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Aperçu de la déforestation de la réserve de biosphère de Luki et projet de remédiation

( Télécharger le fichier original )
par Richard TSOMIKINA ILUNGA
Université de Kinshasa - Graduat en sciences agronomiques 2010
  

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3.2 Différents acteurs oeuvrant dans le secteur agricole

Etant donné que notre étude a porté sur la déforestation de la réserve de biosphère de Luki, les activités concernées par notre étude sont certes l'agriculture, la carbonisation, le sciage de long, la chasse et la cueillette.

Quant à l'agriculture, nous avons identifié les différents acteurs oeuvrant dans ce secteur et les avons catégorisé selon leur statut.

Il ressort que parmi eux, il y avait des métayers, simples paysans ainsi que des ayant-droits. En effet, le tableau 3 expose les catégories d'acteurs par village.

Tableau 3 : Catégorisation des agriculteurs (planteurs) par village

Villages

Catégorie des planteurs

Mét1

Spay2

Adr3

MONZI I

MONZI II

NGAKA

KITSHAKATA

KIMUNFU

2

-

-

-

-

4

7

5

6

5

-

-

-

-

1

Total

30

Légende : 1métaye ; 2simple paysan ; 3ayant-droit

Comme peut le témoigner le Tableau 3, les métayers et les ayant-doits enquêtés sont moins nombreux et ne représentent à peine que 1/10 de simples paysans.

3.3 Activités de la population locale

La population vivant dans et autour de la réserve de biosphère de Luki recourent principalement à l'agriculture, à la carbonisation, à la chasse, au sciage de long et la cueillette pour survivre.

Le tableau 4 illustre toutes les activités courantes de nos enquêtés.

Tableau 4 : proportion des enquêtés impliqués dans les différentes activités

Villages

Activités réalisées (%)

Agr1

Carb2

Chs3

Scl4

Cueil5

MONZI I

MONZI II

NGAKA

KITSHAKATA

KIMUNFU

16,6

23,3

16,6

20,0

16,6

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

3,3

0,0

0,0

0,0

3,3

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

0,0

Total

93,4

0,0

6,6

0,0

0,0

Légende: 1Agriculture ; 2 Carbonisation ; 3 Chasse ; 4 Sciage en long ; 5 Cueillette

Les personnes ayant fait l'objet de notre enquête sont essentiellement des planteurs représentant jusqu'à concurrence de 93,4% contre 6,6% des chasseurs sur l'ensemble des cinq secteurs d'activités identifiées.

Cependant, la carbonisation, le sciage en long et la cueillette ne sont pas négligés par cette population locale bien qu'il n' y a absolument aucun chiffre disponible pour chacune de ces trois activités. En d'autres termes, la population locale pratique aussi bien la carbonisation, le sciage en long que la cueillette mais malheureusement, aucun acteur de ces trois secteurs n'a été identifié lors de notre enquête sous peine d'être traduit en justice selon leur conception.

Pourtant, nous avons enregistré beaucoup de produits forestiers entre autres la braise, le bois de chauffe, les animaux issus de la chasse et les planches à chaque visite des différents villages longeant la route asphaltée Boma-Matadi.

D'ailleurs, les informations recueillies sur place ont pu révéler que la plupart de carbonisateurs utilisent généralement les essences précieuses telles que Terminalia superba (Limba), Prioria balsamifera (Tola), Gilbertiodendron mayombense (Posa), Milicia excelsa (Iroko), etc....

Malgré l'interdiction formelle de WWF et de l'INERA, plusieurs points de vente des gibiers se situent actuellement aux abords immédiats de la réserve, principalement le long du tronçon routier Kinzao-Mvuete-Manterne. Une véritable économie cynégétique cesse de se développer aux alentours de la réserve. Les scieurs de long, clandestins, sont nombreux et ceux des enclaves exercent leurs activités voire même dans la réserve et pourtant les limites sont très connues.

Il est nécessaire de connaître la superficie utilisée par tous les acteurs du secteur agricole mais nous signalons avant tout que les ayant-droits ont été indemnisés par les autorités coloniales à la création de la réserve en 1937 tout en délimitant la superficie leur octroyée tandis que les métayers ont bénéficié des étendues de la part de l'INERA.

Signalons par la suite que les métayers et ayant-droits sont mis en ensemble (regroupés) pour déterminer la part qui leur revient car soit disant que les simples paysans recourent généralement au fermage auprès de ceux-ci. D'où, le tableau 5 en expose l'historique.

Tableau 5 : Superficie utilisée par les acteurs du secteur agricole

Village

Superficie octroyée et cultivée (ha)

Simples paysans

Métayers et Ayant-droits

MONZI I

MONZI II

NGAKA

KITSHAKATA

KIMUNFU

5,5

17,5

6,5

7,0

11,0

25,0

0,0

60,0

0,0

10,0

Moyenne/personne

1,8

23,7

En ce qui concerne la superficie octroyée ou utilisée, les quatre métayers et ayant-droits enquêtés ont chacun en moyenne 23,7 ha tandis que les vingt-quatre simples paysans enquêtés ont en moyenne 1,8 ha à chacun. Ces derniers recourent, disaient-ils, au fermage auprès des métayers et ayant-droits pour leur survie.

En plus de nos préoccupations ci-haut énumérées pour le secteur agricole, il nous a impérativement paru utile de savoir également auprès de nos enquêtés de ce secteur le type d'agriculture pratiquée pour vérifier réellement si celle-ci est à la fois itinérante et sur brûlis ou non. Le tableau 6 décrit le type d'agriculture pratiquée au niveau de la réserve.

Tableau 6 : Type d'agriculture pratiquée par la population enquêtée.

Villages

Type d'agriculture pratiquée (%)

Itinérante sur brûlis

Itinérante sans brûlis

MONZI I

MONZI II

NGAKA

KITSHAKATA

KIMUNFU

17,8

17,8

17,8

21,4

17,8

0,0

7,0

0,0

0,0

3,5

Total

93

7

Il ressort du tableau 6 que 93 % de nos enquêtés font l'agriculture itinérante sur brûlis tandis que 7 % seulement d'entre eux recourent à l'agriculture itinérante sans brûlis. Leurs productions principales sont la banane, le maïs, l'arachide, le manioc, l'igname.

Les cultures de maïs, arachide, manioc et ignames sont faites dans un même champ après défrichage puis brûlage tandis que le bananier est séparément cultivé sans pratique du brûlis.

Ces résultats nous permettent de conclure que ce mode d'exploitation agricole contribue à la déforestation et au réchauffement climatique global en facilitant la fuite de carbone dans l'atmosphère comme l'estime la FAO (1992). Une solution complémentaire devrait être trouvée en vue de détourner la population locale de ses anciennes pratiques.

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