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Contribution à  l'étude de l'inversion sexuelle chez une espece de poisson d'eau douce: Tilapia (Oreochromis niloticus)

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par IBTISSEM AIT HAMOUDA
Institut des sciences de la mer et de l'aménagement du littoral - Ingénieur d'état en sciences de la mer 2005
  

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4. Régime alimentaire

La nourriture des herbivores, tels que les Tilapias, est généralement excédante à leur capacité de consommation, mais la qualité de cette nourriture est très variable (principalement en apport protéique), ce qui influe sur leur croissance.

Étant donné que les arcs branchiaux d'Oreochromis niloticus disposent de microbranchiospines et de branchiospines longues et nombreuses, l'eau qui y transite est véritablement filtrée de son plancton. Cette espèce est donc, en milieu naturel, essentiellement phytoplanctonophage* et consomme de multiples espèces de Chlorophycées, Cyanophycées, etc...; ce qui ne l'empêche pas d'absorber du zooplancton et même des sédiments riches en bactéries et diatomées.

Mais en milieu artificiel (système de pisciculture) cette espèce est pratiquement omnivore* (euryphage*) valorisant divers déchets agricoles, tirant parti des excréments de porcs ou de volailles, de déchets ménagers, acceptant facilement des aliments composés sous forme de granulés, etc... Cette capacité d'adaptation à divers aliments et déchets est phénoménale et est à la base de sa haute potentialité pour la pisciculture.

5. Biologie de la reproduction 5.1. Maturité sexuelle*:

Oreochromis niloticus est connu pour sa maturité sexuelle précoce qui peut intervenir dés 03-04 mois dans certains élevages ; des individus de 30 g et de 8 cm peuvent se reproduire (Balarin & Haller, 1982). Elle est en fonction des conditions de milieu et de la densité des individus.

Dans les milieux naturels, la taille de première maturité chez O. niloticus varie généralement entre 14 et 20 cm, ce qui correspond à un âge de 2 à 3 ans, mais peut atteindre 28 cm et différer chez les mâles et les femelles. Toutefois cette taille de maturité peut se modifier au sein d'une même population en fonction des conditions fluctuantes du milieu (FAO, 2002).

Selon Lowe-McConnel (1982), les facteurs qui diminuent la taille de maturité sont: - Dimensions réduites du milieu (confinement) ;

- Déficit alimentaire qualitatif et quantitatif ;

- Pêche trop intensive.

5.2. Fécondité :

Oreochromis niloticus présente une faible fécondité qui varie de quelques centaines d'oeufs à plusieurs milliers par ponte chez les gros individus.

Par contre, la fréquence élevée de ponte et la garde parentale des alevins (incubation buccale), permettent d'obtenir de bonnes productions d'alevins par femelle.

La fécondité absolue (nombre d'ovules pondus en une fois) est aussi très variable puisqu'elle fluctue fortement, comme le montre Moreau (1979), en fonction:

- du poids des femelles,

- des milieux et des saisons.

5.3. Reproduction :

Oreochromis niloticus fait partie des incubateurs buccaux uniparentaux maternels. Lorsque les conditions abiotiques deviennent favorables en milieu naturel (une température d'au moins 22°C est nécessaire à la reproduction et à l'incubation des oeufs), les adultes migrent vers la zone littorale et les mâles se rassemblent en arène de reproduction* sur un substrat meuble, sablonneux ou argileux où ils délimitent chacun leur territoire et creusent un nid en forme d'assiette creuse.

Les femelles vivent en groupe à l'écart des arènes de reproduction où elles effectuent de brefs passages. En allant d'un territoire à l'autre, elles sont sollicitées par les mâles. En cas d'arrêt au-dessus d'un nid et après une parade nuptiale de synchronisation sexuelle, la femelle dépose un lot d'ovules que le mâle féconde immédiatement et que la femelle reprend dans sa bouche pour les incuber et les y gardent pendant la durée d'incubation, soit 04 à 05 jours pour l'éclosion et 07 à 12 jours pour la résorption de la vésicule vitelline. Les oeufs sont oblongs, mesurant environ 2,3 mm de grand diamètre sur 1,9 mm de petit diamètre. Cette opération peut être recommencée avec le même mâle ou un voisin (Ruwet et al., 1976) ; après quoi, la femelle quitte l'arène et incube ses oeufs fécondés (annexe 01). A cette époque, la femelle présente un abaissement de la cavité buccopharyngienne*, des opercules légèrement écartés (fig.4).

 
 
 

Cavité bucco
pharyngienne

 

Figure 4 : Femelle incubante avec les oeufs dans sa bouche (Source : FAO 1989).

L'éclosion des oeufs a lieu dans la bouche 4 à 5 jours après la fécondation. Une fois leur vésicule vitelline résorbée, les alevins capables de nager sont encore gardés par la femelle pendant plusieurs jours.

Toutefois, ils restent à proximité de leur mère et, au moindre danger, se réfugient dans sa cavité buccale (fig.5). A la taille d'environ 10 mm, les alevins, capables de rechercher leur nourriture, quittent leur mère et vivent en petits bancs.

Figure 5 : Alevins nageant à proximité de la bouche de leur mère
(Source : FAO 1989).

Une femelle en bonne condition se reproduit toutes les six à huit semaines dans la nature et tous les quinze à vingt jours dans un milieu contrôlé ; ce qui, à raison de 800 à 1 000 oeufs en moyenne pour une femelle de 250 g, risque de conduire au surpeuplement* et au nanisme en milieu mal contrôlé.

La période de reproduction d'Oreochromis niloticus est potentiellement continue pendant toute l'année, si la température de l'eau est supérieure à 22°C. Toutefois on constate des pics d'activité reproductrice induits par:

- Augmentation de la photopériode et de l'intensité lumineuse,

- Augmentation de la température de l'eau,

- Augmentation du niveau de l'eau.

Toutes ces caractéristiques de reproduction d'Oreochromis niloticus démontrent non seulement la plasticité de l'espèce à s'adapter à des conditions diverses mais expliquent aussi sa haute résilience à savoir sa capacité à revenir rapidement après perturbation à un seuil optimum de densité dans son milieu naturel (Baroiller & Jalabert, 1990).

5.4. Comportement lors de la reproduction :

Le comportement reproductif chez Oreochromis niloticus a été rapporté, par plusieurs auteurs. Turner (1986) montre que le comportement reproductif est profondément influencé par le système d'accouplement et a découvert que les femelles préfèrent s'accoupler avec des mâles dont le nid est le plus large (annexe 01).

En aquarium, les mâles préfèrent les territoires proches de la surface. En plus, les mâles captifs se livrent des combats circulaires de courtes durées et de petite intensité. Des « mouvements expressifs », qui consistent notamment en "menace" en "coup de queue", constituent en quelque sorte un langage instinctif. Ça sert probablement à évaluer la force d'un autre mâle, et à l'établissement du territoire (Malcolm et al., 2000).

L'introduction d'une femelle prête à pondre dans un aquarium où se trouve un mâle territorial est tout aussi intéressante, mais, il faut se méfier de l'agressivité du mâle. Après une courte phase agressive de sa part, les mouvements changent totalement et on assiste à la parade faite de mouvements dits de "tremblement", à des "cercles" etc... (Malcolm et al., 2000).

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