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Comment l'investissement public peut-il stimuler la croissance économique? Cas de la Côte d'Ivoire?

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par Mohamed EL Moctar KHATTRY
Université Félix Houphoute Boigny de Cocody-Abidjan - Master 2 en gestion de la politique économique 2013
  

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II-2 L'investissement public sectoriel et croissance économique

II-2-1 Rôle des infrastructures économiques dans la croissance économique

La qualité d'une infrastructure aide à comprendre pourquoi un pays réussit alors qu'un autre échoue à diversifier sa production, à développer ses échanges, à maitriser sa démographie, à faire reculer la pauvreté ou à assainir l'environnement.

Une bonne infrastructure, augmente la productivité et réduit les coûts de production, mais il faut qu'elle se développe assez vite pour maintenir les conditions de la croissance. Ce que sont les rapports exacts entre infrastructure et le développement fait l'objet d'un débat. Ce qui est certain, cependant, c'est que la capacité d'infrastructure et production économique vont du même pas. A mesure que les pays se développent, l'infrastructure doit s'adapter à l'évolution de la demande dont la composition change au fur et à mesure par exemple que la part des routes dans l'ensemble du capital d'infrastructure augmente, par rapport à celle des services de base comme l'eau et l'irrigation.

C'est aux types d'infrastructures mis en place que l'on peut voir si la croissance fait tout ce qu'elle peut pour faire reculer la pauvreté. La plus grande partie des pauvres vits en milieu rural. La croissance de la productivité agricole, et de l'emploi rural est étroitement liée aux services d'infrastructures, qui y sont assurés. Pour se convaincre de l'importance cruciale que revêt l'infrastructure pour la croissance, il suffit d'observer ce qui se passe lorsque certains équipements atteignent leur point de saturation.

Les services qui sont utiles pour les pauvres contribuent aussi à la préservation de l'environnement. Une eau salubre et des équipements sanitaires, une évacuation écologique des déchets solides et une meilleure gestion de la circulation en agglomération urbaine, tout cela a sur l'environnement des effets bénéfiques pour toutes les catégories de revenus. Les pauvres sont plus souvent ceux qui bénéficient le plus souvent directement de bons services d'infrastructure, du fait de leur concentration dans des quartiers insalubres, pollués et dangereux. Ainsi, dans beaucoup de villes en croissance rapide, l'expansion des infrastructures a pris un retard sur la démographie. Ce qui entraîne une dégradation de l'environnement.

La fourniture des services d'infrastructure a augmenté dans toutes les régions du monde. L'augmentation a été plus forte en Asie de l'Est et plus faible en Afrique subsaharienne, et la croissance en est suivie.

Notons, que l'insuffisance de l'entretien des infrastructures représente un échec presque universel et coûteux des prestataires de services d'infrastructure dans les P.E.D. Un mauvais entretien peut réduire la qualité du service et accroître le coût pour l'usager.

Les entreprises investissent tout comme l'Etat procède également à des investissements diversifiés en capital public appelés infrastructures. Ainsi les responsables de la politique économique qui s'efforcent de stimuler la croissance doivent impérativement déterminer les types de capitaux dont l'économie a le plus besoin, ceux qui génèrent les productivités marginales les plus élevées.

L'influence des dépenses publiques passerait donc par l'offre. Une certaine catégorie des dépenses publiques, les dépenses d'infrastructures permettraient d'augmenter la productivité du secteur privé. Ainsi une troisième source de croissance endogène peut être trouvée dans l'externalité produite grâce à l'existence d'infrastructures fournies par l'Etat. On peut considérer donc qu'elles augmentent la productivité marginale du capital privé. Elles pourraient constituer pour les entreprises des facteurs gratuits. Le modèle de Barro (1990), complété par Barro et Sala-i-Martin est le prototype de cette approche33(*).

Les investissements publics concourent intuitivement, selon les analystes à la productivité privée. Ainsi sans routes quelle serait la productivité d'une entreprise de transport? C'est dans cette optique que BARRO en 1990, enrichit le modèle de croissance endogène en incorporant les dépenses publiques. Celles-ci sont supposées correspondre à des investissements en biens publics purs, complémentaires des dépenses privées, dans la détermination de la production. Il suppose qu'une partie du capital est publique. Les rendements d'échelle sont décroissants du point de vue privé, mais constants au niveau agrégé, si bien qu'une augmentation de la part des dépenses publiques dans le P.I.B stimule la rentabilité des inputs privés. Trois résultats sont obtenus dans ce modèle. Tout d'abord, puisque les rendements d'échelle sont constants et les deux facteurs accumulables, le modèle engendre une croissance auto-entretenue. Ensuite le taux d'imposition joue un rôle positif important sur la croissance. En effet, quand le taux d'imposition croit, le capital public augmente, et l'efficacité du capital privé augmente. Cela accroît la rentabilité privée, donc le taux de croissance.

Ils ne considèrent plus l'investissement public en infrastructures comme un bien public pur, mais se placent dans le cas où les infrastructures pourraient faire l'objet d'effets de congestion.

REINHART et KHAN (1990) estiment, qu'il est possible que l'investissement public ait un effet positif sur la croissance. L'effet peut provenir des infrastructures nécessaires34(*). Dans ce cas l'investissement du secteur public peut avoir un effet énorme sur le taux et la productivité de la formation de capital privé. Ainsi l'élimination ou la réduction de l'investissement public entraine des conséquences défavorables sur l'investissement privé35(*).

G. PETERSON (1990 1991) a étudié les préférences des électeurs pour l'investissement public telles qu'elles se manifestent dans les élections et autres référendums. Ses études ont révélé que 80% des propositions liées à l'infrastructure étaient approuvées entre 1984 et 1989, et que la marge d'appréciation dépassait 66% en moyenne. Pour lui, même si seulement 25% des dépenses publiques sont approuvées par référendum, cette expérience a montré que les électeurs sont prêts à payer pour plus de dépenses d'infrastructures. Malgré ces résultats, il serait trop hâtif, de plaider pour un niveau élevé et intensif de l'investissement public si les pays en développement ne peuvent pas arriver à le rendre utile au moyen d'une bonne conception et d'une orientation efficace36(*).

Les recherches d'Aschauer ont débouché sur de nombreux travaux empiriques, visant à vérifier ses résultats. Parmi ces travaux certains ont élargi l'analyse empirique à d'autres pays (Bemdt et Hansson, 1992 ; Argimon, Gonzales-Paramo et Roldan, 1995)37(*).

SERVEN et SOLIMANO (1993) ont étudié l'impact de l'investissement public sur l'investissement privé dans les pays en développement. Ils ont constaté une corrélation positive importante dans les pays en développement, ainsi que dans des études distinctes en Amérique Latine et en Asie de l'Est.

L'investissement public sous forme de ports, de routes, et de télécommunications crée l'infrastructure de base nécessaire à la réalisation de projets d'investissement privés rentables et peut faciliter énormément la croissance. Mais l'investissement public dans l'industrie et le commerce, où les entreprises publiques concurrencent le secteur privé, est susceptible de décourager l'investissement privé, et donc d'être moins favorable à la croissance. Cette intuition a été confirmée empiriquement par EASTERLy et REBELO (1993)38(*). Ils utilisent un large échantillon de pays pour étudier les liens entre différents types d'investissements publics et la croissance. Malgré une information parfois insuffisante, ils trouvent que, l'investissement du gouvernement central, qui vraisemblablement inclut la majorité des projets d'infrastructures est corrélé positivement, à la fois à la croissance et à l'investissement privé. Mais l'investissement des entreprises publiques, qui à l'évidence concurrencent étroitement l'investissement privé, est corrélé négativement à la croissance. En subdivisant par secteurs, ils constatent que l'investissement public dans les transports et les télécommunications exerce l'effet le plus vigoureux sur la croissance.

L'étude de la BANQUE MONDIALE sur les sept pays du sud-est asiatique, à croissance rapide (Word Bank, 1993) souligne l'importance des dépenses d'éducation et d'infrastructure pour la croissance de ces pays. Dans les deux secteurs, ces pays sont nettement en avance sur les autres pays à revenu comparable39(*).

ERIK OFFERDAL (1996) en étudiant l'influence des principales reformes budgétaires sur l'investissement, dans huit pays en développement (Bangladesh, Chili, Inde, Maroc, Mexique, Sénégal et Thaïlande) conclut que, l'investissement public évince l'investissement privé dans six pays. Cependant il précise qu'il est difficile de généraliser, car l'investissement dans les infrastructures publiques peut très bien encourager l'investissement privé.

DEVARAJAN et al. (1996) ont analysé la relation entre les composantes des dépenses publiques et la croissance économique. Ils distinguent deux types de dépenses gouvernementales ; les dépenses productives et les dépenses non productives.

La fonction de production utilisée comprend les arguments suivants: le stock de capital privé et les deux types de dépenses gouvernementales. Ils estiment que, l'effet sur la croissance de l'économie, ne dépend pas seulement de la productivité physique des dépenses publiques. Mais il dépend tout aussi de la part du revenu qui est allouée aux dépenses gouvernementales.

A partir des données de 43 pays en développement sur 20 années (de 1970 à 1990), ils montrent que, l'augmentation de la part des dépenses courantes a un effet positif et statistiquement significatif sur la croissance. Ils trouvent que la relation entre la composition du capital dans les dépenses publiques sur la croissance du P.I.B. par tête est négative. Dans l'estimation économétrique, l'équation qui inclut la part des dépenses accordées selon leur classification fonctionnelle montre que, la défense et les infrastructures économiques sont négativement corrélées à la croissance par tête. Ce résultat est en net contraste de celui trouvé par Easterly et Rebelo (1993), qui porte sur les investissements publics en transport et communication dans les P.E.D.

S'inspirant des travaux d'Aschauer et de Munnell, BATANA (1997), utilise une fonction de production de type Cobb-Douglas pour analyser l'impact des infrastructures routières sur la production nationale au Togo (sur la période 1967- 1992). U Il a trouvé qu'une augmentation des infrastructures routières de 1%entraîne une augmentation de la production nationale de 0,12%. En outre, il trouve à travers le test de causalité de Granger que c'est plutôt la production nationale qui est la cause des infrastructures.

Selon D. JOHNSTON (1998) les données empiriques disponibles laissent à penser que l'investissement en infrastructures est généralement moins susceptible que par le passé d'avoir des effets plus marqués sur la production à long terme que d'autres types d'investissement, dans certains pays et secteurs, des projets particuliers peuvent encore avoir des répercussions importantes. Un bon cadre réglementaire, contribuant à l'identification de tels projets, est  caractérisé par le recours systématique à des analyses coûts-bénéfices, et permettant une orientation adéquate de l'investissement public et réduira également le risque que cet investissement soit improductif. Les considérations de bien-être pourraient favoriser certains types d'investissements environnementaux, dont les bénéfices en termes de PIB par habitants pourraient être discernés plus difficilement.

* 33 Barro. R.J et Sala.I.Martin X.(1990) , « Public finance in modele of economic growth »,NEBER Working Paper,n°3362 (Mai 1990),pp39

* 34 (routes, électricité, télécommunications, et écoles)

* 35 Reinhart .C et Khan.M (1990), « private investment and economic growth in developing countries »,World development,Vol.18,n°1(January 1990),pp. 243-258

* 36 Dramane T «l'impcate de l'investissement public sur la croissance au Mali» UCAD ,1999-2000

* 37C.Morrison et A Schwartz (1992), « The impacts of transportation infrastructure on property values »,National Bureau of Economic Research,(1992),pp.201-207

* 38 Easterly et Rebelo (1993), « Fiscal and economic growth »,Journal of monetary economics vol 32

* 39 Rapport de la BM ,1993

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus