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Les associations sénégalaises en France à  l'épreuve du codéveloppement.

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par Malamine Maro
Université d'Evry Val d'Essonne - Master 2 Recherche 2007
  

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Les associations sénégalaises en France à l'épreuve du

Codéveloppement.

« Etude à partir de l'expérience de l'ASEF (Association Solidarité Entre aide en France)»

Introduction

Dans le livre de Charles Debbasch et Jacques Bourdon1(*), les deux auteurs soutiennent que depuis quelques années, « l'outil associatif est devenu, pour des milliers de personnes, un moyen ordinaire et pratique pour vivre leurs passions, exercer des activités dans des domaines les plus divers, défendre des causes et des idées, ou réaliser des projets collectivement, lieux irremplaçables d'échanges, de dialogue, de solidarité et de convivialité, les associations jouent désormais un rôle essentiel dans le paysage social. »

La richesse de la vie associative fait partie de l'évolution récente du tissu social. Les associations permettent, en effet, à beaucoup de nos concitoyens de partager une passion commune, de pratiquer des activités culturelles ou sportives, de s'investir dans des causes de développement local, de s'engager dans des activités sociales et éducatives. Les associations apparaissent alors comme des réponses aux besoins d'une société de plus en plus multiforme et diverse.

Elles s'intéressent à tout, au sport (24,5%), à la culture, au tourisme et aux loisirs (23%), à la santé et à l'action sociale (16,5%), à la vie sociale, à la défense des intérêts des consommateurs ou des victimes (9,5%), à l'habitat et à la protection de l'environnement (9,5%), à l'éducation et à la formation (8,5%), comme aux services, aux entreprises (8,5%) (Enquête CREDOC, 2001). Elles touchent tous les milieux sociaux et regroupent des hommes et des femmes de tous âges et se rencontrent sur l'ensemble du territoire national. Les associations apparaissent aujourd'hui, comme la forme d'action collective la plus commode et la plus facile à mettre en oeuvre. Des groupements plus ou moins contrôlés par les pouvoirs publics sont constitués sous forme d'associations et occupent une place importante dans cette sorte de mixité qui s'est constituée dans la société moderne entre les personnes publiques et les personnes privées.

Les associations constituent un espace de liberté. Par la volonté des fondateurs, grâce la force de ses adhérents, une institution se crée et se développe pour promouvoir des objectifs d'une autre nature que ceux poursuivis par les sociétés commerciales. Aujourd'hui, les associations sont une illustration de la volonté des citoyens de ne pas laisser au pouvoir public le monopole de la représentation des intérêts. Le développement des associations s'est accéléré depuis une vingtaine d'années. Assurant les préoccupations les plus actuelles des citoyens, comme l'éducation et la formation, elles manifestent une vitalité accrue, tantôt en réaction contre la puissance de l'Etat, tantôt en se substituant à lui.

L'Etat et les collectivités territoriales prennent en considération cette montée des associations selon une stratégie qui évolue ; les associations sont aujourd'hui l'objet, tantôt de l'indifférence des pouvoirs publics, tantôt de tentatives de captation pour les faire participer à leur action. La seconde attitude est actuellement prépondérante en faisant des associations à la fois des interlocuteurs officiels des pouvoirs publics et des instruments de l'action publique.

L'autorisation à créer une association fut délivrée par le ministère français de l'intérieur et la loi n'a été reconnue qu'en 1901. A ce sujet, le ministre de l'intérieur, Raymond Marcellin, proposa en 1971 de soumettre toutes les associations à une autorisation préalable de ses services ; la loi fut votée, mais le conseil constitutionnel, saisi par le président du sénat, la rejeta et confirma de façon spectaculaire la liberté d'association... pour les français. Enfin, si l'abrogation de 1981 permet à un bon nombre d'associations étrangères de se former librement tout en favorisant ainsi le renouvellement et le rajeunissement de ses cadres, un petit détail subsiste : la mention obligatoire de la nationalité des responsables de l'association, tout au moins pour des associations déclarées.

D'ailleurs, poursuivait le même chroniqueur, «Les repas familiaux, les déjeuners dominicaux, les emplois du temps du week-end, les programmes des vacances et même abomination suprême A ce jour, la liberté de s'associer est générale, quelle que soit la nationalité des membres. Après cette longue période de discussions sur la formation des associations des étrangers en France faisant suite à l'abrogation de la loi de 1981 ayant alors permis aux étrangers de pouvoir former librement des associations, nous avons ainsi assisté à un boom des associations étrangères de tout ordre partout en France. C'est à ce titre que l'association solidaire entraide en France (ASEF) s'inscrit dans le cadre de l'éducation et de la formation en vue du développement local dans la communauté rurale de Bambaly (la communauté d'origine des membres de ladite association).

Il n'est sans doute pas besoin d'être chercheur en sociologie de l'éducation pour savoir combien le souci de la réussite scolaire des enfants peut prendre une place importante dans la vie de nombreuses institutions telle que les familles et notamment les associations. Comme le disait avec humour Liliane Delwasse, dans sa chronique Votre enfant et l'école in Le monde de l'éducation, avril 1994) : « Allez donc demander à vos amis Allemands, Italiens ou Américains comment vont leurs enfants. Ils vous parleront du flirt de l'aînée, des prouesses en basket du second ou de l'otite purulente du petit dernier. En France la réponse tournera autour d'un seul et unique sujet : la scolarité ! Rien ne compte sauf les notes, les classements et les résultats.... ».

e - dans certains foyers, les cadeaux de Noël et d'anniversaires sont centrés autour de cette unique priorité, de cet enjeu sacro-saint: l'école».

La question de l'éducation et de la formation au Sénégal a été étudiée par diverses disciplines comme l'histoire, l'anthropologie la psychologie et la sociologie. Cependant, la plupart des travaux de recherche existants ont plutôt porté sur l'aspect historique et moins sur le rôle des acteurs (les institutions comme les familles et les associations) et leurs rapports quotidiens. Les études ont montré que les taux de fréquentation de l'école ont augmenté considérablement grâce au phénomène d'urbanisation et à la forte participation des associations qu'ont connu certains grands centres urbains et communaux du Sénégal durant les quarante dernières années. Le thème de l'éducation et de la formation, lui a été étudié par des sociologues et des historiens qui ont décrit son rapport à la population et son mode de fonctionnement.

Ainsi, nous avons pensé que l'éducation et la formation, coexistent depuis longtemps au Sénégal, entretiennent à travers l'école et l'élève des rapports qui méritent d'être élucidés par la discipline sociologique. Si l'on sait que l'accès à l'éducation et à la formation et les conditions pour aller à l'école et se former dans certaines localités du Sénégal sont majeures et complexes, on s'aperçoit bien qu'il serait intéressant et opportun que les acteurs sociaux notamment les associations de la diaspora et même des familles interviennent à travers la pluralité des actions qui seront certes diverses et multiples mais orientées.

La crise scolaire au Sénégal s'est accentuée d'année en année jusqu'à atteindre son apogée dans les années 1980. Entre 1970 et 1980, l'école Sénégalaise s'est peu à peu plongée dans ce que l'on pourrait appeler la perte de prestige. Les grands centres d'intérêts qui sous-tendaient sa promotion ont été affectés par la crise économique. A partir de 1980, la crise s'est encore accentuée avec l'apparition d'une population importante de déscolarisés à tous les niveaux de l'enseignement.

L'école, très tôt perçue comme instrument de développement socio-économique, lieu d'égalisation des chances, est au coeur de nombreux débats. C'est au moment où l'école se démocratise au Sénégal qu'on la découvre inégale. Les facteurs de la crise scolaire Sénégalaise sont donc nombreux et complexes. L'école Sénégalaise comme disait Souleymane Gomis dans la relation famille-école au Sénégal  « subit aujourd'hui plusieurs types de difficultés liées à la démographie galopante non maîtrisée, aux mauvaises conditions de travail aggravées par la réduction du budget de l'éducation nationale de 25 à 30% favorisant le développement de classes pléthoriques, au manque de matériel de travail et au manque parfois de salles de classes »2(*). Ces difficultés sont diverses et multiples mais leurs natures sont différentes les unes des autres. A notre avis, outre la réduction du budget de l'éducation, il y a aussi la mauvaise gestion dudit budget car les investissements ne sont jamais injectés dans les axes prioritaires de l'éducation. Comme exemple, malgré les 43% du budget alloués à l'éducation en 2006, l'école Sénégalaise a pourtant vécu cette année-là, l'une des années scolaires les plus sacrifiées et peine toujours a retrouver sa notoriété d'antan au niveau de l'espace sous-régional et même continental. Il s'y ajoute aussi que depuis les états généraux sur l'éducation ayant été l'un des points fondamentaux des ajustements structurels à la fin des années 80, l'Etat sénégalais, sans le dire ouvertement, s'était pourtant désengagé du secteur scolaire jugé par les institutions financières internationales comme un secteur non productif.

Ce qui avait conduit à la suppression des écoles régionales de formation des instituteurs (ER) remplacées par les EFI (Ecoles de Formation des Instituteurs) et ce, en ayant raccourci la formation des enseignements de 4 ans (dont 1 année entière de stage pratique) à 1 an de formation. Mais quelques années seulement après, la réforme scolaire et universitaire de 1994 proposa encore de supprimer lesdites EFI pour donner lieu à un simple système de recrutement des volontaires de l'éducation qui, non seulement ne se soucie pas trop du niveau académique des futurs enseignants mais aussi et surtout dont la formation laisser à désirer (1 an de formation ramené à trois mois de stage !). en outre, à la suite de la réforme scolaire de 1986 ayant abouti à un concept du système scolaire dénommé « école nouvelle », la préoccupation de l'Etat sénégalais était la massification de la scolarisation des enfants mais paradoxalement, le pouvoir public se souciait peu de l'efficacité de l'école qui, il faut le souligner, se devait de former des citoyens capables de se comprendre et de comprendre le monde dans lequel ils vivent mais aussi et surtout d'être de véritables acteurs de développement et ce, grâce à des enseignements de qualité pouvant répondre aux exigences du monde moderne et du marché de travail tant national qu'international. Par conséquent, ce manque de vision sur l'essentiel et sur le rôle à jouer de l'école dans la vie publique a conduit à la situation dégradante du système scolaire sénégalais qui, il faut le reconnaître, perd de plus en plus sa notoriété d'antan et ce, à cause de la baisse progressive du niveau des élèves, la mauvaise formation des enseignants liée à la suppression des écoles de formation jugées très coûteuses par les instituions financières internationales (BM et FMI), le manque notoire de crédibilité des diplômes à cause des multiples grèves des étudiants, des élèves mais aussi et surtout des enseignants ces dernières années, etc.

C'est dans ce contexte que notre étude a pour objet de démontrer le rôle du monde associatif- surtout de la diaspora- dans la quête d'une alternative qui contribuerait à renforcer l'efficacité de l'éducation, gage d'une meilleure promotion des ressources humaines.

En nous appuyant sur le cas particulier de l'ASEF, notre travail consistera aussi,- eu égard à la pluralité des pratiques et des actions de ladite association en matière de codéveloppement ou simplement de développement solidaire, d'évaluer son impact dans l'éducation et de la formation des populations locales et en particulier des enfants au niveau de la communauté rurale de Bambaly située au sud du Sénégal dans la nouvelle région de Sédhiou. Ce qui nous amènera aussi dans la présente étude, à nous intéresser aux enjeux des rapports Nord-Sud (via les organisations associatives des immigrés), dans le Codéveloppement.

Nous aborderons ce travail sous trois parties :

Ø Dans la première partie, outre la définition détaillée de la problématique nous définirons dans un premier temps le cadre méthodologique et les hypothèses de travail. Puis dans un second temps, l'étude portera sur la sociologie de l'immigration en France et ce, en nous limitant exclusivement à la diaspora Sénégalaise.

Ø Dans la seconde partie de l'étude, il sera question d'une analyse des enjeux du Co-développement par le biais des organisations associatives d'immigrés en France en direction des localités d'origine (au Sénégal)

Ø Enfin dans la troisième et dernière partie, nous nous appuierons sur l'exemple de l'ASEF pour mettre en exergue l'impact et le rôle que joue ladite association en tant que vecteur de Codéveloppement en matière d'éducation et de formation dans la communauté rurale de Bambaly.

Première Partie

Cadre théorique et méthodologique

I. Cadre méthodologique et hypothèses de travail

I.1. Méthodologie

Pour mieux cerner la participation des organisations associations de migrants pour le développement de leurs localités d'origines en matière d'éducation et de la formation notamment l'association solidarité entreaide en France (ASEF), j'ai choisi d'analyser la participation de l'Asef dans l'éducation et la formation des jeunes de la communauté rurale d'origine. J'examine les différentes réalisations faites et le sens de ces derniers.

Ma recherche porte donc sur le rôle que joue les associations Sénégalaise en France dans le développement local en matière de l'éducation et de la formation dans leurs localités d'origines en prenant comme l'expérience de l'ASEF, association solidarité entreaide en France et dans ce sens, ma problématique se pose de la façon suivante : comment articuler les pratiques associatives en direction des pays d'origine des migrants et le codéveloppement en matière de l'éducation et de la formation ?

Et par conséquent l'objectif de cette étude consiste à examiner la place des association es migrants notamment l'ASEF dans le développement local et la nature de leurs pratiques.

L'objectif e ce mémoire est dans un premier temps l'analyse les différences réalisations effectuées, dans un second temps, le sens de ces pratiques et en fin leurs place dans le codéveloppement tel qu'il conçu aujourd'hui par les politiques. Mais avant d'en arriver cela, je m'intéresse de l'immigration Sénégalaise en France avec son impact sur le développement économique au Sénégal et ses enjeux dans le codéveloppement.

* 1 Charles Debbasch et Jacques Bourdon, les associations, Que sais-je, n°2209, Puf, 1985.

* 2 Gomis S., « la relation famille-école au Sénégal », L'Harmattan, 2003.

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