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Concentration du marché de l'audit des sociétés tunisiennes faisant appel public à l'épargne

( Télécharger le fichier original )
par Akram Daoud et Aymen Hachicha
Institut des Hautes Etudes Commerciales de Sfax - Maitrise en théories et techniques comptables 2008
  

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Université de Sfax
Institut des Hautes Études Commerciales de Sfax

MEMOIRE

Pour l'obtention du diplôme de

MAITRISE EN THEORIES ET TECHNIQUES COMPTABLES

Concentration du marché de l'audit

des sociétés tunisiennes faisant

appel public à l'épargne

Elaboré par :

Akram DAOUD

Aymen HACHICHA

Encadré par :

Melle. Asma BOUCHEKOUA

ANNEE UNIVERSITAIRE 2007/2008

Dee,ee,e4

A mon père « MONGJ »

a*/ m'a /nd/~*éla donns vo/a an ma rappolant *a la polonté a/t to*/o*rs
l~s rands dommas" d*'/l y tro*de l0 ir*/t dos saer/~/ess eonsant/s po*r mon
éd*eat/on dt l'axpr~ss/on da mon amo*r f/l/als st da mas r~eonna/ssaness
/n~/n/~s

A ma mère « NJSSAF »

a*/ a attand* atee pat/snes l~s /r*/ts da sa donns éd*eat/on st po*r to*t
l'amo*r, l~ so*t/on dt l~s saer/~/ess(

a*o d/~* po*s protè s dt po*s pretà *n5 0onn~ santé"
A mon frère « Men »

a*/ no e~ss~ lama/s d')trs proeis mal réla d/stane~ .7*/ no*s sépare po*r
son sneo*ra sm~nt( st son s*/P/ da mon trawa/l"

A ma sa*r « FAT MA »

On témo/ na s da mon rand r~spret st po*r sa eon~/anes f*'alls m'a
aeeordé~, po*r m'alo/r parm/s da fa/rs e~tta mémo/rs dans l~s donnas
eond/t/ons"

A toli~ eslir gli~ mon eont~l&li. 1 à ma lo~mat/on

Olier es t~aPall golt éverpmssfon da ma Pfs giatftlids dt da mon Avolond
attaeismant

DA OUD A f,am

DEDICACES

De plus pro~ond de mon coeur et avec un grandplaisirje dédie ce travail
A mes chers parents;

.9V-ulle dédicace ne peut exprimer ce que je leurs dois, pour tout l'amour qu'ils me portent, pour leurs sacri~ices et soutiens illimités tout au long de ma vie que Dieu les préserve en bonne santé et longue vie ;

A mes chers frères : 9klahdi, .7-famdi, (ais

Pour l'amour, l'encouragement, la joie et le bonheur qu'il m'a toujours apporté ; que je lui souhaite tout le bonheur et le sucées;

A toute la famille ;

A tous mes chers amis et collègues,

Pour tout encouragement et beau moment passé ensemble ;

A tout qui m'a connu et me partage tout bon sentiment.

Avec ma pro~onde fidélité
Ayman

~~~~~~~~~~~~

C'est avec un grand plaisir que nous réservons ces quelques lignes en signe de gratitude et de reconnaissance à tous ceux qui ont contribué à l'élaboration de cette mémoire.

Nous tenons à remercier vivement Melle BOUCHEKOUA ASMA pour sa suivi rigoureux et méthodique de l'avancement de ce mémoire, et pour sa dévouement et son encouragement qu'elle nous a prodigués.

Et Nous tenons aussi à remercier Mme FAIKA ESKANDAR CHARFI qui nous a donnés l'opportunité de réaliser cette mémoire, ainsi pour le temps et les moyens qu'elle nous a consacrés pour aboutir à l'accomplissement de notre travail.

Nous tenons également à remercier et à exprimer notre profond respect à tous les membres du jury qui ont bien accepté de juger ce travail.

Nous remercions enfin toutes les personnes qui ont contribué de manière directe ou indirecte à l'élaboration de ce travail.

DAOUD Akram & HACHICHA Aymen

RESUME

L'objectif de ce mémoire est d'étudier la concentration du marché de l'audit tunisien avant et après la loi relative au renforcement de la sécurité financière. L'étude empirique porte sur des sociétés faisant appel public à l'épargne sur la période 2004-2006. Les résultats montrent que KPMG et Ernst and Young sont les leaders du marché. Les parts de marché sectoriels restent partagés entre plusieurs cabinets. Les BIG 4 n'ont pas une position dominante. À la différence des études portant sur les pays anglo-saxons et la France, les ratios de concentration confirment une tendance vers l'oligopole ouvert, signe d'un marché globalement concurrentiel. Les ratios de concentration globales et sectoriels sont en baisse après la promulgation de la LSF. Nous pouvons conclure que l'obligation de cocommissariat offre aux cabinets nationaux des opportunités pour concurrencer les cabinets internationaux.

Mots clés : Concentration, marché de l'audit, loi sur la sécurité financière LSF.

TABLES DES MATIERES

INTRODUCTION GENERALE 1

CHAPITRE 1 : Cadre théorique et revue de la littérature 4

Section 1 : La perspective traditionnelle de l'économie industrielle 5

Paragraphe 1 : Les éléments fondamentaux 6

Paragraphe 2. Les implications de la relation SCP 8

Paragraphe 3. Les limites du modèle SCP 10

Section 2 : La perspective moderne de l'économie industrielle 11

Section 3 : La situation concurrentielle du marché d'audit 14

Paragraphe 1 : Le développement de la concurrence 14

Paragraphe 2 : La pression de la demande 16

Paragraphe 3 : La concentration et la segmentation du marché de 17

l'audit

Section 4 : Revue de la littérature empirique 21

Paragraphe 1. Les études empiriques sur la concentration du 21

marché d'audit

Paragraphe 2. Les conséquences de la concentration des marchés 24

d'audit

CHAPITRE 2 : Concentration et compétitivité du marché de l'audit des 28

sociétés tunisiennes faisant appel public à l'épargne

Section 1. Les aspects méthodologiques 29

Paragraphe 1. La mesure des parts de marché (PDM) 30

Paragraphe 2. Les indicateurs de concentration 31

Section 2. Présentation de l'échantillon et des résultats 33

Paragraphe 1. Présentation de l'échantillon 33

Paragraphe 2. Résultats de l'étude 36

CONCLUSION GENERALE 49

BIBLIOGRAPHIE 52

ANNEXES 56

Annexe 1 : tableau des parts de marché des différents réseaux d'auditeurs sur le marché tunisien 2004

Annexe 2 : tableau des parts de marché des différents réseaux d'auditeurs sur le marché tunisien 2005

Annexe 3 : tableau des parts de marché des différents réseaux d'auditeurs sur le marché tunisien 2006

INTRODUCTION

GÉNÉ RÂLE

Au cours des dernières années, la question de la concentration du marché de l'audit a pris une importance particulière suite au regroupement de plusieurs cabinets d'audit. En effet, nous avons assisté au niveau international à la fusion en 1998 entre Price Waterhouse and Coopers & Lybrand, au regroupement de KPMG avec Salustro Reydel en 2005 et à la fusion entre Deloitte et BDO Marque & Gendrot en 2006. Le scandale financier d'ENRON a donné lieu à la disparition d'Arthur Andersen en 2002. Ces différents évènements ont ramené les BIG 8 aux BIG 4. Ils ont généré des craintes quant aux conséquences d'une concentration élevée du marché de l'audit.

D 'un point de vue économique, une concentration excessive du marché a pour conséquence généralement un risque de réduction de la concurrence et un risque de complicité entre les principaux cabinets impliquant une augmentation des honoraires et/ou une menace de la qualité de l'audit.

Les premiers travaux empiriques relatifs à la concentration du marché de l'audit portent sur le marché américain (Ivancevich et Zardkoohi, 2000 ; Asthana et al., 2004). Des études plus récentes portent sur le Royaume-Uni (Beattie et al., 2003 ; Beattie et al., 2008) et la France (Piot, 2006 ; Broyé, 2007). Grant Thornton (2007) propose une comparaison internationale des pays du G8. Ces études montrent que les marchés de l'audit dans les différents pays sont concentrés avec quelques disparités dans les secteurs. Le niveau de concentration le plus faible est enregistré en France. Ce résultat est expliqué par l'existence du co-commissariat.

Sur le marché tunisien, la concentration du marché de l'audit n'a pas été abordée par aucune recherche. Elle n'a pas même pris l'attention des spécialistes. Mais cela n'empêche pas de craindre la situation concurrentielle et ses implications sur le la qualité d'audit. Le législateur tunisien l'a pris en compte en promulguant des réglementations rigoureuses. Il a obligé certaines catégories de sociétés de designer deux commissaires aux comptes pour la certification de ses états financiers (article 13 ter du code des sociétés commerciales). En plus, pour renforcer l'indépendance des

auditeurs, il a instauré le mécanisme de rotation des auditeurs (l'article 13 bis du code des sociétés commerciales)

Dans ce cadre, une question capitale se pose : sous l'effet des regroupements de cabinets qui ont mené à une concentration accrue du marché de l'audit à une échelle internationale, quel est l'impact de la loi relative au renforcement de la sécurité financière (LSF) sur la concentration du marché de l'audit tunisien ?

Ce mémoire propose une analyse descriptive de la concentration du marché tunisien d'audit légal des sociétés faisant appel public à l'épargne en 2004, 2005 et 2006 : une période au cours de la quelle s'est instaurée les systèmes de Co- commissariat et de rotation des auditeurs.

Nous testons l'hypothèse que les dispositions de la LSF permettent de diminuer la concentration du marché de l'audit tunisien et élargir le périmètre d'intervention des auditeurs sur le marché au profit des cabinets nationaux.

Nous utilisons les parts de marché pondérées et le ratio de concentration pour mesurer la concentration du marché. Ces mesures sont calculées globalement et par secteur. Notre échantillon est composé de 94 sociétés en 2004, 118 sociétés en 2005 et 129 sociétés en 2006.

Notre recherche est organisé comme suit. Dans un premier chapitre, nous présentons le cadre théorique de notre étude en se référant à la théorie de l'économie industrielle et précisément le paradigme « SCP », ainsi qu'une revue littérature des recherches antérieures relatives à la concentration et la compétitivité sur le marché de l'audit. Dans un deuxième chapitre, nous exposons notre recherche empirique par une présentation de l'échantillon étudié et une analyse descriptive de la concentration sur le marché de l'audit en Tunisie.

CHAPITRE 2 ~

CADRE

THÉORIQUE ET

REVUE DE LA

LITTÉRATURE

La concentration et la compétitivité du marché de l'audit ne peuvent être définies que par rapport à un corpus théorique auquel ces mots se rattachent. Ce cadre théorique est celui proposé par les théories d'économie industrielle [Morvan (1991)].

Généralement, les économistes distinguent entre la perspective traditionnelle et la perspective moderne issue des théories d'économie industrielle [Beattie et al. (2003)]. Ainsi, nous commençons par la présentation des deux paradigmes. Sur la base de ces paradigmes, nous exposons les composantes du marché de l'audit et la situation concurrentielle de ce marché. Dans une quatrième section, nous procédons à la revue des recherches empiriques.

Section 1: La perspective traditionnelle de l'économie industrielle

Le paradigme traditionnel en économie industrielle pose qu'il y a un rapport causal unidirectionnel liant la structure du marché (nombre de prestataires, parts de marché respectives et niveau de concurrence) au comportement des firmes en présence (compétitivité des prix, équilibre prix-qualité) et ensuite à la performance économique (Figure 1.1). Ce paradigme est dit S.C.P. Il a été conçu d'abord par Mason (1939) et affiné par la suite par Bain (1968). Il a depuis lors été largement utilisé pour analyser des industries et des stratégies concurrentielles.

Source: Beattie et al. (2003, p. 14)

STRUCTURE

 

COMPORTEMENT

 

PERFORMANCE

 
 
 
 
 
 

Figure 1.1 : Apports de la perspective traditionnelle d'économie industrielle

Paragraphe! : Les éléments fondamentaux :

Selon l'approche SCP, les éléments fondamentaux (Figure 1.2) pour l'analyse du fonctionnement d'un marché sont :

> Les conditions de base : ce sont l'environnement physique, légal,

social et économique dans lequel le marché fonctionne.

> La structure du marché : ce sont les caractéristiques de

l'organisation du marché (facteurs institutionnels, environnementaux et physiques) qui permettent d'influencer la compétition et la formation du prix à l'intérieur du marché (nombre et taille commerciale des agents économiques, crédits, barrières). Elle est mesurée en termes de concentration du marché (offre et demande), d'existence et d'intensité des barrières à l'entrée, de degré de différenciation de l'offre (produits, services), de normes et réglementations en vigueur, etc.

> « Comportement » signifie, selon Ababacar MBENGUE (2005), « ce

que les firmes font et la manière dont elles le font », en d'autres termes, les modèles de comportement utilisés par les entreprises afin de s'adapter au marché. Ces modèles comportent les stratégies de positionnement, de R&D, de production, de détermination des prix, de distribution, etc. Ils renferment également des variables de stratégies générales comme les pratiques collusives ou encore les activités de fusions et d'acquisition.

> « Performance » concerne aussi bien les résultats de l'industrie dans

son ensemble que des firmes individuelles. Elle est mesurée en termes de rentabilité, d'efficacité de production, de progrès technique, de croissance, etc.

Goossens, Minten et Tollens (1994) définissent la performance comme le résultat économique de la structure et de son comportement. Elle concerne l'efficacité du marché à certains niveaux (occupation, bien-être économique, disponibilité des aliments, niveau des prix d'approvisionnement, etc.) et la manière et la mesure dont les bénéfices sont distribués dans la société.

Figure 1.2 : Les éléments fondamentaux de l'approche SCP

 

CONDITIONS DE BASE

 

OFFRE

 

DEMANDE


·

Matières premières


·

Elasticité-prix


·

Technologie


·

Taux de croissance


·

Durée de vie des produits


·

Possibilité de substitution


·

Rapport valeur/poids


·

Conditions de commercialisation


·

Règles de la profession


·

Caractéristiques cycliques ou


·

Conditions syndicales

saisonnières

STRUCTURES DES MARCHES

· Nombre de vendeurs et d'acheteurs

· Différenciation des produits

· Barrières à l'entrée

· Structure des coûts

· Intégration verticale

 

COMPORTEMENT

· Politique de prix

· Politique de production

· Politique de recherche et développement

· Publicité

· Tactiques juridiques

 

PERFORMANCE

Efficacité dans :

· La production

· L'allocation des ressources

· Le progrès technique

· L'emploi

 

Source: Cours Economie Industrielle de production (Université de Bordeau IV)

Les hypothèses du paradigme « SCP » sont les suivantes :

ü La « Structure » affecte le «Comportement»

Une concentration faible du marché (expliqué par un nombre élevé de firmes, une différenciation des produits, moins de barrières à l'entrée, etc.) augmente la compétitivité et diminue les prix.

ü Le « Comportement » affecte la « Performance »

Une compétitivité importante diminue le pouvoir des marchés (le pouvoir du marché s'explique par la fixation des prix au-dessus de ceux qui seraient fixé dans un marché compétitif).

Le postulat « SCP » suppose qu'une concentration élevée du marché (un nombre plus réduit de firmes) conduit généralement à une concurrence moins vive (exprimé par des prix plus élevés et des volumes plus faibles).

Paragraphe 2 : Les implications de la relation SCP :

La relation SCP suppose que les comportements et les performances dans une industrie sont déterminés par les structures de cette industrie. Plus explicitement, le nombre, la taille et la concentration des offreurs, d'une part, et les conditions d'entrée et la réglementation, de l'autre, déterminent les résultats des firmes.

Dans ce modèle, la structure de la majorité des industries est une structure intermédiaire entre la concurrence parfaite et le monopole. Il s'agit donc de déterminer dans quelle mesure le niveau des prix et celui des résultats demeurent proches de ceux de la concurrence ou, au contraire, s'approchent de ceux du monopole. Le critère de base étant celui d'une structure productive efficiente.

Ainsi, si les entreprises arrivent à coordonner leurs activités, elles imposent des prix de monopole et réalisent des bénéfices de monopole. Toutefois, lorsqu'il y a entente, chaque entreprise a intérêt à ne pas respecter l'accord et donc à diminuer

ses prix pour accroître sa part de marché au détriment des autres. Stigler (1964) démontre que plus le nombre d'entreprises augmente, plus il est difficile d'identifier les comportements déviants et de les pénaliser.

De ce fait, l'effet de la structure du marché sur le comportement et par conséquent sur la performance peut être résumé en procédant à la comparaison entre deux marchés qui ont des structures différentes (Figure 1.3) :

Figure1.3 : Comparaison de deux cas possibles de marché

 

Marché1

Marché2

Caractéristiques structurelles

· Beaucoup de vendeurs et d'acheteurs

· Produits homogènes

· Pas de barrières à l'entrée

· Peu de firmes avec concentration possible des acheteurs

· Produits plus différenciés

· Existence de barrières à l'entrée (et à la sortie)

Comportements

· Pas d'action

autonome des acteurs

· Pas de superprofit

· Conduite variable et autonome

· Existence de superprofit

Performance

· Allocation optimale des facteurs

· Pas d'innovation

· Allocation non optimale des facteurs

· Innovation probable

 

Source: Cours Economie Industrielle de production (Université de Bordeau IV)

Selon Dietsch (1992), d'autres caractéristiques du marché amplifient également la difficulté d'identification du comportement des acteurs. Il cite en particulier le taux de croissance du marché, l'innovation, l'existence de fortes relations de clientèle ou encore la différenciation des produits.

Les travaux de Bain (1956, 1968) prouvent l'importance stratégique des barrières à l'entrée dans la détermination des structures et des performances des marchés. Dans ses travaux, Bain se concentre sur la question du pouvoir de marché ou de monopole. Il définit le pouvoir de marché comme la capacité des firmes établies à fixer leurs prix de vente au dessus du seuil des prix d'équilibre dans un marché parfaitement concurrentiel. En presence des barrières à l'entrée, Bain montre que le pouvoir de marché, induit par la concentration en faveur des grandes firmes,

pourrait déboucher sur des profits excessifs en cas de conditions d'entrée difficiles. Donc, la présence de fortes barrières à l'entrée dans un marché influence à la fois les comportements des firmes établies, la structure et les performances du marché.

Paragraphe 3 : Les limites du modèle SCP :

1. Limites de la relation SCP

M.Rainelli (1993) pense que les limites ont pour origine la chaîne de causalité entre « Structure », « Comportement » et « Performance » est univoque. Elle commence des structures de marché pour arriver à la rentabilité. Or, ce sens de causalité peut être contesté car les profits des firmes peuvent également avoir une influence sur les structures des marchés. En outre, la prise en compte des comportements n'est pas satisfaisante. Les firmes peuvent avoir des comportements stratégiques et peuvent par leur action influencer les structures des marchés. Donc, l'indépendance des structures est mise en cause.

2. Industrie multiproduits et rendements croissants

Certains auteurs ont contesté la signification accordée dans ce modèle à la notion de pouvoir de marché. Dietsch (1992) considère que les limites fondamentales du modèle SCP traditionnel reposent sur le fait qu'il échoue à rendre compte du fonctionnement d'une industrie composée d'entreprises multiproduits et produisant en situation de rendements d'échelle croissants. Dans ce cas, les résultats peuvent être contradictoires. En effet, si l'industrie est caractérisée par des rendements d'échelle croissants, le modèle prévoit qu'elle comporte un petit nombre d'entreprises, voire une seule. La structure productive efficiente est en conséquence une structure de monopole. Or, le modèle SCP conclut à l'inefficience et à la nonoptimalité sociale d'une industrie monopolisée.

Section 2 : La perspective moderne de l'économie industrielle

Le paradigme SCP a connu de nombreuses critiques. Il est qualifié de naïf par Beattie et al. (2003). Ces critiques ne se limitent pas à la contestation de la causalité à sens unique assumée par la forme la plus simple du paradigme et s'étendent aux problèmes du choix des variables constitutives de la « structure », du « comportement » ou de la « performance ». En réalité, tant la théorie économique la plus ancienne que la plus récente ont examiné les propositions du paradigme SCP et ont démontré que le lien uniforme entre la concentration et la performance du marché disparaît dans des conditions particulières.

Le paradigme moderne dévie de cette stricte causalité au profit d'une vision plus sophistiquée, selon laquelle la concentration et la performance sont conjointement déterminées par les paramètres de l'offre et de la demande (Figure 1.4)

Figure 1.4 : La perspective moderne des théories d'économie industrielle

Source: Beattie et al. (2003, p. 14)

Déterminants de l'offre et la demande

 
 

COMPORTEMENT

 
 

STRUCTURE

 
 

PERFORMANCE

Beattie et al. (2003) indiquent que l'utilisation d'une relation indirecte basée sur des déterminants de l'offre et de la demande est utile pour comprendre la relation entre la structure du marché, le comportement des acteurs et la

performance. Ces déterminants permettent de retrouver une situation d'équilibre sur le marché. En effet, une augmentation de la taille n'a pas forcément des effets négatifs. Des considérations stratégiques entrent en jeu pour conditionner la relation entre la structure du marché et la performance économique [Beattie et al. (2003) et Piot (2006)]. Ces composantes sont fonction de la capacité des acteurs à améliorer l'efficience de la production des biens et des services [Piot (2006)].

Dans des recherches anciennes et pour argumenter cette approche, Friedman (1971) et d'autres ont montré que même un grand nombre de firmes au sein d'un marché peuvent s'associer pour pratiquer des prix élevés dans une vision à long terme. En effet, les profits temporaires qu'une firme pourrait individuellement dégager aujourd'hui en engageant une guerre des prix contre ses concurrents pourraient être plus que compensés par des pertes suivantes si ses concurrents exercent des représailles en baissant leurs prix à leur tour.

Dans le même courant d'idée, le travail de Baumol, Panzar et Willig (1982) portant sur la théorie des marchés disputables (« contestable markets ») a montré qu'une politique de prix basée sur un prix proche au coût de revient peut conduire à n'importe quel nombre de firmes dans un marché. En effet, cette politique est possible si les nouveaux entrants sont en mesure d'attirer des clients en pratiquant des prix inférieurs et par la suite réaliser des profits leur permettant de contourner les barrières à la sortie en cas de représailles des firmes en place.

Ces résultats interpellent deux des postulats de base du paradigme SCP : Premièrement, la théorie des marchés disputables se concentre sur la compétition potentielle plutôt que la compétition actuelle. La menace des entrants potentiels force les firmes en place sur le marché à réduire au minimum leurs dépenses de production et à agir comme si elles étaient dans un marché purement concurrentiel.

Deuxièmement, et en liaison avec le premier point, la théorie des marchés disputables implique qu'une structure particulière du marché n'est pas nécessairement associée à un niveau particulier de performance. Dès lors, l'importance particulière accordée au degré de concentration par la plupart des

travaux s'inscrivant dans la logique du SCP apparaît sinon injustifié, du moins clairement démesuré. En fait, les conditions les plus importantes sont le degré d'absence de barrières à l'entrée et à la sortie. Il ne saurait y avoir de surprofit dans un marché parfaitement disputable.

Mais la critique la plus importante du paradigme SCP fondée sur la nouvelle théorie économique est celle véhiculée par la théorie évolutionniste du changement économique développée par Nelson et Winter (1982).

La théorie économique évolutionniste identifie les capacités dynamiques de firmes comme les déterminants de leur comportement stratégique et de leur performance. Similairement à la théorie des marchés disputables, la théorie économique évolutionniste met l'accent sur le manque de « réalisme » de la théorie économique orthodoxe. Par exemple, il est connu que les managers de plusieurs firmes fixent les prix à un certain pourcentage fixé au-dessus du coût, en se basant sur un principe simple non conforme aux stratégies typiquement analysées dans le cadre de l'approche SCP.

Nash (1990) étudie le cas des firmes qui considèrent coûteux d'acquérir de l'information sur le marché ou d'ajuster leurs plans. Une implication de ce comportement des firmes est que la structure des marchés n'aurait aucun impact prévisible sur les (politiques de) prix ou les profits des firmes.

On sommant, Les différents critiques adressés à la théorie d'économie industrielle ont pu la rendre plus adaptée à tous les secteurs d'activité. Ainsi, les perspectives traditionnelle et moderne issues des théories d'économie industrielle constituent un cadre de référence pour positionner le marché de l'audit.

Section 3: La situation concurrentielle du marché d'audit

Les cabinets d'audit, en tant qu'organisations économiques, sont en effet sous l'influence de différents facteurs qui ont créé de fortes évolutions sur leur marché :

· Le développement de la concurrence a entraîné une modification des relations entre professionnels.

· A cette évolution au niveau de l'offre de l'audit s'ajoutent des pressions au niveau de la demande.

La combinaison de ces deux éléments donne lieu à une nouvelle structure du marché de la certification, caractérisé désormais par une concentration de l'offre qui répond à une segmentation de la clientèle.

Paragraphe 1 : Le développement de la concurrence

Jusqu'à la fin des années 1980, la profession a connu un développement très rapide. A partir des années 90, le métier connaît une période d'arrêt. Ces dernières années, la profession ne réalise pas les taux de croissance élevés réalisés auparavant même si elle connaît à nouveau une progression. En tant qu'industrie parvenue à maturité, nous assistons donc dans le marché de l'audit, comme toute activité économique, à une évolution des relations entre professionnels. En effet, dans un marché saturé, la croissance ne peut se faire qu'aux dépens des confrères [Bazerman et al. (1997)].

La concurrence entre les professionnels se manifeste par la création de cultures de cabinets fortes qui dépassent les valeurs générales de la profession. Des recherches avancées par Ponemon (1992) montrent que l'identification des auditeurs à leur profession est dominée par la valorisation des intérêts.

D'un côté, chaque grand cabinet cherche en particulier à développer des avantages concurrentiels sur ses confrères, tels que la spécialisation ou la mise en oeuvre de méthodologies originales. Les différents cabinets d'audit cherchent à être plus compétitifs en offrant des services de qualité et en améliorant l'efficacité générale du cabinet. Ainsi, le potentiel de croissance des cabinets d'audit dépend de la façon dont ils construisent et maintiennent un audit de qualité [Richard (2000)].

Mais d'un autre côté, nous remarquons le développement de la publicité par les cabinets. Un tel mécanisme est contradictoire avec l'approche traditionnelle de l'activité en tant que profession libérale.

La pression du marché a conduit les cabinets d'audit à fournir des prestations dans des conditions de compétitivité accrue. Eichenseher et al (1983), Cushing et al (1986), Danos et al (1986), Kinney (1988), Wheeler et al (1990), Maher et al (1992) et Manson et al (1998) remarquent l'augmentation de la concurrence dans le marché d'audit. Les recherches ont démontré que la concurrence a généré :

1. Le comportement opportuniste de certains membres, qui cherchent à profiter de la réputation de la profession sans se conformer à ses contraintes, peut être source de tensions [Moizer (1995)].

2. la domination des structures les plus importantes au sein des organisations professionnelles peut faire en sorte que leurs intérêts prennent le pas sur ceux de la profession [Dirsmith & Haskins (1991)].

3. les pressions concurrentielles sont susceptibles d'entraver l'unité de la profession.

Nous pouvons conclure que l'augmentation de la concurrence a poussé les firmes d'audit à pratiquer des stratégies qui ont un effet sur la structure du marché (grands cabinets et petits cabinets) et sur l'homogénéité de la profession. Ces conclusions sont cohérentes avec la perspective moderne.

Paragraphe 2 : La pression de la demande

Les cabinets subissent une forte pression sur les honoraires de la part de leurs clients. De manière générale, les entreprises, à la recherche d'économies, font pression sur leurs fournisseurs. Etant donné que les entreprises pensent que l'audit n'a aucune valeur ajoutée opérationnelle, elles exercent des pressions sur leur cabinet d'audit. Beaucoup de cabinets sont ainsi amenés à réviser leur niveau d'honoraires à la baisse sous la pression de leurs clients. Pour combler cette réduction, les cabinets recourent à une diminution du volume horaire des interventions ou bien à une réduction du taux horaire de facturation. La qualité d'audit va être dépréciée voir même l'expression d'une opinion sur les états financières sera non fiable. Pour remédier à ce problème, les instances professionnelles françaises par exemple ont fixé des interventions horaires minimales en fonction de la taille de l'entreprise contrôlée, mais l'impact peut rester important. Fischer (1996) montre que les relations entre les cabinets et leurs clients tendent de plus en plus à mettre en avant la négociation sur les prix, de manière parfois particulièrement rugueuse. En Tunisie, ce probleme d'honoraire ne se pose pas. Les honoraires sont fixés par un barème en fonction du total bilan des entreprises, total des produits ou l'effectif global mais cela n'empêche pas les pratiques de réductions contraire à la réglementation.

Beattie & Fearnley (1998) pensent que le recours à la pratique des appels d'offre pour l'octroi des missions d'audit ne peut qu'accentuer les tendances à la baisse.

La tendance à la baisse des honoraires est en outre encouragée par la pratique qui consiste à diminuer le montant des honoraires d'audit en espérant profiter de la relation créée avec le client pour proposer d'autres services susceptibles de dégager davantage de marge (conseil juridique, conseil fiscal ou conseil en management). Cette situation est contraire à la déontologie professionnelle traditionnelle des commissaires aux comptes, ce qui illustre le changement de mentalité et de méthodes intervenu sur le marché de la certification. Pour contourner ce problème,

les lois sur la sécurité financière (Sarbanes Oxley aux Etats-Unis et la loi n ° 2003- 706 du 1 er août 2003 en France) ont interdit le cumul de mandat de commissariat aux comptes avec d'autres missions. Cette disposition est instaurée en Tunisie par le code de commerce et le code des devoirs professionnels et reprise par le code des sociétés commerciales en 2000.

Associée à la concurrence, la pression sur les honoraires s'est manifestée par des défaillances et des dépôts de bilan de cabinets en difficulté. Le corollaire de cette évolution est le développement des regroupements, fusions et rachats de cabinets qui contribuent à la concentration de la profession. Cette évolution est conforme avec les prédictions de la perspective moderne.

Paragraphe 3 : La concentration et la segmentation du

marché de l'audit

La concurrence entre cabinets a entraîné un changement de la nature des acteurs du marché. La profession est dominée par de grosses structures intégrées à des réseaux nationaux ou internationaux dont la logique économique et les valeurs s'opposent avec celles du commissaire aux comptes traditionnels, dont l'approche s'apparente plutôt à celle d'une profession libérale. Le marché tend à se segmenter entre les gros cabinets internationaux, les autres cabinets d'audit structurés à dimension plus nationale et les cabinets à vocation purement régionale ou locale. Casta et Mikol (1999) affirment que cette segmentation reflète elle-même une segmentation au niveau de la clientèle entre les petits clients et les grosses sociétés ou groupes à forte visibilité. L'émergement des grands groupes multinationaux, dont l'audit s'effectue à un niveau international, a suscité le recours à des réseaux de cabinets pour assurer l'homogénéité des traitements et réaliser des économies d'échelle.

A ces différences de taille entre cabinets s'ajoutent également des différences de culture dues à l'emploi de méthodologies plus ou moins organisées et informatisées, au recours au personnel différent (jeunes diplômés de grandes écoles

ou lieu des filières comptables classiques) et à des relations humaines particulières (le professionnalisme par opposition à une approche paternaliste). Cependant, l'opposition entre petites et grandes structures peut être nuancée. En effet, les petits cabinets peuvent bénéficier des évolutions méthodologiques développés par les grands et de leurs efforts pour développer et défendre la profession. Dans ce cas, l'écart semble surtout exister entre les cabinets qui peuvent se familiariser aux nouvelles technologies d'audit et conditions économiques et culturelles et les autres qui sont attachés à l'attitude traditionnelle du commissaire aux comptes. Cette évolution du marché de l'audit est similaire à l'évolution dans d'autres secteurs.

Sur le plan économique, la concentration de la profession a pour conséquence un problème éventuel de collusions entre les acteurs pour diminuer le degré de concurrence sur les prix. Les études empiriques réalisées aux Etats-Unis sur différentes périodes ont contrairement montré que les inquiétudes relatives à l'existence de collusions ne sont pas fondées. En fait, la pratique du lowballing (la diminution des honoraires pour obtenir un client) a plutôt permis d'aboutir à une rotation satisfaisante des auditeurs.

Les stratégies de regroupement ont souvent pour objectif la recherche d'économie d'échelle et des gains d'efficience. Ces stratégies ont une place prépondérante dans l'activité d'audit. La concentration du marché conduit en effet à deux stratégies des cabinets :

- la recherche des gains d'efficience ; et /ou

- l'accroissement de leur pouvoir de marché.

Sous la pression concurrentielle, les gains d'efficience seront en tout ou partie supportés par les clients engendrant une augmentation de la compétitivité du service d'audit. Tandis qu'une hausse de la concentration des auditeurs n'est pas en soi une mauvaise chose. En effet, si les fusions entre les cabinets engendrent des situations de monopole, quasi-monopole ou d'oligopole sur le marché, imposant des barrières à l'entrée et des honoraires excessifs aux sociétés clientes, alors le pouvoir

de marché va accroître. La Figure 1.5 développée par Piot (2006) illustre ce double impact contradictoire des fusions de cabinets.

Figure 1.5 : Les effets des fusions de cabinets

Source: Piot (2006, p. 3)

Selon la figure 1.5, les fusions de cabinets d'audit produisent une situation concurrentielle se caractérisant par une relation jointe entre concentration et compétitivité. Cette relation dépend de l'effet « dominant » du renforcement des positions dominantes des producteurs ou des gains d'efficience induit par le regroupement. Sur la base des indicateurs de concentration, Shepherd (1997) identifient six grandes formes de marché, synthétisées dans la Figure 1.6.

Figure 1.6 : Classification des marchés selon leur niveau de

concentration

Source: Piot (2006, p. 4)

En conclusion, compte tenu des caractéristiques développées du marché de l'audit, la perspective traditionnelle et moderne de l'économie industrielle semble à priori applicable à ce marché.

Selon la perspective traditionnelle, les économistes industriels énoncent l'existence de relations causales directes entre les structures d'un marché, les stratégies des entreprises sur ce marché et leurs performances économiques. En effet, une forte concentration des fournisseurs favorise la collusion, diminue la compétitivité des biens ou services offerts (en terme de prix ou de qualité), et permet de générer des rentes anormales de type oligopolistiques. Or, similairement aux autres secteurs d'activité économiques, l'ensemble des études réalisées ces dernières années sur la structure du marché de l'audit [ex : Beattie et Fearnley (1994), Piot (2006)] souligne une diminution du nombre des acteurs majeurs dans le marché d'audit et sa domination par les « BIG four ». Suite aux fusions, les grands réseaux d'audit sont passés de huit à quatre.

Toutefois, le paradigme moderne se détourne de cette stricte causalité au profit d'une conception plus sophistiquée préconisant que la concentration et la performance sont conjointement déterminées par les paramètres d'offre et de

demande [Beattie et al. (2003)]. Selon cette approche, une concentration accrue n'a pas forcément des effets négatifs car l'effet dépend de la capacité des prestataires à améliorer l'efficience de la production des biens et des services [Piot (2006)]. Par exemple, une opération de regroupement peut générer des économies d'échelle (frais de structure) ou des gains d'apprentissage (expertise sectorielle, compétences spécifiques). Pour appliquer ce paradigme, les chercheurs utilisent généralement le modèle d'honoraires d'audit (Audit Fee Model) pour analyser la taille et déterminer une situation d'équilibre entre l'offre et la demande au sein du marché de l'audit.

Section 4 : Revue de la littérature empirique :

Plusieurs travaux empiriques ont cherché à mesurer et à expliquer la concentration du marché de l'audit, particulièrement aux États-unis et au Royaume- Uni. Plus récemment, des recherches similaires sont réalisées le marché français. D'autres études s'intéressent à l'effet de la concentration du marché de l'audit.

Paragraphe 1: Les études empiriques sur la

concentration du marché d'audit

Pour les études portant sur la concentration du marché, nous nous intéressons aux études récentes.

Piot (2006) étudie la concentration de l'offre et l'intensité concurrentielle du marché de l'audit français. Il explique les effets des fusions entre les réseaux d'auditeurs sur la compétitivité du marché. L'échantillon étudié représente l'ensemble des sociétés cotées fin 1997 et fin 2003. Cette période se caractérise par le passage des « BIG Six » aux « BIG Four », ainsi que par une segmentation sectorielle de ce marché.

Les résultats empiriques montrent une hausse de la concentration globale. Cette concentration concerne également la majorité des secteurs étudiés, bien que

certains affichent une diminution. Les ratios de concentration déterminés confirment une tendance vers l'oligopole restreint, et par conséquent un marché globalement non-concurrentiel. Le chercheur remarque aussi la quasi-absence des secteurs de type « ouverts » et la dominance des structures de type « fermés ».

Toutefois, même si le marché dans sa globalité et un nombre croissant de secteurs sont caractérisés par un oligopole restreint, l'intensité concurrentielle, mesurée par les indices de Herfindahl, reste assez vive entre les [quatre ou six, selon les segments] grandes firmes d'audit. En fin 2003, les indices de Herfindahl calculés sur les neuf principaux réseaux d'audit en activité - restent dans la zone de concurrence monopolistique pour la plupart des secteurs (entre 0,20 et 0,40). Dans cette situation, la concurrence par les prix demeure et les auditeurs sont encouragés à différencier leurs services.

Piot conclut donc que la vague de concentration observée entre 1997 et 2003 a une probabilité faible engendrer une hausse exagérée des honoraires d'audit, ou encore une diminution de la qualité d'audit.

En plus, les indices de Herfindahl calculés montrent que certains secteurs d'activité sont plus concurrentiels que d'autres. Les regroupements et autres fusions de firmes d'audit ont eu un effet de redistribution des parts de marché dans des secteurs comme la chimie-pharmacie et les services. Cette relative « ouverture » du marché français est due à l'obligation de co-commissariat aux comptes. Cette obligation a pour effet de permettre aussi aux cabinets d'audit nationaux de conserver un part de marché sur le segment des sociétés cotées.

Toutefois, les résultats de Piot montrent des différences sectorielles importantes. Les caractéristiques propres aux secteurs d'activité peuvent expliquer les différences d'intensité concurrentielle. Par exemple, la culture ou les usages du secteur et les qualifications et les compétences requises pour effectuer les diligences nécessaires (complexité et les risques de l'entreprise auditée) peuvent expliquer ces disparités sectorielles.

Broyé (2007) analyse la concentration du secteur d'audit en France. Son échantillon est composé de 428 sociétés cotées en bourse, soit 854 mandats de commissaire aux comptes titulaires. Il utilise comme variable les honoraires d'audit payés en 2005. Il démontre que la concentration du marché est forte. Les BIG 4 disposent près de la moitié des mandats, soit en termes d'honoraires, 86 % des parts de marché. Le cabinet Ernst & Young détient à lui seul 33 % des parts de marché. Toutefois, il constate des disparités en fonction des secteurs d'activité et des compartiments de cotation des sociétés auditées. Alors que les parts de marché des BIG 4 sont importantes sur le compartiment A (91 % des honoraires d'audit), elles sont plus faibles sur le compartiment C, où elles ne détiennent qu'un tiers des mandats. Finalement, il compare ces résultats avec ceux observés en Angleterre, où les « BIG four » perçoivent 99 % des honoraires payés par les 350 premières entreprises. La comparaison montre que les 428 sociétés de l'échantillon ont été auditées par 272 cabinets différents. Ce résultat fait ressortir la spécificité de la réglementation française qui impose le co-commissariat.

Grant Thornton1 (2007) étudie la concentration des acteurs de l'audit dans les pays du G8. Les résultats de l'analyse de la concentration des auditeurs au sein des économies du pays du G8 montrent un pic de 99% en Italie, suivie par le Royaume- Uni 98% et les Etats -Unis 97%.

En Allemagne, le niveau de concentration est relativement moins élevé soit 83%. Le niveau de concentration le plus faible des pays du G8 est affiché en France soit 61%. Ce taux est expliqué par l'existence du co-commissariat aux comptes.

L'étude conclut que la concentration des acteurs de l'audit dans les pays du G8 explique l'énorme déséquilibre du marché qui est associé à un risque de

1 Grant Thornton International est une organisation mondiale qui n'exerce pas d'activité et ne fournit pas de services en son nom propre ou par d'autres voies.

réduction de la concurrence et en plus une qualité d'audit plus faible. Elle engendre un risque systémique dans les marchés financiers internationaux.

Abidin, Beattie et Goodacre (2008) étudient la concentration du marché de l'audit et le taux des honoraires d'audit payés par l'ensemble des entreprises industrielles qui figurent sur la liste du marché local de Grande Bretagne à partir de l'année1998 jusqu'à 2003. La concentration est mesurée selon deux critères : le nombre des auditeurs et les honoraires d'audit.

A partir des résultats obtenus, ces auteurs trouvent que le marché britannique, comme le marché français, se caractérise par une structure de type oligopole restreint. En se basant sur les honoraires d'audit, la part de marché des BIG a connu une légère augmentation de 1% en 2003 par rapport à 1998. En revanche, basé sur le nombre d'audit, les parts de marché diminuent de 76% en 1998 à 68% en 2003. En outre, des indices plus précis ont montré une légère diminution sur tout le marché.

La compétitivité entre les cabinets d'audit est accrue. En effet, Le ratio de changement des auditeurs calculé sur toute la période est élevé par rapport aux autres recherches qui ont été faites auparavant.

Cette étude explique l'effet de la disparition du cabinet Anderson sur la concentration du marché britannique. Cette disparition a pu diminuer le degré d'inégalité entre les BIG eux-mêmes. Les parts de marché faibles des cabinets d'audit non BIG montrent l'existence des barrières à l'entrée.

Paragraphe 2 : Les conséquences de la concentration des marchés d'audit

Plusieurs travaux posent la question : Est ce que les regroupements et les fusions des cabinets ont généré une augmentation du pouvoir de marché et/ou une amélioration de la qualité d'audit ? Le pouvoir de marché est reflété par le niveau des honoraires et la rentabilité des firmes d'audit.

Selon l'étude de Iyer et al. (1996) portant sur le marché britannique, les mégafusions de 1989 n'ont pas généré une augmentation des honoraires. Ils concluent qu'elles ont un effet neutre sur la compétition.

Choi et Zéghal (1999) examinent l'effet de la fusion sur la rentabilité des firmes d'audit. La rentabilité est mesurée par le résultat par collaborateur avant et après fusion. Ils trouvent que la performance des grandes entreprises n'est pas significativement différente des petites entreprises dans plusieurs pays. Ils concluent que une forte concentration n'entraîne pas nécessairement une faible compétition.

Ivancevich and Zardkoohi (2000) montrent que les fusions ont tendance à augmenter la concentration de l'industrie face à l'augmentation des barrières à l'entrée et la réticence des clients pour le changement des auditeurs. Cette situation peut engendrer une augmentation des honoraires ou bien des économies d'échelle.

Thavapalan et al. (2002) montrent que la fusion entre Price Waterhouse et Coopers & Lybrand a augmenté la part de marché des BIG 5. Toutefois cette fusion a entraîné une dispersion plus équitable des clients de l'audit dans certains secteurs en Australie.

D'autres études ont étudié les conséquences de la défaillance d'Anderson sur le marché de l'audit.

Asthana et al. (2004) montrent que le taux des honoraires de l'audit (pourcentage total actif) des entreprises américaines a augmenté considérablement en 2002 suite au scandale d'Enron surtout pour les clients risqués et de grandes tailles. En effet, les sociétés ne possèdent pas les mêmes risques sur le marché. Après la défaillance d'Anderson, les cabinets d'audit tiennent en considération le facteur de risque dans la détermination de leur honoraire.

Ils trouvent également que les anciens clients d'Anderson bénéficient d'une
réduction des honoraires d'audit comparés aux honoraires payés aux BIG 4 dans

des entreprises similaires. Ce résultat est consistent avec l'existence de compétition entre les cabinets pour l'audit de ces entreprises.

L'étude de Basioudis et Papadimitriou (2007) ne confirme pas ces résultats dans le contexte britannique. Les résultats ne montrent aucun changement dans les honoraires de l'audit ajustés entre 2001 et 2002 pour les clients antérieurs d'Andersen.

Conscient de la dominance des cabinets anglo-saxons sur le marché de l'audit et afin de protéger les cabinets français, le législateur français a prévu l'obligation de désigner au moins deux commissaires aux comptes dans les sociétés faisant appel public à l'épargne.

Selon le cabinet Mazars, « le co-commissariat se présente comme une solution intéressante aux dysfonctionnements rencontrés dans le contrôle des comptes et la Corporate Governance des grandes entreprises »2.

Ainsi, la désignation d'un deuxième commissaire aux comptes vise à lutter contre le risque de voir les cabinets BIG s'approprier les mandats de la quasi- totalité des grands groupes français.

Piot (2005) pense que cette obligation légale de co-commissariat aux comptes fait du marché français potentiellement plus « ouvert » que les marchés anglo-saxons.

Piot (2006) trouve que, en 1997, bon nombre de moyennes ou grandes firmes françaises optent pour les services d'un BIG 6 conjointement avec réseau national. Ce résultat est confirmé par les travaux de Broyé (2007). L'obligation de cocommissariat aux comptes rend le marché français plus ouvert que le marché britannique.

2 Mazars (2003), « Opinions sur l'audit, Le joint-audit : une solution d'avenir selon Mazars », www.mazars.fr.

Toutefois, Noël (2005) montre que cette obligation profite essentiellement aux cabinets BIG 4. Les honoraires versés aux auditeurs BIG, en cas de cocommissariat aux comptes, sont supérieurs à leurs confrères non BIG.

En résumé, les études empiriques démontrent que la fusion et le regroupement des cabinets, à l'échelle international, ont généré des marchés de l'audit concentrés aux Etats-Unis, en Allemagne, en Royaume-Uni et en France. Cette structure du marché a un effet sur les honoraires et la rentabilité des cabinets d'audit. L'instauration de cocommissariat par le législateur français a permis de diminuer la concentration du marché.

Il est dés lors intéressant d'étudier la concentration du marché de l'audit en Tunisie.

CHAPITRE 2 ~

ÉTUDE EMPIRIQUE

SUR LE MARCHÉ

DE L'AUDIT EN

TUNISIE

L'objectif de l'étude est d'analyser la concentration du marché de l'audit en Tunisie avant et après la loi relative au renforcement de la sécurité financière. Nous proposons de tester l'hypothèse que la concentration du marché de l'audit tunisien est plus faible après l'entrée en vigueur de la LSF. L'étude est établie sur la base des rapports annuels publiés par les sociétés tunisiennes faisant appel public à l'épargne au titre des exercices 2004, 2005 et 2006.

La première section de ce chapitre est consacrée à la présentation des aspects méthodologiques. Dans la deuxième section, nous présentons notre échantillon et les observations empiriques.

Section 1 : Les aspects méthodologiques

La majorité des études portant sur la concentration du marché de l'audit propose une analyse globale. Ces recherches permettent d'apprécier les incitations et contraintes économiques au niveau de la production de ce service. Piot (2006) et Beattie (2008) abordent également la concentration de manière segmentée, au niveau du secteur d'activité des sociétés auditées.

Trois mesures de concentration du marché ont été appliquées précédemment dans les études sur le marché de l'audit. Les deux mesures employées couramment sont le ratio de concentration (CR) et Indice de Hirschman-Herfindahl (HI). La troisième mesure, le coefficient de Gini, est utilisée dans plusieurs études économiques relatives à l'inégalité des richesses. Cette mesure est relativement neuve pour les études portant sur le marché de l'audit. Elle a été employée par Quick et Wolz (1999) dans leur recherche sur le marché de l'audit allemand et récemment par l'étude de Beattie et al. (2008) portant sur le marché de l'audit britannique.

Le calcul des indicateurs de concentration nécessite la détermination préalable des parts de marché de chaque auditeur.

Paragraphe 1 : La mesure des parts de marché (PDM)

Les travaux antérieurs sur la concentration calculent les PDM selon deux approches : (1) le nombre de clients détenus, (2) les honoraires d'audit ou, à défaut, la taille des clients audités.

La première approche, bien que simple d'utilisation, s'avère particulièrement non efficace sur le plan économique car elle ne prend pas en considération des différences de taille entre les sociétés auditées.

La seconde approche permet de mieux refléter le poids économique de chaque acteur dans le marché ou segment de marché examiné. Les études empiriques antérieures privilégient cette approche, car elle est plus significative du point de vue économique.

Puisque l'information relative aux honoraires facturés n'est pas publiée, nous utilisons dans notre étude la taille du client. Étant donné que les honoraires d'audit et la taille de la société auditée sont parfaitement corrélés, plusieurs travaux antérieurs, comme ceux de Moizer et Turley (1987), Minyard et Tabor (1991) et Piot (2006), retiennent la racine carrée de cette taille. En outre, les honoraires d'audit en Tunisie sont fonction du produit brut, total bilan et nombre d'employés. Ces mesures reflètent la taille de l'entreprise.

Ainsi, nous suivons cette approche en définissant la taille par le total de l'actif, dans la mesure où la démarche d'audit est généralement axée sur la validation des postes du bilan. Pour tenir compte du nombre variable d'auditeurs en fonctions (généralement deux), chaque société auditée est divisée à parts égales en fonction du nombre de mandats qu'elle offre. Par exemple, si deux commissaires sont en fonction, il est supposé que chacun d'eux audite un demi de la société. Mathématiquement, la PDM de l'auditeur j dans le segment s (marché global ou secteur d'activité) se calcule alors comme suit :

Où :

- Xijs est une variable binaire codée 1 si la firme i du segment s est auditée par l'auditeur j,

- Kis désigne le nombre d'auditeurs nommés par la firme i du segment s,

- Ais est égal au total de l'actif de la firme i du segment s.

Paragraphe 2 : Les indicateurs de concentration

Les travaux antérieurs utilisent les mesures de concentration traditionnelles suivantes :

- ratios de concentration CRk (somme des PDM détenues par les k plus grands auditeurs, avec k = 4, 6 et 8) ; et

- indices de Herfindahl de même ordre.

Selon Thavalapan et al. (2002), ces indicateurs présentent l'avantage d'intégrer la dispersion des parts de marché entre les principaux acteurs considérés, et donnent donc une représentation économique plus juste de l'équilibre du marché ou segment de marché étudié. L'indice de Herfindahl fournit une image économique du secteur plus minutieuse que celle avancée par les ratios traditionnels (Moizer et Turley, 1989 et Pong, 1999).

Formellement, et en utilisant les notations précédentes, le ratio de concentration d'ordre k (CRk) du segment de marché s (marché global, secteur d'activité) est défini comme suit :

Stigler (1968)22 définit l'indice de Herfindhal ainsi que ses déterminants. Il le présente comme «...la somme des parts de marché, élevées au carré, de chacun des cabinets d'audit en question». Il ajoute que «...pour un marché composé de (n) cabinets d'audit, l'indice de Herfindahl est compris entre 1/n si les parts de marché sont équitablement réparties entre les acteurs et 1 si le marché est détenu par un seul acteur...».

L'indice de Herfindhal a été initialement appliqué par Eihenseher et Danos (1981). Des recherches postérieures ont repris cette mesure. Nous pouvons citer : Moizer et Turley (1987) ; Wootton et al. (1994) ; Pong, (1999) ; Choi et Zéghal (1999) ; Wolk et al. (2001) et McMeeking et al. (2005).

L'indice de Herfindhal mesure les parts de marché détenues par un cabinet d'audit. Généralement, elle est égale à la somme du chiffre d'affaires au carré de l'entreprise auditée (i) divisée par la somme au carré des chiffres d'affaires des entreprises auditées. D'autres chercheurs utilisent les honoraires d'audit payés par les entreprises auditées (Minyard et Tabor, 1981) ou le nombre des entreprises auditées (Moizer et Turley, 1987).

Dans une étude portant sur le marché de l'audit français, Piot (2006) calcule l'indice de Herfindahl par la racine carrée du total actif normée par le nombre d'auditeurs nommés par une entreprise. L'indice de Herfindahl d'ordre k (Hk) du segment de marché s (marché global, secteur d'activité) est calculé comme suit :

22 Cité dans Wolk et al. (2001, p.160).

Dans notre étude empirique, nous utilisons la part de marché pondérée et le ratio de concentration.

Section 2 : Présentation de l'échantillon et des résultats

Le marché d'audit examiné dans la présente étude concerne les auditeurs de toutes les entreprises tunisiennes faisant appel public à l'épargne (APE) pour la période 2004 à 2006 : Période marquant l'apparition de la loi relative au renforcement de la sécurité financière instaurant l'obligation de designer un Co- commissaire aux comptes pour les sociétés sous certaines conditions et la rotation des commissaires aux comptes.

Paragraphe 1 : Présentation de l'échantillon

Nous avons réalisé une étude auprès d'un échantillon assez large des sociétés tunisiennes faisant appel public à l'épargne pour les années 2004, 2005 et 2006.

Toutes les informations sur les entreprises (secteur d'activité, total bilan), leurs auditeurs ont été extraites à partir des sites officielles du Conseil du Marché Financier (CMF) et de la Bourse de Valeurs Mobilières de Tunisie (BVMT).

La définition des sociétés et des organismes faisant appel public à l'épargne est donnée par l'article 162 du code des sociétés commerciales : « Sont réputées sociétés faisant public à l'épargne celles qui émettent ou cèdent des valeurs mobilières en appelant le public à l'épargne ».

Aux termes de l'article 1er de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier : « Sont réputées sociétés ou organismes faisant appel public à l'épargne :

1) Les sociétés qui sont déclarées comme telles par leurs statuts ;

2) Les sociétés dont les titres sont admis à la cote de la bourse ;

3) Les banques et les sociétés d'assurance quelque soit le nombre de leurs actionnaires ;

4) Les sociétés dont le nombre d'actionnaires est égal ou supérieur à cent ;

5) Les Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières ;

6) Les sociétés et les organismes autres que les organismes de placement collectif en valeurs mobilières qui, pour le placement de leurs titres, recourent soit à des intermédiaires, soit à des procédés de publicité quelconques, soit au démarchage ».

Pour identifier les sociétés et les organismes faisant appel public à l'épargne, nous avons utilisé la liste divulguée par le CMF au 13 mai 2008. Notre échantillon ne contient pas la totalité des entreprises figurant sur cette liste. Il est composé de 94 sociétés en 2004, 118 sociétés en 2005 et 129 sociétés en 2006 (Tableau 2.1).

Tableau 2.1 : Répartition des entreprises de l'échantillon par secteur

 

EXERCICE

SECTEUR
ACTIVITE

2004

2005

2006

 

Nbre

%

Nbre

%

Nbre

%

FINANCIER

39

41,49%

52

44,07%

69

53,49%

COMMERCIAL

6

6,3 8%

8

6,78%

8

6,20%

ASSURANCE

11

11,70%

12

10,17%

11

8,53%

INDUSTRIEL

22

23,40%

25

21,19%

24

18,60%

LEASING

5

5,32%

6

5,08%

8

6,20%

AUTRES
SECTEURS

11

11,70%

15

12,71%

9

6,98%

Total des
observations

94

100%

118

100%

129

100%

Les sociétés sont réparties sur plusieurs secteurs tels que présentés dans le tableau 2.1. Le secteur financier englobe la majorité des sociétés observées (plus que la moitié de l'échantillon en 2006). Il comporte les banques, SICAV, SICAR, SICAF et les FCP. « AUTRES SECTEURS » représente à la fois le secteur immobilier, tourisme et loisir, et télécommunication.

La variation du nombre des entreprises pour chaque secteur est due à la fois à l'admission des nouvelles sociétés comme des sociétés faisant APE, une ou plusieurs sociétés ne remplissent pas les critères des sociétés faisant APE, à l'absence de l'information sur le site officielle du CMF ou de la BVMT ou à l'omission de notre part.

Le tableau 2.2 montre la fluctuation des observations effectuées sur l'échantillon. Par rapport aux sociétés figurant dans la base de données du CMF, nous avons 12 observations manquantes en 2004, 1 en 2005 et 16 en 2006.

Tableau 2.2 : Etat des observations collectées

ANNEE

TAILLE DE
L'ECHANTILLON

Nbre de Sté
qui joint la
liste

OBSERVATIONS
COLLECTEES

OBSERVATIONS
MANQUANTES

2004

 
 

94

12

2005

106

13

118

1

2006

119

25

128

16

Le tableau 2.3 fournit une description de la taille de l'échantillon basée sur le total de l'actif. Nous constatons la dominance du secteur financier. Ce secteur englobe à la fois les entreprises de très grandes tailles (à l'environ de 4707 Millions de Dinars) et des petites firmes (122 Mille de Dinars). A l'exception du secteur « financier » et « autres secteurs », la dispersion de l'échantillon est presque égale et ce malgré l'importance de la différence entre les deux extrémités (MAX et MIN du total de bilan) des tailles du total de bilan des sociétés appartenant au même secteur.

Nous remarquons également, contrairement aux autres secteurs, la diminution de la moyenne et la médiane du secteur financier et leasing.

Tableau 2.3 : Statistiques descriptives de l'actif total

SECT

ANNEE

TOTAL ACTIF

MOYENNE

MEDIANE

MAX

MIN

FIN.

2004

25 950 870 157,500

665 406 927,115

66 150 519,000

4 287 610 000,000

1 051 865,040

2005

30 045 774 858,754

577 803 362,668

72 350 756,500

4 399 155 000,000

461 721,000

2006

33 721 965 586,373

495 911 258,623

29 430 064,000

4 706 982 000,000

121 941,641

COM.

2004

214 731 383,070

35 788 563,845

33 054 138,123

78 581 674,774

5 122 210,578

2005

283 603 030,850

35 450 378,856

28 835 902,578

80 379 994,766

4 946 323,909

2006

298 844 087,784

37 355 510,973

30 334 187,630

93 149 020,000

4 681 626,667

ASSUR.

2004

1 501 267 525,907

136 478 865,992

134 169 361,826

383 427 893,741

4 335 582,313

2005

1 703 406 072,800

141 950 506,067

139 428 689,681

416 572 786,667

4 124 822,709

2006

1 641 103 754,748

149 191 250,432

145 269 615,000

441 138 465,455

4 632 366,250

INDUS.

2004

1 141 161 581,394

51 870 980,972

39 729 166,000

197 808 343,159

411 442,000

2005

1 257 314 720,540

50 292 588,822

41 280 820,000

208 227 636,062

310 645,000

2006

1 295 703 601,905

53 987 650,079

44 109 074,648

215 259 791,649

4 521 805,119

LEAS.

2004

679 221 897,000

135 844 379,400

155 232 596,000

242 380 400,000

43 856 265,000

2005

827 805 690,000

137 967 615,000

140 841 446,000

261 441 866,000

49 258 318,000

2006

939 711 199,000

117 463 899,875

82 902 356,000

270 156 183,000

50 587 039,000

A.SECT

2004

1 435 211 365,639

130 473 760,513

25 895 265,000

1 187 274 000,000

3 195 019,000

2005

1 544 186 023,671

102 945 734,911

22 622 930,000

1 172 569 000,000

2 933 332,000

2006

1 531 540 675,137

170 171 186,126

37 924 119,000

1 247 059 000,000

18 454 731,000

TOTAL

106 013 423 212,072

311 804 185,918

47 489 985,000

4 706 982 000,000

121 941,641

Paragraphe 2 : Résultats de l'étude

La présentation de nos résultats est divisée en trois parties :

· description de la structure du marché ;

· mesure des parts de marché ; et

· analyse des ratios de concentration du marché.

1. Description de la structure du marché :

L'article 13 Ter du code des sociétés commerciales exige la désignation de deux commissaires aux comptes ou plus inscrits au tableau de l'Ordre des Experts Comptables de Tunisie pour les sociétés suivantes :

· les établissements de crédit faisant appel public à l'épargne et les sociétés d'assurance multi-branches ;

· les sociétés tenues d'établir des états financiers consolidés conformément à la législation en vigueur si le total de leur bilan au titre des comptes consolidés dépasse un montant fixé par décret (100 millions de dinars) ;

· les sociétés dont le total des engagements auprès des établissements de crédit et de l'encours de leurs émissions obligataires dépasse un montant fixé par décret (25 millions de dinars).

Le tableau 2.4 suivant démontre que 27.34 % des sociétés en 2006 ont désigné deux commissaires aux comptes en application de la LSF et sauf 5.93 % en 2005.

Tableau 2.4 : Répartition des entreprises de l'échantillon par nombre de

commissaire aux comptes

ANNEE

CAC

%

COCAC

%

TOTAL

2004

91

96,81%

3

3,19%

94

2005

111

94,07%

7

5,93%

118

2006

93

72,66%

35

27,34%

128

 

Dans le tableau 2.5, nous présentons la répartition de l'échantillon par nature d'auditeur (BIG/NON BIG). Nous constatons que les cabinets BIG assurent l'audit légal de environ 30% des entreprises de l'échantillon.

Tableau 2.5 : Répartition des entreprises de l'échantillon par nature d'auditeur (BIG/NONBIG)

ANNEE

CAC

COCAC

TOTAL

%
BIG

 

NBIG

2 BIG

2 NBIG

BIG-
NBIG

 

29

62

 

2

1

94

3 1,91%

2005

31

80

 

4

3

118

28,81%

2006

19

74

4

13

18

128

32,03%

 

L'article 13 bis du code des sociétés commerciales prévoit que : « le commissaire aux comptes est désigné pour une période de trois années renouvelables. Toutefois, le nombre du mandats successifs, compte tenu du renouvellement, ne peut excéder pour les sociétés commerciales soumises à l'obligation de désigner un commissaire aux comptes inscrit au tableau de l'Ordre des Experts Comptables de Tunisie, trois mandats lorsque le commissaire aux comptes est une personne physique et cinq mandats si le commissaire aux comptes revêt la forme d'une société d'expertise comptable comportant au moins trois experts comptables inscrits au tableau de l'Ordre des Experts Comptables de Tunisie, et ce, à condition de changer le professionnel qui engage sa responsabilité personnelle sur le contenu du rapport de contrôle des comptes et de changer l'équipe intervenant dans l'opération de contrôle une fois, au moins, après trois mandats ».

La rotation imposée par cet article est applicable lors des renouvellements des mandats à partir du 1er janvier 2009.

Nous avons examiné si les sociétés tunisiennes procèdent au changement de leur auditeur tout en prenant en considération que le mandat du commissaire aux comptes est de trois ans. Nous enregistrons 3 changements en 2005 et 5 changements en 2006. Les changements concernent essentiellement les banques qui sont régies par une réglementation spécifique. Les autres modifications intéressent

la nomination du deuxième commissaire aux comptes conformément à l'article 13 Ter du code des sociétés commerciales.

2. Mesure des parts de marché :

Le tableau 2.6 présente les PDM pondérées par secteurs d'activité, et globalement, pour chacun des réseaux d'audit considérés en 2004 (panel A), en 2005 (panel B) et en 2006 (panel C).

En 2004, le cabinet international KPMG occupe le premier rang et Ernst and Young le deuxième d'après la PDM pondérée. En outre, ces deux cabinets occupent le premier rang en nombre de mandats suivis du cabinet FINOR, Ils interviennent dans tous les secteurs de l'échantillon.

L'analyse des parts de marché par secteur démontre qu'il n'existe pas un seul leadership. En effet, les premiers rangs, en terme de PDM pondérée sont occupés pour le secteur d'assurance et commercial par KPMG, le secteur industriel par PWC, le secteur de leasing par Ernst and Young, le secteur financier GAC et les autres secteurs par BDO. Nous remarquons que mêmes des cabinets non BIG occupent le premier rang.

En 2005, KPMG cède le premier rang en terme de part de marché pondérée et non pondérée à Ernst and Young. La troisième place est occupée en terme de parts de marché par GAC.

Les parts de marché sectoriels restent partagés entre plusieurs cabinets. En effet, GAC, Ernst and Young, SOGER, KRESTON INTERNATIONAL dominent le secteur financier, Leasing, assurance et industriel respectivement. KPMG continue à s'imposer dans le secteur commercial. Les leaderships des autres secteurs sont KPMG et PWC.

En 2006, Ernst and Young continue à occuper la première place mais il n'est Leadership que dans le secteur industriel avec KRESTON INTERNATIONAL. KPMG s'impose dans le secteur commercial et des assurances. FINOR et PWC occupent le premier rang dans le secteur du Leasing et autres secteurs respectivement.

Nous pouvons conclure que les sociétés faisant appel public à l'épargne ont une tendance de choisir comme commissaire aux comptes des cabinets internationaux parmi les BIG ou des non BIG.

Les résultats démontrent que tous les auditeurs des entreprises faisant appel public à l'épargne font partie de la région de Tunis à l'exception de deux auditeurs appartenant à la région de Sfax.

Cette attitude est à l'origine, à notre avis, de l'orientation vers une technicité supérieure, un service d'audit performant soit pour la raison que certaines sociétés faisant APE appartiennent à des réseaux internationaux (par exemple les banques) et elles ont une obligation d'avoir des états financiers certifiés par des cabinets internationaux.

Le législateur tunisien intervient pour réduire cette concentration, à travers la loi n°2005-96 du 18 octobre 2005, relative au renforcement de la sécurité des relations financières, en instaurant la notion de co-commissariat aux comptes. Il en résulte, par l'observation du tableau 2.6, que les parts de marché des leaders (BIG et non BIG) baissent, En effet, les parts de marché pondérées du Leadership sont 14,83 ; 12,95 et 10,72 en 2004, 2005 et 2006 respectivement.

De l'autre coté, nous remarquons à la fois que l'apparition de nouveaux cabinets nationaux qui commencent à accaparer une partie des parts de marchés dans différents secteurs et l'augmentation de la part de marché pour d'autres cabinets. Le tableau 2.5 précédent confirme ces résultats : le co-commissariat composé d'un BIG et non BIG ou de deux non BIG domine celle de deux BIG.

3. Analyse des ratios de concentration du marché

Le Tableau 2.7 présente les ratios de concentration d'ordre quatre, six, huit et pour l'ensemble des firmes d'audit considérées.

De première lecture, la concentration globale décroît entre 2004 et 2006 pour tous les niveaux de mesure. Ce résultat traduit l'effet du double commissariat instauré en 2005. Le ratio de concentration d'ordre quatre (CR4) permet de caractériser le marché au regard des structures présentées en Figure 1.5. Il apparaît

que dans les années 2004, 2005 et 2006, le marché de l'audit est qualifié comme un oligopole ouvert (CR4 juste au-dessus du seuil de 0,40).

L'examen des différents niveaux de calcul des ratios de concentration souligne une certaine gradualité dans la diminution de celle-ci. Plus particulièrement, le niveau de concentration baisse de manière convexe, autrement dit à un rythme croissant, en fonction de l'ordre auquel il est mesuré.

Tableau 2.7, Ratios de concentration sur le marché tunisien de l'audit : 2004-
2005-2006

 

CR4

CR6

CR8

 

2004

2005

2006

2004

2005

2006

2004

200

2006

 
 
 
 
 
 
 
 

5

 

Financier

59,5

55,2

51,5

80,6

71,1

64,1

90,4

82,8

71,5

 

9

9

1

3

7

9

 

6

7

Leasing

1001

89,6

40,8

***

1002

56,5

***

***

70,3

 
 

8

6

 
 

9

 
 

2

Assurance

53,9

55,0

56,1

74,0

73,1

68,8

90,8

84,9

79,5

 

1

7

1

6

6

 
 

5

2

Commercial

92,5

72,5

69,4

1003

94,9

90,1

***

1004

1005

 

2

5

 
 
 

1

 
 
 

Industriel

38,2

31,3

30,9

52,9

44,7

44,7

63,6

56,8

54,8

 

7

7

9

8

8

4

5

5

2

A. Secteur

75,9

61,1

68,3

87,8

72,7

82,5

95,3

81,9

94,7

 

7

9

6

8

7

4

5

6

7

Concentratio

49,2

44,0

41,8

65,1

56,5

53,3

74,2

65,5

59,6

n globale

 

6

3

3

2

6

9

8

6

Ratios de concentration (CR) d'ordre 4, 6, 8, Tous les ratios sont calculés à partir de

parts de marchés pondérées par la racine carrée du total de l'actif des sociétés

auditées. Il est tenu compte du commissariat conjoint sous l'hypothèse d'équi-

répartition de la mission entre les co-commissaires aux comptes.

1 Sauf 3 commissaires aux comptes intervient dans ce secteur.

2 Sauf 5 commissaires aux comptes intervient dans ce secteur.

3 Sauf 5 commissaires aux comptes intervient dans ce secteur.

4 Sauf 7 commissaires aux comptes intervient dans ce secteur.

5 Sauf 7 commissaires aux comptes intervient dans ce secteur.

 

Au-delà de l'observation globale du marché, le Tableau 2.7 met également en évidence des situations intersectorielles particulièrement irrégulières. Le CR4, par

exemple, s'inscrit dans un intervalle [0,3 8-1] en 2004, lequel réduit à [0,31-0,69] en 2006.

La concentration globale semble avoir des répercussions sectorielles fortes dans la mesure où nous assistons à un changement au niveau de la structure de marché :

· le secteur de leasing passe de la structure d'un marché non concurrentiel dominé par une seule firme détenant plus que 40 % des parts de marché à une structure proche de marché concurrentiel soit de type oligopole restreint. Seulement, 3 auditeurs interviennent dans le secteur « leasing » en 2004, En 2006, CR8 est égal à 70,32 %.

· le secteur commercial et les « autres secteurs » sont caractérisés par une structure non concurrentielle sous la forme d'oligopole restreint (quatre firmes détiennent plus de 60% de PDM). Le secteur « commercial » reste toujours « fermé » même si on augmente l'ordre de ratio, En effet, en 2006 il plafonne à 100 % avec seulement sept acteurs.

· Le secteur industriel est caractérisé par une concurrence pure (aucune firme n'a une influence de marché).

· Les secteurs financiers et assurance ont une structure de concurrence monopolistique : plusieurs firmes, chacune ayant une légère influence sur le marché.

Malgré la chute enregistrée au niveau du ratio de concentration dans ses différents niveaux, les « Autres secteurs » n'obéissent pas à cette allure et voire leur ratio de concentration augmente de nouveaux en 2006. Ce résultat peut être expliqué par l'hétérogénéité des entreprises en termes de total de l'actif (par exemple, TUNISAIR a un total d'actif très élevé par rapport aux autres entreprises).

Dans le marché de l'audit, nous ne pouvons pas nier l'effet des regroupements et les fusions entre les cabinets et surtout les BIG 4. En Tunisie, ces derniers disposent de parts de marché importantes sur tous les secteurs. Le tableau 2.8

démontrent qu'ils dominent environ le tiers du marché de l'audit des entreprises faisant appel public à l'épargne.

Tableau 2.8 : Ratios de concentration des BIG 4 sur le marché tunisien de

l'audit : 2004-2005-2006

 

CR BIG

2004

2005

2006

Financier

37,11

34, 34

31,15

Leasing

64,6

70,58

22,43

Assurance

35,75

33,24

30,60

Commercial

47,65

36,00

36,18

Industriel

24,17

15,76

18,67

A. Secteur

32,74

34,47

30,67

Concentration globale

36,68

33,67

29,27

Ratios de concentration (CR) des cabinets BIG 4 (EY : Ernst and Young ;

KPMG : Klynveld Peat Marvick Goerdeler ; DTT : Deloitte Touche Tohmatsu ; PWC : PriceWaterhouse Coopers).

Tous les ratios sont calculés à partir de parts de marchés pondérées par la racine carrée du total de l'actif des sociétés auditées, Il est tenu compte du commissariat conjoint sous l'hypothèse d'équi-répartition de la mission entre les co-commissaires aux comptes.

En 2005 et 2006, les BIG 4 possèdent des parts de marché leaders mais elles sont plus faibles qu'en 2004. Ce résultat montre que le co-audit a des effets très importants sur la structure du marché. Il a pu affaiblir la concentration et rivaliser la compétitivité entre les acteurs. Nous remarquons que PWC et DELOITTE ne possèdent pas des parts de marché importants. Ce résultat peut être expliqué par le fait que ces cabinets ont un portefeuille composé essentiellement de services à l'export et de missions spéciales (audit informatique par exemple).

En outre, le Co-commissariat a pour objectif de renforcer l'indépendance des auditeurs, améliorer la qualité des travaux d'audit en assurant une compétence technique plus large et la possibilité d'émettre des opinions différentes. Par exemple, en 2006, nous constatons que les deux auditeurs de l'UIB ont émis deux opinions différentes l'une avec réserve et l'autre refus de certification.

En conclusion, nous pouvons confirmer notre hypothèse. En effet, les nouvelles dispositions de la LSF permettent de diminuer la concentration du marché

de l'audit tunisien et offrir aux cabinets nationaux des opportunités pour concurrencer les cabinets internationaux. Mais, la période d'étude ne peut pas mettre en valeur toutes les conséquences de la loi relative au renforcement de la sécurité financière car l'obligation de rotation des auditeurs n'est pas encore entrée en application effective. En effet, le législateur tunisien a reconnu l'importance de la rotation des commissaires aux comptes à travers les dispositions de l'article 13 bis de la loi 2005-96 sus-indiquée. Toutefois, nous ne pouvons pas remarquer les résultats de cette disposition sur la structure de marché car la date d'effet est à partir du premier janvier 2009. Par conséquent, la rotation pourrait, dans certains cas, ne survenir qu'à partir de 2011.

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CONCLUSION

GÉNÉ RÂLE

Les fusions réalisées entre les cabinets d'audit au niveau international (le passage des BIG 8 au BIG 4) ont rendu le marché de l'audit fortement concentré. En France, Broyé (2007) conclut que la moitié des parts de marché est détenu par des BIG. Au Royaume-Uni, Beattie et al. (2008) montrent que la faillite du cabinet Anderson a pour conséquence la redistribution des parts de marché entre les BIG mais une forte concentration persiste.

Conscients de l'importance de ce problème de concentration, l'objectif de notre mémoire est d'étudier la concentration du marché tunisien d'audit légal avant et après la loi relative au renforcement de la sécurité financière. Nous avons proposé une analyse descriptive, basée sur des observations empiriques, de la concentration sur le marché de l'audit des entreprises tunisiennes faisant appel public à l'épargne sur la période allant de 2004 à 2006. La concentration du marché est mesurée par le ratio de concentration calculé à partir de parts de marché pondérées par la racine carrée du total de l'actif des sociétés auditées.

Les résultats révèlent que le marché de l'audit tunisien, en 2004, est sous la forme d'une structure intermédiaire entre l'oligopole ouvert et restreint. Après l'entrée en vigueur de la LSF, la concentration sur le marché diminue. Il y a une tendance vers un marché concurrentiel. Le ratio de concentration global d'ordre 4 s'approche de 40% en 2006. L'analyse sectorielle montre la diminution des ratios de concentration de différents ordres à l'exception des « Autres Secteurs ». Toutefois, nous constatons un plafonnement (70-100) des secteurs dés l'ordre 8 à part le secteur industriel.

A partir des observations intersectorielles, les parts de marché des BIG connaîssent des fluctuations soit au profit des autres BIG soit au profit des cabinets nationaux. En effet, aucun réseau d'audit ne préserve sa dominance sur un secteur donné. Dans certains secteurs, les cabinets nationaux occupent des positions de leaders.

La LSF commence à avoir ses effets sur la concentration et la compétitivité sur le marché de l'audit. L'instauration du double commissariat affaiblit les parts de

marché des leaders au bénéfice des cabinets nationaux. En outre, l'apparition de nouveaux acteurs reflètent la structure du marché : l'absence de barrières à l'entrée est une caractéristique d'un marché concurrentiel.

Les conclusions tirées de cette étude ne sont pas affirmatives et acceptent la révision et nécessitent d'être mises à jour. En effet, l'obligation de rotation des commissaires aux comptes ne devient effective qu'en 2009.

Nos résultats et conclusions que nous en tirons doivent cependant être interprétés en prenant en considération certaines limites.

Tout d'abord, lors de la collecte des informations nécessaires à la base de donnée, nous avons rencontré beaucoup de problèmes relatifs à la disponibilité des états financiers. Le site officiel du CMF présente quelques insuffisances. Les états financiers des sociétés faisant appel public à l'épargne ne sont pas complets et parfois nous constatons des confusions entre les états financiers publiés des différentes sociétés. Pour ces raisons, notre échantillon n'est pas exhaustif. Notre étude serait plus pertinente si les organisations financières prennent en considération l'importance et la nécessité de la divulgation à la fois complète, pertinente et à jour des états financiers pour qu'elles soient à la disposition des utilisateurs et des centres de recherche.

En outre, notre objectif se limite aux sociétés faisant appel public à l'épargne. Ces sociétés représentent un pourcentage faible des sociétés tunisiennes soumises à l'obligation de désignation d'un commissaire aux comptes. Seuls les commissaires aux comptes membres de l'ordre des experts comptables de Tunisie auditent les entreprises de notre échantillon. En revanche, en Tunisie, nous avons d'autres acteurs à savoir les comptables membres de la compagnie nationale des comptables. Donc, les conclusions de notre travail concernent sauf le marché de l'audit des sociétés faisant appel public à l'épargne et ne peuvent pas être généralisées à l'ensemble du marché tunisien.

Les futures recherches pourraient étudier le marché de l'audit tunisien dans sa globalité et l'impact de la concentration sur la qualité de l'information comptable.

Les résultats démontrent que tous les auditeurs des entreprises faisant appel public à l'épargne font partie de la région de Tunis à l'exception de deux auditeurs appartenant à la région de Sfax.

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ANNEXES

 
 
 
 

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