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La relation intersubjective selon Martin Buber


par Martin Kashila
Institut superieur de philosophie et de théologie de Kolwezi - Philosophie 2021
  

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EPIGRAPHE

« Il faut deux êtres humains dont chacun, pensant à l'autre pense en même temps à ce qui est destiné de plus élevé a cet autre, à ce qui sert de plus élevé à l'accomplissement de sa destinée sans vouloir lui imposer en quoique ce soit sa propre réalisation, il faut deux êtres humains, dis-je, pour qu'en eux s'incarne concrètement la grandeur de l'être ». (M. Buber)

« Celui qui est prisonnier de sa souffrance et de son orgueil, n'est pas apte à accueillir et à comprendre. Il est fermé sur lui-même au sens le plus littéral du terme et ne peut pas entrer en relation vraie avec les autres ». (A. Bernard)

« L'homme qui peut se mettre à la place des autres, qui peut comprendre le mécanisme de leurs pensées, celui-là n'a pas à s'inquiéter de ce que l'avenir lui réserve ». (A. Young)

DEDICACE

A vous chers parents Jean-Pierre KAYEMBA ILUNGA et Christine MASENGU LUKENGU. De vous nous avons appris qu'une bonne éducation est le meilleur héritage que les parents puissent léguer à leurs enfants. Nous avons vu jour devant vos yeux et vous avez pu veiller à notre croissance dans un amour si grand que nous ne saurons exprimer par écrit.

A vous mes chers frères et soeurs : Willy-Am MWAMBA, Clarisse KADIOMBO, Ezéchiel KALALA et Carine CIALA. Pour vos encouragements permanents et vos soutiens tant maternels, moraux que spirituels.

A vous mes chers Oncles et Tantes : Ezéchiel KALALA KANGULU, José LUMBALA, Marie Véronique NDAYA, José DJONGA, Kalex KALENGA. Vous qui avez éclairé par vos sages avertissements, riches soient-ils et vos attentions combien indispensables le temps de notre jeunesse.

A vous tous qui, les premiers avez humidifié avec nous dans le bain du dialogue, traçant pour nous une ouverture aérée vers la grande rencontre et la gratuite relation, celles du cosmos et des autres hommes nos frères et soeurs.

Nous consacrons, en toute reconnaissance, ce travail, premier pas de nos efforts scientifiques et philosophiques.

Martin KASHILA KAYEMBA, Ofm

AVANT-PROPOS

L'homme est une tension vers ; cet état n'est possible que grâce aux relations entretenues avec autrui. Etant dans la société, nous demeurons sans aucun doute dans le devoir de gratifier ceux qui ont participé à notre formation intellectuelle, morale, culturelle et religieuse nous permettant l'élaboration harmonieuse de ce travail.

Ainsi, dans la reconnaissance des biens-faits, nous adressons nos remerciements avant tout au Souverain Bien, Dieu de gloire et de pitié qui ne cesse de nous assister jour et nuit. Nous formulons nos vifs remerciements aux pères : Emmanuel MUTOMBO, Dieudonné MUSANGU, André MPIANA, Georges MBAYO, Anicet MIKOBI, Martial NGALET, Gustave MBAK, Moïse MUYEMBA, Alphonse MWAMB, Marcel TSHIKEZ, Oscar OMARI, Damien ISABELL, pour leurs dévouements dans le souci de guider nos pas.

Nos sincères reconnaissances s'adressent à notre ministre provincial Grégoire BOWA, à son vicaire Benoit MUTOMBO et à tous nos formateurs qui nous ont apporté assistance en voulant notre avancement.

Nous remercions également toutes les autorités académiques du Scolasticat Saint Jean XXIII ainsi que tous nos professeurs pour leur aide tant intellectuelle que spirituelle etde manière spéciale, monsieur l'abbé Jean-Hilaire ILUNGA qui, malgré ses multiples occupations, s'est donné corps et âme pour diriger ce travail.

Nous remercions enfin tous ceux qui ont apporté leur contribution d'une manière ou d'une autre, à la réalisation de ce travail ainsi que tous nos collègues avec qui nous avons partagés les bons et mauvais moments, peines et joies de promotion : François MBOMBO, Dieudonné ILUNGA, Elie MUNGUAKONKUA, Jacques KAPAYA.

Vous tous qui, de par votre existence, valez notre gratitude,

trouvez ici l'expression de nos sincères remerciements.

Martin KASHILA KAYEMBA, Ofm

INTRODUCTION GENERALE

1. CHOIX ET INTERET DU SUJET

L'homme de par sa nature est un être avec les autres. C'est-à-dire un être en relation permanente ; il ne peut pas vivre seul ou s'approcher de l'existence sans les autres. Se laisser ouvert aux autres, c'est rendre témoignage de cette corrélation indispensable pour se compléter. Ainsi, être homme n'est pas seulement le fait de naître des humains, mais vivre avec eux et parmi eux.

Le monde en évolution aujourd'hui, manifestant certaines caractéristiques telles que l'égoïsme, la séparation, la guerre, les troubles, etc. tend à sa disparition faute de collaboration, d'ententes, d'unité, de dialogue, de relation entre les humains. Les conditions de vie dans des foyers, dans des églises voir dans des entreprises, ne nous laissent pas insensibles.

Vu tout ceci, une théorie sur la relation intersubjective s'avère importante dans le but de rendre clair ce que les hommes de ce monde doivent faire pour vivre dans la paix, dans l'unité et l'entente. Ainsi que faire la part des choses entre les genres de relations qui sont pourtant co-naturelles à l'être que nous sommes.

2. PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESE

L'une des difficultés parmi tant d'autres que le monde rencontre depuis toujours est la proximité interpersonnelle. Tout le monde se voit préoccuper par ce qui lui est nécessaire : sa survie.

L'intersubjectivité, par ailleurs, a depuis un temps perdu de sens du fait que certaines personnes ne cherchent pas de vivre en harmonie avec leurs semblables. A ce point, certains cas peuvent nous faire comprendre cette indifférence humaine : le fait de s'estimer riche ou pauvre, fort ou faible de manière physique ou intellectuelle, le fait de repousser consciemment ou inconsciemment la collaboration avec nos semblables, ceux qui nous entourent etc. En observant toutes ces attitudes, nous nous trouvons dans l'obligation de nous poser ces quelques questions auxquelles nous essayerons de répondre au cours de notre réflexion :

- Qu'est-ce qu'une relation selon Martin Buber ?

- Pourquoi la relation ne retrouve elle pas son sens profond entre les humains ?

- Pourquoi une proximité intersubjective dans la société actuelle ?

- Quelle est la finalité d'une relation ?

Voyons sans tarder la méthode et la division de ce travail.

3. METHODE ET DIVISION DU TRAVAIL

Pour une meilleure élaboration de notre travail, nous allons nous servir de la méthode herméneutico-critique afin d'interpréter, comprendre et exposer la pensée de l'auteur. Nous allons aussi apporter notre appréciation critique tout en relevant les bienfaits et les manques dans son opinion. Le livre de base de Martin Buber « Je et Tu» ainsi que d'autres ouvrages vont contribuer dans la réalisation de ce travail.

En dehors de l'introduction et la conclusion générales, notre travail comprend trois grands chapitres. Le premier chapitre traitera de l'historique du concept de la relation, le deuxième chapitre abordera la philosophie bubérienne de l'intersubjectivité et le troisième chapitre sera consacré à l'appréciation critique.

4. NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Martin Buber est né le 08 février 1878 à Vienne, en Autriche dans une famille juive. Il reçut une éducation complète, et pour le moins polyglotte : il parlait à la maison yiddish et allemand, il apprit l'hébreu et le français dans son enfance, ainsi que le polonais au cours de ses études secondaires.

En 1892, il retourna dans la maison paternelle, en proie à une crise religieuse qui l'amena temporairement à se détacher du judaïsme. Au cours de cette période, il s'initia à la lecture de Nietzsche et de Kant.

En 1896, il fait ses études de philosophie à l'université de Vienne, de Leipzig, Berlin et Zurich. Comme juif, Buber a vécu de tristes expériences, en particulier au sein de sa famille, avec la séparation de ses parents, et a été éduqué par ses grands-parents qui exercèrent une grande influence sur lui. Il vécut surtout le drame de l'antisémitisme et cela influencera très profondément sa philosophie.

De 1924 à 1933, il est professeur de philosophie de la religion juive à l'université de francfort. En 1933, il est nommé directeur du bureau central de l'éducation des adultes juifs. De 1938 à 1951, il est professeur de philosophie sociale à l'université de Jérusalem. De 1952 à 1953, il reçoit le prix de Goethe et la prise de la paix des éditeurs en Allemagne. En 1963, il reçoit à Amsterdam le prix Erasme.

Martin Buber était docteur honoris causa en droit hébreu (à Cincinnati), en lettres (à Paris), en théologie (à Aberdeen), en humanité (à New York) et en philosophie (à Jérusalem). Il est mort à Jérusalem le 13 juin 1965, travaillant sur une traduction allemande du livre de Job.

Parmi ses oeuvres les plus connues, nous citons : Moise, PUF, Paris, 1957, Judaïsme, trad., Paris, Gallimard, 1986 ; Deux types de foi, Cerf, Paris, 1991 ; Je et Tu, Aubier-Montaigne, Paris 1992.

Abordons à présent le premier chapitre consacré à l'historique du concept de relation.

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