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Déterminants des investissements extérieurs au maroc: approche analytique et empirique sur le secteur industriel

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par Mustapha MAGHRITI
Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales Rabat-Agdal - Thèse de Doctorat en Economie Internationale 0000
  

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UNIVERSITE MOHAMMED V-AGDAL

FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES

ECONOMIQUES ET SOCIALES

RABAT- AGDAL

UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE :

ECONOMIE INTERNATIONALE

DETERMINANTS DES INVESTISSEMENTS EXTERIEURS AU MAROC :

APPROCHE ANALYTIQUE ET EMPIRIQUE SUR LE SECTEUR INDUSTRIEL

THESE POUR L'OBTENTION DE DOCTORAT ES-SCIENCES ECONOMIQUES

Présentée et soutenue publiquement par :

Mr Mustapha MAGHRITI

Jury

Mr Mohamed Ennaji Professeur à la FSJES de Rabat-Agdal Président

Mr Said Dkhissi Professeur à la FSJES de Rabat-Souissi Rapporteur

Mr Ahmed Said Tounsi Professeur à la FSJES de droit Rabat-Agdal Rapporteur

Mr Mohamed Abouch Professeur à la FSJES de Rabat-Agdal Rapporteur

Mr Mohamed Laarbi Elharras Professeur à l'ISCAE Membre de jury

Mars 2007

REMERCIEMENTS

La réalisation de cette humble quête scientifique, je la dois à de nombreuses personnes et institutions que je tienne à remercier.

Je pense singulièrement au professeur Monsieur Mohamed Ennaji qui a bien voulu diriger ce travail.

Je pense aussi au professeur Monsieur Said Dkhissi qui m'a soutenu par ses réflexions et ses encouragements. Tout au long de la préparation de cette thèse, j'ai bénéficié de ses précieuses orientations et pertinentes remarques. Qu'il trouve ici, l'expression de toute ma gratitude.

Mes remerciements s'adressent, aux membres du jury, Messieurs Mohamed Abbouch, Said Tounsi, Mohamed Laarbi Elharras, qui ont accepté de juger ce travail.

Une mention singulière à notre département, en l'occurrence la Direction des investissements Extérieurs, au Département du Commerce et de l'Industrie, à l'Office des Changes pour tous les documents et informations qu'ils ont bien voulu mettre à ma disposition.

Ma gratitude à tous les membres de ma famille et à tous ceux et celles qui m'ont soutenu de près ou de loin à la réalisation de cette modeste investigation.

Sommaire

Introduction générale 1

Partie I LES DETERMINANTS THEORIQUES

DES INVESTISSEENTS EXTERIEURS ET

LEURS TENDANCES AU NIVEAU INTERNATIONAL 13

Introduction de la Partie I  14

Chapitre I Le cadre conceptuel de

l'investissement extérieur 16

SECTION 1 : Définition et mesure de l'IDE.........................................17

SECTION 2 : Les déterminants théoriques de l'Investissement direct

étranger 31

Conclusion du chapitre I  71

Chapitre II Les tendances des IDE dans

le monde et leur évolution au niveau international 77

SECTION  1 : État des lieux de l'IDE dans le monde 78

SECTION 2 Les firmes multinationales en tant qu'acteur

des IDE 95

Conclusion du chapitre II  110

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE 113

Partie II DETERMINANTS DES INVESTISSEMENTS

EXTERIEURS INDUSTRIELS AU MAROC : 

ANALYSE EMPIRIQUE 120

Introduction de la partie II 121

Chapitre I DETERMINANTS DES INVESTISSEMENTS

EXTERIEURS INDUSTRIELS AU MAROC 124

SECTION 1  Système incitatif à l'investissement

étranger au Maroc 125

SECTION 2  Principaux déterminants des investissements

extérieurs industriels au Maroc 213

Conclusion du chapitre I 230

Chapitre II OBSTACLES AUX INVESTISSEMENTS ETRANGERS

INDUSTRIELS AU MAROC 234

SECTION 1  Les principales tendances des investissements

extérieurs industriels au Maroc 235

SECTION 2  Obstacles à l'investissement extérieur au Maroc 248

Conclusion du chapitre II 257

CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE 260

CONCLUSION GENENRALE 265

ANNEXES 281

BIBLIOGRAPHIE 360

TABLES DES MATIERES 376

INTRODUCTION GENERALE

Avec la globalisation1(*) de l'économie, l'investissement direct étranger (IDE) joue un rôle vital dans la croissance des pays d'accueil. Il contribue de manière sensible à l'accroissement de la capacité productive et à la création d'emplois. Il présente aussi l'avantage d'accroître les recettes fiscales et d'économiser des devises. De même les investissements directs, à la différence des emprunts à l'extérieur sous forme, par exemple, de crédits bancaires commerciaux ne sont pas générateurs de dette. Les investissements directs étrangers doivent être considérés comme une forme de financement de la balance des paiements qui, par nature, restreignent l'accroissement de l'endettement extérieur.

Aussi, un IDE (la société financière internationale2(*), 2004) peut représenter non seulement un fonds, mais aussi un lien fonctionnel entre l'entreprise et son partenaire étranger à condition que ce dernier possède des technologies ou un accès au marché que ne détient pas le pays hôte.

De même, l'IDE procure certains avantages supplémentaires qui ont pour effet :

§ D'améliorer la compétitivité3(*) et stimuler la productivité du capital ;

§ La participation étrangère à la direction d'une entreprise peut exposer celle-ci à de meilleures techniques de gestion ;

§ Les propriétaires de technologie ont souvent peu enclins à en faire profiter leurs partenaires à moins de pouvoir exercer un certain contrôle sur la gestion de l'entreprise : En effet, l'investisseur peut être intéressé par les produits de l'entreprise, avoir un plus large accès aux marchés d'exportation ou être mieux à même de commercialiser sa production.

Le vif intérêt que l'on porte aujourd'hui aux investissements directs étrangers suscite de nombreuses polémiques et de multiples apostrophes autour, d'une part de la modicité des flux des IDE vers les pays en voie de développement, et paradoxalement l'hémorragie des capitaux étrangers vers les pays développés, d'autre part, en témoigne les constats suivants :

§ Ce sont essentiellement les pays de la triade4(*) qui sont à l'origine de cette prouesse sans précédent des IDE , mais aussi comme les principaux récepteurs : D.L. Hummels et R.M.Stern, dans l'article " Evolving paterns of North american merchandise trade and foreign direct investment ", publié en 1994 dans The world economy montrent que les pays développés réalisent, à partir des années quatre-vingt, 95% de l'IDE mondial et en reçoivent plus de 80% ; la forte croissance des flux s'est faite au profit des pays de la triade.

La part de l'Amérique du Nord et de l'Europe de l'Ouest a atteint prés de 82% du stock mondial5(*). Ainsi, les Etats Unis et l'Union Européenne sont les deux zones de prédilection des IDE ;

§ Cette polarisation de l'IDE entre pays riches s'accompagne d'un accroissement de l'importance de l'IDE croisé. En effet, la part des flux d'IDE émanant des 6 grands pays industrialisés vers les mêmes pays a augmenté de 70% en 1988, alors que la part des PVD qui représentait plus de 25% des flux entrants d'IDE au début des années quatre-vingt, est tombé à 15% à la fin des années quatre-vingt;

§ Les années quatre-vingt dix sont bien jalonnées par une marginalisation des pays en voie de développement (PVD) ; une très grande part de l'IDE destiné à ces pays s'oriente vers les nouvelles économies industrialisées d'Asie du Sud-Est, la Chine s'adjuge, à elle seule, un montant annuel moyen de 45 Milliards de dollars. l'Afrique ne détient qu'une minuscule part se situant à moins de 2% de l'IDE international.

Au regard de ce pullulement des flux des IDE vers les pays développés et face à cette timidité de l'orientation des capitaux vers les pays en développement, une interrogation nous apostrophe : Quels sont les motifs qui impulsent les promoteurs étrangers à investir massivement dans les économies capitalistes développées et modestement dans les économies en voie de développement ?

Certes, avant toute décision d'investissement à l'étranger, des calculs en termes de rentabilité des projets, d'atouts, de potentialités, de stratégies, de déterminants d'implantation dans des pays hôtes s'imposent aux investisseurs étrangers.

Pendant longtemps, l'étude des déterminants des IDE a fait l'objet d'un débat théorique très animé et a fait coulé énormément d'encre sous la plume des théoriciens de l'économie internationale.

Cependant, les études théoriques qui se sont penchées sur les déterminants des IDE se sont focalisées essentiellement sur la réalité des pays développés.

La rivalité acharnée et féroce entre les pays en développement (PED) et les panoplies de mesures d'encouragement échafaudées par ces économies pour capter les firmes multinationales (FMN) rendent aujourd'hui ce désintérêt pour l'étude des déterminants des IDE dans les pays en voie de développement complètement injustifié.

En effet, à cette époque de tarissement des ressources financières d'endettement, les PED voient dans les capitaux étrangers une ressource financière à même :

· De restructurer les différents secteurs de l'économie nationale ;

· D'accroître leur productivité ;

· Et de les insérer positivement dans l'économie globale par le développement de leurs échanges extérieurs de biens et de services6(*).

Dans le dessein d'attirer ces ressources, les PED réforment leurs politiques économiques en assignant une place importante aux mesures d'encouragement des investisseurs étrangers. Une concurrence acharnée est engagée entre eux. Chaque pays cherche à accorder plus d'avantages et de garanties que les autres.

Le Maroc a tablé depuis le début de l'indépendance sur la contribution des IDE au développement industriel du pays et lui a accordé de notables avantages et garanties. L'encouragement et les incitations à l'investissement, notamment étranger, sont une constante de la politique industrielle.

Comme dans d'autres PED, la politique économique marocaine s'est orientée, depuis le début de la décennie 80, vers l'ouverture économique, la libéralisation du système financier, la privatisation et l'encouragement des IDE.

A travers cette nouvelle orientation de la politique économique, le Maroc tente de construire des avantages de localisation solides, qui serviront de socle pour l'attractivité7(*) des IDE.

A cette fin, le gouvernement marocain a érigé depuis le début des années quatre vingt- dix une batterie de mesures incitatives : Charte de l'investissement (avec exonérations fiscales et douanières, abattements importants des taux d'imposition et simplification des procédures administratives) ; nouveau code de commerce prévoyant le règlement des faillites , refonte du code du travail dans le sens d'une grande flexibilité , loi sur les tribunaux commerciaux , loi sur la concurrence et les prix , programme d'assainissement (lutte contre la fraude et de drogue), la création de la Direction des Investissements Extérieurs, la déréglementation de change, le fonds Hassan II pour le développement économique et social, la Commission des Investissements pour rassurer et capter les investisseurs étrangers et les Centres Régionaux des Investissements (CRI).

Notre travail consiste en un essai de réponse à la question fondamentale : Qu'est ce qui détermine l'investisseur étranger à se localiser et à s'implanter au Maroc, en singulier dans le secteur industriel ?

De cette question principale découle quatre grandes questions subsidiaires suivantes :

· Quelle place réserve la littérature économique aux déterminants des investissements étrangers?

· Quelles sont les principales tendances de l'évolution des investissements étrangers dans le monde ?

· Quelle est l'expérience du Maroc en matière d'attraction des investissements étrangers ?  

· Quels sont les principaux déterminants des investissements étrangers industriels (IEI) au Maroc ?

L'appréhension du cadre conceptuel de l'investissement étranger et des approches théoriques de l'implantation des Firmes Multinationales d'une part, et l'appréciation de l'orientation des flux des investissements étrangers et des stratégies des FMN, en tant que vecteur essentiel de l'IDE d'autre part, constituent un prélude à toute approche de la problématique des déterminants de l'implantation des investisseurs étrangers au Maroc. C'est ce prologue que nous traitions au niveau de la première partie qui sera scindée en deux chapitres :

· Le cadre conceptuel des investissements étrangers ;

· L'évolution de l'IDE au niveau mondial.

L'exposé de l'expérience du Maroc en matière de captation des flux des IDE tout en mettant en exergue le climat de l'investissement, atouts du Maroc, actions prises en faveur de l'IDE et l'étude des tendances des investissements étrangers industriels au Maroc ( en terme sectoriel et régional) va nous amener, au niveau de la deuxième partie, à nous focaliser, d'une part, sur la vérification empirique des stratégies, motifs, déterminants d'implantation des investisseurs étrangers, et les obstacles et contraintes dont pâtissent les investisseurs étrangers au Maroc, d'autre part.

Cette deuxième partie sera répartie en deux chapitres :

· Déterminants des investissements étrangers industriels au Maroc ;

· Obstacles à l'investissement étranger au Maroc.

MOTIVATIONS DE LA RECHERCHE :

Cinq raisons nous ont motivé à s'investir dans cette recherche :

1- Le paradoxe de l'orientation des flux des IDE dans la cartographie mondiale : Les flux des IDE foisonnent dans les pays développés (78% du total mondial) et tarissent paradoxalement dans les pays en développement (22%). Ceci nous a suscité une curiosité scientifique à s'interpeller sur les déterminants qui exhortent les promoteurs étrangers à investir massivement dans les pays développés et faiblement dans les économies en voie de développement comme l'économie marocaine ;

2- Nous faisons partie de l'Unité de Formation et de Recherche (UFR) : Economie internationale, il a fallu donc que nous nous explorions un sujet de l'économie internationale. Notre quête sur les déterminants des investissements extérieurs constitue une préoccupation majeure de l'Economie Internationale ;

3- Dans le cadre de notre recherche de 3ème cycle pour l'obtention de diplôme des Etudes Supérieures Approfondies (DESA), nous avons mené un travail descriptif sur les IDE et politiques d'attractivité au Maroc, il a fallu, donc, que nous complétions ce travail descriptif par une étude pratique et empirique sur la problématique des déterminants des IDE dans le cas de l'économie marocaine ;  

4- Notre travail professionnel à la direction des investissements extérieurs et plus singulièrement au sein de la division des secteurs industriels où nous accueillions des investisseurs étrangers nous a suscité une curiosité scientifique à s'interroger sur les motivations qui poussent ces investisseurs étrangers à s'installer au Maroc, en particulier dans le secteur industriel ;

5- L'ouvrage de Charles. Albert. Michalet "La Séduction des Nations ou Comment Attirer les Investissements Etrangers" était à la fois une inspiration, une référence et une grille de lecture pour mener cette investigation.

METHODOLOGIE ADOPTEE :

Sur le plan méthodologique, trois considérations guident notre recherche :

· La nécessité de préciser l'approche que nous allons mener au niveau de notre recherche : Notre méthodologie se présentera de la manière suivante :

Elle sera :

§ Analytique en se basant sur les données statistiques qu'on a pu rassembler et confectionner dans des tableaux et graphes ;

§ Empirique en s'étayant sur des enquêtes réalisées par des organismes internationaux (le service conseil pour l'investissement étranger connu sous l'acronyme Foreign Investment Advisory Service (FIAS), programme d'enquêtes pour l'analyse de la compétitivité des entreprises, Firm Analysis and Competitivness Survey connu sous l'acronyme FACS et autres bureaux d'étude (Ernest&Young ), l'enquête sur le climat de l'investissement au Maroc de la Banque mondiale connu sous l'acronyme (ICA) et nationaux (département du commerce et de l'industrie et la Direction des Investissements Extérieurs) auprès d'un échantillon d'entreprises industrielles étrangères investissant au Maroc ;

§ Comparative aussi souvent que cela est possible en s'appuyant sur l'expérience des pays de niveau de développement similaire à celui du Maroc en matière d'accueil des investissements étrangers ;

§ Prospective en s'interrogeant, en guise d'épilogue, sur ce que seront les gisements d'attractivité que le Maroc doit creuser pour capter davantage d'investissement étranger.

· La nécessité de préciser le concept de Firmes Multinationales : Les FMN étaient, au point de départ de cette recherche, la seule catégorie d'entreprises étrangères visées. Cependant compte tenu des contacts pris au sein de notre département, en l'occurrence la Direction des Investissements Extérieurs, et des recherches effectuées, il nous est apparu plus opportun de prendre en considération également des entreprises à participation étrangère qui, sans être multinationales, exercent, en investissant tout ou une partie de leur production au Maroc, un effet d'entraînement similaire à celui des FMN sur les flux d'investissements étrangers ;

· La nécessité de préciser le calcul des séries statistiques de l'investissement étranger industriel (IEI) dans le cas du Maroc : Les séries statistiques des investissements étrangers industriels sont recueillies auprès du département du Commerce et de l'industrie (MCI).Ils sont différentes de ceux de l'Office des Changes. Ce dernier ne considère comme investissement étranger que les flux de capitaux qui traversent la frontière nationale sous forme de devises. Notre conception de l'investissement étranger industriel est bien plus large et tient compte de tout augmentation des capacités productives des entreprises étrangères effectuée par des opérateurs étrangers indifféremment de l'origine de son financement (interne au pays et/ou étranger).

OBJECTIFS POURSUIVIS :

Six points nous ont tout singulièrement intéressés durant cette quête :

1- Il s'agit de mettre en exergue les déterminants des investissements privés étrangers industriels des entreprises industrielles étrangères, notamment à travers, d'une part des enquêtes réalisées auprès d'un échantillon d'entreprises étrangères investissant au Maroc, et d'autre part l'expérience des pays de même niveau de développement que celui du Maroc en matière de captation des investissements étrangers ;

2- A partir de ce point, il nous sera permis de vérifier si l'implantation de ces entreprises étrangères se plie et obéit à des déterminants spécifiques ;

3- Il fallait voir ensuite comment les différentes motivations de ces entreprises ont été traduites dans la réalité pratique afin de situer le type de stratégie d'implantation des entreprises étrangères au Maroc ;

4- Il s'agit de disposer d'une grille de lecture qui va nous permettre de s'interroger sur ce que représente le Maroc en termes d'espace économique attractif en disséquant ses atouts ;

5- Il s'agit, aussi, de poser des apostrophes sur les contraintes et les obstacles auxquels butent les promoteurs étrangers lorsqu'ils investissent au Maroc ;

6- Il s'agit de s'interroger humblement, en fin de cette recherche, sur quelques mesures qui devraient être prises pour renforcer l'attractivité du Maroc pour ces entreprises étrangères, en raison de leur effet d'entraînement sur les flux des investissements étrangers.

Ce sont là, autant de points auxquels nous nous proposons de répondre tout au long de nos futurs développements et qui, somme toute, éclaireront sous un jour nouveau le " pourquoi " de l'implantation de ces entreprises étrangères au Maroc.

DELIMITATION DU CHAMP D'ANALYSE :

Dans notre investigation, nous avons cantonné notre analyse aux seuls secteurs industriels et ce pour au moins deux raisons :

§ Les secteurs industriels (80% du total des investissements extérieurs reçues par le Maroc selon le dernier rapport de l'office des changes) apparaissent à nos yeux, comme étant par excellence, le bastion des flux des investissements étrangers au Maroc si on fait litière de la manne financière étrangère des secteurs des services, en l'occurrence les opérations exceptionnelles de la deuxième licence GSM , l'appropriation de 35% de Maroc-Télecom par le groupe Vivendi et la privatisation de la régie des tabacs ;

§ Le manque et la non disponibilité d'une base de données et d'enquêtes sur les entreprises étrangères dans les autres secteurs installées au Maroc.

ACTIVITÉS SCIENTIFIQUES ET PROFESSIONNELLES RÉALISÉES DANS LE CADRE DE LA PRÉPARATION DU DOCTORAT NATIONAL :

* 1 Néologisme provenant de l'anglais qui signifie mondialisation et ses conséquences. Ainsi, les termes " globalisation", "internationalisation" et "mondialisation" sont souvent employés pour caractériser une réalité spécifique de façon indifférenciée. A chaque fois, il s'agit de qualifier une réalité nouvelle générée principalement par le développement rapide des investissements à l'étranger effectué par des firmes industrielles et des organismes financier. Cette réalité nouvelle repose sur la dimension mondiale croissante prise simultanément par les échanges commerciaux, les investissements étrangers directs et les délocalisations des activités productives, les activités de financement et de crédit. Au delà des appellations diverses, la globalisation peut être considérée comme un outil stratégique. Elle traduit la stratégie d'adaptation des firmes aux contraintes de la production et des marchés. Elle représente le "troisième age" du processus de conquête de marchés extérieurs par les firmes multinationales. Elle a été précédée, d'abord, par l'internationalisation qui consiste en la diffusion de produits élaborés dans un espace vers d'autres espaces. L'internationalisation est donc d'essence commerciale. La seconde étape fut la multinationalisation qui porte sur la création de filiales à l'étranger sans que les caractéristiques des produits d'origine et la société mère soient fondamentalement altérées. Avec la globalisation, les références à la racine nationale s'amenuisent. Les stratégies des firmes deviennent d'emblée mondiale. Pour un débat plus large à ce propos, Voir Reich, R. l'économie mondialisée, Dunod 1993 et Chesnais, F, la mondialisation du capital, Syros, Paris 1994, Mucchielli, J.L. Multinationales et mondialisation, Editions du Seuil 1998, O.M.C, Mondialisation et commerce international, Rapport annuel Genève 1998, Krugman PR la mondialisation n'est pas coupable, vertus et limites du libre échange, la découverte, Paris 1998.

* 2 La société financière internationale connue sous l'acronyme FIAS est une filiale de la banque mondiale, voir le site www.worldbank.org

* 3 La notion de compétitivité des nations telle qu'elle a pu être développée par Porter.M concerne d'abord la capacité des firmes nationales à conquérir des parts du marché mondial. Ainsi, les avantages spécifiques des firmes multinationales sont à rapprocher de la notion plus générale d'avantages compétitifs qui, selon Porter, peuvent être de 2 sources : celles qui réduisent les coûts de production (innovations technologiques ou coûts des facteurs de production) et celles qui permettent la différenciation des produits (marques, publicité, concurrence monopolistique). De même, pour que le scintillement des facettes du « diamant » de l'attractivité, pour paraphraser porter, réussie à attirer les implantations en quête de localisation, elles voient répondre aux demandes prioritaires des investisseurs. Ce point de vue se retrouvera renforcé par l'adéquation entre la demande des firmes et l'offre des territoires. Porter. M, the competitive advantage of nations, The Free Press 1990. L'OCDE, dans, son annuaire statistique, la définit comme" le degré auquel un Etat, sous des conditions de marché libre et juste, peut produire des biens et services qui passent les tests du marché international tout en maintenant et augmentant le revenue réel des personnes sur le long terme" Voir également Porter, M, l'avantage concurrentiel des nations, Inter-Editions, Paris 1998.

* 4 Terme qui désigne un groupe de trois, utilisé couramment pour désigner l'Amérique du Nord, l'Asie de l'est et l'Europe occidentale.

* 5 CNUCED 2005, Transnational corporations and internationalization of R&D.

* 6 On pourra se reporter très utilement à l'étude détaillée de l'OCDE relative aux effets des investissements privés étrangers sur les pays hôtes, le rôle des investissements privés étrangers dans le développement, Paris, Centre de développement de l'OCDE, 1974, Voir aussi Durand-Reveille L, les investissements privés au service du tiers-Monde, Ed. France-Empire, Paris, 1970. De même, toute une littérature juridique et économique, ancienne ou récente, a démontré à maintes reprises la nécessité pour les PVD de recourir aux investissements étrangers. En matière de bibliographie, on peut consulter l'ouvrage collectif dirigé par Guerraoui.D et Richet.X, les investissements directs étrangers : Facteurs d'attractivité et de localisation, 1997 l'Harmattan Paris et les Editions Toubkal Casablanca. Celui-ci indique dans son introduction que « La faiblesse de l'épargne intérieure ajoutée à un système de financement de développement de plus en plus sélectif, fait de l'investissement direct étranger l'enjeu d'une réelle compétition entre les nations », voir aussi Bellon.B et Gouia.R, investissements directs étrangers et développement industriel méditerranéen, Economica, 1998, notamment les chapitres relatifs aux effets des IDE sur les systèmes d'innovation et d'apprentissage, sur les balances des paiements, Gerraoui, D, Les Grandes défis économiques de la Méditerranée, Editions Toubkal. 2001.

* 7 On entend par attractivité toute action cherchant à attirer sur le territoire nationale des investissements étrangers. Pour Michalet, la notion d'attractivité est le produit de 2 approches : celle des Etats qui cherchent à valoriser leur avantages de localisation ; celle des firmes qui cherchent à maximiser leur compétitivité par une localisation optimale de leur différentes activités. Bellon.B et Gouia.R, 1998, op cit.

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