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Transmettre le patrimoine audiovisuel. Expériences et réflexions sur la conservation et la valorisation des documents sonores et audiovisuels numérisés dans le Puy-de-Dôme

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par Olivier Meunier
Université Blaise-Pascal Clermont-Ferrand 2 - Master 2 cultures territoires patrimoines 2012
  

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Conclusion générale

Au terme de ce parcours, j'entrevois l'immense richesse d'une mission départementale du patrimoine audiovisuel dans le Puy-de-Dôme. Les documents d'archive audiovisuels constituent, au même titre que les archives papier, les églises romanes, les vestiges galloromains, les ouvrages classiques de la littérature et de la philosophie, etc., des matériaux précieux pour comprendre notre monde et cet étrange animal qu'est l'homme. Pourtant, ces documents - bobines, bandes-sons, cassettes vidéo- restent les grands oubliés des greniers et placards de nombreuses maisons du Puy-de-Dôme, et, déjà, nous le savons, de nombreux trésors sont perdus à jamais.

J'ai acquis la certitude, à l'occasion de nos différentes visites, que le Conseil général du Puyde-Dôme possède toutes les compétences et une base saine pour mettre en place une mission du « patrimoine audiovisuel » : une équipe formée aux enquêtes de terrain et à la valorisation des contenus (la cellule Patrimoine et Ethnologie), dont les responsables ont une très grande connaissance de l'Auvergne. Une autre équipe rompue à la conservation et au traitement documentaire de l'image fixe (la photothèque départementale), qui travaille sur une base de données à présent apte à gérer de l'image animée et du son, et au sein d'une institution qui assure la qualité et la pérennité (juridique et documentaire) de la conservation (physique et numérique) des documents.

Cela dit, le patrimoine audiovisuel fait appel à des matériels sophistiqués et évoluant très rapidement (nécessitant donc des remplacements réguliers), et à un personnel qualifié, aux compétences multiples. Une équipe complète et cohérente de conservation et de valorisation du patrimoine audiovisuel se compose a minima de cinq personnes, aux tâches bien définies : d'un(e) responsable (rompu(e) à l'ingénierie de projets et aux problèmes juridiques), d'un(e) assistant(e) administratif (ou plusieurs), d'un(e) documentaliste-chargé(e) de collecte (ou plusieurs), d'un(e) technicien(ne) audiovisuel-chargé(e) de numérisation (ou plusieurs), et d'un(e) chargé(e) de valorisation et d'éditorialisation internet (ou plusieurs, qui peuvent diversifier les modes de valorisation). La constitution d'une équipe complète et d'un matériel performant nécessite donc, dans les premières années de construction du projet, un soutien politique fort et un engagement financier qui peut être soutenu par des aides européennes.

Si le patrimoine audiovisuel ne bénéficie pas aujourd'hui d'une véritable légitimité académique, quelques organismes, tels que ceux présentés dans ce mémoire, et d'autres plus ou moins prestigieux, ont acquis des savoir-faire inestimables en matière de conservation et de traitement documentaire des archives audiovisuelles, et ont exploré de multiples façons de les valoriser. Certains ont constitué des réseaux, tel que « Inédits - films amateurs/mémoire d'Europe », afin de mettre en place des espaces d'échanges et de promotions. Il est possible aujourd'hui de se rapprocher de ces communautés de pensée et de pratiques, afin de s'en inspirer et de participer à cette émulation.

Cette longue période de réflexion et d'expérimentations a été féconde en rencontres et en possibilités de partenariats. Les liens avec les responsables associatifs des Ancizes, suite aux projets Fadas du viaduc et 100 ans d'école laïque aux Ancizes-Comps, se sont affermis : le film sur le centenaire de l'école devrait être projeté au cinéma « La Viouze » des Ancizes, et des contacts sont déjà pris avec des cinéastes-amateurs, qui ont filmé dans les Combrailles, et en Auvergne en général, durant ces cinquante dernières années. Par ailleurs, un projet de films d'entretiens est en cours de réalisation, en partenariat avec le Musée départemental de la Céramique, à Lezoux, pour sa prochaine exposition annuelle. De nombreux contacts ont été aussi pris avec des organismes régionaux du cinéma et de l'audiovisuel, détenteurs de collections ou organisateurs d'événements, comme l'Institut du travail social d'Auvergne, qui met en place le festival du film documentaire de Clermont-Ferrand « Traces de vie » : peutêtre, demain, y aura-t-il une séance « mémoire audiovisuelle » lors de cette manifestation ?

Enfin, je terminerai en écrivant ceci, plus personnel : on dit d'une thèse de doctorat que c'est une ascèse pour celui qui la rédige. Or, je dois bien reconnaître que le travail nécessaire à la rédaction de ce mémoire a été mon ascèse, mon « expérience intérieure » à moi, toute proportion gardée, et que j'ai le sentiment d'en sortir différent, peut-être plus mature, parce que confronté sur une longue période à mes contradictions, à mes angoisses, à mes faiblesses ; en bref : aux limites de mes possibles. Je suis en plus ému et heureux de l'avoir mené à son terme, et, quelque soient les qualités et les défauts qui seront reconnus à ce mémoire, j'espère que les lecteurs auront ressenti entre les lignes, en plus d'une compétence naître, un homme se réjouir et grandir.

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