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Groupes armés et conditions socio-économiques de la population de Shabunda au Sud-Kivu


par Jacques LUTALA KATAMBWE
Université de Lubumbashi  - Diplôme d'Etudes Approfondies en Sciences politiques et Administratives. Option : Science Administrative 2020
  

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1.4. Groupes armés et recrutement forcé des enfants et jeunes dans l'armée

Des groupes armés s'opposent pour des raisons politiques, économiques ou ethniques. Pour augmenter leurs effectifs et légitimer leurs actions, ces groupes se lancent dans des actions de propagande auprès de la population. Le premier leitmotiv est de parler du danger que représente l'ennemi. Sur ce discours, se greffe l'appel à la résistance et à la protection des proches. L'argumentaire présente alors l'engagement comme un devoir moral vis-à-vis de la communauté.

Il n'y a plus qu'un pas à franchir pour qualifier de traîtres ceux qui ne prennent pas les armes. La pression exercée sur la population s'intensifie et il devient de plus en plus difficile de ne pas répondre à l'appel.

La République Démocratique du Congo connaît une suite de guerres pratiquement sans interruption depuis le milieu des années 1990. Les conflits armés de 1994, 1997, 1998/1999 et 2000/2002 se sont succédé, passant d'une zone à l'autre du pays. Or, plus les guerres s'enlisent, plus le risque de recruter des soldats de plus en plus jeunes s'accroît.

En effet, le « réservoir » d'hommes adultes s'amenuise et il faut bien puiser là où les « réserves » sont disponibles et abondantes. Ainsi, même si les enfants de moins de 18 ans ne sont pas spécifiquement recherchés par les militaires, ceux-ci auront tendance à faire quelques entorses aux procédures et recruter des mineurs si l'occasion se présente pour renflouer leurs rangs.

A Shabunda par exemple, les éléments de groupes armés, ici considérés comme les recruteurs avancent multiples raisons pour procéder au recrutement des enfants dans leur groupe. Parmi ces raisons nous pouvons citez les suivantes :

- Les enfants sont courageux, ils n'ont pas conscience de la mort. Au nom de cette inconscience, les adultes vont envoyer les enfants dans les situations les plus risquées ;

- Ils sont dociles, facilement manipulables ;

- Ils sont compétents ;

- Ils sont résistants, dynamiques ;

- Ils sont une main-d'oeuvre, bon marché.

Tous ces arguments avancés par les recruteurs peuvent aisément être dévoilés : le « courage » des enfants est souvent le résultat d'un dopage physique et moral des enfants. La « docilité » est facilement obtenue grâce aux nombreuses et cruelles punitions que subissent les enfants en cas de désobéissance. Les prétendues résistance, compétence, efficacité des enfants font partie du discours flatteur par lequel les responsables des groupes armés « tiennent » aux jeunes. Quant à l'affirmation sur le faible coût des enfants, cela tient tout simplement aux promesses non tenues des recruteurs. Ils promettent aux enfants qu'ils seront payés comme les adultes et n'en font rien.

Groupes armés qui ont besoins des combattants, avec une préférence pour les enfants

Enfants en situation précaire :

· Economique

· Sociale

· Familiale

· Psychologique

Modèle de recrutement des enfants dans les groupes armés

Enrôlement volontaire

Enlèvement, Conscription,

Recrutement quasi-forcé

Source : Bureau International du Travail

Il nous parait important de commenter ce modèle de recrutement des enfants dans les groupes armés qui passe par l'enfant en situation précaire qui cohabitent avec les groupes armés et se recherchent, le recrutement, et l'enlèvement.

a. Enfants en situation précaire et groupes armés cohabitent et se recherchent

On se retrouve donc dans une situation explosive où les enfants doivent trouver une solution pour assurer leur survie et côtoient des groupes armés qui sont à la recherche de combattants. Ce contexte, combiné à la pression ambiante, agit comme un véritable « champ magnétique » où les deux groupes s'attirent et conduit de nombreux jeunes à demander leur enrôlement.

Selon l'observation du terrain, les enfants «volontaires » représentent la majorité des enfants membres des groupes armés. Cependant, tous les enrôlements ne sont pas aussi « naturels » et il existe des enfants qui ont été recrutés de force par les groupes armés. Bien sûr, la large proportion d'enfants qui s'enrôlent de leur propre gré peut faire croire à une situation où les enfants s'enrôlent librement.

L'observation de terrain montre que ce n'est pas le cas. Dans un premier temps, il apparaît que les frontières entre ces différents modes de recrutement sont loin d'être étanches, perméables. D'autre part, l'analyse des décisions personnelles prouve que dans la plupart des cas, il s'agit d'un choix fait sous de nombreuses pressions et dans l'ignorance des conséquences. Cette ambiguïté sur le « volontariat » est illustrée par la différence d'appréciation sur les conditions de recrutement entre les jeunes toujours engagés au moment de l'enquête et ceux qui sont sortis des groupes armés.

b. Le recrutement

Les rebelles viennent à la maison pour recruter les jeunes et les menacent si une fois ils refusaient de les suivre. Ces jeunes finissent par accepter parce que même si les rebelles ne les tuaient pas, ce peut - être ils peuvent être victimes des militaires qui pourraient le faire de toute façon.

Néanmoins, la pression exercée dans certaines zones par les autorités militaires pour inciter les jeunes à rejoindre les rangs de l'armée peut être assimilée à un recrutement forcé.

Dans le cadre de cette étude, nous avons distingué deux types de recrutement en fonction de l'observation de terrain :

- Le recrutement forcé s'applique à tous les cas où l'enfant n'a pas eu le choix de refuser. Il peut s'agir de pressions morales ou d'obligation de se présenter ;

- Enfin, la décision personnelle concerne les situations dans lesquelles l'enfant a fait lui-même la démarche d'aller vers le groupe armé.

c. L'enlèvement

L'enlèvement recouvre les situations dans lesquelles les enfants ont été pris de force, sous la menace d'armes. Plusieurs enfants ont été enlevés ou ont subi des menaces les forçant à s'enrôler. D'après tous les témoignages sur ce sujet, les groupes armés qui pratiquent l'enlèvement choisissent un moment favorable pendant lequel il y a peu ou pas d'adultes autour des enfants. Il peut s'agir d'enlèvements collectifs ou individuels.

Nous pouvons déjà signaler que les enlèvements sont suivis de conditions plus difficiles que, dans les autres cas de recrutement, les enfants subissent des violences plus grandes et qu'ils sont envoyés au combat plus rapidement.

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