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Contribution du système d'information géographique et de la télédétection à  l'étude des inondations dans la ville de N' Djamena: cas de la commune du 7e arrondissement


par Hounsala Djonmbe
Université de N'Djamena - Master 2021
  

Disponible en mode multipage

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UNIVERSITE DE N'DJAMENA
Faculté des Sciences Exactes et Appliquées
Département de Géologie

MASTER HYDROSIG

Mémoire

Pour l'obtention du diplôme de Master en Hydrogéologie et Système

d'Information Géographique (Hydro-SIG)

Contribution du systeme d'information geographique et de la télédetection à l'étude des inondations dans la ville de n'djamena : cas de la commune du 7earrondissement

Présenté par :

DJONMBE Hounsala

Matricule : 01910114681/891050817

Sous la direction de :

Dr MAHAMAT NOUR ABDALLAH : Maître Assistant, université de N'Djamena Dr DJORET DAÏRA: Maître Assistant, université de N'Djamena

Soutenu publiquement le 27 Avril 2021 devant le jury composé de

Président Loukman Bichara : Docteur, l'université de N'Djamena

Examinateur SIDDIG AHMED Abbas : Docteur, université de N'Djamena Rapporteur MAHAMAT NOUR ABDALLAH : Maître Assistant CAMES;

Année académique : 2018-2019

Gloire et Honneur soient rendues à l'Eternel, Dieu de Secours et d'Intelligence, qui dans toute sa Grâce et sa Plénitude ma conduit pendant tout le parcours de mes études.

Je dédie aussi ce mémoire à la grande famille Hounsala Rapsala Gaston.

Dédicaces

Mémoire de Master HydroSIG rédigé par DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena. Page i

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

REMERCIEMENT

Je voudrais exprimer ici toutes mes reconnaissances à tous ceux et celles qui de loin ou de près ont contribué à l'élaboration et à la mise en forme de ce mémoire. Je pense à : Dr MAHAMAT NOUR Abdallah et Dr DJORET Daïra, qui ont accepté d'encadrer ce travail d'initiation à la recherche malgré leurs multiples occupations et qui m'ont toujours soutenue par leurs conseils et encouragements. Votre rigueur scientifique et technique, étaient pour moi une houlette. Je saisis cette occasion pour vous exprimer toute ma gratitude. À tous le corps enseignant et personnel de l'université de N'djamena et en particulier, à tous les enseignants de Master HydroSIG pour tous les enseignements dispensés. Il s'agit du Dr. MOUSSA Isseini, Dr. MOUSSA Abderamane, Dr. ABDERMANE Hamit, Dr. ADOUM Issack, Dr. Job ANDIGUE, Dr. DIONDO Sandrine, Dr. MOUPING Bedjaoue, Dr. MASSING Oursingbe, Dr. OUYA BONDORO Henry, Dr. AHMED Dorsouma, Dr. DENENODJI Antoinette, Dr. LOUCKMANE Bichara, Dr. HAMZA Brahim, M. ABDELHAKIM MOUSTAPHA, M. WALBADET Ezéchie et Dr SIDDIG AHMED Abbas . Mes remerciements vont aussi à l'endroit du personnel administratif de la faculté des sciences exactes et appliquées de l'université de N'Djamena qui ont fait de cette institution un abreuvoir de connaissance et de l'excellence. J'en serais toujours reconnaissant de vos efforts.

Aux techniciens du service hygiène et assainissement et le service aménagement de la commune du 7e arrondissement pour leur disponibilité et conseils pendant mes enquêtes de collectes des données.

A la Sr N'GUEMTA MANNTA Nakoye et à tout son staff de la Bibliothèque Amadou Hampate Ba d'atrone pour m'avoir accordé leur local pour mon travail de recherche.

Mr Allaramadji Mouldjide pour sa disponibilité et ses multiples aides.

Mes pensées s'orientent également à l'encontre de Mr MADAINA Patrice, Mr DOUSWE Ngoindandi et deMr MADJIHOTOUM Tamngar et son épouse, vos soutiens ne resteront pas dans l'oubliette.

A mes frères et soeurs MAISERIEUX Hounsala, YING-YANG Hounsala, NDIKWA Hounsala, NGUELWE Hounsala, TEBARA Hounsala, MAINIPA Hounsala, SOUSSE Hounsala, NDARMAIWA Hounsala, TAOGA HAMATKREO Gerard, Ma NIECE HADJE-ACHTA Hassan et tout le reste pour leur affection et encouragement. Qu'ils soient rassurés de ma sincère gratitude.

À tous mes camarades de Master Hydro-SIG, j'exprime ma profonde gratitude pour les moments de joie, de partage d'ensemble durant ces deux années passées ensemble. Je me souviens de LOTODINGAOU LAOUKOURA Julius, HINNENNE Jean-Louis, TENA Stella, KHADIDJA

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Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

Khelemi, TAN-IM Abdallah Brahim, KADERE ALLAFI, Djibrine TERAB, Moussa BATRANE, RIMTYAL Israël, Béni AINGAR, pour ne citer que ceux-là, et sans oublier mon compagnon de tout le parcours Universitaire GOLNODJI Mbaiyanbe Narcisse. Je garde une grande reconnaissance à l'endroit de toute la famille de Mr VAISSECKNE Jacques et Me. ACHE Nicole Adoum pour ces multiples conseils, encouragements et soutiens tout au long de mon parcours. A tous ceux dont les noms ne sont pas cités et qui se reconnaissent à travers cette étude, je tiens à leurs témoigner ma profonde gratitude.

Mémoire de Master HydroSIG rédigé par DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena. Page i

Table de matières

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REMERCIEMENT ii

Table de matières i

Liste des figures iii

Sigle et abréviation v

RESUME vii

INTRODUCTION 10

I. CADRE NATUREL 12

I.1 Localisation et géomorphologie du site d'étude 12

1.1. Localisation du site d'étude 12

1.2. Géomorphologie 13

1. Contexte socioéconomique 14

2. Cadre climatique 15

a. Les précipitations 15

b. Température 17

c. Ensoleillement. 18

d. Humidité Relative 18

e. Evaporation 19

3. Cadre pédologique et géologique 20

? Pédologie : 20

? Géologie 21

4. Cadre hydrologique et hydrogéologique 21

? Hydrologie : 21

? Hydrogéologie 24

5. La végétation 26

II. MATERIEL ET METHODES 28

1. Données existantes 28

2. Mission de terrain et outils de travail 28

3. Outils de travail 29

4. Méthodes de traitement des données 29

III. RESULTATS ET INTERPRETATIONS 36

1. Occupation de sol entre 1999 et 2020 36

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Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

? État de l'occupation du sol en 2020 38

? Synthèse de l'occupation du sol de 1999 à 2020 40

2. Le modèle numérique de terrain (MNT) 41

3. La pente du terrain 47

4. Pédologique de la zone 49

5. Risque d'inondation par les cours d'eau 51

6. Synthèse de discussion 54

CONCLUSION ET RECOMMENDATION 56

Reference bibliographique : 59

ANNEXES LX

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Liste des figures

Figure 1: Carte De Localisation De La Commune Du 7e Arrondissement 13

Figure 2 : Carte Topographique De La Ville De N'djamena A Partir Du Mnt(Srtm) 14

Figure 3:Precipitations Moyennes Mensuelles Interannuelles De La Periode De 1990 A 2019 . 16

Figure 4: Precipitation Interannuelle De La Ville De N'djamena De 1999 - 2019 (Anam) 17

Figure 5: Temperature Moyenne Mensuelle De La Periode De 1990 A 2018 (Anam). 17

Figure 6: Variation Journaliere De L'ensoleillement . 18

Figure 7: Humidite Relative Moyenne Mensuelle De 1990-2018(Anam). 19

Figure 8: Evaporation (Piche) Moyenne Mensuelle Interannuelle De 1990-2018 (Anam). 19

Figure 9 : Coupe Transversale Du Bassin Du Lac Tchad (Source : Schneider Et Wolff, 1992). 21

Figure 10: Carte Des Reseaux Hydrographiques Des Bassins Versants Du Chari Et Du Logone

(Source : Cblt, 2006) 23

Figure 11: Carte Montrant Les Mares De La Ville De N'djamena (Mairie De N'djamena). 24

Figure 12: Carte D'interpolation Des Niveaux Statiques Des Points De Mesures Et Forages Ste

(Deubalbe, 2017). 26

Figure 13: Plate-Forme Usgs De Telechargement Des Images Satellitaires Landsat. 30

Figure 14: Procedure De Telechargement D'images Landsat7 Etm+ Et Landsat 8 Oli/Tirs 31

Figure 15: Bande Des Differents Indices Calcules. 33

Figure 16: Composition Coloree De Fausse Couleur De L'image Landsat. 34

Figure 17: Carte D'occupation Du Sol De La Commune Du 7e Arrondissement. Periode Du 17

Novembre 1999 (Source : Landsat7 Et M+,1999) 37

Figure 18: Repartition Des Classes D'occupation Du Sol De L'annee 1999 38

Figure 19: Carte D'occupation Du Sol De La Commune Du 7e Arrondissement. Periode Du 01

Octobre 2020. 39

Figure 20: Repartition Des Classes D'occupation Du Sol En 2020 40

Figure 21: Dynamique D'occupation Du Sol Entre 1999 Et 2020 De La Commune Du 7e

Arrondissement 41

Figure 22: Carte Geomorphologique En 2d (Strm) ERREUR ! SIGNET NON DEFINI.

Figure 23: Profil Topographique. Nw-Se. 44

Figure 24: Profil Topographique Ne-Sw. 45

Figure 25: Modelisation En 3d Sur Le Logiciel Surfer Du Relief. (Srtm) 46

Figure 26: Carte De La Pente Du Terrain Extraite De Srtm 48

Figure 27: Carte D'influence De La Pedologique Sur Le Reseau De Drainage. (J.Pias 1958) 50

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

Figure 28: Reseau De Drainage Et Les Mares. (Google Earth Et Srtm) 52

Liste des photos

Photo 1: sol argileux a n'djamena 20

photo 2: fleuve chari pendant la periode de crue vers quartier habbena du 11 septembre 2020. 47

photo 3: inondation pluviale du 3 septembre2020 dans la commune du 7e arrondissement. 53

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

Sigle et abréviation

ACTED: Agence d'aide à la coopération technique et au développement

ANAM : Agence Nationale de Météorologie

BRGM : Bureau de Recherche Géologique et Minière

CBLT : Commission du Bassin du Lac-Tchad

CDIG : Centre de Documentation et de l'Information Géographique

CNRD : Centre National de Recherche et de Développement

CONASI: Comité National d'Assistance aux Sinistrés

DCPU : Document Cadre de Planification Urbaine

DRE : Direction de Ressources en Eau

ETM+: Enhanced Thematic Mapper plus

FAO: Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

GPS : (Global Positionning System) Système de positionnement global System

Ha : hectare

Hydro-SIG : Hydrogéologie et système d'information géographique

INSEED: Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques.

m: mètre.

MATUH : Ministère de l'Aménagement du Territoire de l'Urbanisme et de l'Habitat

mm: millimètre

MNT : Modèle Numérique de Terrain

NDVI: Indice de différence normalisée de végétation

NDWI: Indice de différence normalisée de l'eau

OCHA : Organisation pour la Coordination des Humanitaires

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Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

OLI/TIRS: Oprational Land Imager et Thermal Infrared Sensor

ONU : Organisation n des Nations Unies

ORSTOM: Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer

PUR: plan urbain de référence

QGIS: Quantum Geographical Information System

RGPH : Recensement Générale de la Population et de l'Habitat

SDEA: Schéma Directeur de l'Eau et de l'Assainissement

SHP: Shape File

SRTM: Shuttle Radar Topography Mission

STE: Société Tchadienne de l'Eau

UNITAR : l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche

USGS: United States Geological Survey

UTM: Universal Transverse Mercator

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Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

RESUME

La gestion d'inondation de la ville de N'Djamena en général et celle de la commune du 7e arrondissement en particulier à l'aide de logiciel de SIG et de la télédétection, exige une analyse multicritère basée sur quatre principaux facteurs qui sont la pluviométrie (eau de pluie), la perméabilité du sol (pédologie), le relief (topographie), la pente et l'occupation du sol. L'étude menée autour de ses facteurs nous atteste que l'inondation dans la commune du 7e arrondissement est exclusivement d'ordre pluvial avec un cumul pluviométrique annuel atteignant 200 à 300 mm Le facteur topographie inégalement réparti et donc les altitudes oscillent de 295 à 304m avec une moyenne de 294m. La pente est très faible et se situe dans l'ordre 0,1 à 2,02 % avec une moyenne de 1,6% et qui est orientée du vers nord-ouest au lieu du sud de la commune pour se déverser dans le fleuve Chari.

Les résultats observés suivant les altitudes de la commune du 7e arrondissement nous révèlent que la berge du fleuve Chari se trouve plus élevée que l'intérieur de la commune. L'autre facteur déterminant qui occasionne l'inondation dans la commune est l'occupation du sol avec une forte urbanisation qui est passée de 13% (926 ha) a 77% (5472) en 2020 soit une augmentation de 64%. La croissance exponentielle de la population et l'urbanisation anarchique entraine l'occupation des bas-fonds et des chemins de ruissellement des eaux. Le facteur pédologique est à signaler car la commune est bâti sur un sol constitué des sols hydromorphes (argile-sablonneux et argile noire), qui ont une faible perméabilité qui ne favorise pas l'infiltration de l'eau vers la nappe et engendre l'inondation.

Mots clés : inondation, 7e arrondissement, SIG, Télédétection.

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Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

ABSTRACT

The flood management of the city of N'Djamena in general and that of the municipality of the 7th arrondissement in particular using GIS software and remote sensing, requires a multicriteria analysis based on four main factors which are rainfall. (rainwater), soil permeability (pedology), relief (topography), slope and land use. The study carried out around its factors attests to us that the flooding in the municipality of the 7th arrondissement is exclusively of a pluvial order with an annual rainfall accumulation reaching 200 to 300 mm The topography factor unevenly distributed and therefore the altitudes oscillate from 295 to 304m with an average of 294m. The slope is very low and is in the order 0.1 to 2.02% with an average of 1.6% and which is oriented north-west instead of the south of the town to flow into the river Chari.

The results observed according to the altitudes of the municipality of the 7th arrondissement show us that the bank of the Chari river is higher than the interior of the municipality. The other determining factor that causes flooding in the municipality is land use with high urbanization which increased from 13% (926 ha) to 77% (5472) in 2020, an increase of 64%. The exponential growth of the population and anarchic urbanization leads to the occupation of lowlands and water runoff paths. The pedological factor should be noted because the town is built on a soil made up of hydromorphic soils (sandy clay and black clay), which have a low permeability which does not favor the infiltration of water towards the water table and generates the flood. Keywords: flood, 7th arrondissement, GIS, Remote sensing.

Mémoire de Master HydroSIG rédigé par DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page ix

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

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Mémoire de Master HydroSIG rédigé par DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 11

Mémoire de Master HydroSIG rédigé par DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page 12

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

INTRODUCTION

La question des risques naturels dans le monde constitue de nos jours, et ce à travers des multiples menaces, le principal souci à la fois environnementale, économique et sociale. Dans ces multiples désastres (inondation, érosion côtière, réchauffement climatique, vents violents...), ils engendrent de nombreux dégâts matériels et humains tant dans les pays développés que ceux en voie de développement. Toutefois, la différence entre ces pays peut se situer au niveau de la capacité et ou stratégie d'adaptation et de gestion de ces risques.

Les inondations représentent le risque de catastrophes les plus dévastatrices dans le monde (Magdelaine, 2012) .Durant ces vingt(20) dernières années, 90 % des catastrophes naturelles sont causées par les inondations, les tempêtes, les vagues de chaleur, les sècheresses et autres évènements liés à des phénomènes climatiques. Les inondations représentent à elles seule plus de 47 % des désastres liés au climat d'après le rapport de l'ONU de 1995-2005 et 2005-2015.

En Afrique de l'ouest et précisément à Dakar au Sénégal, les inondations enregistrées en 1987,1995,1996,2000,2003 et 2005 soulèvent des préoccupations à la fois naturelles et sociales, au rang desquelles la remise en eau des bas-fonds asséchés autrefois, l'occupation de ces bas-fonds par des habitats spontanés ,le retour à la normale des pluies rompues depuis les années 1970 (Wade et al.2008).

En Afrique centrale, Ovono(2017) s'est basé sur les outils de la géomatique pour faire une analyse sur l'érosion côtière sur les côtes gabonaise. Le Tchad est l'un des pays les plus confrontés aux phénomènes d'inondation qui se manifestent de façon catastrophique constituant ainsi une menace sérieuse pour l'homme et ses biens à travers plusieurs régions du territoire national . Selon le rapport de OCHA du 10 septembre 2020, le mois d'août 2020 en particulier a provoqué de nombreuses inondations sur la plupart du territoire national : au centre, au sud, à l'est, au Lac et dans la capitale N'Djamena. Les statistiques du Gouvernement indiquent que les inondations ont affecté près de 190 000 personnes et près de 38 000 ménages sont touchés par les inondations. Une analyse de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) comparant les précipitations de 2015 à 2020 pour les mois de mai, juin et juillet montre une dégradation et une forte augmentation des précipitations mensuelles et ceci d'une année à l'autre (OCHA ,2020).

En l'espace de trente ans, N'djamena a connu plusieurs inondations. Les plus marquantes sont celles des années 1988, 1998 et 2012 ou plus de la moitié de la population était touchée (Ramadane.A, 2015).

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

Des études utilisant le SIG et la télédétection ont été menées sur les inondations dans la ville de

N'Djamena .On peut citer celle de DJIMTA.R,(2018) qui a travaillé sur le thème : Modélisation des risques d'inondation de la ville de N'Djamena a l'aide de SIG. Il a utilisé le SIG pour le repérage des ilots avec les risques d'inondation et la délimitation des bassins et celle de Bayam.B.S,(2012) menée sur le thème Morphologie ,occupation du sol et inondation dans la ville de N'Djamena. Sa méthodologie est basée sur l'utilisation de la télédétection pour cartographier l'occupation de sol et montrer la dynamique de l'occupation du sol. Mais il reste encore à élaborer un véritable système de prévention du risque basé sur l'exploitation des Systèmes d'Information Géographique et de la télédétection pour faire face de manière plus efficace aux problèmes récurrents des inondations dans la ville de N'Djamena de manière générale et de la commune du 7e arrondissement en particulier.

Pour une meilleure gestion des risques d'inondations dans un contexte de changement climatique et de l'urbanisation galopante dans la commune du 7e arrondissement, une meilleure connaissance des facteurs causant l'inondation est indispensable. C'est dans ce sens que s'inscrit la présente étude intitulée « Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : cas de la commune du 7e arrondissement ».

Globalement, notre travail consiste à contribuer à l'étude des facteurs qui engendrent les inondations saisonnières dans la commune du 7e arrondissement grâce aux outils SIG et de la télédétection.

Spécifiquement, ce travail vise à :

V' Exploiter les données radar srtm pour l'analyse de la géomorphologie de la commune du 7e arrondissement et l'élaboration des cartes thématiques (carte de relief, carte des pentes, carte de réseaux de drainage) ;

V' Utiliser l'image Google earth pour Cartographier les zones inondables ;

V' Réaliser les cartes d'occupation de sol avec les images optiques (landsat) pour observer la dynamique de l'occupation du sol et d'étudier son influence sur les inondations ;

V' Proposer des solutions pouvant permettre l'adaptation ou la résilience aux aléas climatiques (inondation).

Cette étude singulière sur l'inondation dans la commune du 7e arrondissement s'organise autour de quatre(4) parties. Le cadre naturel, l'approche méthodologique, le résultat et interprétation puis la synthèse de la discussion.

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

I. CADRE NATUREL

I.1 Localisation et géomorphologie du site d'étude

1.1.Localisation du site d'étude

N'Djaména est située au Centre-ouest du pays, au confluent des fleuves Chari -Logone, centrée sur 12°06'36 de Latitude Nord et 15°02'34 de Longitude Est. Elle est la plus grande et importante ville du Tchad avec une population de 1600395 d'habitant selon la projection d'INSEED de 2020.

Située entre le 15°04'55,34» à 15°11'04,37» de la longitude Est et 12°07'56,11» à 12°07'56,64» de la latitude Nord, la commune du 7ème Arrondissement est l'une des communes de la ville de N'Djaména la plus vaste avec une superficie de 24 021 hectares et peuplée de 343 277 habitants (service SIG commune de la ville de N'Djaména). Elle fait frontière au Nord par la commune du 8ème Arrondissement, à l'Est par la sous- préfecture de Lian, à l'Ouest par la commune du 6ème Arrondissement et au Sud par la commune du 9ème Arrondissement. D'abord, avec une population de 343 277 habitants (RGPH2, 2009), elle est la plus vaste et la plus peuplée de la ville de N'Djaména. Cependant, la gestion de cette Commune est rendue complexe par une croissance rapide de la population : La commune du 7ème regroupe un dixième de la population de la ville de N'Djaména et son taux de croissance s'élève à 5% par an (SIG, commune de la ville de N'Djaména, 2018). Ce taux de croissance nous conduit à estimer que la population de la commune de 7ème Arrondissement atteindra un million d'habitants en 2035.La commune du 7ème Arrondissement compte 12 quartiers à savoir : Dembé, Chagoua, Habbena, Atrone, Amtoukoui, Ambata, Boutalbagara, Gasssi, Mandjafa, Kliwiti, Kourmanadji et Digo (Fig1).

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Figure 1: Carte de localisation de la commune du 7e arrondissement

1.2.Géomorphologie

Le relief de la ville de N'Djamena est dans son ensemble légèrement plat. Sa cote la plus haute est de 300 m et la plus basse est de 288 m (Figure 2). Il s'agit d'un ensemble de plaines inondables et exondées issues du quaternaire récent, s'étendant de part et d'autre du fleuve Chari. On y trouve partout des bas-fonds ou de faibles dépressions accumulant les eaux de pluie pendant la période d'hivernage et le début de la saison sèche.

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Figure 2 : Carte topographique de la ville de N'Djamena à partir du MNT(SRTM) 1. Contexte socioéconomique

? La démographie

La ville de N'Djamena est peuplée de 993492 habitants (RGPH2, 2009).Sa population représente 8 % de la population nationale .Elle occupe une place à part dans le réseau urbain tchadien, cette population représente 41 % des citadins du pays. La population tchadienne croit en général à un rythme de 3,6% par an (INSEED, 2009) ce qui engendre une urbanisation anarchique. On y rencontre toute sorte de culture tchadienne car toutes les couches ethniques y sont représentées. Les groupes ethniques les plus représentés sont les suivants classes par ordre d'importance/ Ngambay,Arabes, Ouaddai. Hadjarai, Daza, Bilala, Kanembou, Marba. Kanouri, Gore, Kouka, Toupouri, Sarah, Barma (RGPH2, 2009). La commune du 7ème Arrondissement comptait 223.231 habitants (RGPH2, 2009), la projection de la Mairie de N'djamena a estimée 343 277 habitants en 2018.

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? Activités économiques

L'activité économique de la ville de N'Djamena se caractérise par une relative hétérogénéité comparativement à celle des autres provinces du pays, dominée par le secteur de l'agriculture et de la pêche. L'activité dominante est le commerce qui occupe 37% de personnes, soit environ deux actifs N'Djaménois sur cinq (RGPH1, 1993). Le secteur primaire occuperait 9,1% des activités de la ville et concerne celles qui sont liées à l'agriculture en général et la culture maraîchère en particulier. Le secteur secondaire, localise essentiellement dans le premier arrondissement est représenté par les industries.

2. Cadre climatique

Le climat de la ville de N'Djamena est de type sahélien avec une pluviométrie inférieure à 600 mm de pluie par an et une température moyenne de 35° C toute l'année (avec un fort soleil), le maximum des températures pouvant atteindre 45°C entre mars et mai. Des nuages de poussière liée à l'Harmattan s'abattent sur la ville pendant la saison sèche, réduisant donc la visibilité, c'est-à dire que lorsque la vitesse du vent au sol atteint une certaine vitesse critique (qui est de l'ordre de 15m/s), cette vitesse peut soulever de la poussière. Au cours de l'année, les vents sont issus du déplacement de la zone de convergence intertropicale, qui sépare les masses d'air maritime humide («Mousson») des masses d'air continental sec («Harmattan»).

a. Les précipitations

L'analyse de l'histogramme de précipitations moyenne mensuelle de la ville de N'Djamena pour la période de 1990 à 2019 montre deux saisons dont l'une est sèche et l'autre humide. La saison de pluie commence à partir du mois de juin et fini en Septembre (Figure 3). Le mois de Mai est considéré comme le mois de transition de début de saison de pluies et octobre période de transition de fin de saison.

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Intensité pluviometrique en mm

250

200

150

100

50

0

Figure 3:Précipitations moyennes mensuelles Interannuelles de la période de 1990 à 2019 (ANAM).

L'histogramme suivant présente la pluviométrie moyenne interannuelle de 1990 à 2019 de la ville de N'Djamena avec des irrégularités notoires dans le temps avec une moyenne interannuelle de 577 mm. L'année la plus pluvieuse est celle de 1998 suivie de l'année2018 avec les hauteurs moyennes annuelles qui atteignent respectivement 775 mm et 754mm. L'année 1990 connait une insuffisance pluviométrique avec une hauteur moyenne annuelle de 296 mm. Elle demeure l'année qui a enregistré la basse hauteur pluviométrique depuis 30 ans. Les dix (10) dernières années présentent une moyenne annuelle au-dessus de 400mm, cela montre une légère amélioration de la tendance climatique.

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précipitation

Intensité (mm)

1000 900 800 700 600 500 400 300 200 100

0

Moyénne

interannuelle

(577,59mm)

1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019

Figure 4: Précipitation interannuelle de la ville de N'Djaména de 1999 - 2019 (ANAM)

b. Température

Les températures moyennes mensuelles oscillent entre 30°C et 40°C. La courbe de variation montre deux maxima (avril et octobre) et deux minima, l'un en saison de pluies pendant le mois le plus pluvieux (août) et l'autre en hivers (janvier). Le graphique ci-après illustre l'évolution annuelle de la température.

Temperature (0C)

45

40

35

30

25

20

15

10

5

0

Figure 5: Température moyenne mensuelle de la période de 1990 à 2018 (ANAM).

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c. Ensoleillement.

La figure 6 indique la variation journalière d'ensoleillement de 1990 à 2018.le minimum est observé pendant le mois d'Août avec une durée de 6,5h par jour et cela se justifie par la saison de forte pluviométrie dans la ville d'où la couverture nuageuse ne favorise pas un bon rayonnement solaire. Le maximum se situe dans le mois de Novembre avec une durée de 10h par jour.

10

8

6

4

2

Ensoleillement h/J

12

0

Figure 6: variation journalière de l'ensoleillement (ANAM).

d. Humidité Relative

L'humidité relative de l'air atteint 95% en août et 19% en février-mars pour ne pas dépasser une moyenne annuelle d'environ 57%.

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Humidité en %

120

100

40

80

60

20

0

Figure 7: Humidité relative moyenne mensuelle de 1990-2018(ANAM).

e. Evaporation

Les évaporations citées ci-dessous ont été mesurées à l'aide de l'appareil Piche dans la ville de N'Djamena et sont données en millimètre. Le maximum de l'évaporation se situe en saison sèche, le minimum en saison des pluies. Les valeurs mensuelles moyennes interannuelles de l'évaporation PICHE de la station de N'Djamena sont reportées sur la figure 8. Les variations de l'évaporation PICHE suivent celles de la température et vont en sens inverse de la pluviométrie.

L'évaporation mensuelle maximale est atteinte au mois de Mars avec 410mm et la valeur minimale apparaît au mois d'Août avec 69mm.

 

450 400 350 300 250 200 150 100

50

0

 
 
 

Evaporation de piche (mm)

 
 
 
 
 
 

Figure 8: Evaporation (piche) moyenne mensuelle interannuelle de 1990-2018 (ANAM).

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3. Cadre pédologique et géologique

? Pédologie :

On distingue deux grandes catégories de sols dans la ville de N'Djamena, réparties sur deux grandes unités de paysages. Elle se distingue par leur structure, leur texture, leur composition chimique et leur relative position topographique (J.Pias, 1974).

Les sols en zones émergées : Ces sols sont d'une bonne structure physique et bien drainés. Leur texture granulométrique ne permet qu'une faible rétention en eau et un médiocre potentiel d'échange cationique, d'où une modeste richesse en éléments chimiques nutritifs. Ceux-ci présentent deux variantes, dont les complexes sols hydromorphes-vertisols et sols hydro morphes- halomorphes. Les sols en zones émergées connaissent un processus d'érosion pelliculaire décapante, suivi du transport des matériaux vers le bas-fond. Très colonisés par les cultures, ces sols subissent une évolution régressive ou, tout simplement, une dégradation qui aboutit à la formation de sols stériles.

Les sols en zones inondables. Il s'agit essentiellement des sols hydromorphes d'ensemble permanente ou temporaire très argileux à argilo-limono-sableux. Ces derniers montrent une disparité accentuée en fonction de leur structure, de leur faible perméabilité et de leur mauvais drainage. On distingue deux catégories, dont les sols hydromorphes et les vertisols. Les sols inondables sont imperméables et présentent une bonne aptitude pour les cultures de décrue.

Photo 1: Sol argileux à N'Djamena

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? Géologie

La géologie du Chari Baguirmi en générale et celle de la ville de N'Djamena en particulier est liée à celle du Bassin du Lac Tchad (BRGM, 1988 ; Kushnir, 1993 ; Djoret, 2000, Edith, 2007). La région du Chari Baguirmi repose sur les alluvions du quaternaires de l'ancien Lac Tchad, ces alluvions sont superposées au sol cristallin précambrien. Sa stratigraphie a distingué des dépôts sédimentaires d'origine fluviale, lacustre ou éolienne lors de la formation quaternaire. La zone est constituée de formation sédimentaire des sables, des argiles et des limons du quaternaire. Les sables sont particulièrement développés dans la partie centrale de la cuvette, sur les lits du Logone-Chari ainsi que dans le sud du Kanem.

Figure 9 : Coupe transversale du bassin du lac Tchad (Source : Schneider et Wolff, 1992).

4. Cadre hydrologique et hydrogéologique

? Hydrologie :

Le réseau hydrographique est dominé essentiellement par les deux fleuves : Chari et Logone. Le fleuve Chari coule entièrement dans pays au sud de la ville de N'Djamena, alors que le Logone la sépare du Cameroun. La ville comprend quelques cours d'eau temporaires et des dépressions inondables. Au cours d'une certaine période, ces cours d'eau tarissent compte tenu de la forte évaporation et de la courte saison des pluies. Les principales caractéristiques des deux fleuves sont présentés ci-dessous (J.Pias ,1970).

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? Le Logone

Le Logone prend sa source dans le plateau de l'Adamaoua (Cameroun) à 1 200 m d'altitude. Long de 1000 km, il porte le nom de Vina au Cameroun et reçoit la M'Béré grossie du Ngou et de la Lim. L'ensemble constitue le Logone occidental qui collecte la Pendé ou Logone oriental, et sur la rive gauche la Tandjilé issue des plateaux Laka. Ce fleuve ne recevra plus aucun affluent jusqu'à sa confluence avec le Chari (Fig10). Les eaux perdues en amont lui retourneront plus en aval par l'intermédiaire des défluents. Son régime est caractérisé par une crue qui débute avec le commencement de la saison des pluies (mai- juin). La grande crue s'étale de juillet à octobre avec un maximum dans ce dernier mois. La décrue est régulièrement observée dès la fin octobre avec des débits moyens mensuels à l'étiage de 45 à 100 m3/s et de 1 800 à 2 000 m3/s au moment de la crue. L'étiage se situe en avril-mai. Ensuite, au plus fort de la crue le Logone inonde par ses déversements les plaines environnantes. Pendant cette période, les débits diminuent progressivement de l'amont vers l'aval, conséquence des pertes subies par le fleuve. Le Logone perd 20 à 30 % de son débit par déversement entre Laï et le confluent du Chari. Ces déversements irriguent les plaines et les rendent favorables aux cultures.

? Le Chari

Le Chari prend ce nom en amont de Fort-Archambault, actuel Sarh. Il résulte de la jonction de plusieurs rivières venant de la République Centrafricaine. Son régime est presqu'identique à celui du Logone. La crue débute en juin pour atteindre son maximum en octobre-novembre. Les débits moyens mensuels se situent dans l'ordre de 2 500 à plus de 4 000 m3/s suivant l'année considérée à N'Djamena. La décrue est régulière à partir de novembre et l'étiage a lieu en avril-mai (150 à 200 m3/s). Le cours inférieur du Chari s'étend de N'Djamena au Lac Tchad. Le fleuve Chari recoupe dans cette partie, des formations quaternaires récentes, en même temps qu'il a donné naissance aujourd'hui à une multitude des défluents qui ont disparu.

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Figure 10: Carte des réseaux hydrographiques des bassins versants du Chari et du Logone (Source : CBLT, 2006)

? Les mares et marigots

Ils sont partout dans les cuvettes d'inondation de la ville de N'Djamena et sont soit entretenus par les hommes ou soit naturels. Aux premières pluies, ils collectent les eaux des rigoles. A la fin de la saison des pluies, ils gardent pendant un temps leurs eaux avant que celles-ci ne s'évaporent. Parmi eux, on distingue principalement (Fig11):

? Le marigot des Jardiniers : long de 2,5 km, il traverse le bassin versant portant le même
nom. Ancien bras latéral du Chari, il se situe entre le quartier Ardepdjoumal et Paris-congo. Il collecte et évacue les eaux pluviales dans le Chari. C'était un marécage naturel peu profond vers lequel toutes les eaux des quartiers périphériques convergeaient. Son tracé fut recalibré entre 1978 et 1988 ans le cadre des actions de drainage des eaux pluviales de la ville;

? Le marigot d'Amriguebé : ce marigot long de 2 km prend sa source au centre-ville et
constitue l'évacuateur principal du bassin versant portant le même nom. Dans les années 19701980, c'était un marécage naturel peu profond vers lequel toutes les eaux des quartiers

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périphériques convergeaient. Son tracé fut recalibré également entre 1978 et 1988 pour devenir un grand canal à ciel ouvert ;

? La cuvette Saint Martin: c'était un cours d'eau naturel ancien affluent du Chari. Il divisait
la vieille ville (Fort-Lamy) en deux parties en sens Nord-Sud. Une étude d'assainissement y fut réalisée en 1959 afin de créer un bassin en amont jouant le rôle de collecteur des eaux de ruissellement. Les premiers travaux avaient eu lieu en 1960 donnant ainsi naissance au canal saint Martin (MADJ-NDEUDE.R, 2009). Les autres sont des petits bassins de retentions et les petites mares dans les différents arrondissements de la ville.

Figure 11: Carte montrant les mares de la ville de N'Djamena (Mairie de N'Djamena).

? Hydrogéologie

? Caractérisation et type d'aquifères à Ndjamena

L'aquifère de la nappe phréatique de N'Djamena est situé dans les niveaux détritiques du Quartenaire qui est formé essentiellement d'alternance d'argile et de sable, surmontant une épaisse formation argileuse du pliocène (Kadjangaba, 2007).

Le quartenaire est un aquifère régional libre, composé notamment de sables moyens fins localement entremêlés d'argiles conduisant à des aquifères de caractéristiques semi-confinées. En revanche, Kadjangaba (2007) mentionne que l'ensemble de l'aquifère du quartenaire de la

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ville de N'Djamena est un aquifère multicouche et divisé par une couche argileuse imperméable à semi-imperméable dans l'aquifère superficiel (8 à 20m) exploité par des puits traditionnels .Un aquifère intermédiaire (20 à 30m) exploité par les forages manuels privés et un aquifère relativement profond exploité par des forages de la STE (30 à 60 mètres). Cette couche d'argile a été détectée localement à une profondeur d'environ 20 mètres, et présente une épaisseur allant jusqu'à 40m (BRGM, 1967). D'après les études de Djoret (2000), le niveau statique des aquifères de la nappe à Ndjamena, varie progressivement de 08 à 20m à partir de la bordure du fleuve vers le Nord (Fig12). La nappe captée à N'djamena par les puits, les forages privés, les forages profonds de la STE et l'ensemble des forages industriels est la nappe Quaternaire du Chari Baguirmi (Kadjangaba, 2007). Du point de vue hydrogéologique, on peut différencier les trois (3) niveaux de ces nappes dans le Quaternaire, bien qu'il y ait une continuité hydraulique (pression) sur la verticale des terrains saturés et de nombreuses variations horizontales de faciès :

? de 08 à 20 m : Aquifère contenant une nappe libre, capté par de nombreux puits et puisards

et par la partie supérieure des forages manuels. Ces niveaux sont très sensibles à la pollution,

notamment anthropique et l'exploitation de ces ouvrages pour l'alimentation en eau potable

doit être considérée comme un problème sanitaire majeur. Selon les travaux de recherche de

Kadjangaba (2007) cette nappe est caractérisé par une transmissibilité hydraulique T= 3 à

5 10-3 m2/s, et un coefficient d'emmagasinement, S = 3.10-4 à 1.3 10-3) ;

? De 20 à 30 m : Aquifère contenant une nappe intermédiaire libre exploité par les forages manuels privé.

? De 30 à 60 m : Aquifère sableux avec passées argileuses, contenant une nappe captive profonde. Ces niveaux sont ceux qui peuvent être captés par les forages profonds (forages STE).

Il est toujours préférable de capter les niveaux sableux de base qui sont isolés de la surface par des passages argileux et/ou par une épaisseur suffisante de formations sablo-argileuses, permettant une filtration biologique efficace des eaux supérieures, potentiellement contaminées par les latrines.

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Figure 12: Carte d'interpolation des niveaux statiques des points de mesures et forages STE (Deubalbé, 2017).

5. La végétation

N'Djamena est située au centre d'une région de savane. Elle est caractérisée par une savane arbustive très dégradante laissant les sols nus. Les espèces végétales, les plus dominantes de la région sont : les acacias et les arbustes épineux. Ces espèces sont les plus répandues dans la région. À l'intérieur du périmètre urbain, la couverture végétale a complètement disparu faisant place à des lotissements étendus. L'extension de la ville vers les régions périphériques et les besoins en bois de chauffe ont causé la disparition complète du couvert végétal qui a été considéré comme la ceinture urbaine.

La végétation joue fondamentalement un rôle régulateur dans le changement climatique, et dans le renouvellement du cycle hydrologique. Elle constitue une composante essentielle du paysage. Enfin, la ville de N'Djamena a récemment bénéficié d'un projet étatique de reboisement et de la création de la ceinture verte pour deux (2) grands sites: le site de Gaouï et le site de Wali. La muraille verte de Gaouï occupe une superficie de 40 000 mètres (40 Km) de long et 2 00 mètres

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de large. Elle s'étend de Gaouï à la sortie Nord-est de la ville jusqu'à la sous-préfecture de Mani dans le Lac-Tchad.

Conclusion :

L'étude géophysique et géomorphologique de la ville de N'Djamena nous procure quelque nombre d'information visant à faire une analyse des risques d'inondation dans la commune du 7e arrondissement en se basant sur les données de précipitation, de température, la géomorphologie et la pédologie etc. qui sont des facteurs déterminants. Ces données nous serviront des outils et moyens pertinents qui détermineront la qualité des résultats que nous obtiendrons durant notre recherche. Dans les parties suivantes, nous aborderons la partie méthodologique en élucidant les causes, préventions des risques d'inondation et les résultats obtenus ainsi que les démarches entretenues.

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II. MATERIEL ET METHODES

Pour la réalisation de ce travail, des recherches bibliographiques (bibliothèques, centre de recherches, anciens travaux de mémoire, internet), des collectes de données et le traitement de ces données ont été effectués.

1. Données existantes

Nous avons utilisé des données existantes pour réaliser les différentes cartes thématiques. Il s'agit de :

> données climatiques exploitées sont celles de la ville de N'Djamena acquises à l'Agence National de la Météorologie (ANAM). Elles sont composées de :

? La pluviométrie mensuelle (1990 à 2019) ;

? Les températures interannuelles (1990 à 2018) ;

? Humidité relative mensuelle (1990 à 2018) ;

? L'ensoleillement de 1990 à 2018 ;

? Evaporation mensuelle de Piche (1999 à 2018);

> données satellitaires : Deux(2) images dont le Landsat 7-ETM+ du 17 novembre 1999 et

Landsat 8 OLI / TIRS du 01 octobre 2020 ;

> donnée radar : une image SRTM de 2009 a été également exploitée ;

> données shapfiles de la carte de la ville de N'Djamena ;

> carte pédologique de Fort-Lamy (N'Djamena) de 1/200.000e de 1958 ;

2. Mission de terrain et outils de travail

V' Mission de terrain

Les travaux de terrain ont été réalisés dans la plupart des quartiers de la commune pendant la saison pluvieuse et pendant la période non pluvieuse. Les activités menées sont les suivantes :

Observations des zones ou quartiers les plus vulnérables à l'inondation (Boutalbakara, Amtouikoui, Atrone, Dembé et Habbena) pour constater les dégâts causés par les averses de cette année et de photographier les zones vulnérables,

Visites aux abords du fleuve Chari, pour observer l'avancer de crue du fleuve,

Campagne de levée de coordonnées géographiques (longitude, latitude et l'altitude) effectué dans les quartiers de la commune afin réaliser la modélisation en 3D du modèle numérique du terrain,

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Une reconnaissance des unités d'occupations du sol dans la commune du 7e arrondissement.

3. Outils de travail

Un appareil Smartphone tecno smart 4 menu d'un GPS de type UTM GEO MAP 2.8.4 pour la prise des coordonnées géographiques (longitudes et latitudes), les altitudes des terrains et des photos.

? Outil informatique

La réalisation de ce travail a nécessité l'utilisation de matériel informatique. Il s'agit essentiellement d'un ordinateur doté de plusieurs logiciels nécessaires au traitement des informations et données. Le logiciel QGIS 2.16 pour la réalisation des différentes cartes thématiques, le géoréférencement, le géotraitement et l'habillage des cartes. Le logiciel Grass gis 6.4.4 pour la réalisation de la carte des réseaux de drainage. Pour le traitement des images satellitaires Landsat nous avons utilisé le logiciel ArcGIS 10.5 pour la télédétection (Réalisation des cartes d'occupation du sol), le logiciel surfer12 pour réaliser la modélisation en 3D du Modèle numérique de terrain de la commune. Le logiciel Google earth et SAS. planet release151111, utilisés pour la visualisation et l'extraction des vues de la commune du 7e arrondissement, le logiciel Global Maper 15.0 nous servi à réaliser le profil topographique et les logiciels bureautiques Microsoft office (Excel, Word, Power Point) ont servi à la saisie, aux calculs et à la réalisation des graphiques.

4. Méthodes de traitement des données

? Données SRTM

Le Modèle numérique de terrain (MNT) est une représentation virtuelle en 2D ou 3D de ce que peut être la réalité du terrain d'une surface topographique, ou de toute autre représentation cartographique d'isovaleurs, cet ensemble étant géoréférencé dans un système de projection bien précis (Clarke, Lambert, WGS 84...) (BACHIR, 2006).

Les techniques qui permettent de fournir des données utiles à la création d'un MNT sont variées et l'on retrouve parmi elles : le levé topographique, la photogrammétrie, l'interférométrie radar, le laser altimètre, l'interpolation de courbes de niveau à partir de cartes existantes. Dans le cadre de notre étude, nous exploitons la base de données topographiques disponibles sur le site internet de la Nasa (http: // www.jpl.nasa.gov/srtm) libre d'accès à partir des limites géographiques de la

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zone d'étude. Suite à leur grande capacité, ces données sont téléchargées en format de fichier archive WinRaR `'Zip» et extrait après le téléchargement pour le traitement.

? Téléchargement et traitement des images Landsat

L'analyse de la cartographique d'occupation du sol s'appuie sur deux (02) images optiques. Il s'agit des images Landsat7 ETM+ du 17 novembre 1999 et Landsat-8 OLI/TIRS du 01 octobre 2020. Ces deux images ont été téléchargées le 14 décembre 2020. Les capteurs de la série Landsat ont été retenus en raison de leur disponibilité, leur qualité et leur résolution acceptable, permettant de bien identifier les unités d'occupation du sol. Ils ont aussi l'avantage d'avoir une chronique d'archives gratuites. Les images Landsat utilisées ont été téléchargées à partir du site de The United States Geological Survey (USGS), à l'adresse http://earthexplorer.usgs.gov/ ou https://glovis.usgs.gov/ (Fig 13). Par ailleurs, l'acquisition des images landsat8 de 2013 à nos jours dans le site https:// libra.developmentseed.org/ ne nécessite nécessairement pas la création d'un compte. Les caractéristiques de ces deux images sont répertoriées dans les tableaux1 et 2.

Figure 13: Plate-forme USGS de téléchargement des images satellitaires LANDSAT.

Une fois fini d'enter les informations pour le téléchargement d'image (type de satellite et période), nous avons lancé le téléchargement (Fig 14).

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Figure 14: Procédure de téléchargement d'images landsat7 ETM+ et Landsat 8 OLI/TIRS

Les images Landsat, téléchargées sont sous forme de fichier archives ".zip" (contenant plusieurs fichiers ".tif" ou bandes spectrales). Nous les avons décompressées (dézipper) à l'aide de l'utilitaires winRAR et winZIP avant de les utiliser. Les images optiques téléchargées nécessitent un certain nombre d'opérations de prétraitement et de traitement. Il s'agit d'une étape indispensable dans le processus de traitement des images satellitaires qui oriente l'ensemble de processus méthodologique. Le prétraitement d'images ou l'analyse préliminaires est un ensemble d'opérations qui a pour but d'augmenter la visibilité et la lisibilité des données pour faciliter leur interprétation. Lorsqu'il est bien mené, il contribue à une meilleure extraction de l'information utile (TABOPDA, 2010). Ainsi, dans le cas présent, les prétraitements et les traitements effectués sont les suivants :

Calcule des diffèrent indices :

Pour aboutir à une bonne visualisation des images satellitaires, le traitement par calcul des indices (NDVI, NDWI) est nécessaire.

Indice de végétation (NDVI)

Le NDVI est un indice de végétation qui se définit comme la différence normalisée des mesures de réflectance spectrale acquises dans les zones de longueurs d'onde « Proche Infra-Rouge » (« PIR ») et « Rouge ». Le NDVI réduit les effets d'éclairement ou de pente sur la réflectance des couverts végétaux (Bonn, 1996; Lau, 1997; CCT) et permet de mieux séparer la végétation

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(forêts, cultures) des sols nus et des surfaces urbanisées. Sa valeur théorique varie entre -1 et 1. En pratique, une surface d'eau libre (océan, lac,...) prendra des valeurs de NDVI proches de 0, un sol nu prendra des valeurs de 0.1 à 0.2, alors qu'une végétation dense aura des valeurs de 0.5 à 0.8. Ils se calcul avec la formule suivante

(Equation1)

Son expression suit la procédure suivante :

ArcToolbox> Outils d'analyse spéciale> Algèbre cartographique>Calculatrice Raster. Cette procédure est valable pour le calcul des autres indices.

Pour les données de Landsat 7 on a appliqué de la manière suivante.

(Equation 1.1)

Pour Landsat 8:

(Equation 1.2)

Indices de différence normalisée de l'eau (NDWI):

L'indice de différence normalisée de l'eau « Normalized Difference Water Index » est destiné à être utiliser pour surveiller les changements dans la teneur en eau des feuilles. En effet, il a des applications plus larges pour l'identification de l'eau ou des organismes liés l'eau tels que les zones humides et les Bas-fonds. Le NDWI utilise les longueurs d'onde infrarouge proche (NIR) et ondes courtes (SWIR).

La formule est:

Equation (2)

Pour les bandes spectrales du capteur ETM+ du satellite Landsat7 on procède à l'application suivante :

Equation (2.1)

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Pour les bandes des capteurs OLI et TIRS du satellite Landsat 8 on utilise la formule suivante :

Equation (2.2)

Figure 15: Bande des différents indices calculés.

Création de raster virtuel

Avant de faire d'autres traitements, il faut combiner les différentes bandes spectrales en une seule image composée de plusieurs bandes (image multi spectrale) pour rendre la manipulation plus facile afin que les traitements se fassent simultanément sur l'ensemble des bandes regroupées (DENIS, 2016). Le logiciel ArcGIS a été utilisé et la combinaison a été faite par la composante Arctoolbox.

La création de la composition colorée

Il s'agit d'une étape importante dans la classification des éléments qui occupent le sol. Pour bien faire la photo-interprétation, une amélioration des contrastes a été réalisée.

Elle consiste en une transformation virtuelle des données afin d'utiliser toute la gamme d'intensité de couleur disponible et la combinaison de trois bandes pour visualiser les données à l'écran. Cette amélioration ne modifie pas les données sources. Elle ne fait qu'attribuer différemment la palette de couleur disponible à l'image afin de faire ressortir plus clairement certains éléments.

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Avec le logiciel, ArcGis, il est réalisé via l'outil « Composite Bands » de ArcToolbox, utilisé pour compiler certaines bandes spectrales afin d'avoir comme fichier de sortie une seule image multi bandes en format " tif, qui sera utilisée pour la création de la composition colorée. Les techniques de compositions colorées consistent à afficher l'une des bandes spectrales dans chaque couleur primaire : Rouge, Vert, et Bleu. (Fig16).

Figure 16: composition colorée de fausse couleur de l'image Landsat.

Le découpage des images : les images satellitaires téléchargées couvrent de grandes superficies qui ne sont pas nécessaires pour notre travail. Le découpage nous a permis de réduire la taille des images pour garder que la zone d'étude. Cela a pour corollaire la facilitation et l'accélération des opérations lors du lancement des algorithmes. La réalisation a été faite en suivant la procédure et les outils suivant: ArcToolbox- spatial analyst tools - extraction - extraction by Mask.

? Traitement des images

Les images prétraitées ont été soumises à la classification supervisée par maximum de vraisemblance.

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? La réalisation de la classification supervisée

Réaliser une classification supervisée d'une image satellite sous-entend une très bonne connaissance de l'occupation réelle du sol de la zone de l'image à l'époque où elle a été prise (DENIS, 2016). Ainsi, la connaissance du milieu, complémentée par les résultats du prétraitement, nous ont permis de réaliser la classification supervisée en classes thématiques identifiées pour notre zone d'étude. Cette étape nécessite la définition des classes. Pour notre travail, cinq classes spectrales, correspondant à des signatures spectrales différentes ont été identifiées. Elles correspondent à cinq classes thématiques à savoir la végétation, le fleuve, la zone à risque, le bâti et le sol nu. Après la définition des classes, nous nous avons converti ces classes raster en vecteur afin d'extraire les différentes valeurs statistiques pour effectuer l'analyse diachronique de ces deux(2) images Landsat. Pour la mise en page des cartes d'occupations de sol, Nous avons utilisé le logiciel QGIS 2.16.

? Réalisation de la carte topographique et de pentes.

Les variables retenues, à savoir la topographie (décomposée en données d'altitude et de pente), ont été extraites, analysées et traitées à partir des données Radar SRTM (N12E015) de 30 m de résolution sous QGIS 2.16.0 avec l'outil raster-analyse analyse de terrain. Nous avons utilisé les données des levés topographiques relevés lors de nos travaux de terrain et altitudes générées à partir de l'image srtm pour réaliser la modélisation en trois dimension (3D) du model numérique du terrain sur le logiciel surfer 12. Le profil topographique de la zone est réalisé sur le logiciel Global Maper 15.0.

? Réalisation de la carte de réseau drainage

Pour la réalisation de la carte du réseau de drainage, nous avons utilisés les données radar (SRTM) de la tuile N12E015 sous le logiciel GRASS GIS 6.4.4 pour extraire les différents réseaux de drainages. La mise en page de la carte le logiciel QGIS 2.16.0 with GRASS 7.0.4.

? Carte pédologique

Dans le cadre cette étude, il a été utilisé une carte pédologique. Il s'agit de la carte de la région de Fort-Lamy (actuel N'Djamena) à l'échelle de 1/200000ème établie par la mission de J.PIAS (1961). Cette carte a été utilisée pour identifier les différentes couches pédologiques se trouvant dans la zone d'étude. Après le calage de celle-ci, nous avons superposé le contour de la commune sur cette dernière pour digitaliser les différentes formations pédologiques de la zone d'étude. Toutes ces étapes sont faites à l'aide du Logiciel QGIS 2.16.

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III. RESULTATS ET INTERPRETATIONS

La mise en oeuvre de la méthodologie décrite précédemment nous a conduits à des résultats que nous présentons et interprétons dans cette partie.

1. Occupation de sol entre 1999 et 2020

La Carte de l'occupation du sol est un excellent outil pour la gestion de l'espace (Bouzed .H, 2020). Dans le cadre de cette étude, l'occupation du sol permet de montrer comment ont évolué les espaces, notamment en termes d'urbanisation dans la zone d'étude et afin d'analyser son impact sur le ruissellement des eaux.

Pour cartographier la dynamique d'occupation du sol dans la commune du 7e arrondissement, il a été réalisé deux (02) cartes d'occupations diachroniques à partir des images optiques Landsat- 7 ETM+ du 17 novembre 1999 et Landsat-8 OLI/TIRS du 01 octobre 2020. Grâce aux traitements de ces images, il a été identifié cinq (05) types d'unités d'occupation du sol dans la commune. Il s'agit globalement de :

- végétation : est constituée des cordons rupicoles (ce sont des forets galerie constituant une bande étroite en bordure des cours d'eau), des arbres et des jardins ;

- Fleuve : c'est le cours d'eau du Chari;

- Zone à risque : ce sont des mares et les zones de basses altitudes.

- zone urbanisée ou bâti : il s'agit d'une zone aménagée en agglomération ou en zone occupée par des habitats, ville ;

- sols nus : les unités d'occupation du sol caractérisées par des sols dépourvus de couverture végétale et des habitats ;

? Etat d'occupation du sol en 1999

Les figures 17 et 18 présentent les classes d'occupation de sol de l'année 1999.Ces figures nous permettent de constater qu'en 1999, le sol nu qui domine les autres classes d'occupations. Il occupe à lui seul 4209,29 ha soit 60% de la superficie de la zone d'étude. Il est secondé par les zones à risques d'inondation qui couvre une superficie de de 1593 ha soit 23% de la zone. Les bâtis n'occupent que 926,45ha soit 13% .La végétation et le fleuve Chari couvrent respectivement 228,34 et 107 ,83 ha soit 3 et 2% de la superficie. La petite proportion d'occupation du sol par le sol se justifie par l'altitude élevée de la lisière Sud de la commune (Fig22).

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Figure 17: Carte d'occupation du sol de la commune du 7e arrondissement. Période du 17 novembre 1999.

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? Bilan de l'occupation du sol de 1999

La figure ci-après présente la synthèse statistique de l'occupation du sol de 1999 de la comme du 7e arrondissement.

Végetation Fleuve Zone à risque Bâti

Sol nu

3% 1%

60%

23%

13%

Figure 18: Répartition des classes d'occupation du sol de l'année 1999

? État de l'occupation du sol en 2020

Après 20 ans, on constate une nette dynamique des éléments qui occupent le territoire de la commune. La carte d'occupation du sol de l'année 2020 et la figure de la répartition des classes d'occupations (Fig : 19, 20), présentent les classes d'occupation de sol de l'année 2020. La dominante est celle des bâtis qui occupe une superficie de 5472 ha soit 77% de la proportion de la commune. Cette augmentation, se justifie par le taux d'accroissement élevé de la population du 7e arrondissement qui est de 4% ( RGPH2, 2009) et la forte urbanisation de la ville de N'Djamena. Elle est suivie par les zones à risque d'inondation qui occupent une proportion de 13% de la surface soit 898 ha. La végétation quant à elle occupe 7 % de la zone d'étude soit 495 ha . Le fleuve Chari n'occupe que 7% de la superficie soit 177 ha.

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Figure 19: Carte d'occupation du sol de la commune du 7e arrondissement. Période du 01 octobre 2020.

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? Bilan de l'occupation du sol de 2020

La figure(20) ci-dessous présente la synthèse statistique des classes d'occupation du sol de 2020

Végetation

7%

Sol nu

2%

Fleuve

1%

Zone à rique

13%

Bâtis

77%

Figure 20: Répartition des classes d'occupation du sol en 2020

? Synthèse de l'occupation du sol de 1999 à 2020

La figure 19 présente en proportion les différentes unités d'occupation de sol dans la commune du 7e arrondissement. Il ressort de très grandes variations perceptibles au niveau des classes d'occupation. Nous remarquons que les deux (2) des cinq(5) classes retenues connaissent un changement global régressif entre 1999 et 2020. Le fleuve Chari a connu un sensible changement de son étendu, avec une perte de 10 % de son étendue. Il ne la reste que 253 ha seulement sur 434 ha. La plus grande partie de sa superficie est empiétée par les autres classes. De plus, la proportion du sol nu chute excessivement avec une perte de 33 %, soit une perte notoire de 836 ha contrairement à 1393 ha du départ. Cette régression de sol nu est essentiellement due à un rythme d'urbanisation qui va Cres indo dans la commune. Par ailleurs, nous relevons que le bâti connaît une hausse significative de son étendue, avec une extension spatiale de 633 ha. Cette extension du bâti s'est faite par l'occupation des lits des cours d'eau, et des zones marécageuses. L'urbanisation contribue à l'imperméabilisation du sol, qui favorise accroissement de volume de l'écoulement et la vitesse de propagation des crues, y compris pour des précipitations de faible intensité (Bouzed .H ,2007). Quant à la végétation, on constate

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une petite extension de son étendu avec une proportion de 2% soit 51 ha. Cette extension s'explique par la courbe de tendance de la précipitation qui va croissante et qui augmente l'humidification des sols favorisant le développement des végétaux d'une part et d'autre part, par la ceinture verte de Gassi.

Proportion

40,0%

80,0%

70,0%

60,0%

50,0%

30,0%

20,0%

10,0%

0,0%

Végetation Fleuve Zone à

risque

Bâti Sol nu

2020

1999

Figure 21: Dynamique d'occupation du sol entre 1999 et 2020 de la commune du 7e arrondissement

2. Le modèle numérique de terrain (MNT)

Les caractéristiques du relief revêtent une importance considérable pour l'estimation de la vitesse de ruissellement (Bouzed H, 2020). En effet, une forte pente provoque un écoulement plus rapide, donc un temps de concentration plus court et une montée plus rapide des crues. Le relief de la commune du 7e arrondissement est composé des plateaux argilo-sableux, des bas-fonds et du fleuve du Chari. La topographie joue un rôle dans le déclenchement et l'extension des inondations, puisque les resserrements des vallées, les petits roseaux locaux freinent l'écoulement et provoquent ou accentuent la montée des eaux en amont (Gabriel, 2005).

L'altitude maximale et l'altitude minimale, sont lues directement sur la carte topographique. Les altitudes minimale et maximale sont respectivement de 285 m et 304 m. L'altitude

moyenne est égale à 294 m.

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Figure 22: Carte géomorphologique en 2D (STRM)

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Les figures ci-dessous illustrent l'inégalité de la surface topographique de l'arrondissement. Sur l'axe NW-SE de la figure 23, on remarque la zone de basse altitude avec une hauteur de 290 m qui se rencontre dans une mare située au quartier Amtoukoui, le pic d'altitude avec une hauteur 301 m se situe sur la berge du fleuve Chari dans le quartier Habbena. On remarque une chute d'altitude de 4 m sur la berge située dans le quartier Mandjafa.

Sur l'axe SW-NE (Fig 24), on observe une première chute d'altitude de 293m sur le côté sud-ouest. Cette partie se trouve sur le lit majeur du fleuve Chari du quartier Habena et une deuxième chute de 292,5 m d'altitude vers le NE de la commune. La partie la plus élevée avec une hauteur de 301 m se situe légèrement sur la berge du fleuve Chari dans le quartier

Habena. C'est ce qui empêche un écoulement des eaux vers le fleuve.

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Figure 23: Profil topographique. NW-SE.

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Figure 24: Profil topographique NE-SW.

La représentation en trois dimensions (3D) réalisée avec les données de levées topographiques collectées au terrain et générée de l'image radar SRTM valide nos interprétations des figures 22,23 et 24.

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Figure 25: Modélisation en 3D sur le logiciel Surfer du relief. (SRTM)

L'or de notre enquête de terrains du 11 septembre 2020 effectuée sur les berges du fleuve Chari, de la commune du 7e arrondissement, nous avons constaté réellement une surélévation de la berge à une hauteur d'environ 1 ,5 mètre par rapport au niveau du fleuve (photo 2).En cette même période, les berges des communes du 6e et 9e arrondissement sont envahies par les eaux du fleuve Chari C'est ce qui nous laisse à dire que la commune n'est pas exposée pour le moment a l'inondation fluviale, mais la surexploitation de la carrière dans les lits majeurs du Fleuve pourrait accélère l'érosion de la berge du Chari.

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Photo 2: Fleuve Chari pendant la période de crue vers quartier Habbena du 11 septembre 2020.

3. La pente du terrain

La pente détermine la vitesse avec laquelle l'eau de ruissellement se rend à l'exutoire du

bassin. Cette variable influence le débit maximal d'écoule
ment. Une pente abrupte favorise et accélère l'écoulement superficiel, tandis qu'une pente douce (faible) ou nulle pourrait favoriser l'infiltration des eaux. La plus part de l'espace de la commune à une très faible pente de 0,1 % (en bleu), la pente moyenne en jaune avec une valeur de 1% se rencontre majoritairement dans les quartiers Boutal-Bagara, Amtoukoui et la lisière Est de l'arrondissement précisément dans les quartiers Chagoua, Habena, Atrone, Gassi et Mandjafa (Fig 26). Les seuls endroits indiquant des pentes supérieures à 1 % (parties colorées en rouge) sont sur les berges du fleuve Chari et quelques quartiers de la commune à savoir les quartiers Amtoukoui, Gassi, Chagoua, Habena et Atrone.

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Figure 26: Carte de la pente du terrain extraite de SRTM

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4. Pédologique de la zone

La pédologie de la ville de N'djamena en générale est le domaine des sols halomorphes à dominance argilo-limoneuse. Ces sols se différencient les uns des autres par un régime hydrique légèrement dissemblable et sont tous de types argilo-sableux à argileux. La culture répétitive de ces sols a entrainé une baisse de fertilité. La plupart sont devenus sablo-argileux à sableux avec apparition par endroit de croûtes de battance et de plages glacées. En contact avec l'eau l'argile se gonfle, devient aussitôt imperméable et fragilise les fondations des bâtiments en rendant ces derniers vulnérables à l'inondation et à l'écroulement. La figure ci-dessus nous renseigne sur les types de sols de la commune du 7e arrondissement. On rencontre deux types de sols qui sont les sols argileux noir (en couleur grise) et argilo-limoneuse (en orage) qui font partie de la classe des sols halomorphes et constituent les vertisols de dépressions topographiques (J.Pias, 1968). La pédologie participe activement à l'augmentation des ruissellements des eaux pluviales à travers certains de ces caractéristiques tels que la perméabilité. Pias (1968) défini la perméabilité des sols en précisant que les sols argileux de bas-fonds à inondation semi- permanente ont une perméabilité en sol humide faibles (1,5 à 4 cm/h) a très faibles (inférieur à 1,5 cm / h). On peut conclure à travers notre interprétation que les zones à sol argileux noir sont très vulnérables à

l'inondation à cause de leur très faible perméabilité.

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Figure 27: Carte d'influence de la pédologique sur le réseau de drainage. (J.Pias 1958)

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Les sols imperméables ou à très faibles perméabilité jouent un très grand rôle en hydrologie urbaine. Ils augmentent l'écoulement de surface, réduisent les infiltrations et la recharge des nappes, et diminuent le temps de concentration et donc causent des inondations.

5. Risque d'inondation par les cours d'eau

Le réseau hydrographique est un ensemble des cours d'eau naturels, permanents ou temporaires, qui participent à l'écoulement dans un bassin versant. Le fleuve Chari constitue l'essentiel du réseau hydrographique de l'arrondissement. Il est le seul cours d'eau permanent. A ce dernier, s'ajoutent les mares qui viennent renforcer l'Hydrographie de la commune (Fig28).

Les écoulements des eaux constituent une menace pour les riverains des mares en saison de pluie, surtout ceux qui ont construit dans les zones non-aedificandi (bas-fonds) (Photo3). Ils sont en effet les plus exposés au risque d'inondation. On constate sur la carte de la figure 31 que l'écoulement des eaux de pluies s'effectue du sud vers le Nord selon la pente du terrain. Le fleuve Chari située au sud de la commune ne constitue pas un exutoire naturel de ses écoulements. On constate également une discontinuité des exutoires des cours d'eaux. Ces exutoires sont pour la plupart localisés dans des mares (Fig28). Les chemins de ruissellement de ces eaux et les exutoires se trouvent de plus en plus occupés par les bâtis et c'est ce qui obstrue le passage des eaux de pluies de s'écouler convenablement. Les canaux de drainage des eaux des pluies sont quasiment inexistants ou s'ils existent, ils sont sous dimensionner et ne favorisent pas un bon système d'évacuation des eaux de ruissellement et c'est ce qui

engendre également les inondations des rues (Photo3).

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Figure 28: Réseau de drainage et les mares. (Google Earth et Srtm)

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C

A

B

D

Photo 3: Inondation pluviale du 03 septembre 2020 dans la commune du 7e arrondissement. A : maison construite dans une mare, B : lycée de Habbena inondée, C : goudron de l'avenue du 10 octobre

inondé ; D : maison écroulée par l'inondation,

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6. Synthèse de discussion

? Occupation du sol :

Les cartes de l'occupation du sol produites dans cette étude sont issues de l'exploitation des images Landsat. Ces cartes ont permis de mettre en évidence la croissance urbaine au niveau de la zone d'étude au cours de la période allant de 1999 à 2020. La dynamique de l'occupation du sol a montré une très importante urbanisation en l'espace de 21 ans. De 1999 à 2020, la zone urbanisée est passée de 926 ha à 5472 ha, soit une multiplication par plus de 5 en 21 ans. Cette forte urbanisation serait responsable des forts ruissellements dans la commune, l'urbanisation rend les sols imperméables et réduit les infiltrations des eaux (Bouzed .H, 2020). La population de la commune du 7e arrondissement est de 222574 habitants sur 944059 habitants dans les villes de N'Djamena soit un taux de 23 % (RGPH2, 2009). D'après le rapport de l'Agence d'aide à la coopération technique et au développement (ACTED, 2020), La commune abrite plus de 500.000 habitants soit une augmentation 27746 habitants en 11ans. L'urbanisation galopante et le développement des activités socio-économiques ont amené la commune à s'étendre dans les zones inondables. Les études de Ramadan. A (2015) et Mbayam.B (2012), réalisés sur la ville de N'Djamena confirment que les risques d'inondation dans la ville de N'Djamena sont aggravés par l'extension des surfaces urbanisées mal planifiées. La pauvreté et la politique de logement qui attire également de plus en plus des populations vers les bas-fonds marécageux

? Géomorphologie

D'après les résultats des caractéristiques physiques, la commune du 7e arrondissement présente une surface topographique accidentée repartie avec des altitudes variantes entre 285 à 304 m et une pente qui oscille entre 0,1 à 2 % cette inégalité topographique de la commune ne permet pas un écoulement naturel des eaux de ruissellement Chari qui possède une berge située à des hautes altitudes. Mbayam (2012), affirme que la ville de N'Djamena n'est pas en hauteur par rapport au niveau du Chari, c'est ce qui rend l'écoulement des eaux très difficile. les résultats de nombreux auteurs et chercheurs qui ont travaillé sur la ville de N'Djamena et qui affirment que les inondations de la ville sont causées par la platitude du terrain. Beller (1990), dans ses résultats montre que la ville de N'Djamena se trouve dans une plaine alluviale très plate, et que le bassin versant de la ville accuse une pente régulière en direction Nord et non vers le Chari au Sud. Les travaux de Dobingar (2001) confirment le résultat de Beller que la faible altitude et l'absence de la pente significative vers les exutoires naturels qui justifient cette catastrophe.

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

A la différence des résultats des travaux de Mbayam (2012), Dobingar(2001) et Beller(1990), il ressort de notre résultat que la géomorphologie de la commune du 7e arrondissement est de type accidenté et non plate. Cependant, les parties de basses altitudes sont des mares. L'inondation, la vulnérabilité des populations est liée à la localisation très rapprochée des habitations aux marigots et à la qualité des bâtis.

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CONCLUSION ET RECOMMENDATION

Conclusion

Les inondations sont dues à la fois à l'occupation des zones inondables par les populations et par une perturbation des régimes des cours d'eau et des régimes pluviométriques, provoqués par la variabilité du climat. La commune du 7e arrondissement couvre une superficie de 7064 ha environ. Son altitude varie de 284 à 304 m avec une moyenne de 294,5 m et sa pente moyenne et de 1,6%. L'analyse de l'occupation de sol montre une forte augmentation de zone urbanisée par rapport aux autres classes d'occupations du sol, sa superficie est passée de 13% en 1999 à 77% en 2020, soit un écart de 64%. Ce changement provient de la croissance démographique du aux taux d'exode rural grandissant qui a conduit la population à satisfaire ses besoins en habitation en occupants même les zones à risque. L'imperméabilisation des sols du type hydromorphes de notre zone d'étude cause de ruissellement urbain et c'est ce qui augmente les risques d'inondation. Il faut souligner que, les zones à risques sont celles situées dans les zones de dépressions. Notamment, les quartiers Amtoukoui, Boutalbagara, une partie de Ngassi, Habena, Digo et Ambatta. La plupart de ces quartiers ne disposent pas des réseaux de canalisation des eaux pluviales. La commune du 7e arrondissement n'est pas exposée à l'inondation fluviale car elle est protégée par la berge du Fleuve Chari qui se trouve à une haute altitude.

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Recommandation

Dans un cadre de synergie d'actions, une attention particulière doit être accordée aux questions de risque d'inondation dans la ville de N'Djamena en générale et la commune du 7e arrondissement en particulier. En effet, les compétences en matière d'assainissement urbain sont dispersées entre différents ministère, directions, services et structures suivants:

y' Ministère de l'hydraulique urbaine et rurale : hydrologie ;

y' Ministère de l'aménagement du territoire de l'habitat et de l'urbanisme : planification des projets d'assainissement et de lotissement des ilots ;

y' Ministère de l'environnement : protection de l'environnement, récepteurs, réutilisation des eaux, maraîchage ;

y' Ministère des travaux publics et des transports : aménagement de voiries, construction des ouvrages d'assainissement.

y' Mairie de la commune du 7e arrondissement : veiller à l'application du plan des outils d'aménagements et de curer les caniveaux des drainages des eaux avant la période pluvieuse. A l'issue de cette étude, plusieurs recommandations peuvent s'adresser particulièrement aux autorités du ministère de l'aménagement du territoire de l'urbanisation et de l'habitat(MATUH), de la mairie centrale de N'Djamena, de la commune du 7e arrondissement ainsi qu'à la population de cette commune.

+ Au MATUH et à la mairie centrale

y' La construire des canaux de drainage dimensionné en fonction du débit des eaux de ruissellement,

y' Aménager les bassins de retentions naturelles (bas-fonds),

y' Lotir les espaces avant leur occupation afin d'éviter des occupations anarchiques des zones à risque.

y' Installer un système d'alerte précoce des inondations,

y' Doter la commune des moyens techniques afin de la rendre autonome de la gestion des catastrophes naturelles.

+ A la commune du 7e arrondissement

y' Elaborer un schéma directeur de l'eau et de l'assainissement local comme guide de gestion des inondations,

y' Veiller à l'entretien des canaux de drainage des eaux existants,

y' Organiser en partenariat avec les ONG intervenant en assainissement, les sensibilisations de la population sur leurs responsabilités dans les inondations.

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? A la population locale

V' Eviter de construire sur les zones à risques d'inondation

V' Eviter de boucher les canaux de drainage construits

V' Faire au préalable une étude topographique avant toute construction d'habitat.

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Reference bibliographique :

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V' Antoine.D, 2013. « Travaux Pratiques de télédétection spatiale » Arlon Campus Environnement, Université de Liège, Belgique ».82 P

V' Beller . C, 1990. Étude du projet de drainage des eaux pluviales de la ville de N'Djamena. Rapport préliminaire, N'Djamena, 75p.

V' Bouzed H. B,2020. Evaluation des risques d'inondation dans le bassin versant du Gounti Yéna à Niamey, Niger.103P ;

V' BRGM ,1988. Etude de la vulnérabilité des nappes aquifères superficielles de N'Djaména (Tchad) et recommandations pour les aménagements.

V' DEUBALBE.D,2017. Evaluation de la vulnérabilité à la pollution des eaux souterraines de la ville de N'Djamena par les nitrates : Apport des méthodes paramétriques GOD et SI.86p

V' Djébé M., 2006. La pression humaine et l'érosion sur les berges droites du Chari à N'Djamena. Mémoire de maîtrise, Université de N'Gaoundéré, 100p.

V' Djébé M., 2008. Occupation du sol et les risques morphohydrologiques dans la plaine du Chari. Mémoire de DEA, Université de N'Gaoundéré, 110p.

V' Djimta.R, 2018 .modélisations des risques d'inondation de la ville De N'Djamena a l'aide de sig.116p

V' Djoret.D, 2000.Etude De La Recharge De La Nappe Du Chari Baguirmi (Tchad) Par Les Méthodes Chimiques Et Isotopiqties. Thèse de doctorat , Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse .174p

V' Dobingar .A, 2001. Gestion spatiale et construction urbaine. Thèse de doctorat, Université Louis Pasteur, 456p.

V' Gabriel.W, 2005. La géographie des risques dans le monde. Ellipses, Paris, 503p.

V' I.N.S.E.E.D., 2009. Deuxième recensement général de la population et de l'habitat, 10p

V' JEAN-C OLIVNYet al,1996 . Hydrologie du Lac Tchad. OROSTOM, Edition Paris 1996.

V' Kadjangaba E, 2007. Etude hydrochimique et isotopique du système zone non saturée de- la nappe dans la zone urbaine de N'Djamena : impact de la pollution. Thèse de doctorat Ph. D, Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse, 206p.

V' Kushnir. I , 1993. Géologie, ressources minérales et ressources en eau au Tchad. Travaux et documents scientifiques du Tchad. Connaissance du Tchad I. 100 p.

V' MADJ-NDEUDE.R, 2009 Analyse de la dynamique du système de production maraichère de la zone urbaine de N'Djamena.p82

V' Magdelaine, C. (2012). Statistiques sur les catastrophes naturelles. Consulté sur le site http://www.notre-planete.info/terre:risques naturels/catastrophes naturelles.

V' Mbayam .B.S, 2012. Morphologie, occupation du sol et inondations dans la ville de N'Djamena. Mémoire de master, université de ngaoundere,176p

Contribution du SIG et de la télédétection à l'étude des inondations dans la ville de N'Djamena : Cas de la commune du 7e arrondissement.

V' OCHA CHAD ,2020 . Les inondations ravagent le pays et affectent près de 190 000 personnes. Rapport de situation. Dernière mise à jour: 10 sept. 2020. 4p

V' OCHA CHAD, 2012. Définition de scenarios préliminaires. Inondation N'djamena - Tchad.8p

V' Pias J., 1970. Les formations sédimentaires tertiaires et quaternaires de la cuvette tchadienne et les sols qui en dérivent. ORSTOM, Paris, 408p.

V' Ramadane .A ,2015. problématique des inondations dans la ville de N'Djamena.p63 V' Shneider J.L. and Wolff J.P. (1992). Carte géologique et Hydrogéologique au

1/1500 000 de la République du Tchad. Mémoire explicatif. Document BRGM n°

209vol. 1,2, 689 p.

ANNEXES

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Annexe 1 : Carte pédologique Fort Lamy.

Annexe 2: statistique de l'état Etat de l'occupation de sol de 2020

Classe

Superficie (ha)

proportion·%

Végétation

494,9355184

7,0%

Fleuve

65,45558222

0,9%

Sol nu

134,2883997

1,9%

Zone à risque

897,7385245

12,7%

Bâtis

5471,616691

77,5%

Total

7064,034715

100,0%

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Annexe 3: statistique de l'occupation de sol de 1999

Classe

Surface (ha)

proportion(%)

Végétation

228,3474436

3%

Fleuve

107,8369321

2%

Zone à risque

1592,781073

23%

Bâti

926,4516291

13%

Sol nu

4208,293126

60%

Total

7063,710204

100%

Annexe 4 : statistique de l'état de l'occupation du sol entre 1999 et 2020

Classe

Superficie (ha) :1999

Superficie
(ha) :2020

Etat de Progression ou Régression (1999-2020)

Taux de

variation (1999-2020)

Végétation

228,3474436

494,9355184

-266,588075

59,5%

Fleuve

107,8369321

65,45558222

42,3813498

-9,5%

Zone à risque

1592,781073

897,7385245

-695,042549

155,1%

Bâti

926,4516291

5471,616691

4545,16506

-1014,3%

Sol nu

4208,293126

134,2883997

-4074,00473

909,2%

Total

7063,710204

7064,034715

-448,0889

100,0%

Annexe 4 : caractéristique du capteur ETM+ du satellite landsat7

Bande

Longueur d'onde (um)

Résolution spéciale(m)

TM1-Bleu

0.45-0.52

30

TM2-Vert

0.52-0.60

30

TM3-Rouge

0.63-0.69

30

TM4-Proche Infrarouge

0.77-0.90

30

TM5- Infrarouge à onde courte (SWIR) 1

1.55-1.75

30

TM6- Thermique

10.40-12.50

60*30

TM7- Infrarouge à onde courte (SWIR) 2

2.09-2.35

30

TM8- Panchromatic

0.52-0.90

15

 

TM6-

10.40-12.50

60*30

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Thermique

Source : usg

Annexe 5: Caractéristique du capteur OLI et TIRS de satellite Landsat 8.

Bande

Longueur d'onde (um)

Résolution spéciale(m)

Bande1 -Bleu profond

0,433-0,453

30

Bande 2-Bleu

0,452-0,512

30

Bande 3-Vert

0,533-0,590

30

Bande 4-Rouge

0.636-0.673

30

Bande 5-Proche infrarouge(NIR)

0.851-0.879

30

Bande 6-Infrarouge à onde courte(SWIR) 1

1.566- 1.651

30

Bande 7-Infrarouge à ondes courtes(SWIR) 2

2.107-2.294

30

Bande 8-Panchromatic(PAN)

0.503-0.676

15

Bande 9- Cirrus

1.363-1.384

30

Bande 10- TIRS1

10.60-11.19

100*(30)

Bande 11-TIRS2

11.50-12.51

30*(30)

Source : usgs

Annexe 6 : Image de la zone d'étude landsat découpée.

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Mémoire de Master HydroSIG rédigé par DJONMBE Hounsala, FSEA, Université de N'Djamena Page V

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Annexe 7: photos des zones affectées par l'inondation pluviale de 2020 dans le 7e arrondissement.

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams