998, abstraction faite du repli enregistré entre 2000 et 2002. Ceci témoigne d'une faible élasticité de la demande nationale de pétrole à l'augmentation des prix au niveau international.

En terme de volume, les importations nationales de pétrole ont atteint 886.000 tonnes en 2007, en augmentation de 1,6% par rapport à 2006. Ce niveau s'inscrit dans la tendance annuelle moyenne de 854.000 tonnes enregistrée au cours de la période 2003-2007.

Tab(eau 3 : Vo(ume des importations béninoises de pétro(e

Année 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

Importations de pétrole

434 509 423 324 515 838 835 840 872 886

(en milliers de tonnes)

Croissance annuelle

30,9 17,2 -16,8 -23,4 58,9 62,8 -0,4 0,6 3,8 1,6

(en %)

Part dans le total des

35,6 32,5 27,3 17,6 27,4 39,2 44,8 42,5 41,6 43

importations (en%)

Part dans le PIB nominal

1,7 2,7 3,7 2,3 3,4 5 5,7 7,6 8,8 8,3

(en%)4

Source : Calcul de l'auteur à partir des données de la DGAE et du PAC

2-2-3-2 Ana(yse de (a facture pétro(ière du Bénin

L'analyse de la facture pétrolière du Bénin peut être conduite à travers la décomposition de la facture pétrolière en effet volume, effet prix et effet change. Ainsi, si on définit :

p = prix unitaire moyen ;

q = quantité totale ;

t = taux de change nominal (USD/FCFA) 0 = année de référence et

1 = année en cours ;

4 Il s'agit de la part des importations de pétrole en valeur dans le PIB nominal.

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L'effet global s'exprime par : p1q1t1 / p0q0t0 et peut se décomposer en :

Un effet volume : E p 0q1t0 / p0q0t0

Un effet prix : E p1q 0t0 / E p 0q 0t0

Un effet change : E p0q0t1 / p0q0t0

Le tableau ci-après montre la contribution du taux de change, du prix et du volume des importations de pétrole dans la détermination de la facture pétrolière du Bénin depuis 1998.

Tab(eau 4 : Tab(eau récapitu(atif des effets prix, vo(ume et change

Année

Effet volume

Effet prix

Effet change

Effet total

1998

30,9

-32,1

1,1

-0,1

1999

17,2

37,6

4,4

59,1

2000

-16,8

57

15,6

55,8

2001

-23,4

-13,9

3

-34,3

2002

58,9

2,6

-4,9

56,6

2003

62,8

15,8

-16,6

62

2004

-0,4

30,7

-9

21,3

2005

0,6

41,3

-0,3

41,7

2006

3,8

20,5

-0,9

23,4

2007

1,6

6,6

-5,2

3

Source : Calcul de l'auteur à partir des donnés de la DGAE, de l'INSAE et du PAC

Un examen de ce tableau montre que l'accroissement de la facture pétrolière sur la période récente s'explique davantage par un effet prix (renchérissement des cours mondiaux de pétrole) plutôt que par un effet volume (la hausse des importations). L'effet change, relativement moins favorable lors des périodes précédentes, a permis depuis 2002 d'amortir une partie du choc lié à la hausse des cours pétroliers. En effet, étant lié par parité fixe à l'euro qui s'apprécie actuellement par rapport au dollar, le FCFA gagne de la valeur par rapport au dollar qui constitue la monnaie de référence sur le marché pétrolier mondial. En conséquence, le choc pétrolier est adouci par cette appréciation du FCFA par rapport au dollar.

En ce qui concerne l'effet volume, celui-ci a eu un impact direct sur le renchérissement des importations pétrolières en 2002 et en 2003, années où les importations béninoises de pétrole ont progressé respectivement de près de 200.000 tonnes et 300.000 tonnes, expliquant 59% et 63% du renchérissement de la facture pétrolière lors des deux périodes. Depuis 2004, le Bénin a réduit l'ampleur de ces importations de pétrole en volume qui ont progressé en 2005, 2006 et 2007 respectivement de 0,6%, 3,8% et 1,6% face au renchérissement des prix de l'or noir.

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S'agissant de l'effet prix, l'accroissement du prix moyen de la tonne importée de plus de 10 dollars le baril entre 1999 et 2000 explique à hauteur de 57 % l'accroissement de la facture pétrolière en 2000. L'effet change a eu lors de cette période un effet amplificateur compte tenu de la dépréciation de l'euro de 15,6% face au dollar.

Le pic récent des prix mondiaux de pétrole, de 28,9 dollars/baril en 2003 à 37,8 dollars/baril en 2004, explique à proportion de 30,7% la hausse des importations pétrolières en valeur. Lors de cette année, l'effet change a permis d'éponger une partie du renchérissement des cours en raison de l'appréciation du FCFA par rapport au dollar (9%).

Pour ce qui est des années 2005 et 2006, le renchérissement de la facture pétrolière s'explique davantage par un effet prix 41,3% et 20,5% respectivement que par un effet volume 0,6% et 3,8%. De son côté, l'effet change a été presque neutre, puisque le taux de change de l'euro par rapport au dollar est demeuré quasiment stable au cours de cette période.

En 2007, l'appréciation de l'euro face au dollar, conjuguée à la contraction du volume des importations de pétrole, a permis de contenir la hausse de la facture pétrolière. Durant cette année, le baril du Brent s'est chiffré en moyenne à 65,15 dollars, expliquant à hauteur de 6,6% le renchérissement des importations béninoises de pétrole. En revanche, l'effet change a joué un rôle d'amortisseur, épongeant 5,2% de la hausse de la facture pétrolière du Bénin.

2-3 LE MARCHE PETROLIER BENINOIS

Deux forces majeures animent le marché du pétrole au Bénin. Il est noté la présence d'un secteur formel sensible aux mécanismes du marché pétrolier mondial et un secteur informel de plus en plus dynamique en provenance du Nigeria et qui est souvent déconnecté du jeu du marché international de pétrole.

2-3-1 Le marché officie( du pétro(e au Bénin

L'industrie pétrolière béninoise n'a connu qu'un développement embryonnaire. Un gisement de pétrole a été découvert et mis en exploitation à Sèmè à partir d'octobre 1982. Le Bénin ne disposant pas de raffinerie de pétrole, la totalité de la production pétrolière a été exportée. De plus la valorisation des ressources énergétiques a été pénalisée par des contraintes politiques, institutionnelles et réglementaires, technologiques et économiques. Le niveau actuel des

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connaissances sur le bassin sédimentaire côtier du Bénin permet d'identifier des structures présentant de bonnes réserves d'hydrocarbures.

De 1982 à 1998, le Bénin a extrait environ 22 millions de barils de pétrole (figure ci-après). La vente de cette production a officiellement rapportée 30 milliards de francs CFA à l'Etat béninois sur les 134 milliards de recettes totales déclarées. Avec la libéralisation du secteur en 1995, de nombreuses compagnies étrangères ont commencé à marquer leur intérêt pour la prospection, la recherche et l'exploitation du pétrole béninois en dépit de la marginalisation du champ pétrolifère de Sèmè. De 1996 à 1998, plusieurs compagnies pétrolières ont signé des accords de recherche et de partage de la production avec le Bénin. La production a fortement régressé depuis 1994 en raison du tarissement des puits de Sèmè. Les réserves prouvées de pétrole brut ont chuté à 4 millions de tonnes en 1997, contre 13,4 millions de tonnes en 1990, aucune nouvelle découverte n'ayant été réalisée depuis 1982. En décembre 1998, le champ pétrolifère de Sèmè a été fermé par le Ministère des Mines et de l'Energ ie.

Graphique 5 : Evo(ution de (a production de pétro(e brut au Bénin

Source réalisé à partir des données du Port Autonome de Cotonou

2-3-1-1 Approvisionnement et distribution des produits pétro(iers au Bénin

Ne disposant pas de raffinerie, le Bénin importe du marché international, la totalité des produits pétroliers qu'il consomme. L'importation et la distribution des produits pétroliers raffinés et de leurs dérivés relèvent du monopole de l'Etat. Depuis la libéralisation du secteur pétrolier au Bénin, ce monopole est exercé sous forme indirecte par des sociétés privées nationales (la SONACOP, EAO Petroleum, Aricoche Super Oil SA, et Afripetrol) et par des compagnies privées étrangères (Total,

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Shell, Oryx et Texaco). Avant la libéralisation, ce monopole s'exerçait sous forme directe par une société d'Etat, la SONACOP.

Les compagnies pétrolières détentrices d'agrément délivré par l'administration béninoise, s'approvisionnent librement sur le marché international pour répondre prioritairement à la demande nationale mais également pour assurer la réexportation en direction d'autres pays comme le Niger, le Burkina-Faso, le Mali et le Tchad. Afin de stocker leurs produits pétroliers, les compagnies disposent d'un contrat de stockage et de passage.

La SONACOP S.A, possède une capacité totale de stockage de 110.510 m3 dont 90.740 m3 sont situés à Cotonou. Les autres possibilités de stockage existent à Parakou, Natitingou et Bohicon. Avec l'ouverture du sous-secteur aux privés, la société ORYX-ADDAX a construit un centre de stockage de produits pétroliers liquides d'une capacité d'environ 55.000 m3 et un centre de stockage et d'enfûtage de gaz butane d'une capacité de stockage de 3.200 m3 . La société TEXACO Bénin S.A. a aussi construit un dépôt de jet A1 de capacité 300 m3 à l'aéroport de Cotonou. Tout ceci a porté la capacité de stockage du pays à plus de 168.260 m3 tous produits pétroliers confondus. Dans le domaine de la distribution des produits pétroliers, on assiste à une très mauvaise répartition des stations-service sur le territoire national. Le pays compte à ce jour 195 stations-service dont 80% dans le sud. La majeure partie du stock de produits pétroliers des compagnies est destinée à la distribution, tandis que le restant constitue un stock de sécurité, c'est-à-dire une réserve stratégique permettant de répondre à des situations de crise d'approvisionnement. L'Etat demande à chaque compagnie de disposer d'un stock de sécurité minimum égal à un mois de vente. Dans les faits, le niveau du stock de sécurité varie puisqu'il dépend de l'approvisionnement. Si la compagnie vient d'être approvisionnée, le niveau du stock peut atteindre jusqu'à 2, 3 ou 4 mois de vente.

Les dysfonctionnements de la politique de gestion du secteur pétrolier sont caractérisés par l'insuffisance des infrastructures de distribution et par l'irrégularité de l'approvisionnement de certaines stations. Avec environ une station-service pour 36.000 habitants et pour 600 Km2 , le Bénin dispose de l'un des plus faibles taux de couverture du territoire national en points de vente officiels des produits pétroliers. Les stations-service du Bénin sont pour la plupart concentrées dans le sud du pays. De nombreuses agglomérations ne disposent plus de stations officielles de distribution, offrant une opportunité énorme de développement au marché informel qui offre un service de proximité. En effet, la libéralisation de la distribution ne semble pas porteuse d'indicateurs d'un changement de la situation ; les sociétés privées préfèrent s'installer dans les centres urbains où la demande est plus

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forte. Enfin, la mauvaise gestion du secteur pétrolier depuis sa libéralisation n'incite pas les compagnies pétrolières à investir.

2-3-1-2 La po(itique de prix des produits pétro(iers au Bénin

La politique de prix des produits pétroliers découle des orientations politiques et économiques prises par le gouvernement. Dans un contexte de libéralisation des prix, les produits pétroliers raffinés sont aujourd'hui déterminés par le prix du brut sur le marché international, par le cours du dollar et par la politique fiscale du gouvernement.

En effet, dans le cadre du respect des engagements qu'il a pris vis-à-vis des Institutions de Bretton Woods, le Bénin s'est engagé dans la libéralisation du secteur pétrolier en 1995. Ainsi, le décret n°95-139 du 3 Mai 1995 permet d'ouvrir le secteur de l'énergie pétrolière aux compagnies privées et casse donc le monopole de la SONACOP. Les prix des produits pétroliers ne sont cependant pas libéralisés puisqu'ils sont toujours fixés par l'Etat. L'année 2001 marque un tournant dans la politique de prix du Bénin. Jusqu'en 2001, les prix de vente au détail étaient administrés et fixés sur une période relativement longue. Un système de stabilisation des prix avait été instauré au niveau de la SONACOP afin de gérer les fluctuations de prix sur le marché international. Depuis octobre 2001, les prix à la pompe sont indexés sur les cours internationaux du pétrole et du dollar. Révisés trimestriellement dans un premier temps, ils le sont tous les mois depuis septembre 2004. En effet, le Bénin a mis en place un mécanisme de fixation des prix des produits pétroliers transparent et flexible : le mécanisme des prix plafonds (voir Décret n°2000-43 du 07 Février 2000). L'Etat fixe des prix plafonds pour chaque produit pétrolier en tenant compte de l'évolution des prix sur le marché international du pétrole et de change du dollar. Ces prix plafonds sont révisés lorsqu'une variation de #177; 4% de la moyenne mensuelle des prix FOB (Free On Bord) des produits est observée (voir Décret n°2004-432 du 04 Août 2004). Les compagnies pétrolières ne sont pas autorisées à vendre au-delà de ces prix plafonds, mais elles peuvent céder moins chers leurs produits. En général, les compagnies alignent leurs prix de vente sur ceux des prix plafonds.

La structure et mécanisme de fixation des prix des produits pétroliers au Bénin permettent au pays de pratiquer des prix très compétitifs dans la sous-région. Mais cette situation n'est pas sans conséquence. En effet, selon les compagnies pétrolières, la structure des prix en vigueur ne leur permet pas de couvrir leurs coûts d'achat et les empêche de ce fait d'importer de nouveaux produits pétroliers ; toute chose concourrant à alimenter la crise pétrolière. De même, le différentiel de prix existant au sein de la sous-région incite les pays voisins à venir s'approvisionner sur le marché

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béninois, ce qui favorise le développement du trafic illicite de produits pétroliers en direction des pays de l'hinterland.

L'analyse de la structure détaillée des prix des produits pétroliers au Bénin permet d'appréhender chaque étape de la formation des prix. Les principaux segments de cette structure sont :

o Les prix CAF (Coût Assurance Fret), fortement dépendants des prix internationaux, déterminent les prix à la pompe au Bénin. Les prix internationaux constituent l'ossature et la base même de la structure des prix à la distribution des produits pétroliers ;

L'ensemble des taxes et frais perçus au Port Autonome de Cotonou, lieu de passage obligé de l'ensemble des importations ;

Les droits de porte perçus par l'Etat : droits de douane, prélèvements communautaires de solidarité, droits statistiques ;

Les frais de stockage tant à Cotonou que dans les entrepôts de l'intérieur du pays, qui sont gérés par la SONACOP ;

Les marges des pétroliers ;

La péréquation au transport, gérée individuellement par chaque compagnie, permet d'uniformiser les prix des produits pétroliers sur l'ensemble du territoire ;

Les taxes spécifiques de l'Etat et la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA).

Pour déterminer le prix de cession avant revendeur, le gouvernement procède tout d'abord à un ajustement des prix matérialisés par le soutien au pétrole lampant. Il s'agit d'une péréquation qui permet de subventionner le prix à la distribution du pétrole. Pour obtenir les prix officiels au détail de l'ensemble des produits, il faut ajouter les marges des détaillants, les frais liés à l'ajustement des prix et à l'assainissement du secteur, et à la constitution d'un stock de sécurité.

Afin d'appréhender l'importance relative de chaque poste dans la formation des prix, la figure ci- dessous synthétise les données de la structure des prix et présente la part de chaque composante dans le niveau des prix des produits pétroliers.

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Graphique 6 : Structure des prix des produits pétro(iers au Bénin

Source réalisé par l'auteur à partir de la structure des prix des produits pétroliers du Bénin

2-3-2 Le marché informe( de pétro(e au Bénin

Le commerce parallèle des produits pétroliers a principalement lieu entre le Bénin et le Nigeria. Dans ce paragraphe, il sera question de préciser dans un premier temps l'origine et les déterminants du trafic illicite des produits pétroliers. Dans un second temps, nous aborderons les acteurs et les circuits commerciaux de ce marché.

2-3-2-1- Origine et déterminants du commerce informe( des produits pétro(iers

L'origine du trafic informel des produits pétroliers entre le Bénin et le Nigeria remonte au début des relations commerciales entre les deux pays. Ces dernières ont pris la forme d'échanges de contrebande dès le début des années 1950 avec la démarcation monétaire introduite par la colonisation française d'une part et par la colonisation anglaise d'autre part. En effet, la cohabitation du franc CFA convertible avec la livre nigériane non convertible avait déjà donné naissance à un trafic informel qui portait sur une gamme très variée de produits, notamment manufacturés. Cependant, le commerce à grande échelle des produits pétroliers nigérians date fondamentalement du début des années 1980.

Plusieurs facteurs contribuent au développement du trafic parallèle des produits pétroliers entre le Bénin et le Nigeria. En effet, le positionnement géographique du Bénin, frontalier du Nigeria et corridor de transit vers les pays de l'hinterland, et les solidarités ethniques de part et d'autre de la frontière permettant la constitution de réseaux marchands, constituent les premiers facteurs à l'origine des échanges frauduleux transfrontaliers. De même, les disparités de politiques économiques et

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monétaires existant entre le Bénin et le Nigeria, exploitées par les agents économiques dans le but de capter des rentes, sont le véritable moteur des échanges informels d'hydrocarbures. En effet, la dépréciation continue de la naira et la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs nigérians, que les pouvoirs publics ont tenté de contenir en maintenant artificiellement bas le niveau des prix de certains produits de grande consommation, ont créé les conditions favorables à l'essor du trafic des produits pétroliers. Enfin, les disparités de politiques d'approvisionnement et de distribution des produits pétroliers entre les deux pays favorisent le développement du trafic illicite.

Depuis 1984, le phénomène a pris un caractère structurel tant par le niveau de ramification des réseaux marchands qui l'animent que par la dispersion spatiale des circuits commerciaux.

2-3-2-2- Les acteurs et (es circuits commerciaux

Le marché parallèle des produits pétroliers est animé par plusieurs acteurs. Mais l'analyse de la structuration de ces acteurs pose d'importants problèmes méthodologiques. En effet, le fonctionnement de ce marché autour de produits illicites implique des acteurs parfois invisibles. De plus, les complicités dans les hautes sphères politico-administratives des deux pays compliquent singulièrement l'analyse des circuits. Toutefois, en fonction des complicités établies dans l'acheminement des produits, on peut distinguer cinq catégories d'acteurs.

- Les exportateurs nigérians et les importateurs béninois : ils sont en amont de la filière et ont un rôle déterminant dans la mobilisation et la mise à disposition des produits. Ils sont souvent de hauts responsables politico-administratifs béninois et nigérians.

- Les grossistes : ils travaillent pour le compte des responsables politico-administratifs ou pour
leur propre compte. Ils disposent de stocks importants et exercent le long de la frontière.

- Les demi-grossistes et les détaillants : ils sont en aval de la chaîne de commercialisation et assurent la vente des produits.

- Les détaillants que l'on rencontre le long des rues des grands centres urbains et même des villages.

- Les intermédiaires ou les agents d'approvisionnement : trois catégories d'acteurs assurent l'approvisionnement du marché béninois en produits pétroliers illicites d'origine nigériane. Il s'agit des automobilistes qui sont les plus importants de par leur nombre et les quantités de produits qu'ils brassent, des motards et les piroguiers qui utilisent des pirogues à voile ou à moteur.

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Impact de la flambée mondiale du prix du pétrole sur l'économie béninoise

Pour l'acheminement des produits vers les centres de consommation béninois, les acteurs empruntent des circuits commerciaux parallèles. Le circuit lagunaire, très développé dans la partie méridionale du pays, est le circuit par voie d'eau le plus utilisé. Le circuit terrestre, diffus du fait de la porosité des frontières, est plus ou moins long : il part des stations-service nigérianes, soit en direction des centres de consommation béninois, soit vers les frontières des pays voisins, le Togo et le Burkina- Faso notamment. La figure retraçant la structure du réseau marchand du commerce parallèle des produits pétroliers au Bénin figure en annexe 1.

2-4 La gestion du choc pétro(ier au Bénin

Plusieurs facteurs limitent l'impact de la hausse des prix du pétrole au Bénin, en particulier l'appréciation de l'euro face au dollar et donc du FCFA au dollar vue la parité fixe entre le FCFA et l'euro. De même le développement du marché informel de pétrole quoique décrié par le gouvernement à cause du manque à gagner fiscal, a contribué énormément à limiter les dégâts de la flambée mondiale du prix du baril sur l'économie béninoise.

2-4-1 L'appréciation du FCFA face au do((ar et (a transmission du choc pétro(ier au Bénin

Dans la mesure où les cours du pétrole sont libellés en dollar, l'appréciation de l'euro depuis 2002 a contribué à protéger la zone euro et donc la zone franc de l'effet de la flambée des cours du pétrole compte tenu de la parité fixe entre l'euro et le FCFA. En effet, la valeur du FCFA en dollars a été multipliée par 1,65 en 6 ans. Le dollar qui valait 742,8 FCFA en janvier 2002 ne coûtait plus que 449,9 FCFA en décembre 2007 (graphique 1).

Graphique 7 : Evo(ution comparée du cours du do((ar en FCFA et du cours du bari( de pétro(e en do((ars (2002-2007)

Source réalisé par l'auteur à partir des données de la DPC

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Pour mieux se représenter l'effet modérateur du FCFA sur les prix du pétrole, on peut comparer les cours du pétrole en FCFA à ce qu'ils auraient été si le cours FCFA/dollar était resté à son niveau de 2002 (graphique 2).

Entre janvier 2002 et décembre 2007, le cours du baril du pétrole est passé de 14410 FCFA à 41031 FCFA le baril, soit une augmentation de 185%. Or, si le dollar était resté à son niveau de janvier 2002, le cours du pétrole aurait été de 67743 FCFA en décembre 2007, soit une augmentation de 370%. Autrement dit, l'appréciation de l'euro et par ricochet du FCFA a permis d'absorber la moitié (50%) de la hausse des prix du pétrole.

Graphique 8 : Evo(ution comparée du cours du bari( en FCFA courant et en FCFA de 2002

Source : réalisé par l'auteur à partir des données de la DPC et du FMI

L'examen de ce graphique nous amène à comprendre que la flambée actuelle des prix des produits pétroliers a été considérablement amortie au Bénin par la couverture dont bénéficie le FCFA de la part de la politique monétaire européenne. En effet, pendant que les pays exportateurs bénéficient de la hausse en dollars du cours du baril, les pays importateurs de la zone franc profitent de l'appréciation de l'euro pour amortir le choc pétrolier même si théoriquement cette appréciation de l'euro et donc du FCFA n'est pas bon signe pour la compétitivité de l'économie.

2-4-2- Rô(e du secteur informe( dans (a transmission du choc pétro(ier au Bénin

Mise à part l'appréciation du FCFA face au dollar, l'économie béninoise profite du développement du marché informel de produits pétroliers favorisé par sa proximité avec un géant exportateur du pétrole brut, le Nigeria. En effet, malgré la perte de recettes que constitue le développement du trafic, le marché informel de produits pétroliers joue un rôle important sur le pouvoir

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d'achat des consommateurs du secteur et représente une source de revenu pour les pratiquants du trafic. Mais il représente également un danger pour l'économie sur les plans sanitaire, environnemental et social.

2-4-2-1- Rô(e économique et financier du secteur informe(

Afin d'apprécier les profits potentiels ou probables que l'économie béninoise dans son ensemble tire du trafic illicite des produits pétroliers, il nous paraît important d'estimer et de comparer la perte de recettes pour l'Etat aux gains de revenus aussi bien pour les consommateurs que les trafiquants sur ce marché. Pour ne pas rendre trop volumineux notre document, nous nous limitons aux estimations relatives à l'essence pour lequel nous disposons d'information et dont la consommation est d'ailleurs plus importante dans l'informel. Nous définissons la marge brute des trafiquants par litre d'essence comme la différence entre le prix d'achat au Nigeria et le prix de vente dans l'informel. De même, le gain des consommateurs résulte du différentiel de prix entre le prix à la station et le prix dans l'informel.

Les tableaux ci-dessous montrent respectivement les pertes de recettes fiscales du gouvernement, les gains de revenus des trafiquants et les gains d'opportunité pour les consommateurs avant de déboucher sur l'évaluation du gain pour l'économie de la commercialisation informelle de l'essence.

Tab(eau 5 : Estimation de (a perte de recettes fisca(es de ('Etat

Année

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Essence (en litre)

206850500

231672600

259473300

313745200

321814000

327002000

Taxe par L d'essence (FCFA)

89

92

94

108

114

122

Perte Tota(e de Recettes (mi((iards)

18,41

21,31

24,39

33,88

36,69

39,89

Sources calcul de l'auteur à partir des données de la DCI et de l'INSAE

Le développement du secteur informel des produits pétroliers constitue une subversion économique pour l'Etat, tant par la faible lisibilité de la politique économique qu'il engendre que par les pertes de recettes fiscales qu'il occasionne.

En effet, à partir du volume commercialisé d'essence dans l'informel et de la taxe moyenne perçue par l'Etat par litre d'essence commercialisé, nous estimons comme le montre le tableau ci- dessus que l'Etat connaitrait au titre du commerce informel d'essence, une perte de recettes fiscales de plus de 30 milliards de FCFA par an ces dernières années. La perte de recettes représente 8,85%

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de l'ensemble des réalisations des régies financières en 2007 et 1,5% du PIB de la même année. Si l'on ajoute la perte liée au trafic informel du gasoil, la perte de recettes de l'Etat serait plus considérable. Cependant, il convient de se demander si le trafic informel n'occasionne que des pertes pour l'économie, étant donné que les multiples actions du Gouvernement en vue de sa suppression ont été vouées à l'échec.

Tab(eau 6 : Estimation du gain des trafiquants

Année

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Essence (en litre)

206850500

231672600

259473300

313745200

321814000

327002000

Marge brute des trafiquants/L

134

129

149

138

159

170

Gain des trafiquants (mi((iards)

27,72

29,88

38,66

43,21

51,18

55,54

Sources calcul de l'auteur à partir des données de la DGE et du LARES

Le différentiel de prix existant entre le prix sur le marché parallèle au Bénin et sur le marché officiel au Nigeria, matérialisant la marge brut, permet aux trafiquants de réaliser des gains substantiels. En effet, avec l'accroissement du secteur, le revenu généré par an aux trafiquants est en augmentation et passerait de 28 milliards de FCFA environ en 2002 pour atteindre 56 milliards de FCFA environ en 2007 soit un doublement de revenu. Ceci témoigne de la dynamique du secteur à générer plus de revenu que l'Etat n'en perd. Ce gain n'est pas seulement observé au niveau des trafiquants mais également au niveau des consommateurs qui ont un avantage comparatif à aller vers l'informel.

Tab(eau 7 : Estimation du gain du consommateur

Année

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Essence (en litre)

206850500

231672600

259473300

313745200

321814000

327002000

Marge du consommateur/L

112

70

81

96

74

78

Gain du consommateur (mi((iards)

23,19

16,28

21,01

30,08

23,75

25,48

Sources calcul de l'auteur à partir des données de la DGE et de l'INSAE

Les consommateurs béninois tirent d'importants profits du trafic illicite de produits pétroliers. L'existence du marché parallèle semble en effet résoudre deux problèmes majeurs auxquels les consommateurs sont confrontés : la proximité des points de distribution et l'accès aux produits à un prix attractif. En effet, mise à part le gain lié à la proximité, nous évaluons à 23 milliards de FCFA par an en moyenne, le gain financier que tirent les consommateurs de la commercialisation informelle de l'essence. Ainsi, sans le secteur informel, le pouvoir d'achat du consommateur se serait dégradé de

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se montant suite à la flambée récente du prix du baril de pétrole. Quel serait le sort financier que réserverait le trafic illicite de l'essence pour l'économie béninoise ?

Tab(eau 8 : Estimation du gain de ('économie

Année

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Perte de recettes totales (milliards)

(18,41)

(21,31)

(24,39)

(33,88)

(36,69)

(39,89)

Gain des trafiquants (milliards)

27,72

29,88

38,66

43,21

51,18

55,54

Gain du consommateur (milliards)

23,19

16,28

21,01

30,08

23,75

25,48

so(de net de ('économie (mi((iards)

32,50

24,85

35,28

39,41

38,29

41,13

Sources calcul de l'auteur

 
 
 
 
 
 

S'il est incontestable que les recettes de l'Etat pâtissent de l'expansion du phénomène, l'économie béninoise dans son ensemble tire des gains substantiels de ce commerce de contrebande. En effet, il ressort de la confrontation entre les pertes de recettes fiscales de l'Etat, les gains des trafiquants et ceux des consommateurs que l'économie béninoise tirerait en moyenne par an, un profit de 35 milliards de FCFA au titre du trafic illicite de l'essence. Si l'on ajoute les gains liés aux autres produits pétroliers, le gain pour l'économie serait beaucoup plus considérable. Ce développement montre ainsi que le secteur informel joue d'amortisseur du choc pétrolier au Bénin.

2-4-2-2- Impacts environnementaux, sanitaires et sociaux

Mis à part les impacts économiques et financiers soulignés précédemment, il est important de ne pas perdre de vue les impacts sociaux, environnementaux et sanitaires dus au développement du marché informel de produits pétroliers.

En effet, dans un contexte de pauvreté grandissante au Bénin, le commerce parallèle d'hydrocarbures attire les jeunes du fait des revenus qu'il leur procure et les incite à quitter l'école. Ceci se fait souvent avec la complicité des parents qui jugent d'un avantage comparatif pour la commercialisation des produits pétroliers au bord des rues par rapport à l'école. Ainsi le gain pour le pétrole est immédiat et réel alors qu'à l'école, rien n'est certain, du moins dans le court terme. Aussi, en tant que pourvoyeur d'emplois et de revenus conséquents, le secteur informel du pétrole est-il source d'exode rural car, incitant les habitants de l'intérieur du pays à se détourner des activités rurales et à migrer vers la ville où ce secteur est plus rentable.

De même, ce commerce est source de pollution atmosphérique, surtout à Cotonou où il est plus développé. D'une part, la densité de la circulation en liaison avec le nombre croissant de véhicules deux roux à moteur et la mauvaise qualité des carburants entraînent d'abondantes émissions de gaz

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d'échappement. D'autre part, la prolifération de la vente de carburant à l'air libre provoque des émissions de composés organiques dans l'atmosphère.

Enfin, le trafic, source de pollution de l'air, a un impact sur la santé des populations qui est retracé à travers l'accroissement des maladies respiratoires et du saturnisme dont les coûts sont respectivement évalués à 0,036% et 1,2% du PIB en 20005.

Les développements effectués dans ce chapitre se sont basés sur de simples calculs sans pour autant aborder l'aspect économétrique du sujet. Le chapitre suivant fera état de cet aspect qui nous mènera en définitive à faire des recommandations de politiques économiques avant de boucler notre étude.

5 Ministère de l'environnement, de l'Habitat et de l'Urbanisme, Etude sur la qualité de l'air en milieu urbain : cas de Cotonou, 2000.

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Dans ce chapitre, nous aborderons l'analyse économétrique du sujet. Nous mettrons d'abord l'accent sur les résultats du modèle VAR spécifié dans le premier chapitre. Il s'agira donc de modéliser et d'interpréter un VAR avec les variables prix du baril de pétrole, PIB, déficit budgétaire, inflation et déficit courant hors transferts. Dans un deuxième temps, nous ressortirons et analyserons l'impact d'un choc pétrolier sur le secteur des industries et celui des transports qui représentent les principaux consommateurs de pétrole au Bénin. Il s'agira, dans une deuxième spécification, de remplacer le PIB par la valeur ajoutée du secteur industriel et dans une troisième spécification, de mettre en lieu et place du PIB, la valeur ajoutée du secteur des transports. Mais à ce niveau, nous abordons uniquement l'analyse des fonctions impusionnelles.

Toutes les variables de l'estimation sont prises en taux de croissance, elles sont annuelles et vont de 1971 à 2007. Nous insérons dans la modélisation les variables indicatrices des chocs pétroliers et de la dévaluation intervenue en 1994.

3-1 PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE L'ESTIMATION

Dans cette partie, nous présentons d'abord les résultats de l'estimation du modèle VAR et ensuite nous les analyserons avant de tirer les conclusions y afférentes.

3-1-1- PRESENTATION DES RESULTATS DE L'ESTIMATION

Elle est consacrée à l'étude de la stationnarité, au choix du modèle VAR optimal, à l'analyse de la coïntégration et à la présentation des résultats.

3-1-1-1- Etude de (a stationnarité, choix du modè(e VAR optima( et ana(yse de (a coïntégration

Comme il apparaît important pour l'analyse des séries temporaires en générale et pour la modélisation VAR en particulier, d'étudier la stationnarité des variables, nous présentons d'abord les résultats du test de stationnarité des variables avant de déboucher sur la forme optimale du modèle.

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Tab(eau 9 : Résu(tats du test de racine unitaire

Variables

Test de Racine Unitaire (ADF) sur les variables

En Niveau

Conclusion

Valeur

Nombre de
retards

Avec

Théorique (1%)

Empirique

Constante

Trend

PIB

-3.626

-5.854

0

oui

non

1(0)

INF

-3.626

-4.478

0

oui

non

1(0)

DCHT

-3.626

-7.172

0

oui

non

1(0)

PP

-3.626

-6.800

0

oui

non

1(0)

DB

-4.252

-6.902

2

oui

oui

1(0)

VAI

-3.626

-7.741

0

oui

non

1(0)

VAT

-2.630

-6.712

0

non

non

1(0)

Les tests de Dickey-Fuller montrent, comme l'indique le tableau ci-dessus, que toutes les variables de l'estimation sont stationnaires en niveau.

Le nombre de retards optimal retenu en tenant comptes des critères d'information de Akaike

et Schwarz comme le présente le tableau ci-après est p =1. A cet effet, nous modélisons un VAR à

un retard. Toutes nos variables étant stationnaires en niveau, il n'y a donc pas présomption de relation de coïntégration entre les variables, ce qui exempt notre étude du test de détection de la relation de coïntégration de Johansen.

Tab(eau 10 : Choix du nombre de retards optima(

Nombre de retards

Akaike 1nformation Criterion

Schwarz Criterion

1

-2.343518

-0.584053

2

-1.863683

1.024821

3-1-1-2- Présentation des résu(tats de ('estimation du modè(e VAR

Le modèle VAR retenu avec un retard s'écrit sous la forme : Yt = A0 +A1Yt-1 + Et , ce qui donne avec les variables de la première spécification :

A1

2A2A51 1

[A0]+ A3DCHT t1 + [et ] A1

4A15 A55

DBINFLPIBt

-

1t-1t

-

1

t-1

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Avec :

PP : prix du baril du pétrole

SB : solde budgétaire

DCHT : déficit courant hors transferts

PIB : produit intérieur brut

La variable « prix du baril du pétrole » figure en première ligne du vecteur parce qu'étant la variable exogène du modèle (Bruno Parnisari (2002), Diop et Fame (2007)). En outre, dans la mesure où les simulations de choc portent sur cette variable, la place des autres variables dans le vecteur ne change pas les résultats.

Les résultats de l'estimation sous Eviews 5.0 sont présentés dans le tableau suivant :

Tab(eau 11 : Résu(tats de ('estimation du modè(e VARS

VARIABLES

PP DB DCHT INFL PIB

PP(-1)

-0.183**

------

0.365*

0.089*

------

DB(-1)

------

------

------

------

------

DCHT(-1)

------

------

-0.404*

------

-0.021**

INFL(-1)

------

------

2.672*

0.217**

------

PIB(-1)

------

12.81**

4.673**

------

------

C

0.124**

------

------

------

0.028

D73

2.729*

-4.938*

------

------

------

D94

0.565**

------

------

0.318*

------

R-squared

0.786

0.427

0.468

0.707

0.210

Adj. R-squared

0.733

0.283

0.335

0.634

0.012

3-1-2- INTERPRETATION DES RESULTATS

Les résultats de la modélisation VAR mettent en évidence non seulement les relations entre le prix du baril de pétrole et les agrégats de l'étude mais également les interrelations entre ces agrégats.

6

Nous ne présentons que les paramètres significatifs (significativement différents de zéro) au seuil de probabilité < 5% (*) et au seuil de probabilité . 10% (**). Le détail figure en annexes.

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Pour ce qui concerne cette étude, nous mettrons plus l'accent sur l'analyse de résultats concernant la relation entre le prix du baril du pétrole et les autres variables de l'étude.

3-1-2-1- Le prix du pétro(e et (e déficit courant hors transfert courant

Les résultats des estimations confirment nos attentes et révèlent que le prix du pétrole d'il y a un an, a un impact positif et significatif sur le déficit courant hors transferts officiels de la balance des paiements. Ce résultat s'inscrit dans la même logique que la théorie et les études empiriques évaluant l'impact de la hausse du cours du baril du pétrole sur l'équilibre extérieur des pays importateurs de pétrole (Diop et Fame (2007)). En effet, pour le cas spécifique du Bénin, les résultats de l'estimation montrent qu'une augmentation d'une unité du prix du pétrole de l'année dernière entraîne une hausse du déficit courant hors transferts officiels de cette année de 0,365 unité. Cela témoigne du poids substantiel des importations de pétrole dans le total des importations au Bénin (43% des importations totales en 2007). Le Bénin étant un pays importateur du pétrole, son équilibre extérieur est sensible à toute augmentation du prix du pétrole au niveau international. Toute augmentation du prix du pétrole sur le marché mondial renchérit les importations en valeur qui contribuent à creuser le déficit courant de la balance des paiements.

3-1-2-2- Le prix du pétro(e et ('inf(ation

Les résultats de la modélisation VAR montrent que le prix du pétrole sur le marché international influence positivement et significativement l'inflation nationale. Cela signifie qu'une flambée du prix du baril sur le marché mondial alimente les tensions inflationnistes. Les résultats confirment nos hypothèses et indiquent qu'un point de hausse du prix du baril de l'année passée fait grimper l'inflation de l'année courante de 0,9 point.

En effet, Il est ordinaire de distinguer dans l'analyse un effet inflationniste direct de possibles effets indirects, dits «de second tour». Ainsi, l'effet direct sur les prix à la consommation d'une augmentation du prix du baril reflète le poids de celui-ci dans le panier de consommation moyen. Les effets de second tour proviennent des tentatives, par les entrepreneurs et les salariés, de compenser la perte de revenu entraînée par le choc pétrolier. Ainsi, les entreprises peuvent transmettre à leurs clients la hausse des coûts en relevant les prix de vente, ce afin de restaurer leurs marges. De leur côté, de façon à maintenir leur pouvoir d'achat, les salariés peuvent exiger une augmentation compensatoire des salaires, elle-même susceptible de nourrir une nouvelle hausse des prix. Au vue

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des résultats de l'estimation nous pouvons conclure que les effets de second tour sont à l'oeuvre au Bénin. Ce résultat montre la vulnérabilité de l'économie nationale aux chocs exogènes sur les prix.

Les analyses précédentes seront approfondies à travers l'analyse des fonctions de réponses impulsionnelles. L'idée est de simuler un choc sur le prix du baril de pétrole et de voir la réaction des différentes variables du modèle.

3-2- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS

Les fonctions de réponses impulsionnelles présentées correspondent à des chocs de l'ampleur de l'écart-type du résidu de la variable « prix du pétrole » qui est de l'ordre de 30%. Ainsi, elles simulent une hausse de 30% du prix du pétrole.

3-2-1- Réponse de ('inf(ation

Response of INFL to Cholesky
One S.D. PP Innovation

.030 .025 .020 .015 .010 .005 .000

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Suite à un choc de l'ordre de 30% du prix du baril de pétrole, l'inflation est marquée par une hausse instantanée de 2,05% (effet de court terme). Quant à l'effet de long terme7, il correspond à une hausse de 6,24%, avec un délai d'ajustement de six ans. Cette simulation confirme les résultats

7 L'effet de long terme représente le cumul des effets sur l'ensemble de la période

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de l'estimation car elle montre que le choc a plus d'ampleur au cours de la deuxième année où l'inflation grimpe de 2,8%. Les effets du choc sur l'inflation sont également étendus dans le temps.

En effet, le pétrole étant un bien dont l'élasticité de la demande au prix est faible dans les pays en développement en général et au Bénin en particulier, l'économie béninoise subit de plein fouet la hausse mondiale du prix du baril de pétrole. Cette hausse renchérit le prix des produits pétroliers qui sont consommés par les ménages et les entreprises. Ces dernières voyant leurs coûts de production augmenter, sont contraintes de répercuter la hausse sur le prix de vente, alimentant ainsi l'inflation. L'effet de long terme montre que suite au choc pétrolier, les mesures mises en oeuvre ne sont pas assez efficaces pour contenir son ampleur qui n'est atténué qu'après six ans.

3-2-2- Réponse du déficit courant hors transferts officie(s

Response of DCHT to Cholesky
One S.D. PP Innovation

.20 .15 .10 .05 .00 -.05 -.10

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

La flambée des cours du baril a également des répercutions considérables sur l'équilibre extérieur. Le Bénin étant un pays importateur de pétrole, toute augmentation de prix du baril, renchérit ses importations en valeur qui constituent un transfert de revenu du Bénin vers les pays exportateurs. De même l'envolée des prix de pétrole, en renchérissant les prix internes, rend les produits locaux moins compétitifs ; les entreprises peuvent baisser leur niveau de production, toute chose réduisant les exportations. Dès lors, une aggravation du déficit courant hors transfert officiel est envisageable.

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Le modèle VAR établit que le déficit courant hors transferts officiels est marquée par une baisse instantanée 9,5% avant de connaître une aggravation de 17,4% au cours de la deuxième année. Une fois encore les résultats de l'estimation sont confortés dans la mesure où l'effet désastreux du choc pétrolier sur l'équilibre extérieur est beaucoup plus manifesté au cours de la deuxième période. L'effet de long terme indique 10,1% d'aggravation du déficit courant hors transferts officiels et le retour à la normale est observé après trois ans. L'effet du choc serait également imputable au fait que la flambée des prix du pétrole peut réduire les exportations compte tenu la baisse de la production des entreprises et l'inflation qui s'alimente dans le temps. Ainsi, selon les résultats de l'estimation, une hausse de l'inflation de 1% aggraverait de déficit courant hors transferts de 2,6%.

3-2-3- Réponse du déficit budgétaire

Response of DB to Cholesky
One S.D. PP Innovation

.20 .15 .10 .05 .00 -.05 -.10 -.15 -.20

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

A la suite d'une augmentation du cours du baril au niveau international, le Gouvernement se voit contraint dans le court terme de faire d'énormes sacrifices en vue de ne pas transmettre l'intégralité du choc aux populations. Ces sacrifices vont des subventions des prix des produits pétroliers à la réduction ou suppression des taxes sur certains produits. Le pétrole lampant au Bénin est un cas particulier de produits qui profite de ces mesures compte tenu de son caractère social. De même, l'effet d'entraînement souvent occasionné par les chocs pétroliers alimentant ainsi l'inflation, oblige l'Etat à subventionner non seulement les prix des produits pétroliers mais également les prix

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d'autres produits directement ou indirectement indexés. Toute cette situation amène le Gouvernement à faire face à des engagements budgétaires plus importants qui sont de nature à compromettre sa capacité à financer des programmes sociaux. En définitive, déficit budgétaire peut se creuser davantage.

Le modèle VAR établit que suite à un choc pétrolier de l'ordre de 30%, déficit budgétaire connaît une augmentation instantanée de 16%. Le cumul des effets sur toute la période fait ressortir une amélioration solde budgétaire de 8%, l'équilibre se retrouvant après cinq ans. Ce résultat quoiqu'apparemment inquiétant, reflète néanmoins tout le sacrifice qui s'impose à court terme au Gouvernement suite aux chocs exogènes et surtout à celui du pétrole pour lequel il ne dispose pas de marge de manoeuvre. Nous remarquons également que tout l'effort se fait au cours de la première année du choc, la situation s'étant considérablement améliorer au cours de la deuxième année. Ceci confirme alors l'idée selon laquelle, le Gouvernement ne peut pas supporter pendant une longue durée les chocs exogènes en recourant à des mesures fiscales. De même, cette amélioration du déficit budgétaire peut être attribuable à l'amélioration recettes douanières suite à l'augmentation du prix du pétrole. En effet, la taxe douanière étant une taxe ad valorem, l'augmentation de la valeur des importations des produits pétroliers se traduit par une hausse des recettes douanières. Selon la DGAE, les recettes fiscales progresseraient de 1,3% en 2006 et 7,1% en 2007 en liaison avec l'évolution des recettes douanières consécutives à la hausse des prix du pétrole.

3-2-4- Réponse du PIB

Response of PIB to Cholesky
One S.D. PP Innovation

.006 .004 .002 .000 -.002 -.004 -.006 -.008

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

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S'agissant du PIB, et ce suite à une hausse de 30% du prix du baril de pétrole, il subit une baisse instantanée de 0,65% selon les résultats de la modélisation VAR. Il monte ensuite à la deuxième année avant de connaître à nouveau une baisse de 4,9% en début de la troisième période. Le retour à la normale est constaté après quatre ans. L'effet de long terme est quasiment inexistant et s'affiche à une baisse de 0,7% soit pratiquement l'effet de court terme.

En effet, l'envolée du cours du baril affecte l'offre comme la demande. Elle provoque une augmentation des coûts de production des entreprises mais également une baisse du pouvoir d'achat des ménages. Ainsi, les entreprises peuvent être amenées à réduire leur niveau de production et/ou à augmenter les prix ou réduire la main-d'oeuvre. Cette situation aura comme corollaire de réduire l'offre globale de l'économie. Le choc sur le PIB transiterait surtout par le secteur des transports et de l'industrie dont les besoins en hydrocarbures sont importants. Ce choc correspond donc à la résultante des chocs subis par les différents secteurs qui composent le PIB.

La faible baisse du PIB suite au choc pétrolier est imputable à certains secteurs comme le secteur agricole qui serait quasiment insensible au choc pétrolier compte tenu de son niveau de consommation pratiquement nul en pétrole.

3-3- ETUDE DE LA CAUSALITE ET DECOMPOSITION DE LA VARIANCE

L'étude de la causalité nous permettra de voir s'il ya une relation causale entre les variables et la décomposition de la variance mettra l'accent sur la proportion de causalité entre les variables.

3-3-1-ETUDE DE LA CAUSALITE

Avant de procéder à l'étude empirique de causalité par le test de Granger, il nous semble important de construire le circuit théorique de causalité. En effet, comme précédemment décrit, un choc pétrolier, du point de vue théorique augmente les importations en valeur et peut de ce fait creuser le déficit courant de la balance des paiements. Ce choc est également une cause d'inflation par les coûts. Au- delà de ces effets, un choc pétrolier peut creuser le déficit budgétaire du fait des dépenses engagées par l'Etat pour amortir le choc. Tous ces effets peuvent concourir à amenuiser la production nationale. De ce fait, le circuit théorique suivant peut être tracé.

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Graphique 9 : circuit théorique de causa(ité

Le test de causalité dont le graphique figure en annexe 6 permet d'accepter la présence de relations causales entre certaines variables de notre étude notamment le PIB, l'inflation, le déficit courant hors transferts officiels et le prix du pétrole. En dehors du déficit budgétaire qui ne figure pas dans le circuit empirique, nous remarquons également qu'il existe une relation causale entre l'inflation et le déficit courant hors transferts.

Graphique 10 : circuit de causa(ité empirique pour (e Bénin

On remarque que le PIB est influencé directement par l'équilibre extérieur (DCHT) et indirectement par l'inflation et le prix du pétrole. La prédictibilité du déficit courant hors transfert officiel est à son tour améliorée par la connaissance des informations relatives à l'inflation et au prix du pétrole ainsi qu'à leur passé. Ainsi, tout changement au niveau de l'équilibre extérieur a des répercutions sur le PIB. Quant à l'inflation, sa prévision est directement améliorée en incorporant à l'analyse des informations relatives au prix pétrole et à son passée.

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Ainsi, une politique visant à contenir l'inflation, améliorera la compétitivité de l'économie et débouchera sur une augmentation des exportations. Le déficit courant hors transferts s'en trouve améliorer et théoriquement la croissance aussi.

Cette analyse montre effectivement l'existence de réseaux d'influence entre les variables de l'étude, mais ne renseigne en rien sur la « quantification » de ces impacts. Ceci fait l'objet du développement suivant.

3-3-2- DECOMPOSITION DE LA VARIANCE

La décomposition de la variance qui est retracée à travers le tableau de l'annexe 7 va nous permettre maintenant de déterminer dans quelle mesure les variables ont une interaction entre elles c'est-à-dire, dans quelle « direction », le choc a plus d'impact.

- L'examen du tableau montre comme nous l'avions souligné plus haut que le prix du pétrole est une variable exogène à l'économie béninoise dans la mesure où, à plus de 87% la variance de l'erreur de prévision de celui-ci est due à ses propres innovations. Ainsi, tout changement intervenu au niveau du prix du pétrole est pratiquement dû à lui-même.

- Pour ce qui est du déficit budgétaire, 3% de la variance de l'erreur de prévision provient des innovations du prix du baril et 8% est due aux innovations du PIB. Par ailleurs, 85% de la variance de l'erreur de prévision du déficit budgétaire provient de ses propres innovations. Ainsi, toute modification intervenue sur le déficit budgétaire est à 85% expliquée par lui-même alors que 8% de cette modification serait imputable au PIB.

- Concernant le Déficit Courant Hors Transfert officiel, la décomposition de la variance de l'erreur des prévisions indique que 15% de celle-ci est due aux innovations du prix du pétrole, 6% à celles de l'inflation, 7% à celle du PIB et à 70% à ses propres innovations.

- La décomposition de la variance indique que la variance de l'inflation est due à 52% à ses propres innovations et à 33% aux innovations du prix du baril du pétrole. Ainsi, un choc sur les prix du baril du pétrole est à même d'affecter sévèrement l'inflation car tout changement au niveau de l'inflation est expliqué à hauteur de 33% par le prix du pétrole.

- Concernant le PIB, 8% de la variance de l'erreur de prévision provient des innovations du prix du pétrole, 8% est imputable aux innovations du déficit courant hors transferts officiels, 6%

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aux innovations du déficit budgétaire alors que plus de 75% provient de ses propres innovations.

Au regard de cette analyse, nous pouvons conclure que :

· Un choc sur l'inflation a moins d'impact sur le déficit courant hors transferts qu'un choc sur ce dernier n'en a sur l'inflation.

Des chocs sur le PIB et le déficit courant hors transferts ont un impact quasiment semblable l'un sur l'autre.

Un choc sur le déficit courant hors transferts a un impact plus important sur le déficit budgétaire qu'un choc sur celui-ci n'en a sur le solde budgétaire.

Un choc sur l'inflation a plus d'impact sur le PIB qu'un choc sur ce dernier n'en a sur l'inflation.

Un choc sur le PIB a plus d'impact sur le déficit budgétaire qu'un choc sur ce dernier n'en a sur le PIB.

3-4- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS AU NIVEAU SECTORIEL

A ce niveau les projections sont plus faites sur la valeur ajoutée du secteur industriel ainsi que celle du secteur des transports. Ces secteurs, ayant de fortes consommations intermédiaires en produits pétroliers, cette analyse nous permettra de voir comment ceux-ci réagissent au choc pétrolier.

3-4-1- Réponse de (a va(eur ajoutée du secteur industrie( Nous modélisons pour ce faire un VAR8 présenté comme suit :

A12[ï A0 ]+ As DCHT t1 + [et ]

A14

A2AA1A5PPDBt-1VAIt-1INFLt

-

1t

-

1

Où VAI est la valeur ajoutée du secteur industriel.

8

Les résultats au niveau des autres variables sont quasiment identiques aux résultats précédents. Nous nous passons donc de les présenter à nouveau.

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Il est donc question d'analyser le comportement de la valeur ajoutée du secteur industriel à la suite d'un choc de 30% du prix du pétrole.

Response of VAI to Cholesky
One S.D. PP Innovation

.010 .005 .000 -.005 -.010

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Comme l'indique le graphique précédent, le secteur industriel est automatiquement affecté par le choc pétrolier. En effet, une hausse de 30% du prix du baril entraînerait une perte instantanée de 0,79% de la valeur ajoutée du secteur industriel. La hausse des prix des produits pétroliers renchérit les coûts de production des industries. Cette situation n'est pas favorable à la production des entreprises qui peuvent voir leur valeur ajoutée s'amoindrir. Par le mécanisme de transmission du choc sur les prix de vente, ces entreprises finissent par restaurer leur valeur ajoutée qui connaît une amélioration de 0,8% au cours de la deuxième année. Cependant le modèle prévoit une baisse de production au cours de la troisième année avant que l'équilibre ne se retrouve à la fin de la troisième année. L'effet du choc à long terme sur la période ressort une baisse de la valeur ajoutée de 1,6%.

3-4-2- Réponse de (a va(eur ajoutée du secteur des transports Le modèle retenu à ce niveau se présente comme suit :

A1

2A APPDBt-1t-11

[A 0 ]+ A 13 DCHT t-1 + [e t]

A1A15 A55INFLVATt

-

1t-1

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VAT désigne la valeur ajoutée du secteur des transports. Ainsi le graphique ci-après indique la réponse de la valeur ajoutée du secteur industriel à hausse de 30% du prix du pétrole.

Response of VAT to Cholesky
One S.D. PP Innovation

.4 .3 .2 .1 .0 -.1

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Contrairement à notre attente, une hausse des prix des produits pétroliers renforce la valeur ajoutée du secteur des transports au Bénin malgré que le pétrole soit la principale consommation intermédiaire du secteur des transports. Le modèle montre qu'une hausse de 30% du prix du baril entraîne une augmentation instantanée de 33% de la valeur ajoutée du secteur des transports avant qu'une baisse de 7,2% de celle-ci ne soit constatée au cours de la troisième période. Quant à l'effet de long terme, il affiche un accroissement de 35% de la valeur ajoutée du secteur des transports.

Deux explications peuvent être mises en oeuvre face à cette situation. La première explication de cette augmentation de la valeur ajoutée proviendrait du fait que les entreprises de transport arrivent à transmettre instantanément l'intégralité du choc pétrolier ou plus sur les passagers en rehaussant les frais de transport des passagers. Ainsi, elles peuvent restaurer leur marge et même augmenter le volume du trafic. La deuxième explication concurrente est celle selon laquelle les entreprises de transport au Bénin s'approvisionneraient en produits pétroliers dans le secteur informel où les prix sont souvent déconnectés du mécanisme de prix au niveau international en spéculant sur les prix fixés à la pompe. En effet, selon le Morillion et Afouda (Septembre 2005), la part de secteur informel dans la commercialisation total de l'essence a atteint 73% en 2004. L'essence étant principalement utilisé dans le transport, il est donc probable que cette augmentation de la valeur ajoutée soit imputable à l'approvisionnement dans ce secteur qui propose des prix plus attrayant.

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3-5- RECOMMANDATIONS DE L'ETUDE

Au terme de cette étude, il nous semble très important d'attirer l'attention des autorités gouvernementales et monétaires sur des mesures concrètes à mettre en oeuvre pour limiter sensiblement la vulnérabilité de l'économie béninoise aux chocs exogènes en général et au choc pétrolier en particulier.

Ces recommandations sont abordées sous deux angles : elles concernent d'abord les problèmes du secteur pétrolier au Bénin et ensuite, elles tablent sur les résultats de l'approche empirique de l'étude.

L'assainissement du secteur pétro(ier au Bénin

Les analyses faites au chapitre II du mémoire montrent que la faiblesse du circuit formel du pétrole a laissé se développer et s'enraciner structurellement un secteur informel assez dynamique et inélastique aux mesures d'assainissement mises en oeuvre jusque là par l'Etat. Ce secteur, quoique globalement bénéfique pour le pays, du point de vue économique et financier représente un manque à gagner fiscal annuel d'environ 25 milliards avec ses conséquences sociales, environnementales et sanitaires déplorables. A cet effet, le Gouvernement béninois se doit d'assainir le secteur dans son ensemble. Il s'agira concrètement pour l'Etat :

e fluidifier le système d'approvisionnement et de distribution afin d'éviter la récurrence des crises d'approvisionnement et de permettre l'extension d'un réseau de distribution dont l'insuffisance ne permet pas la satisfaction des besoins nationaux et favorise par ricochet le développement de l'informel. Dans cette optique, l'Etat doit accorder des conditions incitatives aux opérateurs qui veulent s'installer à l'intérieur du pays et favoriser la mise en place de petites installations de distribution dont les coûts sont moins prohibitifs. Le Gouvernement devrait également envisager dans l'immédiat, le renforcement de la capacité de stockage du pays.

Avant de pouvoir combattre efficacement le trafic illicite de produits pétroliers qui joue un rôle de régulateur tant sur le plan économique que sur le plan social, de proposer et de mettre en oeuvre en collaboration avec les acteurs, des mesures concrètes de reconversion pour l'ensemble des personnes qui vivent de ce commerce. Ces mesures doivent chercher à accompagner les importateurs informels à intégrer le système formel de commercialisation. L'Etat pourrait en gagner un potentiel de recettes fiscales et les acteurs, engranger leur part de revenu.

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Des résu(tats de ('étude empirique

A partir des résultats de notre étude, il ressort que l'augmentation mondiale du prix du pétrole affecte significativement et durablement l'inflation et l'équilibre extérieur de notre pays. Même si l'effet sur les autres variables n'apparaît pas significatif, celles-ci ne sont pas pour autant insensibles au choc pétrolier tel que le montrent les simulations. Ainsi donc, il nous paraît nécessaire de formuler des recommandations aussi bien à l'endroit des autorités monétaires que des pouvoirs publics

Aux autorités monétaires

La banque centrale pourrait être tentée de resserrer la politique monétaire en réaction aux poussées inflationnistes induites par la hausse des prix du pétrole. Cette politique qui devrait passer par de fortes hausses des taux d'intérêt peut s'avérer inefficace car elle peut fragiliser l'investissement intérieur, poussé davantage les pays dans la récession et provoqué la stagflation. De même, l'augmentation du prix du pétrole étant analogue à un choc d'approvisionnement, une politique monétaire d'accompagnement favoriserait l'inflation. Les autorités monétaire devrait adopter une politique non inflationniste, afin d'éviter l'inflation galopante et de préserver la crédibilité monétaire. Elles sont donc appelées à plus de prudence face au choc pétrolier pour lequel elles ne disposent pas de marge de manoeuvre.

Aux autorités Gouvernementa(es

Les poussées inflationnistes amenuiseront le pouvoir d'achat des pauvres qui ne disposent pas assez de protection contre la hausse des prix du pétrole. Les pauvres seront également touchés par l'augmentation des frais de transport. Le Gouvernement devra cependant résister à la tentation d'accorder des subventions pour compenser la hausse du prix du pétrole. Les subventions constituent une importante saignée pour les finances publiques, surtout si la hausse du pétrole persiste, parce qu'il va falloir les financer par le biais d'un relèvement des taux d'imposition, ou celui du recours aux emprunts extérieurs, ce qui entraînera un alourdissement du fardeau de la dette. En outre, bien que le pétrole lampant soit considéré comme un bien à caractère social, il n'est pas sûr que le fait de le subventionner soit le meilleur moyen de protéger les pauvres, parce qu'il est difficile d'empêcher ceux qui ne sont pas pauvres d'en consommer. Les mesures fiscales discriminatoires devront être limitées par crainte de ne plus pouvoir les supprimer par la suite. L'Etat doit donc laisser le marché national s'ajuster au mécanisme du marché international quitte à renforcer ces programmes sociaux envers les pauvres.

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

La hausse des cours du pétrole devra être perçue comme un signal fort devant amener à réduire la forte dépendance à l'égard du pétrole et à améliorer de ce fait l'équilibre extérieur. L'Etat devra envisager une politique de substitution progressive et partielle du pétrole. A cette fin, le Gouvernement devra s'informer sur les technologies pouvant être utilisées et à moindre coût comme ce qui se fait en Afrique de l'Est et au Brésil en ce qui concerne les biocarburants. Mais il importe qu'il veille à ce que de telle politique ne compromettent la sécurité alimentaire qui demeure encore une bataille difficile à remporter par le Bénin.

Aussi le Gouvernement devra t-il recourir à ses ressources potentielles en hydrocarbure en sollicitant des investissements importants dans l'exploration et l'extraction de pétrole qui pourra être une source importante de devises pour le pays surtout que, des dernières prospections, il existerait des probabilités pour que le sol béninois contienne du pétrole.

Pour ces deux derniers cas, l'assistance technique et financière des partenaires au développement serait nécessaire pour traduire dans les faits, ces politiques visant à substituer d'autres énergies au pétrole ou à faire du Bénin un exportateur de pétrole dans le long terme.

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

La crise pétrolière, un phénomène qui est observé de façon récurrente ces dernières décennies, a suscité bon nombre d'interrogation, en l'occurrence : quel est son impact sur l'économie d'un pays ? Face à cette préoccupation, de nombreuses études ont été réalisées, lesquelles ont ressorti un effet négatif de la flambée du prix du baril de pétrole sur les agrégats macroéconomiques. Etant donné la dépendance de l'économie béninoise vis-à-vis du pétrole, des études se sont intéressées aux conséquences de l'envolée des cours du baril sur l'économie nationale. Ces études utilisent souvent les modèles linéaires ou les modèles macroéconométriques dont les insuffisances ont été mises à nues par Sims qui a proposé en lieu place les modèles VAR qui présentent l'avantage de ne faire aucun a priori sur les variables et permet également de mesurer l'ampleur d'un choc et le délai d'ajustement des variables affectées.

En effet, s'appuyant sur les données de sources secondaires des structures à compétence économique et statistiques telle que la DGAE et l'INSAE, ce travail a essayé d'analyser, mais également de mesurer l'impact de l'augmentation du prix du pétrole sur l'équilibre tant intérieur qu'extérieur.

Ainsi, selon les résultats des modélisations, une variation positive du prix du baril a bel et bien une influence négative sur l'économie béninoise. De façon significative, une augmentation du prix du pétrole entretient durablement l'inflation locale et constituent un danger pour l'équilibre extérieur du Bénin. De façon plus explicite, l'étude retient, sur la base des résultats des modèles VAR élaborés que, suite à une variation positive du prix du baril de pétrole de l'ordre de 30%, l'inflation et le déficit courant hors transferts s'aggravent respectivement de 2,8 et 17,4% un an plus tard. Dans le long terme, l'effet sur l'inflation reste dynamique et s'affiche à 6,24% alors que l'impact sur le déficit courant s'améliore pour s'établir à 10,1%.

Malgré que l'impact de la hausse du prix du pétrole sur le déficit budgétaire et le PIB ne soit significatif selon les résultats de l'estimation, les simulations effectuées montrent que ces variables ne sont vraiment pas épargnées des retombées d'un choc pétrolier. En effet, les fonctions de réponses impulsionnelles établissent d'un choc positif de l'ordre de 30% sur le prix de pétrole entraîne une diminution instantanément du PIB de 0,65% et une aggravation du déficit budgétaire de 16%. Dans le

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long terme, un choc de même ampleur se traduit par une perte de croissance similaire à l'effet de court terme alors que le déficit budgétaire connaît une amélioration de 10%. Ceci traduit le fait que les finances publiques ne peuvent supporter l'effet du choc pétrolier sur le long terme.

S'intéressant également à l'impact du choc pétrolier au niveau sectoriel notamment sur le secteur industriel et celui des transports au Bénin, l'étude révèle à travers les simulations qu'une variation positive du prix du baril de pétrole d'environ 30% entraîne une perte instantanée de la valeur ajoutée du secteur industriel de 0,79%. Quant au secteur des transports, un choc de même ampleur constitue un gain de valeur ajoutée de l'ordre de 34%. Ce résultat, quoique que surprenant, peut être facilement expliqué. En effet, l'une des raisons pouvant traduire ce gain significatif de la valeur ajoutée peut être le fait que les acteurs des transports (les conducteurs) transmettent l'intégralité du choc et même plus sur les passagers en augmentant significativement les tarifs de transport. Une autre explication pourrait être le fait pour les conducteurs de s'approvisionner beaucoup plus dans le secteur informel tout en spéculant sur les prix fixé à la pompe.

Compte tenu de la place importante du secteur informel sur le marché pétrolier béninois, cette étude s'est également intéressée au rôle que joue le secteur informel de produits pétrolier dans le mécanisme de transmission du choc pétrolier international. Notre analyse s'est seulement basée sur le trafic de l'essence pour lequel nous avions pu disposer d'information. En effet, malgré que ce trafic traduit une perte de recettes fiscales estimée en moyenne à 34 milliards ces dernières années, il ressort que l'existence de ce secteur permet aux consommateurs de disposer d'un pouvoir d'achat supplémentaire annuel de l'ordre de 25 milliards. En ajoutant le gain de revenu des trafiquants de l'essence, un gain net de 35 milliard pour l'économie béninoise est enregistré par an. Cette valeur pourrait fortement augmenter en insérant l'information relative aux autres produits pétroliers.

Par ailleurs l'appréciation de du FCFA face au dollar, enregistrée depuis 2002, a joué un rôle amortisseur de l'impact de la flambée récente du prix du baril qui est fixé en dollars. En effet, le dollar qui valait 742,8 FCFA en janvier 2002 a progressivement baissé de valeur pour ne coûter que 449,9 FCFA en décembre 2007.

Globalement, ces résultats, quoique discutables, restent probants pour deux raisons principales. Premièrement, ils concordent avec les constats tirés des faits stylisés de l'économie traités au deuxième chapitre du mémoire. Deuxièmement, ces résultats confirment les conclusions des études empiriques traitant de la même question sur les pays importateurs de pétrole même si les structures de l'économie ne sont pas forcément identiques.

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Somme toute, le choc pétroler a un impact négatif sur l'économie du Bénin, pays importateur de pétrole et de surcroît price-taker. Au regard des dysfonctionnements observés, il va de soi qu'il peut constituer, à terme, un frein au développement économique si des mesures hardies ne sont pas prises.

Vu l'étendue du sujet, nous n'avons pas la prétention d'avoir pris en compte tous les contours du problème posé même si cela a été notre ultime souhait. En effet l'idéal aurait été de poursuivre l'analyse sur le bien-être et la pauvreté mais cela nécessite plus de moyens et d'outils tels que le modèle SimSip-SAM de la Banque mondiale adapté au Bénin et les modèles d'équilibre général calculable. De même l'utilisation de ces outils, par exemple le modèle SimSip-SAM, suppose assez d'informations telles que la matrice de comptabilité sociale désagrégée au niveau des utilisations faites du pétrole au Bénin, lesquelles informations ne sont malheureusement pas disponibles.

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ANNEXES 2 : EVOLUTION DES DIFFERENTES VARIABLES DE L'ESTIMATION

PI B

.10 .08 .06 .04 .02 .00 -.02 -.04 -.06

 

1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005

INFL

.4 .3 .2 .1 .0 -.1

 

1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005

DCHTO

2.0 1.6 1.2 0.8 0.4 0.0 -0.4 -0.8

 

1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005

ANNEXE 3 : LISTE DES DIFFERENTES VARIABLES DE L'ESTIMATION

obs

PIB

INFL

DB

DCHT

PP

VAI

VAT

1971

-1,44E-02

2,61E-02

7,51E-01

8,32E-02

-6,41E-03

-1,08E-02

-3,80E-02

1972

4,31E-02

3,50E-02

-1,76E+00

6,31E-01

-8,51E-03

1,36E-01

9,96E-02

1973

3,10E-02

4,70E-02

-4,58E+00

2,76E-01

2,87E+00

-6,97E-02

-6,08E-02

1974

1,73E-02

3,08E-01

1,14E-02

1,13E+00

-1,59E-01

4,02E-02

4,05E-02

1975

-5,09E-02

2,40E-02

4,39E-01

4,95E-01

2,44E-01

-1,09E-01

-9,22E-01

1976

1,15E-02

1,35E-01

-9,21E-02

-7,87E-02

1,16E-01

5,48E-02

6,25E-01

1977

4,87E-02

5,20E-02

-3,04E+00

7,11E-01

1,35E-01

2,63E-02

-6,15E-01

1978

1,61E-02

5,90E-02

-3,28E-01

1,43E-01

-7,39E-02

-1,80E-02

1,35E-01

1979

2,09E-02

1,41E-01

-3,02E-01

-5,00E-02

1,13E+00

-1,82E-02

3,90E-01

1980

8,01E-02

1,44E-01

-2,08E+00

-1,00E-01

2,06E-01

1,52E-01

2,13E-02

1981

4,19E-02

1,58E-01

1,40E+00

4,77E-01

2,37E-01

8,50E-02

9,72E-02

1982

2,80E-02

2,23E-01

1,89E-01

1,08E+00

2,13E-01

1,29E-01

4,11E-01

1983

-4,13E-02

4,60E-02

-8,46E-01

-4,27E-01

5,92E-02

-7,23E-02

-7,94E-01

1984

7,33E-02

2,00E-02

-2,62E+00

-2,91E-01

1,04E-01

2,55E-02

-5,65E-01

1985

5,61E-02

-6,90E-02

2,05E+00

2,34E-01

1,43E-02

1,00E-01

-2,45E+00

1986

2,12E-02

-1,50E-02

2,60E-01

1,70E-01

-6,01E-01

-4,92E-02

-7,83E-01

1987

-1,73E-02

8,00E-03

-1,31E-01

-3,75E-01

1,15E-01

-2,14E-02

-1,53E+00

1988

1,20E-02

1,90E-02

4,18E-02

-6,81E-02

-1,96E-01

2,07E-01

1,38E+00

1989

2,20E-02

1,80E-02

6,12E-02

-3,55E-01

2,99E-01

-5,30E-02

-5,26E-02

1990

3,20E-02

1,60E-02

-2,62E-02

-1,17E-01

9,55E-02

4,19E-01

-1,11E-01

1991

4,70E-02

7,00E-03

-2,06E-01

1,11E+00

-1,27E-01

3,85E-02

-5,63E-01

1992

2,93E-02

3,30E-02

1,98E-01

-3,76E-01

-7,77E-02

8,75E-02

7,14E-01

1993

5,83E-02

1,10E-02

-3,69E-01

-1,42E-01

-5,66E-02

-3,41E-02

-6,67E-01

1994

1,97E-02

3,36E-01

9,65E-01

-1,96E-02

6,63E-01

4,17E-02

6,55E+00

1995

5,95E-02

1,55E-01

2,95E-01

1,76E+00

-3,05E-02

6,15E-03

-5,39E-01

1996

4,44E-02

6,60E-02

-3,35E-01

-5,74E-01

2,14E-01

9,79E-02

-5,74E-01

1997

5,73E-02

4,70E-02

8,47E-02

7,53E-01

7,94E-02

2,65E-02

-2,88E-01

1998

3,98E-02

5,50E-02

-7,59E-01

1,88E-01

-3,18E-01

-6,78E-03

1,70E-01

1999

5,35E-02

1,40E-02

9,65E-01

2,46E-01

6,34E-01

-1,37E-02

-7,45E-01

2000

4,84E-02

3,30E-02

1,41E+00

-1,60E-01

2,83E-01

4,86E-02

1,36E+00

2001

6,24E-02

3,10E-02

-1,52E-01

2,78E-01

-1,13E-01

8,91E-02

-6,06E-02

2002

4,43E-02

2,50E-02

-2,17E-01

2,54E-01

-2,50E-02

6,43E-02

-1,94E-01

2003

3,86E-02

1,50E-02

1,83E+00

5,68E-02

3,44E-02

6,59E-03

-4,00E-01

2004

3,15E-02

9,00E-03

-3,06E-01

-1,26E-01

1,89E-01

-1,96E-02

-4,00E-01

2005

2,87E-02

5,40E-02

3,56E-01

3,54E-02

3,09E-01

5,31 E-02

5,00E+00

2006

3,77E-02

3,80E-02

-4,09E-01

5,11E-02

2,94E-01

-3,45E-02

-2,96E-01

2007

4,62E-02

2,60E-02

2,44E+00

-7,78E-02

5,67E-02

5,33E-02

-6,58E-01

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ANNEXE 4 : TESTS DE STATIONNARITE

DB

Null Hypothesis: DB has a unit root

Exogenous: Constant, Linear Trend

Lag Length: 2 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.902947 0.0000

Test critical values: 1% level -4.252879

5% level -3.548490

10% level -3.207094

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable: D(DB)

Method: Least Squares

Date: 11/04/02 Time: 08:51

Sample (adjusted): 1974 2007

Included observations: 34 after adjustments

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

DB(-1)

-2.291396

0.331945

-6.902947

0.0000

D(DB(-1))

0.804508

0.232270

3.463668

0.0017

D(DB(-2))

0.337289

0.147328

2.289373

0.0295

C

-2.414972

0.541347

-4.461041

0.0001

@TREND(1971)

0.111420

0.023882

4.665465

0.0001

R-squared

0.787131

Mean dependent var

 

0.206454

Adjusted R-squared

0.757769

S.D. dependent var

 

1.824876

S.E. of regression

0.898148

Akaike info criterion

 

2.758089

Sum squared resid

23.39343

Schwarz criterion

 

2.982554

Log likelihood

-41.88752

F-statistic

 

26.80846

Durbin-Watson stat

2.091135

Prob(F-statistic)

 

0.000000

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DCHT

Null Hypothesis: DCHTO has a unit root

Exogenous: Constant

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -7.172377 0.0000

Test critical values: 1% level -3.626784

5% level -2.945842

10% level -2.611531

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable: D(DCHTO)

Method: Least Squares

Date: 11/04/02 Time: 08:52

Sample (adjusted): 1972 2007

Included observations: 36 after adjustments

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

DCHTO(-1)

-1.207505

0.168355 -7.172377

0.0000

C

0.227115

0.089875 2.527013

0.0163

R-squared

0.602074

Mean dependent var

-0.004472

Adjusted R-squared

0.590370

S.D. dependent var

0.786293

S.E. of regression

0.503246

Akaike info criterion

1.518478

Sum squared resid

8.610723

Schwarz criterion

1.606451

Log likelihood

-25.33260

F-statistic

51.44300

Durbin-Watson stat

1.989533

Prob(F-statistic)

0.000000

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

IN FL

Null Hypothesis: INFL has a unit root

Exogenous: Constant

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -4.478047 0.0010

Test critical values: 1% level -3.626784

5% level -2.945842

10% level -2.611531

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable: D(INFL)

Method: Least Squares

Date: 11/04/02 Time: 08:53

Sample (adjusted): 1972 2007

Included observations: 36 after adjustments

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

INFL(-1)

-0.741987

0.165694 -4.478047

0.0001

C

0.047899

0.017533 2.731916

0.0099

R-squared

0.370987

Mean dependent var

-2.48E-06

Adjusted R-squared

0.352486

S.D. dependent var

0.103582

S.E. of regression

0.083351

Akaike info criterion

-2.077560

Sum squared resid

0.236211

Schwarz criterion

-1.989587

Log likelihood

39.39608

F-statistic

20.05290

Durbin-Watson stat

2.065027

Prob(F-statistic)

0.000081

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

PIB

Null Hypothesis: PIB has a unit root

Exogenous: Constant

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.854276 0.0000

Test critical values: 1% level -3.626784

5% level -2.945842

10% level -2.611531

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable: D(PIB)

Method: Least Squares

Date: 11/04/02 Time: 08:54

Sample (adjusted): 1972 2007

Included observations: 36 after adjustments

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

PIB(-1)

-0.981912

0.167726 -5.854276

0.0000

C

0.028400

0.006891 4.121103

0.0002

R-squared

0.501996

Mean dependent var

0.001685

Adjusted R-squared

0.487349

S.D. dependent var

0.043274

S.E. of regression

0.030984

Akaike info criterion

-4.056724

Sum squared resid

0.032641

Schwarz criterion

-3.968751

Log likelihood

75.02104

F-statistic

34.27254

Durbin-Watson stat

1.936087

Prob(F-statistic)

0.000001

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

PP

Null Hypothesis: PP has a unit root

Exogenous: Constant

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.800496 0.0000

Test critical values: 1% level -3.626784

5% level -2.945842

10% level -2.611531

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable: D(PP)

Method: Least Squares

Date: 11/04/02 Time: 08:54

Sample (adjusted): 1972 2007

Included observations: 36 after adjustments

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

PP(-1)

-1.151619

0.169343

-6.800496

0.0000

C

0.217316

0.096164

2.259838

0.0304

R-squared

0.576307

Mean dependent var

 

0.001754

Adjusted R-squared

0.563845

S.D. dependent var

 

0.824838

S.E. of regression

0.544740

Akaike info criterion

 

1.676935

Sum squared resid

10.08920

Schwarz criterion

 

1.764908

Log likelihood

-28.18483

F-statistic

 

46.24675

Durbin-Watson stat

2.011512

Prob(F-statistic)

 

0.000000

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

VAI

Null Hypothesis: VAI has a unit root

Exogenous: Constant

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -7.741284 0.0000

Test critical values: 1% level -3.626784

5% level -2.945842

10% level -2.611531

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable: D(VAI)

Method: Least Squares

Date: 11/04/02 Time: 08:55

Sample (adjusted): 1972 2007

Included observations: 36 after adjustments

Variable

Coefficient

Std. Error t-Statistic

Prob.

VAI(-1)
C

-1.272236

0.051425

0.164344 -7.741284

0.016659 3.086851

0.0000
0.0040

R-squared

0.638019

Mean dependent var

0.001780

Adjusted R-squared

0.627372

S.D. dependent var

0.151127

S.E. of regression

0.092253

Akaike info criterion

-1.874611

Sum squared resid

0.289361

Schwarz criterion

-1.786637

Log likelihood

35.74299

F-statistic

59.92748

Durbin-Watson stat

1.838200

Prob(F-statistic)

0.000000

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

VAT

Null Hypothesis: VAT has a unit root

Exogenous: None

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=9)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.712213 0.0000

Test critical values: 1% level -2.630762

5% level -1.950394

10% level -1 .611202

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation Dependent Variable: D(VAT)

Method: Least Squares

Date: 11/04/02 Time: 08:56

Sample (adjusted): 1972 2007

Included observations: 36 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

VAT(-1) -1.128076 0.168063 -6.712213 0.0000

R-squared 0.562770 Mean dependent var -0.017220

Adjusted R-squared 0.562770 S.D. dependent var 2.363859

S.E. of regression 1.563063 Akaike info criterion 3.758557

Sum squared resid 85.51081 Schwarz criterion 3.802543

Log likelihood -66.65402 Durbin-Watson stat 1.992327

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

ANNEXE 5 : RESULTATS DE L'ESTIMATION DU MODELE VAR

Vector Autoregression Estimates

Sample (adjusted): 1972 2007

Included observations: 36 after adjustments Standard errors in ( ) & t-statistics in [ ]

PP

DB

DCHTO

INFL

PIB

PP(-1) -0.183304

-0.031066

0.365689

0.089111

0.015617

(0.10416)

(0.43029)

(0.15339)

(0.01908)

(0.01126)

[-1.75983]

[-0.07220]

[ 2.38404]

[ 4.67037]

[ 1.38651]

DB(-1) -0.056559

-0.058259

0.053633

0.000529

0.003806

(0.04444)

(0.18359)

(0.06545)

(0.00814)

(0.00481)

[-1.27267]

[-0.31734]

[ 0.81951]

[ 0.06496]

[ 0.79191]

DCHTO(-1) -0.048083

0.067317

-0.404592

0.014887

-0.021126

(0.10331)

(0.42679)

(0.15214)

(0.01893)

(0.01117)

[-0.46541]

[ 0.15773]

[-2.65929]

[ 0.78662]

[-1.89108]

INFL(-1) 1.001935

-2.272003

2.672137

0.217187

-0.039905

(0.61428)

(2.53758)

(0.90461)

(0.11252)

(0.06642)

[ 1.63108]

[-0.89534]

[ 2.95391]

[ 1.93014]

[-0.60076]

PIB(-1) -2.176401

12.80838

4.673065

0.014645

0.137416

(1.63683)

(6.76174)

(2.41046)

(0.29984)

(0.17700)

[-1.32965]

[ 1.89424]

[ 1.93866]

[ 0.04884]

[ 0.77638]

C 0.124061

-0.259920

-0.100884

0.021587

0.028861

(0.07393)

(0.30542)

(0.10888)

(0.01354)

(0.00799)

[ 1.67800]

[-0.85102]

[-0.92657]

[ 1.59391]

[ 3.61001]

D73 2.729872

-4.938850

0.434708

0.009478

0.017787

(0.29977)

(1.23834)

(0.44145)

(0.05491)

(0.03242)

[ 9.10665]

[-3.98828]

[ 0.98473]

[ 0.17260]

[ 0.54874]

D94 0.565718

0.787593

-0.128672

0.318862

0.009727

(0.28914)

(1.19443)

(0.42580)

(0.05296)

(0.03127)

[ 1.95657]

[ 0.65939]

[-0.30219]

[ 6.02026]

[ 0.31110]

R-squared 0.786384

0.426974

0.468157

0.707480

0.210000

Adj. R-squared 0.732980

0.283717

0.335196

0.634349

0.012499

Sum sq. resids 2.206029

37.64637

4.784172

0.074024

0.025795

S.E. equation 0.280690

1.159532

0.413356

0.051417

0.030352

F-statistic 14.72519

2.980484

3.521019

9.674256

1.063289

Log likelihood -0.819941

-51.88670

-14.75408

60.28206

79.25788

Akaike AIC 0.489997

3.327039

1.264115

-2.904559

-3.958771

Schwarz SC 0.841890

3.678932

1.616009

-2.552666

-3.606878

Mean dependent 0.188936

-0.154586

0.187317

0.064556

0.028893

S.D. dependent 0.543194

1.370062

0.506965

0.085031

0.030544

Determinant resid covariance (dof adj.)

2.51 E-08

 
 
 

Determinant resid covariance

7.16E-09

 
 
 

Log likelihood

82.18333

 
 
 

Akaike information criterion

-2.343518

 
 
 

Schwarz criterion

-0.584053

 
 
 

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

ANNEXE 6 : RESULTAT DU TEST DE CAUSALITE

Pairwise Granger Causality Tests

Lags: 1

Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability

DCHT does not Granger Cause PP 36

0.30242

0.58607

PP does not Granger Cause DCHT

5.77215

0.02207

PIB does not Granger Cause PP 36

1.7E-05

0.99676

PP does not Granger Cause PIB

1.33482

0.25625

DB does not Granger Cause PP 36

3.22667

0.08161

PP does not Granger Cause DB

0.00147

0.96970

INFL does not Granger Cause PP 36

0.08822

0.76832

PP does not Granger Cause INFL

12.6753

0.00115

PIB does not Granger Cause DCHT 36

2.37318

0.13297

DCHT does not Granger Cause PIB

5.68567

0.02301

DB does not Granger Cause DCHT 36

0.51715

0.47712

DCHT does not Granger Cause DB

0.18882

0.66673

INFL does not Granger Cause DCHT 36

11.5368

0.00179

DCHT does not Granger Cause INFL

0.05277

0.81973

DB does not Granger Cause PIB 36

0.01112

0.91667

PIB does not Granger Cause DB

2.24535

0.14352

INFL does not Granger Cause PIB 36

1.17532

0.28617

PIB does not Granger Cause INFL

0.00324

0.95493

INFL does not Granger Cause DB 36

0.19728

0.65982

DB does not Granger Cause INFL

2.66016

0.11240

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

ANNEXE 7 : DECOMPOSITION DE LA VARIANCE

 
 

Variance Decomposition of TX_PP:

 
 

Period

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

S.E.

TX_PP

TX_DB

TX_DCHTO

TX_I NFL

TX_P I B

0.280690

100.0000

0.000000

0.000000

0.000000

0.000000

 

0.296340

90.22522

3.712098

0.000673

1.674702

4.387311

 

0.300564

88.18426

3.741658

1.541363

1.640737

4.891985

0.301338

87.88471

3.789412

1.535292

1.897936

4.892646

0.301492

87.86051

3.785587

1.552957

1.898689

4.902261

 

0.301516

87.84932

3.788421

1.553211

1.905873

4.903172

 

0.301524

87.84721

3.788220

1.554729

1.906176

4.903662

 

0.301525

87.84669

3.788317

1.554741

1.906616

4.903631

0.301526

87.84659

3.788309

1.554798

1.906641

4.903657

0.301526

87.84656

3.788313

1.554801

1.906662

4.903659

 
 

Variance Decomposition of TX_DB:

 
 

Period

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

S.E.

TX_PP

TX_DB

TX_DCHTO

TX_INFL

TX_PIB

1.159532

1.861826

98.13817

0.000000

0.000000

0.000000

1.236452

3.190677

87.71280

0.046885

0.321250

8.728384

1.247667

3.175415

86.32685

1.462150

0.366361

8.669223

 

1.251715

3.569431

85.77013

1.475170

0.544521

8.640745

 

1.252030

3.580234

85.73463

1.491613

0.544961

8.648566

 

1.252097

3.583249

85.72602

1.491637

0.549890

8.649202

1.252116

3.584315

85.72340

1.492866

0.550102

8.649312

1.252121

3.584629

85.72283

1.492859

0.550422

8.649257

 

1.252122

3.584703

85.72269

1.492904

0.550435

8.649272

1.252122

3.584716

85.72266

1.492905

0.550450

8.649271

 
 

Variance Decomposition of TX_DCHTO:

 
 

Period

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

S.E.

TX_PP

TX_DB

TX_DCHTO

TX_I NFL

TX_P I B

0.413356

5.355820

0.218220

94.42596

0.000000

0.000000

 

0.498967

15.87617

0.155880

70.58351

6.250006

7.134436

 

0.502142

15.74458

0.239556

70.05042

6.360283

7.605163

0.502467

15.72513

0.252148

69.96169

6.435538

7.625493

0.502595

15.73157

0.253370

69.95808

6.432290

7.624682

 

0.502626

15.73242

0.254942

69.95089

6.437491

7.624262

 

0.502631

15.73277

0.254940

69.95022

6.437355

7.624722

 

0.502632

15.73275

0.255007

69.94999

6.437548

7.624702

0.502633

15.73279

0.255007

69.94995

6.437542

7.624708

0.502633

15.73279

0.255010

69.94994

6.437551

7.624707

 
 

Variance Decomposition of TX_INFL:

 
 

Period

1

2

S.E.

TX_PP

TX_DB

TX_DCHTO

TX_INFL

TX_PIB

0.051417

15.89962

2.447604

11.93207

69.72070

0.000000

0.060121

33.36616

1.816026

11.39618

53.41681

0.004827

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

3

4

5

6

7

8

9

10

0.061258

33.36900

2.522253

10.97873

52.85148

0.278536

0.061584

33.33336

2.499796

11.23601

52.35330

0.577532

 

0.061648

33.34208

2.513868

11.22443

52.33824

0.581382

 

0.061666

33.35666

2.513133

11.22870

52.31517

0.586334

0.061670

33.35735

2.514127

11.22812

52.31322

0.587180

0.061671

33.35781

2.514103

11.22847

52.31200

0.587615

 

0.061671

33.35788

2.514143

11.22845

52.31187

0.587657

0.061671

33.35792

2.514143

11.22846

52.31180

0.587677

 
 

Variance Decom position of TX_PIB:

 
 

Period

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

S.E.

TX_PP

TX_DB

TX_DCHTO

TX_INFL

TX_PIB

0.030352

4.573815

6.515161

0.119861

0.499021

88.29214

0.032623

6.595008

6.613860

8.298894

0.621054

77.87118

 

0.033201

8.625760

6.456935

8.066319

1.347645

75.50334

 

0.033228

8.671494

6.501241

8.077661

1.352366

75.39724

 

0.033234

8.678718

6.499839

8.076021

1.363865

75.38156

0.033236

8.680645

6.499383

8.080049

1.364754

75.37517

0.033236

8.681905

6.499340

8.079845

1.365834

75.37308

 

0.033236

8.682129

6.499322

8.079936

1.365886

75.37273

 

0.033236

8.682167

6.499324

8.079934

1.365932

75.37264

0.033236

8.682180

6.499322

8.079939

1.365937

75.37262

 

Cholesky Ordering: TX_PP TX_DB TX_DCHTO TX_INFL TX_PIB

 

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

VERTISSEMENT i

DEDICACES i

REMERCIEMENTS ii

GLOSSAIRE DES SIGLES ET ABREVIATIONS iv

LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES v

SOMMAIRE vi

RESUME vii

INTRODUCTION 1

CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE 3

1-1 PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES DE L'ETUDE 3

1-1-1 Problématique 3

1-1-2 Objectifs et hypothèses de l'étude 6

1-1-2-1 Objectifs de l'étude 6

1-1-2-3 Hypothèses de l'étude 6

1-1-3 Intérêt du sujet 6

1-2 REVUE DE LA LITTERATURE 7

1-2-1 Mécanisme de transmission d'un choc pétrolier 7

1-2-2 Ajustement aux chocs pétroliers sur l'offre 8

1-2-2-1 La logique classique et monétariste 9

1-2-2-2 La logique keynésienne 10

1-2-2-3 Problème de fond: Le partage de la valeur ajoutée 11

1-2-3 Impact combiné du renchérissement du pétrole et de l'appréciation de l'euro 11

1-2-4 Les études empiriques 12

1-3 ASPECTS METHODOLOGIQUES 17

1-3-1 Méthode d'analyse 17

1-3-2 Procédure d'estimation 18

1-3-2-1- Etude de la stationnarité des variables 18

1-3-2-2- Spécification du modèle VAR optimal 18

1-3-2-3- Etude de la cointégration 19

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

1-3-2-4- Etude du modèle VAR (ou VECM) 20

1-3-2-5- Etude de la causalité 20

1-3-3 Choix des variables et sources des données 21

CHAPITRE II : MARCHE PETROLIER MONDIAL ET ANALYSE DE LA SITUATION PETROLIERE AU BENIN 24

2-1 LES DETERMINANTS ET LES PERSPECTIVES DU MARCHE PETROLIER MONDIAL 24

2-1-1 les déterminants du marché pétrolier mondial 24

2-1-1-1 Les fondamentaux du marché pétrolier 24

2-1-1-2 Le marché pétrolier et les aléas géopolitiques 26

2-1-2 les perspectives du marché pétrolier mondial 28

2-2 FAITS STYLISES DE L'ECONOMIE BENINOISE 30

2-2-1 Etude de Volatilité et de Corrélation 30

2-2-3 Evolution et Analyse de la facture pétrolière au Bénin 32

2-2-3-1 Evolution de la facture pétrolière du Bénin 32

2-2-3-2 Analyse de la facture pétrolière du Bénin 33

2-3 LE MARCHE PETROLIER BENINOIS 35

2-3-1 Le marché officiel du pétrole au Bénin 35

2-3-1-1 Approvisionnement et distribution des produits pétroliers au Bénin 36

2-3-1-2 La politique de prix des produits pétroliers au Bénin 38

2-3-2 Le marché informel de pétrole au Bénin 40

2-3-2-1- Origine et déterminants du commerce informel des produits pétroliers 40

2-3-2-2- Les acteurs et les circuits commerciaux 41

2-4 LA GESTION DU CHOC PETROLIER AU BENIN 42

2-4-1 L'appréciation du FCFA face au dollar et la transmission du choc pétrolier au Bénin 42

2-4-2- Rôle du secteur informel dans la transmission du choc pétrolier au Bénin 43

2-4-2-1- Rôle économique et financier du secteur informel 44

2-4-2-2- Impacts environnementaux, sanitaires et sociaux 46

CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS DE LA MODELISATION VAR 48

3-1 PRESENTATION ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE L'ESTIMATION 48

3-1-1- PRESENTATION DES RESULTATS DE L'ESTIMATION 48

3-1-1-1- Etude de la stationnarité, choix du modèle VAR optimal et analyse de la coïntégration 48

3-1-1-2- Présentation des résultats de l'estimation du modèle VAR 49

3-1-2- INTERPRETATION DES RESULTATS 50

3-1-2-1- Le prix du pétrole et le déficit courant hors transfert courant 51

3-1-2-2- Le prix du pétrole et l'inflation 51

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN

3-2- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS

52

3-2-1- Réponse de l'inflation

52

3-2-2- Réponse du déficit courant hors transferts officiels

53

3-2-3- Réponse du déficit budgétaire

54

3-2-4- Réponse du PIB

55

3-3- ETUDE DE LA CAUSALITE ET DECOMPOSITION DE LA VARIANCE

56

3-3-1-Etude de la causalite

56

3-3-2- Décomposition de la variance

58

3-4- RESULTATS ET ANALYSE DES DIFFERENTES SIMULATIONS AU NIVEAU SECTORIEL

59

3-4-1- Réponse de la valeur ajoutée du secteur industriel

59

3-4-2- Réponse de la valeur ajoutée du secteur des transports

60

3-5- RECOMMANDATIONS DE L'ETUDE

62

CONCLUSION

63

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

63

ANNEXES

63

TABLE DES MATIERES

(xiii

Réalisé et soutenu par Anoh Kodjê Blaise GNIMASSOUN






Extinction Rebellion







Changeons ce systeme injuste, Soyez votre propre syndic



"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand