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Agbonou: dynamique d'un quartier périphérique d'Atakpamé

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par John Kodjo Gnimavor FAGBEDJI
Université de Kara - Mémoire de maà®trise 2009
  

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PREMIER CHAPITRE

CADRE CONCEPTUEL ET APPROCHE
METHODOLOGIQUE

1.1. LE CADRE CONCEPTUEL

1.1.1. La problématique

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'au début du 3e millénaire, la dynamique urbaine de l'Afrique subsaharienne est le fait le plus marquant pour ce continent. Lié dans une large mesure à la colonisation pour les besoins de l'expansion européenne, le processus d'urbanisation moderne a véritablement démarré durant cette période avec un rythme très lent (Coquery-Vidrovitch, 1987 cité par Nyassogbo, 2004). Il a commencé à s'accélérer au début des années d'indépendance surtout dans les grandes villes pour atteindre sa vitesse de croisière durant les années 1970 avant de connaître une nouvelle phase de décélération au début de la "décennie perdue ",(Nyassogbo, op. cit.), au profit des villes secondaires. En effet, au lendemain des indépendances, les responsables africains ont élaboré des plans de développement ambitieux fondés sur les grandes villes notamment les capitales "vitrines du développement", (Nyassogbo, op. cit.). Mais au début des années 1980, la tendance s'inverse ; on remarque désormais un intérêt particulier pour les petites et moyennes villes au service du développement régional et local. L'intérêt que suscitent à présent les petites villes trouve son origine dans une série de facteurs. D'abord, il s'agit des échecs répétés de développement fondés sur les capitales. Ensuite à cause de la crise urbaine qui caractérise l'ensemble de l'Afrique tropicale. Il trouve enfin son origine dans une croissance exagérément rapide des villes qui aboutit au phénomène du gigantisme urbain. On pouvait donc constater aisément que : « les grandes viles sont incapables de promouvoir le développement harmonieux des pays africains dans les conditions actuelles de l'urbanisation avec tous les problèmes qu'elles posent » (Nyassogbo, op. cit.).

Un autre aspect de ce gigantisme urbain se traduit par la consommation d'espace. En effet, La forte croissance démographique que connaissent les

grandes villes d'Afrique subsaharienne depuis plusieurs décennies se traduit par un étalement urbain incontrôlé, un équipement déficient en services de base (écoles, centres de santé, électricité, eau potable...) et une mauvaise accessibilité des quartiers périphériques, qui abritent généralement des populations à bas revenus. A titre d'exemple, Lomé, entre 1970 et 1981 avait une population qui s'est dédoublé passant de 145000 à 375000 hbts, alors qu'à la même période la superficie urbanisée s'est multipliée par trois, passant de 1900 à 6000 hectares (Nyassogbo, op. cit.). Dziwonou Y. en l'an 2000 note un triplement de cette superficie qui revient à 18000 ha et plus entre 1980 et 1998 alors que la population peine à se dédoublée ; or malheureusement les infrastructures et équipements de bases peinent à suivre le rythme imposé par la croissance démographique et spatiale de la ville. Bref, Les villes sont entrées dans une phase d'extension spatiale démesurée entraînant derrière elles tout un cortège de problèmes de logements, d'infrastructures de bases, de déplacements... surtout dans les nouvelles zones d'expansion. Certes, Comparativement, l'étalement urbain dans les pays du sud est intervenu beaucoup plus tôt que dans les pays occidentaux, mais la conférence sur l'étalement urbain organisée en Septembre 2007 à l'Université d'Orléans par les spécialistes des questions urbaines vient confirmer l'ampleur du phénomène sur le plan mondial. Partout, on parvient au même constat : « l'explosion spatiale de la ville ne s'est pas accompagnée d'un développement d'infrastructures urbaines à sa mesure » (Paul Claval dans son allocution d'ouverture lors de la conférence d'Orléans). Plus généralement donc, les zones périphériques restent à la fois marquées par la rareté des équipements de quartier et par une mauvaise qualité de la voirie. Le colloque d'Orléans d'après Zaninetti Jean-Marc, responsable de l'organisation proposait ainsi à « la communauté scientifique mobilisée par l'étude des villes de débattre de l'étalement urbain comme mode de régulation des rapports sociaux et comme enjeux de gouvernance territoriale à partir d'études de cas concrets, prises dans différents contextes urbains situés partout à travers le

monde ». En ce qui concerne les pays en développement, les chercheurs prônent la décentralisation qui est présentée non seulement comme une solution pour désengorger les grandes villes, mais aussi, comme une condition sine qua non de la croissance des villes secondaires et du développement de leurs arrière-pays.

Au Togo, après l'indépendance, le fait urbain est, à l'image des pays de l'Afrique subsaharienne, marqué par la présence d'une seule grande ville, Lomé, qui étend son influence sur toute l'étendue du territoire. Elle écrase de tout son poids les centres secondaires qui s'échelonnent, pour la plupart, le long des principales voies de communications. Pour ces centres secondaires, leur développement est tributaire de leurs rôles administratifs et de leur situation par rapport à la route nationale N°1 ou par rapport à un axe routier.

Atakpamé, chef-lieu de la Région des Plateaux, qui est notre zone d'étude est une ville qui doit son dynamisme à sa situation géographique et à son rôle administratif et économique.

Par sa position, Atakpamé est un carrefour important, situé à mi-chemin entre Lomé et Sokodé sur la voie centrale, à 100 km de Kpalimé, du Litimé et également à une centaine de km de Savalou en République du Bénin. << Cette position stratégique d'Atakpamé n'a jamais été démentie au cours de l'histoire. Elle a été au contraire confirmée et renforcée par son choix, d'abord par l'administration coloniale (allemande puis française), comme chef-lieu du cercle du centre, puis après l'indépendance, comme chef-lieu de la Région des Plateaux » (Nyassogbo, 1985).

Cette évolution politique et administrative est vigoureusement soutenue par l'évolution économique et démographique.

Sur le plan économique, Atakpamé est le seul débouché des produits agricoles vivriers d'un vaste arrière-pays largement excédentaire et centre de transit des produits d'exportation (café, cacao et coton).

Sur le plan démographique, elle occupe la 5e place dans l'armature urbaine du Togo avec 77 300 habitants (DRSCN-PL, 2007) derrière respectivement Lomé, Sokodé, Kara et Kpalimé. " Blotti au fond d'une cuvette " (Nyassogbo, op.cit.), le premier noyau urbain formé de Woudou, Blakpa, Gnagna et Djama, est entouré d'une série de collines qui lui ont permis de résister aux grands assauts des Dahoméens au 15e et 16e siècle. Durant la période coloniale, la ville s'est étendue sur les versants est des monts Akposso. Cette ceinture naturelle formée par ces hauteurs confère à la ville un paysage géographique très attrayant. Mais le relief et la configuration du périmètre urbain sont une entrave à l'extension de cette ville. En réalité, c'est l'ouverture sur la pénéplaine d'Agbonou, il y a une vingtaine d'années après une longue hésitation de la population, qui a donné un nouveau coup d'accélérateur à l'extension spatiale de la ville. Ceci renforça sa fonction de carrefour puisqu'elle occupe désormais le site d'Agbonou qui est situé sur la route nationale N°1.

Noeud de l'axe routier Nord/Sud et du chemin de fer du centre, Agbonou est un des plus grands carrefours commerciaux du Togo situé sur la route nationale N°1 après celui de Sokodé. Les nombreuses escales répétées et effectuées ça et là par les automobilistes empruntant la Nationale N°1 en témoignent largement. Ces escales sont surtout sources d'une dynamique économique, démographique et spatiale impressionnante. Ce quartier a une dynamique économique singulière par rapport aux autres quartiers de la ville et à d'autres espaces urbains situés sur la Nationale N°1 au Togo tout comme Komah un quartier au sud de Sokodé qui connaît aussi une dynamique pareille. L'ambiance qui prévaut dans ce carrefour, le nombre de commerçants qu'on trouve là, sur une distance d'à peine un km sont de nature à témoigner de la dynamique économique que lui imprime la route nationale N°1. Quant au progrès démographique, il a été rapide depuis la moitié du 20e siècle. En 1940, l'administration y dénombra 1297 âmes (DRSCN-PL). Au premier recensement de 1960, le village comptait 4154

habitants. En 1997 et en 2004, les chiffres des estimations selon la Direction Régionale de la Statistique et de la Comptabilité Nationalité - Plateaux - (DRSCN-PL), étaient respectivement de 13008 et 17401 habitants ; ce qui donne un taux d'accroissement de 3,28%. Actuellement, cette population peut être estimée à une vingtaine de milliers.

Sa dynamique spatiale a été plus spectaculaire. Au dernier recensement de 1981, Agbonou n'était qu'un petit village, mais aujourd'hui, il fait pratiquement la moitié de la superficie urbaine d'Atakpamé, soit 152 ha sur 377 que compte la ville (DRSCN-PL). Comment expliquer le dynamisme de ce quartier d'Atakpamé ?

Quelles sont les spécificités géographiques, historiques et socio-culturelles de ce quartier ?

Quelle est la part des migrations résidentielles dans le périmètre urbain ? De quels types d'équipements socio-collectifs dispose-t-il ?

Quel rôle joue la route nationale N°1 dans l'extension spatiale du quartier ? Quel rôle joue-t-elle dans le développement local et régional ?

Telles seront schématiquement nos pistes de réflexion dans ce travail. 1.1.2. Objectif général

> Le travail vise à étudier la dynamique des quartiers périphériques des

villes secondaires.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon