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Corrélation genre et participation politique: une analyse des causes et impacts de l'invisibilité des femmes dans les institutions politiques de la RDC, avec un regard particulier sur Kindu dans la province du Maniema (1960-2011)

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par Kalonge GASTON
Université de Kindu - Diplôme d'études supérieures en sciences politiques et administratives 2011
  

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2. PROBLÉMATIQUE

Au début du 20ième siècle, plusieurs chercheurs en sciences sociales ou humaines ont entrepris de s'intéresser de plus près à l'impact des mutabilités des regroupements sociaux sur les femmes. En 1970, on a parlé de la participation des femmes au développement non seulement politique mais intégral. Ces approches partaient des conceptions selon lesquelles les femmes accusaient un retard dans les sociétés sub-sahariennes ainsi que dans les pays où l'islam est une religion d'Etat embrassée par la majorité de la population globale.

Cette conception était répandue de même dans la société congolaise vers l'année 1994 et qu'il était possible, selon les chercheurs, de combler l'écart entre les femmes et les hommes en adoptant des mesures correctives dans le cadre des structures politiques, administratives et juridiques existantes d'une part et d'autre part, dans le cadre des politiques publiques.

Le lancement de la décennie « Femme, égalité et paix » avec la conférence de Mexico en 1975, a marqué le début officiel de la prise de conscience collective et a permis de faire sortir les femmes en général de leur invisibilité, dans le but de cesser le développement exclusivement au masculin et de mobiliser les forces visant à s'imposer dans les structures politico-administratives des Etats modernes.

Cette conférence fut organisée à la demande de l'Assemblée générale des Nations Unies pour attirer l'attention de la Communauté Internationale sur le besoin de développer des objectifs futurs précis, des stratégies efficaces et des plans d'action en faveur de la promotion intégrale et surtout politique des femmes. Trois objectifs clés furent identifiées pour servir de base à cette assise des Nations Unies relative aux femmes, il s'agit de :

? L'égalité complète hommes-femmes et l'élimination de toutes sortes des discriminations fondées sur le sexe ou autres considérations des divers ordres;

? Le favoritisme de toutes les actions orientées vers l'intégration et la pleine participation des femmes au développement intégral; et

? L'adoption des apports de plus en plus importants des femmes au processus de renforcement de la paix internationale.

Par ailleurs, plusieurs conférences internationales et régionales ont été organisées dans la plupart des Etats du monde, avec comme objectif de remodeler la vision sur les conditions vitales des femmes, ainsi que de définir les relations de pouvoir politique- femmes.

Ces assises ont permis à tous les niveaux de reconnaître la place et le rôle crucial des femmes dans la mobilisation des ressources orientées vers le développement politique et la nécessité de leur participation équitable à la prise de décision pour asseoir un développement durable. En somme, les contextes mondial et régional devraient offrir aussi à la République Démocratique du Congo de réelles opportunités pour réaliser l'équité et l'égalité de Genre. Fort malheureusement en RD Congo, l'équité et l'égalité de Genre sont des nouvelles notions réfutées non seulement par les dirigeants politiques, mais aussi par les diverses couches sociales qui trouvent dans ces notions une nouvelle forme de la remise en cause des moeurs et traditions congolaises. Les femmes ne sont pas visibles au sein des diverses institutions publiques. Bien qu'il existe tout un arsenal des textes juridiques en faveur de la promotion des femmes, mais dans la pratique ces textes ne sont pas pris en considération.

La question de corrélation Genre et développement politique est une problématique qui s'impose ce dernier temps en RDC, comme thématique importante tant au niveau de tout le pays en général que dans toutes les provinces de la République Démocratique du Congo en particulier. Si la question des inégalités de Genre dans le processus de développement intégral a été abordée avant cette décennie, il s'avère qu'elle se pose de façon accrue en cette période de la reconstruction nationale et de la démocratisation de la République Démocratique du Congo qui nécessite l'implication non seulement des hommes, mais aussi de toutes les forces vives de la nation où l'on retrouve les hommes et les femmes.

Le programme d'action adopté à la quatrième conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes, tenue à BEIJING en 1995, a fait de l'intégration de la problématique hommes-femmes dans la société, une stratégie mondiale en vue de la promotion de l'égalité des sexes. Cette conférence a souligné la nécessité de faire en sorte d'assurer un rang de priorité élevé à l'égalité des sexes dans tous les domaines du développement sociétal.

La situation d'inégalité des sexes en République Démocratique du Congo pourrait tirer son fondement de l'environnement socio culturel et de son histoire fluctuante qui est producteur de contextes diversifiés, de l'exclusion naturelle et réfléchie de la femme dans l'exercice du pouvoir politique et dans l'acquisition des dividendes de l' environnement économique, géographique, socioculturel, etc.

Il est à noter cependant que ces inégalités ne se vivent pas de la même façon par l'ensemble de la population féminine congolaise. Dans un contexte multiculturel et à réalités locales diverses, on note une superposition de facteurs qui militent pour des statuts différenciés des femmes.

Scruter le fonctionnement de Genre dans différents contextes s'affiche comme une nécessité pour les acteurs de développement afin que soient pris en compte de manière intégrale, les faits générateurs du positionnement défavorable des femmes dans leurs espaces de vie en République Démocratique du Congo. La non prise en compte de réalités auxquelles font face les femmes, de leurs besoins spécifiques et stratégiques semble induire le renforcement de leur situation défavorable, et cela par les politiques et stratégies de développement non sexuées.

D'où, la visée de cette analyse qui, au-delà des inégalités sexuelles constatées dans la communauté politique congolaise, met en corrélation explicative les variables Genre et la participation politique afin d'atteindre une explication objective sur les spécificités féminines qui influent sur la vie politique et vice versa. Au-delà de cette conception, s'accole également l'étude systématique de causes et effets de l'invisibilité des femmes dans les institutions politiques congolaises, ainsi que l'analyse des préalables relatifs à l'intégration des femmes au processus de la participation politique, l'appartenance sociale, le milieu de résidence, l'âge et la trajectoire historique des femmes congolaises.

Sans toutefois se plonger dans les conceptions idéalistes ou Platoniciennes relatives aux explications de notre objet d'étude, ce travail part de l'analyse de faits existants dans la société congolaise, précisément dans l'ordre des problèmes sectoriels du Genre appliqué dans un cadre limité : la participation politique.

Ainsi, il est question de privilégier le courant d'idées de matérialismes dialectiques ; l'unique courant capable de produire un schéma explicatif approprié afin d'atteindre l'explication de la causalité de l'invisibilité des femmes dans les institutions politiques de la République Démocratique du Congo d'une part, et de produire des explications relatives à la nature de combat politique opposant les hommes et les femmes ; les armes et stratégies utilisées par chaque camp dans ce combat pour le pouvoir politique.

Les opinions sont de nos jours controversées et divisent non seulement les individus en terme des sexes, mais aussi les catégories sociales ; d'abord en ce qui concerne l'égalité Homme-femme, ensuite la nécessité de la participation politique des femmes dans l'exercice du pouvoir politique et enfin, le rôle et l'influence des actions des femmes dans le processus de la participation politique. Les groupes féminins orientés vers la promotion de la femme devraient être visibles dans l'univers politique congolais.

En outre, ils devraient jouer le rôle des « fonctions tribunitiennes », c'est-à-dire, ces groupes devraient lutter à travers le schéma qui va de la récupération des revendications des femmes congolaises au niveau de la base, les catégorisent en fonction des réclamations prioritaires et les canalisent enfin, vers les instances du pouvoir pour que ces dernières prennent des décisions en faveur des femmes.

Le combat politique est inévitable et manifeste en RDC. Ce combat oppose les hommes contre les femmes, il peut être aussi conçu comme celui explicité dans les littératures marxistes. Car, il se manifeste sous la forme des rapports de domiciliations et d'exploitations qui, traditionnellement présentent les Hommes comme une classe d'Aristocratie dominante et les Femmes comme celle des serfs dominés. D'où, l'usage du raisonnement dialectique matérialiste dans l'explication scientifique de notre objet d'étude.

Les déterminants et les manifestations du Genre face au développement politique subissent les mutations incessantes, car les textes juridiques garantissant les droits des femmes subissent aussi des mutations en fonction de l'évolution de la société elle-même. Ce type de changement incessant veut qu'on s'attache au courant matérialiste dialectique dans l'explication du phénomène « Genre et politique ».

La République Démocratique du Congo, en tant qu'un univers politique, ne devrait pas continuer à fonctionner au masculin. Il fallait, à l'heure actuelle procéder à la valorisation, à la capitalisation et à la maximisation des ressources ; prendre en compte les femmes comme ressources humaines potentielles et importantes dans une logique de mixité sociale, socle de tout développement durable.

Paradoxalement, au-delà de la volonté affichée par les Nations Unies concernant la place et le rôle d'une femme dans toute société moderne ainsi que les impulsions des Associations Féminines, l'évolution de la situation de la femme en République Démocratique du Congo reste presque statutaire et dans l'immobilisme à quelques exceptions près. Les statistiques fiables nous montrent qu'à l'échelle nationale, les indicateurs du Genre révèlent:

- Du point de vue social : 70% des personnes vulnérables et assujetties sont des femmes. Le nombre des femmes analphabètes s'élève à 60% par rapport aux femmes instruites, une femme sur 3 au moins reçoit des coups ou subit des relations sexuelles imposées. (Voir le rapport annuel de l'UNESCO(34(*))), environ 200 fillettes par an sont utilisées pour devenir esclaves de sexe ou prostituées en République Démocratique du Congo ;

- Du point de vue de la santé : En République Démocratique du Congo, 75% des jeunes infectés par le VIH sont des filles âgées de 15 à 24 ans ;

- Du point de vue de la politique : les femmes élues dans tout le pays ne représentent que moins de 15% de parlementaires ;

- Du point du vue de l'économique : les femmes ne possèdent qu'un 1% des richesses du pays.

Dans le cadre de ce mémoire, l'aspect politique nous préoccupe le plus, car c'est dans la politique que se définissent les destinées des gens et se prennent les grandes décisions orientant les activités des autres domaines de la vie, or la femme y est presque absente. Sa visibilité dans la sphère publique est très faible. En tant que chercheur en sciences politiques, précisément dans le domaine de GENRE, nous ne pouvons en aucun cas nous passer des enjeux de cette nouvelle donne afin de comprendre la nature de ce phénomène politique, l'analyser et l'expliquer de façon rationnelle et scientifique pour dégager le sens réel de la corrélation Genre et la participation politique.

Comme on peut le remarquer, l'univers d'étude étant vaste, nous avons ciblé, observé et orienté notre analyse dans la Province du Maniema. A partir de la réalité du Maniema, nous avons globalisé la situation de la femme congolaise en général grâce à l'usage de raisonnement inductif. Temporellement, cette étude couvre la période allant de 1960 à 2011, du fait que c'est à partir de cette période que l'élite politique congolaise exerce de façon indépendante, ses activités politiques vis-à-vis des autres pays dits « anciennes colonies ».

A cet effet, cette étude permettra, du point de vue théorique, d'ouvrir une brèche des nouvelles discussions scientifiques sur le rapport Genre-participation politique dans les pays dits du tiers monde. En outre, c'est aussi un cadre de référence pouvant aider tout opérateur politique afin qu'il saisisse l'importance de promouvoir ou de favoriser la participation des Femmes dans le processus de la démocratisation du pays. Car, les femmes constituent une force sociopolitique capable d'influer sur l'organisation et le fonctionnement harmonieux des structures politiques de chaque Etat.

De ce qui précède, il y a lieu de poser des questions ci-après afin de situer notre objet d'étude par rapport au problème explicité ci-haut : Existe-il, en RDC des facteurs explicatifs du Genre. Une fois mis en application, pourraient-ils contribuer à la participation politique inclusive ? Si non, que faire pour que la matérialisation de l'approche Genre suscite la visibilité des femmes dans l'exercice du pouvoir politique au Congo? Quels sont, enfin, les indicateurs manifestes des inégalités Hommes-Femmes prouvant que l'invisibilité des femmes au sein des institutions politiques de la RDC est une réalité?

Dans un travail scientifique, il ne peut-être question de collectionner et d'accumuler des données au hasard, sans respecter les canons de la recherche scientifique, car les phénomènes socio politiques qui font l'objet de notre analyse sont complexes et menacent constamment d'égarer le chercheur de la voie tracée par les spécialistes. Une idée anticipée doit être le point focal de tout raisonnement expérimental.

* 34 UNESCO, Rapport annuel des activités du Bureau de l'UNESCO en RDC, Novembre 2009, p. 54

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"Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maitre !"   Léonard de Vinci