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L'approche genre dans la gestion intégrée des ressources en eau dans l'arrondissement de Togoudo: cas de la commune d'Allada

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par Marc SOHOUNOU
Université d'Abomey-Calavi Bénin - Master en environnement et santé 2011
  

Disponible en mode multipage

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REPUBLIQUE DU BENIN

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (M.E.S.R.S)

UNIVERSITE D'ABOMEY-CALAVI (UAC)

www.uac.bj

FACULTE DES LETTRES, ARTS ET SCIENCES HUMAINES (FLASH)

FILIÈRE DES MAÎTRISES PROFESSIONNELLES (FMP)

Pour l'obtention du Diplôme de la Maîtrise Professionnelle en Environnement et Santé

Sujet :

L'APPROCHE GENRE DANS LA GESTION INTÉGRÉE DES
RESSOURCES EN EAU DANS L'ARRONDISSEMENT DE
TOGOUDO : COMMUNE D'ALLADA

Présenté par:

Marc SOHOUNOU

Devant le jury composé du :

" Président : Expédit W. VISSIN, Maître-assistant des Universités (DGAT/FLASH/UAC) " Rapporteur : Rafatou FOFANA, Doctorante en Hydrologie-GIRE

" Examinateurs : Sidonie HEDIBLE, Enseignant Chercheur (DSA/FLASH/UAC) Charles BABADJIDE, Enseignant Chercheur (DSA/FLASH/UAC)

Soutenu le vendredi, 18 mai 2012 avec Mention Très Bien

Année académique: 2011-2012

TABLE DES MATIÈRES

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS 4

DEDICACE 6

REMERCIEMENTS 7

RESUME _ 9

ABSTRACT 9

INTRODUCTION GÉNÉRALE 10

CHAPITRE I : CADRE THÉORIQUE ET GÉOGRAPHIQUE 13

1.1. Présentation du cadre d'étude 13

1.2. Etude physique du milieu 16

1.3. Caractéristiques humaine, sociale et économique 16

1.3.1. Caractéristiques humaines 16

1.3.2. Caractéristiques sociales 17

1.3.3. Caractéristiques économiques 17

1.4. Cadre institutionnel et juridique de l'eau 20

1.4.1. Cadre institutionnel 20

1.4.2. Cadre juridique de l'eau 21

1.5. Concepts Genre et GIRE 22

1.5.1. Concept Genre 22

1.5.1.1. Genèse du concept genre 22

1.5.1.2. Différences entre sexe et genre 22

1.5.2. Concept GIRE 23

1.5.2.1. Genèse du concept GIRE 23

1.5.2.2. Principes de la GIRE 24

CHAPITRE II : Cadre conceptuel et approche méthodologique 25

2.1.1. Définition opératoire 25

2.1.2. Point des connaissances 27

2.2. Approche méthodologique 28

2.2.1. Données 28

2.2.2. Outils de collectes des données 28

2.2.3. Techniques de collectes des données 29

2.2.3.1. Documentation 29

2.2.3.2. Echantillonnage 30

2.2.3.3. Enquêtes de terrain 31

2.2.3.4. Observation directe 31

2.2.3.5. Les interviews 32

2.2.4. Méthodes de traitement des données 32

2.2.5. Méthodes d'analyse des données 33

3.1. Différentes sources d'approvisionnement en eau dans l'arrondissement de Togoudo

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------35

3.1.1. La SoNEB 35

3.1.2. Les eaux de surface 37

3.1.3. Les ouvrages d'hydrauliques villageois 37

3.2. Situation sanitaire à Togoudo 41

3.2.1. Conditions hygiéniques 41

3.2.2. Education sanitaire 43

3.3. Intégration du Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau à Togoudo 44

3.3.1. Niveaux d'implication du Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau à

Togoudo -45

3.3.1.1. Niveau de la population en générale 45

3.3.1.2. Niveau des agriculteurs 46

3.3.1.3. Niveau des éleveurs 47

3.3.1.4. Niveau des pêcheurs 48

3.3.1.5. Niveau industriel 49

3.4. Prévention et mode de gestion des conflits d'usage liés à l'eau dans l'arrondissement de Togoudo 50

3.4.1. Types, origines et causes des conflits liés à l'eau de pluie 50

3.4.2. Types, origines et causes des conflits liés à l'eau de surface 51

3.4.3. Types, origines et causes des conflits liés aux eaux souterraines 53

3.5. Problèmes sanitaires liés à l'eau dans l'arrondissement de Togoudo 54

3.5.1. Eau et les facteurs de maladies 54

3.5.1.1. Les facteurs naturels et responsables de maladies 54

3.5.1.2. Eau, facteur de transmission de maladies et de développement d'agents pathogènes 55

3.5.2. Affections liées à l'eau dans l'arrondissement 56

3.5.2.1. Affections liées à l'eau de boisson 57

3.5.2.1.1. Les gastro-entérites ou infections digestives 57

3.5.2.1.2. Les infections respiratoires 57

3.5.2.2. Affections liées aux vecteurs vivants dans l'eau 59

3.5.2.2.1. Bilharziose vésicale 59

3.5.2.2.2. Le paludisme 60

3.6. SUGGESTIONS 61

3.6.1. Intégration de l'aspect Genre dans la GIRE à Togoudo 61

3.6.1.1. A l'endroit des cultes traditionnels et des confections religieuses 61

3.6.1.2. A l'endroit des autorités étatiques et locales 62

3.6.2. Assainissement de l'arrondissement de Togoudo 63

3.6.2.1. Mesures primordiales 63

3.6.2.2. Mesures secondaires 64

3.6.3. Les conflits et leur mode de gestion

64

CONCLUSION GÉNÉRALE

66

Bibliographie

67

Liste des figures

71

Liste des tableaux

71

Annexe 1

72

_

Annexe 2 : Le cycle de l'eau

83

Annexe 3 : Le cycle de développement du Paludisme

84

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

AEV : Adduction d'Eau Villageoise

AUE : Association des Usagers d'Eau

CeCPA : Centre Communal pour la Promotion Agricole

CeRPA : Centre Régional pour la Promotion Agricole

CIME : Coordination InterMinistérielle de l'Eau

CNE : Conseil National de l'Eau

CPE : Comité des Points d'Eau

CSA : Centre de Santé d'Arrondissement

DG-Eau: Direction Générale de l'Eau

DIEPA : Décennie Internationale pour l'Eau Potable et Assainissement EAA : Eau, Assainissement pour l'Afrique

FLASH : Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines

FPM : Forage équipé de Pompe à Motricité humaine

GIRE : Gestion Intégrée des Ressources en Eau

GPE : Gestionnaire des Points d'Eau

GWA : Gender and Water Alliance

INSAE : Institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique IRA: Initiative pour la Relance de l'Agroalimentaire

MEPN : Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature MS : Ministère de la Santé

ONG : Organisation Non Gouvernementale

ONREau : l'Observatoire National des Ressources en Eau PDC : Plan de Développement Communal

PEA: Poste d'Eau Autonome

PME : Partenariat Mondiale de l'Eau

PNE : Partenariat National de l'Eau

PNe : Politique National de l'eau

SNV : Organisation Néerlandaise de Développement SoNEB : Société Nationale des Eaux du Bénin

UAC : Université d'Abomey-Calavi

Ø Au Seigneur DIEU Tout Puissant qui nous a donné le souffle de vie et qui guide nos pas,

Ø A ma feue soeur FRANCISCO Donalde Carmelle,

Ø A mon père FRANCISCO K. Blaise pour l'amour et le soutien,

Ø A ma mère TOKOUDAGBA Eulalie ; combattante aux espoirs infinis, reçois mes premières reconnaissances à travers ce travail.

REMERCIEMENTS

La réalisation de ce mémoire a nécessité des apports qui dépassent nos seules connaissances et ressources tant matérielles, financières que morales. Multiples sont les aides et soutiens dont nous avons bénéficiés de part et d'autres. C'est pour cela que nos sincères remerciements vont à l'endroit de plusieurs personnes qui ont oeuvré à l'aboutissement de ce travail. Qu'elles reçoivent à travers ce mémoire le fruit de leurs efforts.

Ø A notre professeur et maître de mémoire, le Docteur Expédit W. VISSIN, Maître-assistant à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, Département de Géographie et Aménagement du Territoire : nous trouvons en vous les qualités d'homme humble, compétent avec une rigueur scientifique remarquable. Vos qualités intellectuelles et votre disponibilité forcent l'admiration. Grâce à vous ce travail a vu le jour. Nous vous remercions pour tout ce que vous avez fait pour nous.

Ø A mon Professeur Patrick A. EDORH, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences et Techniques, qui n'a ménagé aucun effort pour accepter de corriger ce travail, de m'apporter ses compétences techniques et de me donner les orientations nécessaires dans le cadre de la rédaction de ce mémoire. Recevez monsieur le Professeur, toutes mes gratitudes et toutes mes reconnaissances.

Ø A notre Maître de stage: Madame Rafatou FOFANA, Chef Service des Etudes, de la Planification et de Suivi des Organismes de Bassin, Doctorante en Hydrologie-GIRE, profonde gratitude pour votre contribution à ce travail.

Ø C'est le moment de remercier tous les professeurs de la Filière des Maîtrises Professionnelles, qui pendant trois ans nous ont donné toutes les connaissances de base indispensables. Qu'ils reçoivent nos remerciements pour tant de sacrifices consentis pour notre formation.

Ø Au Président et aux membres du jury; nous vous remercions infiniment

pour l'honneur que vous nous faites d'être les juges de ce mémoire.

Ø A mes parents: vous avez su m'envoyer à l'école. Ce travail est l'expression de tout ce que vous avez semé. Trouvez ici la lueur de vos espérances.

Ø Aux amis : DEGUENON Yvette, KOKOU Hervé, DEGUENON S. Monelle, SOSSOU Bernard, MONTCHO Sabine, DOUGNON Victorien, HOUNKPATIN Armelle, GOUISSI Modeste, YEMANDJE Alda, GUEDENON Patient, KOUMONLOU Luc, DJIDJI Dégbey, AMAMION Hospice, ALOMASSO Alphonse, HOUNSOU Denise, KINIGBE Raoul, ACCROBESSI Arnaud pour le combat que nous menons ensemble.

Ø Qu'il me soit permis de remercier particulièrement le Directeur Général de l'Eau, Monsieur Ibrahima ADAM SOULE, le DGA Monsieur Anatole Léon FASSINOU, le DPGE Monsieur Pierre ADISSO, le C/SEP-SOB Madame Rafatou FOFANA et Arnaud ZANNOU qui n'ont ménagé aucun effort afin de m'offrir tout le cadre et le soutien nécessaire pour la réussite de ce travail.

Ø Aux autorités locales en l'occurrence le CA de Togoudo Monsieur Marcellin DANSSOUKPEVI et tous les chefs quartiers sans oublier Madame KIFFOULY Kïrathou, infirmière diplômée d'Etat du Centre de Santé d'Arrondissement de Togoudo.

Ø Enfin, à tout ce beau monde et à tous ceux qui auront le plaisir de lire le présent mémoire, nous disons encore une fois merci.

RESUME

La qualité en eau, pour les besoins vitaux des générations actuelles et futures, est l'un des plus grands problèmes auxquels est confrontée l'humanité en particulier au Bénin dans l'arrondissement de Togoudo. L'étude traite de la question de l'approche Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau en mettant l'accent sur les impacts sanitaires que peut avoir l'eau dans tous les usages sur la santé. Les résultats ont été obtenus par des travaux de terrain, à travers la méthode déductive et l'approche descriptive.

Les différents acteurs et usagers de la ressource sont les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et les ménages. Les sources potentielles de conflits et les stratégies communautaires développées pour leur résolution ont été décrites. La prise en compte du Genre dans la GIRE contribuera à coup sûr à satisfaire les multiples objectifs à savoir : réduction de la pauvreté, durabilité des infrastructures d'eau et d'assainissements, prendre en compte les couches vulnérables dans les questions d'accès à l'eau, réduire les maladies hydriques grâce à une prise de conscience des populations.

Mots clés : Togoudo, Genre, gestion intégrée, ressource en eau, pauvreté, impacts sanitaires

ABSTRACT

To meet present and future generations' vital needs, the quality of water remains one of the most critical problems that the whole humanity encounters, especially in Togoudo district in Benin Republic. This study addresses gender issue in relation with the Integrated Management of Water Resources, including the health impacts that water may have on health through its use. The results collected on the field are out of the deductive method and the descriptive approach.

Generally, the various stakeholders and the resource users are the households, especially farmers, ranchers and fishermen. The potential conflict sources and the community strategies developed for their resolution have been described. The inclusion of Gender in the Integrated Management of Water Resources will certainly contribute in meeting the multiple objectives such as: poverty reduction, sustainability of improvement and hydraulic works, gender respect, integrated water management, water diseases reduction through people's awareness.

Keywords: Togoudo, Gender, Integrated management, water resource, poverty, health impacts.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

De nos jours, l'un des défis majeurs de l'humanité demeure la problématique de l'eau et de l'assainissement, surtout pour le mieux être des communautés à faibles revenus. Aussi l'eau douce ne représente que 2,5% des réserves mondiales d'eau. Sur cette quantité d'eau douce, près de 70 % se retrouvent soit piégés sous les calottes glacières, ou disséminés sous forme d'humidité ou de vapeur. Il faut noter que moins de 1 % de l'eau douce du monde, soit environ 0,007 % de toute l'eau présente sur la planète, est aisément accessible pour les divers usages au service du développement. (OMS, 2010)

Les enjeux qui s'y rapportent sont multiples dans la mesure où l'eau est la base, de toute forme de vie. Elle est à la fois habitat, aliment, moyen de production, de transport et bien marchant. L'eau tisse naturellement un vaste réseau de connections: elle est liée aux autres ressources naturelles (sol, forêt, biodiversité, etc.) ; les systèmes aquatiques sont interconnectés ; les problèmes environnementaux se répercutent d'un bout à l'autre d'un bassin hydrographique ; différents groupes d'intérêts utilisent l'eau pour subvenir à leurs besoins et il existe à cet effet des conflits d'usages où d'intérêts. Ainsi, la question du Genre reste toujours l'une des plus grandes préoccupations des acteurs au développement en général et ceux du secteur de l'eau et de l'assainissement en particulier.

En effet, l'apport des femmes au développement en particulier dans le secteur de l'eau est encore peu connu ou encore non valorisé, si bien qu'il n'est pas superflu de faire un état des lieux de la prise en compte des hommes et des femmes dans les projets d'approvisionnement en eau et assainissement.

Au regard de l'évolution de la population béninoise et le progrès timide de la prise en compte de ces rapports hommes et femmes, la confirmation de l'adoption du concept de «Genre» dans la gestion des ressources en eau serait une approche qui permet la reconnaissance du rôle de la femme comme actrice à part entière du processus de développement.

Dans l'arrondissement de Togoudo dans la commune d'Allada, le problème d'intégration du Genre pour une gestion efficiente des ressources en eau se pose avec acuité.

Cette préoccupation motive le choix de ce thème qui s'intitule : « L'Approche Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau dans l'Arrondissement de Togoudo : commune d'Allada. »

Ainsi, parmi les principaux problèmes qui freinent le développement à la base de l'arrondissement de Togoudo, on note une bonne place de celle de l'eau. Ces problèmes sont entre autres la gestion de l'eau, celui des conflits liés à l'accès à l'eau, les risques sanitaires et surtout la légèreté dans la prise en compte du genre. Comment intégrer le genre dans la gestion des ressources en eau, qui ne sont pas inépuisables? Comment pallier aux risques sanitaires et quelle est la place du genre dans la mise en oeuvre de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau dans l'arrondissement de Togoudo?

L'objectif général de cette étude est d'analyser l'implication du genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau dans l'arrondissement de Togoudo. Pour y parvenir, trois objectifs spécifiques sont visés à savoir :

Ø Identifier les problèmes socio-économiques et sanitaires liés à l'eau dans l'arrondissement,

Ø Décrire l'interrelation entre ces problèmes et la prise en compte du genre dans la gestion des ressources en eau,

Ø Proposer des solutions y afférentes en vue de l'amélioration du bien être des populations de l'arrondissement de Togoudo.

Ce travail qui n'est qu'une contribution, tentera de souligner l'ampleur des problèmes de l'intégration du Genre dans la GIRE afin d'attirer l'attention des populations, des décideurs, des autorités politico-administratives, des partenaires au développement et des acteurs impliqués dans les activités de gestion des ressources en eau à la résolution de ces problèmes.

Trois chapitres constituent l'ossature de la présente étude :

ü Le premier chapitre porte sur le cadre théorique et géographique ;

ü Le deuxième chapitre porte sur le cadre conceptuel et l'approche méthodologique ;

ü Le troisième et le dernier porte sur les résultats et discussions.

CHAPITRE I : CADRE THÉORIQUE ET GÉOGRAPHIQUE

Introduction

Ce chapitre présente les différents paramètres du milieu physique et les caractères de l'environnement humain à travers les activités socio-économiques et la place de l'eau dans la vie des populations de Togoudo.

L'espace physique constitue l'élément déterminant sans lequel aucune étude hydrologique n'est véritablement possible. C'est pour cette raison essentielle qu'est abordée la présentation des aspects physiques et les ressources en eau dans l'arrondissement. L'étude du paysage humain met en évidence les pratiques qui ont une influence sur le milieu physique, et plus particulièrement, sur les ressources en eau et sur la perception de l'eau par les populations de Togoudo.

1.1. Présentation du cadre d'étude

Allada, ville historique du Bénin est située entre 6°35' et 6°48' de latitude nord et 2° et 2°18' de longitude est. Dans le département de l'atlantique, elle couvre une superficie de 381 Km2 soit 0,34 % de la superficie total du Bénin. La Commune d'Allada était autrefois une grande entité qui s'étendait sur les actuelles Communes d'Allada, de Zè, de Tori-Bossito et de Toffo. Elle s'appelait «Aïzonoutomè«(le pays des Aïzo ou encore Aïdatomè (nom dérivant du fétiche du sol Aïda).

Elle est limitée au Nord par la commune de Toffo, au Sud par la commune
de Tori-Bossito, à l'Est par celle de Zè et à l'Ouest par les communes de
Kpomassè et de Bopa. Allada comporte douze (12) arrondissements, au nombre
desquels se situe l'arrondissement de Togoudo qui fait l'objet de la présente
étude et comportant trois (03) villages à savoir Govié, Togo et Zèbou. (Figure 1).
Le relief de la Commune d'Allada est caractérisé par la présence de
plusieurs dépressions situées sous le niveau de la mer près du lac Ahémé et par
un plateau dans sa partie Nord-Est. La dénivelé est d'environ 155 mètres entre

ces deux zones. Les pentes des terres au niveau de la Commune sont généralement moins de 5 %.

Sur le plan pédologique, près de 90 % du territoire de la Commune d'Allada est constituée de sols ferralitiques avec par endroits des sols latéritiques, argileux et hydromorphes. C'est donc un milieu très favorable à l'agriculture. (OBRGM)

Le couvert végétal est principalement caractérisé par des mosaïques de cultures et jachères. De plus, les plantations recouvrent plus de 20 % de la Commune et sont principalement observées dans la portion Nord. Finalement, de vastes zones de marécages se retrouvent le long des principaux cours d'eau (Aouto, le lac Ahémé).

Figure 1 : Carte administrative de l'arrondissement de Togoudo

1.2. Etude physique du milieu

L'arrondissement de Togoudo, situé dans la commune d'Allada, département de l'Atlantique, est limité au nord par l'arrondissement d'Ahouannonzoun, au sud par l'arrondissement de Sékou, à l'est par la commune de Zè et à l'ouest par l'arrondissement d'Allada. Cet arrondissement présente un sol plus ou moins ferralitique, très épais, fertile avec un relief peu accidenté. Il est essentiellement marqué par un climat de type sub-équatorial caractérisé par deux saisons sèches et deux saisons pluvieuses. La campagne agricole débute avec la grande saison des pluies au mois de mi-mars et prend fin en mi-juillet. Ensuite vient la petite saison sèche qui dure du mi-juillet au mi-septembre. Elle est suivie de la petite saison des pluies de mi-septembre jusqu'au mi-novembre. Enfin la grande saison sèche du début mi-novembre jusqu'au mi-mars. La pluviométrie moyenne annuelle est voisine de 1200 mm, dont 700 à 800 mm pour la première saison pluvieuse et 400 à 500 mm pour la seconde. Aujourd'hui on note une diminution du niveau des précipitations.(INSAE, 2002)

1.3. Caractéristiques humaine, sociale et économique

1.3.1. Caractéristiques humaines

Avec un effectif de 4059 habitants (INSAE, 2002) et estimé à 5106 en 2009 (suivant le taux de croissance de l'INSAE 2009), l'arrondissement de Togoudo rassemble deux groupes ethniques (Aïzo et fon) qui sont majoritaires et qui partagent à eux seuls 82% de la population. Ces populations pratiquent trois principales religions à savoir, l'animisme (63,9%), le catholicisme (21,5%) et l'islam (1,6%). A ceux-là s'ajoutent les protestants (0,5%) et autres (12,5%). La majorité de la population est jeune dans les tranches d'âges actifs avec un taux d'accroissement de 1,76. Ce taux est faible par rapport à la moyenne départementale (4,24 %) et nationale (3,25%).(INSAE, 2002)

Avec les immigrations massives et les échanges commerciaux dans l'arrondissement de Togoudo, les jeunes en quête d'emploi sortent et ne

reviennent que le week-end et parfois à la fin du mois. Cet état de chose augmente la période de travail des femmes qui assument des tâches plus nombreuses et plus diverses pendant la journée et d'un jour à l'autre. Tout ceci impact leurs activités génératrices de revenues de diverses façons.

1.3.2. Caractéristiques sociales

Dans l'arrondissement de Togoudo, il n'existe qu'un seul centre de santé publique, deux (02) centres de santé privés non enregistrés officiellement et de multitudes de piqueurs ambulants. Les routes sont faites en terres de barre, raclées momentanément et cause d'énormes nuisances aux populations en l'occurrence les femmes, qui empruntent tous les jours ces voies pour se rendre dans les différents marchés environnants soit pour s'approvisionner, soit pour aller vendre. Quant aux écoles, on dénombre une (01) école par village ce qui nous permet de dénombrer au total trois (03) écoles. Le commissariat, la gendarmerie et le centre de promotion sociale se trouvent à 1,5 km au moins et sont localisés dans l'arrondissement d'Allada.

En somme, il se pose un véritable problème d'accessibilité géographique (inégale répartition des infrastructures socio-communautaires) et financière aux populations, particulièrement aux femmes, aux vieux et aux pauvres. Aussi, la qualité des services sont déplorables au dire des populations enquêtés en générale.

1.3.3. Caractéristiques économiques

Les populations de cette localité s'adonnent à des activités économiques dominantes comme le commerce (32%) et l'agriculture (30%) (INSAE, 2002). Dans l'arrondissement comme partout ailleurs au Bénin, les paysans continuent à pratiquer l'agriculture sur brulis avec des outils rudimentaires tels que la houe, le coupe-coupe, la hache etc. Ceci maintien les femmes et les enfants aussi longtemps que possible dans les activités champêtres au détriment de leur participation au débat sur l'eau, l'hygiène et l'assainissement. Cet état de chose

limite la production qui sert essentiellement à la subsistance des populations rurales. Les cultures vivrières dominent. Le maïs (Photo 1) et le manioc, base de l'alimentation des populations de l'arrondissement viennent largement en tête. Plus de 80% des superficies emblavées sont consacrées à ces deux cultures. L'arachide vient en tête de liste des cultures oléagineuses annuelles.

Photo 1 : Champs de Zea mays (Maïs)
Cliché: SOHOUNOU ; décembre 2011

Les populations de Togoudo ne produisent pas seulement des produits vivriers, elles produisent également des produits de rentes tels que l'ananas (photo 2) qui prend de plus en plus d'ampleur en faveur du manioc. La papaye solo (Photo 3) aussi commence à prendre de l'ampleur de même que la production de la pastèque. Le palmier à huile est resté sans évolution depuis les années 1995 à cause de sa durée non moins importante car les jeunes aujourd'hui veulent de l'argent très tôt et vite.

Photo 2 : Champs d'Anana comosus (ananas) Photo 3 : Plantation de Carica papaya (papaye) Cliché: SOHOUNOU ; décembre 2011

L'élevage est très peu développé, peu organisé et constitue une activité secondaire pour quelques individus. Les principales espèces animales élevées sont les bovins, les ovins et les caprins, les porcins et les volailles. En ce qui concerne les porcins, un engouement pour la consommation a été constaté, mais toujours est-il que l'offre ne satisfait pas la demande.

L'artisanat, la pêche et les ressources minières sont quasi inexistants dans l'arrondissement de Togoudo, quelques traces seulement s'observent dans celui d'Allada comme le pétrole et la présence des sculpteurs.

Selon les résultats de nos enquêtes, le revenu mensuel supérieur des ménages est approximativement de 166.000 francs CFA, le revenu moyen mensuel, de 33.800 francs CFA et le faible revenu mensuel est de 13.869 francs CFA.

Compte tenu du coût élevé de vie actuelle, les chefs de ménage ayant un revenu faible, pour subvenir aux besoins de la famille, contraignent leurs femmes et leurs enfants surtout les filles à aller chercher l'eau de puits traditionnel qui est gratuite. Il arrive que les femmes passent six heures par jour, voire plus, pour aller chercher de l'eau qu'il faut porter au retour, tâche qui comporte des risques sanitaires pour les femmes surtout celles enceintes.

Aussi les ménages à faible revenus (pauvres) et les couches sociales vulnérables sont contraints aux sources d'eau de qualité douteuse et s'exposent de ce fait aux nombreux risques sanitaires.

1.4. Cadre institutionnel et juridique de l'eau au Bénin

Avant de commencer le travail proprement dit, il urge nécessaire de faire un état des lieux général sur les grandes questions que sont les cadres institutionnel et juridique dans le domaine de l'eau, l'historique du Genre et de la GIRE.

1.4.1. Cadre institutionnel de l'eau

Les institutions qui interviennent dans le domaine de l'eau et de la GIRE sont nombreuses mais celles qui parlent de l'implication du Genre sont moindre. Aux nombres de celles-ci on peut citer de façon non exhaustive:

- La Direction Générale de l'Eau et ses démembrements

- Le Centre Africain pour l'Eau Potable et Assainissement à faible coût et ses démembrements

- Le Partenariat National de l'Eau et ses démembrements

- La Direction de Génie Rural

- Direction de l'Hygiène et Assainissement de Base

- Ministère de la Famille, des Affaires Sociales, de la Solidarité

Nationale, des Handicapées et des Personnes du Troisième Age

- Etc.

Mais de façon spécifique, le nouveau code de l'eau prévoit les dispositions institutionnelles inscrites en son chapitre 4. Il propose la création d'un ensemble d'institutions pour une meilleure gestion de l'eau au Bénin. Cependant, aucune précision liée au Genre n'est apportée par rapport à la composition et au fonctionnement des membres de ces institutions. Il s'agit :

 

du Conseil National de l'Eau (CNE)

de la Coordination InterMinistérielle de l'Eau (CIME)

du Secrétariat Permanent de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau de l'Observatoire National des Ressources en Eau (ONREau)

du Comité de Bassin

de l'Agence du Bassin

des Organes de Concertation et de Coordination Appropriés pour la Gestion des Grands Aquifères

des Organes Locaux de Gestion de l'Eau et

du Fond National de l'Eau.

(Source PNe, juillet 2009) 1.4.2. Cadre juridique de l'eau

Une nouvelle loi portant Gestion de l'Eau en République du Bénin est adoptée, abrogeant ainsi la loi N° 87-016 du 21 septembre 1987 portant Code de l'Eau. La nouvelle loi et ses textes d'application prennent en compte les principes modernes de gestion de l'eau et les orientations stratégiques de développement du Bénin en général et les communes et arrondissement en particulier.

Une fois votée, il urge nécessaire de mettre en application le nouveau cadre juridique tout en prévoyant sa révision à moyen terme pour une implication effective de l'aspect genre dans la GIRE et ceci clairement.

Somme toute, l'analyse de l'intégration du genre dans la politique nationale de l'eau au Bénin peut se faire en faisant recours à deux documents essentiels que sont « le nouveau code de l'eau » et le document de la « politique nationale de l'eau » qui doivent normalement faire appel de façon impérative à l'approche Genre dans la GIRE d'où la nécessité de leur révision à court terme pour atteindre de façon efficace le développement durable.

1.5. Concepts Genre et GIRE

Le Genre et la GIRE sont deux concepts qui ont un but commun celui du développement durable. Soulignons au passage qu'aucun domaine n'échappe à la question de l'eau donc sa gestion intégrée est nécessaire parce que les actions entreprises dans un secteur donné, ont des impacts sur la durabilité de l'eau, sa qualité et sa quantité dans d'autres secteurs.

1.5.1. Concept Genre

La clarification du concept genre exige qu'on mette d'abord en exergue la genèse du genre puis faire la différence entre sexe et genre.

1.5.1.1. Genèse du concept genre

Le concept genre, élaboré par l'Université de Harvard, la Banque Mondiale et l'USAID, est né aux USA dans les années 1970-1980 et a pu intégrer le concert des Nations Unies vers les années 1990.

L'évolution du concept genre s'est élargie de nos jours à la prise en compte de toutes les couches sociales, socioprofessionnelles et les groupes vulnérables tels que les pauvres, les handicapés, etc. Déjà à la conférence de Beijing tenue à Pékin en 1995, non seulement les insuffisances de l'approche intégration de la femme au développement ont été relevées, mais aussi l'unanimité a été faite sur la prise en compte de certaines couches démunies des populations notamment les femmes, les jeunes, les personnes âgées qui nécessitent une attention particulière. La communauté internationale aspire à un processus de développement axé sur les relations de genre, c'est-à-dire un développement basé sur les programmes sociaux qui prennent en compte toutes les couches défavorisées dans leur inter relation.

1.5.1.2. Différences entre sexe et genre

Le sexe est l'ensemble des données biologiques (physiques), apparents dès la naissance (innées), ne pouvant changer (statique) et permettant la reproduction

de l'espèce (vitale). Par contre le genre est l'ensemble des données culturelles (sociétales) résultant d'un apprentissage communautaire (acquis), pouvant évoluer (dynamique) et permet la reproduction de comportement (non vital) (E. FOURN; B. AGNIOLA, mai 2009).

1.5.2. Concept GIRE

Le postulat de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) est que les différentes utilisations des ressources en eau sont interdépendantes. Le besoin de considérer ensemble les différents usages de l'eau.

1.5.2.1. Genèse du concept GIRE

La GIRE a fait son apparition à la suite des conférences internationales sur l'eau et l'environnement tenues à Dublin et à Rio de Janeiro en janvier et en juin 1992 pour réfléchir sur les voies et moyens pour mettre l'humanité à l'abri d'une crise planétaire autour de l'eau et des problèmes environnementaux.

En effet, les tendances à la hausse de la pression sur les ressources en eau disponibles et les écosystèmes associés et qui sont en proie à une réduction quantitative et à une dépréciation qualitative continues ont réveillé la conscience humaine sur les menaces qu'elles constituent pour la survie des générations présentes et futures.

Le concept GIRE est né en 1992 mais les acteurs étaient encore loin d'en cerner réellement les contours et les implications. Il va falloir attendre 1996 pour que, réunis pour traduire dans les faits les recommandations de l'Agenda 21 ayant sanctionné les conférences de Dublin et de Rio de Janeiro en ce qui concerne le secteur eau, les spécialistes des questions touchant à l'eau s'accordent sur une définition après des débats controversés liés à la complexité du sujet.

Les acteurs de cette définition sont les pères fondateurs du Partenariat Mondial de l'Eau (GWP) dont le PNE-Bénin n'est qu'un démembrement. L'objectif poursuivi par cette organisation est de contribuer à amener l'humanité

à adopter la GIRE comme seule approche de gestion des ressources en eau, par des voies pacifiques faites de plaidoyer, d'information, de sensibilisation, de concertation, d'échanges et de consensus.

1.5.2.2. Principes de la GIRE

La réunion du Dublin en 1992 a donné naissance à quatre principes qui ont servi de base à une grande partie de la réforme du secteur de l'eau.

ü Principe 1. L'eau douce est une ressource finie et vulnérable, essentielle au maintien de la vie, au développement et à l'environnement.

ü Principe 2. La mise en valeur et gestion de l'eau devrait se baser sur une approche participative, impliquant les utilisateurs, les planificateurs et les décideurs politiques à tous les niveaux.

ü Principe 3. Les femmes jouent un rôle central dans l'approvisionnement, la gestion et la sauvegarde de l'eau.

ü Principe 4. L'eau a une valeur économique dans toutes ses utilisations concurrentes et devrait être reconnue aussi bien comme bien économique que bien social.

Conclusion

Au terme de ce chapitre qui présente les fondements théoriques et géographiques de l'arrondissement de Togoudo, quelques points caractéristiques sont à relever :

Ø La population de Togoudo devient de plus en plus nombreuse et pratique

diverses activités dont les principales sont l'agriculture et l'élevage.

Ø Les ressources en eaux de l'arrondissement sont relativement modestes par rapport au besoin de la population et subissent l'influence des fluctuations climatiques et d'autres facteurs du milieu et anthropiques.

Ø L'eau occupe une place importante dans la vie des populations. Elle sert à divers usages, mais surtout les cours et plans d'eau sont vénérés parce qu'abritant un génie ou une divinité.

Ce milieu brièvement présenté constitue le domaine d'étude de ce travail qui nécessite la constitution d'un cadre conceptuel et le choix de méthodes adéquates.

CHAPITRE II : Cadre conceptuel et approche méthodologique

Introduction

Ce chapitre apporte d'abord la clarification des concepts et fait le point des connaissances des travaux effectués sur les différents aspects du sujet dans la localité. Il présente ensuite les données objectives et importantes pour une meilleure compréhension du sujet. Enfin, à travers une présentation détaillée, il met en relief les méthodes les plus adaptées à cette étude.

2.1. Cadre conceptuel

2.1.1. Définition opératoire

Genre: Employé pour la première fois en 1972 par Ann Oakley dans son ouvrage intitulé « Gender and Society», le genre se réfère aux différents rôles, droits et responsabilités des hommes et des femmes et la relation entre eux. Le genre ne signifie pas simplement les femmes ou les hommes, mais la façon par laquelle leurs qualités, comportements et identités sont déterminés à travers le processus de socialisation. Le genre est généralement associé à l'inégalité du pouvoir et de l'accès aux choix et aux ressources. Les rôles différents des hommes et des femmes sont influencés par les réalités historiques, religieuses, économiques et culturelles. Ces rôles et responsabilités peuvent changer à travers le temps. (GWA, 2006)

Gestion Intégrée des Ressources en Eau: c'est un processus qui encourage la mise en valeur et la gestion coordonnée de l'eau, des terres et des ressources associées en vue de maximiser le bien être économique et social qui en résulte d'une manière équitable, sans compromettre la durabilité d'écosystèmes vitaux.(PME, 2000).

Ø Pour le document de la Politique Nationale de l'Eau, la GIRE est une approche qui consiste à prendre en considération ensemble et à concilier les différentes utilisations et fonctions physiologiques, socioculturelles,

économiques, environnementales de l'eau, ainsi que ses éventuels effets négatifs sur les personnes, les biens ou l'environnement. (PNe, juillet 2009).

Ressources en eau : L'idée de la ressource en eau fait appel à toutes les disponibilités en eau, aussi bien souterraines que superficielles de la terre pouvant faire l'objet d'une exploitation.

Eau potable : C'est une eau dont la qualité répond aux normes de consommation. Ces normes sont définies par un seuil de potabilité indiqué par l'OMS. Une eau purement potable est une eau dont la teneur bactériologique est pratiquement nulle (Rapport OMS 2002).

Gestion communautaire de l'eau: Retenons d'abord que la gestion est une manière ou une action de gérer, de diriger ou d'organiser quelque chose (Larousse, 2008). Ainsi, la gestion communautaire de l'eau est l'ensemble des dispositions prises par une communauté pour administrer et organiser pour son propre compte le système d'approvisionnement en eau qui relève de son territoire.

Communauté : Selon le Dictionnaire Universel HACHETTE (2008), la communauté est un groupe de personnes vivant ensemble et partageant des intérêts, une culture ou un idéal commun. Elle peut être définie comme une collectivité dont les membres sont liés par la participation à des valeurs communes. C'est aussi l'ensemble des membres d'un groupe social dont la vie quotidienne est régie par des règles et consensus.

Le mot conflit a été emprunté du latin conflictus qui signifie « lutte, combat » et deconfligere qui signifie « heurter », « se heurter ».

" Il y a conflit lorsque des personnes, deux groupes/parties sont en désaccords sur des besoins ou sur des valeurs " (Carré, 1998).

" Le conflit survient lorsque les limites entre l'acceptable et l'inacceptable d'un individu ne coïncide pas avec celle d'un autre "(Carré, 1998).

Autrement dit, on peut désigner par conflit une opposition grave de vue ou d'intérêt entre communauté, groupe clan, ou entre ces derniers et l'État donnant lieu à l'emploi de force en de faire prévaloir ces prérogatives respectives. Développement Durable : Selon la définition la plus commune, le développement durable correspond à un "développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs" (Brundtland, 1987). Il est constitué par trois piliers essentiels, en interaction permanente : respect de l'environnement, progrès social et efficacité économique.

2.1.2. Point des connaissances

La revue de littérature a permis de faire le point de la documentation relative au thème de notre recherche. A cette phase, le point des connaissances et des concepts relatifs au thème a pu être fait. Les centres de documentation et bibliothèque ci-après ont été visités : la bibliothèque centrale de l'Université d'Abomey-Calavi (UAC), les centres de documentation du Partenariat National de l'Eau (PNE) et du Centre Africain pour l'Eau Potable et Assainissement à faible coût (CREPA-Bénin), du Ministère de la Santé (MS), de la Direction Générale de l'Eau (DG Eau), du Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature (MEPN),de l'Office Béninois des Recherches Géologiques et Minières (OBRGM), les centres de documentation de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH) et celui de l'Institut National de Statistique et de l'Analyse Economique (INSAE). Mise à part toutes ces bibliothèques, la recherche documentaire a conduit également vers des personnes ressources disposant d'ouvrages utiles à notre travail. Notre propre documentation a été d'un intérêt appréciable.

Plusieurs autres documents tels que le mémoire de Master sur « Gestion Communautaire des Ressources en Eau et Conflits d'Usage dans le Bassin du Niger Moyen : cas de la commune de Malanville du Bénin » option Gestion Intégrée des Ressources en Eau et de l'Environnement ; présenté et soutenu par

ALOMASSO A. Alphonse le 29 septembre 2010, le mémoire de géographie sur « La gestion Communale des Ouvrages d'Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural au Bénin : cas de la commune de Bopa. » option Aménagement du Territoire ; présenté et soutenu par KPOHONSITO Y. Francis en 2009, le mémoire de géographie sur « La Gestion des ressources en Eau dans la Commune de Dogbo : cas des Arrondissements de Majrè et Tota » option Aménagement du Territoire ; présenté et soutenu par MEANDA Codjo en 2010 et autres ont abordé plusieurs aspects du secteur de l'eau et ont proposé plusieurs approches de solutions mais n'ont pas parlé de l'intégration du genre dans la gestion intégrée des ressources en eau.

Beaucoup de travaux ont été déjà effectués sur la Gestion des Ressources en Eau (GRE) avec des suggestions édifiantes. Mais ici, l'accent sera mis sur l'intégration du Genre dans la gestion de cette ressource. Ce travail comporte certainement des insuffisances. C'est pourquoi nous n'avons pas la prétention d'avoir abordé tous les aspects ayant trait au sujet.

2.2. Approche méthodologique

Pour conduire les travaux jusqu'au bout, une approche méthodologique appropriée a été adopté.

2.2.1. Données

Les données relatives au sujet de recherche ont été recueillies par l'enquête, par les entretiens et par les interviews. Cette étape nous a permis de faire le point des informations utiles recueillies sur le terrain et les différents aspects du sujet déjà abordés.

2.2.2. Outils de collectes des données

ü Le questionnaire a surtout permis de collecter quelques informations spécifiques, notamment :

- La responsabilité de la gestion des ressources en eau

- L'intégration du genre

- La pratique des populations

- Leur perception de la mauvaise gestion des ressources en eau.

- Des fiches d'enquête pour les ménages et les informateurs clés: Ces fiches d'enquête par questionnaire ont été élaborées en tenant compte de quelques aspects spécifiques des pratiques en matière de gestion des ressources en eau.

ü Des guides d'entretien qui sont constituées de questions-réponses à l'endroit des autorités locales, des associations et des structures étatiques qui s'occupent de la gestion de l'eau. Ces guides ont permis dans un premier temps de collecter les informations générales et celles spécifiques à la gestion et à la perception des actions des citoyens par les autorités locales et vice-versa.

ü Des grilles d'observations aussi ont été élaborées à cet effet.

2.2.3. Techniques de collectes des données Plusieurs techniques ont été utilisées.

2.2.3.1. Documentation

La recherche documentaire a consisté à l'exploitation des documents appropriés pour avoir des informations fiables relatives au thème à soutenir.

Tableau I : Centres de documentation et bibliothèque visités

Les centres de

documentation et
bibliothèque

La nature des documents

Types d'informations recueillies

1

Bibliothèque central de l'UAC

Livres, journaux et articles

Les informations

générales sur la
problématique

2

Centre de

documentation du

PNE/CREPA

Livres, rapports de

consultation et articles

Les informations

spécifiques sur la problématique

genre dans la

GIRE

3

Centre de

documentation du

Ministère de la santé

Rapports et articles

Maladies liées à

l'eau, DIEPA

4

Centre de

documentation de la DG Eau

Journaux saisonniers sur

l'eau

Travaux effectués sur la gestion de l'eau et assainissement

5

Centre de

documentation du

MEPN

Mémoires, thèses et rapports

Travaux effectués sur les déchets en rapport avec l'eau

6

Les centres de

documentation de la FLASH

Mémoires

Les informations

générales sur la

problématique de
l'eau

7

Centre de

documentation de

l'INSAE

Les données statistiques,

articles et journaux

Informations sur

les statistiques

démographiques

Source : Résultats des travaux de terrain ; novembre 2011

La recherche documentaire a été complétée par les informations utiles recueillies au cours des travaux de terrain.

2.2.3.2. Echantillonnage

L'échantillonnage a été opéré à deux niveaux : le niveau des quartiers de ville et celui des ménages.

Ø Méthodes et techniques d'échantillonnage.

Pour collecter les données utiles, il a été adopté une méthode de type probabiliste. La technique d'échantillonnage par grappe a été utilisée. Cette technique s'effectue en plusieurs étapes en allant des unités plus générales aux unités plus spécifiques. En effet, l'arrondissement de Togoudo est composé de trois (03) villages. Au niveau de l'arrondissement, l'unité de grappe est le quartier de ville et nous avons réalisé trois (03) grappes.

Au niveau des quartiers, l'unité de grappe est le ménage. Sur un total de neuf cent quatre vingt-cinq (985) ménages, cent cinquante (150) ménages soit 15 % des ménages totaux ont fait l'objet de notre étude et cinquante ménages (50) par village soit 33 % des ménages de chaque village. La qualité des enquêtes a été privilégiée plutôt que le nombre. Ainsi les données qui font l'objet de la présente analyse ont été recueillies auprès des personnes et structures à savoir les autorités politiques locales, les responsables des points focaux Genre et GIRE de la DG Eau, du PNE et EAA-Bénin, de SNV, de HELVETAS et PROTOS-Bénin, des comités de gestion des points d'eau, des agents du CeCPA, des agents de la santé et certains ménages de l'arrondissement de Togoudo. Toutes ces personnes cibles, accessibles à des degrés divers et variables, ont été contactées en tenant compte du type d'information recherchée. Ainsi se résume le processus de collecte des données qui seront traitées et analysées par la suite.

2.2.3.3. Enquêtes de terrain

L'enquête est faite par le questionnaire auprès des ménages pour avoir leur appréciation sur le sujet. Le travail s'est effectué en deux étapes : l'observation directe et l'enquête proprement dite dans l'arrondissement.

2.2.3.4. Observation directe

Les observations directes et participatives ont pris en compte les points sensibles de cette localité. Les visites de terrain ont permis de mieux cerner toute

l'organisation mise en place pour une meilleure utilisation des ressources en eau. Pour approfondir les observations de terrain, des enquêtes ont été menées à plusieurs niveaux.

2.2.3.5. Les interviews

L'interview est fait grâce à un dictaphone afin collecter les informations auprès des autorités et responsables des secteurs de l'eau pour recueillir leur point de vue sur la question du genre dans la gestion des ressources naturelles dont l'eau en particulier ainsi que sur l'organisation sociale relative à l'assainissement du cadre de vie.

2.2.4. Méthodes de traitement des données

Cette étape de la méthodologie s'est déroulée en deux phases:

La première phase consiste en la codification des réponses et le dépouillement des questions.

Ø Codification des réponses : cette opération a consisté à définir pour chaque type de réponse donnée par l'enquêté un code suivant le message que véhicule la réponse. Elle a facilité le dépouillement.

Ø Dépouillement des questions: à cette étape, nous avons procédé à l'élaboration d'une fiche de dépouillement pour trouver les réponses des questionnaires afin de les quantifier et de les qualifier. Le dépouillement des données recueillies sur le terrain nous a également conduit à l'élaboration des tableaux, des figures devant illustrer le mémoire. Les conseils et les suggestions des professeurs nous ont été d'un apport précieux.

La seconde phase est celle des analyses comportant la grille de dépouillement. Elle a été aussi bien qualitative que quantitative. La présente étude n'a pas la prétention d'avoir trouvé de solutions à tous les problèmes liés au secteur de l'eau dans l'arrondissement de Togoudo dans la commune

d'Allada. Cela comporte aussi des imperfections car nombreux étaient les obstacles et les difficultés.

Le traitement des données a abouti au croisement des données et l'élaboration des tableaux statistiques qui ont été utilisés dans le cadre de cette étude. Nous avons procédé aussi à la sélection des photos illustratives des faits divers, tandis que les autres figures et calculs sont effectués grâce au logiciel Excel et Word.

2.2.5. Méthodes d'analyse des données

Quant à l'analyse des résultats de traitement des données, elle a consisté à la description au commentaire et à l'interprétation des différentes figures et séries statistiques en vue de mettre en relief l'évolution dans l'espace et dans le temps des variables observées.

Pour évaluer les impacts des activités sur la ressource en eau dans l'arrondissement, le modèle PEIR (Pression- Etat- Impact- Réponse) est utilisé pour connaître les déterminants et les causes profondes de la pression des impacts sur les composantes du milieu. Le modèle a permis d'établir les liens entre l'état et les tendances de l'environnement social ou physique et de mettre en évidence les relations pressions-impacts. Il a permis également de faire une évaluation aux fins d'une meilleure appréhension de la dynamique de certaines composantes du milieu. Fondamentalement, dans la présente étude les impacts environnementaux ont été estimés en se basant sur les données recueillies auprès des populations et à partir d'un rapprochement entre les conditions socio économiques et environnementales actuelles. Le modèle PEIR est présenté par la figure 2.

 
 

Impacts

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Identification des facteurs de pression :
Démographie

 
 
 
 
 
 

Pression

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Prolifération des activités informelles

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Activités précaires

Etat

 
 
 

Identification des risques liés à la pression et l'analyse systémique des sous composantes

Vulnérabilité

Fragilisation

Réponses

 
 
 

Mesures de correction

 
 

Figure 2 : Modèle d'analyse à l'aide de PEIR

Conclusion

Il convient de retenir, au terme de ce chapitre, que d'assez nombreuses études ont été réalisées sur des axes de la thématique de ce thème. Les résultats de ces recherches sont appréciables. Mais nous tenterons ici de mettre un accent particulier sur l'aspect Genre. Toutefois l'emploi de nouveaux outils nous amènera à appliquer des tests pour vérifier le degré de prise en compte du Genre dans la mise de la GIRE à Togoudo.

CHAPITRE III : RÉSULTATS ET DISCUSSIONS

Introduction

Les ressources en eau concernent l'utilisation des eaux de pluies (en saison pluvieuse), des eaux de surface (Aouto) et des eaux souterraines. Dans ce dernier chapitre, nous présenterons les résultats proprement dits de notre travail en faisant l'état des lieux des différentes sources d'approvisionnement en eau, montrer le degré d'implication du Genre et les conflits issus de la mauvaise gestion et contrôle de la ressource.

3.1. Différentes sources d'approvisionnement en eau dans

l'arrondissement de Togoudo.

Les populations de Togoudo s'approvisionnent à partir de trois sources fondamentales. Il s'agit essentiellement de la SoNEB, des cours d'eau et les ouvrages d'hydrauliques villageois.

3.1.1. La SoNEB

Le nombre de ménage couvert par la SoNEB est très faible, presque inexistant (Tableau II ). Très faible car ce sont deux villages très voisins (Togo et Zèbou) et dont les limites ne sont pas définies et parfois il y a conflits d'attribution de territoires, qui ont été couverts. Aussi la couverture de la SoNEB n'a pris en compte que des personnes un peu riche et qui sont en bordure de la route secondaire qui relie l'arrondissement de Togoudo à celui d'Allada. Ce faible taux de couverture maintien l'autre partie de la population dans un état de dépendance absolue. Ce qui entraîne pour les enfants (fille en générale) et surtout les femmes une corvée d'eau permanente.

Tableau II : Etat d'abonnement de Togoudo au réseau SoNEB

Effectifs

Annees

1982

0

1983

1

1984

0

1985

0

1986

0

1987

1

1988

1

1989

11

1990

7

1991

2

1992

3

1993

2

1994

2

1995

1

1996

1

1997

1

1998

4

1999

1

2000

2

2001

4

2002

2

2003

5

2004

1

2005

1

2006

3

2007

6

2008

3

2009

4

2010

6

2011

7

Total

82

Source: SoNEB Allada, décembre 2011

L'analyse de ce tableau montre que l'arrondissement de Togoudo a une couverture presque inexistante par la SoNEB. Les résultats montrent que depuis 1982 jusqu'en 2011, 82 branchements seulement ont été opérés par la SoNEB pour un nombre de ménages estimés à 1245 en 2009. Autrement dit, seulement 69 ménages sur 1245 que comptait l'arrondissement en 2009 ont de l'eau de la SoNEB soit un taux de desserte d'environ 5,54% ce qui est très faible. De nos jours, il n'existe que 49 branchements fonctionnels donc 33 lignes ont été résiliées pour faute de non payement de facture. Cet état de chose confirme bien les caractéristiques économiques de la localité qui révèle que le faible revenu mensuel est de 13869 f CFA. Avec un tel revenu, il est normal que les chefs de ménage ne puissent pas payer leur facture sans cesse croissante. Une fois résilié, les personnes handicapées, les vieux et les femmes enceintes, vivants dans ces ménages risquent de manquer de l'eau indispensable à leur usage quotidien faute de se déplacer pour aller plus loin pour s'approvisionner.

Signalons au passage que cette couverture ne concerne que deux villages (Zèbou et Togo) et le troisième (Govié) est resté sans couverture jusqu'à nos jours. La question qui se pose alors est de se demander à quelle source s'approvisionnait l'autre partie de la population?

3.1.2. Les eaux de surface

L'arrondissement de Togoudo dispose d'un atout non négligeable de cours d'eau. Il s'agit essentiellement de Datin et de Sodji. Datin est un cours d'eau plus vaste et s'étend jusqu'à sékou et constituait une source d'approvisionnement en eau pour la population depuis que des personnes y habitent. De même, le Sodji est moins étendu mais à une histoire. Son histoire remonte au premier guerrier qui a marqué la genèse de Togoudo. Selon les informations recueillies, ce guerrier serait le premier à boire l'eau de Sodji. Comme la succession du trône se fait au sein de la même famille et du père au fils, la tradition a retenue que tout Roi successeur ne doit boire que de cette eau de Sodji. Jusqu'à nos jours c'est de cette eau que boive le Roi KPODEGBE dans son palais. Donc les populations aussi préfèrent cette eau au profit des branchements de la SoNEB et des points d'eau réalisé par l'actuelle Direction Générale de l'Eau en partenariats avec les organismes internationaux intervenant dans le domaine de l'eau.

Cette réalité socio-culturelle peut être à la base du faible taux de demande enregistré par la SoNEB sans oublier l'accessibilité financière et celle géographique.

Les cours d'eau sont exclusivement fréquentés par les femmes et les filles (qu'elles soient enceintes ou non). Il est rare de trouver dans l'arrondissement de Togoudo, un homme allé au cours d'eau pour s'approvisionner et ramener à la maison. Ce qu'on constate généralement c'est leur passage pour se laver en rentrant des champs. Mais quand il va s'agir de la propreté des lieux, curieusement c'est encore les femmes qui sont conviées et elles se font quelques fois aider par un(01) ou deux (02) hommes volontaires.

3.1.3. Les ouvrages d'hydrauliques villageois

C'est grâce aux différents programmes d'approvisionnement en eau potable en milieu rural que l'arrondissement de Togoudo a bénéficié de quelques ouvrages hydrauliques villageois de la DG-Eau. Ces programmes ont permis de réduire la corvée d'eau éprouvée par les populations surtout les femmes, les

personnes du troisième âge et les pauvres en général. Les besoins en points d'eau pour les villages de Zèbou et Togo s'élevaient pour les responsables de la DG Eau à 13 mais, au jour d'aujourd'hui, la direction n'a effectué que 3 PE détaillés comme suit: nous avons 2 PM à Togo et 1 FPM à Zèbou dans la localité de Houéssoutomè soit un taux de réalisation de 23%. Le troisième village (Govié) qui n'a même pas un seul branchement de la SoNEB et dont on ne connait pas les besoins en points d'eau a bénéficié de 3 PE aménagés. Il s'agit d'1 FPM dans la localité de Zoungbo qui ne s'anime qu'après 18 heures, 1 PEA avec 4 robinets tous au jour d'aujourd'hui, fonctionnels dans la localité de Govié, et enfin 1 PM. Ici il faut constater que presque toutes les populations s'approvisionnent à ces différentes sources et en plus de cela vont aussi puiser dans les puits traditionnels à ciel ouvert.

Pour le PEA, la bassine de 25L est à 25 FCFA car il y a un moteur qui recharge l'eau dans le château de 6m3 et utilise le carburant. Les sous issus de la vente de l'eau sont versés ensuite dans un compte de CLCAM supervisé par la Mairie et gérer par l'AUE. Quant au FPM, la bassine de 50L coute 10 FCFA car c'est les populations elles mêmes qui déploient l'énergie nécessaire pour pomper l'eau et sa mise en marche ne demande pas des dépenses de carburants. Par contre pour le puit moderne (Photo 4), la bassine de 30L coute 20 FCFA, simplement parce que la demande est plus forte dans cette localité.

La gestion de ces ouvrages est assurée par les hommes. Dans un bureau d'AUE de 13 personnes, on dénombre 2 femmes assurant des fonctions comme la vente de l'eau et le maintien de la propreté des lieux et alentours. Les handicapés et les personnes du troisième âge ne sont pas impliqués dans cette gestion car on les considère comme des personnes invalides ou inutiles. Il s'agit ici de la violation du principe 2 de la GIRE.

Malgré les prix forfaitaire appliqués pour l'achat de l'eau, la majorité des femmes pensent encore que le coût est cher et s'approvisionne aux autres sources de qualité douteuse et d'autres parfois puisent sans payer ou viennent la nuit détruire le système de sécurité de la source: c'est le cas par exemple du FPM de

Zoungbo. D'autres par contre, malgré que le problème d'accessibilité géographique soit partiellement réglé, elles dépassent la source de qualité et vont jusqu'aux anciennes (yehouénontonou, caissiétonou et Datin) sources (Photos 5 et 6) pour s'approvisionner. Les deux premières sources ont été construites entre 10 et 15 ans par des particuliers ou généreux donateurs. La première est construite par un prêtre dans la localité de Missèbo entre 14 et 15 ans de même que la seconde, construite à Govié par un Caissier entre 11 et 12 ans, dans le but d'aider la population. Tandisque Datin, un cours d'eau antérieur à toutes les autres sources, auquel toutes les populations de Togoudo s'approvisionnaient en particulier les femmes et les filles.

Photo 4 : Puit Moderne à Govié
Cliché: SOHOUNOU ; décembre 2011

Photo 5 : Puit Traditionnel à Govié
(caissiétonou)
Cliché : SOHOUNOU ; décembre 2011

Photo 6 : Puit Traditionnel à Missebo
(Yehouénontonou)
Cliché : SOHOUNOU ; décembre 2011

Au vue de tout ce qui précède, on conclue que le problème d'approvisionnement en eau dans l'arrondissement de Togoudo est loin d'être résolu malgré l'effort fourni par le pouvoir central de même que pour l'intégration du Genre car les femmes ne sont pas associées, les riches et les pauvres ne s'entendent point de même que les vieux et jeunes sur les questions de l'eau et l'intégration du Genre.

De plus, il y a certaines réalités socio-culturelles qui font l'échec de la prise en compte du Genre dans la mise en oeuvre de la GIRE à Togoudo. En exemple on peut citer l'attitude des femmes, quand elles sont au nombre d'au moins deux, préfèrent aller plus loin tout en discutant de leurs différents problèmes en chemin que de s'approvisionner à une source potable plus proche de chez elles. Ce qui fait que les ouvrages sont construis mais parfois abandonnés par les premières utilisatrices et gardiennes de la ressource. Cette réalité socio-cuturelle ne favorise pas l'application du principe 3 de la GIRE.

3.2. Situation sanitaire à Togoudo

La santé de la population d'un milieu dépend de plusieurs paramètres dont principalement les conditions hygiéniques, la qualité de l'eau consommée, l'éducation des populations à la base, bref, de l'assainissement du cadre de vie.

Cette partie du travail traitera de la situation en rapport avec la consommation de l'eau par les populations et de leur implication dans la Gestion des Ressources en eau.

3.2.1. Conditions hygiéniques

En milieu rural, les populations sont pour la plupart analphabètes. C'est le cas par exemple de la zone d'étude où 3 personnes sur 4 soit 75 % sont analphabètes. Cette situation ne permet pas de garantir les conditions minimales de santé. Ainsi les enfants de 0 à 7 ans, les femmes enceintes, les personnes du troisième âge et les ménages les plus démunis sont les plus touchés. Elles développent plusieurs maladies principalement celles issues de l'eau. Il s'agit essentiellement des diarrhées, du paludisme pratiquement chez tout le monde et d'autres maladies dermatologiques. La situation est tellement préoccupante que les autorités locales ont pris désormais à bras le corps le problème d'assainissement mais faute de moyens, elles n'ont pas pu atteindre leur objectif. Par ailleurs, il n'existe qu'un seul centre de santé publique installé tout récemment et fonctionnel à partir du lundi 21 mars 2011. Ce qui a favorisé la prolifération des centres clandestins créés par des infirmiers formés sur le tas et grave encore par des aides-soignants et on dénombre aussi beaucoup de piqueurs ambulants. Cette situation moins reluisante plonge les populations dans une insécurité sanitaire dans l'arrondissement.

Sur le plan d'hygiène et assainissement, nous allons nous appesantir sur le traitement des ordures et des eaux usées.

Ø Pour le traitement des ordures ménagères, nous nous sommes rendu compte qu'elles ne représentent aucune menace pour les populations de l'arrondissement de Togoudo. En effet, il n'est pas rare de rencontrer

autour d'une maison, au bord des rues, des ordures ménagères de toutes les formes; versées sans tenir compte de la proximité des habitations (Photo 7). Les principales raisons qui justifient ce fait sont relatives au fait que les autorités locales ne sont pas encore arrivées à sensibiliser, conscientiser la population sur la nécessité de l'évacuation des ordures ménagères hors des ménages et à organiser et installer les ONG de ramassage d'ordures. Ce sont surtout les femmes, responsables de la propreté des chambres, maisons et alentours, les handicapés et les vieilles personnes incapables d'aller plus loin déverser leur déchets, qui sont responsables de cette situation à Togoudo. La conséquence immédiate est que les enfants tombent régulièrement malades alors que les moyens de traitement sont limités. Par ailleurs, la décomposition de ces ordures ménagères cause la pollution des eaux de surface et celles de profondeur à travers les éléments chimiques toxiques qu'elles produisent.

Les lieux de conservations de ces ordures constituent pour les populations les lieux d'aisance à cause du manque de latrine et l'habitude de la plupart des populations à aller dans les brousses pour se mettre à l'aise. Ces différents éléments posent le problème d'assainissement dans la zone d'étude.

Ø Quant aux eaux usées, elles sont celles qui ont servi à laver, à faire la cuisine, la vaisselle etc et qui ne sont plus utilisables directement. Pour cela, il faut leur trouver un endroit très adapté pour éviter la pollution des eaux des nappes ou de créer des nids de prolifération des larves de moustiques très hostiles à la santé des populations. Dans l'arrondissement de Togoudo, nos enquêtes ont révélées que 96 % des populations versent les eaux usées à côté des maisons, dans la rue et sur les tars d'ordures. Car aucune disposition n'a été prise par les autorités pour pallier à ces problèmes.

Photo 7 : Un tas d'ordures sauvages à Govié Cliché: SOHOUNOU ; décembre 2011

3.2.2. Education sanitaire

La santé des populations dépend aussi et surtout de l'organisation interne des centres de santé et de la disponibilité de ses agents en nombre suffisant avec le personnel qualifié et rompu à la tâche avec le coût des soins à la portée des ménages pauvres.

En ce qui concerne la formation sanitaire, il n'existe qu'un seul centre de santé d'arrondissement (CSA) inauguré le lundi 21 mars 2011, ce qui fait que les populations se faisaient soignées par des personnes non qualifiées. Cette situation perdure de nos jours malgré la disponibilité du CSA pour plusieurs raisons: traitement à moindre coût, l'automédication avec des médicaments de qualité douteuse et il faut remarquer que les piqueurs ambulants se promènent de maison en maison sans oublier un problème particulier de religion qui se pose entre l'infirmière et la première aide-soignante (l'infirmière est musulmane et l'aide chrétienne). Du cout les populations admettent que seule l'aide pouvait

leur administrer les soins sans savoir le personnel qualifié ou habileté. Ne pouvant plus admettre cet état de chose pendant longtemps, l'infirmière demande un remplaçant, ce qui fut et les populations deviennent à partir de ce moment réticent. Il se pose aussi un problème d'accessibilité géographique et financière. En ce qui concerne l'accessibilité géographique, le centre de santé en question est situé à 3 Km environ des populations de Govié, ce qui ne respecte pas les recommandations de l'Initiative de Bamako dont le Professeur Eusèbe ALIHONOU est à l'origine, donc il faut rapprocher les centres de santé vers les populations. Pour l'accessibilité financière, la population de Togoudo estime que les soins sont chers et de plus elles n'ont pas la possibilité de payer par tranche leurs soins ; ce qu'elles faisaient avec les autres centres.

Par rapport au personnel soignant, on dénombre un nombre infirme de personnel car pour une population de 5106 habitants estimée en 2009, le CSA n'a qu'une seule (01) infirmière et trois (03) aides-soignantes et un (01) pharmacien. Elle est la seule qui s'occupe de la maternité et du dispensaire. Il en résulte donc 4 femmes contre 1 homme soit un taux de 80 %.

Ce personnel est très insuffisant et critique et à besoin d'être renforcé pour mieux satisfaire la population et envisager peut être à régler le problème de religion.

3.3. Intégration du Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau à Togoudo

L'intégration du Genre est le processus d'évaluer les implications, pour les hommes et les femmes, de toute action planifiée y compris la législation, les politiques ou les programmes dans tous les domaines et à tous les niveaux.

Cette partie est consacrée à la participation des femmes dans les prises de décision dans toutes les questions liées à l'eau dans l'arrondissement sans oublier les autres acteurs que sont les riches et les pauvres de même que les vieux et les jeunes.

3.3.1. Niveaux d'implication du Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau à Togoudo

On peut noter l'implication du Genre dans la GIRE à plusieurs niveaux. Ici l'accent sera mis surtout sur les organisations socio-professionnelles et la population en générale. Ainsi on note l'implication au :

3.3.1.1. Niveau de la population en générale

Selon nos enquêtes, plusieurs organisations et associations interviennent dans le secteur de l'eau mais aucune de ces dernières ne penchent sur la problématique du Genre. Leur préoccupation est de poser le diagnostic de l'eau potable, allé voir les hommes politiques de l'arrondissement lors des élections pour avoir un peu d'argent. Dans toutes ces démarches, les femmes ne sont pas prises en compte, d'abord les réunions se tiennent pour la plupart la nuit et en ce moment les femmes doivent être à la cuisine ou au puits. C'est le cas du village de Zoungbo à Govié ou le seul FPM s'anime à partir de 17 heures 30 minutes (Photo 8). Ces réunions se déroulent pour la plupart chez les riches et rarement chez le chef quartier et sont dirigées par les riches encore, car elles se disent que c'est celui qui a l'argent qui détient la vérité. De même, quand les vieux parlent, les jeunes n'ont plus la parole et l'assistance considère que ce sont des paroles d'évangile et de sagesse donc sans recours. Là où on constate la présence des femmes, ce sont les réunions matinales liées principalement à la salubrité ou encore aménagement des voies d'accès aux sources d'eau, surtout en période de pénurie où certaines sources proches des concessions tarissent. Prenons l'exemple des bureaux des gestionnaires des points d'eau (AUE et CPE). Partout où nous sommes passés dans le cadre de notre enquête, les bureaux d'au moins 13 personnes ne présentent qu'au plus 2 femmes et ne jouent que des rôles de nettoyage et de vente de l'eau. Pire encore, même au niveau des ménages, les points de vu des femmes ne sont pas considérés ; ceci se justifie par le fait que la femme doit s'occuper de toutes les corvées d'eau. Le riche ne veut même pas entendre parler de coupure, pour lui il doit trouver de l'eau sous la douche pour

se laver et ne veut donner aucune chance aux pauvres de puiser un peu d'eau à la source commune et en disposer aussi pour leurs besoins.

Photo 8 : FPM à Zoungbo s'animant à partir de 18h Cliché : SOHOUNOU ; décembre 2011

3.3.1.2. Niveau des agriculteurs

La population de Togoudo est essentiellement agricole. On compte en 2009, 622 ménages agricoles sur les 1245 disponibles soit un pourcentage de 50 % environ. Chaque homme se fait aider par sa femme donc elles ont leurs mots à placer dans les affaires de l'eau en tant que principales utilisatrices. Pourquoi parlons-nous des agriculteurs ? L'agriculture fait partie intégrante de la GIRE car la ressource « eau » est concernée. Dans l'arrondissement de Togoudo, l'agriculture est intensive ou culture sur brulis. La maîtrise de l'eau, n'est pas du tout pensée (ou est restreinte aux périmètres de cultures maraîchères qui joignent les bas-fonds) aussi bien au niveau communal que local. De même, aucun agriculteur n'irrigue son champs alors qu'il existe de l'eau en permanence et partout. C'est dans cette atmosphère que les femmes travaillent dans les champs du matin jusqu'à l'après midi puisqu'elles doivent aller chercher de l'eau et s'occuper de la cuisine. Les femmes font les travaux champêtres en même temps que les hommes et en plus vont puiser de l'eau. Ce qu'on pourrait souhaiter est

que les hommes puissent prendre les bidons pour se rendre à la source afin d'aider leurs femmes. Nos enquêtes ont montré que rares sont les hommes qui aident leurs femmes pour prendre l'eau. Quelques uns seulement acceptent aller aux sources si et seulement si leurs femmes sont enceintes. Ils existent plusieurs regroupements ou associations des agriculteurs au sein desquelles les femmes, malgré leur présence, sont reléguées au second plan et donc, ne jouissent d'aucune voix délibératrice. De même les jeunes ne veulent pas prendre conseils auprès des vieux afin de propulser leurs activités champêtres pour un meilleur rendement. En conclusion nous ne notons aucune prise en compte du Genre dans l'agriculture et les cultures sont strictement pluviales et sujettes aux conséquences des poches de sécheresse et des excès de pluie.

3.3.1.3. Niveau des éleveurs

Le sous secteur de l'élevage dans l'arrondissement de Togoudo est marqué par les pratiques traditionnelles d'élevage des espèces ovines, caprines et des volailles qui ne garantissent pas une couverture complète des besoins en protéines animales, notamment la viande et les oeufs. Toujours est-il que, quand les hommes vont les premiers aux champs, ce sont les femmes qui, après avoir fait la corvée d'eau et les préparatifs pour le champ (préparation de nourriture, apport d'eau à boire et autres), donnent à manger aux animaux. Ce n'est qu'après le retour des champs que les hommes amènent d'abord les bêtes au pâturage, puis ensuite, à l'abreuvoir le plus proche (Photo 9). En matinée, on voit encore les femmes donner des médicaments aux animaux pour traiter d'éventuelles pathologies développées par les cheptels. Il s'agit notamment de la pseudo peste aviaire, et la gale des petits ruminants et les parasitoses gastro-intestinales. En ce qui concerne l'alimentation, seuls les élevages améliorés font l'objet de compléments alimentaires plus ou moins corrects, les élevages traditionnels sont nourris le plus souvent avec les restes d'aliments consommés et les résidus de récoltes, assurés par les femmes. Là encore, aucune participation des femmes n'est notée aussi bien au niveau du ménage que dans les organisations

professionnelles telles que l'union communale des aviculteurs, etc. Une analyse des bureaux respectifs montre moins de 20 % de femmes par bureau, ce qui ne favorise pas une approche Genre à ce niveau.

Photo 9 : Élevage traditionnel de brebis (pâturage libre)
Cliché: SOHOUNOU ; décembre 2011

3.3.1.4. Niveau des pêcheurs

A ce niveau, la pêche est quasi inexistante, artisanale et parfois saisonnière dans le plan d'eau Aouto. C'est un plan d'eau qui selon nos investigations en milieu réel, révèle que c'était une source non poissonneuse et qui nécessite le sacrifice d'une fille vierge avant de produire de poisson après les consultations divinatoires. Lors de la crue d'août et septembre 2010, ce plan d'eau qui n'était que de quelques Km de long s'est multiplié par 2 voire 3. Cet état de chose a embrasé les trous à poissons améliorés, installés par un projet et dont les bénéficiaires ont désormais la charge. Ce qui fait que depuis 2010 jusqu'à aujourd'hui, ce plan d'eau contient énormément de poissons de genre Tilapia et autres (Photos 10 et 11). Mais comme la population n'est pas lacustre, alors elle ne maitrise pas les techniques de pêche, si bien que les poissons sont bien gros

mais personne ne les mangent car il n'y a personne pour pêcher. Mais aujourd'hui il y a au total six (06) personnes qui vont pêcher dont une seule personne habilitée à entrer dans l'eau avec filet et les autres sont à la canne.

Encore là, les femmes ne sont pas du tout impliquées encore moins les riches et pauvres et les vieux et jeunes. D'abord elles ont peur de l'eau stagnante, même pour aller vendre les poissons frais et en faire une activité génératrice de revenu. Bien avant la crue, il y avait un début de la pisciculture dans l'arrondissement avec une ébauche d'organisation en association qui ne comportait aucune femme alors qu'en absence des hommes, ce sont les femmes qui s'en occupent. Ici aussi le Genre n'est pas pris en compte.

Photo 10 : Un bras du plan d'eau Aouto Photo 11 : les poissons issus du plan

Clichés: SOHOUNOU ; décembre 2011

dea

3.3.1.5. Niveau industriel

Sur ce plan, on ne note pas de véritable industrie dans l'arrondissement de Togoudo. Il n'existe qu'une seule industrie du nom d'IRA (Initiative pour la Relance de l'Agroalimentaire) et qui est spécialisée dans l'achat d'ananas afin de les transformer en jus d'ananas. Elle utilise comme main d'oeuvre principalement les femmes. Leurs rôles principaux sont le lavage des bouteilles vides, la mise en carton, le secrétariat, l'entretien des lieux et autres travaux sans beaucoup de

précision. Ici on note une coopération étroite entre hommes et femmes, parfois on rencontre même des couples. Selon nos investigations, et de façon effective, les femmes dépassent largement les hommes dans ce secteur et semblent plus actives surtout dans des domaines très importants comme l'emballage, le conditionnement, et parfois l'embarquement.

Au moins à ce niveau, les hommes et les femmes jouent des rôles socialement admis par la société et acceptés par leurs familles en l'occurrence leurs maris. On peut marquer donc une virgule d'intégration du Genre. Ce qui est souhaitable ici est la préservation de la ressource eau (incitation au respect du principe 1 de la GIRE) à cause du rejet des déchets issus de la production. Il ne faut pas que les riches (promoteurs), polluent l'environnement et l'écosystème naturel pour les pauvres et les vieux.

3.4. Prévention et mode de gestion des conflits d'usage liés à l'eau dans l'arrondissement de Togoudo

3.4.1. Types, origines et causes des conflits liés à l'eau de pluie

En saison pluvieuse, les femmes disposent des bassines le long des toitures en vue de recueillir l'eau de pluie. L'eau de pluie est recueillie pour des besoins d'utilisation domestique (boisson, lessive, vaisselle) et d'élevage. Cette pratique constitue un danger potentiel si l'eau recueillie ne subit pas une désinfection préalable à la consommation. Les conditions de stockage de ces eaux sont souvent déplorables et ne respectent aucune règle d'hygiène. Par ailleurs, la stagnation des eaux pluviales dans les rues, les maisons, etc conduit à la prolifération d'insectes, vecteurs de maladies comme le paludisme.

L'agriculture occupe une place très importante pour les communautés et est actuellement une source importante de revenus pour une très grande majorité de la population. Mais, elle est essentiellement pluviale et fondée donc sur le régime pluviométrique. Cette activité est fortement sujette aux variations climatiques récurrentes. La grande variabilité interannuelle de la pluviométrie se

traduisant par des années sèches récurrentes demeure la cause et l'origine des conflits rencontrés autour des usages d'eau de pluie.

En effet, le réchauffement de la terre augmente la rareté de cette eau par effet d'évaporation rapide. Par conséquent, les agriculteurs, les éleveurs ainsi que les usagers domestiques de cette ressource se ruent sur les autres ressources en eau telles que les retenues, les cours d'eau, les plans d'eau etc, créant ainsi une pression exagérée, source de divers conflits sociaux. Ce sont souvent des conflits sans affrontement mais qui débouchent souvent sur des clivages sociaux, la haine entre collectivités ou même des fois, entre membres d'une même collectivité. Par ailleurs, il y a aussi des conflits entre usagers de la rue.

En effet, pendant la saison pluvieuse, les voies n'étant pas revêtues, il y a beaucoup de flaques d'eau qui favorisent les éclaboussements. Il existe aussi des conflits à la suite d'une incompréhension entre riverains d'une même voie qui cherchent à orienter dans un sens ou dans l'autre, l'eau de ruissellement pour éviter que cette eau ne s'introduise dans leurs domiciles. Aussi, faut-il signaler les conflits réguliers entre usagers (les femmes et les handicapés) de la rue qui cherchent à éviter les flaques d'eau et propriétaires qui délimitent souvent une aire de sécurité devant leurs maisons où les usagers sont interdits de passage. Les eaux de pluie sont à l'origine des inondations récentes qu'a connues la localité de Zèbou en particulier et qui ont causées d'énormes nuisances sur les plans : environnemental, matériel et humain.

3.4.2. Types, origines et causes des conflits liés à l'eau de surface

L'usage fait de l'eau dans l'arrondissement de Togoudo autour du plan d'eau Aouto et les cours d'eau comme Sodji, Datin, montre que les eaux sont utilisées pour faire :

- de l'élevage (pastoralisme) ;

- de la pêche ;

- les activités domestiques (boisson, cuisine, bain, vaisselle etc.)

Les conflits liés à l'exploitation des plans et cours d'eau en général sont: Les conflits entre pêcheurs liés à l'utilisation des filets par les uns et, les autres, utilisant la canne. Le conflit nait du fait que celui qui a le filet ramasse tous les poissons et, les autres, qui sont à canne, ne prennent que les petits poissons parce qu'ils sont généralement en bordure de l'eau car ne maitrisant pas les techniques de pêche de même que la violation des périmètres occupés par les installations fixes de pêche. De même, on note de conflits entre propriétaires terriens et pêcheurs, car au départ, l'espace actuellement occupé par le plan d'eau, producteur de poissons, était exploité par certains agriculteurs. Ces conflits se manifestent souvent par des bagarres rangées entre pêcheurs et agriculteurs, soldées par des interdictions d'activités de la part des agriculteurs.

On note également des conflits entre éleveurs transhumants et agriculteurs dus à la destruction des parcelles agricoles par les animaux lors de leur passage pour s'abreuver. Quelques fois, ces conflits sont atténués à travers le paiement d'une somme d'argent par les éleveurs et qui est équivalente aux destructions occasionnées par les animaux suivant les estimations des chefs quartier concernés, de la gendarmerie ou du commissariat de police de la localité. On note aussi des conflits entre éleveurs et pêcheurs, car les éleveurs, en saison sèche amènent leurs bêtes pour s'abreuver à la source. En ce moment, les disputes commencent car les pêcheurs estiment que les poissons fuirent à cause du bruit des bêtes.

Au vue de ces situations, des stratégies endogènes se développent pour atténuer les effets des conflits et de gestion durable des ressources.

Dans le passé, Il y avait des règles simples de protection du milieu physique et des ressources halieutiques qu'avaient établies les aïeux. Mais aujourd'hui, avec la multiplicité des religions, le respect de ces règles pose problèmes dans le milieu.

3.4.3. Types, origines et causes des conflits liés aux eaux souterraines

Les investigations dans ce registre ont concerné essentiellement les sources aménagées, les forages et les puits dans l'arrondissement en l'occurrence du PEA de Govié. Ces investigations ont révélé que les usages faits des eaux souterraines à travers les forages, les puits traditionnels et modernes sont essentiellement domestiques (approvisionnement en eau potable, lessive, bain etc) et religieux. On note également les usages pour la transformation agroalimentaire.

Globalement, on note au niveau des forages et des puits, les conflits sociaux comme les conflits entre femmes liés à l'affluence aux heures de pointe. En effet, l'ordre de passage pour la collecte de l'eau devient une équation difficile à résoudre surtout lorsqu'il y a des femmes qui veulent jouer aux plus malines en prenant la place des premières arrivées. Il y a aussi le refus ou l'intolérance de certaines femmes à ne pas permettre aux vieilles dames et aux handicapés de prendre l'eau sans avoir fait les rangs normaux. Tous ces conflits se manifestent souvent par des insultes et des bagarres entre les protagonistes. Il n'existe pas de creusets spécifiques pour la gestion de ces conflits. Ils sont gérés par les autres usagers de la ressource non concernés directement par le conflit. La photo 12 montre l'ampleur d'utilisation de l'eau au niveau d'un PEA à Govié.

Photo 12 : Affluence au niveau du PEA de Govié

Cliché: SOHOUNOU; décembre 2011

3.5. Problèmes sanitaires liés à l'eau dans l'arrondissement de Togoudo

3.5.1. Eau et les facteurs de maladies

Il existe deux facteurs fondamentaux qui expliquent la présence des maladies hydriques dans l'arrondissement de Togoudo.

3.5.1.1. Les facteurs naturels et responsables de maladies

L'alternance de deux saisons de pluies et deux saisons sèches maintient la permanence des vecteurs inféodés à l'eau.

En réalité, le climat du sud Bénin dans lequel se trouve l'arrondissement de Togoudo connaît un climat subéquatorial de type Guinéen ou Béninien. Il s'agit en effet d'un climat à quatre saisons dont une grande et une petite saison pluvieuse qui s'alternent avec une grande et une petite saison sèche.

En période d'abondance de pluie, les vecteurs ou hôtes intermédiaires inféodés tels que les anophèles entretiennent tout au long de l'année, le cycle du paludisme (Le cycle du paludisme en annexe), pondant dans les collections aquatiques les larves qui s'y développent et donnent naissance à de nouvelles

générations d'adultes. Ceci maintient le taux d'endémicité du paludisme à environ 51,85% du total des maladies enregistrées à Togoudo (Tableau III).

Le paludisme reste alors la pathologie la plus fréquente de l'arrondissement suivi des infections digestives. Les infections respiratoires ont aussi une prévalence relativement importante que les infections digestives.

Quant aux éléments chimiques ; l'eau potable a certaines normes définies par l'OMS en fonction des éléments chimiques qu'elle contient. Certains de ces éléments sont utiles voire indispensables à la santé de l'homme s'ils sont à faible concentration, mais peuvent devenir toxiques à forte concentration. Par exemple, la concentration trop faible d'iode est responsable de trouble de la thyroïde. Il est également prouvé que l'ingestion de forte dose de sodium joue le rôle important dans le développement de l'hypertension chez les sujets prédisposés. Certains éléments peuvent en quantité trop élevée donner à l'eau un goût désagréable (fer, chlorure, sulfate, cuivre) ce qui poussent les populations à se détourner de la source potable pour utiliser un approvisionnement qui peut être dangereux.

3.5.1.2. Eau, facteur de transmission de maladies et de développement d'agents pathogènes

Malgré que les maladies liées à l'eau soient réunies sous le même nom, les moyens de contamination ne sont pas toujours les mêmes et varient en fonction des personnes affectées. L'eau engendre les vecteurs de maladies sous différentes stratégies.

En effet, ces agents pathogènes peuvent être :

- Des bactéries : vibrion cholérique, shigellas (agents de la dysenterie bacillaire), salmonelles (fièvres typhoïdes)

- Des virus : poliomyélite, hépatite

- Des protozoaires : amibes dysentériques

- Des vers : ascaris, trichocéphales, ankylostomes, anguillules, vers de guinée, schistosomes.

Le rôle de l'eau dans la transmission des agents infectueux varie selon la biologie c'est-à-dire le cycle évolutif de ces germes pathogènes.

De même, l'eau est reproductrice d'insectes et de vecteurs de maladies, car sa conservation dans de mauvaises conditions associées aux conditions hygiéniques peu recommandées, entrainent de nombreuses maladies pour la population de Togoudo. Il s'agit de la plupart des eaux usées mélangées avec des ordures, les herbes etc. Cette situation favorise la multiplication des gîtes larvaires, les vers et les insectes.

Dans l'arrondissement de Togoudo, les gîtes larvaires sont la principale source du paludisme, surtout pour les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les personnes de troisième âge, situées aux côtés des plans d'eau et aux côtés des grandes brousses. Chaque espèce d'anophèle a des gîtes de pontes ou gîtes larvaires préférentiels. Ce sont des collections d'eau temporaires ou permanentes exposées à l'ombre ou au soleil, pourvues ou non de végétations et répondant à des exigences chimiques ou physiques variées.

3.5.2. Affections liées à l'eau dans l'arrondissement

L'état de santé des populations notamment dans le domaine des maladies hydriques est assez mal connu. Très peu d'enquêtes épidémiologiques sont réalisées et les consultations dans les centres de santé, voire des diagnostiques sont le plus souvent symptomatiques.

3.5.2.1. Affections liées à l'eau de boisson

3.5.2.1.1.Les gastro-entérites ou infections digestives

Elles comprennent les diarrhées, les vomissements, la constipation et la déshydratation sévère. Elles constituent un problème majeur de santé publique en zone tropicale où elle constitue l'une des principales causes de la mortalité infantile et maternelle.

Les gastro-entérites se transmettent par l'ingestion d'eau souillée généralement manipulée par les femmes et enfants, par les selles, ou par les mains sales ou des récipients mal protégés; elles se transmettent également par l'ingestion d'aliments contaminés par lavage ou arrosage.

Dans l'arrondissement de Togoudo, les gastro-entérites constituent une des causes principales des consultations hospitalières et impactent sérieusement les activités génératrices de revenues des femmes et surtout les familles monoparentales avec absence du père. (Tableau III)

3.5.2.1.2.Les infections respiratoires

Elles constituent aussi une cause de consultation fréquente. Elles se manifestent par des toux et des irritations de gorge. On note également des bronchites, les pharyngites et le rhume. Les parents dépensent toutes leurs fortunes en l'occurrence les mères. Elles constituent 20,26% des principales maladies liées à l'eau.

Tableau III : principales maladies liées à l'eau dans Togoudo

Mois

Paludisme

Infections
digestives

Infections respiratoires

Nombre de cas

Nombre total reçu

Taux de

fréquence en %

Janvier

-

-

-

-

-

-

Février

-

-

-

-

-

-

Mars

1

3

2

6

9

66,66

Avril

25

5

10

40

58

68,96

Mai

15

6

6

27

47

58,69

Juin

26

4

6

36

65

55,38

Juillet

28

13

11

52

69

75,36

Août

31

24

12

67

97

69,07

Sept

20

18

15

53

78

67,94

Oct

30

18

6

54

80

67,50

Nov

34

24

12

70

105

66,67

Dec

28

13

13

54

77

70,13

Total

238

128

93

459

684

67,10

Source : CSA de Togoudo, décembre 2011

Ce tableau montre la fréquence des affections liées à l'eau impropre à la consommation et à usage courant dans l'arrondissement de Togoudo. Il s'agit notamment du paludisme qui vient en tête avec 238 cas sur un total de 459, suivi des gastro-entérites 128 cas sur 459 et enfin les infections respiratoires qui sont de 93 cas sur 459. Soient des pourcentages respectives de 51,85, 27,88 et enfin 20,26. Ces trois affections ont à elles seules un taux de prévalence de 67,10%. Ce fort taux permet de qualifier la qualité de l'eau consommée par les populations et permet de renseigner sur l'importance de l'eau dans la vie d'une population en particulier des populations de Togoudo et des maladies qu'elle peut véhiculer en tant que source de vie. Ces différentes pathologies créent d'énormes soucis aux femmes car elles sont les premières à être à côté des

enfants lorsqu'ils sont souffrants, à les emmener à l'hôpital avant l'arrivée du papa des champs, de la chasse ou de ses activités de pêche. On constate dès fois que lorsque le père vient et est informé de ce que sa femme serait à l'hôpital avec son enfant, certains font comme si de rien n'était et reste indifférent, d'autres vont d'abord chez leur seconde épouse pour manger car disaient-ils qu'ils ont faim.

Nos recherches ont montré que cet état de chose affaiblit les femmes financièrement car elles y mettent toutes leurs revenues. Parfois elles sont bénéficiaires des tontines qu'elles n'hésitent pas à investir dans ces cas ou dans d'autres cas elles vont faire des prêts. Ceci explique le fait que les femmes font plusieurs activités génératrices de revenues et ceux de façon saisonnière, conséquence c'est l'émiettement des ressources et elles deviennent ainsi dépendantes financièrement durant toute leur vie.

3.5.2.2. Affections liées aux vecteurs vivants dans l'eau 3.5.2.2.1.Bilharziose vésicale

La bilharziose est une infection parasitaire due aux bilharzies, atteignant l'intestin, le rectum, le foie ou l'appareil urinaire.

Encore appelé schistosomiase, la bilharziose fait partie des maladies créées par l'utilisation des eaux souillées surtout de surface dans les milieux ruraux. Le parasite se transmet lors de la baignade ou de la boisson de ces eaux peu recommandées.

A Togoudo, cette maladie n'est pas très connue des populations mais elle attaque les enfants pendant les saisons de pluies lors de leur baignade. En ces moments là, les parents cherchent la cause au niveau de leur « vodoun » et même après cérémonies, ils constatent la pérennité du mal. Ce qui retient l'attention de notre recherche est que généralement pour des maux de la sorte, on l'attribue facilement à la colère des dieux contre la mère et pour cause l'adultère.

Il est alors temps que cette population connaisse ce mal pour s'en prévenir. 3.5.2.2.2.Le paludisme

Le paludisme encore appelé malaria est la première cause des affections hydriques dans Togoudo et est due à la présence dans l'organisme humain de protozoaires parasites du genre plasmodium transmis par la piqûre du moustique femelle appelé Anopheles gambiae. Le parasite du paludisme est de quatre espèces que sont :

ü Plasmodium falciparum

ü Plasmodium vivax

ü Plasmodium malariae ü Plasmodium ovale

Le plasmodium falciparum est le plus redoutable car il tue rapidement. Il sévit dans les pays tropicaux toute l'année. Plus de 160 millions de cas ont été recensé dans le monde dont le principal vecteur est l'anophèle qui assure la transmission de la maladie (VILLAND M.C, 1990).

Chez l'homme, l'hématozoaire est introduit dans le sang sous forme de sporozoïtes contenus dans les glandes salivaires de l'anophèle. Ils gagnent aussitôt le foie où ils se localisent dans les hématies qu'ils finissent par éclater en libérant de nombreux mérozoïtes. Les mérozoïtes vont parasiter à leur tour de nouvelles hématies. Chaque mérozoïtes se divise, grossit et éclate à son tour pour libérer de nouveaux mérozoïtes et le cycle continue. (Cycle du paludisme en annexe)

Chaque éclatement entraine la destruction d'une hématie et correspond à un excès thermique dont la périodicité varie selon la durée du cycle.

Toutes les 48 heures ou toutes les 72 heures, le malade ressent la fièvre. L'anophèle aspire le sang infecté du malade et va l'inoculer dans un corps sain faisant des victimes sur tout son passage à chaque fois qu'il pique un homme.

Les périodes d'abondance de pluie sont les périodes de multiplication des moustiques, principaux vecteurs de la maladie.

3.6. SUGGESTIONS

3.6.1. Intégration de l'aspect Genre dans la GIRE à Togoudo

La problématique GENRE-GIRE dans le contexte qui est celui du Bénin se ramène à la question essentielle de savoir par quel mécanisme peut-on amener décideurs, responsables à différents niveaux et acteurs du secteur eau à s'approprier ces concepts de conception, de dimensionnement et de mise en oeuvre des projets de développement.

La durabilité dans la perspective du genre est un long processus qui voudrait que l'on focalise l'attention sur les jeunes générations afin de fonder une société meilleure. Le rapport entre les vieux et jeunes doit être sain, basé sur la confiance et l'entente cordiale. Les « vieux » se doivent d'être des modèles, d'éduquer, d'informer et de former les « jeunes pour une relève de qualité ».

3.6.1.1. A l'endroit des cultes traditionnels et des confections religieuses

Les prêtres des cultes traditionnels et des confections religieuses de tout bord ont un grand rôle à jouer dans l'approche Genre dans la GIRE. Ils détiennent pour la plupart le grand nombre de personnes et leurs paroles sont considérées comme du dogme ou des interdits. D'abord ils vont demander l'instruction de tous les enfants et particulièrement le maintien des filles à l'école car l'instruction a un grand rôle à y jouer. Ensuite pour toutes les questions relatives à la ressource en eau, exiger un quota de femmes, exiger la présence effective des vieux et jeunes, les riches et les pauvres, et de prendre l'avis de tout le monde sur la question afin d'assurer la pérennisation de la ressource.

3.6.1.2. A l'endroit des autorités étatiques et locales

Ces différentes autorités ont aussi des rôles à jouer dans ce processus de la prise en compte du Genre dans la GIRE afin de garantir une réussite parfaite des projets et programmes. Ces rôles se résument comme suit:

> trouver des financements et des méthodes de maintenir les filles à l'école aussi longtemps que possible ;

> utiliser, parmi les méthodes disponibles (enquêtes ménage, méthodes d'évaluation participative, méthodes d'évaluation contingente), celles qui s'avèrent les plus pertinentes pour analyser les relations hommes-femmes et leurs impacts potentiels sur les projets envisagés en fonction des contextes;

> accorder plus de poids aux études préliminaires (temps, ressources humaines, financières, techniques) afin de tenir compte du contexte social, politique et culturel local et des demandes individuelles (enquêtes auprès des ménages) dans le dimensionnement des projets, soit dans la phase de faisabilité, soit dans le cadre de programmes ou de processus ;

> encourager la mise en place d'équipes pluridisciplinaires (ingénieurs, économistes et sociologues) capables de développer une capacité d'analyse fine des contextes dans lesquels s'inscrivent les opérations et, pour procéder à des études différenciées selon le Genre ;

> soutenir la représentation des femmes à tous les niveaux de décision ou de gestion ;

> s'assurer que l'information sur les opérations proposées est également diffusée auprès des catégories de population intéressées ;

> mettre en place des processus de suivi-évaluation permettant de s'assurer de l'équité dans le bénéfice des opérations, garantes de leur réussite et de leur durabilité.

3.6.2. Assainissement de l'arrondissement de Togoudo

L'assainissement est l'ensemble des mesures et actions qui visent à améliorer les conditions influant directement ou indirectement sur la santé de l'individu, de la famille ou de la collectivité. La qualité de l'eau dépend aussi bien des éléments qui constituent cette eau et des éléments qui composent l'environnement immédiat de même que les dispositions mises en place pour la protection et la préservation des périmètres des sources d'approvisionnement par les populations.

Il s'agit ici de concilier le comportement (conditions hygiéniques) des populations sur le plan sanitaire et environnemental et la qualité de l'eau consommée. Cette relation permet de prendre des mesures fondamentales dites primordiales et les mesures accessoires dites secondaires.

3.6.2.1. Mesures primordiales

Ces mesures concernent la gestion des déchets liquides et des ordures ménagères. Dans un premier temps, il est indispensable à chaque ménage de disposer d'une latrine pour éviter la contamination de la nappe phréatique et s'épargner des maladies hydriques qui en sont issues.

A cet effet, les élus locaux sont alors interpellés afin d'orienter les politiques de développement en privilégiant l'assainissement car la politique d'approvisionnement et l'assainissement sont indissociables. Aussi est-il important de voter des lois pour punir l'insalubrité. Mettre à la disposition des populations rurales de latrines publiques, en associer l'éducation sanitaire rigoureuse permettrait de diminuer la contamination des eaux de puits, de ruissellement dans l'arrondissement de Togoudo.

Une autre solution importante est la suppression de l'élevage où les animaux sont en divagation, versant les matières fécales partout dans la nature ainsi que les urines très toxiques. Une législation permettrait de limiter les dégâts.

Dans un second temps, il s'agit de conditionner les ordures à domicile. A ce niveau, des poubelles constituées d'un récipient en plastique à couvercle seront recommandées. Il sera donc mis à la disposition des populations par les services de la mairie et ce, gratuitement, des bacs en plastique résistants.

Dès lors, il ne sera plus admis la constitution des dépotoirs sauvages dans les coins des maisons, des rues et des établissements scolaires. Ces ordures entassées dans ces poubelles seront périodiquement enlevées par les services de la mairie et déposées à un endroit éloigné et reconnu officiellement afin d'être incinérées ou récupérées par la mairie pour traitement et transformation en engrais pour les cultures dans l'arrondissement.

3.6.2.2. Mesures secondaires

C'est l'ensemble des mesures non moins importantes. Elles sont surtout préventives. Il s'agit essentiellement du contrôle régulier de la qualité de l'eau sur le terrain, l'enquête socio-sanitaire et l'intermédiation sociale.

3.6.3. Les conflits et leur mode de gestion

Beaucoup d'habitants n'apprécient pas la manière dont les conflits sont gérés au niveau des associations et des instances de gestion des conflits créés récemment, surtout pour les dégâts occasionnés par des animaux sur les cultures et les vols de poissons. Le dédommagement n'est pas toujours à la hauteur du dégât causé. On assiste à des ingérences politiques. L'accès équitable et le contrôle équilibré de la ressource en eau par toutes les catégories sociales et socio-professionnelles permettrait d'assurer la pérennisation de l'eau. Les résolutions à l'amiable des problèmes entre usagers sont à encourager car elles témoignent de la cohésion sociale qui existe dans l'arrondissement. Par contre la mise en garde et le dédommagement engendrent parfois des frustrations et peuvent être par conséquent sources de mésententes entre les habitants.

Enfin, une législation forte et un cadre juridique, basés sur l'approche Genre en matière de la ressource en eau contribueront à une meilleure gestion de

l'eau, éviter les conflits, assurer sa pérennisation sans compromettre sa durabilité pour les générations futures.

Conclusion

Dans l'arrondissement de Togoudo, l'approche Genre dans la mise en oeuvre de la GIRE reste un problème majeur aussi bien pour la population que pour les autorités en charge de la gestion de l'eau. A travers ce chapitre, le degré d'implication des hommes et des femmes à été évalué, les risques sanitaires que courent les populations en utilisant les eaux de sources douteuses ont été montrés de même que les conflits et leurs modes de gestion.

Il faut signaler au passage que la plupart des principes de la GIRE ne sont pas respectés tels que les principes 1, 2 et 3.

CONCLUSION GÉNÉRALE

L'eau, une richesse essentielle à la vie, est présente dans toutes les activités humaines. Elle constitue un atout économique majeur pour un développement durable. Cependant, l'accès équitable de l'eau pour certaines catégories sociales en l'occurrence des femmes rurales reste un défi à relever.

En effet, le concept du Genre dans la GIRE se pose dans la plupart des régions du pays et particulièrement dans l'arrondissement de Togoudo, car les mauvaises pratiques et l'inexistence ou l'inadéquation des systèmes d'assainissement, de prise en compte du Genre et autres comportements humains constituent autant de facteurs limitant au développement durable.

Dans le cadre des Conventions internationales ratifiées par le Bénin en matière de gestion durable des ressources naturelles, de la protection de l'environnement et de la lutte contre la pauvreté, le pays s'est doté d'un document de politique nationale de l'eau qui épouse les principes de Dublin. Lesdits principes imposent une approche holistique de la gestion de la ressource eau dans un souci d'équité, d'efficacité et de transparence, à la fois pour le bienêtre de l'humanité et la régulation des tensions sociales qu'engendre son exploitation. Il devient ainsi important de veiller à l'acquisition et à la diffusion de l'information permanente sur l'état de la ressource et sur les pressions exercées sur elle afin de prendre des mesures pouvant en garantir une gestion intégrée. Mais peut-on y parvenir sans prendre en compte l'approche Genre ?

1- Armand K. HOUANYE et al, (2008) ; Guide Pédagogique sur la GIRE. 87 pages.

2- Direction Générale de l'Eau, (2009) ; Politique National de l'Eau. Édition juillet 2009, 73 pages.

3- GRACIELA SCHNEIER-MADANES, (2001) ; L'Eau Mondialisée : la gouvernance en question. Édition la découverte, 491 pages.

4- INSAE, (juin 2001) ; Atlas Monographique des Communes du Bénin. 250 pages.

5- INSAE, (mai 2004) ; Cahier des Villages et Quartiers de Ville du Département de l'Atlantique. 37 pages.

6- INSAE, (2007) ; Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vies des Ménages (EMICOV). Finalisé en Mai 2009, 51 pages.

7- INSAE, (2003) ; Troisième Recensement Général de la Population et de l'Habitation du février 2002 (résultat définitif). Cotonou Bénin, non paginé.

8- Jacques Bordet, (2001) ; l'Eau dans son Environnement Rural. Édition JOHANET, 317 pages.

9- Jean-Marie Breton, (2009) ; Gestion des Ressources en Eau et Développement Local Durable (Caraïbe-Amérique latine-Océan indien). Éditions KARTHALA et CREJETA, 410 pages.

10-Jean-Pierre Raison et Géraud Magrind (dir), (2000) ; Des Fleuves entre Conflits et Compromis : essais d'hydropolitiques africaine. Édition KARTHALA, 294 pages.

11-Michel CAMDESSUS et al, (2004) ; EAU. Édition Robert Laffont, 285 pages.

12-Ministère de la Santé, (2006) ; Politique National d'Hygiène Hospitalière. Édition 2006, 27 pages.

13-Plan Be a Part Of It, (2006) ; Guide Pratique d'Assainissement et Approvisionnement en Eau Potable. 46 pages.

14- PROTOS-Bénin, (2009) ; Livre Bleu: l'eau, assainissement, la vie et le développement humain durable. Cotonou, 103 pages.

15-M. C. VILLAND, (1990) ; Eau et santé : Élément d'un manuel pédagogique pour des programmes d'hydrauliques villageoises dans les pays en développement. Ministère de la coopération du développement, 71 pages.

II- Ouvrages spécifiques

16-D. ALLELY, O. DREVET-DABBOLIS et al, (2000) ; Eau, Genre et Développement Durable: Expériences de la coopération française en Afrique Subsaharienne. Édition GRET du février 2002, 112 pages.

17-DG Eau/PNE, (Mai 2009); Étude portant sur Genre et Gestion Intégrée des Ressources en eau au Bénin. Dr Élisabeth FOURN et Ir Albert TONOUHEWA, 226 pages.

18-FOCUS, (2002) ; Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE)- la voie du développement durable. InfoResources focus, 16 pages.

19-Gestion de l'Eau en République du Bénin, 24 Novembre 2010, 22 pages. 20-GWA, (2006) ; Guide des Ressources : Intégration du Genre dans la Gestion de l'Eau. Édition Novembre 2006, 215 pages.

21-Ministère de l'Energie et de l'Eau, (janvier 2011) ; Plan d'Action Nationale de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau. 75 pages.

22-Réseaux ISIS, (1988) ; Femmes et Développement : outils pour l'organisation et l'action. Éditions d'en Bas et l'Harmattan du décembre 1988, 253 pages.

III- Thèses et mémoires

23-Alphonse ALOMASSO, (2010) ; Gestion Communautaire des Ressources en Eau et Conflits d'Usages dans le Bassin du Niger Moyen : cas de la

Commune de Malanville au Bénin. Mémoire de Master en Gestion Concertée des Ressources Naturelles, option Gestion Intégrée des Ressources en Eau et Environnement, 85 pages.

24-C. AGOSSOU, (1996) ; Approvisionnement en Eau Potable des Populations de la Sous-préfecture d'Allada. Mémoire de maitrise en géographie, 120 pages.

25-Dégbey DJIDJI, (2008) ; Problèmes d'Approvisionnement en Eau Potable dans l'Arrondissement de TOVIKLIN. Mémoire de maitrise en géographie, UAC, 98 pages.

26-Eusèbe BOKONON-GANTA, (1987) ; Les Climats de la Région du Golf du Bénin. Thèse de Doctorat, 3ème cycle Paris IV Sorbonne, 248 pages + annexes.

27-Expédit W. VISSIN, (2001) ; Contribution à l'Étude de la Variabilité des Précipitations et des Écoulements dans le Bassin Béninois du Fleuve Niger. Mémoire du DEA, Université de Bourgogne Dijon France, 53 pages.

28-Expédit W. VISSIN, (2007) ; Impact de la Variabilité Climatique et de la Dynamique des Etats de Surface sur les Ecoulements du Bassin Béninois du Fleuve Niger. Thèse de Doctorat, spécialité : Hydroclimatologie. Université de Bourgogne, centre de recherche de climatologie, CNRSUMR 5210, 320 pages.

29-Félix Dossoun DJIHO, (2010) ; Gestion des Ressources en Eau dans la Commune de DJAKOTOMEY. Mémoire de maitrise en géographie, 90 pages.

30-Michel BOKO, (1988); Climatologie et Communautés Rurales du Bénin : Rythmes Climatiques et Rythmes de Développement. Thèse de Doctorat d'Etat es-lettres à l'Université de Bourgogne Dijon, 608 pages.

31-Mouhamadou SEIDOU-MAMA, (2005) ; Les Femmes Chefs de Ménages au Bénin. Thèse présentée en vue de l'obtention du grade du Docteur en Démographie. Édition Presses Universitaires de Louvain, 175 pages.

32-Rafatou FOFANA, (2009); Impact of Ecosystem Services on Human Health and Well-Being of the Inhabitants along the With Volta Bassin in Upper East Region of Ghana. Mémoire de Master en Environnement à 2IE, 63 pages.

33-Soulémane AHODJIDE, (2010) ; Problématique de l'Approvisionnement en Eau dans la Commune de KPOMASSE. Mémoire de maitrise en géographie, 80 pages.

IV- Rapports, articles et séminaires de formation

34-Consortium PROTOS-Bénin, PNE et DG Eau, (2008) ; l'Approche Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau du 8 au 12 septembre 2008, 38 pages.

35-CREPA-Bénin, (2002) ; l'Approche Genre dans le Secteur de l'Approvisionnement en Eau Potable et de l'Assainissement du 5 au 16 aout 2002, 31pages.

36-GWA, (2008) ; Enquête sur Genre et GIRE au Bénin, 49 pages. 37-INFO-CREPA, (2002) ; Dossier: Approche Genre pour un meilleur

approvisionnement en eau et assainissement, avril-mai et juin 2002, 31

pages.

38-UNFPA Bénin Info, (2010) ; Journée Internationale de la Femme. Édition 2010 au Bénin, septembre 2010, 34 pages.

Liste des figures et photos

N?

Titre des Figures et Photos

Pages

1

Limite administrative de l'arrondissement de Togoudo

15

2

Modèle PEIR

34

1

Champ du Maïs

18

2

Plantation de papaye

19

3

Champ d'ananas

19

4

Puits moderne à Govié

39

5

Puits traditionnel à Govié

39

6

Puits traditionnel à Missèbo

40

7

Un tard d'ordure sauvage à Govié

43

8

FPM à Zoungbo

46

9

Elevage traditionnel de brebis

48

10

Un bras du plan d'eau Aouto

49

11

Les poissons issus du plan d'eau Aouto

49

12

Affluence au niveau du PEA de Govié

54

Liste des tableaux

N?

Titre des tableaux

Pages

I

Centres de documentation et bibliothèques visités

30

II

Etat d'abonnement de Togoudo au réseau SoNEB

36

III

Principales maladies liées à l'eau dans Togoudo

58

Annexe 1

Fiche d'enquête sur les problèmes liés à l'intégration du genre dans la GIRE dans l'arrondissement de Togoudo

Guide d'entretien pour les ménages A - Identification du ménage

Village

Chef de ménage

Sexe Profession

Maison Age

Ethnie ..Religion
1-Niveau d'instruction

Supérieur

Analphabète

Primaire

2-Quelle est la profession de(s) épouse(s) ou de l'époux

3-Combien d'enfants avez-vous ? 4-Combien de personnes vivent sous votre toit ? B-Mode d'approvisionnement en eau et difficultés rencontrées

Non

5-Avez-vous de l'eau courante ? Oui 6-Quelle eau utilisez-vous ?

Puits Marigots Citernes BF Forages

Achetez-vous l'eau ? Oui Non

7-Si oui combien coûte la bassine d'eau ?

8-Combien de bassine d'eau utilisez-vous par jour?

9-Avez-vous de puits personnels ? Oui

10-Est-il protégé? Oui

11-Quel est son élévation par rapport au sol ?

mètres

Non

Non

12-Quelle est sa profondeur ? mètres

13-Est-ce que la carence d'eau se pose? Oui Non

Si oui, en quelle période et quelles dispositions prenez vous pour l'éviter ?

14-Que faites vous des eaux usées ? - Ou les jetez-vous ?

Dans les sanitaires ?

Dans la rue?

Dans la cour ? Dans les caniveaux ?

15-Votre maison à t-elle une douche Sanitaire ? WC ?

16-Avez-vous une fois menée des actions concertées pour l'implication des femmes, des agriculteurs, des éleveurs dans les questions de l'eau?

Oui Non

Si oui, en quoi consiste t-elle?

Non

17-Les femmes, les vieux et les pauvres sont-ils associés aux débats sur la Gestion Intégrée des Ressources en Eau ? Oui

Si oui, en quoi consiste t-elle?

18-Quelles sont les maladies que vous avez l'habitude de contracter ?

19-En quelle période de l'année êtes-vous malade ?

20-Comment vous vous êtes soignés ? Dispensaire Clinique

Non

Soins traditionnels 21-Protégez-vous contre les moustiques ? Oui si oui comment?

Moustiquaires imprégnées Bombe insecticide

22-Combien dépensez-vous environ par mois pour la santé de votre famille ?

23-Quel est le revenu de la femme dans le ménage et quel est son apport ?

23-Combien de Km parcourez vous avant de vous procurez l'eau en temps de pénurie ? (surtout aux femmes)

24-Combien existent-ils dans l'arrondissement de Togoudo

ü De Bornes Fontaines

ü De puits modernes

ü De forages

ü De puits traditionnels

ü De citernes

ü De marigots

25-Que comprenez-vous par l'approche Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau?

MERCI pour votre attention

Date de l'enquête

Questionnaire à l'endroit des Agents de la Mairie

Nom : Prénom : Fonction : 1-Togoudo est-il totalement doté d'un système d'eau courante ? Oui

 
 
 
 

Non

 
 
 
 

Si non, pourquoi n'est-il pas totalement doté à ce jour d'un système d'eau courante ?

Non

Non

2-Que comptez-vous faire pour palier à ce mal ? 3-Combien existent-ils dans l'arrondissement de Togoudo

? De Bornes fontaines

Non fonctionnelle(s)

 
 

Fonctionnelle(s)

 
 
 
 

?

De puits modernes

Fonctionnel(s)

Non fonctionnel(s)

?

De forages

Fonctionnel(s)

Non fonctionnel(s)

?

De puits traditionnels

 
 

Fonctionnel(s)

Non fonctionnel(s)

?

De citernes

Fonctionnelle(s) Non fonctionnelle(s)

4-Quelle organisation pour la maintenance des ouvrages ?

Les pièces de rechange sont-elles disponibles ? Oui Non

Non

Existent-ils des techniciens maintenanciers ? Oui

Non

Y-a-t il de l'argent pour la maintenance? Oui

5-Existent-t-ils des mécanismes simples et utilisables par les femmes, vieux et jeunes mis en place pour protéger les points d'eau ?

6-Tous les villages de l'arrondissement sont-ils pourvus de pompes (SoNEB) ? Oui Non

7-Existent t-ils des conflits Oui

Si oui, alors quelles sont leurs natures et les modes de résolution?

7-Existent-t-ils des comités de gestion de crises? Oui

Si oui, quelles sont leurs attributions?

8-Quels rôles jouez-vous pour l'intégration du Genre en vue du règlement des conflits des populations (pêcheurs, agriculteurs et éleveurs) et la gestion des ouvrages réalisés ?

9-Que pensez-vous de notre enquête sur l'intégration du genre dans la gestion intégrée des ressources en eau à Togoudo ?

10-Quelles sont les stratégies en vue pour la prise en compte effective du genre non seulement dans tous les débats liés à l'eau mais aussi dans les pratiques et les organisations liées à l'exploitation de l'eau dans l'arrondissement de Togoudo ?

11-Comment les ordures ménagères sont-elles gérées dans l'arrondissement ?

Non

12-La commune possède t-elle un PDC ? Oui

Si oui, prévoit-il l'intégration de l'aspect Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau?

13-Que comprenez-vous par l'Approche Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau?

14-Quel programme et quel investissement pour le domaine Genre et GIRE ?

15-Vos suggestions

MERCI pour votre attention

Date de l'enquête

Questionnaire à l'endroit des Agents de Santé

Nom : Prénom : Fonction :

1-Comment appréciez-vous l'état de santé des populations de l'arrondissement de Togoudo ?

2-Appréciez-vous la qualité de l'eau consommée par celles-ci et en quelles quantités ?

3-Quelles sont les affections dominantes d'origine hydriques dans l'arrondissement ?

? la schistosomiase, qui est une maladie hydrique considérée comme la deuxième

infection parasitaire après le paludisme : souvent peu souvent rare

? les amibes, qui provoquent de fortes diarrhées entraînant une déshydratation qui

peut s'avérer mortelle : souvent peu souvent rare

? la fièvre typhoïde, qui provoque des troubles digestifs et de fortes fièvres :

souvent peu souvent rare

? la bilharziose, responsable de troubles du foie, des intestins et de la vessie, dues

à un petit ver qui se développe dans les eaux stagnantes : souvent peu

souvent rare

·

l'onchocercose, qui engendre la cécité : souvent peu souvent
rare

· les eaux stagnantes sont également les habitats des moustiques qui propagent la dengue ou le paludisme : souvent peu souvent rare

? le trachome, qui est une maladie infectieuse des yeux qui peut provoquer une

cécité après des infections répétées : souvent peu souvent rare

? l'hépatite A et E entraînent une infection et une inflammation du foie: souvent

peu souvent rare

? le choléra : souvent peu souvent rare

? Autres (à préciser): souvent peu souvent rare

4-Quels sont les causes théoriques par rapport à la connaissance du patient de ce type d'eau sur la santé des populations en particulier celle des femmes, des éleveurs, agriculteurs et si possible les pêcheurs et des enfants de moins de cinq ans ?

5-Comment les traiter vous et y a t-il possibilité de prise en charge ?

6-Faites-vous l'IEC sur l'hygiène et assainissement du cadre de vie?

Oui

Non

. Si oui en combien de séances et quels enseignements donnez-vous ?

7-Quelles difficultés rencontrez-vous en matière d'éducation sanitaire ?

8- Que comprenez-vous par l'Approche Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau et quelle est son application dans votre milieu professionnel ?

9-Quelles sont vos suggestions?

MERCI pour votre attention

Date de l'enquête

Guide d'entretien pour les Gestionnaires des Points d'Eau (GPE)

Non

Nom : Prénom : Fonction : 1-Comment êtes vous installés ? Par élection Oui Par nomination Oui

2-Quel est votre mode de fonctionnement ?

3-Aviez vous un bureau et combien de personne est-il composé?

4-Combien de femmes y à t-elles? 5-Qui occupe les postes clés?

M F M F

La présidence , Le secrétariat

M F M F

La trésorerie , Le commissariat aux comptes

6-Combien de temps mettez-vous au profit de cette activité ?

(en heures)

7-L'eau est elle disponible en quantité ? Oui Non et quelle est sa

qualité ? Bonne Peu bonne Mauvaise

8-Recevez-vous régulièrement des formations pour l'entretien des ouvrages dont vous avez la gestion et pour le règlement des conflits ?

Oui Non

Si oui, qui les donnent ?

Non

9-Les participants : Hommes seuls Oui

Non

Non

Femmes seules Oui Tout le monde Oui

10-Comment gérer vous les sous issus de la vente de l'eau ?

Non

11-Etes vous payé pour le service rendu ? Oui

12-Faites vous le point financier? Oui Non
Si oui, à qui ?

13-Quelles difficultés rencontrées vous dans l'exercice de votre fonction ?

14- Que comprenez-vous par l'Approche Genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau?

15-Vos suggestions

MERCI pour votre attention

Date de l'enquête

Guide d'entretien avec les Institutions intervenants dans le secteur de l'Eau Point Focal Genre

Nom : Prénom :

Structure : Fonction :

1-Que comprenez-vous par le Genre et quelles sont vos interventions dans ce domaine ?

2-Prenez-vous en compte l'aspect Genre dans toutes vos initiatives? Oui Non

Si oui les bénéficiaires sont -ils intéressés ? Oui Non

3-Est-ce-qu'il y a des formations décentralisées ? Oui Non
4-Avec quel(s) partenaire(s) intervenez-vous ?

Non

5-Travaillez-vous en symbiose dans les initiatives? Oui

Non

6-Les populations sont -elles associées pour la réalisation des ouvrages d'Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement ? Oui

7-Si oui quels rôles jouez-vous dans le projet ?

Non

8-Après votre passage, y a-t-il un suivi ? Oui

9-Quelles sont les difficultés rencontrées lors de votre intervention pour l'implication du Genre dans les projets?

10-Quelles sont les perspectives?

11-Vos suggestions

MERCI pour votre attention

Date de l'enquête

Guide d'entretien avec les Institutions intervenants dans le secteur de l'Eau Point Focal GIRE

Nom : Prénom :

Structure : Fonction :

1-Quelles sont vos activités ou initiatives dans la GIRE ?

2-Prenez-vous en compte l'aspect Genre dans toutes vos initiatives? Oui Non

Si oui, comment?

Non

3-Y a-t-il des formations décentralisées au profit des populations dans le domaine de la GIRE ? Oui

4-Si oui alors qui en sont les bénéficiaires ?

5-Avec quel(s) partenaires(s) intervenez-vous ?

6-Est-ce que vous travaillez en symbiose avec vos partenaires ? Oui Non

7-Prenez-vous en compte :

Les femmes : Oui

Les éleveurs : Oui

Non

Non

s agriculteurs : Oui Non

les pêcheurs : Oui Non

8-Les populations comprennent-elles facilement la nécessité d'aller à la GIRE ? Oui Non

9-Quelles sont les difficultés rencontrées sur le terrain pour n'avoir pas pris en compte le Genre dans certains projets ?

10-Quels sont les différents acteurs à impliquer dans la GIRE ?

11-Vos perspectives?

MERCI pour votre attention

Date de l'enquête

Annexe 2 : Le cycle de l'eau

Source : Internet fr.wikipedia.org/wiki/cycle de l'eau, février 2012

Annexe 3 : Le cycle de développement du Paludisme

Source : Internet fr.wikipedia.org/wiki/Paludisme, février 2012











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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.